Syrie

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Re: Syrie

Message  verié2 le Sam 21 Nov - 13:15

Copas, si tu ne l'as pas déjà fait, tu devrais écouter cette émission, toi qui affirmes que les Etats occidentaux n'ont pas armé les forces opposées à Assad :
La fabrication du monstre Daesch
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1192243
C'est vraiment une excellente émission. A faire circuler !

verié2

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Re: Syrie

Message  verié2 le Sam 21 Nov - 13:43


verié2

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Re: Syrie

Message  Copas le Dim 22 Nov - 0:23

verié2 a écrit:Copas, si tu ne l'as pas déjà fait, tu devrais écouter cette émission, toi qui affirmes que les Etats occidentaux n'ont pas armé les forces opposées à Assad :
La fabrication du monstre Daesch
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1192243
C'est vraiment une excellente émission. A faire circuler !

Dommage que tu essayes de déformer mes propos là dessus comme tu l'as fait plusieurs fois... Ce qui rends difficile une discussion.

Tu peux toujours chercher où ai-je dis que les états occidentaux n'ont jamais armé les forces opposées à Assad.

Par contre ce que j'ai dit c'est que cette aide était ridicule et cela a déjà été prouvé, en comparaison avec l'armement du régime de Assad fourni à pratiquement 100% par l'impérialisme russe.
L'essentiel de l'armement de l'opposition à Assad est surtout venu de ce qu'ils ont saisi sur l'armée de Assad dans une proportion écrasante, et en Irak sur les stocks de l'armée irakienne.
Quand à Daesh , ce groupe excentré ayant progressé en articulant ses attaques contre la rébellion, avec le régime de Assad, il a récupéré des bases et réserves de matériel russe intactes laissées par l'armée de Assad qui ne s'est pas battue pour les préserver.

Et on attends quelques mots de l'attaque massive de l'impérialisme russe de ta part qui est, de très loin, la principale intervention impérialiste en Syrie...
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Re: Syrie

Message  verié2 le Dim 22 Nov - 12:13

j'ai dit c'est que cette aide (aux forces opposées à Assad) était ridicule et cela a déjà été prouvé
Justement, dans cette émission, divers "spécialistes", dont des responsables de services secrets affirment rigoureusement le contraire...

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Re: Syrie

Message  Prado le Dim 17 Jan - 0:27

LIBERATION
Syrie : «Ici à Douma, la révolution reste vivace»

Par Hala Kodmani   — 15 janvier 2016 à 19:41  

Ce berceau de la révolution fait face depuis cinq ans à un «siège psychologiquement épuisant». Si, dans la ville de la Ghouta, la résistance au régime sanglant de Bachar al-Assad ne faiblit pas, elle doit composer avec les tentatives de noyautage de l’Armée de l’islam.

Entre deux bombardements meurtriers de l’aviation russe, les habitants de Douma ont été les seuls en Syrie à manifester il y a quelques jours en solidarité avec Madaya (Est), localité assiégée et affamée depuis des semaines par les troupes du régime de Bachar al-Assad. Subissant eux-mêmes depuis plus de deux ans le siège imposé à toute la région de la Ghouta, ils ont témoigné leur compassion tout en rappelant leurs propres souffrances. Depuis cinq ans, l’histoire de Douma, banlieue située à une dizaine de kilomètres au nord-est de Damas, résume la résistance et les errances de la «révolution» syrienne, comme s’obstinent à l’appeler ses habitants.

«La révolution reste vivace ici et la population mobilisée contre le régime malgré ou à cause de tout ce qu’elle endure», affirme Jamal Fletani, joint sur place par l’application mobile Viber. Se désolant des 12 morts et des dizaines de maisons détruites par le raid du matin, le jeune homme précise qu’une heure après, les marchés de la ville sont bondés. Ce n’est pas le seul paradoxe qu’évoque l’ancien étudiant en génie mécanique à propos d’un «siège psychologiquement épuisant», mais pratiquement surmonté. «Il y a bien longtemps que nous n’avons plus d’électricité, ni de chauffage, ni d’Internet, rappelle-t-il, mais heureusement l’antenne satellitaire fonctionne, et on n’est pas coupés du monde. Une méthode de recyclage des déchets a été inventée pour produire un carburant permettant d’alimenter les petits générateurs domestiques. Une fabrique de médicaments produit analgésiques, pommades et anti-inflammatoires. Elle a été créée grâce à la saisie des stocks d’une usine pharmaceutique implantée dans la région avant 2011.»

En fait, le système de survie de Douma fonctionne surtout, comme ce fut longtemps le cas à Gaza, grâce aux tunnels creusés depuis les zones voisines contrôlées par les forces loyalistes. La corruption omniprésente et les trafiquants en tous genres permettent le passage des hommes, des marchandises, voire des armes.


«Attaques chimiques».
Les ressources ne manquent pas dans la riche plaine de la Ghouta, verger historique de la région de Damas, où presque chaque famille possède un bout de terre qu’elle a récemment planté de blé et peuplé de moutons. «Nous avons une autosuffisance alimentaire», souligne Jamal. Militant impliqué dans plusieurs initiatives de la société civile locale, il poursuit l’action et défend la mémoire de son père, Adnan Fletani, commerçant et figure politique influente de la ville, assassiné en 2014 par des inconnus qui l’ont traité de «collaborateur» en le mitraillant depuis leur voiture. Appartenant à l’Union socialiste, un ancien parti de tendance nassérienne (en référence à l’ex-président égyptien Gamal Abdel Nasser), bien implanté dans la région, le père de Jamal dénonçait trop fort l’extrémisme religieux grandissant et le financement des groupes armés de la Ghouta par les pays du Golfe. «Les islamistes de l’Armée de l’islam veulent nous imposer une dictature, à l’image de celle du régime», affirme aujourd’hui le fils, à propos de la formation armée créée par Zahran Alloush, le chef militaire tué fin décembre par un raid aérien russe. «Ils ont acheté ou volé la révolution», insiste-t-il.

