Racisme anti blanc ?

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Racisme anti blanc ?

Message  verié2 le Jeu 27 Sep - 14:14

Copé vient donc de lancer, avec un grand retentissement médiatique, une nouvelle campagne pour tenter de concurrencer le Pen sur le thème du "racisme anti blanc". France Inter, dans son émission de 13 H a "enquêté" sur le sujet en citant quelques habitants du 93 et invité le "sociologue" Tarik Yildiz, auteur d'un livre sur ce thème.

Au lieu de dénoncer la signification de cette campagne, donc de décoder, ce qui devrait être la tâche d'un sociologue, ce Tarik Yildiz en a rajouté une couche en expliquant "qu'il faut en parler" pour ne pas en laisser l'exclusivité au FN. (Argument souvent utilisé par la gauche pour emboîter le pas à l'extrême-droite...)

Le "racisme anti-Blanc" existe-t-il ? Inutile d'être sociologue pour comprendre que l'exclusion, la discrimination, l'oppression, la chasse au faciès suscitent inévitablement des réactions qui ne sont pas toutes positives : repli communautaire voire racisme. Considéré d'une façon abstraite, tout racisme en vaut un autre. Mais peut-on mettre sur le même plan le racisme des oppresseurs et celui des opprimés - même si le racisme des opprimés peut aussi s'exercer à l'encontre d'autres opprimés ? Bien entendu, il doit être combattu, sur le terrain, en unissant dans la lutte les opprimés de toutes les couleurs. Mais il est clair que les grandes déclarations de Copé ne peuvent être que contre-productives. D'autant qu'on ne l'entend pas dénoncer le racisme anti-arabe, anti-noir, anti-musulman, anti-jeune et anti-pauvre ! Au contraire, il le propage. Or les victimes de ce racisme-là sont autrement plus nombreuses que celles du racisme anti-blanc.

On se retrouve un peu dans le même cas de figure que dans les campagnes islamophobes. En dénonçant à grands cris un phénomène réel, mais marginal, en l'exagérant parfois de façon spectaculaire, par exemple la burqa, on stigmatise toute une partie de la population...

verié2

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Re: Racisme anti blanc ?

Message  sylvestre le Jeu 27 Sep - 14:30

C'est certain. J'aime à ce sujet, ce qu'a écrit CLR James :

Le chauvinisme noir en Amérique aujourd'hui est tout simple­ment l'excès naturel du désir d'égalité, alors que le chauvi­nisme américain blanc, expression de la domination raciale est essentiellement réactionnaire.

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Re: Racisme anti blanc ?

Message  Ellie le Jeu 27 Sep - 18:53

Je crois que la «symétrisation», voire l'inversion, des oppressions, c'est un truc qui se répand de plus en plus, et pas que sur le terrain du racisme : par exemple ces dernières années en plus du racisme anti-blanc (qui est un terme surtout porté par l'extrême-droite, il me semble, qui plutôt que se revendiquer racistes vont dire qu'ils luttent contre le racisme anti-blanc) j'ai aussi entendu régulièrement des termes comme «sexisme anti-hommes» (ou «misandrie» pour les plus savants) ou «hétérophobie». Dans tous les cas j'ai l'impression que c'est soit utilisé pour dénigrer des luttes (l'antiracisme/le féminisme/les luttes lgbt vont «trop loin» et ça devient du racisme anti-blanc/sexisme anti-hommes/hétérophobie) soit en prenant des trucs marginaux («une fois dans ma vie je me suis fait traiter de sale blanc»/«dans les boites de nuit souvent les femmes paient moins cher pour entrer») pour minimiser les rapports d'oppression qui existent.
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Re: Racisme anti blanc ?

Message  Toussaint le Jeu 27 Sep - 21:20

par Ellie le Jeu 27 Sep - 13:53

Je crois que la «symétrisation», voire l'inversion, des oppressions, c'est un truc qui se répand de plus en plus, et pas que sur le terrain du racisme : par exemple ces dernières années en plus du racisme anti-blanc (qui est un terme surtout porté par l'extrême-droite, il me semble, qui plutôt que se revendiquer racistes vont dire qu'ils luttent contre le racisme anti-blanc) j'ai aussi entendu régulièrement des termes comme «sexisme anti-hommes» (ou «misandrie» pour les plus savants) ou «hétérophobie». Dans tous les cas j'ai l'impression que c'est soit utilisé pour dénigrer des luttes (l'antiracisme/le féminisme/les luttes lgbt vont «trop loin» et ça devient du racisme anti-blanc/sexisme anti-hommes/hétérophobie) soit en prenant des trucs marginaux («une fois dans ma vie je me suis fait traiter de sale blanc»/«dans les boites de nuit souvent les femmes paient moins cher pour entrer») pour minimiser les rapports d'oppression qui existent.

cheers

Ceci dit, il y a quelques années, on a vu Marianne et Picquet donner dans le concept du racisme anti-blanc. Picquet n'a pas été plus loin, Marianne en revanche y fait de régulières allusions. Mais c'est un détail.
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Re: Racisme anti blanc ?

