Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

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Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  eggissey le Mer 28 Nov - 4:40

Pardonnez-moi si je me trompe de page, voire de forum...
Mais voilà, je cherche en vain d'autres personnes à la gauche de la gauche (appelez ça comme vous voudrez), qui auraient réfléchi à un mode d'action en milieu rural.

Pour avoir milité il y a quelques années aux JCR (vous voyez, ça date un peu...), dans une grande ville, je comprends les débats qui opposent sur ce forum les tenants de diverses tendances, partis et autres groupuscules (gloups...). Mais c'est un plaisir auquel je ne peux plus m'adonner.
A défaut de NPA à moins de 30 km de chez moi, je me contenterais bien de militer avec le Front de gauche, LO ou n'importe quoi "du même genre" (sic)... Mais ça non plus n'est pas possible
Alors les débats stratégiques, les discussions de puristes, les accusations de trahison... tout cela me paraît parfois un peu déconnecté de la réalité que je vis dans mon village de 360 habitants. (Je ne sais pas comment ça se passe dans vos villes, mais ici je n'ai pas vraiment l'impression qu'on soit à la veille du Grand soir...)

Si vous avez des idées sur ce que je peux faire d'un peu concret, n'hésitez surtout pas, camarades.



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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  dug et klin le Mer 28 Nov - 11:57

eggissey a écrit:

....."Mais voilà, je cherche en vain d'autres personnes à la gauche de la gauche (appelez ça comme vous voudrez), qui auraient réfléchi à un mode d'action en milieu rural.....

.....la réalité que je vis dans mon village de 360 habitants. (Je ne sais pas comment ça se passe dans vos villes, mais ici je n'ai pas vraiment l'impression qu'on soit à la veille du Grand soir...).....

.....Si vous avez des idées sur ce que je peux faire d'un peu concret, n'hésitez surtout pas, camarades.....



Cela vaut ce que ca vaut,mais je te donnerais un 1er conseil:sort de chez toi,d'abord pour te rapprocher(selon affinités) de ceux que tu juges a G. de la G.,discuter,poser des questions,afin d'avoir quelques munitions.Et ensuite toujours de sortir de chez toi pour aller a la rencontre des habitants de ton village,bistro si il y en a un,commerces si il y en a,par exemple ne pas faire ton ravitaillement pour un mois,mais des courses au quotidien pour multiplier les rencontres,et surtout bien montrer que tu n'est pas un "gars de la ville"qui vient juste pour etre au calme,mais bien un des leur.

Dans ce genre de petite commune,les élus du C.M.sont bien souvent comparables aux élus des CE d'une boite,ils veulent"rendre service"et bien que réformistes,ces gens sont souvent les plus interressants,cherche a les connaitre,a discuter et,pourquoi pas,si c'est possible,propose leur un coup de main,fete du village,brocante,etc...et réagit a la moindre occasion de dévellopper la solidarité.

Par exemple un copain me racontait que dans le village ou vivent ses parents,et ou il a lui meme vécu étant jeune,il était tombé sur une discussion au bistrot,le directeur de l'agence du CA venait de refuser d'élargir un découvert a un gars du village qui était tres aprecié.Ni une ni deux,il a surfé sur la colere devant cette injustice,et le lendemain matin,les 3/4 du village se présentait à l'agence du CA,pour dire"nous venons pour cloturer nos comptes,et allons chercher une banque plus compréhesive".En moins d'une heure,la victime était recue,obtenait une prolonguation de découvert et...une avance de trésorerie.Le patron du bistrot( qui était parmis les contestataires)n'en revenait pas de voire le champagne couler,et de devoir ouvrir sa "grande salle" pour acceuillir tout ce monde.
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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  eggissey le Mer 28 Nov - 13:04

Merci d'avoir pris la peine de me répondre !

Mais on dirait que je me suis mal exprimée. Mon problème n'est pas celui de la solitude...
Je connais beaucoup de monde, dans le village et les environs. Et je sais que les élus locaux sont dans l'ensemble des gens de bonne volonté... Je suis en effet le maire du village en question...
Le conseil municipal et la communauté de communes me semblent d'ailleurs être des lieux d'action comme d'autres, où l'on doit pouvoir faire évoluer les choses. Je fais ce que je peux de ce côté-là. Mais c'est précisément de ce point de vue que je me sens isolée.
J'aurais besoin de pouvoir discuter et avancer avec d'autres personnes avec lesquelles je partagerais un socle de valeurs communes.
Parce que je me sens parfois désarmée face à ces "élus de bonne volonté", qui sont dépourvus de conscience politique ou se prétendent apolitiques.

C'est en ce sens que je me sens déconnectée de certains débats de ce forum. Pour moi la question n'est pas (n'est plus) de savoir si le NPA, le FgG, LO ou d'autres peuvent faire cause commune... mais de trouver des "gens" avec lesquels agir.

Des idées ?

Merci encore. Et à bientôt peut-être !

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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  Copas le Mer 28 Nov - 19:49

Bien...

Sauf à être hors du monde, il y a beaucoup de conflits dans les zones rurales.

D'abord parce que plus qu'ailleurs elles sont le lieu d’excellence des déménagements du territoire de l'ultra-libéralisme, terrain de la destruction des services publics, terrains des inégalités :
- Bureaux de poste qui ferment
- Écoles qui ferment, classes qu'on ferme
- Gares qui ferment
- Bus et arrêts de bus supprimés
- Usines qui ferment (dans pas mal de régions il y a eu des usines en zone rurale, on en trouvera par exemple dans des vallées pour des raisons très compréhensibles); Il y a des casses industrielles, des usines abandonnées dans bien des zones rurales, et des usines menacées.
- Assauts pour péter des services publics locaux.
- Retraités abandonnés dans la misère et isolés. Donc bataille pour les retraités misérables, batailles pour des aides en leur faveur, etc.
- Et depuis quelques temps saccages des hôpitaux locaux très gros employeurs dans les gros villages (7 hôpitaux locaux sont menacés par exemple dans les Alpes Maritimes, à chaque fois de 100 à 300 employés).


Le monde rural est peut-être plus vide en population mais c'est un vide dense en énergies et tensions, problèmes, ...