Comme les autres zones syriennes contrôlées par la rébellion, la Ghouta est dominée par les forces islamistes, mais la différence, c’est que tous ses combattants sont des Syriens, fils de la région. «L’appartenance et l’allégeance à la révolution, comme à la population locale, restent prioritaires, même parmi les salafistes de Douma», souligne Zeina, réfugiée depuis quelques mois en France. Ancienne militante communiste à Damas, la jeune secouriste volontaire a travaillé dans plusieurs localités de la Ghouta révolutionnaire avant que la zone ne soit totalement assiégée. «L’étau s’est fermé en août 2013, au lendemain des attaques chimiques qui ont tué plus de 1 500 personnes», rappelle Zeina. «Avant cela, comme je n’étais pas fichée par les forces du régime et pour ne pas attirer les soupçons, je me voilais la tête pour franchir les barrages de l’armée, puis, une fois arrivée au barrage des insurgés de la Ghouta, j’enlevais mon foulard.» Les opposants de tous bords, notamment les intellectuels laïcs, avaient trouvé refuge dans la Ghouta libérée. C’était le cas de l’avocate militante Razan Zaitouneh, qui vivait et travaillait avec son mari et ses amis depuis plus d’un an à Douma avant de disparaître fin 2013, enlevée sans doute par les hommes de l’Armée de l’islam qui se sont imposés dans la ville. «Mais Douma a été la ville pionnière à chaque étape de la révolution», rappelle Zeina.

Verrouillage.
La gigantesque manifestation du 25 mars 2011 à Douma, en solidarité avec Deraa (sud du pays) d’où est parti le soulèvement syrien, est citée par les militants comme une date historique. Les forces du régime ont fait preuve de retenue face à la protestation qui montait aux portes de Damas. Trois semaines plus tard, le centre de Douma a pris des allures de place Tahrir avec un rassemblement qui a duré plusieurs jours. Les manifestants ont ensuite marché sur la capitale, mais se sont heurtés au verrouillage du centre-ville par les forces de sécurité. La contestation s’est poursuivie et a gonflé de semaine en semaine avec une répression «raisonnable» jusqu’en juillet, quand l’armée a massivement investi Douma pendant une dizaine de jours, multipliant perquisitions et arrestations.

La militarisation de la révolution a commencé à Douma dès l’automne 2011, lorsque les opposants ont porté les armes pour protéger les manifestations et empêcher l’accès des forces de répression. Celles-ci se sont mises alors à tirer à l’arme lourde contre les foules.

«Divergences».
C’est à Douma aussi que le premier conseil militaire de l’Armée syrienne libre (ASL) a vu le jour début 2012 et que les attaques contre l’armée du régime ont commencé. Une grande offensive lancée à l’été 2012 a fait de la Ghouta la première «zone libérée» du contrôle de Bachar al-Assad. La nécessité de palier les manquements des services de l’Etat a conduit les habitants à créer à Douma le premier conseil civil local pour gérer les hôpitaux, les tribunaux, les écoles… Les autres localités de la Ghouta ont suivi l’exemple de ces conseils élus démocratiquement, et qui reflétaient le pluralisme politique d’une région où se côtoient, nationalistes arabes nassériens, Frères musulmans et libéraux. Une sorte de République de Ghouta était née, non loin du cœur de Damas.

«Reconquérir la Ghouta est aujourd’hui une impossibilité pour les troupes du régime, assure Jamal Fletani. Ils n’ont plus du tout les forces nécessaires pour affronter les 30 000 combattants locaux prêts à prendre les armes et à oublier leurs divergences pour défendre leur territoire.» Sans se faire d’illusions sur la rapidité de la solution politique qui doit s’amorcer dans les négociations parrainées internationalement, le jeune opposant se dit optimiste du moins sur un cessez-le-feu prochain qui soulagerait la population de Douma des attaques quotidiennes de l’aviation du régime de Bachar al-Assad.
Hala Kodmani

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Message  MO2014 le Sam 20 Fév - 15:57


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moins de bombes et plus de politique

Message  MO2014 le Jeu 24 Mar - 9:50


Pour combattre le djihadisme, moins de bombes et plus de politique
Marc Cher-Leparrain > 10 mars 2015

La principale réponse apportée aujourd’hui au djihadisme consiste à perpétuer ce qui l’a provoqué. L’Occident mésestime les fondements politiques de la violence « islamique » exercée contre lui et soutient des régimes qui l’instrumentalisent pour se maintenir en place. La France s’enferme dans cet aveuglement. Face aux attentats qu’elle subit, elle refuse la part de responsabilité de sa politique étrangère et la renvoie vers sa population musulmane.

Les organisations djihadistes sunnites (aucun équivalent n’existe chez les chiites) ne sont pas une génération spontanée, consubstantielle à l’islam, mais une extension violente de l’islam politique apparu au début du XXe siècle avec les Frères musulmans en Égypte. Le mot d’ordre «  l’islam est la solution  » («  Al-islam howa al-hal  ») de ces derniers était alors une réponse à l’agression politique et culturelle de l’Occident. Il offrait l’alternative d’un retour aux référents islamiques dans un monde musulman laïcisé depuis la suppression en 1924 du califat par la Turquie kémaliste. Le mouvement s’opposait aux États nationaux construits sur le modèle occidental, contraire au principe supranational de l’oumma, la communauté des croyants. Sa répression par les régimes nationalistes postcoloniaux a fait basculer certains de ses acteurs dans le djihadisme  ; ainsi, en Égypte, de Sayyid Qutb sous la présidence de Gamal Abdel Nasser et d’Ayman Al-Zawahiri sous celles des successeurs du Raïs, Anouar El-Sadate et Hosni Moubarak.

En Arabie saoudite, Oussama Ben Laden de retour d’Afghanistan se «  révolte  » en 1990 contre l’acceptation par la monarchie wahhabite du déploiement de l’armée américaine sur le «  sol sacré  » de La Mecque et Médine. En Irak, les groupes djihadistes apparaissent après 2003 en réaction à l’occupation américaine. En Algérie, ils naissent de l’annulation, fin 1991 par l’armée, des élections législatives favorables au Front islamique du salut (FIS). Les groupes algériens, repoussés vers le Sahel après une décennie de guerre civile, se sont par la suite alliés avec les mouvements identitaires touareg réprimés par les États sahéliens soutenus par la France et les États-Unis.

Enfin, bien sûr, il y a la création par la force de l’État d’Israël par et avec le soutien de l’Occident. L’appui indéfectible qu’apportent la plupart des États occidentaux au gouvernement israélien, malgré ses guerres meurtrières et sa colonisation croissante des territoires occupés, nourrit en permanence le ressentiment arabe et musulman contre «  les successeurs des Croisés  ». Et ce ressentiment est accru par l’assimilation de mouvements de résistance comme le Hamas à des groupes terroristes, par Israël et l’Occident.

