Le nazisme

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Re: Le nazisme

Message  Copas le Lun 31 Déc - 17:39

sylvestre le Lun 31 Déc - 12:49
D'accord aussi bien sûr. Je pense que Copas réagit au fait que dans les rangs trotskystes, l'accent a traditionnellement été mis sur les responsabilités - indéniables - du KPD dans la défaite. Mais il est utile de se rappeler que cette focalisation est due au fait que le KPD à cette époque représentait en quelque sorte encore "notre parti" - en tout cas il l'était dans les écrits de Trotsky, qui ne se décide à prôner la construction de nouveaux partis qu'après la débâcle de 1933.

Exactement, mais en tordant cette réalité en se concentrant trop sur le KPD, une interprétation éxonérante en a été tirée vis à vis de la social-démocratie allemande qui pourtant portait la responsabilité majoritaire de ne pas tourner ses organisations de masse vers l'écrasement concret et physique des forces fascistes.
La puissance de la SD était comme une belle voiture aux pneus cirés qui ne sortait du garage que par beau temps et vent calme. On y trouverait un peu de mélanchonite dans la capacité aux discours enflammés dans des grands meetings mais un problème sur les travaux pratiques.

Le SPD est bien plus responsable au niveau politique de cette catastrophe que le KPD. L’interprétation trop tordue vers les responsabilités du KPD est un fond commun partagé dans l'ensemble de la gauche française maintenant et sert à attaquer politiquement systématiquement les velléités de ligne politique indépendante des révolutionnaires (on a vu ressortir ce genre d’arguments dans le FdG contre le NPA, ou du PS contre la gauche révolutionnaire, moins contre le FdG).

La question est actuellement en cours en Grèce sur la capacité ou pas du mouvement d'ouvrier à écraser concretement les fascistes. Ceux-ci progressent en prenant concretement la rue et des quartiers, en s'imposant physiquement. C'est cela que le mouvement ouvrier grec doit résoudre concretement, en même temps que de construire une organisation de résistance unifiée des travailleurs prenant en main par force les quartiers, la rue, l'organisation de la société, et ayant donc poids pour peser face aux institutions de l'appareil d'état.
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Il y a 80 ans : Hitler arrivait au pouvoir

Message  Antonio Valledor le Dim 20 Jan - 13:38

A l’heure où, avec la crise capitaliste, l’extrême droite (y compris ouvertement nazie comme en Grèce) relève la tête dans plusieurs pays d’Europe, il est bon de rappeler ce que fut le nazisme et comment il parvint au pouvoir en Allemagne il y a exactement 80 ans. Nous reproduisons ci-dessous un texte inédit d’Ernest Mandel à ce sujet, publié initialement en 1953 sous le titre « Vingt ans après ». (Avanti4.be)

http://www.avanti4.be/debats-theorie/article/il-y-a-80-ans

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Re: Le nazisme

Message  sylvestre le Dim 23 Juin - 21:41

On trouve à présent sur Dailymotion l'excellent film de Joachim Fest : Hitler, une carrière, qui plus est en version française. 

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Re: Le nazisme

Message  sylvestre le Dim 28 Juil - 10:48

Très utile interview d'Ian Kershaw dans le Nouvel Observateur : "Hitler n'aurait pu prendre le pouvoir sans la complicité d'élites bourgeoises"
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Re: Le nazisme

