Chostakovitch

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Chostakovitch

Message  Babel le Sam 1 Déc - 11:09

L'un des plus importants compositeurs du siècle dernier. Une valse, qui a longtemps servi de motif musical à une pub pour une compagnie d'assurance, l'avait remis au goût du jour, il y a quelques années. Ce morceau d'une élégante mélancolie est certes caractéristique de la veine profondément lyrique et du sens mélodique de son écriture, mais il ne saurait résumer une oeuvre d'une telle facture et d'une telle dimension.

Celle-ci nous plonge directement au cœur de la tourmente stalinienne avec une puissance d'évocation inouïe. Si on veut avoir une idée du désespoir et de la terreur qu'a imprimé le cauchemar stalinien sur la vie de millions d'êtres humains, et du sentiment de révolte instinctive, presque muette, qu'il a suscité, il faut l'écouter.

En guise d'introduction, ce documentaire particulièrement réussi dont il n'existe hélas pas de version française :




Pour une première écoute, sa 10e symphonie, sous la direction d'Evgéni Mravinski, qui fut l'intime du compositeur et le créateur d'un grand nombre de ses oeuvres.

L'enregistrement, pris sur le vif, date 1955, deux ans après la création de l'oeuvre. Cette date de composition est loin d'être innocente, puisqu'elle est aussi celle de la mort de Staline. Chostakovitch avait confié qu'il pensait au tyran et à sa fin annoncée en l'écrivant.

Comment en effet ne pas entendre dans la reprise entêtante du motif ré-mi bémol-do-si, qui est la transposition de l'acronyme DSCH (Dimitri SCHostakovitch), l'affirmation de sa signature musicale, celle-ci passant du cri de douleur et de rage au chant d'allégresse : pa-pa-pam/pa-pa-pam/DSCH... ?


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Re: Chostakovitch

Message  Babel le Dim 2 Déc - 18:01

Lady Macbeth de Mtsensk (1934) : l'opéra qui filait de l'urticaire à Staline

Le lendemain d'une représentation de cette œuvre à laquelle il avait assistée, en 1936, Staline, l'ayant quittée ulcéré au second acte, fit paraître dans la Pravda une critique assassine. Intitulé "Le chaos remplace la musique", l'article accusait l'opéra de n'être qu'un "flot de sons intentionnellement discordants et confus". Un vulgaire "chaos gauchiste (sic!)" osant montrer "sur scène le naturalisme le plus grossier".

A l'époque des purges et des procès, pareille critique pour déviationnisme vis-à-vis de la ligne réaliste-socialiste équivalait à une sentence de mort. And Last but not least, l'éloge funèbre se doublait d'une accusation pour "pornographie musicale", l'œuvre comportant en effet des scènes d'un réalisme assez cru, pour l'époque, et d'un érotisme plus que suggestif.

Chostakovitch pensait que Staline lui-même était l'auteur de l'article, sinon son rédacteur direct. Ce qui n'est pas impossible, étant donné l'étroitesse conformiste et la bigoterie obtuse de cet ancien séminariste devenu tortionnaire-en-chef. Le caractère immoral des personnages mis en scène était jugé incompatible avec l'exigence du parti de restaurer la famille patriarcale. Enfin, l'œuvre montrait une femme aux désirs sexuels frustrés, qui sortait de sa passivité et de sa soumission en assassinant beau-père et mari. C'était là, à n'en pas douter, une manière de prendre en main son existence qui devait passablement défriser les conceptions machistes de l'appareil dirigeant de l'état stalinien.

Musicalement, son écriture retrouve l'atonalisme de l'Ecole de Vienne, et se hisse au niveau du Wozzeck d'Alban Berg. Elle restera interdite du vivant de Staline.

L'enregistrement ci-dessous est un opéra-filmé intitulé Katia Ismaïlova, qui reprend la 2e version, un peu édulcorée, faite par le compositeur 25 ans après. Avec LA Galina Vichnievskaia, sous la direction de son époux, Mstislav Rostropovitch.




Une 5e symphonie en forme de faux repentir

Se sachant attendu au tournant, Chostakovitch, comme d'autres artistes à la même époque, songea au suicide. Puis, en signe d'allégeance au régime, il composa sa 5e symphonie, sous-titrée "réponse de l'artiste à de justes critiques". Les censeurs estimèrent qu'il avait fait amende honorable et l'épargnèrent.