L’État islamique en Irak et au Levant, «  enfant  » de l’invasion de l’Irak par les États-Unis et de la guerre civile en Syrie, marque une nouvelle évolution du djihadisme qui va bien au-delà du terrorisme. Il recrée un «  État  » territorial devant être purifié, siège d’un nouveau califat qui efface les frontières tracées par les puissances coloniales au lendemain de la première guerre mondiale. Il pousse au paroxysme le principe de l’idéal islamique blessé, le sentiment d’injustice subie et l’esprit de vengeance.

Instrumentaliser le confessionnalisme

À ces moteurs du djihadisme s’ajoute l’instrumentalisation des appartenances confessionnelles par des régimes du Proche-Orient, du Maghreb et jusqu’au Pakistan, dans leurs différends régionaux. En Syrie, l’Arabie saoudite et le Qatar ont favorisé l’émergence des groupes armés d’obédience salafiste et Frères musulmans. Ils ont accompagné ce faisant la confessionnalisation de la rébellion orchestrée par le régime de Damas pour décrédibiliser l’opposition, qui était au départ supra-confessionnelle. Ils ont ainsi aidé Bachar Al-Assad à faire le lit des factions djihadistes Front al-Nosra et organisation de l’État islamique (OEI) au détriment des composantes non islamistes.

Les exemples de connivences d’États avec les groupes djihadistes ne manquent pas. Al-Assad se sert de l’invasion du territoire syrien par l’OEI — qu’il s’est gardé d’attaquer —, pour «  démontrer  » le caractère terroriste de la révolution. Dix ans auparavant, ce même régime offrait un refuge complaisant aux djihadistes qui combattaient l’occupation américaine en Irak. Le Pakistan a pour sa part soutenu et aidé les talibans dans les années 1990 à prendre le pouvoir en Afghanistan — talibans qui ont ensuite accueilli Oussama Ben Laden. Quant au Yémen, lors de la guerre civile de 1994, le président Ali Abdallah Saleh a utilisé des djihadistes anciens d’Afghanistan pour combattre avec son armée la tentative de sécession du sud du Yémen. Puis, devant se ranger du côté des États-Unis au lendemain du 11 septembre 2001, il n’a lutté que très sélectivement contre les précurseurs d’Al-Qaida au Yémen, allant jusqu’à faire «  évader  » certains d’entre eux de ses prisons en 2005. En Algérie, dans les années 1990, le pouvoir a manipulé des composantes des groupes islamistes armés pour servir ses intérêts et discréditer leur combat, y compris dans les attentats qui ont frappé la France en 1995. Et au Liban, Damas s’est également servi ces dernières années de groupuscules djihadistes pour défendre ses intérêts, tandis que l’Arabie saoudite y a fait de même contre l’influence iranienne.

La liste est longue de l’instrumentalisation du djihadisme par des États. Ceux-ci se trouvent être en majorité des régimes alliés de l’Occident ou qui ont voulu se poser comme tels : Algérie, Arabie saoudite, Qatar, Yémen, Pakistan, Syrie. Sans ces agissements pour des intérêts propres à chacun, l’étendue du terrorisme dit «  islamique  » serait certainement plus circonscrite.
La désastreuse «  guerre contre le terrorisme  »

Les États–Unis, suivis par leurs alliés européens, mènent une «  guerre contre le terrorisme  » depuis bientôt quinze ans. De l’Afghanistan, elle a été étendue à l’Irak, au Yémen, à la Somalie, aux pays du Sahel et à la Syrie. Aujourd’hui c’est la Libye qui est sur la sellette.

Loin d’«  assécher  » le djihadisme, cette guerre l’a densifié, a multiplié ses foyers. Le mode d’action militaire n’est pas remis en cause alors que ses fréquents «  dégâts collatéraux  » attisent la haine à l’égard de ceux qui bombardent. Cette «  guerre  » s’attaque aux effets et non aux causes. Personne ne songe à fonder cette lutte sur les données aux origines du djihadisme ni sur celles qui le perpétuent, pas plus que ne sont vraiment remis en cause ces «  alliés  » qui instrumentalisent le djihadisme ou qui en font le lit. Les pressions sur l’Arabie saoudite, le Qatar ou la Turquie, lorsqu’il y en a, sont insuffisantes ou trop timorées. Les États-Unis et l’Europe ont quasiment laissé agir leurs alliés régionaux, comme en Syrie où le principal soutien concret à la rébellion a été celui de ces acteurs régionaux, concourant ainsi à la prédominance des groupes islamistes et djihadistes. Et les Occidentaux reprochent aux rebelles encore «  modérés  », très affaiblis, leur coordination sur le terrain avec le Front al-Nosra.
Les choix politiques erronés de la France

Le soutien de l’Occident à des régimes autoritaires qui se posaient en remparts contre le djihadisme, a entretenu ce qui avait provoqué ce dernier face à la répression des régimes nationalistes postcoloniaux. Cette politique est renouvelée avec le nouveau pouvoir égyptien. Le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi a en effet lancé son armée contre les djihadistes du Sinaï. Les actions terroristes se sont multipliées en Égypte depuis son coup d’État — soutenu par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis — contre le premier président égyptien démocratiquement élu, mais qui était Frère musulman.

En en faisant le premier acquéreur du Rafale, la France cautionne un régime emblématique de la répression et de l’étouffement chez lui du printemps 2011 et qui amalgame sciemment tous ses opposants intérieurs à des terroristes, qu’ils soient Frères musulmans ou laïcs. Moins d’un mois après les attentats de début janvier à Paris, c’est un message tout sauf neutre de la part de la France. Le terrorisme dit «  islamique  » n’est pas né du Printemps arabe ni de l’effondrement des régimes de Zine El-Abidine ben Ali, Hosni Moubarak ou Mouammar Kadhafi. Le respect de l’arrivée au pouvoir dans la légalité d’acteurs de l’islam politique, comme les Frères musulmans en Égypte, aurait sans doute été plus efficace pour le contrer sur le terrain politique.

