Viols collectifs : l'affaire de Rochdale

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Viols collectifs : l'affaire de Rochdale

Message  ulm le Mar 20 Nov - 10:05

Viols collectifs : l'affaire de Rochdale
LE MONDE | 19.11.2012 à 16h58Par Benoît Vitkine, Rochdale (Royaume-Uni) envoyé spécial

Elle était aussi seule que peut l'être une adolescente de 15 ans. Peu d'amis, pas de petit copain, des liens distendus avec une famille décrite comme "fragile". Craintive et seule dans le morne décor de briques rouges du quartier d'Heywood, celui des "petits Blancs" pauvres de Rochdale, ancienne ville ouvrière à une vingtaine de kilomètres de Manchester, dans le nord-ouest de l'Angleterre.

Cette nuit d'août 2008, "Girl A", comme elle sera désignée plus tard lors d'un procès dont l'écho continue de faire trembler les fondements du multiculturalisme britannique, avait bu pour se donner du courage. Au Balti House, un petit kebab-épicerie de la grand-rue d'Heywood, le ton monte entre l'adolescente et deux des hommes qui la violent régulièrement depuis plusieurs semaines, Kabeer Hassan, 25 ans, et Shabir Ahmed, 59 ans. Les deux sont des employés du Balti House, et quand Girl A brise la vitre du comptoir de la petite boutique, ils ne craignent pas d'appeler la police.

en garde à vue, Girl A peut enfin parler. Pendant six heures, elle raconte son calvaire. Un mois auparavant, elle a commencé à fréquenter un groupe d'hommes qu'elle retrouve au Balti House ou au Saleem's Kebab House. Ils sont bien plus âgés qu'elle, souvent pères de famille, chauffeurs de taxi ou employés de fast-foods : des hommes installés. Ils la traitent avec considération, lui offrent des cigarettes, de la nourriture, de l'alcool, piochés dans les réserves du magasin. La nuit venue, ils la raccompagnent en taxi, gratuitement.

Rapidement, vient le moment de "payer". Shabir Ahmed, le chef du groupe, emmène Girl A, saoûle, dans un appartement abandonné au-dessus du magasin. "Je t'ai payé de la vodka, tu dois me donner quelque chose." La jeune fille résiste, elle est violée par Shabir Ahmed. Les agressions se poursuivent jusqu'à l'épisode du Balti House, trois semaines plus tard.

CALVAIRE

Cette nuit-là, la jeune fille présente aux policiers ses sous-vêtements, sur lesquels des traces de l'ADN de Shabir Ahmed seront retrouvées. Malgré la précision de son récit, aucune enquête sérieuse n'est menée. Les services du procureur de la Couronne de la région Nord-Ouest ne donnent pas suite. Adolescente perturbée, ayant des penchants pour l'alcool et sexuellement active, Girl A ne saurait être considérée comme "un témoin crédible devant une cour". Son calvaire reprend alors de plus belle. Elle est violée jusqu'à quatre ou cinq fois par semaine, parfois par cinq hommes différents la même nuit.

Le dossier n'est rouvert qu'à l'été 2009. Lors du procès, qui se tient en mai 2012 à Liverpool, cinq victimes témoignent, sur les 47 identifiées par la police. L'une raconte avoir été violée par vingt hommes la même nuit. Une autre décrit une soirée passée à vomir sur un canapé pendant que deux hommes abusent d'elle.

Une autre encore, 13 ans au moment des faits, que les viols ne cessèrent que lorsqu'elle tomba enceinte d'Adil Khan, 42 ans. Neuf hommes sont condamnés, pour les faits de viol, agressions sexuelles ou conspiration commis entre 2007 et 2009, à des peines allant de quatre à dix-neuf ans de prison pour Shabir Ahmed, considéré comme le chef du groupe, celui-là même qui intimait à ses victimes : "Call me Daddy !"

A l'exception d'un demandeur d'asile afghan, tous sont d'origine pakistanaise. Toutes les filles sont blanches. L'équation est aussi froide et simple qu'explosive, dans un Royaume-Uni en proie au doute sur son modèle multiculturel. Et c'est le procureur grâce auquel le dossier a été rouvert, Nazir Afzal, plus haut magistrat d'origine pakistanaise du royaume, qui s'est fait un nom en luttant contre les mariages forcés dans la communauté pakistanaise, qui donne le ton : "Il s'agit avant tout d'une question de genre, d'hommes qui croient qu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent de femmes vulnérables. Mais vous ne pouvez pas non plus faire l'impasse sur le facteur racial. C'est l'éléphant au milieu de la pièce."