Message  Polerwann le Sam 10 Aoû - 12:33

Plutôt que de complicité de la part des élites bourgeoises, comme le dit Kershaw, il conviendrait de parler de choix politique de leur part.
Après la Première guerre mondiale, il s'agit de recruter des contre-révolutionnaires qui puissent mettre fin à l'éclosion des « Raten » (conseils) à travers toute l'Allemagne. C'est dans ce cadre qu'Hitler est récupéré par les services de renseignement militaires. Ils sont prêts à prendre tout et son contraire du moment que c'est prêt à casser du rouge. C'est aussi pour cela qu'après le putsch raté de Munich, Hitler, pourtant convaincu de haute trahison, reçoit une simple tape sur les mains et est condamné à une peine de prison ridicule, peine qu'il ne fera pas entièrement d'ailleurs. L'idéologie nazie en construction n'est qu'un élément parmi d'autres alors et cet élément, au sortir de la crise économique et de l'échec de la révolution allemande, sort vaincu. Quant à l'ensemble de l'extrême-droite, elle est écrasée à son tour à la suite de l'assassinat de Rathenau en 1922.
L'élément vainqueur dans la bourgeoisie allemande est celui en faveur de la renonciation aux vieilles ambitions militaristes de l'Empire prussien et d'une intégration plus grande au sein du marché mondial. Les USA investissent beaucoup en Allemagne à la suite du plan Dawes et c'est ainsi que la General Motors crée Opel. Un rapprochement avec la France s'opère. L'Allemagne entre à la SDN et Briant et Stresemann en arrivent à parler d'États-Unis d'Europe.
La crise de 1929 met fin à tout ça. Finie la fête weimarienne. Les capitaux US rentrent au pays. Les marchés se bouchent, car saturés. Le chômage explose. Les frontières se ferment.
Le petit commerce périclite. Les paysans se retrouvent criblés de dettes et pressés par des banques cherchant à se renflouer. Paysannerie d'abord, petit commerce ensuite vont constituer la base sociale des Nazis, qui leur promettent une annulation de leurs dettes, ce qui explique leur envolée électorale. Le droite traditionnelle, en gros la Démocratie-chrétienne, de par ses liens étroits avec la grande bourgeoisie, est incapable de se lancer dans une telle démagogie.
La bourgeoisie industrielle et financière, elle, craint une déstabilisation que pourrait procurer l'arrivée au pouvoir des Nazis. D'autre part, ces derniers sont porteurs d'une idéologie où l'État est tout puissant, ce qui inquiète les milieux d'affaires. Tant que la perspective d'une sortie de crise et de la réouverture d'un marché mondial de libre-échange est envisageable, la bourgeoisie allemande dans son ensemble rejette le nazisme. C'est ce qui explique sa mise au rencart, malgré ses succès électoraux, par la droite.
En 1932, avec l'élection en novembre de Roosevelt, opposant à la doctrine du « laissez-faire », partisan du protectionnisme et d'une intervention accrue de l'État dans les affaires économiques, le marché US devient un vague souvenir et les illusions d'une reprise économique libre-échangiste s'envolent. C'est alors, et alors seulement, que la haute bourgeoisie allemande bascule du côté des Nazis.
Elle n'adopte pas forcément son idéologie. Ce qu'elle soutient avant tout, c'est le parti de la revanche et de la guerre, car l'obtention de nouveaux marchés passe désormais pour elle uniquement par là : armement et prise de contrôle forcée des moyens de production de ses concurrentes étrangères. Une telle politique passe obligatoirement par la mise au pas de la classe ouvrière et la destruction de toutes ses organisations indépendantes. Les Nazis sur ce plan n'ont pas de rivaux.
Ils s'opposent à toute lutte de classes et promeuvent dans leurs discours l'union des patrons et ouvriers allemands contre les oppresseurs étrangers. Cette idéologie est très bien exprimée par Fritz Lang dans Metropolis. Ils défendent le Lebensraum, l'espace vital, reprenant en cela une idée très répandue du temps de l'Allemagne impériale qu'ils combinent à un anticommunisme virulent. Quant à l'antisémitisme, il ne dérange pas trop une bourgeoisie allemande, dont seule une toute petite minorité, comme dans l'ensemble de la population, est juive et qui, comme toute bourgeoisie, n'a d'unité que face à la classe ouvrière et des concurrents communs (et encore...).
Pour comprendre cet antisémitisme nazi, il ne faut pas partir de Hitler, de son charisme, etc., comme on le voit communément, mais de la constitution de l'État allemand.
