Prolétariat et confiance en Hollande

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Prolétariat et confiance en Hollande

Message  Gaston Lefranc le Sam 3 Nov - 23:27

La défiance du prolétariat à l’égard du gouvernement Hollande-Ayrault
http://tendanceclaire.npa.free.fr/contenu/autre/artpdf-420.pdf

Gaston Lefranc

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Re: Prolétariat et confiance en Hollande

Message  Copas le Dim 4 Nov - 12:13

Gaston Lefranc a écrit:La défiance du prolétariat à l’égard du gouvernement Hollande-Ayrault
http://tendanceclaire.npa.free.fr/contenu/autre/artpdf-420.pdf

.../...En mai dernier, Hollande avait été élu président par une majorité d’ouvrier-e-s et d’employé-e-s. Une majorité très relative, puisque l’abstention populaire était importante (autour de 30%) et que Hollande n’avait recueilli que 55% des suffrages environ auprès des ouvriers et employés au 2ème tour , et 25% au 1er tour .

Ainsi, en tenant compte de l’abstention, des votes blancs, et des non-inscrits sur les listes électorales, seul un tiers des ouvriers et employés avaient voté pour Hollande au second tour. On était loin, très loin, des fantasmes évoquant une déferlante prolétarienne se saisissant du vote Hollande pour virer Sarkozy.../...

Exact camarade.

Pour sortir de sa marginalité, le NPA ne doit pas édulcorer son discours, avancer des mots d’ordre radicaux abstraits, tout en signant des appels sur la base du programme keynésien du Front de gauche et des associations citoyennistes.

Le NPA ne doit pas être « plus à gauche » que le Front de gauche, mais incarner une alternative révolutionnaire à tout ce système pourri, avec ses patrons, ses politiciens, et ses bureaucrates. Les conditions matérielles qui permettent de socialiser le système de production sont réunies depuis bien longtemps.

Il faut réunir les conditions subjectives, ce qui pose la question de l’organisation, pour convaincre une majorité du prolétariat que la révolution est possible et nécessaire.

Rien à jeter.

Le NPA disparait politiquement quand il se rabat vers des conneries incompréhensibles aux plus larges masses, et mêmes aux factions du prolétariat qui résistent, comme d'en appeler à une opposition de gauche avec des ânes qui n'ont pas soif et qui ne sont mêmes pas nommés.

Cette orientation qui se veut unitaire est de fait sectaire car elle ne propose strictement rien aux défis que rencontrent les travailleurs qui sont en grande partie des défis organisationnels, de coordination, d'épaisseur de la résistance, etc.

Bref ce n'est pas une orientation qui permette une opposition de classe, de se battre pour l'unité du prolétariat face aux tentatives de division.

Les leçons de la Grèce et du Portugal ne sont pas tirées:

- D'un côté l'impuissance du réformisme institutionnel face aux agressions de la bourgeoisie.

- De l'autre côté le premier recul partiel et momentané de la bourgeoisie face à un mouvement de masse qui a ses limites mais qui est auto-organisé, mobilisant des couches sociales ailleurs exclues (précaires, etc), et a permis la mise en tenaille du gouvernement, d'un côté, la macho ire des indignés ralliant des centaines de milliers de précaires tordus par la peur , et l'autre mâchoire de la CGTP, représentant là, malgré tout ce qu'on peut en penser, le syndicalisme et l'organisation traditionnelle des travailleurs dans les entreprises.

Rien n'apparait là du front de gauche, ni d'une tentative similaire dans la résistance sociale au Portugal.

L’extrême précarité de ce processus, notamment par le fait de l'inexistence de partis intégrant ces leçons pour les déployer à vaste échelle et méthodiquement, implique de ne pas se faire trop d'illusions sur le concret des processus en cours .

Les phénomènes qui ont conduit l'apparition des indignés en Espagne et au Portugal existent aussi en France et en Italie (et ailleurs), ils conduisent à critiquer les conneries racontées dans les rangs du NPA comme quoi on ne verrai pas d'expériences d'auto-organisation (les camardes ont des peaux d’hippopotame sur les yeux), ni de grandes résistances, les semelles de plomb du défaitisme (c'est pas possible puisqu'on n'y arrive pas ... sans jamais se poser la question si il ne faudrait pas opérer une réelle percée stratégique rompant profondément avec des orientations politiciennes).