Sans parler des :
- Délires d'élus locaux qui ont des égos comme des montgolfières et cherchent à faire financer leurs lubies
- Entre-chocages des collectivités : communautés de commune qui souvent tournent au dépeçage, les plus puissantes faisant pression pour se débarasser sur les plus faibles de ce qui les emmerde, décharges, HLM, etc.
- Saccage des terres par une agriculture intensive et polluante. A l'inverse des inégalités de plus en plus colossales entre agriculteurs.
- Les batailles de défense des ouvriers agricoles , les questions liées à la modernisation qui jette sur les routes vers les villes les derniers ouvriers agricoles sans qualification.
- L'appareil d'état qui estime que qaund il y a peu de populations, ça ne vaut rien et on peut saccager la nature de n'importe quel délire en spoliant les agriculteurs sur place et en s'appropriant par le vol, les forces de répression, des terres pour tous les délires d'aménagement (voir NDDL), le saccage des terres agricoles, le bétonnage qui existe intensément aussi dans les zones rurales, avec des catastrophes liées (inondations, etc).
- Les zones rurales dans certaines régions deviennent refuges des plus pauvres pour trouver des logements à prix abordables (mais avec tous les problèmes liés : couts du transport dans des zones sans transports publics, fatigues dues au transports, isolements, etc).

Là comme ailleurs il y a beaucoup de raisons de combats.
La question des niveaux de collectivités ne doit pas faire illusion sur les chances d'y changer le monde, voir même arranger des choses. Comme ailleurs ce qui importe c'est la mobilisation du monde du travail, des retraités, etc, bref de la classe populaire. C'est le seul échelon de résistance qui permet de faire des choses, le reste étant des excroissances de ce rapport de force sur les élus locaux, etc.

Comment les mener ? Ca dépend du job, mais la bataille sociale est possible là comme ailleurs.
Un dernier fun : faire bataille pour le très haut débit internet gratos dans les zones rurales, revendication très importante pour l'avenir et la communication.
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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  eggissey le Jeu 29 Nov - 3:42

On est d'accord. Les raisons de se battre ne manquent pas, à la campagne comme ailleurs.
La question n'est pas contre quoi, ni pour quoi, mais avec qui ?

Merci pour ta réponse !

eggissey

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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  Copas le Jeu 29 Nov - 8:18

eggissey a écrit:On est d'accord. Les raisons de se battre ne manquent pas, à la campagne comme ailleurs.
La question n'est pas contre quoi, ni pour quoi, mais avec qui ?

Merci pour ta réponse !

Les alliés également sont clairement définissables.
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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  frère tuck le Mer 13 Fév - 18:28

Je comprends ce problème. Etre élu local implique de nombreuses responsabilités sans pour autant avoir la marge de manœuvre suffisante pour agir.

1. Susciter des formes de solidarité
2. Anticiper sur les besoins à venir de la population
3. Trouver des combats fédérateurs

L'économique est la question centrale, tout comme la qualité de la vie quotidienne.
Améliorer le quotidien, c'est faire du réformisme, mais dans la mesure où cela va à l'encontre des politiques libérales menées par ailleurs, c'est presque révolutionnaire ! On est effectivement loin des débats théoriques sur l'orthodoxie revendiquée des uns et des autres...

Pour répondre à ta question : avec qui ?
Il se peut que les structures pertinentes n'existent pas à ce jour.
En créer aujourd'hui pourra constituer le creuset d'une future forme de résistance et d'avant-garde dans les années à venir, pouvant se transformer en prise de conscience politique à terme.

Concrètement, rien n’empêche de commencer à susciter des structures de type associatif permettant de susciter et renforcer l'esprit de solidarité :
- transport à la demande, covoiturage, coût proche de 0€, travail de mutualisation des véhicules (peut-être fait via internet) au niveau de la commune ou du canton
- épicerie sociale, coût proche de 0€, mettre à disposition une salle de la mairie pour permettre : à de généreux donateurs de fournir l'épicerie en produits divers (alimentaire non périssable, produits d'hygiène, vieux vêtements propres) au bénéfice de populations plus fragiles sur la commune. Nécessite une salle et un peu de bénévolat, assuré par des jeunes ou des retraités sous convention avec la Mairie.
- mise en place d'un système d'échanges locaux, à partir du succès du précédent exemple, une fois la dynamique enclenchée.
- "émoi" culturel, sur la base du triptyque lecture publique - cinéma populaire - université pour tous - coût plus élevé à définir, avec organisation de conférences, de projections de films et de cinéma. Peut nécessiter une subvention à asso ou recrutement à temps partiel d'un animateur socio-culturel ou assistant du patrimoine-cat.B. dans ces conférences, des animateurs de réseaux associatifs ou militants pourront venir exposer leurs problématiques, leurs projets et leurs activités (type SEL, ATTAC, AMAP, coopérative de production, ONG diverses...) du moment qu'il y a un lien avec la vie quotidienne des gens.
- temps républicains fédérateurs : vœux du maire, accueil des nouveaux arrivants parmi la population, célébration de la fête du travail, du 14-juillet, autant d'occasions permettant d'organiser des vins de l'amitié voire des banquets, avec animation musicale et spectacles des enfants de la commune...

Objectif : forger un vivre-ensemble convivial et commun, marqueur d'identité, de solidarité et d'unité le jour où des attaques sociales massives surviendront. Au niveau local, cela me paraît être un programme déjà assez bien soutenu... L'important étant de susciter et gérer la dynamique qui génère l'adhésion... et la réélection !

A+

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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  Vérosa_2 le Mer 13 Fév - 19:51

frère tuck a écrit: (...) Peut nécessiter une subvention à asso ou recrutement à temps partiel d'un animateur socio-culturel ou assistant du patrimoine-cat.B. dans ces conférences, des animateurs de réseaux associatifs ou militants pourront venir exposer leurs problématiques, leurs projets et leurs activités (type SEL, ATTAC, AMAP, coopérative de production, ONG diverses...) (...)
ATTAC, il me semblait bien aussi oui, au vu de tes contributions diverses. Bref, le réformisme le plus plat derrière un jargon prétentieux. Cela dit, être réformiste est concevable, ce qui l'est moins est de prendre de haut les intervenants sur ce forum (voir ta non-réponse méprisante à la question fondamentale posée par RougeVert sur la nécessité de destruction du pouvoir bourgeois afin d'assoir la démocratie politique et économique).