Message  sylvestre le Mer 17 Oct - 17:10

La République Française a décidément une manière bien à elle de commémorer le 17 octobre.

http://dailynord.fr/2012/10/36389/

Saïd Bouamama, mis en examen pour racisme anti-blanc : « pourquoi Michel peut-il dire qu’il n’aime pas le drapeau et pas Mohamed ? »

Info DailyNord. Hasard de l’actualité (ou pas), alors que Jean-François Copé nous a gratifié il y a quelques semaines de sa sortie sur le racisme anti-blanc, ceux qu’on appelle parfois « les deux Saïd » – les Roubaisiens Saïd Bouamama, sociologue engagé, et Saïd, du groupe de hip-hop Z.E.P – viennent d’être mis en examen par le tribunal de Paris pour « injures publiques envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une race ou une religion ».

En août 2010, les deux Roubaisiens avaient sorti le livre « Nique la France – Devoir d’insolence » et le morceau de hip-hop « Nique la France », ce qui leur avait valu un tombereau de réactions indignées (relire nos différents articles : Nique la France, le buzz nordiste ne laisse personne indifférent ; « Nique la France » en question par Jean-Pierre Decool). A l’époque, une première plainte émanant d’un identitaire toulousain avait été classée sans suite. Cette fois, c’est l’Agrif (Alliance Générale contre le Racisme et pour le Respect de l’Identité Française et Chrétienne) qui est à la manoeuvre et qui a réussi à convaincre le parquet d’instruire l’affaire. Rendez-vous est pris à l’heure de l’apéro dans un café de Lille-Fives avec Saïd Bouamama qui, tout en sirotant une bière (pour ceux qui imagineraient d’emblée le personnage en barbu intégriste), a bien voulu répondre aux questions de DailyNord. A 54 ans, ce sociologue formant des travailleurs sociaux, très investi dans la lutte pour les sans-papiers veut continuer « à poser des questions embêtantes » y compris au sein du Front de gauche qu’il soutient.

DailyNord : Votre mise en examen intervient alors que Jean-François Copé dénonce le racisme anti-blanc dont seraient victimes certains Français. Est-ce un hasard ?

Saïd Bouamama : Non, à force de céder à l’extrême-droite sur certains points, on assiste à une droitisation de la société. Copé reprend le racisme anti-blanc – vieille antienne du FN – à son compte. L’extrême-droite peut désormais aller plus loin. A leur place, je dirais : « la circoncision est inhumaine, il faut l’interdire » et vous verrez que dans deux ans, le débat sera porté en place publique. Or au final, c’est toujours l’extrême-droite qui gagne car la force du facisme, c’est de se présenter toujours plus net que la photocopie.

« Nique la France » pour poser « un certain nombre de questions »

DailyNord : Est-ce à dire que pour vous le racisme anti-blanc est une pure invention ?

Saïd Bouamama : Le FN et Copé mélangent deux choses : d’un côté, les réactions individuelles de quelques jeunes de quartiers minoritaires qui existent, de l’autre un racisme structurel et institutionnel qui fait que tu as 30% moins de chances de trouver un boulot quand tu t’appelles Mohamed ou Mamadou. Le but étant d’invalider l’anti-racisme. On observe le même phénomène pour délégitimiser les féministes : certains prétendent qu’il faut un mouvement « hommiste » pour défendre les hommes battus. Comme si on pouvait comparer les deux…

DailyNord : Quand vous écrivez « Nique la France » il y a deux ans, quel est votre objectif  ?

Saïd Bouamama : Poser un certain nombre de questions dans une forme qui oblige à la réaction.

DailyNord : Au risque d’apparaître non-constructif ?

Saïd Bouamama : Mais la provocation est le seul moyen pour faire entendre une souffrance une frange de la population qui n’est pas entendue et qui n’a pas le droit à la parole. Quelques mois avant, j’avais écrit un ouvrage « la France autopsie d’un mythe national » qui pose les mêmes questions mais de manière plus policée. Pourquoi certains jeunes dans les banlieues disent « Nique la France »? Parce qu’ils n’ont pas l’impression d’être considérés comme Français. La provocation permet aussi d’avancer. Regardez, quand je disais il y a quelques années que la France possèdait encore un héritage colonialiste dont elle avait du mal à se défaire, on me disait que j’étais trop radical. Aujourd’hui François Hollande dit qu’il faut reconnaître le massacre de Thiaroye au Sénégal.

DailyNord : Mais vous saviez que vous alliez braquer certaines personnes, y compris à gauche ?

Saïd Bouamama : Oui, mais il y a eu des critiques avec qui nous avons pu débattre. Même à gauche, on entend dire que les gamins doivent s’intégrer alors qu’ils sont Français. Une partie de la gauche fait une erreur en construisant son discours sur des moyens. La laïcité, ce n’est qu’un moyen de bien vivre ensemble, ce n’est pas une fin en soi. Il ne faut pas que la gauche abandonne cette grille de lecture qui dit que ce sont les conditions de vie qui déterminent les comportements.

Par ailleurs, je pose une question : pourquoi Michel peut-il dire qu’il n’aime pas le drapeau et pas Mohamed ? Pourquoi Aragon peut-il écrire « je conchie la France impérialiste » et pas Saïd ? Nous sommes au début d’une interdiction de toutes critiques envers la France. Avec Sarkozy, on avait l’impression qu’il fallait faire allégeance au drapeau tous les jours.

Lors du jugement, « je compte bien invoquer Aragon, Léo Ferré et d’autres »

DailyNord : Ce livre n’est-il pas en fin de compte le reflet d’une période tendue entre jeunes des quartiers et autorité publique ? En clair l’écririez-vous maintenant ?