La France, comme d’autres pays occidentaux, est en outre aveuglée par la recherche frénétique de débouchés commerciaux, ce qui lui lie les mains à l’égard de ses clients. On habille ainsi les succès de vente d’armements par des arguments politiques sur mesure. Le contrat Rafale en Égypte — pays qui possède déjà plus de 200 F16 — est justifié par les «  menaces qui existent autour de ce pays  » (François Hollande) et parce que «  La France et l’Égypte mènent un combat commun contre le terrorisme  » (Jean-Yves le Drian).

À l’instar de la mondialisation économique, nous pouvons parler d’une mondialisation politique. Dès lors, notre comportement en politique étrangère se répercute sur notre situation intérieure de par les composantes de la population nationale. En France, la réponse aux attentats des 7 et 9 janvier 2015 perpétrés par de jeunes Français musulmans, est de vouloir transformer l’islam en France en un «  islam de France  » pour combattre toute radicalisation. Opposée au communautarisme, la France a décidé de mieux structurer celui des Français musulmans. Le gouvernement s’attache à réformer leurs institutions représentatives et se penche sur les critères de choix et de formation des imams. C’est à peu près la démarche que pratiquent depuis des années les régimes arabes autoritaires pour empêcher toute contestation intérieure au nom de l’islam : contrôler les mosquées, trier et «  mouler  » les imams (souvent recrutés en accord avec des pays comme l’Algérie, le Maroc ou la Turquie  !), contrôler les prêches. Cela n’a jamais empêché dans ces pays les déviances radicales, et cela ne les empêchera pas davantage en France, car ces mesures ne s’attaquent qu’à un support de la radicalisation et non à ses causes, qui ne sont pas religieuses.

On refuse de voir la responsabilité de notre politique étrangère et de la poursuite de ses errements. On continue à se lier avec des régimes discutables, souvent au nom d’intérêts purement commerciaux. On continue à soutenir indéfectiblement Israël, même lorsque celui-ci fait sciemment des centaines de morts civils à Gaza. Au lieu de remettre à plat la politique étrangère, on stigmatise encore un peu plus les Français musulmans. Pour analyser et combattre les replis identitaires et la radicalisation, on se focalise sur leurs vecteurs socio-économiques et sociologiques, mais pas sur leurs causes. On cite la pauvreté, les ghettos de banlieue, la non-intégration et une mauvaise lecture du Coran. On se leurre en pensant qu’une réforme de l’islam en France et son encadrement plus serré pourraient contribuer à immuniser la France contre de nouveaux attentats. On refuse obstinément de voir que le vrai problème de fond est avant tout politique.

Les acteurs du djihadisme comme Abou Bakr Al-Baghdadi, le chef de l’OEI, ne cherchent qu’à nous enfermer davantage dans un cercle vicieux à leur profit. La France s’y précipite avec une politique réactive de court terme, sans voir qu’elle sert finalement le discours mobilisateur de ceux qu’elle prétend abattre.
http://orientxxi.info/magazine/pour-combattre-le-djihadisme-moins-de-bombes-et-plus-de-politique,0835

MO2014

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Re: Syrie

Message  MO2014 le Ven 5 Aoû - 15:49

Appel pour l'arrêt immédiat des bombardements en Syrie
DIGNITE International

Meaux, le 22 juillet 2016

Depuis 5 années, la guerre en Syrie a causé plus de 270 000 morts selon l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH). Ils sont par ailleurs plusieurs millions à s'être réfugiés en Turquie, au Liban, et plus récemment en Europe. La situation humanitaire à l'intérieur du pays et dans les camps de réfugiés sont catastrophiques et inhumaines.

Aujourd'hui, la guerre continue de faire rage partout en Syrie. Près de 300 personnes ont été tués à ALEP dans les bombardements survenus du 22 avril au 5 mai 2016, et ont mis fin au cessez-le-feu instauré le 27 février dernier. Une trêve temporaire entre les parties a expiré le jeudi 12 mai avant l'aube sans qu'elle ne soit reconduite.

Le Groupe International de Soutien à la Syrie (GISS), co-présidé par les Etats-Unis et la Russie s'est réuni le 17 mai dernier à Vienne et les négociations ont abouti à un nouvel échec. Depuis les bombardements ont repris, et continue à faire de nombreuses victimes parmi les civils.

Témoignage du mardi 24 mai du Dr Zouhair Lahna, médecin urgentiste :

"Six avions ont bombardé la ville de Dar Ezzat (au nord d'Alep) où j'opérais ce jour. Les familles étaient en panique à l'hôpital. Surtout les mamans avec leurs enfants. Des cris, des pleurs d'enfants réagissant aux bruits des détonations. Les gens ne savaient pas où se cacher puisque les hôpitaux font parti des cibles privilégiés… Plusieurs personnes se sont retrouvées dans le sous sol pour sécuriser les leurs. Quant aux curieux et courageux, ils étaient dehors scrutant le ciel pour repérer des points noirs qui sèment une mort lâche de loin. Je ne souhaite à personne de vivre des angoisses pareilles. Décidément, tout est fait pour faire fuir la population"

Dans la nuit du 18 au 19 juillet, plus d'une centaine de villageois des environs de MANBIJ, une ville de 50 000 habitants située à 100 km d'Alep, ont péri dans des bombardements aériens.

Dans ce contexte, DIGNITE International, association française sociale et humanitaire, appelle la Communauté Internationale à mettre fin définitivement aux bombardements de la ville d'Alep et plus généralement en Syrie.

DIGNITE International appelle également à faire respecter le droit humanitaire international concernant la protection des civils durant les guerres et les conflits armés, et la mise en place de couloirs humanitaires afin d'acheminer les aides et évacuer les blessés en toute sécurité.

Soyez nombreux à signer et partager cette pétition pour dire STOP aux bombardements en Syrie !

Ouahid ABASSI
Président de DIGNITE International
Port. 07 85 46 74 11

Pour en savoir plus sur nos actions, retrouvez nous sur le site : www.dignite-international.org et sur facebook : https://www.facebook.com/dignite.international/?ref=ts&fref=ts
Cette pétition sera remise à:

   Secretaire Général de l'ONU
   #ONU
ICI << pour signer

MO2014

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Re: Syrie

Message  sissok le Lun 5 Déc - 12:53

Depuis des années les mouvements anticapitalistes et révolutionnaires sont divisés au sujet des guerres impériales.
Sur la Yougoslavie, l'Iraq, la Libye, on a vu une partie des militants d'"extrème-gauche" applaudir les interventions de l'OTAN. La situation est telle qu'à l'heure actuelle, le PG, le NPA, EELV prennent parti contre l'état syrien et se font les avocats des djihadistes. De même on avait vu des "anarchistes" applaudir le massacre de Kadhafi.