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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  Copas le Mer 13 Fév - 20:13

Améliorer le quotidien, c'est faire du réformisme, mais dans la mesure où cela va à l'encontre des politiques libérales menées par ailleurs, c'est presque révolutionnaire !

Améliorer le quotidien n'est pas faire du réformisme. Pour l'instant les réformistes n’apportent rien, pas la moindre et infime réforme et ils n'arrivent pas à s'opposer aux vagues d'agressions antisociales.

La résistance pied à pied (comme je l'ai indiqué) ne ressort pas de contourner sans arrêt ce qui fâche...

Et effectivement, rien de bien mobilisateur dans tout ça et surtout éviter les sujets qui fâchent (fermetures de services publics, etc...).

On est effectivement loin des débats théoriques sur l'orthodoxie revendiquée des uns et des autres...

Ah ah....

Surtout rien qui crispe.... e pericoloso...
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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  frère tuck le Mer 13 Fév - 22:13

Et oui !

Entre la lettre et l'esprit, il y a un monde !

On peut créer un soviet tout de suite si tu veux ^^
tu rédiges le communiqué de presse ?

Si Hegel n'avait pas existé, Marx ne serait pas Marx
Si Marx n'avait pas existé, Lénine ne serait pas Lénine.
Hegel était-il seulement réformiste ?

Razz

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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  Copas le Mer 13 Fév - 22:39

frère tuck a écrit:Et oui !

Entre la lettre et l'esprit, il y a un monde !

On peut créer un soviet tout de suite si tu veux ^^
tu rédiges le communiqué de presse ?

Si Hegel n'avait pas existé, Marx ne serait pas Marx
Si Marx n'avait pas existé, Lénine ne serait pas Lénine.
Hegel était-il seulement réformiste ?

Razz

As-tu lu mes propositions ?

Ou tu continues de te ...en rond ?

Elles partent de batailles réelles.
Tu crois que c'est faire un soviet tout seul que de se battre pour le maintien des travailleurs de la poste, des hôpitaux locaux ? Sais-tu seulement ce qu'est un petit hôpital dans les zones rurales ?

Alors que ce sont des batailles qui mobilisent souvent beaucoup de monde dans les vallées !
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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  Rougevert le Jeu 14 Fév - 0:04

frère tuck a écrit:Et oui !

Entre la lettre et l'esprit, il y a un monde !

On peut créer un soviet tout de suite si tu veux ^^
tu rédiges le communiqué de presse ?

Si Hegel n'avait pas existé, Marx ne serait pas Marx
Si Marx n'avait pas existé, Lénine ne serait pas Lénine.
Hegel était-il seulement réformiste ?

Razz
Entre la lettre et l'esprit, il y a souvent un monde pour les charlatans.
Et si, et si...
Et Dieu, dans tout ça?
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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  eggissey le Jeu 14 Fév - 1:34

Je vous remercie d'avoir pris la peine de me répondre (même si je suis un peu étonnée du mépris de Copas...)
Mais le fait que je sois maire de mon village n'a pas vraiment de lien avec ma question (c'était juste une précision en réponse à Dug et Klin, qui me disait que je pouvais essayer de sortir de chez moi, et que les élus locaux étaient souvent des gens de bonne volonté). Je suis bien consciente qu'il y a des choses à faire de ce côté-là. Je fais ce que je peux du point de vue politique, sans doute pas assez... et pour le reste, mon temps se partage entre les chiens (qui aboient ou chient), la neige (qui tombe), les gens (qui veulent une carte d'identité, ou de l'eau au robinet, ou un permis de construire, ou emmerder leur voisin, ou...). Je sais bien que ça a un côté réformiste, tout ça. Mais, en attendant de pouvoir créer un soviet (et des kolkhoz...), ce n'est finalement ni mieux ni pire que gardien d'immeuble, assistante sociale, ou bénévole dans une asso.

Mon propos était ailleurs. Pour avoir parcouru le forum dans l'espoir d'y trouver quelques bases communes aux "marxistes révolutionnaires", j'ai été un peu déçue de trouver ici autant de querelles de chapelles. C'est en cela que je parlais d'un "luxe que je ne peux plus me permettre."
Quand on habite dans un bassin de vie de 7000 habitants, on a statistiquement moins de chances de trouver d'autres militants "très à gauche" qu'en ville. Bien sûr, on peut essayer de fédérer les gens autour de projets de toutes sortes. Là aussi, je fais ce que je peux. Mais si jamais je dégote un militant du Fdg, de Lo, du POI ou autre dans le coin, croyez-moi, je ne vais pas commencer par le traiter de réformiste, social traitre, stalinien, sectaire...

A bientôt ?

Evelyne


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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  Gayraud de Mazars le Jeu 14 Fév - 10:53

Salut eggissey,

Moi aussi je suis en Bourgogne, en Côte d'or, peut - être sommes - nous proche géographiquement ?

Sur le fond de ton résonnement je suis d'accord, sommes - nous si nombreux d'aillleurs ?

Sur le terrain on rame pas mal, c'est tout sauf simple, à vrai dire dans les luttes on s'interesse pas aux "chapelles" comme tu le dis...

Il est assez étonnant que le ton assez raide sur le forum, je ne le trouve jamais dans la vraie vie...

A bientôt ! Very Happy

Fraternellement,
GdM
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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  yannalan le Jeu 14 Fév - 11:51

Je vis en Centre Bretagne dans un canton de 7000 habitants et c'est vrai que pour tout ce qui est manifs, etc..., on va à la sous-préf. Au niveau local, un fois les frais incompressibles repérés, il n'y a plus grand chose et la couleur du Maire est plutôt indifférente. Le nôtre est PCF, mais franchement au niveau local, c'est ni mieux ni pire que ses collègues UMP des cantons voisins.
J'ai du mal à voir ce que l'on peut faire à ce niveau, on est quand même enfermés dans un système.