Saïd Bouamama : Oui, mais avec un autre titre comme « Marre des discriminations ! ». Il est clair qu’il y a eu un nombre de discours insultants à l’époque de Sarkozy. En sociologie, on appelle ça « le retournement du stigmate ». Le jeune qui entend toute la journée « t’aimes pas la France, t’aimes pas la France, t’aimes pas la France », à la fin il te dit « oui, j’aime pas la France ». Dans cinquante ans, on verra ce livre comme le résultat inévitable d’un contexte.

DailyNord : Concernant votre mis en examen, vous êtes serein ?

Saïd Bouamama : Ce qui m’embête, c’est que depuis deux ans, j’ai reçu beaucoup de messages d’extrémistes disant « on va te faire la peau » et que maintenant que la plainte est acceptée, la partie adverse peut avoir accès à mon adresse. Pour le reste, attendons le jugement, mais je compte bien invoquer Aragon, Léo Ferré et d’autres pour me défendre.

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Solidarité avec Saïdou de ZEP et Saïd Bouamama

Message  Roseau le Ven 19 Oct - 14:53

vendredi 19 octobre 2012
Le NPA s’indigne des mises en examen du chanteur Saïdou du groupe ZEP et du sociologue Saïd Bouamama pour de prétendues injures, discriminations et incitations à la haine raciale, à la suite d’une plainte déposée par une officine d’extrême-droite l’AGRIF (alliance contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne). Cette association présidée par Bernard Anthony, vieux cheval de retour du Front National tente depuis des années à traîner devant les tribunaux tous les créateurs, auteurs, artistes qui n’ont pas l’heur de lui plaire, tels JL Godard, Costa Gavras ou Martin Scorcese... Il est inquiétant de constater que la justice qui octroie des non-lieux aux flics coupables de bavures cède à l’air du temps, à l’islamophobie galopante, et poursuit des militants antiracistes.

Le NPA appelle à se mobiliser pour assurer à Saïd et Saïdou le soutien le plus large.

Montreuil, le 19 octobre

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Re: Racisme anti blanc ?

Message  le glode le Ven 19 Oct - 21:13

Vous ne trouvez pas que la couverture du bouquin pourrait être l'oeuvre d'un auteur d'extreme droite qui cherche à faire peur ?

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Re: Racisme anti blanc ?

Message  dug et klin le Ven 19 Oct - 23:48

le glode a écrit:Vous ne trouvez pas que la couverture du bouquin pourrait être l'oeuvre d'un auteur d'extreme droite qui cherche à faire peur ?

Tout a fait,mon cher Glode,tu vises tres juste.
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Re: Racisme anti blanc ?

Message  Toussaint le Sam 20 Oct - 0:11

la couverture du bouquin pourrait être l'oeuvre d'un auteur d'extreme droite qui cherche à faire peur

Je ne pense pas, mais je trouve le titre et la couverture stupide, même si je suis en général d'accord avec beaucoup de choses que dit Saïd sur ces questions.

En revanche, je trouve le communiqué du NPA pas trop mal, une fois n'est pas coutume. J'attends avec impatience les autres forces politiques...
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Re: Racisme anti blanc ?

Message  sylvestre le Sam 20 Oct - 11:48

le glode a écrit:Vous ne trouvez pas que la couverture du bouquin pourrait être l'oeuvre d'un auteur d'extreme droite qui cherche à faire peur ?

Non.
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Re: Racisme anti blanc ?

Message  vilenne le Sam 20 Oct - 12:08

Toussaint a écrit:
la couverture du bouquin pourrait être l'oeuvre d'un auteur d'extreme droite qui cherche à faire peur

Je ne pense pas, mais je trouve le titre et la couverture stupide, même si je suis en général d'accord avec beaucoup de choses que dit Saïd sur ces questions.

En revanche, je trouve le communiqué du NPA pas trop mal, une fois n'est pas coutume. J'attends avec impatience les autres forces politiques...
Pas d'accord, c'est tiré de la chanson et du titre de l'album. Il suffit de lire les commentaires alors que la chanson a ? 2 ans ? pour voir combien ca continue de déranger :

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Re: Racisme anti blanc ?

Message  Invité le Sam 20 Oct - 17:00

le glode a écrit:Vous ne trouvez pas que la couverture du bouquin pourrait être l'oeuvre d'un auteur d'extreme droite qui cherche à faire peur ?
sylvestre a écrit:
[...]
Saïd Bouamama : Mais la provocation est le seul moyen pour faire entendre une souffrance une frange de la population qui n’est pas entendue et qui n’a pas le droit à la parole. Quelques mois avant, j’avais écrit un ouvrage la France autopsie d’un mythe national qui pose les mêmes questions mais de manière plus policée. Pourquoi certains jeunes dans les banlieues disent « Nique la France »? Parce qu’ils n’ont pas l’impression d’être considérés comme Français. La provocation permet aussi d’avancer. Regardez, quand je disais il y a quelques années que la France possèdait encore un héritage colonialiste dont elle avait du mal à se défaire, on me disait que j’étais trop radical. Aujourd’hui François Hollande dit qu’il faut reconnaître le massacre de Thiaroye au Sénégal.

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Re: Racisme anti blanc ?

Message  Toussaint le Sam 20 Oct - 23:05

Précisons, en effet je ne vis pas comment on pourrait penser que ce serait un faf qui dirait cela.

