Poésie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Poésie

Message  Rougevert le Sam 18 Mai - 1:16

avatar
Rougevert

Messages : 2069
Date d'inscription : 06/04/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Poésie

Message  Rougevert le Mer 12 Juin - 1:54


Traduction:
http://www.pointscommuns.com/pablo-neruda-commentaire-lecture-84515.html


La canción desesperada


(La chanson désesperée)


"Emerge tu recuerdo de la noche en que estoy.
El río anuda al mar su lamento obstinado.

("Emèrge ton souvenir de la nuit où je suis.
La rivière noue à la mer sa plainte obstinée.)

Abandonado como los muelles en el alba.
Es la hora de partir, oh abandonado!

(Abandonné comme les quais dans l'aurore.
C'est l'heure de partir, oh abandonné!)

Sobre mi corazón llueven frías corolas.
Oh sentina de escombros, feroz cueva de náufragos!

(Sur mon coeur pleuvent des froides corolles.
Oh sentine de décombres, féroce grotte de naufragés!)

En ti se acumularon las guerras y los vuelos.
De ti alzaron las alas los pájaros del canto.

(En toi s'accumulèrent les vols et les guerres.
De toi levèrent les ailes les oiseaux qui chantaient.)

Todo te lo tragaste, como la lejanía.
Como el mar, como el tiempo. Todo en ti fue naufragio!

(Tu as tout avalé, comme l'éloignement.
Comme la mer, comme le temps. Tout en toi fût naufrage!)

Era la alegre hora del asalto y el beso.
La hora del estupor que ardía como un faro.

(C'était l'heure gaie de l'assaut et le baiser.
L'heure de l'stupeur qui brûlait comme un phare.)

Ansiedad de piloto, furia de buzo ciego,
turbia embriaguez de amor, todo en ti fue naufragio!

(Anxiété de pilote, furie de plongeur aveugle,
ivresse trouble d'amour, tout en toi fût naufrage!)

En la infancia de niebla mi alma alada y herida.
Descubridor perdido, todo en ti fue naufragio!

(Dans l'enfance de brume mon âme à ailes, blessée.
Découvreur perdu, tout en toi fût naufrage!)

Te ceñiste al dolor, te agarraste al deseo.
Te tumbó la tristeza, todo en ti fue naufragio!

(A la douleur t'es serré, au désir t'es saisi.
la tristesse t'a abattu, tout en toi fût naufrage!)

Hice retroceder la muralla de sombra,
anduve más allá del deseo y del acto.

( J'ai fait réculer la muraille de pénombre,
j'ai marché au delà du désir et de l'act.)

Oh carne, carne mía, mujer que amé y perdí,
a ti en esta hora húmeda, evoco y hago canto.

(Oh chair, chair à moi, femme que j'ai aimée et j'ai perdue,
c'est à toi dans cette heure humide, que j'évoque et je chante.)

Como un vaso albergaste la infinita ternura,
y el infinito olvido te trizó como a un vaso.

(Comme un verre t'abritas la tendresse infinie,
et l'oubli infini comme un verre en miettes t'a réduite.)

Era la negra, negra soledad de las islas,
y allí, mujer de amor, me acogieron tus brazos.

(C'était la noire, la noire solitude des îles,
et là, femme d'amour, tes bras m'acuellirent.)

Era la sed y el hambre, y tú fuiste la fruta.
Era el duelo y las ruinas, y tu fuiste el milagro.

( C'était la soif et la faim, et tu fusses le fruit.
C'était le deuil et les ruines, et le miracle tu fusses.)

Ah mujer, no sé cómo pudiste contenerme
en la tierra de tu alma, y en la cruz de tus brazos!

(Ah, femme, je sais pas comme t'as pu me contenir
dans la terre de ton âme, et la croix de tes bras!)

Mi deseo de ti fue el más terrible y corto,
el más revuelto y ebrio, el más tirante y ávido.

(Mon désir de toi fût-il le plus terrible et court,
le plus ivre et turbulent, le plus tendu et avide.)

Cementerio de besos, aún hay fuego en tus tumbas,
aún los racimos arden picoteados de pájaros.

(Cimitière de baisers, y a encore du feu dans tes tombeaux,
encore les grappes brûlent picotés des oiseaux.)

Oh la boca mordida, oh los besados miembros,
oh los hambrientos dientes, oh los cuerpos trenzados.

(Oh la bouche mordue, oh les membres baisés,
oh les dents affamées, oh les corps tréssés.)

Oh la cópula loca de esperanza y esfuerzo
en que nos anudamos y nos desesperamos.

(Oh la copule folle d'espérance et d'effort
oú nous nous nouons et nous désespérons.)

Y la ternura, leve como el agua y la harina.
Y la palabra apenas comenzada en los labios.

(Et la tendresse, legère comme l'eau et la farine.
Et la parole à peine commencée sur les lèvres.)

Ese fue mi destino y en él viajó mi anhelo,
y en él cayó mi anhelo, todo en ti fue naufragio!