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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  Marco Pagot le Jeu 14 Fév - 12:04

eggissey a écrit:Je vous remercie d'avoir pris la peine de me répondre (même si je suis un peu étonnée du mépris de Copas...)
Mais le fait que je sois maire de mon village n'a pas vraiment de lien avec ma question (c'était juste une précision en réponse à Dug et Klin, qui me disait que je pouvais essayer de sortir de chez moi, et que les élus locaux étaient souvent des gens de bonne volonté). Je suis bien consciente qu'il y a des choses à faire de ce côté-là. Je fais ce que je peux du point de vue politique, sans doute pas assez... et pour le reste, mon temps se partage entre les chiens (qui aboient ou chient), la neige (qui tombe), les gens (qui veulent une carte d'identité, ou de l'eau au robinet, ou un permis de construire, ou emmerder leur voisin, ou...). Je sais bien que ça a un côté réformiste, tout ça. Mais, en attendant de pouvoir créer un soviet (et des kolkhoz...), ce n'est finalement ni mieux ni pire que gardien d'immeuble, assistante sociale, ou bénévole dans une asso.

Mon propos était ailleurs. Pour avoir parcouru le forum dans l'espoir d'y trouver quelques bases communes aux "marxistes révolutionnaires", j'ai été un peu déçue de trouver ici autant de querelles de chapelles. C'est en cela que je parlais d'un "luxe que je ne peux plus me permettre."
Quand on habite dans un bassin de vie de 7000 habitants, on a statistiquement moins de chances de trouver d'autres militants "très à gauche" qu'en ville. Bien sûr, on peut essayer de fédérer les gens autour de projets de toutes sortes. Là aussi, je fais ce que je peux. Mais si jamais je dégote un militant du Fdg, de Lo, du POI ou autre dans le coin, croyez-moi, je ne vais pas commencer par le traiter de réformiste, social traitre, stalinien, sectaire...

A bientôt ?

Evelyne


C'est surtout qu'ici on essaye avant tout d'élaborer, de pousser sur les questions de fond... Donc oui on s engueule et ça donne un coté guerre de chapelles… mais sur le terrain c'est différent

_________________
http://www.petitionfuriani.com/
Catastrophe de Furiani - 5 mai 1992
La catastrophe de Furiani ne doit jamais être oubliée et ce, pour qu’une telle tragédie ne se reproduise plus. Un devoir de mémoire est indispensable : Furiani mai più.
Nous demandons qu'aucun match de football professionnel ne soit plus dorénavant joué en France un 5 mai. Nous sollicitons par conséquent l'inscription de ce fait dans les règlements de la FFF et de la LFP.
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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  Rougevert le Jeu 14 Fév - 23:23

eggissey a écrit:Je vous remercie d'avoir pris la peine de me répondre (même si je suis un peu étonnée du mépris de Copas...)
Mais le fait que je sois maire de mon village n'a pas vraiment de lien avec ma question (c'était juste une précision en réponse à Dug et Klin, qui me disait que je pouvais essayer de sortir de chez moi, et que les élus locaux étaient souvent des gens de bonne volonté). Je suis bien consciente qu'il y a des choses à faire de ce côté-là. Je fais ce que je peux du point de vue politique, sans doute pas assez... et pour le reste, mon temps se partage entre les chiens (qui aboient ou chient), la neige (qui tombe), les gens (qui veulent une carte d'identité, ou de l'eau au robinet, ou un permis de construire, ou emmerder leur voisin, ou...). Je sais bien que ça a un côté réformiste, tout ça. Mais, en attendant de pouvoir créer un soviet (et des kolkhoz...), ce n'est finalement ni mieux ni pire que gardien d'immeuble, assistante sociale, ou bénévole dans une asso.

Mon propos était ailleurs. Pour avoir parcouru le forum dans l'espoir d'y trouver quelques bases communes aux "marxistes révolutionnaires", j'ai été un peu déçue de trouver ici autant de querelles de chapelles. C'est en cela que je parlais d'un "luxe que je ne peux plus me permettre."
Quand on habite dans un bassin de vie de 7000 habitants, on a statistiquement moins de chances de trouver d'autres militants "très à gauche" qu'en ville. Bien sûr, on peut essayer de fédérer les gens autour de projets de toutes sortes. Là aussi, je fais ce que je peux. Mais si jamais je dégote un militant du Fdg, de Lo, du POI ou autre dans le coin, croyez-moi, je ne vais pas commencer par le traiter de réformiste, social traitre, stalinien, sectaire...

A bientôt ?

Evelyne

Il me semble que le ton "raide" dont TU parles vient du fait que nous sommes opposés sur des questions importantes...MAIS PAS SUR L'ESSENTIEL, sauf avec des gens comme Frère Tuck, avec qui le désaccord est (pour ce qui me concerne) total...
Je pense que nous ne sommes lui et moi, pas du même côté de la barricade.
-se joindre ou pas aux gestionnaires du système (PS, PCF, FdG)?
-Unité pour faire quoi? Est-elle un but en elle-même ou seulement un moyen?
-privilégier la lutte des classes (les grèves, les manifestations) ou les institutions et les élections?
-quelle analyse de la crise et des rapports de forces politiques? Par exemple: y a-t-il ENCORE un "contre pouvoir", des acquis révolutionnaires à défendre dans la Russie de Poutine
-crise écologique ou pas?

Sont-ce bien des querelles de chapelles?
Quand on n'a pas de réponses à ces questions, on est prêt à faire n'importe quoi.

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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  frère tuck le Mar 19 Fév - 17:47

Bonjour Evelyne,

Je partage bien ton sentiment sur les réalités politiques locales qui sont toutes sauf idéologiques. Il me semble que le souci majeur est que les fonctions politiques (surtout au niveau local) sont assez tributaires des décisions économiques et n'ont qu'une influence limitée sur la vie d'un bassin d'emploi ou d'une région. Je pense à tous ces maires désemparés lorsqu'une usine décide de fermer. Je pense à ce pauvre ministre du redressement productif contraint de faire les gros yeux par devant à Mittal avant d'avaler toutes ses couleuvres par derrière...
Le retour d'expériences locales peut être instructif et mobilisateur pour les luttes à venir : lutte contre la fermeture de la maternité de Carhaix par exemple. Expérience agricole autogérée de Marinaleda en Espagne. La société de demain ne se construira pas sur des mots d'ordres abstraits, mais sur l'accrétion empirique d'expériences innovantes qui balisent le terrain et ouvrent la voie vers un nouveau monde... Si l'on n'écoute que les docteurs en marxisme, on ne fera jamais rien parce que ce ne sera jamais assez bien et c'est dommage (ça me rappelle En un combat douteux de Steinbeck). Le parti révolutionnaire n'a pas à se construire contre la société, mais contre le système !