Il s'agit d'un moment historique. La guerre actuelle peut dégénérer en guerre mondiale et nous toucher bien plus près qu'on ne l'imagine. Il s'agit donc de peser ses mots et de bien réfléchir au camp qu'on soutient volontairement ou pas.

Pour ma part ce que j'ai vu à l'oeuvre ces dernières années c'est l'action de quelques militants certainement payés par des services, distiller un poison dans les débats. Ils ont pris des partis à la fois islamophobes et ils ont applaudi les guerres de l'OTAN. Et derrière eux beaucoup ont suivi, encouragé par une machine de propagande, une guerre de l'information de haute intensité.

En connaissant un petit peu l'Histoire et les forces en jeu il était évident que les guerres de Libye et de Syrie, dès le départ, n'étaient pas des mouvements populaires révolutionnaires. Les media ont menti de façon éhontée. A présent la vérité éclate à la face du monde et c'est ce qui rend le moment historique : c'est la première fois qu'une guerre impériale US capote de façon aussi compromettante pour eux. La vérité est là et il n'y a plus qu'à la regarder, et on assiste aux dernière tentatives des media de faire croire à leur "narrative", certains commencent même à retourner discrètement leur veste. Mais il ne faut pas pas oublier : ils sont coupables de complicité de crime contre l'humanité.

Il reste à apprendre de ce qui s'est passé, tirer les leçons de cette histoire.
- l'impérialisme US est capable de détruire des pays sous faux drapeau en levant des armées de mercenaires
- ils sont capable de mettre en branle une énorme machine médiatique, et malgré internet aucun mouvement anti-guerre n'a été entendu
- ils ont des relais dans tous les milieux et toutes les sensibilités politiques (oui les copains il y a des traîtres)
- prendre pour argent comptant ce que raconte la presse capitaliste et une erreur monumentale et indigne d'un militant, a fortiori en cas de guerre et d'état d'urgence
- ceux qui ont parlé de révolution pour la Syrie ou la Libye sont soit un peu trop romantiques et ignorants, et imaginent qu'une révolution prolétarienne allait triompher en étant soutenue par les USA et l'Arabie Saoudite, soit simplement des traîtres payés, désolé ça fait "complotiste" mais c'est une évidence, la police a toujours été parmi nous.

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Re: Syrie

Message  sissok le Lun 5 Déc - 13:06

A l'attention du sinistre salopard qui a posté la pétition au dessus :

"Dans la nuit du 18 au 19 juillet, plus d'une centaine de villageois des environs de MANBIJ, une ville de 50 000 habitants située à 100 km d'Alep, ont péri dans des bombardements aériens. "

Oui c'était l'aviation française ! On parle même de 200 morts. Une "bourde" !

"Dans ce contexte, DIGNITE International, association française sociale et humanitaire, appelle la Communauté Internationale à mettre fin définitivement aux bombardements de la ville d'Alep et plus généralement en Syrie."

Vous dénoncez une bourde française pour demander l'arrêt des bombardements russes et syriens ? Ces bombardements ont certainement tué des civils. Mais ils visent des djihadistes qui eux-mêmes massacrent, exploite, met en esclavage la population d'Alep. A l'heure actuelle vous voyez les habitants soulagés d'en être débarrassés. S'il n'y avait pas eu ces bombardements, si votre souhait avait été exhaucé, on aurait peut-être abouti à un gel de la situation par l'ONU comme ils l'avaient fait pour les "rebelles" de Côte d'Ivoire, leur permettant de d'organiser un état autonome reconnu par votre chère "communauté internationale". Ca aurait été une sorte de Kosovo version islamofasciste, avec une police des moeurs brutale, amputations et mises à mort publiques, trafics en tous genre

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Re: Syrie

Message  Duzgun le Lun 5 Déc - 13:31

Pour te montrer l’imbécillité de ton campisme à deux balles qui t'amène à soutenir un régime sanguinaire et ses interventions impérialistes alliées : http://www.atlantico.fr/decryptage/confessions-choc-homme-bachar-el-assad-voici-comment-avons-cree-etat-islamique-2897230.html
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Re: Syrie

Message  sylvestre le Lun 5 Déc - 14:23

sissok a écrit:A l'attention du sinistre salopard qui a posté la pétition au dessus :


Pas d'insultes ici. Sissok banni.
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Re: Syrie

Message  galutier le Lun 5 Déc - 17:19

Duzgun a écrit:Pour te montrer l’imbécillité de ton campisme à deux balles qui t'amène à soutenir un régime sanguinaire et ses interventions impérialistes alliées :

Voilà un bel exemple de faux camarade qui n'hésite pas une seconde à donner du crédit et même promouvoir la pire presse fasciste et sa propagande.

Et il utilise l'expression "campiste". Intéressant. On me traitait déjà de campiste quand je dénonçais la guerre en Libye, on me traitait de kadhafiste. Quand je dénonçais la guerre en Côte d'Ivoire on me traitait de gbagboïste. Maintenant je suis forcément assadiste n'est-ce pas ? Sauf que ces trois pays on été victimes d'une agression extérieure. Je ne me suis toujours opposé qu'à la guerre.

Et les gens qui m'ont traité de campiste défendaient bien un camp eux aussi, comme l'ami Duzgun. Il a choisi le camp anti-Assad et anti-russe, qu'il désigne comme les méchants de cette guerre. Moi j'avoue que s'il faut choisir un camp je préfère effectivement celui d'Assad et des russes à celui de l'Arabie saoudite, des USA, de la Turquie, et des takfiristes

Je préfère quand même le camp des Kurdes épris de communisme libertaire et engagés aux côtés de l'état syrien contre les djihadistes.

Au fait "imbécile" c'est pas une insulte ?

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Message  Roseau le Mar 6 Déc - 22:41

"je préfère effectivement celui d'Assad et des russes à celui de l'Arabie saoudite, des USA, de la Turquie, et des takfiristes"
C'est exactement cela le campisme:
passer par dessus les classes, se jeter dans les bras de bourgeois, le choix d'un impérialisme contre un autre.