Ces phénomènes dans la péninsule ibérique conduisent à se rendre compte qu'une grande faction du prolétariat (dont des précarisés), liée également à une jeunesse qui n'a d'autre horizon que son destin de prolétaires, est mobilisable.

Il n'est pas vrai, donc, que les travailleurs précaires ne sont pas mobilisables, particulièrement les jeunes. Bien au contraire et même que des fois ils se passent complétement des orgas révolutionnaires ou réformistes pour le faire. Il faut donc constater cela.

Ces phénomènes permettent également d'avoir une des clés pour résister aux divisions réelles du prolétariat (générations, précaires-CDI, etc).
C'est là dessus qu'il faut fouiller, les appareils de petits partis réformistes n'ont strictement aucun rôle sur ces questions. S'allier avec eux en croyant qu'ainsi on fait le front unique et unifie les travailleurs ressort d'une vaste fumisterie. Ce qui ne signifie pas qu'il n'y a rien à faire vis à vis du FdG mais c'est un aspect ultra-secondaire par rapport à ce qui doit préoccuper profondément les militants révolutionnaires.

Il ne s'agit nullement d'idéaliser sur ce que sont de fait les mouvements de masse des indignés (réunir plusieurs fois plus d'un million de personnes en Espagne, et un million au Portugal , comme si ne France on réunissait dans la rue 7 millions de personnes), mais d'en tirer toutes leçons utiles organisationnelles et en termes d'orientation, de compréhension de ce qu'est le prolétariat moderne urbain, et comment il bouge, ses niveaux d'instruction et de communication, etc).

L'autre mâchoire de la tenaille tient dans les organisations syndicale de résistance de masse qui a permis, même avec un organisation relativement stalinienne mais de classe, de construire cette convergence avec le mouvement de masse des indignés au Portugal, et commencer à faire douter des factions de la classe dominante (des partis de droite et de gauche ont commencé à tanguer).

Il y a là bien des enseignements à tirer, notamment sur l'urgence de développer en France, en Italie et en Espagne, une tendance inter-syndicale de classe ouverte (c'est à dire se fixant une organisation des travailleurs dans les entreprises dépassant le périmètre des minuscules factions syndicales militantes existantes) et cela doit être revendiqué ouvertement par les révolutionnaires, c'est bien plus important que les acrobaties puériles obnubilées exclusivement par la relation au FdG , front qui n'a rien à proposer au mouvements de résistance pour qu'ils gagnent (ils ont une utilité si on les encourage à soutenir les résistances, mais pas +).


Le contre-exemple, pour l'instant, c'est la Grèce. Malgré un potentiel de mobilisation considérable qui semble peu à peu dilapidé.

L'impasse réformiste en Grèce qui fait miroiter une réponse institutionnelle pendant que les nazis grecs prennent en main, pas à pas, directement des quartiers et des secteurs de la vie réelle est le contre-exemple du Portugal, le plus sur chemin de la débâcle, un désastre stratégique.

Si l'Espagne et le Portugal nous donnent des pistes pour réduire les divisions de fond dans le prolétariat, la Grèce nous montre la panoplie de beaucoup de choses qui peuvent finir en drame.

Un parti comme le NPA doit avoir une stratégie ayant deux fers au feu, travaillant aux deux mâchoires de la tenaille cherchant à réunifier le prolétariat et briser les offensives de la bourgeoisie.

1ere mâchoire, construire bien plus qu'un parti des luttes dans les entreprises, mais un parti révolutionnaire de classe, avec des directions de secteurs et d'entreprise puissantes avec la bride sur le cou pour prendre toutes la place organisationnelle possible, travaillant à l'opposition organisée aux 98 rapaces et aux 39 salopards du gouvernement Hollande (les mots là sont discutables, mais c'est juste pour le symbolique), travaillant à construire une seule organisation de masse de résistance par la base vers la coordination, en défendant notamment la création d'une tendance inter-syndicale ouverte et de classe.