"FACTEUR RACIAL"

Dans les semaines suivant le procès, les médias égrènent les noms de villes où des gangs similaires à celui de Rochdale sont démantelés : Nelson, Oxford, Telford, High Wycombe... Et, fin octobre, c'est à nouveau à Rochdale qu'un groupe de neuf hommes est appréhendé. Chaque fois, les violeurs sont en grande majorité d'origine pakistanaise.

Les micros se tendent vers les associations ou les chercheurs spécialisés dans la lutte contre les abus sexuels. Selon leurs conclusions, entre 46 % et 83 % des hommes impliqués dans ce type précis d'affaires - des viols commis en bande par des hommes qui amadouent leurs jeunes victimes en "milieu ouvert" - sont d'origine pakistanaise (les statistiques ethniques sont autorisées en Grande-Bretagne). Pour une population d'origine pakistanaise évaluée à 7 %.

Chercheurs et associations rappellent que les agressions sexuelles en général restent le fait d'hommes blancs à 95 %, et mettent en garde contre la faiblesse des échantillons étudiés. Mais les chiffres sont lancés. Et repris en boucle.

En septembre, un rapport gouvernemental conclura à un raté sans précédent des services sociaux et de la police, qui renforce encore l'opinion dans l'idée qu'un "facteur racial" a joué dans l'affaire elle-même, mais aussi dans son traitement par les autorités : entre 2004 et 2010, 127 alertes ont été émises sur des cas d'abus sexuels sur mineurs, bon nombre concernant le groupe de Shabir Ahmed, sans qu'aucune mesure soit prise. A plusieurs reprises, les deux institutions ont estimé que des jeunes filles âgées de 12 à 17 ans "faisaient leurs propres choix de vie".

Pour Ann Cryer, ancienne députée de Keighley, une circonscription voisine, aucun doute n'est permis : police et services sociaux étaient "pétrifiés à l'idée d'être accusés de racisme". Le ministre de la famille de l'époque, Tim Loughton, reconnaît que "le politiquement correct et les susceptibilités raciales ont constitué un problème".

"ELLES SONT PARFAITEMENT ENTRAÎNÉES"

L'air est d'autant plus vicié que, à l'audience, Shabir Ahmed en rajoute dans la provocation. Il traite le juge de "salope raciste" et affirme : "Mon seul crime est d'être musulman." Un autre accusé lance : "Vous, les Blancs, vous entraînez vos filles à boire et à faire du sexe. Quand elles nous arrivent, elles sont parfaitement entraînées."

Chaque jour, des militants d'extrême droite se réunissent devant le tribunal, brandissant des affichettes : "Nos enfants ne sont pas de la viande halal." Et quand les médias parlent prudemment de "gang asiatique", les commentaires des internautes trahissent un climat délétère. A Rochdale, le 23 février, 150 émeutiers s'en prennent à la police, à des chauffeurs de taxi pakistanais et aux kebabs d'Heywood.

Rochdale se croyait prémunie contre un tel climat. La ville de 100 000 habitants, sinistrée depuis la fin des industries textiles, cumule des indicateurs sociaux et économiques inquiétants et une population immigrée importante (près de 20 % d'habitants d'origine pakistanaise), mais elle n'a jamais été le théâtre d'émeutes raciales. Rochdale a même élu, dès 2003, un maire d'origine pakistanaise.

Devant le bâtiment de style gothique-victorien de la mairie, réminiscence des années de gloire de Rochdale, un employé de la mairie s'interroge. Anonymement. "Où est la limite du racisme ? Les agresseurs voyaient ces filles comme du "déchet blanc", c'est indéniablement raciste. Mais les services sociaux, des gens bien blancs, ne les ont pas mieux considérées."

A quelques rues de là, dans sa permanence, Simon Danczuk, député travailliste de Rochdale qui a été l'un des premiers à parler publiquement d'un "facteur racial", juge tout aussi déterminant ce qu'il appelle le "facteur social" : "Les responsables des services sociaux ont pu imaginer que ces filles de même pas 15 ans se prostituaient, alors qu'ils en auraient été incapables à propos de leurs propres enfants."