Tout l'enseignement du mouvement ouvrier,
au moins depuis la trahison des politiciens sociaux-démocrates pour un camp en 1914,
c'est que l'avenir de l'humanité dépend de la capacité du mouvement ouvrier à ne défendre que le camp de l'émancipation,
contre toutes les bourgeoisies, leurs guerres, et leurs agents "campistes".
Sur la Syrie et le MO, voir ce recueil d'articles: http://www.anti-k.org/?s=Syrie
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Message  Duzgun le Mar 6 Déc - 23:08

Roseau a écrit:"je préfère effectivement celui d'Assad et des russes à celui de l'Arabie saoudite, des USA, de la Turquie, et des takfiristes"
C'est exactement cela le campisme:
passer par dessus les classes, se jeter dans les bras de bourgeois, le choix d'un impérialisme contre un autre.
En effet... Rolling Eyes
C'est assez amusant comment pour répondre à une accusation de campisme il s'est bêtement enfoncé... Razz
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Message  galutier le Mer 7 Déc - 3:24

Eh les copains quand vous verrez débarquer dans votre quartier une bande de barbus avec des missiles tomahawk, qui violent votre soeur et mettent votre mère en esclavage, vous ne penserez plus "campisme" ou "pas campisme", et si les Russes arrivent, pas pour vos beaux yeux mais pour leur intérêt bien sûr, et qu'ils vous en débarrassent et vous permettent de revivre une vie normale, vous leur direz quand même merci j'espère ?

Eh l'ami Duzgun tu me donnes du "imbécile", du "bêtement", tu peux amener des arguments plutôt que balancer des fions ?

"Sur la Syrie et le MO, voir ce recueil d'articles"
Tu parles, ils ne font que recracher des articles de l'AFP, de la communication qatarie, sans aucune distance, et il y a un article complètement crétin d'un gars qui dit que les gens comme moi, les "campistes", sont des ordures, avec plein de faux jargon pseudo-intellectuel pour dire quoi ? Que le plus grand méchant dans l'affaire, c'est vraiment Assad. Du coup on sent un peu qu'il a choisi le camp anti-Assad. En tout cas vu les autres publications c'est clair. Et vu la saloperie d'appel qu'a lancé le NPA avec EELV et Ensemble, on sait que pour eux le camp c'est le camp opposé à Assad et aux Russes.

Concrètement ces gens ne servent qu'a empêcher un mouvement anti-guerre fort de naître. S'ils avaient existé dans les années 60 il n'y aurait pas eu de mouvement anti-guerre pour le Vietnam. Ceux qui dénonçaient la guerre auraient été traités d'horribles campistes, de Ho-Chi-Minhiste, que sais-je.

La machine est bien huilée et je vois à vos réactions que vous êtes agressifs et malveillants, je sais très bien ce que vous faites, je ne vous dérange pas plus longtemps

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Message  Duzgun le Mer 7 Déc - 12:33

Bon je crois que les délires d'extrême droite n'ont rien à faire sur ce forum. En attendant le ménage des modérateurs, don't feed the troll !
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Re: Syrie

Message  MO2014 le Sam 10 Déc - 14:24


Requiem pour la Syrie
Orient XXI > Magazine > Éditorial > La rédaction > 10 décembre 2016

Mercredi 7 décembre, l’armée syrienne a pris le contrôle de toute la vieille ville d’Alep, au pied de sa célèbre citadelle dont les occupants ont résisté ou ont été vaincus à maintes reprises au cours des siècles passés. Cette chute marque un tournant dans la guerre en Syrie, car nul ne peut nier l’importante percée du régime. Il aura vu la défaite de ses adversaires qui ont tenu une partie de la capitale économique et deuxième ville du pays, coupée en deux depuis 2012. Si l’on ne sait pas ce qui se passera demain, on peut faire le triste constat d’une victoire de la realpolitik, une victoire des canons sur le droit humanitaire, et une défaite des diplomaties occidentales. Ce sera aussi une victoire de la Russie qui s’est imposée sans état d’âme comme une alliée sûre du régime syrien, un acteur primordial au Proche-Orient et en Méditerranée, tout en se jouant des puissances occidentales.

C’est toute l’espérance d’un soulèvement pacifique contre une dictature, semblable à celui qui a secoué d’autres pays du monde arabe depuis l’hiver 2010 qui s’est brisée face à la brutalité inouïe du régime, aux ingérences multiples des puissances régionales, du Qatar à l’Iran en passant par l’Arabie saoudite, à l’inanité de « la communauté internationale ».

Commencée le 15 novembre, l’offensive de Damas et de Moscou contre Alep aura duré moins d’un mois. Les incessants bombardements aériens menés pour l’essentiel par les Russes, et le déluge de feu de jour comme de nuit ont eu raison de la détermination des rebelles toutes tendances confondues, inférieurs en nombre et en équipements. Divisés et affaiblis, ils ont proposé le 7 décembre un cessez-le-feu immédiat de cinq jours à Alep et l’évacuation des civils, tout en refusant de remettre leurs armes — ce qui aurait signifié une capitulation. Le même jour, un appel à la trêve a été lancé par six capitales occidentales, dont Washington, Paris et Londres, devant la catastrophe humanitaire. Damas, comme on s’y attendait, a répondu par un non cinglant, tant que les mouvements qu’il a toujours dénoncés comme des « organisations terroristes » n’auraient pas évacué le secteur. L’annonce par la Russie le 8 décembre d’un cessez-le-feu unilatéral n’a été que de la poudre aux yeux.

Le bilan pour Alep est particulièrement terrible sur le plan humain, sur fond de pénuries, de gens affamés, d’épreuves et d’un quotidien très dur, de morts de civils, d’hôpitaux, de centres médicaux et d’écoles détruits pendant quatre ans. Au moins 80 000 personnes ont fui l’est d’Alep depuis le début de l’offensive. On ignore le sort des hommes jeunes en fuite qui ont été contrôlés à des barrages de l’armée. Les organisations internationales humanitaires sont absentes. Depuis le début de l’offensive, plusieurs centaines de personnes ont été tuées à Alep-Est. La majorité d’entre eux sont des civils, dont beaucoup d’enfants, ainsi que de nombreux médecins et du personnel médical. Sans se lancer dans des comparaisons macabres, il faut rappeler aussi que la partie contrôlée par le régime n’a pas été épargnée par les tirs quotidiens des groupes rebelles, avec une centaine de tués.

