L'écologie ? Une punition...

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L'écologie ? Une punition...

Message  gérard menvussa le Ven 22 Juin - 18:29

Excellent article de "carfree", un site spécialisé contre les dégats de la bagnole (mais attention, la bagnole c'est le Progrés)


L’écologie, c’est Batho !

Francois Hollande nous a écouté! Nous disions ici-même que Nicole Bricq n’avait rien à faire à l’écologie, étant plus spécialisée dans l’environnement concurrentiel que dans l’environnement tout court… Bricq-au-marchė hérite donc, sans doute pour le plus grand bien de l’écologie, du ministère du commerce extérieur. Le problème, c’est qu’elle est remplacée au ministère de l’écologie par Delphine Batho, qui réussit la performance de s’y connaître encore moins bien dans le domaine environnemental…

Mais d’abord, un petit mot d’adieu ému à Nicole Bricq qui au bout du compte nous a surpris. Cette spécialiste de la fiscalité, remerciée par Hollande après un CDD d’un mois seulement, avait réussi à faire quelque chose d’assez incroyable au ministère de l’écologie, à savoir de l’écologie! Car, en moins d’un mois à ce ministère, elle a trouvé le moyen de suspendre tous les forages de prospection pétrolière en France. C’était la semaine dernière et toutes les compagnies pétrolières en sont restées sur le cul. Enfin, pas longtemps, car Total, Shell et consorts sont vite montées au créneau élyséen. Résultat: des ordres ont été donnés aux préfets pour que les forages reprennent illico-presto…

Pour beaucoup, l’histoire des forages a signé l’arrêt de mort de Nicole Bricq. Rendez-vous compte, on se retrouvait avec une ministre de l’écologie qui avait le culot de faire de l’écologie! Faut pas déconner non plus…

Dès lors, deux options s’offraient à François Hollande: la suppression du ministère de l’écologie ou le remplacement de Nicole Bricq par une marionnette. Comme la suppression du ministère de l’écologie aurait sans doute fait un peu tâche, je vous laisse deviner quelle option a été retenue…

Les pétroliers n’ont qu’à bien se tenir! La nouvelle ministre de l’écologie va mettre au pas les PME pétrolières comme Total et Shell. L’environnement va revenir au coeur du débat politique, vous savez, le climat, la sixième extinction des espèces, la pollution généralisée, etc. Grâce à qui?

Delphine Batho, c’est cela… Que dire? Spécialiste des questions de sécurité, elle était logiquement nommée il y a à peine un mois au ministère de la justice sous l’autorité de Christiane Taubira.

Aux dernières nouvelles, elles ont passé un mois à se tirer la bourre et on a évité de peu l’intervention du GIGN pour les séparer… La France attendait impatiemment une solution pour la Justice et François Hollande a donc statué: Delphine Batho aura une promotion et passera du rang de secrétaire d’état au rang de ministre à part entière, en l’occurrence de l’écologie mais c’est ici un peu accessoire.

En fait, on nous refait le coup de Borloo en 2007! Après une grosse gaffe sur la TVA sociale, Jean-Louis Borloo était muté d’office à l’écologie. Aujourd’hui, c’est Delphine Batho qui est mutée d’office à l’écologie parce qu’elle a fait rien que des méchancetés à sa camarade Christiane…

On connaissait l’écologie punitive, voici maintenant le ministère punitif. À la moindre connerie, vous êtes muté à l’écologie! La honte, quoi!

C’est pourquoi, c’est assez coton de faire un portrait de Delphine Batho sous l’angle écologique. Même en étant un pro de Google, vous aurez du mal à trouver la trace du moindre fait d’arme de Batho en matière environnementale. L’environnement est une vaste page blanche…

Comment vous dire, mettre Delphine Batho au ministère de l’écologie c’est un peu comme mettre Nadine Morano dans un gouvernement!