On ne doit pas tourner la tête ailleurs sur le fait qu'existe 9 syndicats concurents, fragmentés, faibles et très nomenclaturisés . Les révolutionnaires doivent dire que cela n'est pas normal et ils doivent favoriser tout ce qui permet des processus d'unification sur des bases de classe et de résistance concrète.

Donc construction dans la construction de la 1ere macho d'un parti et réorganisation du mouvement de masse et de résistance. Sans parti y travaillant c'est plus difficile. Et l'approche qui consiste à s'imaginer qu'il n'y a là qu'un discours à avoir et tenir le reste pour des questions abstraites ne marche pas.

2eme mâchoire de la tenaille, organiser un mouvement de masse de résistance du prolétariat précaire et de la jeunesse, dans ses franges les plus éloignées du mouvement ouvrier traditionnel. Ce n'est pas un choix, mais c'est partir d'une situation de fait qui exige d'autres leviers plus directs que de s'ensabler longuement pour que les organisations traditionnelles du mouvement ouvrier bougent le petit doigt là dessus alors que des potentiels existent.

C'est là toute l'utilité d'engranger les leçons des mouvements dits des indignés en Espagne, au Portugal (et ailleurs, en Israël par exemple), pour ce qu'ils nous apprennent sur les couches sociales sous-jacentes du prolétariat qu'elles ont mis en branle. Car foin des mouvements des indignés précisément, c'est bien la mobilisation de franges du prolétariat précaire urbain, jeunes, très instruites et très communicantes qui caractérise ces mouvements comme ceux en Afrique du Nord, comme celle des énormes mouvements de masse chinois emmenés par les franges du prolétariat urbain précaire et migrant.

Le fossé existe entre l'ancien mouvement ouvrier organisé et ces couches sociales qui montrent par moment des capacités à la mobilisation, des fois gigantesques, et trainant derrière elles d'autres couches du prolétariat (en Espagne chacun a compris que les mouvements des indignés font drainer derrière eux des fractions traditionnelles du prolétariat).

Ce fossé ne peut être aboli par des mesures administrative ou des injonctions à l'unité, mais nécessite de developper en liberté toutes les potentialités, notamment dans le prolétariat en France, urbain précaire, éduqué et communicant, prendre des mesures d'organisation et là un parti est fondamental pour aider à planifier l'organisation de la résistance dans ces couches sociales là, à construire un mouvement de masse organisé. Mais ça ne se fait pas par des "campagnes politiques" au sens donné à celles-ci sur ce qui ne marche jamais.

Il y a de la place pour un mouvement des indignés français de masse et peut-être très différent des autres, mais qui mettra en branle les couches sociales visées du prolétariat. Il faut peut-être être un peu moins dans le discours et un peu plus dans l'organisation du mvt de masse. Il faut aussi avoir la capacité de s'adresser directement plus largement aux couches du prolétariat qu'on souhaite mobiliser et organiser. Les chemins qui passent par l'unité avec d'autres forces politiques pour cela ne sont d'aucune utilité et paralysant. Ils viendront... après.

Le parti doit se construire et construire ce mouvement de masse inexistant actuellement, car la potentialité en existe, les autres états d'Europe et du monde nous le font comprendre.
C'est l'autre mâchoire indispensable de la tenaille visant à attaquer la bourgeoisie et son gouvernement.

Qui d'autre et quoi d'autre ?

Les questions de mise en mouvement et de division du prolétariat sont les grandes questions pour résister aux progressions fascistes.

P.S. :Il est à noter également que le désastre produit par les paranoïaques dans le NPA sur la question de l'organisation du parti et des mouvements de masse autonomes dans les populations qui subissent un colonialisme de l'intérieur rendent difficile un redémarrage d'un travail qui était prometteur pour réduire une autre division du prolétariat qui implique mobilisation de la partie du prolétariat qui vote le plus à gauche, quand elle vote, celle qui subit xenophobie, islamophobie, racisme, etc, en France.

Ce travail devra être repris, en partons du nous et non du vous , pas seulement de la solidarité mais surtout de l'aide au développement d'un mouvement de masse dans les colonies de l'intérieur de la France.



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