La triste ironie est qu’Alep, avec ses quelque trois millions d’habitants — et une forte activité commerciale et industrielle — a été la dernière grande ville syrienne à se joindre à la rébellion, un an après le début des premiers troubles au printemps 2011. Puis elle a été emportée dans la fièvre de la révolution qui avait commencé pacifiquement au sud de Damas, dans la ville de Deraa. Craignant pour sa survie, le régime a aussitôt dénoncé un complot venu de l’étranger, fomenté par les monarchies sunnites du Golfe et la Turquie, et a réprimé avec férocité. Ainsi, les revendications citoyennes qui ont fait descendre les Syriens dans la rue se sont transformées en révolte, puis en soulèvement, avant de finir dans un chaos où des groupes rebelles se disputent ou s’entretuent, des puissances régionales entretiennent le feu, et des populations sont prises au piège de la guerre.

Dans ce contexte de guerre totale, le régime a été accusé de crime contre l’humanité, un « honneur » qu’il partage avec l’organisation de l’État islamique (OEI) dont il faut rappeler que les combattants avaient été chassés depuis longtemps d’Alep-Est par les rebelles, contrairement au Front Al-Nosra (qui a changé de nom pour devenir Fatah Al-Cham après avoir rompu ses liens avec Al-Qaida).

Au plan politique, Damas n’a pas tardé à réagir à sa victoire à Alep. Bachar Al-Assad s’est ainsi empressé de déclarer qu’il s’agit là d’une « étape majeure vers la fin de la guerre », tout en ajoutant : « mais soyons réalistes, cela ne signifie pas la fin de la guerre ». La chute d’Alep « constituerait une immense défaite pour l’opposition syrienne — militaire et politique —, mais je ne pense pas que cela mettra fin à la guerre civile », a indiqué de son côté Robert Ford, le dernier ambassadeur des États-Unis à Damas, dans une déclaration à Syria Direct le 6 décembre. Et l’Occident a beau donner des leçons, il n’a fait que démontrer l’ampleur de son impuissance, de ses divisions et des limites de sa diplomatie, faute d’avoir compris que l’humanitaire ne peut se substituer au politique. Les gouvernements occidentaux ne peuvent s’exonérer de leur responsabilité dans ce conflit. Et en particulier la France, qui a longtemps refusé que l’Iran ait une place dans les négociations de paix.

S’il est trop tôt pour savoir quelles conséquences aura la chute d’Alep sur l’avenir de la Syrie, le président syrien peut espérer s’être gagné un nouvel allié objectif avec l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Un homme qui voit dans Bachar Al-Assad ou dans le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi des partenaires dans la « guerre mondiale contre le terrorisme ».
http://orientxxi.info/magazine/requiem-pour-la-syrie,1621

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Re: Syrie

Message  Roseau le Jeu 15 Déc - 13:26

Je reprends ici l'analyse de JP Filiu qui démontre que Daech, pourtant chassé d'Alep par son peuple insurgé contre la dictature, en sera à terme le principal vainqueur: http://www.anti-k.org/2016/12/12/les-lecons-du-martyre-dalep/

Voilà le résultat du choc des barbaries, le retour à la guerre froide tant attendu par les impérialismes , encore et toujours sur le dos des peuples. Avec leurs crétins utiles des deux côtés, à commencer par Mélenchon saluant le massacre de femmes et enfants par les bombardiers russes.
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Un peuple arabe, ça existe ça ?

Message  Roseau le Dim 18 Déc - 0:58

Dossier: Oui, JLM a approuvé les bombardements sur Alep
http://wp.me/s5oNrG-118113
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Re: Syrie

Message  barnum le Ven 23 Déc - 14:13

JC Tardieu

"Les dirigeants de tous les tous les partis sans exception du mouvement ouvrier ont trahi le principe de l'internationalisme prolétarien, du droit des peuples à l'autodétermination, et démontré si nécessaire qu'ils avaient bien rompu avec le marxisme et le socialisme dont ils continuent de se réclamer.

Depuis mars 2011 ils ont adopté le même discours ou la même propagande de la réaction sur la Syrie et la Libye.

Ils ont commencé par affirmer que Kadhafi était en train de massacrer son peuple à Bengazi qui aurait manifesté pacifiquement, alors que c'était faux. Ils ont déclaré qu'Assad massacrait son peuple à Deraa, alors que c'était faux.

En réalité Assad tout comme Kadhafi furent confrontés à une provocation armée menée par des salafistes ou des takfiristes recrutés et armés à cet effet par Washington, Riad, Doha, Tel Aviv, Londres et Paris notamment. Ils y répondirent en recourant à l'armée pour la réprimer, parce qu'aucun Etat ne peut répondre à ce genre d'agression armée en distribuant des fleurs ou des cachous. En Syrie pour parfaire l'opération, les Américains firent en sorte que ses mercenaires armés se mêlent à un mouvement social pour que l'armée fasse des victimes parmi les manifestants, pour ensuite pouvoir accuser Assad de réprimer férocement un mouvement pacifiste et justifier une intervention militaire occidentale pour renverser cet ennemi de la démocratie.

Cette falsification des faits était destinée à justifier une intervention militaire des puissances occidentales dite préventive à caractère humanitaire, pour que les populations occidentales y adhèrent et que leurs aventures guerrières soit ainsi légitimées, les médias aux ordres se chargeant du matraquage quotidien pour leur imposer.

De mars 2011 à décembre 2016 les Etats-Unis et leurs alliés, l'OTAN, l'UE, tous les partis de la réaction, tous les dirigeants des partis dits ouvriers et des syndicats, tous les représentants des ONG ont affirmé que la Libye et la Syrie étaient gouvernés par d'horribles dictateurs qui massacraient leurs peuples, alors qu'il s'est avéré que c'était une infâme falsification de la réalité que tous se sont employés à systématiquement censurer.

Etant donné que cet argument devait servir à justifier une intervention militaire des puissances occidentales auprès de leur population dans le but affiché de renverser les chefs d'Etat libyen et syrien, afin d'installer un gouvernement qui appliquerait la politique que leur dicterait l'impérialisme américain, tous ceux qui ont eu recours à cet argument partagent la responsabilité de la destruction de la Libye et de la Syrie et du massacre de ces peuples.