En fait, comme souvent, ce sont eux qui furent bernés, et leur insondable bêtise en fit les frais. Une écoute un peu attentive fait en effet apparaître le principe d'écriture sur lequel se fonde cette œuvre, une sorte de double langage adressé par le musicien à la fois à ses concitoyens et aux officiels du parti.

Ainsi, par exemple, le lyrisme douloureux du largo (3e mouvement) contraste puissamment avec l'optimiste forcé, quasi sur commande, du finale. Selon le compositeur lui-même, son martèlement rythmique incessant ressemble aux coups de marteau qu'on vous assènerait sur le crâne, tout en vous répétant : "Sois heureux ! sois heureux !"

Un document trouvé sur youtube, qui doit à peu près raconter la même chose :




Sous la direction d'un Mravinsky d'une vigueur octogénaire éblouissante à la tête du Philarmonique de Léningrad, l'orchestre auquel il est demeuré attaché durant toute sa carrière.


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La 11e Symphonie

Message  Babel le Ven 7 Déc - 10:49

Sous-titrée "1905".
Après la sourde angoisse des deux premiers mouvements, au climat élégiaque et désolé, le suivant débute par la reprise du fameux "chant des martyrs" :
"Vous êtes tombés pour tous ceux qui ont faim,
Tous ceux qu’on méprise et opprime,
De votre pitié pour vos frères humains,
Martyrs et victimes sublimes..."

Cette citation du chant ouvrier composé en 1905, Chostakovitch l'utilise comme matériau de sa propre composition, pour en faire la matrice d'un adagio d'une grande expressivité (vers 30 : 00, à peu près). La cellule thématique de la marche funèbre y est progressivement distordue et amplifiée, à la manière dont Beethoven prenait des motifs musicaux simples et leur conférait une plus grande amplitude.

Le mouvement final ("Tocsin") résonne comme un "debout les morts !" d'une puissance extraordinaire. L'enregistrement ci-dessous, dirigé par V. Gergiev, tente d'emprunter le même chemin que celui imprimé par la direction de Mravinski, lors de la création de l'oeuvre, sans toutefois atteindre son degré de violence tellurique.


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LA 13e symphonie

Message  Babel le Dim 9 Déc - 11:41

BABI YAR

"Le ravin de la vieille femme", dans la banlieue de Kiev : c'est là que se produisit un des plus grands massacres de masse de la seconde guerre mondiale. Les 29 et 30 septembre 1941, en l'espace de 36 heures, 34.000 Juifs de Kiev, dont un tiers d'enfants, furent fauchés à la mitrailleuse, nus et alignés devant les fosses qu’ils avaient dû creuser, par les Einsatzgruppen d'Hitler, les unités de tuerie mobiles de la SS et de la Wehrmacht.

S'y ajouteront, dans les mois qui suivent, 60.000 autres victimes, Juifs et non-Juifs, Tsiganes, communistes, nationalistes ukrainiens, partisans, intellectuels, prisonniers de guerre soviétiques… Près de 100 000 personnes, dont la majeure partie des 120.000 juifs de Kiev, disparaîtront ainsi dans ce ravin de la mort, avec la complicité de la police ukrainienne et de supplétifs locaux. Leurs corps seront brûlés, leurs cendres dispersées par les nazis et leurs auxiliaires ukrainiens, la veille de la libération de Kiev par l'Armée rouge en novembre 1943.

(Pour une étude plus complète, voir l'article d'André Larané sur Hérodote : http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19410929&get_all=1#reac ).

Après la capitulation de l'Allemagne, aucun monument ne sera édifié à Babi Yar avant 1976. Le mémorial de 1976 ne fait aucune allusion aux Juifs massacrés, et il faut attendre 1991 pour voir l'édification d'une Menorah en souvenir de leur martyre.

Staline, pas plus que les nazis, ne tenait à faire état de cette tuerie, alors que débutaient les campagnes de persécution antisémite des années 1948-1953. En outre, c'eût été révéler, en pleine période de propagande "nationale-soviétique", la participation à ces massacres de divisions ukrainiennes de l'Armée rouge, dirigées par Vlassov, celles-ci ayant rejoint les armées hitlériennes dès 1941, et participé à la liquidation des Juifs d'Ukraine.

Les luttes de pouvoir au sein du Présidium, après la mort de Staline, ouvrent une ère de relative libéralisation intellectuelle et politique. Artistes et intellectuels profitent de la période de "dégel" de l'ère Khrouchtchev (1954-1963) pour tenter de desserrer l'étau.

