L'histoire du droit de grève en France

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L'histoire du droit de grève en France

Message  Gauvain le Mer 8 Sep - 0:24

L'histoire du droit de grève

helbtlu1.gifLe droit de grève en France ce n’est pas si vieux : après la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui ignorait les droits sociaux, il faudra attendre 1946 pour la garantie constitutionnelle et 2000 pour une référence européenne…

Les gentils révolutionnaires de 1789 avaient bien compris que ce n’est pas en faisant confiance aux pauvres qu’on construit une nation, et ils avaient adopté le 14 juin 1791 la loi Le Chapelier qui interdisait toutes les formes d’organisation collectives dans le monde du travail. Ah le bon vieux temps des vrais libéraux cachés en grands philosophes des Lumières. Un syndicat de travailleurs ? La corde ! Une grève ? Le goulag ! C’est la grandeur des hommes politiques que de savoir prendre des décisions qui déplaisent, comme un sacrifice pour le développement du pays. Ces esthètes avaient, il est vrai, de bonnes sources d’inspiration. Imaginez le SMIC, les conventions collectives et les 35 heures sous Louis XIV : Versailles serait aujourd’hui une friche rachetée par Disney, et Quick négocierait pour s’y installer. C’est donc la meilleure tradition qui a guidé les révolutionnaires.

Ces nobles bourgeois, déterminés à sacrifier une popularité facile dans les sondages face à l’exigence de leurimg_57936_1-7545706df.gif devoir, durent s’assoir sur les Montesquieu, Voltaire et autre Rousseau, pour se résoudre à tenir d'une main de fer toute la première phase de la Révolution industrielle. C’était le temps de la France rêvée, avec l’identité nationale à la boutonnière et la souche bien calée là où il faut. Que gloire soit rendue à leur lucidité : on ne peut pas construire les fortunes qui permettront les investissements industriels futurs en offrant des paies décentes au petit peuple. Il fallait choisir, et nous ne rendrons jamais assez hommage à leur indéfectible courage. Les enfants dans les mines, les journées de travail de douze heures, l’absence de congés ou de protection sociale : voilà comment on a construit la Douce France ! C’était le temps de la conquête et des grands industriels : merveilleux.

Hélas, toutes les bonnes choses ont une fin. Le déclin de la France a commencé avec la loi Ollivier du 25 mai 1864 qui, par un regrettable parti pris idéologique, a abrogé le délit de coalition et autorisé le droit de grève. Et horreur absolue, la France allait devoir souffrir en 1870 de la création de la III° République et en 1884 de la loi dite Waldeck-Rousseau donnant un régime légal – je dis bien légal – aux syndicats.

Ensuite tout a été de mal en pis, et la France a touché le fond avec la Constitution du 27 octobre 1946 bisounours_65cm_zoom.jpgproclamant à l’article 7 de son Préambule : « Le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le réglementent ». La Constitution pour organiser et garantir la gabegie : j’en ai les larmes aux yeux en songeant aux vains efforts de nos glorieux aïeuls. Car bien sûr, le bon peuple, manœuvré par des politiciens sans scrupules, s’est engouffré dans la brèche, n’hésitant pas pour quelques menus avantages financiers, à hypothéquer l’avenir du pays. Répondant à leurs instincts les plus vils, ils ont même créé la Sécurité sociale en 1945.

Le piège s’est définitivement refermé quand les forces occultes internationales se sont emparées du pauvre pays de Marianne.

Le 3 janvier 1975, jour funeste, le destin s’est abattu sur la France avec, tenez vous bien, un Pacte international relatifs aux droits économiques, sociaux et culturels, garantissant en son article 8 le droit syndical et le droit de grève. Un pacte « international », alors que la France a toujours a toujours montré qu’elle était la meilleure du monde, et qu’elle n’attendait du monde qu’une seule chose : qu’on l’admire ! Nous étions tombés bien bas…

Le coup de grâce est venu le 7 décembre 2000, avec la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, et comme une arme pointée sur nous, l’article 28 qui protège l’exercice des droits sociaux. Je dois vous dire, avec franchise, que le courage m’a manqué pour lire le contenu de cette félonie. Il me suffit d’en voir tous les jours les ravages. Et je tremble pour un grand et beau pays comme la Chine éternelle, en lisant dans la presse que des salariés sans scrupules, profitant d’une petite embellie économique, osent demander la reconnaissance de droits sociaux.

Non, vraiment, ils n’ont rien compris de l’histoire.



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Gauvain

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