En 1848, des révolutions nationales éclatent à travers toute l'Europe. En Allemagne, elle débouche sur le Congrès de Francfort qui vise à mettre fin à l'éparpillement étatique en provinces, duchés, etc, de toutes sortes. Il pose comme conception de la nation le droit du sol, à l'image de la France et des USA, et une grande union avec l'Autriche et les divers peuples qui la composent alors est envisagée. Devant les premiers débordements sur sa gauche, où l'on voit pour la première fois une classe ouvrière organisée petite entraîner derrière elle une partie de la petite-bourgeoisie, la bourgeoisie allemande recule et le Congrès de Francfort est vaincu militairement. Mais la question de la fin des entraves douanières à la libre circulation des marchandises reste posée en même temps que celle du renforcement de l'État féodal prussien. C'est ainsi que bourgeoisie, surtout rhénane, et Junkers prussiens s'unissent pour abattre les frontières douanières, puis unifier l'Allemagne sous l'égide de la Prusse en 1870 après les victoires sur l'Autriche-Hongrie en 1866 et contre la France quatre ans plus tard, principaux obstacles à ce projet.
Cette unification se fait sur une base idéologique issue directement des vieilles conceptions élitistes féodales. C'est le mouvement dit « volkisch »qui repose sur la notion du Blut und Boden (le sang et le sol) : un peuple se caractérise par une origine et un sol communs. Cette conception fait que tout Allemand, où qu'il soit, est en droit de s'installer quand il le désire en Allemagne, mais que tout élément qui n'est pas d'ascendance allemande, de sang allemand, peut être chassé à tout instant même si sa famille est installée depuis plusieurs siècles. Dans cette optique, les éléments dits « allogènes » (slaves, juifs, tsiganes, etc.) sont mis à l'écart. Et cette idéologie imprègne toute la société allemande et surtout la bourgeoisie, y compris les bourgeois d'origine juive.
Dans la pratique, cela se traduit dans l'empire allemand par l'interdiction non écrite mais réelle à tous ces éléments d'accéder à la haute fonction publique et militaire, mais contrairement à la Russie tsariste, où l'antisémitisme a une autre histoire et une autre fonction, il n'y a pas de numerus clausus en université.
Cette idéologie se répand aussi en Autriche-Hongrie, particulièrement dans la partie autrichienne, mais pas uniquement, où les Habsbourg règnent en maîtres sur un État pluriethnique. Les milieux pangermanistes en sont particulièrement friands. Par contre, la famille impériale y est particulièrement hostile. Elle cherche même à promouvoir dans la haute fonction publique et militaire des non-germains (juifs, slaves, hongrois) même si la langue allemande reste la langue officielle. Elle cherche par là-même à contrecarrer les tentatives d'éclatement d'un côté et de l'autre d'unification avec l'Allemagne. C'est ainsi qu'au début du XXème siècle, elle refuse d'entériner l'élection d'un maire antisémite à Vienne.
La bourgeoisie juive, aussi bien en Autriche qu'en Allemagne, intègre cette idéologie. Beaucoup pensent qu'il ne s'agit que d'une relique du passé et pour reprendre les mots de Freud « heureusement, on ne brûle plus personne aujourd'hui ». Et la victoire en France dans l'affaire Dreyfus contre les antisémites les encouragent à penser que tout cela va finir par disparaître tout seul.
À l'inverse, une petite fraction d'entre elle intègre tellement cette idéologie du Sang et du Sol qu'elle avance l'idée que les Juifs partagent le même sang, mais sont un peuple qui doit récupérer la terre de ses « ancêtres », la Palestine. C'est ainsi que les Sionistes entameront des démarches auprès de nombreux antisémites, tels que l'empereur Guillaume II, le ministre russe von Plehve, organisateur de pogroms, Drumont de La Libre Parole, David Balfour, jusqu'aux Nazis au pouvoir en passant un accord avec eux impliquant transfert de Juifs en Palestine en échange de la majeure partie de leurs biens à l'État allemand. Au total, 60.000 Juifs allemands partiront en Palestine. C'est peu.
Cette idéologie nationaliste est d'ailleurs restée longtemps le fondement de l'État allemand jusque dans les années 1990 où les Turcs nés en Allemagne de parents eux-mêmes nés en Allemagne n'avaient pas droit à la nationalité allemande. C'est dire qu'elle ne pouvait pas être un obstacle à l'ascension des Nazis. En cela, ces derniers n'ont rien inventé. C'est de l'échec à expulser les Juifs qu'ils sont passés de l'exclusion à l'extermination.
La bourgeoisie allemande, donc, non seulement opta pour Hitler et les Nazis, mais les soutint (presque) jusqu'au bout.
Ian Kershaw parle d'une reprise économique en 1932, mais celle-ci reste faible et conjoncturelle. D'ailleurs, de ce point de vue, elle n'est pas la première depuis 1929. Elle n'est pas décisive. Par contre quand les Nazis arrivent au pouvoir, en même temps qu'ils éliminent progressivement toute opposition, ils prennent des décisions radicales, telles que l'annulation de la dette paysanne reprise presque entièrement par l'État. Ils passent les premières commandes visant au réarmement tout en rassurant l'armée en éliminant les chefs SA et en promouvant la SS plus petite et jugée alors plus « gentleman ». Et ils ne cessent de désigner les Juifs comme boucs émissaires. Et il en sera ainsi tout au long de leur règne.