VULNÉRABLES

Race contre classe ? Les violeurs étaient tous pakistanais d'origine, les adolescentes toutes blanches. Mais les agresseurs étaient aussi tous des hommes installés habitant Rochdale même, alors que les victimes venaient toutes de familles pauvres d'Heywood, quartier déshérité. Pour autant, la thèse du "facteur racial" va s'imposer.

L'ancien ministre de l'intérieur Jack Straw s'interroge sur les raisons qui poussent des hommes "d'héritage pakistanais" à considérer les jeunes Blanches comme "de la viande fraîche". Ann Cryer évoque les mariages arrangés, qui feraient arriver sur le sol britannique de jeunes hommes peu éduqués, arrachés à leurs campagnes du Pakistan. Tous enjoignent aux responsables de la communauté pakistanaise d'agir.

Mohammed Shafiq, 33 ans, est l'un d'eux. Natif de Rochdale, il dirige la Fondation Ramadhan, promouvant le dialogue entre les religions. Dès 2007, il a commencé à parler des abus commis sur des adolescentes par des membres de la communauté pakistanaise, ne récoltant qu'un silence gêné et des menaces de mort. Il a réalisé un documentaire sur le sujet pour la BBC.

Mohammed Shafiq estime qu'"une petite minorité d'hommes pakistanais voient les femmes comme des citoyens de seconde catégorie et les femmes blanches comme des citoyens de troisième catégorie".

Mais, pour lui, les jeunes filles agressées étaient surtout vulnérables. "Le fait qu'elles traînent dehors en pleine nuit, qu'elles soient habillées de façon légère, renforçait les agresseurs dans leur idée qu'elles ne valaient rien, qu'elles étaient inférieures. Mais cela faisait surtout d'elles des proies faciles, alors que les filles de la communauté pakistanaise sont mieux protégées par leur famille, et qu'un abus sexuel y est plus difficilement dissimulable."

Au Regal Moon, le pub le plus fameux de Rochdale, "Sam", retraité du textile, résume la teneur du débat : "Les premiers mois, on n'entendait que des remarques racistes sur les Pakistanais, et puis ça s'est calmé. On sait tous, ici, qu'une fois l'agitation retombée, on sera bien obligés de vivre ensemble comme on l'a toujours fait."

ulm

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Re: Viols collectifs : l'affaire de Rochdale

Message  verié2 le Mar 20 Nov - 10:21

Viols collectifs : l'affaire de Rochdale
J'ignore s'il existe des statistiques précises sur les viols et agressions sexuelles en Angleterre, les origines de leurs auteurs etc. Mais il est clair que le facteur racial contribue largement à la médiatisation des crimes de Rochdale. Et, quelles que soient les déclarations des accusés, leurs prétextes raciaux et/ou religieux, il s'agit avant tout de crimes entre pauvres. Il n'est pas du tout certain que les crimes sexuels commis par des jeunes d'origine "immigré" soient plus nombreux que ceux commis par les jeunes pauvres anglais "de souche", proportionnellement à l'importance des populations de même niveau social. En France, en tout cas, les études du sociologue Laurent Mucchielli, s'appuyant sur des statistiques de police précises, ont montré que ce ne sont pas dans les caves de banlieue que les viols en réunion sont les plus fréquents, mais à l'issue des bals de campagne bien arrosés...

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Re: Viols collectifs : l'affaire de Rochdale

Message  ulm le Mar 20 Nov - 10:52

tres bon article en tout cas.

ulm

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Re: Viols collectifs : l'affaire de Rochdale

Message  ulm le Mar 20 Nov - 11:03

le coté interessant et qui se discute entre nous est
Race contre classe

Où est la limite du racisme ? Les agresseurs voyaient ces filles comme du "déchet blanc", c'est indéniablement raciste. Mais les services sociaux, des gens bien blancs, ne les ont pas mieux considérées.

ulm

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Re: Viols collectifs : l'affaire de Rochdale

Message  verié2 le Mar 20 Nov - 11:09

ulm a écrit:tres bon article en tout cas.
Hum... Ce qui ressort de cet article, c'est tout de même que les jeunes Pakistanais fraîchement débarqués seraient des barbares qui considèrent les Blanches comme de "la viande fraiche" en raison de leur "culture" particulière.

Certes, il y a un bémol :

Les micros se tendent vers les associations ou les chercheurs spécialisés dans la lutte contre les abus sexuels. Selon leurs conclusions, entre 46 % et 83 % des hommes impliqués dans ce type précis d'affaires - des viols commis en bande par des hommes qui amadouent leurs jeunes victimes en "milieu ouvert" - sont d'origine pakistanaise (les statistiques ethniques sont autorisées en Grande-Bretagne). Pour une population d'origine pakistanaise évaluée à 7 %.