Dès lors, les mêmes partis dits ouvriers pouvaient tranquillement condamner le bombardement de ces pays en recourant au principe de l'internationalisme prolétarien pour couvrir leur ignominie ou se donner bonne conscience.

A la place de Kadhafi ou d'Assad, n'importe quel gouvernement dans le monde aurait réagi de la même manière, un gouvernement ouvrier révolutionnaire également, sans doute plus rapidement et plus férocement encore pour empêcher que la situation ne dégénère ou avant que la réaction internationale n'ait le temps de se retourner.

Tout cela pour dire que tous les partis dits ouvriers ont fait preuve d'un cynisme, d'une hypocrisie criminelle et inutile en s'alignant sur la réaction dans l'affaire libyenne et syrienne, mais aussi irakienne. Pire encore, ils auront ainsi empêché le prolétariat international de partager la victoire du peuple syrien à Alep contre les forces coalisées de la réaction et de pouvoir en tirer la leçon politique qu'il est possible de la vaincre dans chaque pays et à l'échelle mondiale, qu'aucun peuple n'acceptera jamais d'être réduit en esclavage, y compris au moyen de la pire barbarie, et qu'uni il est invincible.

Tous ceux qui ont aveuglément approuvé la politique de ces partis ne peuvent revendiquer la victoire que vient de remporter le peuple syrien, ils sont du côté des vaincus, cela devrait les faire réfléchir s'ils en sont capables.

Nous avons à juste titre dénoncé la conception de la lutte de classe de ces partis dont les discours se résument à de la propagande stérile ou pire encore comme on vient de le voir, au lieu de reprendre la méthode du marxisme basée sur les faits, l'enchaînement des faits, consistant à parvenir à des conclusions politiques à partir de l'interprétation de la situation dans un pays qu'il est impératif de connaître au préalable pour comprendre sur quoi reposent les rapports entre les classes auxquels aucun principe au monde ne peut se substituer.

Que Kadhafi ait incarné l'unité et la souveraineté de la Lybie, le pays le plus développé du continent africain, qu'Assad ait incarné une république laïque et un des pays les plus développés du Proche-Orient, face à des régimes monarchiques, féodaux, archaïques, de terribles dictatures pratiquant la charia, alors que ces deux Etats indépendants et souverains résisteront à l'impérialisme américain prêt à les détruire, à les disloquer si nécessaire en recourant à une horde de barbares sanguinaires pour parvenir à ses fins, les dirigeants du mouvement ouvrier de tous les partis sans exception reproduiront le discours des représentants de la réaction en présentant leurs chefs d'Etat comme de terribles dictateurs à la tête de régimes tyranniques.

Les dirigeants de tous les tous les partis sans exception du mouvement ouvrier,à aucun moment,ne produiront une analyse sur la situation en Libye et en Syrie sur la base des rapports existant entre les classes dans ces pays en les reliant au développement du capitalisme mondial.

Pire, à l'instar des représentants des puissances occidentales et des médias ils pratiqueront l'autocensure en refusant d'utiliser les arguments ou les faits en leur possession qui leur auraient permis de démonter la propagande de guerre de Washington, Bruxelles et de l'OTAN.

Un grand nombre de commentateurs se sont demandés pourquoi contrairement à autrefois quand des pays dominés étaient agressés par des pays dominants le mouvement ouvrier international se mobilisait au côté des pays dominés agressés par des impérialistes, ou lorsque que des pays luttaient pour conquérir leur indépendance ou leur souveraineté, de nos jours il les abandonnait à leur triste sort, sans pouvoir répondre à cette question, puisqu'il leur aurait fallu mettre en lumière que le mouvement ouvrier international était totalement corrompu à quelques exceptions près marginales, et qu'il était complice des impérialistes intervenant militairement en Libye et en Syrie.

En résumé, les dirigeants de tous les tous les partis sans exception du mouvement ouvrier se livreront au double langage habituel, consistant à dénoncer une agression impérialiste tout en reprenant à leur compte les arguments des représentants de l'impérialisme qui la justifiaient ainsi, de sorte que l'ensemble de ces arguments se neutralisaient réciproquement et laissait le champs libre au camp du plus puissant, au camp de la guerre, ce qui explique pourquoi ils se mirent dans une situation qui ne leur permettait pas de mobiliser les masses au côté des peuples libyen et syriens contre ces guerres néocolonialistes, pour peu qu'ils en aient eu l'intention un jour, ce dont on est en droit de douter fortement au regard de cette expérience.

Cette méthode du double langage et jeu était fort pratique ou présentait l'avantage de laisser à chaque militant ou travailleur l'opportunité d'interpréter la situation en fonction de ses intérêts individuels et non en se situant sur le terrain de la lutte des classes, ce qu'ils ignoreront évidemment. Comment, en s'appuyant sur l'un de ces arguments contradictoires de manière à diviser le mouvement ouvrier, à le paralyser, mieux, de sorte qu'aucune tendance ne s'en dégage, ce qui offrirait pas la suite l'opportunité à ses dirigeants de manoeuvrer ou d'instrumentaliser les conclusions de ces guerres à leur profit sans scrupule et pratiquement sans risque, puisque militants et travailleurs n'y ayant rien compris continueront de se faire manipuler. Il suffira d'invoquer la situation en France ou de reporter sur les travailleurs leur propre impuissance ou trahison et le tour sera joué.

Ces abominables manoeuvriers se sont sciemment servis du principe de l'internationalisme prolétarien et du droit des peuples à leur autodétermination pour emmener leurs militants au côté de la réaction à leur insu ou inconsciemment le plus souvent".


barnum

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Re: Syrie

Message  barnum le Ven 23 Déc - 14:16



- "Le numéro 168 de Tout est à nous, l’hebdomadaire du NPA, publie un article consacré à l’appel de Bernard- Henri Lévy, André Glucksmann et Bernard Kouchner à la guerre en Syrie. On peut y lire : « Tout n’est pas faux dans ce texte, loin de là. » L’article poursuit à propos de nos trois va-t-en-guerre : « Ils évoquent à plusieurs reprises l’idée de “livrer des armes à la révolution” en Syrie. On ne saurait pas être contre, à condition toutefois de préciser certaines conditions. Ainsi faudrait-il proposer de livrer avant tout des armes dont les rebelles puissent facilement se servir en toute autonomie, sans tomber dans le besoin d’avoir recours à des “conseillers” (…). Ces conditions étant précisées on pourrait dire : chiche !"

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