Ce qu'il manque peut-être le plus pour les nombreux habitants de régions rurales et isolés que nous sommes, c'est de lien, de réseau pour échanger, s'enrichir des expériences des uns et des autres...et progresser, pas à pas, riche de notre formation, de nos conniassances et de nos expériences pour tenter de créer les conditions d'une vie meilleure et enfin débarrassée des scories de l'aliénation capitaliste.

Le forum est sans doute un terrain fertile pour les épanchements radicaux qui n'ont aucune conséquence sur la vie réelle : anonyme, il permet de donner vie à des opinions ou des rêveries peu en rapport avec le vécu. Inutile d'y consacrer un intérêt superflu.

Bien à toi et bonne continuation,

FT.

frère tuck

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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  eggissey le Mar 19 Fév - 23:52

Merci.
Je crois que vous avez raison. Je reconnais qu'il est paradoxal de chercher ici un socle de valeurs communes pour pouvoir aller plus loin dans le débat et de regretter, dans le même temps, les querelles de chapelles...
Pour vous donner une idée, les "débats" auxquels j'assiste ici sont du type (à propos des tarifs de cantine) :"moi, au boulot, je paye 7 €. Et encore, je ne prends pas de fromage" (sic)... Alors, évidemment... les acquis du socialisme dans la Russie de Poutine... ça ne me paraît loin...
Il faut que je trouve le moyen de reconnecter ces deux réalités. Et, finalement, j'ai peut-être trouvé ici le "réseau pour échanger" dont parle Frère Tuck et dont j'ai vraiment besoin.
Merci. Et à bientôt sans doute !

eggissey

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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  Rougevert le Mar 19 Fév - 23:58

Une seule question: comment faire baisser les tarifs de la cantine?
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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  eggissey le Mer 20 Fév - 0:00

Malheureusement, la question est plutôt "comment convaincre qu'il faut les baisser ?"...

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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  oxy le Mer 20 Fév - 7:50

@eggissey Je te trouve courageuse de venir sur ce forum , ce forum n'est pas un lieu de discussion mais un lieu de /insulte/mépris de MR qui pensent être les seuls vrais révolutionnaires et ils n'en ont rien à cirer de ceux qui cherchent une solution politique, va voir ailleurs ,leur monde virtuel n'a aucun intérêt .Ils s’intéressent seulement aux querelles de chapelles/sectes ( certain ont crées la leur dont ils sont les seuls membres)

Et puis militer comme tu le fais a plus de sens que les monologues des sectaires de ce forum....

J'oubliais je vis dans une grande ville de banlieue et je vois souvent des militants de LO , ex NPA (FdeG ) et PCF et ils sont différents dans leur rapport aux "autres" alors fuis ce lieu sinon tu vas te désespérer Bon courage reste dans la vraie vie...


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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  cerise75 le Mer 20 Fév - 9:22

je partage ce que dit oxy, va plutôt sans a vraie vie et tu verras qu'il y a plein de militants dans toutes les organisations qui agissent pour le bien public partout.

pour moi ce qui se raconte ici est plutpt de l'ordre des sectes et de chapelles qui se chamaillent à longieur de temps pour savoir si trotsky ou marx a dit la phrase magique tel ou tel jour, et comment bla bla bla, bref pas grand interet....

reformistes et révolutionnaires ca veut rien dire aujourd'hui , il y a des débats dans le mouvement ouvrier mais plus sains qu'ici, moi je suis à paris au front de gauche et je t'assure que nous débattons et nous avancons mais avec tout le monde, la faillite de l'extrème gauche m'a vacciné pour longtremps contre ce genre de discours qui a cours ici.
ce forum tourne autour de quelques uns, je rencontre tous les jours des camarades du pc , du pg, de la GA etc... et ils sont loin des caricatures qu'on nous décrit ici à longueur de temps.

bon courage dans ta campagne

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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  Copas le Mer 20 Fév - 9:24

oxy a écrit:@eggissey Je te trouve courageuse de venir sur ce forum , ce forum n'est pas un lieu de discussion mais un lieu de /insulte/mépris de MR qui pensent être les seuls vrais révolutionnaires et ils n'en ont rien à cirer de ceux qui cherchent une solution politique, va voir ailleurs ,leur monde virtuel n'a aucun intérêt .Ils s’intéressent seulement aux querelles de chapelles/sectes ( certain ont crées la leur dont ils sont les seuls membres)

Et puis militer comme tu le fais a plus de sens que les monologues des sectaires de ce forum....

J'oubliais je vis dans une grande ville de banlieue et je vois souvent des militants de LO , ex NPA (FdeG ) et PCF et ils sont différents dans leur rapport aux "autres" alors fuis ce lieu sinon tu vas te désespérer Bon courage reste dans la vraie vie...


Il y a eu une série de propositions concrètes faites à @eggissey sur les mobilisations possibles dans le mon de rural. Celles-ci n'ont pas plu à @eggissey qui les a trouvé méprisantes mais elles existent.

Par contre on n'a jamais vu Oxy parler de politique ni faire une proposition politique quelconque. C'est dommage.
Entre temps, Cerise est venue sortir le même couplet agressif et sectaire contre les méchants d’extrême gauche, sans la moindre proposition comme d'habitude. Le vide politique de propositions de ces deux personnes est important .
Ni l'une ni l'autre ne font la moindre proposition mais expriment par contre leurs aigreurs.

Je suis du sud et le monde rural a une structure spécifique différent du tiers nord de la France où c'est moins vallonné, donc mon regard sera en fonction de ce que je connais des combats menés dans dans un monde rural qui ressemble plus à malaterra que la Picardie, la Bretagne, la Normandie, l'Aisne, la Beauce, etc...

Mais je rappelle ce que j'ai dit et proposé :




Sauf à être hors du monde, il y a beaucoup de conflits dans les zones rurales.

D'abord parce que plus qu'ailleurs elles sont le lieu d’excellence des déménagements du territoire de l'ultra-libéralisme, terrain de la destruction des services publics, terrains des inégalités :
- Bureaux de poste qui ferment
- Écoles qui ferment, classes qu'on ferme
- Gares qui ferment
- Bus et arrêts de bus supprimés
- Usines qui ferment (dans pas mal de régions il y a eu des usines en zone rurale, on en trouvera par exemple dans des vallées pour des raisons très compréhensibles); Il y a des casses industrielles, des usines abandonnées dans bien des zones rurales, et des usines menacées. La vallée par exemple qui va de Mazamet, Courniour vers St Pons de Thomière, avec des usines abandonnées et des écoles à vendre...
- Assauts pour péter des services publics locaux.
- Retraités abandonnés dans la misère et isolés. Donc bataille pour les retraités misérables, batailles pour des aides en leur faveur, etc.
- Et depuis quelques temps saccages des hôpitaux locaux très gros employeurs dans les gros villages (7 hôpitaux locaux sont menacés par exemple dans les Alpes Maritimes, à chaque fois de 100 à 300 employés).