Chercheurs et associations rappellent que les agressions sexuelles en général restent le fait d'hommes blancs à 95 %, et mettent en garde contre la faiblesse des échantillons étudiés. Mais les chiffres sont lancés. Et repris en boucle.
Mais l'impression générale demeure.
Je doute que les skins britanniques aient davantage de considération pour les femmes... Sur ces Skins, on peut voir le film This is England...

verié2

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Re: Viols collectifs : l'affaire de Rochdale

Message  ulm le Mar 20 Nov - 14:17

Mais l'impression générale demeure.

Non l'article est bien foutu et ne laisse pas place à l' ambiguité.

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Re: Viols collectifs : l'affaire de Rochdale

Message  sylvestre le Mar 20 Nov - 15:30

http://www.socialistworker.co.uk/art.php?id=28456

Rochdale sex abuse is nothing to do with race

The press has been obsessed with the abusers’ race

The press has been obsessed with the abusers’ race


High-profile grooming case exposes the bleak reality of some young women’s lives, says Judith Orr

Nine men from Rochdale in the north west of England were jailed last week after being found guilty of sexually exploiting young girls.

Media headlines concentrated on the fact that most of the men were Pakistani and their victims white.

BNP Nazi Nick Griffin tried to capitalise on outrage at the crimes.

And the racist English Defence League announced it will march in Rochdale next month.

But the moral panic about race hides the real scandal—the reality of the lives of the women in the case and how the system failed them.

One 15 year old girl first reported the abuse in 2008, when she was arrested for causing a nuisance outside a kebab shop.

She told police she was having sex with older men in return for vodka, phone cards and food.

She even handed over underwear with DNA traces from a 59 year old man who was one of those convicted last week.

But lawyers decided that no jury would believe her. This is not unusual.

The Crown Prosecution Service calculates that of 17,000 reported sexual offences involving children under 16 last year, just under a quarter went to trial.

Worthless

Sexual exploitation often involves young women who have suffered abuse. All the women in the Rochdale case were in or around the care system.

Bea Kay is a GMB union steward in children’s social care in Sheffield, training those who work with young people on issues of grooming and sexual exploitation.

She told Socialist Worker, “The support for young people today is pitiful. Vulnerable young people often feel worthless.

“An older man or group of men who pay attention to them and give them ‘gifts’, however trivial, can make them feel valued.”

Sex has become a valuable currency in our society—and for some women it may be their only currency.

This means that young, vulnerable people can be drawn into exploitative relationships.

And the already fragile safety net for those damaged by neglect and abuse is now threatened by cuts.

Rochdale Unison union rep Sam O’Brien spoke to Socialist Worker in a personal capacity. He said, “We face cuts of £125 million. This will affect the most vulnerable in an already deprived town.”

So-called “street grooming” is not a specific criminal offence. But the term is almost always used to refer to crimes committed by Asian men.

This is similar to the way that the term “mugging” was coined in the 1970s to target black people as criminals.

The media’s focus on race and “street grooming” could divert attention from other forms of abuse.

Tony Staunton has decades of experience of working with children and families.

He said, “Sexual abuse and grooming is not a new problem and it will not be solved by seeing it as an issue in one culture or racial group.

“The majority of child abuse takes place within families and goes undetected. Young people are being failed by society.”


Myth Busting

The media has whipped up a panic about gangs of Asian men in the wake of the Rochdale case.

  • Police figures show that 95 percent of those on the Greater Manchester Sex Offenders register are white
  • West Yorkshire police figures show that out of 53 arrests for grooming offences in the last three years, 47 were white
  • A University College London study found that most child sex offenders act alone

The following should be read alongside this article:

Rochdale: Media distortion will put women in danger and will only benefit racists

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Re: Viols collectifs : l'affaire de Rochdale

Message  verié2 le Mar 20 Nov - 17:54

ulm a écrit:
Mais l'impression générale demeure.

Non l'article est bien foutu et ne laisse pas place à l' ambiguité.
Franchement pas d'accord. Le journaliste s'est "couvert". Ce n'est certes pas un article du style de ceux de Valeurs actuelles, du Figaro ou des tabloids britanniques. Mais, à partir du moment où on ne dénonce pas clairement la surmédiatisation de ce genre de crimes et son instrumentalisation, on participe inévitablement, certes à des degrés divers, à la stigmatisation de certaines parties de la population.