Ils diminuent drastiquement le chômage. En apparence, l'économie redémarre. Les profits sont de retour, les investissements les accompagnent, mais il n'y a qu'un marché et qu'un client : l'État. Ce dernier, après avoir gagné la guerre civile intérieure qu'il a imposé au mouvement ouvrier, allongé la durée du travail, encouragé le retour des femmes à la maison, etc., prend des mesures sociales telles que les congés payés encadrés, l'aide à l'enfance qu'il enrégimente dans les Hitler Jugend pour les garçons et la Bund Deutscher Mädel pour les filles. En fait, c'est toute la population qu'il embrigade, d'où la blague de la famille dont le père a une réunion un soir de la SA, la mère une autre de la Reichsbund der Kinderreichen, le fils des HJ et la fille à la BDM. Quand tout ce petit monde rentre à la maison, celle-ci est complètement vide sauf un mot des cambrioleur : « Heil Hitler ! »
Mais toute une résistance agit. Elle n'est que très peu organisée, souvent spontanée. Et, dans de nombreux cas, les Nazis reculent. En fait, ils évitent l'affrontement avec la population tant qu'ils le peuvent, car leur pouvoir n'a que l'apparence de la solidité. Tant qu'ils parviennent à empêcher toute organisation, quel qu'elle soit, de se former, les Nazis cherchent les compromis.
C'est la raison, entre autres, de leurs rapports ambigus avec les Sionistes. En 1933, des campagnes de boycott sont lancés en Europe et surtout aux USA. Göring convoque alors les responsables de la communauté juive et leur demandent d'intervenir contre cette campagne. Tous refusent, sauf le représentant sioniste, qui voit là l'occasion de recruter pour la Palestine. Göring se montre alors tout à fait ouvert. Du coup l'Organisation Sioniste Mondiale demande à sa section américaine de stopper tout boycott, ce qu'elle finit par faire, non sans réticences. Résultat : les Nazis voient leur soutien auprès des industriels allemands renforcé.
C'est la même conception du compromis qui amène à l'élimination de Röhm en 1934 en geste de bonne volonté envers l'armée, outil indispensable aux objectifs du Lebensraum.
Mais toutes les dépenses de l'État mènent celui-ci au bord du gouffre et si la Pologne ou la France avaient tenu le choc en 1940, il n'est pas certain que le nazisme aurait survécu à pareil échec. Leurs victoires et le pillage matériel, humain et financier qui s'en est suivi ont perpétué le choix politique de la bourgeoisie allemande
Ce n'est qu'à partir de fin 1943 que cette dernière marqua des signes de méfiance. Les capitalistes n'aiment pas les losers, surtout quand ceux-ci s'accrochent aux branches et, pour ce faire, nationalisent en 1944 la gestion de leurs entreprises en leur gardant leur part de profit. C'est cette perte de contrôle sur la gestion qui leur servira d'excuses après guerre pour s'exonérer des crimes d'un parti qu'ils ont soutenu dans sa prise du pouvoir, sa politique belliciste et raciste et cacher leurs mains rouges de sang sous les gants blancs de l'innocence et de la protection américaine, mais ceci est une autre histoire.
En fin de compte, la bourgeoisie allemande s'est bien accommodée des Nazis. Mais si ces derniers avaient gagné la guerre et vaincu l'Angleterre et l'Union Soviétique, il est peu probable qu'ils seraient restés encore longtemps au pouvoir. Leur vision d'un État total impliquait en effet, un pouvoir réduit quasiment à l'exécutif. Or, la séparation de l'État capitaliste classique en trois pouvoirs n'est pas vraiment une option. La bourgeoisie se compose de capitalistes en guerre permanente les uns contre les autres. Pour que cela ne dégénère pas en guerre de gangs à la manière mafieuse, il faut des règles communément admises. C'est la fonction du parlement, élu au début au suffrage censitaire, puis universel, donnant l'illusion aux opprimés qu'un changement est possible pacifiquement, comme le croyait Allende. La fonction de l'exécutif est d'appliquer les lois du parlement et d'agir au quotidien dans le cadre de celle-ci et celle du judiciaire de réprimer les contrevenants. Dans ces conditions, les Nazis auraient été chassés tôt ou tard du pouvoir d'une manière ou d'une autre.
Pour cette raison, on ne peut pas dire que le nazisme, le fascisme ou toute autre forme de dictature, bien que produit par la société capitaliste, soit une « bonne option » pour elle. C'est tout au plus une roue de secours aux effets dévastateurs et dont la bourgeoisie cherchera à se débarrasser une fois le danger qui a présidé à sa venue disparu.
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"IL n'y a pas d'affaire Heidegger"