Evgueni Evtouchenko*, bouleversé par la découverte fortuite du massacre de Babi Yar, rend hommage aux victimes dans un poème qu'il fait paraître en 1961, dans la Literatournaïa Gazetta. Sa parution lancera le signal du mouvement critique de l'historiographie soviétique. Le poète et le journal sont aussitôt condamnés par la presse du Parti. On ne peut cependant empêcher Evtouchenko de lire ses poèmes devant des dizaines de milliers de Soviétiques rassemblés sur les places publiques :

"Sur Babi Yar, pas de monument.
Mais un ravin abrupt, comme une dalle grossière.
L’effroi me prend.
Je me sens l'âge aujourd’hui du peuple juif.
—millénaire.
Alors il me semble qu'à l'instant —l'hébreu
c'est moi.
Et le soleil d'Egypte tanne ma peau mate,
agonisant sur cette croix, j'en porte,
jusqu’à ce jour, les stigmates.


Alors il me semble que— je suis Dreyfus.
Les boutiquiers me dénoncent et me jugent.
Je suis emprisonné.
Pris dans la rafle. Harcelé comme une bête,
couvert de crachats, calomnié.
Et les petites dames, en dentelles de Bruxelles,
glapissent et me plantent leurs ombrelles dans le visage.

Alors il me semble — que le gamin de Bialystok
c'est moi
Le sang du pogrom ruisselle partout.
Les piliers de bistrot se déchaînent,
puant l’oignon et la gnôle.
Et moi, jeté au sol à coups de bottes,
je supplie mes bourreaux en vain.
Qui s’esclaffent :
"Vive la Russie! Mort aux youpins !"

Sous mes yeux un marchand de grains viole ma mère
– Tu sais, mon peuple russe, combien je t'aime,
Au fond de toi tu es internationaliste,
Mais trop souvent des hommes aux mains sales
ont fait de ton nom l'égide du crime
Mon peuple bon ! Puisses-tu à jamais vivre en paix,
mais quelle infamie que tu laisses sans honte
les antisémites se réclamer
de "l'Union du Peuple Russe" !

Et il me semble que— je suis Anne Frank,
tendre pousse translucide d'avril,
J'aime. Qu'importent les mots à mon émoi :
J'ai seulement besoin qu'on se regarde.
Si peu de choses à voir, et si peu à sentir :
les feuilles et le ciel nous sont interdits.
Mais on peut encore oser beaucoup, beaucoup-
et je t'embrasse là
dans notre obscur réduit !
- On vient ?
- N'aie pas peur. Ce ne sont que les murmures
du printemps qui arrive.
Viens à moi, donne tes lèvres, vite !
- Ils brisent la porte ?
- Non, c'est la glace qui cède…"

Au-dessus de Babi Yar, l'herbe sauvage bruit,
les arbres menaçants ressemblent à des juges.
Tout ici hurle en silence.
Tête nue, je sens
mes cheveux blanchir soudain.
Moi-même je suis un silencieux hurlement
pour ces milliers d'ensevelis ;
je suis chacun de ces vieillards fusillés,
je suis chacun de ces enfants fusillés.
De toute ma vie je n'oublierai rien.
Que l'Internationale retentisse
quand sera enfin enterré
le dernier antisémite de la planète.
Je n'ai pas une goutte de sang juif dans mes veines.
Mais que je sois haï comme si j'étais juif.
par chaque antisémite d'une haine acharnée ;
tel est mon seul vœu de vrai Russe !"

(Trad. remaniée)

Khrouchtchev préparant déclenchement d'une nouvelle vague d’antisémitisme d’une ampleur sans précédent, destinée à détourner l'échec de sa politique économique, on accuse l’artiste de manquer de patriotisme. Depuis toujours hostile à l'antisémitisme, Chostakovitch s'empare du poème d'Evtouchenko et l'insère dans une composition symphonique, dont "Babi Yar" est le premier grand volet, y intégrant 5 autres poèmes du même auteur qui dépeignent parfois avec humour les peurs, la misère du peuple ou la corruption du régime.

Malgré des conditions quelque peu rocambolesques, la symphonie vocale est créée à Moscou le 18 décembre 1962, et obtient un succès retentissant.