L'article de Socialistworker est édifiant à ce sujet.

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Re: Viols collectifs : l'affaire de Rochdale

Message  ulm le Mer 21 Nov - 7:17

Franchement pas d'accord. Le journaliste s'est "couvert". Ce n'est certes pas un article du style de ceux de Valeurs actuelles, du Figaro ou des tabloids britanniques. Mais, à partir du moment où on ne dénonce pas clairement la surmédiatisation de ce genre de crimes et son instrumentalisation, on participe inévitablement, certes à des degrés divers, à la stigmatisation de certaines parties de la population.

Le journaliste s'est couvert. ah bon! il parle des choses qui fache pourtant. Toi meme tu l'as relevé.

Alors que faire? Il ne faut pas parler des viols collectifs lorsque cela concerne des femmes blanches pauvres? La lutte contre la stigmatisation de la population immigré passe par la négation des crimes? La solution pour toi est certainement de ne pas faire d' article, pas de proces.

ces "hommes" qu'il soit immigré, mulsuman, blanc, skins ont profité de leur position sociale pour violer des gamines. Ce sont des porcs qu'ils soient blancs, mulsumans, chretiens, boudhistes, temoins de jehovah ou quoique ce soit. Si cela peux te "rassure"r les memes auraient violer de la meme maniere une gamine mulsumane, chretienne noire, pakistanaise ou asiatique du moment que cette gamine etait dans la rue et ne pouvait pas se defendre. C'est un naufrage, cette forme de raisonement. C'est du racisme inversé! Tolerons les criminels sont pretextes qu' ils sont issus de communautés immigrés. Cela n' a pas de sens.

Le journaliste lui evoque les problemes les uns apres les autres dont le plus important est que les crimes sexuels ne sont pas la specialités des populations immigres mais dans l'ensemble de la population masculine.

Au final, tu as le meme reflexe que les bien blanches et bien bourgeoises autorités judicieres et services sociaux de rochdales. Nier les crimes pour proteger une population plus aisée.


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Re: Viols collectifs : l'affaire de Rochdale

Message  verié2 le Mer 21 Nov - 9:30

Ulm
Alors que faire? Il ne faut pas parler des viols collectifs lorsque cela concerne des femmes blanches pauvres? La lutte contre la stigmatisation de la population immigré passe par la négation des crimes? La solution pour toi est certainement de ne pas faire d' article, pas de proces.
Un crime odieux reste un crime odieux, quelles que soient la couleur de peau, les origines, la classe sociale du criminel. Je n'ai absolument jamais dit ni insinué qu'on devrait absoudre des criminels pour ces raisons. Tu extrapoles car tu as la fâcheuse habitude de polémiquer avec des positions imaginaires que tu prêtes aux autres.

Mais le rôle essentiel des révolutionnaires est, non pas d'aller dans le sens du courant, en en rajoutant, mais de montrer comment certains de ces crimes sont instrumentalisés. Pourquoi ils sont davantage montés en épingle que d'autres. Je ne sais pas si tu as connu l'époque où Le Parisien (qui a changé depuis), était spécialisé dans les gros titres sur les criminels "de type maghrébin" ou "méditerranéen". A cette époque toute l'extrême-gauche et même la gauche dénonçait cette stigmatisation raciste. Ca n'impliquait en aucune façon de soutenir les criminels en question.

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Re: Viols collectifs : l'affaire de Rochdale

Message  sylvestre le Mer 21 Nov - 11:49

Autre article du SWP, plus détaillé : Rochdale: an anatomy of the sexual abuse scandal
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Re: Viols collectifs : l'affaire de Rochdale

Message  ulm le Mer 21 Nov - 11:59

Tu extrapoles car tu as la fâcheuse habitude de polémiquer avec des positions imaginaires que tu prêtes aux autres.

Mais le rôle essentiel des révolutionnaires est, non pas d'aller dans le sens du courant, en en rajoutant, mais de montrer comment certains de ces crimes sont instrumentalisés. Pourquoi ils sont davantage monté en épingle que d'autres. Je ne sais pas si tu as connu l'époque où Le Parisien (qui a changé depuis), était spécialisé dans les gros titres sur les criminels "de type maghrébin" ou "méditerranéen". A cette époque toute l'extrême-gauche et même la gauche dénonçait cette stigmatisation raciste. Ca n'impliquait en aucune façon de soutenir les criminels en question..
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La discusion est que tu estime que l' article est tendancieux car il favorise la stigmatisation des milieux immigres. Ce qui est faux.
me faire un proces sur des positions imaginaires est gonflant.