Le monde rural est peut-être plus vide en population mais c'est un vide dense en énergies et tensions, problèmes, ...

Sans parler des :
- Délires d'élus locaux qui ont des égos comme des montgolfières et cherchent à faire financer leurs lubies
- Entre-chocages des collectivités : communautés de commune qui souvent tournent au dépeçage, les plus puissantes faisant pression pour se débarasser sur les plus faibles de ce qui les emmerde, décharges, HLM, etc.
- Saccage des terres par une agriculture intensive et polluante. A l'inverse des inégalités de plus en plus colossales entre agriculteurs.
- Les batailles de défense des ouvriers agricoles , les questions liées à la modernisation qui jette sur les routes vers les villes les derniers ouvriers agricoles sans qualification.
- L'appareil d'état qui estime que qaund il y a peu de populations, ça ne vaut rien et on peut saccager la nature de n'importe quel délire en spoliant les agriculteurs sur place et en s'appropriant par le vol, les forces de répression, des terres pour tous les délires d'aménagement (voir NDDL), le saccage des terres agricoles, le bétonnage qui existe intensément aussi dans les zones rurales, avec des catastrophes liées (inondations, etc).
- Les zones rurales dans certaines régions deviennent refuges des plus pauvres pour trouver des logements à prix abordables (mais avec tous les problèmes liés : couts du transport dans des zones sans transports publics, fatigues dues au transports, isolements, etc).

.../... La bataille pour le très haut débit internet gratos dans les zones rurales, revendication très importante pour l'avenir et la communication.../...

Donc des propositions de joindre des batailles qui existent souvent déjà.

Il faut rappeler aussi les premiers propos de @eggissey , comment il crée ce débat, les traits saillants :



.../... Mais voilà, je cherche en vain d'autres personnes à la gauche de la gauche (appelez ça comme vous voudrez), qui auraient réfléchi à un mode d'action en milieu rural.

Pour avoir milité il y a quelques années aux JCR (vous voyez, ça date un peu...), dans une grande ville, je comprends les débats qui opposent sur ce forum les tenants de diverses tendances, partis et autres groupuscules (gloups...). Mais c'est un plaisir auquel je ne peux plus m'adonner.
A défaut de NPA à moins de 30 km de chez moi, je me contenterais bien de militer avec le Front de gauche, LO ou n'importe quoi "du même genre" (sic)... Mais ça non plus n'est pas possible
Alors les débats stratégiques, les discussions de puristes, les accusations de trahison... tout cela me paraît parfois un peu déconnecté de la réalité que je vis dans mon village de 360 habitants. (Je ne sais pas comment ça se passe dans vos villes, mais ici je n'ai pas vraiment l'impression qu'on soit à la veille du Grand soir...)

Si vous avez des idées sur ce que je peux faire d'un peu concret, n'hésitez surtout pas, camarades.

On lui a répondu au concret sans marcher dans l'agressivité qu'il manifeste envers les autres forumeurs ici et qui le regarde. Peut-être des restes de son passage aux JCR ?


Les intérets de notre ami @eggissey pas forcement antagoniques aux propositions qui lui sont faites (mais les ignorant) :

Mais on dirait que je me suis mal exprimée. .../... Et je sais que les élus locaux sont dans l'ensemble des gens de bonne volonté... Je suis en effet le maire du village en question...
Le conseil municipal et la communauté de communes me semblent d'ailleurs être des lieux d'action comme d'autres, où l'on doit pouvoir faire évoluer les choses. Je fais ce que je peux de ce côté-là. Mais c'est précisément de ce point de vue que je me sens isolée.

J'aurais besoin de pouvoir discuter et avancer avec d'autres personnes avec lesquelles je partagerais un socle de valeurs communes.
Parce que je me sens parfois désarmée face à ces "élus de bonne volonté", qui sont dépourvus de conscience politique ou se prétendent apolitiques.

C'est en ce sens que je me sens déconnectée de certains débats de ce forum. Pour moi la question n'est pas (n'est plus) de savoir si le NPA, le FgG, LO ou d'autres peuvent faire cause commune... mais de trouver des "gens" avec lesquels agir.

Des idées ?

Merci encore. Et à bientôt peut-être !

Il s'agit donc d'un déplacement de la demande qui conserve quand même des demandes de gens avec qui agir mais qui placent en premier l'oxygène d'échanger avec des camarades qui ont un socle commun disons d’extrême gauche .

Frère Tuck a fait des propositions :

- transport à la demande, covoiturage, coût proche de 0€, travail de mutualisation des véhicules (peut-être fait via internet) au niveau de la commune ou du canton
- épicerie sociale, coût proche de 0€, mettre à disposition une salle de la mairie pour permettre : à de généreux donateurs de fournir l'épicerie en produits divers (alimentaire non périssable, produits d'hygiène, vieux vêtements propres) au bénéfice de populations plus fragiles sur la commune. Nécessite une salle et un peu de bénévolat, assuré par des jeunes ou des retraités sous convention avec la Mairie.
- mise en place d'un système d'échanges locaux, à partir du succès du précédent exemple, une fois la dynamique enclenchée.
- "émoi" culturel, sur la base du triptyque lecture publique - cinéma populaire - université pour tous - coût plus élevé à définir, avec organisation de conférences, de projections de films et de cinéma. Peut nécessiter une subvention à asso ou recrutement à temps partiel d'un animateur socio-culturel ou assistant du patrimoine-cat.B. dans ces conférences, des animateurs de réseaux associatifs ou militants pourront venir exposer leurs problématiques, leurs projets et leurs activités (type SEL, ATTAC, AMAP, coopérative de production, ONG diverses...) du moment qu'il y a un lien avec la vie quotidienne des gens.
- temps républicains fédérateurs : vœux du maire, accueil des nouveaux arrivants parmi la population, célébration de la fête du travail, du 14-juillet, autant d'occasions permettant d'organiser des vins de l'amitié voire des banquets, avec animation musicale et spectacles des enfants de la commune...

