Ras L'Front une expérience

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Re: Ras L'Front une expérience

Message  gérard menvussa le Mer 25 Sep - 16:54

Il me semble que jamais Ras le front n'a prétendu a eux tout seul avoir "érigé une barriére infranchissable" entre le front national et la droite "classique". Mais par contre, il est exact qu'une bonne partie de leur action consistait a rappeler et a DEMONTRER que le front national n'était pas un parti "comme les autres". Et cette stratégie a "payé" largement, tant que ras le front est resté actif sur le terrain. Effectivement, c'est largement cette tactique, et la tension qu'elle induisait à l'intérieur de leur mouvement, qui explique la scission entre "fondamentalistes" et "réalistes". Mais c'est AUSSI parce que le front national n'était pas tout a fait un "parti comme les autres" que les fondamentalistes ont gagné, au final (et aussi parce que le "réaliste" avait le charisme d'une huitre)

Car effectivement, la limite de ce travail est de ne pas revenir aux raisons qui ont plombé le "réseau ras le front". Rappelons que l'idée spécifique que déféndait ras le front, celle d'une nature "spécifique" du front national était combattu par l'ensemble de la "gauche gouvernementale" (car cela impliquait de sortir de l'univers limité du "crétinisme parlementaire") et une bonne partie de la gauche révolutionnaire, a commencer par Lutte ouvriére. Or c'est bien l'abandon de cette analyse qui a permis a une fraction de la droite de "faire sauter les digues"
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Re: Ras L'Front une expérience

Message  verié2 le Mer 25 Sep - 17:15

Ottokar
discussion surréaliste !
J'ai lu les textes que Sylvestre donne en référence, mais je ne vois toujours pas, en effet, en quoi Ras le Front aurait joué le moindre rôle dans la scission du FN...
Gérard Ménussa
une bonne partie de leur action consistait a rappeler et a DEMONTRER que le front national n'était pas un parti "comme les autres". Et cette stratégie a "payé" largement, tant que ras le front est resté actif sur le terrain.
"Stratégie" qui a l'inconvénient de favoriser les illusions sur les partis "comme les autres" et dits "républicains". Mais il me semble que tu accordes vraiment une influence démesurée à Ras le Front.

Cela-dit, Ras-le-Front a tout de même réussi pendant un certain temps à rassembler pas mal de monde, mais le plus souvent sur la base d'un antifascisme assez consensuel. Pour juger du caractère consensuel de l'antifascisme médiatique qui favorisait tout de même ce succès, il suffit de se rappeler la campagne pro Chirac contre le vote Le Pen où l'on nous montrait tous les jours des hordes nazis à la TV. Ras-le Front n'a pas réussi à capitaliser cette influence et a disparu dans une période où le FN est plus puissant et dangereux que jamais... Les campagnes TV de 2002 n'ont pas endigué la montée du FN. Comme quoi, répéter que les fascistes sont des super méchants pas comme les autres a finalement peu d'effet, du moins dans certaines circonstances...

L'antifascisme consensuel est aujourd'hui bien ébréché, avec le passage au service des Le Pen des Zemmour, Collard et de quelques autres transfuges, les hésitations d'une partie de la droite classique, dont Fillon, à s'allier au FN. Et plus le FN aura de succès, plus nombreux seront évidemment les opportunistes, y compris intellos et médiacrates, qui se rallieront à lui. Peut-être un véritable front anti-fasciste, sur des bases de classe, pourrait-il être aujourd'hui plus efficace que Ras-le-Front, mais il serait certainement moins consensuel.

Ce qu'on peut remarquer, et qui est inquiétant, c'est notamment qu'entre deux discours de démagogues, celui xénophobe de Le Pen et celui républicano-nationalo-populiste de Mélenchon, c'est le premier qui a eu le plus de succès, y compris parfois dans des milieux populaires et ouvriers. Il en serait peut-être differemment dans le contexte d'une véritable riposte ouvrières aux mesures anti-sociales de Hollande.

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Re: Ras L'Front une expérience

Message  gérard menvussa le Mer 25 Sep - 18:18

"Stratégie" qui a l'inconvénient de favoriser les illusions sur les partis "comme les autres" et dits "républicains"
Sans doute, ce risque est il réel ! Mais heureusement contrebalancé par les tactiques de lutte de ras le front qui privilégiait l'action "a la base" "d'en bas". et n'accordait aucune importances a des démarches du type "interdiction du fhaine" qui fleurissaient à une époque (ou elle gagnait y compris une partie de la lcr.

il suffit de se rappeler la campagne pro Chirac contre le vote Le Pen
Ca me semble parfaitement ridicule d'agiter ça (ou plus probablement , cela montre une méconnaissance assez étonnante de l'histoire de raz le front) Ras le front avait cessé d'exister sur le plan national aprés une campagne faite par la gauche du ps (en particulier les "jeunes socialistes") et relayé également par le pcf et une bonne partie de l'extréme gauch etc qui prétendait que "ras le front ne sert a rien" après la scission du fhaine. Entre 1998 et 2002, il y a eu quatres ans de campagnes incessantes conte "ras le front" expliquant que certes il avait eu son utilité (pour les plus aimables) mais que maintenant qu'ils s'étaient eux même tiré une balle dans le pied, une bataille spécifique ne se justifiait plus. Et LO n'était pas la derniére à participer à ce concerts de "conseils" tous plus désintéressés les uns que les autres...








