Tunisie : rap et répression

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Tunisie : rap et répression

Message  Vic le Jeu 5 Sep - 17:04

Weld El 15 et Klay BBJ, qui n'avaient pas été avertis de ce procès, écopent de vingt-et-un mois de prison pour des paroles jugées insultantes envers des fonctionnaires.

Par AFP

Deux rappeurs tunisiens ont été condamnés, à l’issue d’un procès dont ils n’avaient pas été prévenus, à 21 mois de prison en raison des paroles de leur chanson pendant un concert, a indiqué leur avocat lundi, dénonçant une nouvelle atteinte à la liberté d’expression.

«Ce procès a eu lieu sans que nous ayons reçu de convocation (...) je vais parler à mes clients pour faire opposition à ce jugement mais cette peine de prison ferme montre que l’acharnement contre la liberté artistique, la liberté d’expression, continue», a déclaré Me Ghazi Mrabet. «C’est un jugement avec exécution immédiate», a-t-il ajouté. Les deux musiciens peuvent dès lors être incarcérés à tout moment.

Les rappeurs, Ala Yaacoubi, alias Weld El 15, et Ahmed Ben Ahmed, alias Klay BBJ, ont été condamnés et jugés sans avoir été prévenus du procès, ni informés de leur inculpation pour outrage à des fonctionnaires, atteinte aux bonnes mœurs et diffamation.

L’avocat, qui dénonce des vices de procédures grossiers, a été informé vendredi par des médias citant des sources judiciaires de la condamnation de ses clients, mais a dû attendre lundi pour en avoir la confirmation auprès du tribunal de Hammamet. Le ministère de la Justice et la magistrature, par principe, refuse systématiquement de commenter les décisions de justice et les procédures employées.

Les deux musiciens, dont Weld El 15, déjà condamné début juillet pour une chanson insultant la police, avaient été interpellés la nuit du 22 août à l’issue d’un concert à Hammamet, une station balnéaire à 60 km de Tunis prisée des touristes étrangers. Les policiers estimaient que leurs textes avaient été offensants envers des fonctionnaires, délit passible de prison en Tunisie.

Lors de l’interpellation, Weld El 15 a été violemment battu par les policiers avant d’être relâché, selon Me Mrabet qui dit disposer d’un certificat médical attestant d’une incapacité de travail de seize jours.

Des poursuites contre ce même rappeur avaient fait scandale au début de l’été. Après avoir écopé de deux ans ferme en première instance, il avait vu début juillet sa peine réduite en appel à six mois avec sursis pour sa chanson «Boulicia Kleb» («Les policiers sont des chiens»).

«Vengeance»

«C’est une vengeance (...) les autorités n’ont pas compris que ces questions doivent susciter un débat public et non des procès et le harcèlement permanent des rappeurs», a dénoncé Thameur Mekki, qui dirige le comité de soutien à ces musiciens. «Nous allons nous organiser, nous allons nous mobiliser avec les organisations de défense des droits de l’homme et de la liberté artistique», a-t-il indiqué.

Lors du concert du 22 août, les deux rappeurs n’ont pas interprété «Boulicia Kleb» mais d’autres morceaux, dont certains datant de l’époque du président déchu par la révolution de 2011, Zine El Abidine Ben Ali. La police était considérée à l’époque comme l’instrument de la répression contre toutes les formes de critiques à l’égard du régime. «Ces morceaux sont critiques et défient les flics», a indiqué Thameur Mekki.

L’opposition accuse désormais régulièrement le ministère de l’Intérieur d’obéir aux islamistes d’Ennahda, qui dirigent le gouvernement. La justice et le gouvernement sont notamment accusés de chercher à restreindre la liberté d’expression acquise après la chute du régime de Ben Ali, et Ennahda d’orchestrer une islamisation rampante de la société.

Outre les poursuites contre des rappeurs, plusieurs affaires ont laissé un goût amer aux défenseurs des droits de l’Homme. Le militant athée Jabbeur Mejri a été condamné en mars 2012 à sept ans et demi de prison pour avoir publié sur sa page Facebook des caricatures du prophète Mahomet. Un autre jeune, Ghazi Beji, condamné à la même peine, a obtenu l’asile politique en France.