(Celui-là fût mon destin et dans lui mon désir voyagea,
et dans lui mon désir tomba, tout en toi fût naufrage!)

Oh, sentina de escombros, en ti todo caía,
qué dolor no exprimiste, qué olas no te ahogaron!

(Oh, sentine de décombres, dans toi tout tombait,
quelle douleur tu n'as pressée, quelles vagues t'ont pas noyé!)

De tumbo en tumbo aún llameaste y cantaste.
De pie como un marino en la proa de un barco.

(De chute à chute encore tu flamboyais tu chantais.
Débout comme un mariniér à la proue d'un bateau.)

Aún floreciste en cantos, aún rompiste en corrientes.
Oh sentina de escombros, pozo abierto y amargo.

(Encore tu fleurissas en chants, dans courants encore te cassas.
Oh sentine de décombres, puits ouvert et amére.)

Pálido buzo ciego, desventurado hondero,
descubridor perdido, todo en ti fue naufragio!

(Palide plongeur aveugle, malheureux frondeur,
découvreur perdu, tout en toi fût naufrage!)

Es la hora de partir, la dura y fría hora
que la noche sujeta a todo horario.

(C'est l'heure de partir, l'heure froide et dure
que la nuit assujette à tout horaire.)

El cinturón ruidoso del mar ciñe la costa.
Surgen frías estrellas, emigran negros pájaros.

(La ceinture bruyante de la mer entoure la côte.
Des froides étoiles surgissent, émigrent des oiseaux noirs.)

Abandonado como los muelles en el alba.
Sólo la sombra trémula se retuerce en mis manos.

(Abandonné comme les quais dans l'aube.
Seulement l'ombre tremblante se retorde dans mes mains.)

Ah más allá de todo. Ah más allá de todo.

Es la hora de partir. Oh abandonado!

(Ah plus au delà de tout. Ah plus au delà de tout.

C'est l'heure de partir. Oh abandonné!)
avatar
Rougevert

Messages : 2069
Date d'inscription : 06/04/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Poésie

Message  Rougevert le Mer 12 Juin - 2:15

De Cesare Pavese "Vendrá la muerte y tendrá tus ojos" La mort viendra et elle aura tes yeux.
En Euskara chanté par Paco Ibanez eta Imanol Larzabal



En Castillan
Vendrá la muerte y tendrá tus ojos...

Vendra la muerte y tendrá tus ojos,
el vino triste tendrá tus ojos,
la traición tambien tendrá tus ojos rojos,
el fin de la fantasia tendra tus ojos,
vendrá la muerte y tendrá tus ojos.

La paz reinante tambien tendrá tus ojos,
tambien renacera la vida y tendra tus dos o tres ojos.
yo tambien tengo tres ojos:
los dos de toda la gente normal y uno mas,
en el medio de la gente diferente al de los de la vereda de enfrente: los indiferentes.

Soy amargo y soy diablo
y camino encima de la gente
no nací en avellaneda pero soy de independiente
soy creyente, ni paisano, ni payaso,
soy de san lorenzo de almagro.

Aquello que me dejo flaco
tiene el blanco de tus ojos rojos silenciosos,
todo lo que toco se parece a tus ojos y se rompe,
dueño de un corazón loco que se parece a tus ojos,
vendra la muerte y tendra tus ojos...
tendra tus ojos.


version française très éloignée du texte de l'auteur:

La mort viendra et elle aura tes yeux -
cette mort qui est notre compagne
du matin jusqu’au soir, sans sommeil,
sourde, comme un vieux remords
ou un vice absurde.
Tes yeux seront une vaine parole,
un cri réprimé, un silence.
Ainsi les vois-tu le matin
quand sur toi seule tu te penches
au miroir. O chère espérance,
ce jour-là nous saurons nous aussi
que tu es la vie et que tu es le néant.

La mort a pour tous un regard.
La mort viendra et elle aura tes yeux.
Ce sera comme cesser un vice,
comme voir resurgir
au miroir un visage défunt,
comme écouter des lèvres closes.
Nous descendrons dans le gouffre muets.
avatar
Rougevert

Messages : 2069
Date d'inscription : 06/04/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Poésie

Message  Invité le Jeu 13 Juin - 22:16

Conseil à un jeune cerf:
La cérémonie a été lavée de tout ce qu'elle pouvait avoir d'impur.
Si tu veux que les ailes te poussent,provoque le contact des années.


de Georges Perec
lieux commun travaillés
aux éditions Limon

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Poésie

Message  Invité le Mer 19 Juin - 18:39


Parole de Comme Un Lego:

Artist: Alain Bashung
Album: Bleu Pétrole
Année: 2008
Titre: Comme Un Lego


C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
Et tous ces petits êtres qui courent

Car chacun vaque à son destin
Petits ou grands
Comme durant les siècles égyptiens
Péniblement...