Message  Roseau le Dim 9 Mar - 17:20

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Re: Le nazisme

Message  sylvestre le Mer 12 Mar - 17:19

Antonio Valledor a écrit:A l’heure où, avec la crise capitaliste, l’extrême droite (y compris ouvertement nazie comme en Grèce) relève la tête dans plusieurs pays d’Europe, il est bon de rappeler ce que fut le nazisme et comment il parvint au pouvoir en Allemagne il y a exactement 80 ans. Nous reproduisons ci-dessous un texte inédit d’Ernest Mandel à ce sujet, publié initialement en 1953 sous le titre « Vingt ans après ». (Avanti4.be)

http://www.avanti4.be/debats-theorie/article/il-y-a-80-ans

Ce texte n'était pas inédit, puisqu'il a été publié en 1953 comme Avanti le note d'ailleurs...
Il figure à présent également sur marxists.org, avec certaines corrections : http://www.marxists.org/francais/mandel/works/1953/07/vingt.htm

Il vaut la peine d'être lu, car Mandel sait faire ressortir certains aspect mal connus, ainsi des états d'âme de Léon Blum en 1932 :

La victoire de Hitler apparaît tout d’abord comme l’aboutissement d’un long processus contre-révolutionnaire qui a commencé en 1918 (...). La responsabilité première de cette restauration incombe à la social-démocratie allemande, qui étouffa, à l’aide de ces forces, la Révolution allemande, et fut balayée par elles dès qu’elles n’eurent plus besoin de sa couverture. Personne d’autre que Léon Blum lui-même a prononcé un verdict à ce sujet :

La plus grave erreur de la social-démocratie, à mon sens, est de n’avoir pas profité de sa toute puissance temporaire, au lendemain de la guerre et de la révolution politique, pour exercer une véritable dictature prolétarienne (!) : si les formes et les cadres de l’Allemagne impériale peuvent se reconstituer aujourd’hui, c’est qu’en fait ils n’avaient jamais été rompus, et la dictature du prolétariat, prolongée pendant le temps nécessaire, pouvait seule les rompre.

(Le Populaire, 8 août 1932).
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Re: Le nazisme

Message  verié2 le Mer 12 Mar - 17:44

J'ignorais que Blum avait fait preuve d'une telle lucidité ! Comme quoi cette lucidité ne l'a pas empêché lui aussi d'étouffer le mouvement ouvrier le Français, quoi que d'une autre façon. Et d'être lui aussi balayé après avoir bien servi le patronat en "loyal gérant"...

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Re: Le nazisme

Message  Byrrh le Mer 12 Mar - 17:55

verié2 a écrit:J'ignorais que Blum avait fait preuve d'une telle lucidité ! Comme quoi cette lucidité ne l'a pas empêché lui aussi d'étouffer le mouvement ouvrier le Français, quoi que d'une autre façon. Et d'être lui aussi balayé après avoir bien servi le patronat en "loyal gérant"...
De la lucidité, ou une façon de faire croire au lectorat du Populaire qu'il aurait agi différemment des dirigeants socialistes allemands. Et par ailleurs, je me demande si la "dictature prolétarienne" dont il parle avait quoi que ce soit à voir sous sa plume avec la vision qu'en ont les communistes révolutionnaires.

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Re: Le nazisme

Message  sylvestre le Mer 12 Mar - 18:59

Byrrh a écrit:
verié2 a écrit:J'ignorais que Blum avait fait preuve d'une telle lucidité ! Comme quoi cette lucidité ne l'a pas empêché lui aussi d'étouffer le mouvement ouvrier le Français, quoi que d'une autre façon. Et d'être lui aussi balayé après avoir bien servi le patronat en "loyal gérant"...
De la lucidité, ou une façon de faire croire au lectorat du Populaire qu'il aurait agi différemment des dirigeants socialistes allemands. Et par ailleurs, je me demande si la "dictature prolétarienne" dont il parle avait quoi que ce soit à voir sous sa plume avec la vision qu'en ont les communistes révolutionnaires.

En tous cas la SFIO se réclamait encore de la Commune de Paris à cette époque. La question se posait au moins en termes théoriques, jusqu'au Front Populaire, avec les arguties sur la différence entre "l'exercice du pouvoir" différenciée de la "conquête du pouvoir".
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