Un caméraman, Mourad Meherzi est actuellement en détention provisoire dans l’attente de son procès, pour avoir filmé en août 2013 un artiste, Nasreddine Shili emprisonné lui aussi, jetant un œuf sur le ministre de la Culture
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Vic

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Re: Tunisie : rap et répression

Message  Vic le Mer 11 Sep - 11:23

Communiqué commun REMDH/FIDH
La FIDH et le REMDH expriment leurs préoccupations face à l’Communiqué commun REMDH/FIDH
La FIDH et le REMDH expriment leurs préoccupations face à l’acharnement judiciaire dont sont victimes de nombreux artistes et journalistes ces dernières semaines en Tunisie, faisant craindre une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Ces dérives portent un coup aux libertés fondamentales -notamment la liberté d’expression- qui sont les piliers d’une démocratie saine et dont le respect est essentiel en cette période de transition en Tunisie.

En effet, des arrestations et des peines de prison ferme ont ainsi été prononcées pour sanctionner l’exercice de ces libertés. Le caractère disproportionné de ces peines et le principe même de la condamnation ont été dénoncés par les organisations de défense des droits de l’Homme.

Le 18 août 2013, Mourad Meherzi, le caméraman d’Astrolabe TV, a été placé en détention et risque une peine de 7 ans de prison après avoir filmé un jet d’œuf sur le ministre de la Culture Mehdi Mabrouk par le cinéaste tunisien Nasreddine Shili lors d’une cérémonie vendredi 16 août marquant le décès d’un comédien tunisien. Le porte-parole d’Astrolabe TV, Ahmed Amine Ben Saad, actuellement en grève de la faim en soutien à son collègue, a assuré pour sa part que le caméraman n’avait rien à voir avec l’incident dont il a simplement été témoin : « Il était sur les lieux et c’est son travail de filmer ce qui s’y passe », affirme-t-il. Selon son avocat Me Ayoub Ghdamsi, Mourad Meherzi a refusé de signer le PV où les autorités prétendent qu’il reconnait la participation à la préparation de cet acte et ce selon son avocat Me Ayoub Ghdamsi.

Par ailleurs, le 2 septembre 2013, les chanteur de ‘rap’ Weld El 15 et Klay BBJ, de leurs vrais noms Aladine Yacoubi et Ahmed Ben Ahmed, ont été condamnés par contumace pour outrage à des fonctionnaires, atteinte aux bonnes mœurs et diffamation pour des chansons considérées comme insultant la police totalisant une peine de un an et neuf mois de prison ferme. Me Ghazi Mrabet, leur avocat, affirme que « Ce procès a eu lieu sans que nous ayons reçu de convocation ». Les deux artistes affirment en outre avoir été harcelés par la police à maintes reprises auparavant. dont sont victimes de nombreux artistes et journalistes ces dernières semaines en Tunisie, faisant craindre une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Ces dérives portent un coup aux libertés fondamentales -notamment la liberté d’expression- qui sont les piliers d’une démocratie saine et dont le respect est essentiel en cette période de transition en Tunisie.

En effet, des arrestations et des peines de prison ferme ont ainsi été prononcées pour sanctionner l’exercice de ces libertés. Le caractère disproportionné de ces peines et le principe même de la condamnation ont été dénoncés par les organisations de défense des droits de l’Homme.

Le 18 août 2013, Mourad Meherzi, le caméraman d’Astrolabe TV, a été placé en détention et risque une peine de 7 ans de prison après avoir filmé un jet d’œuf sur le ministre de la Culture Mehdi Mabrouk par le cinéaste tunisien Nasreddine Shili lors d’une cérémonie vendredi 16 août marquant le décès d’un comédien tunisien. Le porte-parole d’Astrolabe TV, Ahmed Amine Ben Saad, actuellement en grève de la faim en soutien à son collègue, a assuré pour sa part que le caméraman n’avait rien à voir avec l’incident dont il a simplement été témoin : « Il était sur les lieux et c’est son travail de filmer ce qui s’y passe », affirme-t-il. Selon son avocat Me Ayoub Ghdamsi, Mourad Meherzi a refusé de signer le PV où les autorités prétendent qu’il reconnait la participation à la préparation de cet acte et ce selon son avocat Me Ayoub Ghdamsi.

Par ailleurs, le 2 septembre 2013, les chanteur de ‘rap’ Weld El 15 et Klay BBJ, de leurs vrais noms Aladine Yacoubi et Ahmed Ben Ahmed, ont été condamnés par contumace pour outrage à des fonctionnaires, atteinte aux bonnes mœurs et diffamation pour des chansons considérées comme insultant la police totalisant une peine de un an et neuf mois de prison ferme. Me Ghazi Mrabet, leur avocat, affirme que « Ce procès a eu lieu sans que nous ayons reçu de convocation ». Les deux artistes affirment en outre avoir été harcelés par la police à maintes reprises auparavant.
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