E. Mravinsky, le créateur attitré de ses oeuvres de Chostakovitch, devait en effet la diriger et la basse B. Gmyria tenir le chant soliste. Pressions, menaces : la basse se désiste, trouvant le poème mauvais, puis tombe malade. Et Mravinski se dérobe, "surbooké". Kyrill Kondrachine accepte d'en assurer la création.

Les poèmes, jugés trop crus ("trop juifs") étant mis à l’index, le Ministère de la Culture "suggère" à Kondrachine de retirer l’œuvre du programme ou d’en évincer le premier mouvement. Sur injonction du compositeur, le chef ne cède pas. Le soir du concert, le texte des poèmes est interdit de distribution.

Devant toute l’élite culturelle de Moscou et une salle pleine, à l’exception de la loge du gouvernement, son audition est acclamée avec enthousiasme. La Pravda n’y consacre qu’une ligne et la Literatournaïa Gazatta publie, deux semaines plus tard, une version remaniée du poème minimisant le rôle soviétique dans l’extermination des juifs et insistant sur le nombre élevé de compatriotes russes exécutés à Babi Yar.

Avant la nouvelle interprétation de l’œuvre qui devait avoir lieu à Minsk, le vice ministre de la culture exige que le premier mouvement soit lui aussi réaménagé. Sur suggestion de Kondrachine, Chostakovitch accepte la révision du poème, sans toutefois toucher à la musique. L'accueil de la presse est toujours aussi féroce et l’œuvre entière est mise à l’index.

Elle est ici dirigée par B. Haitink, à la tête du Royal Concertgebouw d'Amsterdam.


________
* qui deviendra une des figures de proue de l'opposition libérale au régime stalinien, sous l'ère Brejnev, etc.


Dernière édition par Babel le Mer 13 Fév - 9:59, édité 1 fois

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La 14e symphonie

Message  Babel le Mer 12 Déc - 20:56

Pour 2 voix, basse et soprano, 19 cordes et une percussion. Œuvre magistrale, hantée par la mort, cette avant-dernière symphonie fut dédiée à Benjamin Britten, qui la créa en 1970 au Festival d'Aldeburgh.

Formée de onze mouvements correspondant chacun à un poème cité dans sa traduction russe, son instrumentation est un modèle de densité et de concision.

1  Adagio. "De profundis" (Federico García Lorca)
2  Allegretto. "Malagueña" (Federico García Lorca)
3  Allegro molto. "Loreley" (Guillaume Apollinaire)
4  Adagio. "Le Suicidé" (Apollinaire)
5  Allegretto. "Les Attentives I" (Apollinaire)
6  Adagio. "Les Attentives II" (Apollinaire)
7  Adagio. "A la Santé" (Apollinaire)
8  Allegro. "Réponse des Cosaques Zaporogues au Sultan de Constantinople" (Apollinaire)
9  Andante. "O, Del'vig, Del'vig!" (Wilhelm Küchelbecker)
10 Largo. "Der Tod des Dichters" (Rainer Maria Rilke)
11 Moderato. "Schlußstück" (Rainer Maria Rilke)

(Ces textes se trouvent dans leur intégralité sur un fil voisin : http://forummarxiste.forum-actif.net/t279p45-en-poesie-la-parole-est-libre#54704 )

Elle est ici interprétée par l'ensemble des Solistes de l'Orchestre Philharmonique de Moscou, sous la direction de Kirill Kondrachine.



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La 15e symphonie

Message  Babel le Jeu 13 Déc - 12:45

La symphonie précédente était l'œuvre d'un homme rongé par la maladie, semblant jeter ses dernières forces dans un combat, non contre la mort, mais " contre ces bouchers qui exécutent les gens".

Sa noirceur grave et sarcastique l'inscrivait à rebours de la doctrine officielle du "réalisme-socialiste", selon laquelle la tâche des compositeurs doit être d'exalter les grandes réalisations de la "patrie du socialisme", afin qu'apparaissent "ses traits héroïques, brillants et beaux qui distinguent l'univers spirituel du Soviétique et que doivent incarner des images musicales pleines de beauté, de vie et de force."

Elle offrait ainsi l'occasion au compositeur d'élever une nouvelle protestation "contre tout ce qui est malhonnête et dégoûtant dans notre vie", en particulier dans son 8e mouvement, tiré du poème d'Apollinaire "Réponse des cosaques zaporogues au sultan de Constantinople".