Et oui, je persiste à penser que la formule est stupide et contre-productive. Cela peut marcher dans les zones et milieux discriminés, et c'est bien de là que cela vient, et la révolte est compréhensible, normale, etc... Alors contre la répression et les beaufs de tout poil, y compris rouge, solidarité. Mais je crois aussi que la question de s'adresser aux gens, aux travailleurs dans leur ensemble, et donc à des personnes qui se vivent comme la France. On voit assez les gens même sur ce forum "marxiste", et des forces ouvrières ( il suffit de voir que des gens peuvent se réclamer de la révolution et ne pas avoir la nausée en écoutant Mélenchon, y compris sur ce forum, sans parler même des tenants contre l'Europe du capital, de la souveraineté de la République "une et indivisibble", de la France en somme) parler de ce qu'ils vient comme "leur" république pour voir que ce genre de termes peut les repousser encore davantage vers le communautarisme majoritaire et derrière la classe dominante, son état racistes et colonialistes.

Si l'islamophobie et les autres formes de racisme sont faits pour diviser ceux qui devraient s'unir et unir ceux qui devraient se battre, alors la question de savoir comment s'adresser à la masse des gens est tout sauf secondaire. Pour le reste, sur le fond de ce que dit la formule, oui, je partage. Mais je pense aussi qu'il faudrait fusiller capitalistes et proxénètes. Je ne le mettrais pas sur un titre de livre. Question tactique...

Et lorsque Saïd compare ce titre et ses analyses jugées par ses camarades du PCF et stals divers trop radicales, je ne suis pas d'accord. Il compare des choses très différentes. Ses analyses étaient cerrtes "radicales", mais elles n'avaient aucune ambigüité, "Nique la France" peut se lire et s'entendre de bien des façons, le mot "niquer" n'est pas spécifique de la jeunesse discriminée.
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Re: Racisme anti blanc ?

Message  vilenne le Dim 21 Oct - 0:09

Je n'en suis pas persuadé. Appeler un chat, un chat. Il peut y avoir de l'incompréhension face à la démarche mais j'ai comme l'impression que le nationalisme n'est pas aussi ancré que l'on veut bien nous le faire croire. Beaucoup de travailleurs sont très critiques vis à vis de l'histoire française. Pisser sur le drapeau ou siffler la marseillaise fait bondir des "gens" mais pas tous les gens. Et je ne suis pas sur que la plupart de ceux qui ne bondissent pas (qui s'en foutent, à l'égal de la religion) est majoritaire sur ce territoire. Du coup, montrer et dénoncer la racialisation de la société ne doit pas se faire avec des pincettes. Le racisme institutionnel est connu et je ne vois pas pourquoi les victimes devraient prendre des gants quand ceux qui ont le pouvoir n'en prennent pas. Tous les travailleurs ne sont pas au fn, tous les travailleurs ne sont pas nationalistes. Et puis, là, à qui s'adresse le PIR et ZEP ? Aux beurs en priorité, aux anti-racistes ensuite et s'il pouvait y avoir un sursaut des indifférents, bin l'accrochage à la provoc serait peut-être productif.

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Re: Racisme anti blanc ?

Message  Toussaint le Dim 21 Oct - 1:13

Appeler un chat, un chat.

Ben justement, là on est dans la métaphore, pas exactement appeler un chat un chat...

Et puis, là, à qui s'adresse le PIR et ZEP ?

Exactement... et je crois que Ramadan a raison sur ce point lorsqu'il avait expliqué qu'il serait solidaire de l'Appel des Indigènes, mais que cela lui semblait lourd d'erreurs à venir comme par exemplke ne pas s'adresser à tous les opprimés, à tous les laissés pour compte et tous les exploités.

Mais c'est une question secondaire par rapport à la solidarité contre la répression.
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Re: Racisme anti blanc ?

Message  sylvestre le Dim 21 Oct - 18:30

Toussaint a écrit:
Exactement... et je crois que Ramadan a raison sur ce point lorsqu'il avait expliqué qu'il serait solidaire de l'Appel des Indigènes, mais que cela lui semblait lourd d'erreurs à venir comme par exemplke ne pas s'adresser à tous les opprimés, à tous les laissés pour compte et tous les exploités.

Je pense que tu parles de Bouamama, pas Ramadan.
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Re: Racisme anti blanc ?

Message  Toussaint le Lun 22 Oct - 12:44

Non, je parle bien de Ramadan, il appelait cela se "mettre dans son coin", ce qui facilitait la défaite après l'isolement. Il disait la même chose sur la bagarre contre la loi raciste foulardière en 2004, et il l'a dit en 2003 pour le foulard à Roubaix en présence de Leila Shahid et Warshawski, les Indigènes il l'a dit à l'AG nationale de bilan du CEPT à Paris, devant notamment les initiateurs de l'Appel, et tout le CEPT... Lui appelait à créer un communautarisme des exploités, des dominés, des discriminés, rassemblant les musulmans et les autres cibles du racisme, les jeunes des cités, mais aussi les homosexuels, les femmes et l'ensemble des travailleurs, des chômeurs.Contre "le seul communautarisme réel en France, celui des possédants, des dominants", je cite des mots dont je me rappelle, à Roubaix je me demandais qui était ce fou, je ne connaissais pas du tout. Il a redit des choses semblables dans les quartiers Nord de Marseille en présence de militants au moins de la LCR qui l'ont rapporté, assez sidérés, mais évidemment, la réunion publique était appelée par une asso des quartiers ou une asso musulmane, je ne me souviens plus. Il a dit aussi qu'il soutenait par solidarité aussi bien l'Appel que la lutte du CEPT, mais qu'il pensait que cela ne serait pas efficace, les campagnes anti-Islam et le racisme étant là pour "diviser pour dominer".
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Re: Racisme anti blanc ?

Message  sylvestre le Mar 6 Nov - 17:58

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Re: Racisme anti blanc ?

Message  Joe Hill le Mar 6 Nov - 20:07

http://couppourcoup31.over-blog.com/article-soutien-a-said-bouamama-et-saidou-du-groupe-zep-112166750.html

Déclaration du collectif anti-impérialiste Coup Pour Coup 31.

De nombreuses personnes attendaient un changement en dégageant Sarkozy. Force est de constater que rien n'a changé bien au contraire. L'impérialisme français est en perte de vitesse et s'attache, à n'importe quel prix, à maintenir ses positions à l'échelle internationale. Cela passe par mener une guerre intérieure et extérieure.

A l'intérieur, le climat en France est de plus en plus raciste, en particulier arabophobe, les expulsions de sans-papiers se font au même rythme que sous Gueant/Hortefeux, les politiques anti-sociales se poursuivent etc. On voit alors à quoi sert le racisme : à être une véritable arme de division massive entre prolétaires.

A l'extérieur, François Hollande ne cesse de nous rappeler ce qu'il est : le chef de l'impérialisme français. Collaboration étroite avec Israël en invitant le premier ministre Netanyahu, déclaration de guerre aux peuples du Mali, de Syrie et d'Iran. Sans oublier le pillage des anciennes colonies d'Afrique, et des colonies des "DOM-TOM" (Antilles, Kanaky etc.).

C'est dans ce contexte, que le sociologue et militant Saïd Bouamama et le rappeur Saïdou du groupe Z.E.P (Zone d’Expression Populaire) ont été mis en examen pour « injure publique » et « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » sur une plainte de l’AGRIF, un groupe d’extrême droite. En cause, un ouvrage et une chanson du même nom, « Nique la France », qui assène en refrain : "Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes / Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes".

Le collectif anti-impérialiste Coup Pour Coup 31 apporte son soutien plein et entier aux deux Saïd. Nous "niquons" nous aussi la France en tant que puissance coloniale et impérialiste aujourd'hui. Mais, ce n'est ni "son histoire", ni "son passé", mais bien son actualité au quotidien ! C'est le sens de notre combat et nous crions donc avec tous les anti-racistes, anti-colonialistes et anti-impérialistes de France et d'ailleurs "Nique l'impérialisme !".

Face à l'impérialisme et au racisme, construisons l'unité populaire !

Joe Hill

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Re: Racisme anti blanc ?

Message  sylvestre le Mar 13 Nov - 13:34

http://www.regards.fr/societe/racisme-anti-blanc-une-campagne-de,5818


« Racisme anti-blanc », une campagne de riposte
Par Emmanuel Riondé| 12 novembre 2012


En octobre, le rappeur Saïdou et le sociologue Saïd Bouamama ont été mis en examen suite à une plainte de l’Agrif qui les accuse, en substance, de racisme anti-blanc. Une campagne de soutien est lancée ce jour. Avec, en ligne de mire au printemps prochain, une "tournée d’agitation/conscientisation". Prémices d’un renouveau, formel et politique, de la lutte antiraciste ?


Dans un an, le 3 décembre 2013, la marche pour l’égalité fêtera ses trente ans. Un anniversaire qui, dans un contexte de tension sociale exacerbée où les discours racistes et islamophobes trouvent un large écho, devrait être dignement célébré par toutes les organisations issues de l’immigration en France. La "campagne durable d’insolence antiraciste" qui débute aujourd’hui pourrait bien en constituer le premier jalon.

De quoi s’agit-il ? En 2010, Saïd Bouamama, sociologue, et Saïdou, chanteur du groupe ZEP (Zone d’expression populaire), cosignent un ouvrage intitulé Nique la France – Devoir d’insolence. Le livre est accompagné d’un CD d’un titre (voir vidéo par ailleurs). Deux supports pour traiter frontalement de la question du racisme institutionnel et d’Etat auquel sont soumis les jeunes issus de l’immigration - qu’ils soient français ou pas - sur le sol hexagonal. Le ton est volontairement féroce. « La provocation est le seul moyen pour faire entendre [la] souffrance [d’]une frange de la population qui n’est pas entendue et qui n’a pas le droit à la parole » expliquait Saïd Bouamama dans un entretien récemment accordé à Daily Nord. Les "deux Saïd" sont établis dans le Nord de la France. Bouamama est sociologue et formateur consultant à l’IFAR [1], militant associatif et politique, figure du mouvement de l’immigration en France, auteur de nombreux articles et ouvrages sur la question du racisme et l’un des fondateurs de l’Appel des indigènes de la République en 2005. Saïdou, aujourd’hui chanteur de ZEP, est membre historique du Ministère des affaires populaires (MAP) groupe de hip-hop lillois qui, en 2006, avait régénéré la scène musicale engagée avec l’album "Debout là d’dans". En octobre dernier, deux ans après la parution de leur livre, les deux hommes ont donc été mis en examen pour « injures publiques envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance à une etahnie, une race ou une religion ». Cette mise en examen fait suite à une plainte déposée par l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne (Agrif), une organisation d’extrême-droite.

Comme dans le cas d’Houria Bouteldja, c’est la question du racisme anti-blanc, cher à Jean-François Copé, qui est posée dans cette affaire. Après avoir été relaxée en janvier (elle avait été attaquée en justice, également par l’Agrif, pour avoir utilisé le terme de "souchiens", lire l’entretien qu’elle avait accordé à Regards en décembre 2011), la porte-parole du Parti des Indigènes de la République (PIR), passait en appel le 15 octobre dernier à Toulouse. Le verdict tombera dans une semaine, lundi 19 novembre. « Si elle est condamnée, le soutien aux deux passera à un soutien aux trois », nous assurait Saïd Bouamama ce samedi aux 4èmes rencontres nationales des luttes de l’immigration qui se sont tenues à Echirolles dans la banlieue de Grenoble. Des rencontres - auxquelles Regards consacrera un reportage dans le premier numéro du trimestriel en décembre - organisées par le Front Uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) durant lesquelles il a justement beaucoup été question du « racisme comme système ». C’était l’intitulé de la première table ronde qui a permis à Saïd Bouamama de rappeler que « nous savons à quel moment la thèse du racisme anti-blanc émerge : le premier à en avoir parlé, c’est Frantz Fanon et il nous dit que c’est lorsque les colonisés se révoltent contre la colonisation, quand le dominé commence à dire non, qu’apparaît cette thèse », dans le discours du colon. « Je pose l’hypothèse, a ajouté le chercheur militant, que cette thèse ré-apparaît aujourd’hui parce que dans le comportement quotidien des jeunes des quartiers populaires, dans les réactions spontanées, immédiates, de ces jeunes, la place de dominés est refusée. On peut débattre de la manière dont ils la refusent, peut-être qu’ils ne la refusent pas avec les formes politiques que l’on voudrait mais quelque chose a bougé dans leur manière de se définir. »
100 000 signatures en février

Une hypothèse qui ouvre le débat non seulement sur les stratégies de la lutte antiraciste mais aussi sur la nature même de cette lutte. Pour Houria Bouteldja, « l’antiracisme traditionnel [français,ndlr] qui date de la fin de la deuxième guerre mondiale et a tendance à se focaliser sur l’aspect moral du racisme, la haine de l’autre » est appelé à « disparaître » au profit d’une approche s’attachant à contrer « un racisme d’Etat et un système de domination dont on ne peut pas se sortir individuellement » et qui appelle donc une riposte politique et globale.

Les débats théoriques et stratégiques sont ouverts. Et vont accompagner la campagne très concrète de soutien à Saïdou et Saïd Bouamama lancée aujourd’hui. Ses objectifs sont clairs et ambitieux : 100 villes, 100 comités d’actions, 100 000 signatures d’ici trois mois. « On souhaite, explique Saïd Bouamama, organiser mi-février une action nationale conjointe dans 100 villes de France. » Au programme : animations, prises de paroles, interventions artistiques, etc. En attendant, dans le courant de cette semaine, une pétition de soutien va être rendue publique sur laquelle figurent des noms venus de tous les horizons politique, intellectuel, militant. Et le site internet www.devoirdinsolence.fr devrait prochainement voir le jour. Avec matériel et documents militants à disposition.

Désormais sur les rails, cette campagne "Devoir d’insolence antiraciste" est à suivre de près car elle pourrait bien être la première des initiatives qui ouvriront la route aux évènements célébrant le 30ème anniversaire de la marche de l’égalité - aka : marche des beurs. Un anniversaire dont tous les mouvements d’immigration entendent bien faire un évènement politique d’importance. Avec une radicalité renouvelée à la hauteur de la dégradation de la situation économique et sociale des populations vivants dans les quartiers populaires de France.
Notes

[1] L’IFAR (Intervention Formation Action recherche) est un organisme de formations sociales : www.ifar-formations.org/
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Re: Racisme anti blanc ?

Message  sylvestre le Dim 30 Déc - 12:52

Un texte de CLR James de 1940 sur Marcus Garvey vaut d'être lu à ce sujet : http://www.marxists.org/francais/james/1940/06/garvey.htm



C.L.R. James

Marcus Garvey
24 juin 1940


Tous les articles publiés sur Marcus Garvey témoignent de la profondeur de la marque laissée par cet homme extraordinaire, en moins de dix années de séjour dans ce pays.

Le mouvement révolutionnaire continue obstinément d'ignorer la signification particulière de son parcours. Il montre ainsi qu’il est toujours sous l'emprise de puissants préjugés qui le conduisent à déprécier ou ignorer l’activité et les réussites du mouvement nègre.

Garvey débarqua en Amérique pendant la guerre et entreprit de militer en faveur de son organisation, l’Universal Negro Improvement Association (UNIA). Il avait pour programme un invraisemblable « retour en Afrique », invraisemblable car la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne qui se livraient la guerre pour l’Afrique ne le faisaient pas pour ensuite la remettre à Garvey. Mais l'on peut penser que lui-même n'y croyait pas. Il se peut qu’au début, il ait pris l’idée au sérieux, mais très vite il a sans doute été convaincu que c’était impossible. Mais les idées de Garvey importent peu.

Il nous faut d’abord remarquer qu’il est apparu sur le devant de la scène dans la période de l’immédiat après-guerre, alors que la révolution déferlait sur l’Europe et que les travailleurs étaient partout en mouvement. Les masses nègres se joignirent à l'effervescence générale et c’est ce mouvement qui porta Garvey. Le grand mouvement de la classe travailleuse américaine qui suivit fut le mouvement en faveur de Roosevelt en 1936. Il mit en branle des centaines de milliers de Nègres qui portèrent leur vote sur le Parti démocrate. Le troisième grand mouvement des travailleurs américains fut la création du CIO. Il entraîna pour la première fois des centaines de milliers de Nègres dans les syndicats. À chaque pas en avant des masses américaines, les Nègres ont joué leur rôle. Cependant la plus importante des mobilisations nègres fut celle en faveur de Garvey.

Pourquoi ? Garvey était un réactionnaire. Il s'exprimait avec virulence mais était opposé au mouvement ouvrier et préconisait d’obéir aux patrons. Une des raisons de son succès réside dans le fait que son mouvement était rigoureusement un mouvement de classe. Il en appelait aux Noirs contre les Mulâtres. Ainsi, il a brutalement écarté la classe moyenne qui est largement de sang-mêlé. Il visait délibérément les plus pauvres, les plus piétinés et les plus humiliés parmi les Nègres. Les millions qui l’ont suivi, la dévotion qu’ils lui manifestaient et l’argent qu’ils lui donnaient montrent où se trouvent les forces les plus vives du mouvement des travailleurs, le puissant réservoir qui attend le parti qui saura en faire usage.

Cependant, Garvey était un fanatique racial. Il en appelait au Noir contre le Blanc. Il voulait la pureté raciale. Une partie importante de sa propagande reposait sur les succès passés des Noirs, sur leur détresse actuelle et sur leur grandeur future.

Avec le mépris des faits qui caractérise les démagogues, il affirmait qu’il y avait 400 millions de Nègres dans le monde, alors qu’il y en a probablement pas la moitié de ce nombre. Qu’est ce que cela nous rappelle ? Qui d’autre qu’Adolf Hitler ? Les similitudes entre les deux mouvements ne se bornent pas à cela. Les Nègres étaient trop peu nombreux en Amérique pour Garvey pour qu’il puisse les exciter à persécuter les Blancs comme Hitler a persécuté les Juifs. Mais son programme a quelque trouble similitude avec celui des nazis. Est-ce là la raison pour laquelle, bien avant Hitler, il a mis en avant les uniformes, les défilés, les gardes militaires, c’est-à-dire pour faire court, a usé de la dramatisation et du spectaculaire ? Les idiots ne voient simplement dans tout cela que l’arrièration de Nègres. Les événements récents devraient leur donner l’occasion de réviser leurs appréciations. Tout ce qu’Hitler a pu mettre en œuvre pour faire appel à la psychologie des foules, Garvey l’a fait avant lui, dès 1921. Son aéropage de baronnets, etc., avec lui-même comme Empereur d’Afrique, était l’héritage de sa vie précédente dans les Caraïbes.

Par bien des aspects, le mouvement de Garvey fut le mouvement politique de masse le plus remarquable que l’Amérique ait jamais connu. Il ne faut pas oublier que Garvey n’avait à la fois rien promis aux Nègres et tout promis. Son organisation n’était pas un syndicat qui exigeait de meilleurs salaires, ni un parti politique qui ouvrait des perspectives pour réaliser un programme. Il n’a rien fait d’autre que de parler de l’Afrique, et presque à la fin de son parcours il a fourni un ou deux navires prenant l'eau qui ont fait une ou deux traversées hasardeuses. Mais le sentiment d’humiliation et d’injustice était si puissant parmi les Nègres et la confiance qu’ils mettaient en Garvey était si forte qu’ils lui ont donné tout ce qu’ils avaient, année après année, pour qu’il accomplisse quelque miracle. Il n’y a aucune révolution qui puisse s’accomplir sans que les masses aient atteint un sommet d’exaltation et qu’elles aient entrevu une nouvelle société. C’est ce que Garvey leur a donné.

Garvey fut l’un des plus grands orateurs de son temps. Peu éduqué, il avait dans la tête les rythmes de Shakespeare et de la Bible. Maître de la rhétorique et de l’invective, il pouvait avec une intensité dramatique soulever les foules d’émotion. Au cours des dernières années, il pouvait envoûter les foules anglaises à Hyde Park en leur parlant de Dieu qui sauverait l’Éthiopie noire grâce à Simon de Cyrène, un homme noir, qui avait aidé Jésus sur le chemin du Calvaire. Comme le disait le poète, « ce qui compte, c’est pas ce que tu dis mais comment tu le dis » !

Ce mouvement et ce dirigeant remarquables demeurent donc inconnus des marxistes américains. Tous les révolutionnaires en peau de lapin qui parlent aux Nègres dans les bistrots et qui de ce fait prétendent connaître la question nègre soulignent les erreurs et les absurdités de Garvey , et ils se figurent ainsi qu’ils contribuent à sa compréhension. Plus que toutes les thèses du Komintern, une des bases de la construction d’un véritable mouvement de masse parmi les Nègres réside dans l’étude de cette première grande poussée des Nègres.
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Re: Racisme anti blanc ?

Message  MO2014 le Mer 28 Oct - 12:57

Pourquoi en tant que blanche, je participe à la Marche de la dignité
Roxane / mardi 27 octobre 2015 /

Le 31 octobre prochain, la MAFED, collectif de femmes « racisées », [1] , organise une marche pour la dignité. Pas pour la réclamer, non : pour l’affirmer. Les racisé-es sont déjà dignes, ils n’ont pas à attendre qu’on la leur octroie. Ils, hommes et femmes, le sont, ils le disent, ils vont marcher pour l’affirmer. Ils vont marcher pour exiger l’égalité concrète et la justice. Vingt ans après la Marche pour l’égalité de 1983, 10 ans après la mort de Zyed Bena et Bouna Traore, énièmes victimes de la police, il est temps.

Je marcherai, moi aussi, le 31 octobre prochain, de Barbes à Bastille. Je marcherai, mais pas devant, pas entre deux camions sono-merguez, trois drapeaux rouges et des centaines de moustachus, pas cette fois. Je marcherai, mais derrière. Derrière les familles des victimes des crimes policiers, derrière les femmes « racisées », à l’initiative de ce mouvement, derrière les organisations issues de l’immigration, derrière celles représentant les quartiers populaires en lutte. Je marcherai, mais à ma juste place, avec la foule d’anonymes, ceux, trop nombreux, qui expérimentent, dans la douleur, les nombreux et tragiques effets du système racial en France et aussi ceux qui en reconnaissent l’existence et donc admettent la nécessité, l’urgence de le combattre.
Pourquoi vais-je marcher le 31, avec ma peau diaphane et mon patronyme de souche ? Pourquoi ai-je hâte d’aller me geler les miches de Barbès à Bastille, un samedi d’octobre ?

Parce que la parole des non-blanc(s)-hes est confisquée, étouffée [2] Qui parle d’elles et d’eux ? Qui filme les reportages sur les « jeunes de banlieue » ? Qui, d’ailleurs à inventé cette catégorie ? Qui produit les politiques racistes et discriminantes qui les répriment ? Qui débat au Parlement de l’opportunité d’exclure des jeunes filles à cause de leur voile du système scolaire ? Qui, d’ailleurs, construit les programmes, vote les lois ? Qui donne cours dans les amphis, qui est en salle des profs, dans les ministères ? Qui apparait sur les affiches publicitaires, dans les devantures des librairies, les plateaux tv, les rédactions ? Qui compose le CAC 40 ? Qui parle dans « touche pas à mon pote » ? Pas eux, non. Nous. Nous, les blancs.
"Nous sommes les blancs..."

Il est temps pour nous de cesser de froncer les sourcils lorsque nous entendons ce terme. D’arrêter de balayer d’un revers de la main les arguments visant à démontrer la pertinence de l’usage de ce mot-là, les blancs, comme groupe social. Dans un système racial discriminant, qui réprime, violente et assassine les personnes « racisées », nous devons impérativement regarder les choses en face. Nous sommes les blancs. Nous sommes la couleur des collants « chair » et celle du fond de teint « naturel ». Notre race sociale existe bel et bien, puisque ceux qui n’y appartiennent pas en souffrent, en meurent, doivent faire face à des oppressions systémiques et des difficultés d’accès à tous les domaines de la vie sociale, économique, politique, à la vie tout court même, dans le cas des victimes des crimes policiers. On parle ici aussi d’emploi, de logement décent, d’accès à la prise de parole, au pouvoir médiatique, politique, économique.

Aucun policier ne nous assassinera uniquement parce que l’on est blanc, personne ne nous refusera un emploi ou un logement uniquement sur la base de notre appartenance raciale blanche – réelle ou supposée. Nous appartenons ainsi, de fait, à ce que l’on peut appeler le groupe dominant, celui qui bénéficie de tous les privilèges, quand bien même individuellement nous nous y refuserions. Les structures sociales nous dépassent mais pour les combattre, pour les mettre à terre, il faut les comprendre et analyser notre propre position dans les rapports de domination. En attendant, concrètement, nous sommes les blancs. Nous devons nous penser enfin comme tels et agir dans ce cadre.
Globalement, se reconnaitre blanc, admettre l’existence et la permanence du système racial français, tenter d’en comprendre les origines (coloniales notamment) mais surtout les effets, relève du devoir. Devenons des traitres. Dénonçons. Refusons, par tous les moyens à notre disposition, de participer à la reproduction de ce système. Nous n’y parviendrons qu’en redonnant la parole et la place aux « racisé-es », en accordant foi et soutien à leurs témoignages, actions et expériences autonomes. Nous devons nous taire pour leur faire enfin place. Marcher derrière, pour une fois (la première d’une longue série) mais marcher avec. Proposer un soutien, pas noyauter un mouvement, pas prendre des décisions à leur place. Les mouvements autonomes « racisés » ne nous excluent pas, ils nous interpellent. Nous pouvons et nous devons y participer. A notre juste place.

Venez, les blancs, on vous attend.
http://contre-attaques.org/magazine/article/pourquoi-en

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Re: Racisme anti blanc ?

Message  Toussaint le Dim 1 Nov - 15:38

Remarquable texte, qui remet bien les choses en place.
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Re: Racisme anti blanc ?

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