Un peu une image de la campagne venue des zones urbaines, du moins c'est le sentiment que je peux en avoir et évitant soigneusement tout ce qui pourrait être conflictuel, rien contre les agressions antisociales qui détruisent les services publics sociaux (postes, hôpitaux, etc), mais des propositions qui ne sont pas antagoniques.


Frère Tuck revient avec ses caricatures mais une proposition concrete (ce qui l'emmerde semble être qu'on parle de la Russie de Poutine, mais bon... c'est pas un forum du FdG ici mais lui parle d'Espagne....).
Le retour d'expériences locales peut être instructif et mobilisateur pour les luttes à venir : lutte contre la fermeture de la maternité de Carhaix par exemple.

Ce ne fut pas fait façon bisounours et c'est effectivement exemplaire, mais ça a chauffé réellement. Cela se fit avec une frange radicale intervenant fortement dedans (les chapelles querelleuses, hein ?).

Expérience agricole autogérée de Marinaleda en Espagne. La société de demain ne se construira pas sur des mots d'ordres abstraits, mais sur l'accrétion empirique d'expériences innovantes qui balisent le terrain et ouvrent la voie vers un nouveau monde... Si l'on n'écoute que les docteurs en marxisme, on ne fera jamais rien parce que ce ne sera jamais assez bien et c'est dommage (ça me rappelle En un combat douteux de Steinbeck). Le parti révolutionnaire n'a pas à se construire contre la société, mais contre le système !

Frère tuck ne sait pas que probablement la majorité ici sont engagés dans des combats sociaux durs et difficiles (du moins c'est mon cas) sinon il n'exprimerai pas son mépris au cours de son intervention.
Que fait-il, qui est-il il peut si il le désire l'expliquer en messages MP mais il n'a pas à lancer des accusations qui n'expriment que sa méconnaissance.
Donc retour à une de ses propositions utiles (une fois qu'on a écarté ses attaques inutiles et injustes) :

Ce qu'il manque peut-être le plus pour les nombreux habitants de régions rurales et isolés que nous sommes, c'est de lien, de réseau pour échanger, s'enrichir des expériences des uns et des autres...et progresser, pas à pas, riche de notre formation, de nos conniassances et de nos expériences pour tenter de créer les conditions d'une vie meilleure et enfin débarrassée des scories de l'aliénation capitaliste.

Et oui, vaste programme, partir d'une société qui bruisse d'inégalités, d'oppressions, d'exploitations à une société libérée de ses principaux fléaux nés de la lutte des classes exploiteuses et parasitaires, des conceptions de rapines et de haines qui en sont fils et filles.

Il s'agit bien là d'un propos de Frère Tuck parlant de stratégie : des luttes de résistance jusqu'à une société autogestionnaire. Mais il met un peu tout dans le même sac (propos abstraits donc) et ne nous indique pas trop ce qui pourrait être fait.
Par contre le réseau de résistances en zones rurales, pourquoi pas ?

Il est également possible de rejoindre le NPA qui a eu quelques velléités de travail là dessus , notamment sur la question de la paysannerie (donc du rural réduit).

Le forum est sans doute un terrain fertile pour les épanchements radicaux qui n'ont aucune conséquence sur la vie réelle : anonyme, il permet de donner vie à des opinions ou des rêveries peu en rapport avec le vécu. Inutile d'y consacrer un intérêt superflu.

Il est exact qu'une série de propos n'apportent pas grand chose . Toutefois il y a une source énorme et intense d’expériences sociales et politiques , de questions dans le monde et en France , qui sont abordées et dans lesquelles bien des pistes apparaissent.

Que cela se fasse autour de polémiques n’empêche sur l'utilité qui fait ressortir des leçons et exemples à analyser, comprendre et en tirer des éléments.


eggissey :
Merci.
Je crois que vous avez raison. Je reconnais qu'il est paradoxal de chercher ici un socle de valeurs communes pour pouvoir aller plus loin dans le débat et de regretter, dans le même temps, les querelles de chapelles...
Pour vous donner une idée, les "débats" auxquels j'assiste ici sont du type (à propos des tarifs de cantine) :"moi, au boulot, je paye 7 €. Et encore, je ne prends pas de fromage" (sic)... Alors, évidemment... les acquis du socialisme dans la Russie de Poutine... ça ne me paraît loin...
Il faut que je trouve le moyen de reconnecter ces deux réalités. Et, finalement, j'ai peut-être trouvé ici le "réseau pour échanger" dont parle Frère Tuck et dont j'ai vraiment besoin.
Merci. Et à bientôt sans doute !

Rouge et vert :
Une seule question: comment faire baisser les tarifs de la cantine?

Retour donc à l'épaisseur de la réalité.

eggissey
Malheureusement, la question est plutôt "comment convaincre qu'il faut les baisser ?"...

Et il faut d'abord affirmer qu'il faut les baisser pour les plus pauvres (ou tout le monde ? payés entièrement par la commune ? des prix en fonction des revenus ?) . Après chacun se reclassera en fonction.
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Re: Et qu'est-ce qu'on fait à la campagne ?

Message  frère tuck le Mer 20 Fév - 11:17

- Bureaux de poste qui ferment > La Poste > fonds publics
- Écoles qui ferment, classes qu'on ferme > Educ.Nat, communes > fonds publics
- Gares qui ferment > RFF, SNCF, régions > fonds publics
- Bus et arrêts de bus supprimés > Départements et régions > fonds publics
- Usines qui ferment (dans pas mal de régions il y a eu des usines en zone rurale, on en trouvera par exemple dans des vallées pour des raisons très compréhensibles); Il y a des casses industrielles, des usines abandonnées dans bien des zones rurales, et des usines menacées. La vallée par exemple qui va de Mazamet, Courniour vers St Pons de Thomière, avec des usines abandonnées et des écoles à vendre... > Entreprises familiales ou groupes internationaux > fonds privés
- Assauts pour péter des services publics locaux. > fonds publics
- Retraités abandonnés dans la misère et isolés. Donc bataille pour les retraités misérables, batailles pour des aides en leur faveur, etc. > Communes, intercommunalités, Départements > fonds publics
- Et depuis quelques temps saccages des hôpitaux locaux très gros employeurs dans les gros villages (7 hôpitaux locaux sont menacés par exemple dans les Alpes Maritimes, à chaque fois de 100 à 300 employés). > Intercommunalités, Etat > fonds publics

Les luttes identifiées comme étant porteuses de mieux-être social se cantonnent à faire pression sur des opérateurs publics (EPIC, collectivités, Etat) pour obtenir le maintien (on ne parle même pas du développement) de certains services existants, à l'exception des entreprises industrielles, j'y reviens dans un instant. Comme je le précise ci-dessus, il s'agit d'une pression effectuée pour réattribuer des fonds publics dans des zones rurales laissées en marge. Le problème, dans notre économie capitaliste, c'est que les fonds ne sont pas extensibles à l'infini, et qu'à trop exiger de la puissance publique des services supplémentaires, on risque de finir par assécher la source qui les font marcher.