A porter mille fois son poids sur lui
Sous la chaleur et dans le vent
Dans le soleil ou dans la nuit
Voyez-vous ces êtres vivants ? (x2)

Quelqu'un a inventé ce jeu
Terrible, cruel, captivant
Les maisons, les lacs, les continents
Comme un légo avec du vent...

La faiblesse des tout-puissants
Comme un légo avec du sang
La force décuplée des perdants
Comme un légo avec des dents
Comme un légo avec des mains
Comme un légo...

Voyez-vous tous ces humains
Danser ensemble à se donner la main
S'embrasser dans le noir à cheveux blonds
A ne pas voir demain comme ils seront...

Car si la Terre est ronde
Et qu'ils s'agrippent
Au-delà, c'est le vide
Assis devant le restant d'une portion de frites
Noir sidéral et quelques plats d'amibes

Les capitales sont toutes les mêmes devenues
(x2
Aux facettes d'un même miroir
Vêtues d'acier, vêtues de noir
Comme un légo mais sans mémoire (x2)

Pourquoi ne me réponds-tu jamais ?
Sous ce manguier de plus de dix milles pages
A te balancer dans cette cage...

A voir le monde de si haut
Comme un damier, comme un légo
Comme un imputrescible radeau
Comme un insecte mais sur le dos
Comme un insecte sur le dos (x2)

C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
On regarde, on regarde, on regarde dedans...

On voit de toutes petites choses qui luisent
Ce sont des gens dans des chemises
Comme durant ces siècles de la longue nuit
Dans le silence ou dans le bruit... (x3)

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Poésie

Message  Marco Pagot le Mer 19 Juin - 19:33

Oui je sais, bukowski, un vieux sexiste... Mais j'aime ce poème

'Un poème pour une vieille femme aux dents gâtées' de Charles Bukowski


je connais une femme
qui continue à acheter des puzzles
chinois
des casses têtes
avec des poulies
des fils
qui finalement s’ajustent
dans un ordre prévisible.
elle y parvient
mathématiquement
elle résout tous ses
puzzles
elle vit près de la mer
elle donne du sucre aux fourmis
et croit
en dernier instance
en un monde meilleur.
ses cheveux sont blancs
elle les peigne rarement
ses dents sont gâtées
et elle porte des choses informes
qui couvrent un corps que beaucoup
de femmes auraient bien voulu avoir.
durant de nombreuses années
elle m’a irrité
avec ce que je considérais être
des excentricités -
comme tremper des coquilles
d’oeufs dans l’eau
(pour donner du calcium aux plantes)
mais finalement quand je pense à sa
vie
et que je la compare à d’autres vies
plus éblouissantes, plus originales
et plus belles
je réalise qu’elle a blessé
moins de gens que
n’importe qui de ma connaissance
(et par blesser je veux simplement
dire blesser).
elle a traversé des périodes terribles,
où j’aurais peut-être dû l’aider
beaucoup plus
car elle est la mère de mon
seul enfant
et jadis nous avons été très amoureux
l’un de l’autre,
mais elle a passé à travers toute seule
comme je l’ai dit
elle a blessé moins de gens que
n’importe qui de ma connaissance,
et si vous prenez ça en considération,
eh bien,
elle a créé un monde meilleur
elle a gagné.

Frances, ce poème est pour toi.

_________________
http://www.petitionfuriani.com/
Catastrophe de Furiani - 5 mai 1992
La catastrophe de Furiani ne doit jamais être oubliée et ce, pour qu’une telle tragédie ne se reproduise plus. Un devoir de mémoire est indispensable : Furiani mai più.
Nous demandons qu'aucun match de football professionnel ne soit plus dorénavant joué en France un 5 mai. Nous sollicitons par conséquent l'inscription de ce fait dans les règlements de la FFF et de la LFP.
avatar
Marco Pagot

Messages : 939
Date d'inscription : 26/06/2010
Age : 29

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Poésie

Message  Roseau le Ven 21 Juin - 15:08

« La poésie est une arme chargée de futur. » Conceptualiser la prise de parole
http://variations.revues.org/665
avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Poésie : L'encre serait de l'ombre

Message  Roseau le Ven 30 Aoû - 20:17

avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Poésie

Message  Roseau le Dim 22 Déc - 19:29


Shall I compare thee to a summer’s day?
Thou art more lovely and more temperate:
Rough winds do shake the darling buds of May,
And summer’s lease hath all too short a date;

Sometime too hot the eye of heaven shines,
And often is his gold complexion dimm’d;
And every fair from fair sometime declines,
By chance or nature’s changing course untrimm’d;

But thy eternal summer shall not fade,
Nor lose possession of that fair thou ow’st;
Nor shall Death brag thou wander’st in his shade,
When in eternal lines to time thou grow’st:

So long as men can breathe or eyes can see,
So long lives this, and this gives life to thee.

William Shakespeare

avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Notre beauté de planète !

Message  Roseau le Lun 30 Déc - 15:20

avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Poésie

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum