Un troisième pilier au Front de gauche ?

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GU, GA, C&A, etc. : où en sont-ils ?

Message  Babel le Dim 27 Oct - 10:03

Les frictions internes au FdG entre les directions du PG et du PC, occasionnées par la préparation des municipales, n'épargnent pas les mini-formations qui y gravitent, les obligeant à se ranger derrière l'une ou l'autre bannière de ces deux pôles hégémoniques.

Côté GU, la constitution de deux listes sur Toulouse (PC-GU // PC dissidents-PG-FASE...) comme la dernière prise de position de Picquet semblent creuser la ligne de fracture entre une orientation majoritaire, favorable à la formation de listes "autonomes par rapport au PS" (au premier tour), et une ligne minoritaire de "rassemblement de toute la gauche" (là où c'est possible). (*)

Soit, à reproduire, ni plus ni moins et en miniature, le combat des chefs que se livrent actuellement Mélenchon et Laurent.

Publiée le 17 octobre dernier dans l'Huma, la tribune de C. Picquet ne fait aucun mystère de son ralliement inconditionnel à la stratégie défendue par la direction du PC.

Constatant que la situation de "marasme extrêmement dangereux", proche de l'immobilisme, dans lequel se trouve plongé le FdG "depuis dix-huit mois" ne lui permet pas d' "élargir l’influence acquise à l’occasion de la dernière présidentielle", celui-ci propose l'adoption d'une suite de mesures destinées à enrayer ce processus de déclin.

Pour l'essentiel, sa démonstration résume en ceci.
1. Le microclimat politique sous lequel vit la société française la préserve des effets mortifères "du modèle néolibéral " qui ravage la quasi totalité du reste de la planète.

2. C'est ce qui donne tout son poids à cet appel à l'union de toute la gauche (PS compris), visant à disputer l'hégémonie dont jouit actuellement la ligne Hollande-Ayrault. Laquelle ligne se révèle par ailleurs être " clairement minoritaire au sein de la gauche" - comprend qui peut !

3. Par conséquent, puisque tout confirme la défiance du " peuple des militants, des cadres, du plus grand nombre des élus, de ces électeurs (du PS) envers la globalisation capitaliste" (**), donc envers la politique libérale du gouvernement Ayrault, Picquet propose de " jeter des passerelles en direction des secteurs de la gauche soucieux de se situer aux côtés des salariés et des classes populaires, rechercher l’alliance avec eux, prendre les initiatives de nature à modifier les équilibres fondamentaux dans le pays, œuvrer à la convergence programmatique qui paraît parfaitement possible, favoriser la constitution d’une structure de liaison permanente destinée à avancer dans cette direction."

Ce qui revient à avaliser la stratégie de constitution de listes communes avec le PS lors des municipales.

Quant à l'autre partie de ce "troisième pôle" virtuel, principalement incarné par des transfuges du NPA (C&A, GA, etc.) et des ex du PC, les choses se dessinent avec la même netteté.

En juin dernier, sur un fil voisin, Prado faisait remarquer que :
Prado a écrit :
… l'essentiel est peut-être ailleurs : le regroupement ne veut pas être défini comme "la gauche du FDG". En tout cas, c'est ce que je comprends à la lecture d'un passage des projets de texte, que l'on peut lire sur le site de la GA.
On lit en effet, dans la partie 3 : "En même temps, porteurs des histoires qui sont les nôtres et de nos convictions, nous ne cherchons pas à délimiter dans le Front de gauche un espace plus radical, plus révolutionnaire ou plus anticapitaliste, au nom d'une logique de concurrence avec les autres composantes".
D'où sa conclusion :
… plutôt que l'aile gauche du FdG, [le "troisième pôle"] veut en être l'aile marchante
On notera que cette volonté de constituer une "zone tampon" entre PC et PG figure en toutes lettres dans sa déclaration commune : " L’émergence de ce qu’on pourrait appeler un « troisième pôle » au sein du Front de Gauche peut aussi permettre d’éviter un tête à tête entre PCF et PG générateur de tensions."

Reste à définir le carburant susceptible d'alimenter la "force de propulsion" de cette aile motrice.

Au sein d'une coalition dominée par deux sauriens de taille inégale mais aux appétits équivalents, ce souci de préserver l'unité à tout prix pouvait se justifier par la volonté de faire de celle-ci une "force d’initiative (sachant) entraîner largement toutes celles et tous ceux qui veulent un véritable changement de cap".

C'est ce désir d'incarner une sorte de "pôle légitimiste" qui pouvait donner à ce regroupement un semblant de légitimité. On pouvait par exemple le voir à l'œuvre dans la déclaration du 13/10 dernier, en forme d'alerte au feu ("Front de Gauche : nous dépasserons nos difficultés ensemble !" ), où bien malin aurait été celui capable discerner la part d'inquiétude et de désarroi réels du simple calcul, né d'un souci de positionnement à l'intérieur de ce champ de forces.

Or les développements récents de la brouille autour des municipales l'obligent à apparaître explicitement comme le faire-valoir (le porte-voix ?) de la direction du PG.

J'en veux pour indice la récente tribune, intitulée "Le Front de gauche doit présenter des listes autonomes du PS au premier tour" , où se retrouvent une nouvelle fois mêlées les signatures de membres du PG, de GA, du FASE, et des Alternatifs.

La ligne de partage entre deux camps dominés par les principales formations semble donc nettement établie.

Parler dans ces conditions d'un "troisième pôle" est, à mon sens, une vue de l'esprit.

Babel, le 27 octobre.

(*) Voir les textes préparatoires et la résolution adoptée lors de la Conférence Nationale de juin dernier : http://gauche-unitaire.fr/2013/06/05/conference-nationale-de-gauche-unitaire-sur-les-municipales/
(**) On admirera au passage l'emploi par C.P. de ce bel euphémisme du "peuple... des cadres... et des élus", servant à nommer les membres de l'appareil social-démocrate ! En les désignant par le vocable de "Solfériniens" (qui rime avec "lucifériens" ?), le groupe autour de Mélenchon prend moins de gants !


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Re: Un troisième pilier au Front de gauche ?

Message  Copas le Dim 27 Oct - 12:10

Effectivement le 3eme pilier du front de gauche apparait pour l'essentiel comme des démarches de manœuvriers incompréhensibles à l'extérieur.
La recomposition des organisations du mouvement ouvrier et plus spécifiquement des organisations politiques ne semble pas passer par là. Les groupes issus du NPA continuent la politique menée quand elles étaient dans le NPA, celle s'imaginant que la recomposition politique passe dans le FdG, alors qu'ils ne font qu’ensabler et geler quelques centaines de militants qui auraient été bien utiles ailleurs pour travailler à recomposer, là, les organisations de masse du mouvement ouvrier dans le combat de résistance aux agressions du gouvernement Hollande et des patrons, dans le combat pour éradiquer les nomenklaturas dans les organisations syndicales .

Concentrer ses efforts sur une stratégie de résistance de masse sociale qui commence à débloquer un tout petit peu la situation en Italie, en Espagne, au Portugal, et, cerise sur le gâteau, c'est comme ça que ça pèse sur les partis réformistes (ceux du FdG : PC, PG et maintenant GA, GU, FASE, etc). Même si les situations sont catastrophiques pour le mouvement ouvrier. Les petites lueurs d'espoir brillent hors des vieux et petits partis réformistes.

Pour ce qui est des derniers sondages sur les européennes, le PS n'a pas encore craqué. Mais le gouvernement est détesté par les travailleurs. La crise du FdG lui fait mal dans les sondages.
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Re: Un troisième pilier au Front de gauche ?

Message  nico37 le Mar 26 Nov - 1:37

ENSEMBLE : assises des 23 et 24 novembre - Éléments de compte-rendu par Pierre NOËL (courant "Les Alternatifs")

Après un jour et demi d'assises, ce jour, dimanche 24 novembre 2014 à 12:30, un nouveau regroupement politique est né, "ENSEMBLE", Mouvement pour une Alternative à Gauche, Écologiste et Solidaire, auquel Les Alternatifs ont pris part et au sein duquel ils vont pouvoir occuper tous les espaces, aussi bien privatifs que communs, mis à leur disposition comme à celle des autres membres.

Ce nouveau mouvement a décidé de faire son nid au sein du FdG, considérant qu'il était très important, compte tenu du contexte politique actuel, d'agir dans une certaine unité contre un ennemi qui nous est commun, partant du constat qu'aucune formation n'est en mesure à elle seule d'obtenir l'hégémonie à gauche, et que l'émiettement des forces politiques de transformation nuit gravement à la santé du corps politique et social, et qu'il participe en retour à l'exaspération et au découragement général de la population.

Un jour et demi, c'est à la fois long et court pour mettre en place les premiers éléments qui vont permettre à cette structure de s'élancer dans la vie politique. Il faut simultanément bâtir les premières fondations tout en veillant à ce qu'elles ne compromettent pas le futur et ne soient par source de détournement ou d'impasse fonctionnelle; mais il faut aussi placer cette nouvelle construction dans une bonne orientation vis-à-vis de ses choix idéologiques, de sorte qu'elle soit en mesure d'apporter une lecture de l'actualité compréhensive pour toutes et tous, qu'elle soit aussi en capacité d'apporter les premières pistes d'action pour l'avenir proche et plus lointain, et par là donner envie au plus grand nombre possible de venir la rejoindre pour s'associer à ses réflexions, à ses orientations et à ses actions.

À chaque pallier, toute cette élaboration doit bien sûr se faire avec l'accord de toutes et tous, ce qui nécessite une grande maîtrise des débats car il ne s'agit ni d'exclure ni de marginaliser, ni non plus d'éviter la mise en débat, ce qui parfois nécessite de ne pas se prononcer sur certains points pour les repousser à plus tard sans chercher pour autant à les évacuer, simplement parce qu'il faut bien avancer et que tout ne peut pas être traité dans l'instant présent; le principe de ces assises est bien de valider une situation donnée, dans les conditions les plus démocratiques qui soient compte-tenu de l'état du mouvement à ce point d'étape.

Enfin, il faut aussi faire connaître à nos voisines et voisins, et au-delà, ce qui se passe, quelles sont nos intentions, nos espoirs, nos craintes; enfin il ne faut pas non plus oublier d'inviter nos proches, ceux du FdG notamment, à partager le verre de l'amitié et puis aussi à faire savoir aux autres que nous existons et que nous avons la ferme intention d'intervenir et d'agir dans l'espace public commun. Ainsi, différentes étapes ont jalonné ces assises.

La première matinée, consacrée à l'orientation du mouvement dans l'actualité politique, fut consacrée à la présentation et au débat autour du texte en référence mis à disposition des participants. À cette occasion fut évoquée la nécessaire réflexion collective se donnant pour objectif de mettre sur pied une politique qui fasse ressortir les éléments de synthèse entre crise économique, crise écologique et mouvement social, insistant en particulier sur le fait que la crise globale était habilement exploitée par les pouvoirs successifs de manière à faire reculer les avancées sociales, repoussant aussi toujours plus loin les réponses de fond portant sur la contradiction entre notre mode de développement et la réalité de notre condition humaine. De ces éléments de synthèse sortiront les éléments de base sur lesquels une hégémonie culturelle, sociale, politique, intellectuelle émergera, prélude à un changement politique en profondeur.

S'agissant d'un travail de refondation, celui-ci se construira avec le peuple, d'où l'obligation de se tourner vers la population pour construire avec elle le changement et conquérir avec sa participation active cette hégémonie culturelle large qui doit devenir notre objectif fondamental.

La matinée s'est poursuivie par diverses interventions alternant représentants du mouvement social et représentants des différentes composantes politiques partie prenante du regroupement: situation en Bretagne, ACU, GA, situation de la jeunesse en France, 30 ans de la marche pour l'égalité et contre le racisme dite "marche des beurs", FASE, point fiscalité, GU, APEIS, violences faîtes aux femmes, Les Alternatifs, C&A, point sur la situation des Fralib.

Enfin, cette première matinée s'est achevée par la présentation faite par Christophe AGUITON du nom "ENSEMBLE" du futur regroupement.

L'après-midi fut consacrée aux débats en commissions thématiques, reprenant chacun des points abordés dans les amendements déposés. Il s'agissait de faire le tri entre les amendements qui pouvaient faire consensus, ceux qui ne pouvaient être retenus, et ceux qui ne pouvaient être retenus pour l'instant mais devaient faire l'objet d'une réflexion plus en profondeur dans le mouvement. Ce tri effectué, les commissions de résolution ad-hoc avaient alors en charge d'aménager les textes de manière à les mettre en conformité avec ce qui ressortait des commissions thématiques.

L'ensemble de ces confrontations s'est déroulé dans un esprit d'écoute et d'ouverture, recherchant systématiquement le plus large consensus possible, l'exercice s'avérant par moment délicat à mettre en oeuvre, tout particulièrement lors de la commission portant sur le nom du regroupement, thème sur lequel 1/2 de nombreux délégués avaient reçu des mandats bien précis, votés en Coordination Locale et qui voyaient leurs interventions rejetées, l'une ou l'autre composante politique opposant son veto à telle ou telle appellation qu'elle estimait ne pouvoir retenir.

La matinée du dimanche 24 novembre fut l'objet de 3 commissions qui se sont déroulées simultanément et qui ont porté sur l'intervention de notre regroupement dans les municipales, dans les européennes, et sur les actions militantes à envisager. Elle s'est poursuivie par une plénière portant sur la présentation et l'adoption des conclusions et des textes modifiés. Ainsi tous les amendements portant sur le texte Conjoncture ont été intégrés. Les amendements portant sur le texte Fonctionnement qui ont été rejetés seront reconduits lors des prochaines assises, de manière à ne pas éliminer les points qu'ils relevaient et laisser plus de temps pour en débattre en profondeur. L'orientation du texte sur les Européennes a été adoptée.

Deux intervenants ont alors souhaité s'exprimer à titre personnel. Jeannette HABEL tout d'abord, a fait part de son amendement, rejeté en commission des résolutions donc non retenu, portant sur une modification du texte Fonctionnement pour lequel elle demandait que ne soit pas indiqué le nombre de porte-parole mais qu'il soit plutôt fait référence à la désignation de porte-parole sans en préciser le nombre. Pierre ZARKA a ensuite fait part devant l'assemblée plénière de son souhait de prendre grand soin à ce que l'équipe d'animation nationale soit élue "sur la base d'un contrat national très dirigiste", de manière à écarter les risques de se retrouver dans une situation dans laquelle cette équipe se mette à agir dans l'ombre et sans avoir à rendre compte au mouvement; son intervention s'est conclue par une demande de mise à l'ordre du jour de ce point à l'occasion de la prochaine Coordination Nationale de janvier.

La plénière s'est ensuite portée sur le nom du regroupement dont Christophe AGUITON était chargé de faire la présentation. Sans cacher les tensions évoquées précédemment dans ce texte, il a fait part des incompréhensions ressenties par les délégués. À cette occasion, il a révélé que l'appellation "Rouge & Vert" avait été défendue par plusieurs délégués, mais rejetée par deux composantes. Par contre, la demande d'inverser l'ordre du sous-titre entre Solidaire et Écologiste a été retenue.

Les premiers éléments de présentation du futur site internet du regroupement ont ensuite été présentés. L'idée générale est de faire de cet outil un élément d'expression qui puisse aider le mouvement à faire de la politique et lui facilite la tache à cette fin. Son contenu sera ainsi organisé autour de trois éléments. Tout d'abord l'élément "Gestion des adhésions et des adhérents" qui traitera cette question de manière centralisée et automatisée. Puis l’élément "Informations", qui regroupera les documents de référence et militants, les listes de diffusion, et l'inscription aux différents abonnements thématiques, selon les préférences des uns et des autres. Enfin l'élément "Débats", dont l'objectif sera de faciliter la parole et les échanges au sein du mouvement, en permettant en particulier aux courants et aux adhérents d'ouvrir leur propre blog, sans avoir à attendre une autorisation de quiconque, l'ouverture étant automatique après remplissage du formulaire adéquat.

La plénière s'est poursuivie par la présentation de l'équipe d'animation nationale (EAN) dont la liste figure ci-dessous (1). Elle s'est poursuivie par un balayage rapide de la situation des collectifs locaux déjà existants. Ainsi, 220 délégués ont participé à ces assises, venant de 70 départements, ce qui représente une centaine de collectifs déjà existants ou en cours de création, et manifeste dès à présent une certaine homogénéité de la présence du groupement sur l'ensemble du territoire.

Un point toutefois s'avère préoccupant, celui de la faible représentation féminine. À ce sujet, Clémentine AUTAIN insiste sur une règle qui s'imposera à tous et qui porte sur la participation à l'EAN, où la règle relative aux délégué-e-s élu-e-s sur la base de 2 femmes et 2 hommes par organisation plus un couple mixte de suppléants (excepté pour l'ACU qui se dissociant de la FASE, a obtenu un couple mixte de représentants plus une ou un unique suppléant-e), impose à tout titulaire dans l'impossibilité de siéger, de ne pouvoir être remplacé-e que par son suppléant de même sexe.

Pour finir, ces assises se sont achevées par l'acclamation après lecture du projet de conclusion, de la création du tout nouveau mouvement "ENSEMBLE". Les applaudissements ont été fournis, remplissant l'amphithéâtre du claquement des mains et du sifflet des encouragements. Une page se tourne et un nouvel avenir se déploie, plein d'espoir pour cet objet politique. Reste à présent à le faire vivre à tous les niveaux, et tout particulièrement localement, dans une démarche ouverte et dynamique, débordant largement ses propres frontières tant politiques que géographiques, de manière à tracer le chemin exigeant de la transformation de soi, de tous, du monde, transformation écologique, sociale, féministe, solidaire.

1 Christophe AGUITON (personnalité), Gilles ALFONSI, Dominique ANGELINI, Clémentine AUTAIN (FASE) Pascal BERTHEAU, Jean Jacques BOISLAROUSSIE (Les Alternatifs), Alima BOUMEDIENNE-THIERY (FASE), Florence CIARAVOLA (Les Alternatifs), François CALARET, Pierre COURS-SALIES (FASE), Veronika DAAE (Les Alternatifs), Christiane DEDRYVER, Julien DIOUDONNAT, Michelle ERNIS, Guillaume FLORIS, Pierre GAYRAL (Les Alternatifs), Pierre-François GROND (GA), Jeannette HABEL (personnalité), Ingrid HAYES, Pierre KHALFA (personnalité), Pierre LAPORTE, Stéphane LAVIGNOTTE (FASE), Jacques LERICHOMME, Jean Claude MAMET (C&A), Myriam MARTIN (GA), Roland MÉRIEUX (Les Alternatifs), Olivier MOLLAZ, Sophie PÉNINQUE, Cécile SILHOUETTE, Éveline SIRE-MARIN (personnalité), Francis SITEL (GU), Stéphanie TREILLET (personnalité), Aurélie TROUVÉ (personnalité), Marie- Pierre TOUBHANS.

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Re: Un troisième pilier au Front de gauche ?

Message  Prado le Jeu 28 Nov - 12:14

Lu sur le blog de Mélenchon:

La méthode des petits pas qui anime « Ensemble » devrait donc être bénéfique pour nous tous. Plus ce regroupement parviendra à formaliser une cohérence doctrinale, pour peu qu'elle reste ouverte, mieux il sera disponible pour de nouveaux regroupements. Je veux dire par là que le Parti de Gauche est très directement intéressé. Le parti fusionné que nous voulions faire avec le parti communiste et dont il n’a pas voulu, ce qui est bien son droit, nous pouvons l’imaginer avec « Ensemble ». Bien sur, ce sera le moment venu et sous la forme que les circonstances vont dégager au fur et à mesure de l’action commune du Front de Gauche. L’important n’est pas de le faire dans l’urgence mais de ne pas se l’interdire et d’y travailler.

Prado

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Grandes manœuvres et petites combines.

Message  Babel le Sam 30 Nov - 14:04

Parler dans ces conditions d'un "troisième pôle" est, à mon sens, une vue de l'esprit
Vue de l'esprit, vue de l'esprit... si j'en crois l'appel issu des assises des 23-24/11, l'esprit s'est incarné, pour matérialiser l'existence d'une authentique force alternative au sein d'une maison gardée par nos deux molosses, PC-cacochyme et frétillant-PG.

Donc pronostic raté et mea culpa. A moins que.

A moins que ces assises ne constituent qu'un épisode de la longue série de combinazione imaginées par une partie des mêmes scénaristes qui nous avaient vendu la fiction précédente : celle d'un Front de Gauche appelé à devenir la grande force d'avenir et de transformation sociale que le peuple attendait, depuis la faillite lamentable de la Gauche plurielle en 2002.

Quitte à persister dans l'erreur, disons que je vois à peu près les choses comme ça :

La période post 2012 révèle une profonde crise d'orientation au sein de la gauche institutionnelle :

- Le virage à droite assumé d'un gouvernement Hollande-Ayrault ouvertement pro-capitaliste et répressif bloque toute possibilité de réorientation "à gauche" du quinquennat, avec un Mélenchon premier ministre, dans le cadre d'un alternance négociée à froid. Seul un approfondissement de la crise sociale débouchant sur une crise institutionnelle majeure rendrait possible l'éventualité de son recours. Mais ce genre d'opération à chaud comporte trop de risques pour être envisagé à la légère.

- L'incapacité du Front de Gauche à faire vivre sa coalition en dehors des périodes électorales le condamne à organiser des raouts festifs semestriels sans lendemain. Mais, si ça peut distraire un moment, ce genre de guignolades, les marcheurs du République-Bastille-Nation risquent à la longue de s'en détourner.

D'autant que la crise, dans tous ses aspects, travaille le corps social, provoquant des éruptions de colère incontrôlées : on l'a récemment vu à Quimper.

La mise en place d'une orientation alternative, - ou disons d'un plan-B-, prend de ce fait un caractère "d'urgence", comme ces messieurs se plaisent à nous le seriner.

L'incapacité des deux principales composantes du FdG à définir une ligne commune lors des municipales augure de lendemains qui déchantent. Vu l'importance des enjeux (si le PC perd le quart ou le tiers de ses élus, il accélère fatalement sa décomposition), la trans-croissance organisationnelle de cette coalition paraît totalement improbable. Ce qui la condamne à ne pas être chose qu'un arrangement  conjoncturel de cliques aux intérêts contradictoires, donc aux stratégies incompatibles.

-  Il y a nécessité absolue pour le PG de Mélenchon de s'élargir et d'esquisser les contours d'une nouvelle majorité qui le rendrait crédible et audible : devenir calife en forçant la main la main à Hollande est la seule issue qu'il envisage, et la seule perspective qui justifie à posteriori son départ du PS. S'il ne veut pas s'épuiser en rodomontades stériles et voir sa carrière politique finir dans les greniers ou l'arrière-cour d'une institution.

Or la viabilité d'un tel projet suppose l'élargissement du FdG en direction de la gauche du PS et d'EELV, plus autres, si affinités.

- Comme le PC renâcle à marcher dans la combine et à continuer à lui servir la soupe, quand l'opération va à l'encontre de ses propres intérêts, ça coince et ça freine des quatre fers. L'appareil du parti n'a en effet pas d'autre perspective que de faire vivre illusoirement un FdG dont il ne souhaite pas l'élargissement hors de son contrôle : d'où son refus des adhésions directes. Pour lui, on en reste à une alliance d'appareils. De là cette politique mi-chèvre mi-chou, à égale distance de l'accompagnement tacite du gouvernement et de son opposition ouverte : ni franchement avec, ni franchement contre, alliances locales obligent.

Dans ces circonstances, des combinards à la Picquet, Sitel ou Aguitton ont tout intérêt à tenter de tirer leur épingle du jeu, en apparaissant comme les penseurs d'une stratégie alternative pour le compte de l'une de l'autre des principales maisons.

- Picquet, membre du think-thank Gauche Avenir, œuvre au rapprochement de l'appareil du PC avec l'aile gauche du PS, sans pour autant envisager de rupture de celle-ci, mais afin de dessiner un arc de forces qui constituerait la matrice d'une éventuelle coalition.

Le lien posté par Prado ( http://forummarxiste.forum-actif.net/t373p90-gauche-unitaire#79189) indique la chose suivante :
Christian Picquet y côtoie des membres de la gauche du PS, de la gauche d’EELV, et d’autres courants de la gauche institutionnelle. L’argumentaire de la direction a donc été, ces derniers mois, de se positionner sempiternellement « au cœur de la gauche », et non plus au sein du Front de gauche. Les possibilités de ruptures à la gauche du PS et des Verts sont sans cesse surévaluées. Il faudrait remplacer le Front de gauche, qui serait de toute manière en décrépitude et prêt à rendre l’âme, par une nouvelle majorité de gauche anti-austérité. La quadrature du cercle… Où trouver les troupes ? La gauche du PS ne sortira pas du PS. Maurel, son chef de file, se fait parachuter n°2 de la circonscription Ouest aux européennes alors qu’il est vice-président de la région Île de France, pour conquérir un poste d’euro-député. Comment croire, alors qu’il passe pour cela sous les fourches caudines de Solférino, qu’il va sortir du PS et construire une majorité anti-austérité ?
- On comprend que Mélenchon ne voit pas ça d'un très bon œil : comme l'initiative (téléguidée par Debons, Liennemann, Maurel, Rigaudiat, etc.) lui échappe (son numéro deux au PG, Corbière ne figure pas dans son actuel comité directeur, alors qu'il était un des premiers signataires de l'appel : un hasard ?), il accélère le regroupement des autres mini-formations vivotant au sein du FdG (GA, FASE, GU-exclus, Alternatifs, C&A), pour envisager dans un second temps de se servir de l'ensemble nouvellement créé.

Non pas dans la perspective d'une fusion-absorption immédiate, mais plutôt en vue d'une collaboration très-très étroite (voir la note figurant sur son blog, postée jeudi par Prado), afin d'en faire la rampe de lancement d'une coalition post-FdG, ou FdG new look, comprenant en outre l'aile gauche du PS + celle d'EELV + autres si affinités.

C'est à présent chose faite : le nouveau mouvement (pas encore un parti) s'appelle "Ensemble" ; il se compose d'environ un millier d'adhérents (voire plus, mais ça reste à vérifier). Et il se promet un bel avenir.

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Re: Un troisième pilier au Front de gauche ?

Message  verié2 le Sam 30 Nov - 15:09

La recomposition des organisations du mouvement ouvrier et plus spécifiquement des organisations politiques ne semble pas passer par là.
C'est le moins qu'on puisse dire ! Very Happy 
Ce qui est triste, c'est que des militants sincères se fourvoient dans ces bagarres de clans, mini-clans et sous mini clans. Mais nous devons voir aussi que cette situation pitoyable est aussi le résultat de l'incapacité des organisations révolutionnaires - LCR-NPA/LO - d'offrir une alternative crédible. Le courant LCR en raison de son opportunisme droitier, LO en raison de son sectarisme.

C'est donc à nous de tout faire pour dépasser cette division funeste.


Dernière édition par verié2 le Sam 30 Nov - 16:16, édité 1 fois

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Re: Un troisième pilier au Front de gauche ?

Message  mykha le Sam 30 Nov - 15:18

C'est donc à nous de tout faire pour dépasser cette division funeste.
Reste plus qu'à créer une autre organisation, ni opportuniste de droite, ni sectaire.
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Re: Un troisième pilier au Front de gauche ?

Message  panchoa le Sam 30 Nov - 16:07

Babel a écrit:
Parler dans ces conditions d'un "troisième pôle" est, à mon sens, une vue de l'esprit
Vue de l'esprit, vue de l'esprit... si j'en crois l'appel issu des assises des 23-24/11, l'esprit s'est incarné, pour matérialiser l'existence d'une authentique force alternative au sein d'une maison gardée par nos deux molosses, PC-cacochyme et frétillant-PG.

Donc pronostic raté et mea culpa. A moins que.

A moins que ces assises ne constituent qu'un épisode de la longue série de combinazione imaginées par une partie des mêmes scénaristes qui nous avaient vendu la fiction précédente : celle d'un Front de Gauche appelé à devenir la grande force d'avenir et de transformation sociale que le peuple attendait, depuis la faillite lamentable de la Gauche plurielle en 2002.

Quitte à persister dans l'erreur, disons que je vois à peu près les choses comme ça :

La période post 2012 révèle une profonde crise d'orientation au sein de la gauche institutionnelle :

- Le virage à droite assumé d'un gouvernement Hollande-Ayrault ouvertement pro-capitaliste et répressif bloque toute possibilité de réorientation "à gauche" du quinquennat, avec un Mélenchon premier ministre, dans le cadre d'un alternance négociée à froid. Seul un approfondissement de la crise sociale débouchant sur une crise institutionnelle majeure rendrait possible l'éventualité de son recours. Mais ce genre d'opération à chaud comporte trop de risques pour être envisagé à la légère.

- L'incapacité du Front de Gauche à faire vivre sa coalition en dehors des périodes électorales le condamne à organiser des raouts festifs semestriels sans lendemain. Mais, si ça peut distraire un moment, ce genre de guignolades, les marcheurs du République-Bastille-Nation risquent à la longue de s'en détourner.

D'autant que la crise, dans tous ses aspects, travaille le corps social, provoquant des éruptions de colère incontrôlées : on l'a récemment vu à Quimper.

La mise en place d'une orientation alternative, - ou disons d'un plan-B-, prend de ce fait un caractère "d'urgence", comme ces messieurs se plaisent à nous le seriner.

L'incapacité des deux principales composantes du FdG à définir une ligne commune lors des municipales augure de lendemains qui déchantent. Vu l'importance des enjeux (si le PC perd le quart ou le tiers de ses élus, il accélère fatalement sa décomposition), la trans-croissance organisationnelle de cette coalition paraît totalement improbable. Ce qui la condamne à ne pas être chose qu'un arrangement  conjoncturel de cliques aux intérêts contradictoires, donc aux stratégies incompatibles.

-  Il y a nécessité absolue pour le PG de Mélenchon de s'élargir et d'esquisser les contours d'une nouvelle majorité qui le rendrait crédible et audible : devenir calife en forçant la main la main à Hollande est la seule issue qu'il envisage, et la seule perspective qui justifie à posteriori son départ du PS. S'il ne veut pas s'épuiser en rodomontades stériles et voir sa carrière politique finir dans les greniers ou l'arrière-cour d'une institution.

Or la viabilité d'un tel projet suppose l'élargissement du FdG en direction de la gauche du PS et d'EELV, plus autres, si affinités.

- Comme le PC renâcle à marcher dans la combine et à continuer à lui servir la soupe, quand l'opération va à l'encontre de ses propres intérêts, ça coince et ça freine des quatre fers. L'appareil du parti n'a en effet pas d'autre perspective que de faire vivre illusoirement un FdG dont il ne souhaite pas l'élargissement hors de son contrôle : d'où son refus des adhésions directes. Pour lui, on en reste à une alliance d'appareils. De là cette politique mi-chèvre mi-chou, à égale distance de l'accompagnement tacite du gouvernement et de son opposition ouverte : ni franchement avec, ni franchement contre, alliances locales obligent.

Dans ces circonstances, des combinards à la Picquet, Sitel ou Aguitton ont tout intérêt à tenter de tirer leur épingle du jeu, en apparaissant comme les penseurs d'une stratégie alternative pour le compte de l'une de l'autre des principales maisons.

- Picquet, membre du think-thank Gauche Avenir, œuvre au rapprochement de l'appareil du PC avec l'aile gauche du PS, sans pour autant envisager de rupture de celle-ci, mais afin de dessiner un arc de forces qui constituerait la matrice d'une éventuelle coalition.

Le lien posté par Prado ( http://forummarxiste.forum-actif.net/t373p90-gauche-unitaire#79189) indique la chose suivante :
Christian Picquet y côtoie des membres de la gauche du PS, de la gauche d’EELV, et d’autres courants de la gauche institutionnelle. L’argumentaire de la direction a donc été, ces derniers mois, de se positionner sempiternellement « au cœur de la gauche », et non plus au sein du Front de gauche. Les possibilités de ruptures à la gauche du PS et des Verts sont sans cesse surévaluées. Il faudrait remplacer le Front de gauche, qui serait de toute manière en décrépitude et prêt à rendre l’âme, par une nouvelle majorité de gauche anti-austérité. La quadrature du cercle… Où trouver les troupes ? La gauche du PS ne sortira pas du PS. Maurel, son chef de file, se fait parachuter n°2 de la circonscription Ouest aux européennes alors qu’il est vice-président de la région Île de France, pour conquérir un poste d’euro-député. Comment croire, alors qu’il passe pour cela sous les fourches caudines de Solférino, qu’il va sortir du PS et construire une majorité anti-austérité ?
- On comprend que Mélenchon ne voit pas ça d'un très bon œil : comme l'initiative (téléguidée par Debons, Liennemann, Maurel, Rigaudiat, etc.) lui échappe (son numéro deux au PG, Corbière ne figure pas dans son actuel comité directeur, alors qu'il était un des premiers signataires de l'appel : un hasard ?), il accélère le regroupement des autres mini-formations vivotant au sein du FdG (GA, FASE, GU-exclus, Alternatifs, C&A), pour envisager dans un second temps de se servir de l'ensemble nouvellement créé.

Non pas dans la perspective d'une fusion-absorption immédiate, mais plutôt en vue d'une collaboration très-très étroite (voir la note figurant sur son blog, postée jeudi par Prado), afin d'en faire la rampe de lancement d'une coalition post-FdG, ou FdG new look, comprenant en outre l'aile gauche du PS + celle d'EELV + autres si affinités.

C'est à présent chose faite : le nouveau mouvement (pas encore un parti) s'appelle "Ensemble" ; il se compose d'environ un millier d'adhérents (voire plus, mais ça reste à vérifier). Et il se promet un bel avenir.
très pertinent. mais quelle visibilité hors des micro appareils ? aucune. panchoa

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Re: Un troisième pilier au Front de gauche ?

Message  Prado le Sam 30 Nov - 16:25

Babel a écrit:Mélenchon (...) accélère le regroupement des autres mini-formations vivotant au sein du FdG (GA, FASE, GU-exclus, Alternatifs, C&A), pour envisager dans un second temps de se servir de l'ensemble nouvellement créé.
(...)  le nouveau mouvement (pas encore un parti) s'appelle "Ensemble" ; il se compose d'environ un millier d'adhérents (voire plus, mais ça reste à vérifier). Et il se promet un bel avenir.
Je ne crois pas que Mélenchon ait joué un rôle quelconque dans la formation d'ENSEMBLE.
Par ailleurs, il me semble que tout le monde avance aujourd'hui en tâtonnant. Est-ce qu'ENSEMBLE se promet un bel avenir dans le cadre de grandes opérations d'appareil ? J'ai des doutes à ce sujet. ENSEMBLE est très fragile et, à mon avis, va ressembler davantage à une FASE élargie, c'est-à-dire à un objet politique indéfinissable, incapable de peser réellement et de prendre des initiatives à l'échelle nationale  (telle la GA depuis sa création), qu'à un parti. Cela va être un "3e pôle", dans le sens où il va attirer à lui des personnes qui se reconnaissent dans le FdG sans vouloir adhérer à un parti comme le PG et le PCF. Mais cela ne va pas être une alternative au PG et au PCF. ENSEMBLE risque fort d'être paralysé par la règle du consensus : consensus entre ses diverses composantes (et donc alignement sur ses composantes les plus droitières) et consensus à l'intérieur du FdG.

Panchoa a écrit:très pertinent. mais quelle visibilité hors des micro appareils ? aucune. panchoa
Cela va dépendre des villes, sans doute.

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Re: Un troisième pilier au Front de gauche ?

Message  Babel le Sam 30 Nov - 17:02

Prado a écrit:Je ne crois pas que Mélenchon ait joué un rôle quelconque dans la formation d'ENSEMBLE.
Peut-être pas. En tout cas, l'initiative est loin de lui déplaire : voir ses oeillades appuyées en sa direction, comme le relève un de tes récents post. Et force est de constater que ce jeu conforte ses vues et sert ses intérêts.  
Par ailleurs, il me semble que tout le monde avance aujourd'hui en tâtonnant. Est-ce qu'ENSEMBLE se promet un bel avenir ? J'ai des doutes à ce sujet.
"Se promet" : la formule est ironique. Les tâtons n'empêchent ni le calcul, ni les arrières pensées.
ENSEMBLE est très fragile et, à mon avis, va ressembler davantage à une FASE élargie, c'est-à-dire à un objet politique indéfinissable, incapable de prendre des initiatives à l'échelle nationale  (telle la GA depuis sa création), qu'à un parti. Cela va être un "3e pôle", dans le sens où il va attirer à lui des personnes qui se reconnaissent dans le FdG sans vouloir adhérer à un parti comme le PG et le PCF. Mais cela ne va pas être une alternative au PG et au PCF. ENSEMBLE risque fort d'être paralysé par la règle du consensus : consensus entre ses diverses composantes (et donc alignement sur ses composantes les plus droitières) et consensus à l'intérieur du FdG.
D'accord avec toi. Du point de vue de l'intervention politique, cette formation risque d'avoir une autonomie d'action a peu près nulle : il n'est qu'à voir le communiqué assez embarrassé qu'ils viennent de pondre suite à l'expulsion des roms de Saint-Ouen où, derrière la dénonciation vigoureuse de la politique du nerf de boeuf de Valls, apparaît leur incapacité à condamner l'initiative prise par une des leurs : la maire FdG de Saint-Ouen étant membre de la FASE.
panchoa a écrit:très pertinent. mais quelle visibilité hors des micro appareils ? aucune. panchoa
Sans doute. Mais si seulement les militants sincères (et il y en a, et j'en connais) dont parle Verié pouvaient dessiller leurs yeux et voir ces manœuvriers en eaux basses pour ce qu'ils sont. S'ils pouvaient les envoyer une fois pour toutes se faire lanlaire et reprendre à nouveau la lutte pour une authentique organisation révolutionnaire indépendante, qu'ils ont hélas abandonnée au profit de constructions aussi chimériques que désespérantes !
Certes, au vu des errements et des échecs répétés des deux principales formations de l'extrême-gauche révolutionnaire, LO et le NPA, la chose n'a l'air simple et évidente que sur le papier.
Mais est-ce une raison suffisante pour avoir lâché la proie pour l'ombre ?

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Re: Un troisième pilier au Front de gauche ?

Message  Toussaint le Sam 30 Nov - 20:45

Mais est-ce une raison suffisante pour avoir lâché la proie pour l'ombre ?
Je ne suis pas sûr que l'on puisse dire cela. Il n'y avait plus de proie pour eux. Les orgas révolutionnaires ne leur convenaient plus, point.

Ces gens ont fait un choix politique, souvent mûri depuis des années, de ne pas construire une organisation révolutionnaire "large" (oxymore?) mais de rejoindre un front d'organisations explicitement réformistes. Mélenchon disait dans une entrevue à la radio à la création du PG que la différence avec Besancenot était précisément que ce dernier se définissait comme révolutionnaire. Ces camarades ne peuvent avoir d'illusions sur le PCF, pas eux. Je pense donc qu'ils ont simplement changé de perspective stratégique, sinon explicitement d'un abandon de la perspective révolutionnaire au sens m-r du terme, que les réformistes brocardent sous le terme "grand soir", l'insurrection et la destruction de l'état bourgeois, du moins d'un abandon de la construction d'un parti révolutionnaire au sens léniniste du terme.

Perso, je ne vois rien d'infâmant dans ces choix stratégiques. Ensuite, les crapuleries d'appareil... Picquet était tout sauf un enfant de choeur lorsqu'il était au BP de la LCR et contrôlait Rouge, au plein sens du mot: libre accès pour Onfray, censure pour Salingue et pas mal d'autres... Lui n'a pas changé d'un iota, et Sitel n'a vraiment as le droit de jouer les étonnés... Very Happy  Mais pour le reste des militants, les gens évoluent, se fatiguent et en effet les bilans de l'EG en termes de construction de petits partis de masse en France ne sont pas de nature à faciliter les débats. Tant que les anciens camarades ne tournent pas le dos aux batailles de la classe... malgré leurs directions et leurs propres tournis, ce sont des camarades, non?

Quant à l'avenir de ces forces, je partage le pessimisme de la majorité ici. Une fois qu'on a abandonné la construction (même maladroite, même erratique, remarques après coup, en général) du parti révolutionnaire, une fois qu'on a renoncé à regrouper autour d'un projet révolutionnaire, reste à terme l'acceptation du cadre de l'état bourgeois. Je pense que cela faisait un moment que la LCR était une auberge espagnole, et que le NPA en fut une (à vue de nez de loin, je reconnais), et donc il y avait des projets à court terme incompatibles dès lors que se levait un projet de refonte du réformisme à la gauche du PS.


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Re: Un troisième pilier au Front de gauche ?

Message  Copas le Dim 1 Déc - 0:49

Toussaint a écrit:
Mais est-ce une raison suffisante pour avoir lâché la proie pour l'ombre ?
Je ne suis pas sûr que l'on puisse dire cela. Il n'y avait plus de proie pour eux. Les orgas révolutionnaires ne leur convenaient plus, point.

Ces gens ont fait un choix politique, souvent mûri depuis des années, de ne pas construire une organisation révolutionnaire "large" (oxymore?) mais de rejoindre un front d'organisations explicitement réformistes. Mélenchon disait dans une entrevue à la radio à la création du PG que la différence avec Besancenot était précisément que ce dernier se définissait comme révolutionnaire. Ces camarades ne peuvent avoir d'illusions sur le PCF, pas eux. Je pense donc qu'ils ont simplement changé de perspective stratégique, sinon explicitement d'un abandon de la perspective révolutionnaire au sens m-r du terme, que les réformistes brocardent sous le terme "grand soir", l'insurrection et la destruction de l'état bourgeois, du moins d'un abandon de la construction d'un parti révolutionnaire au sens léniniste du terme.
Juste, ce sont des réformistes .  Une série de textes préparaient ces évolutions, rien de neuf. Qui n'a pas vu des cris du cœur de ces ex du NPA quand ils se lâchaient (pas souvent mais ça arrivait) en disant que la révolution ça suffit, faut arrêter, etc...

Quand il y a eut les émeutes de jeunes du premier été hollandiste et que Mélenchon a vomi des insultes dessus, la GA a été très mal à l'aise, et on retrouve ces gènes sur d'autres terrains.

Et effectivement il n'y a pas à essayer de faire de nouvelles contorsions sur quelque espérance que ce soit sur ces groupes. Surtout quand on voit ce qu'est une partie de la FASE dans cela.
Des militants honnêtes ?
Oui bien sur il y en a , mais les courants style GA, GU, FASE, etc, rien à tirer, pas capable de gueuler fort pour faire fermer le clapet de JLM sur les travailleurs bretons, les jeunes révoltés de l'été dernier, etc...

je note que Ensemble, avec un millier d'adhérents, voir un peu plus, montre une érosion évidente des GA, C&A, GU, FASE et autres ...
C'est malheureux, mais c'est comme ça, les chamalows ont du mal à exister face à des appareils qui ne rigolent pas, eux.
Ils ne sont pas taillés pour faire un travail dans le FdG.

Toussaint a écrit:Perso, je ne vois rien d'infâmant dans ces choix stratégiques. Ensuite, les crapuleries d'appareil...
Tout à fait d'accord.
Par contre ça n'exonère pas des pratiques honteuses comme de se vendre à l'appareil du PC ou piquer du pognon . C'est différent d'un choix stratégique réformiste.
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