Au niveau local, les élus sont au bout de la chaîne de décision. Leurs collectivités fonctionnent grâce aux crédits et dotations accordées par l'Etat à partir des impôts nationaux et locaux. Autrement dit, les collectivités sont sous la coupe de l'Etat, qui ne lui reconnaît qu'une liberté de gestion (la fixation de certaines taxes, notamment foncière, et le prix de la cantine et du centre aéré notamment). Mais leur capacité de changement est réellement limité : une commune déciderait-elle de voter un budget en déficit serait automatiquement placée sous la tutelle du Préfet. La mobilisation d'acteurs locaux, même massive (et on l'a vu à Carhaix), peut déboucher sur des victoires locales. Les fonds publics n'étant plus extensibles à l'infini, cette victoire se traduira par une coupe effectuée ailleurs. Au niveau de la commune, on peut baisser le prix de la cantine, ou le moduler en fonction d'un quotient familial, mais cela devra se payer ailleurs, sur des prestations sociales, des travaux de voirie, ou le colmatage du trou dans le toit de la mairie... Être aux responsabilités n'est pas tout à fait la même chose que rester dans son coin.

Le problème partagé dans la gauche depuis des décennies (et ce n'est pas propre à l'extrême-gauche), c'est une confiance démesurée à l'Etat-qui-peut-tout. Comme si un Etat pouvait s'endetter à l'inifini pour assurer des services publics porteurs d'emplois et de services. Pendant un temps (et notamment les Trente Glorieuses), toute une génération a pu compter sur les crédits publics illimités. Un problème de financement? L'Etat était derrière. Il pouvait au choix faire fonctionner la planche à billet à volonté (avant l'unité monétaire en Europe, toujours le cas aux Etats-Unis à ce jour avec le risque d'une poussée inflationniste) ou s'endetter auprès de partenaires extérieurs (privés, capitalistes, grrr !) de manière continue et poursuivre ses investissements en oubliant bien utilement d'où provenait l'argent. Les crises argentines, mexicaines et plus récemment grecque constituent le retour de bâton de cette pratique d'endettement illimité. Tôt ou tard, on rappelle qu'un sou est un sou, et que les prêts contractés auprès de privés doivent être remboursés.

Là où l'on peut basculer dans une situation révolutionnaire, c'est de dire : les prêts contractés par les gouvernements précédents ne sont pas reconnus par le nouveau gouvernement. Exemple de la Russie en 1917, ou de l'Islande... en 2010 ! Moins révolutionnaire, la Grèce est en train de voir sa dette fondre de 60% d'un commun accord avec tous les chefs de gouvernements, et le Portugal se demande si lui non plus ne pourrait pas faire cela aussi. Le seul souci d'une telle posture, c'est que cela ferme l'accès au crédit bancaire, qui reste toujours nécessaire pour poursuivre les investissements et assurer les services publics. L'Argentine en fait les frais depuis 2000 : les investissements stagnent, la productivité chute du fait du vieillissement du matériel, et le recentrage de ses échanges sur son seul espace national produit une baisse de la compétitivité de son agriculture et de son industrie. Peu à peu, l'Argentine glisse dans une impasse économique, et c'est terrible !

Dès lors, le seul moyen sur lequel on peut jouer, c'est sur les entreprises et l'emploi local, et notamment l'économie dite "productive" (par rapport à l'économie dite résidentielle). Tous les élus locaux le savent. Le seul moyen pour un élu local d'avoir plus d'emploi pour avoir plus d'impôts pour avoir plus de crédits pour avoir plus de services publics, c'est l'emploi industriel. Et là, on entre dans la grande compétition mondiale. Chaque jour, des milliers d'agents travaillent pour attirer les entreprises sur leur territoire, au détriment d'un autre, à coup de pub, de lobbying et de franchises foncières ou fiscales. Car le territoire qui a l'entreprise dispose d'un moteur de développement à même de lui fournir les fonds nécessaires à de généreuses politiques publiques. Le fond de la politique locale est essentiellement économique.
Et pas le choix, une commune ne peut nationaliser (ou "communaliser") une entreprise. La seule solution semble passer par le contrôle de l'entreprise, des moyens de production, au plus près des travailleurs : soit les travailleurs eux-mêmes, dans le cadre d'une coopérative, solution la plus proche des valeurs humaines et socialistes (et qui un jour triompheront), soit le patronat local, quand c'est possible, car il y a souvent une vraie différence de gestion et de stratégie par rapport aux grands groupes internationaux, dans lesquelles la décision est complètement coupée du territoire. Mais souvent, le choix n'existe pas (et je ne reviendrai pas sur les nombreuses défaillances d'entreprises qui ont fait exploser le chômage en 2012)
Dans ce cadre, le soutien au développement de l'économie sociale et solidaire au niveau local, et son pendant financier, la finance solidaire productive, me paraît être le levier le plus approprié pour enclencher à terme une dynamique de développement économique et social général.

En tant que collectivité, les marges de manœuvre sont faibles, mais elles peuvent exister, notamment dans le choix de la domiciliation bancaire de la commune, le gestion de sa dette, et le placement de certains de ses crédits auprès d'organismes engagés dans une démarche volontariste au niveau social. C'est un petit pas, mais si les 32000 communes de moins de 2000 habitants s'y mettaient (sur les 36000 existantes), la situation économique de notre pays serait sans doute un peu différente, et pourquoi pas, un peu meilleure !
Very Happy

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