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Re: Ras L'Front une expérience

Message  verié2 le Mer 25 Sep - 18:33

   il suffit de se rappeler la campagne pro Chirac contre le vote Le Pen
(Vérié2)

Ca me semble parfaitement ridicule d'agiter ça (ou plus probablement , cela montre une méconnaissance assez étonnante de l'histoire de raz le front) (Gérard Ménussa)
Je n'évoque pas  la campagne de la LCR, mais la campagne des médias. Cette campagne donne une idée de l'état d'esprit qui régnait dans les médias, où on discutait encore de la question de savoir s'il fallait accepter de figurer sur le même plateau que Le Pen. Question totalement dépassée aujourd'hui, vu que plus personne ne refuse et que les journalistes s'adressent aux Le Pen comme à n'importe quelques autres politiciens.

Cet état d'esprit "politiquement correct anti FN" était donc très favorable à Ras-le-Front qui ramait d'une certaine façon dans le sens du courant dominant.
les tactiques de lutte de ras le front qui privilégiait l'action "a la base" "d'en bas"
Ras-le-Front appréciait tout de même beaucoup la participation de toutes sortes de personnalités dites "républicaines".

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Re: Ras L'Front une expérience

Message  gérard menvussa le Mer 25 Sep - 19:12

Hum, quels éléments te permettent de dire ça ? Si mes souvenirs sont exacts, tout est parti de "l'appel des 250" qui comportaient des écrivains, des polardeux, etc. Pas spécialement avec une tonalité "républicaine" affirmée, sauf qu'évidemment des gens comme Vidal naquet, Maurice Krigel Vallrimond étaient signataires. Mais aussi des gens commes souad Benami, Jean Michel Krivine, Laurent schwartz, Maurice Rajfus. Des polardeux, donc (Daennincks, Delteil, Jean François Vilar), des musiciens (la mano negra, les garçons boucher, et Maurane !) Bref, c'était un appel "large". Je n'ai jamais constaté de dérive "républicaine" au niveau des personnalités (mais vu les bases de l'appel il était normal et juste politiquement que l'on fasse appel à d'anciens résistants) et encore moins des pratiques.

Le contenu de l'appel est aussi à rappeller :

La montée en puissance d’un parti fascisant et raciste met la France à l’heure de tous les périls. Ses avancées sont faites de nos reculs. Il faut, pour commencer, avoir le simple courage de nommer les choses et les gens. Quelles qu’en soient les conséquences judiciaires, nous affirmons ici que Le Pen, en filiation directe avec l’idéologie nazie, est un fasciste et un raciste. A la base, la dégradation des mœurs politiciennes, les éclats d’un affairisme impudent, la prostitution de la justice par le politique, le désarroi idéologique, la mise en place d’une société glacée, impitoyable aux faibles, la dissolution des solidarités populaires anciennes, ouvrent la voie au réflexe poujadiste et au vote de la désespérance. Au sommet, l’équipe dirigeante du FN applique avec une ténacité cynique sa stratégie de conquête du pouvoir. Par glissements progressifs, elle réussit à banaliser l’inconcevable. Qui eût cru, voici seulement dix ans, qu’un parti français exhiberait, sur ses estrades, en qualité d’allié privilégié, un ancien Waffen SS ? Qui eût dit que l’immondice antisémite recommencerait de tomber chaque semaine de la bouche des dirigeants du FN et de leurs alliés ? Qui eût envisagé que, dans une obscène provocation au meurtre, l’assassinat à répétition de jeunes immigrés serait qualifié par Le Pen d’ "incidents" ? Il y a dix ans, le droit de vote des immigrés aux élections locales était inscrit au programme du candidat de la gauche aux élections présidentielles. En 1988, sous la pression raciste, il était évacué de ce programme. Si nous devons être battus, c’est que nous n’aurons pas eu le courage de nous battre.

Le combat antiraciste ne sera pas gagné par la recherche d’on ne sait quel consensus bourbeux avec une droite déjà largement contaminée. Il ne peut l’être que par l’affirmation sans compromis de nos propres valeurs. Il le sera par la mobilisation de ceux et de celles qui, par-delà différences et clivages, sont résolus à stopper le FN à tout prix, par tous les moyens, à tous les niveaux, et de manière permanente. La bataille doit être livrée devant les tribunaux, dans les médias et dans la rue. Face au FN, il faut mettre en place un front de résistance, qui donnera un coup d’arrêt à ces entreprises et imposera l’adoption de mesures sociales et politiques propres à enrayer le développement du racisme. Nous en appelons aux partis et aux organisations progressistes pour qu’ils créent, dans les plus brefs délais, les conditions pratiques d’une riposte unitaire. Un premier objectif devrait être la préparation d’une manifestation nationale massive rassemblant toutes celles et tous ceux qui sont résolus à barrer le chemin au racisme fasciste. L’heure n’est plus aux constats attristés et aux déplorations. Le temps de la contre-offensive est venu !
C'est clair que ce n'est pas un appel a la révolution mondiale. Mais ce n'était pas le but non plus !
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Re: Ras L'Front une expérience

Message  alexi le Mer 25 Sep - 22:30

La bataille doit être livrée devant les tribunaux, dans les médias et dans la rue.
Cet appel a "oublié" d'indiquer quelle force sociale était invité à livrer bataille.

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