Les positions imaginaire que je te pretes sont etalées par ecrit depuis des années sur ce forum. Facile de les verifier. tes propos attaquant Caroline Fourest de collusion avec l'extreme droite sous couvert d' islamophobie par exemple sont un bon exemple. L' extreme droite elle meme a parfaitement clarifier la situation. Soyons factuel, Verié et tout ira bien.


Que des journeaux français comme le point, l' express etc... ont clairement choisi de stigmatiser les classes pauvres en general et l' islam en particulier, nous serons d' accord tous les deux.

Que tu puisses trouver cela dans cet article du monde.C'est non!

Ce n' est pas parce que le mot mulsuman est cité dans cet article qu' il y a volonté d' attaquer l' islam. Prenons ton raisonement à l' envers. le fait que tu priviligie la defense des mulsumans sur ce forum ne fait pas de toi obligatoirement un sexiste ami des violeurs, j' aimerais bénéficier de la meme ouverture d' esprit.

Et non cet article n'est pas tendancieux pour revenir au sujet, il est complet.

Sinon sylvestre, je ne maitrise pas l'anglais ainsi que les outils de traduction sur internet. Pourrais tu resumer ces articles? merci d'avance







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Re: Viols collectifs : l'affaire de Rochdale

Message  verié2 le Mer 21 Nov - 12:17

sylvestre a écrit:Autre article du SWP, plus détaillé : Rochdale: an anatomy of the sexual abuse scandal
Excellent article !
the implication that there is something specific among Muslims or Pakistanis that makes them more likely to commit these crimes has become the common theme on the right.
C'est, malgré les nuances, la question qui est soulevée dans l'article du Monde : ces crimes sont-ils le résultat d'aspects spécifiques de la "culture" des Pakistanais musulmans ? Le journaliste du Monde, bien sûr n'est pas un raciste, mais il rapporte les points de vue contradictoires sur cette question d'une façon "neutre" qui se veut sans doute objective, à la manière d'un sociologue qui ne prend pas parti.

Je ne cherche pas à m'acharner contre ce journaliste, qui n'est certainement pas le pire. Mais nous ne pouvons pas être "neutres" face à ce genre de question. On se retrouve en effet facilement sur le terrain de nos ennemis, comme à propos du "racisme anti blanc", sous prétexte de ne pas rejeter la réalité sous tous ses aspects - les racistes prétendent eux qu'ils "brisent des tabous" en abordant ces questions...

Pour nous, quand nous abordons ces questions, l'important est justement de choisir des axes qui ne nous placent pas sur le même terrain. La culture machiste, comme le rappelle Byrrh à propos de l'homophobie dans un autre fil, n'est pas la spécificité de catégories raciales, nationales ou religieuses. Le viol en réunion est pratiqué, hélas, depuis bien longtemps par des jeunes hommes de toutes nationalités et religions dans les pays occidentaux. Mettre l'accent sur ces caractéristiques, comme à propos de Rochdale, c'est contribuer à la stigmatisation des Pakistanais.

Comme le souligne l'article du SWP, on ne met jamais de la même façon l'accent sur la fonction de la culture machiste du sport quand des athlètes masculins violent des femmes.
En ce moment par exemple, personne ne met cet aspect en avant à l'occasion du procès de cet entraîneur de tennis qui passe en jugement pour avoir eu des relations avec les joueuses mineures qu'il coachait...


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Re: Viols collectifs : l'affaire de Rochdale

Message  sylvestre le Mer 21 Nov - 12:21

ulm a écrit:
Sinon sylvestre, je ne maitrise pas l'anglais ainsi que les outils de traduction sur internet. Pourrais tu resumer ces articles? merci d'avance

Ils correspondent en substance à ce qu'écrit Verié : analyse des violences sexuelles de par la position sociale vulnérable des victimes, plus installés des coupables, et de par l'idéologie sexiste et la réification des personnes en général dans la société capitaliste, et critique de l'utilisation raciste par les médias et les politiciens de ces crimes, avec plus de détails factuels et une analyse plus développée bien sûr.
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