Avec celle-ci, Chostakovitch adresse à la vie un adieu en forme d'énigmatique pied de nez.

Evgeny Mravinsky dirige l'orchestre Philharmonique de Leningrad, dans cet enregistrement public réalisé en 1976.


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The end

Message  Babel le Ven 14 Déc - 10:35

Comment quitter un compositeur aussi prolifique sans également évoquer quelques unes de ses compositions mineures ?

D'abord, l'archi-célèbre et surestimée 7e symphonie, dite "Léningrad", caractéristique du style "emphatique-hollywoodien" qui a pu marquer son écriture... lors des phases de disette créatrice.

Une heure quinze de musique à la fois grandiloquente et ambiguë, qui emprunte au romantisme russe (Tchaïkovski, Borodine…) des accents lyrico-épiques légèrement gonflants.

En voici les 26 minutes du premier mouvement, avec son motif archi-célèbre, répété ad nauseam, semblable à la marche implacable de petits soldats vers l'abîme (2 of 2), ici dirigé par Svetlanov à la tête de l'Orchestre symphonique national.

1 : 1st Movement (1 of 2)


2 : 1st Movement (2 of 2)



Et deux must :

"Tahiti Trot", d'après l'air "Tea for two", extrait de la comédie musicale No, no, Nanette de Vincent Youmans, qui à l'époque (1927) faisait un tabac à Broadway. On raconte que Chosta en écrivit l'orchestration en 45 mns, de mémoire, et après une seule écoute, en réponse à un défi lancé par le chef Nikolai Malko, contre espèces sonnantes (100 roubles !). Il l'intègrera par la suite à la musique de son ballet, L'Âge d'Or.



Et la "Valse 2", tirée de sa Jazz Suite n°2 , évoquée au début de ce fil.



Tournez, tournez, petits chevaux de bois…

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Bis

Message  Babel le Dim 13 Jan - 12:33

Comme dans tout concert qui se respecte, après les rappels, un bis.
Et pas n'importe lequel : le Concerto pour violon n°1 op 99.

L'œuvre est écrite pour une formation à effectif réduit (3 flûtes, 3 hautbois, un cor anglais, 3 clarinettes, 2 bassons, un contrebasson, 4 cors, un tuba , des percussions --timbales, tambourin, tam-tam, xylophone, célesta--, 2 harpes et cordes) dialoguant avec le violon solo.

Composé pendant les années d'après-guerre et gardé inédit jusqu'à la mort de Staline, en mars 1953, ce concerto possède d'évidents liens de parenté avec la Dixième Symphonie, écrite à la même époque. Chostakovitch y introduit son célèbre motif DSCH, dans le deuxième mouvement --voir présentation au début du fil, pour ceux qui ont suivi Smile.

Le premier mouvement, un nocturne, commence pianissimo, puis ça s'emballe avec le scherzo du second, où le violon donne libre cours à une liberté virtuose quasi démoniaque, tandis que la pulsation rythmique assurée par l'orchestre donne son unité à l'ensemble. La composition exploite à fond l'opposition entre le motif rythmique orchestral, dérivé du folklore populaire, et la prestation un rien poseuse du soliste. La Passacaille du 3e mouvement s'achève par une très longue cadence qui conduit naturellement au Burlesque final.

Ici, avec l'orchestre de la Staatskapelle de Berlin, sous la direction de Heinz Fricke.
Soliste : David Oistrakh, dédicataire de l'oeuvre.

Cette version ne vaut pas celle du Philarmonique de New-York dirigé par Mitropoulos, d'une intensité bouleversante. Mais comme la vidéo est pour une fois regardable (cadrage sobre, souvent serré et frontal, la caméra surtout attentive au travail fabuleux du soliste), j'ai fini par opter pour elle.

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Phalange héroïque

Message  Babel le Jeu 7 Mar - 11:25

Puisque les événements du Venezuela font actuellement la une, je ne résiste pas au plaisir de poster cette retransmission d'un concert donné en 2007 par l’Orchestre National Simon Bolivar des jeunes du Venezuela.

Cette formation, plus connue sous le nom d'El Sistema, donne ici une interprétation enthousiasmante de la 10e de Chostakovitch, sous la direction électrique de son chef, Gustavo Dudamel.

(On peut trouver un compte-rendu élogieux de cette expérience unique dans un article de Télérama de 2007, intitulé Une leçon de musique .)



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Re: Chostakovitch

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