Mais au fait, qui est vraiment Delphine Batho? Wikipédia nous dit que c’est une femme politique française, née le 23 mars 1973 à Paris 12e. Ancienne leader dans les mouvements syndicaux lycéens, elle passe ensuite une grande partie de sa courte carrière à SOS Racisme puis devient « spécialiste de la sécurité au Parti socialiste ». Le lien entre SOS Racisme et la sécurité n’est pas forcément évident, malgré ce que pense sans doute Nadine Morano…

Wikipédia nous apprend qu’elle est « politiquement influencée par Daniel Balavoine, Coluche et Pierre Desproges ». C’est quand même vraiment n’importe quoi Wikipédia!

Première information d’importance, elle fait ses classes au lycée Henri-IV à Paris, « sur les mêmes bancs que Mazarine Pingeot ». Delphine Batho a donc posé son séant très près de celui de Mazarine Pingeot, c’est le genre de proximités qui forge un destin politique.

Très vite, « elle est repérée par Julien Dray » lors du mouvement étudiant de 1990. A ce stade, on ne sait pas encore si c’est très bon pour sa carrière… D’autant plus que Julien Dray est alors en plein dans sa période « montres de luxe »…

Le baccalauréat en poche en 1992, elle s’engage dans des études d’histoire à Jussieu qu’elle abandonne. C’est dur de faire à la fois des études et du syndicalisme étudiant! Alors qu’elle vient de quitter l’organisation lycéenne, elle devient vice-présidente de SOS Racisme en septembre 1992.

Elle adhère ensuite au Parti socialiste en 1994 et devient membre du courant la Gauche socialiste avec Julien Dray, tiens tiens, aux côtés de qui elle commence à travailler les thèmes de la sécurité.

Puis, c’est l’escalade vers les sommets… Lors du congrès de Grenoble de 2000, elle entre au Bureau national du PS. En 2003, lors de l’éclatement de la Gauche socialiste, elle reste fidèle à Julien Dray, toujours, dont elle est alors l’employée au conseil régional d’Île-de-France… chargée des questions de sécurité.

Elle rejoint la motion de François Hollande au congrès de Dijon (mai 2003) et devient l’année suivante, secrétaire nationale, chargée de la sécurité, encore, dossier sur lequel elle travaille depuis 1998. Elle défend alors la ligne « prévention sanction » parfois aussi appelée « carotte et bâton »…

En 2006, elle suit les cours comme auditrice à l’Institut national des hautes études de sécurité. C’est toujours bien de faire de la formation continue pour développer ses compétences…

Ségolène Royal, candidate à l’élection présidentielle de 2007, intègre ses réflexions en matière de sécurité dans le concept d’ »ordre juste » (le bâton sans la carotte). Dès lors, Delphine Batho est parmi les proches de la candidate et la conseille.

Delphine Batho est aussi à cette période vice-présidente du groupe socialiste à l’Assemblée nationale chargée de… la sécurité.

Responsable du projet de Ségolène Royal lors des Primaires citoyennes de 2011, Delphine Batho devient, après la victoire de François Hollande aux primaires, l’un des quatre porte-parole du candidat socialiste pour l’élection présidentielle de 2012.

Le 16 mai 2012, elle est nommée ministre déléguée à la Justice dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault, auprès du garde des Sceaux, Christiane Taubira.

Suite à sa nomination au gouvernement, elle annonce qu’elle va quitter, comme le réclamait au nom de l’exemplarité depuis l’automne 2009 la Régie immobilière de la ville de Paris, son logement intermédiaire de 108 m2 dans le 19e arrondissement de Paris, loué pour 1 524 euros par mois, qu’elle occupait depuis 2001, par le biais du 1% patronal comme salariée à l’époque du conseil régional d’Île-de-France.

Ouf, tout va bien!

gérard menvussa

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Re: L'écologie ? Une punition...

Message  gérard menvussa le Ven 22 Juin - 18:41

Et toujours dans la même, un article de "rue 89"

Nicole Bricq virée de l’Ecologie : un coup du lobby pétrolier ?
Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Sale temps pour l’écologie. Dans le gouvernement Ayrault 2, la ministre de l’Ecologie est passée de la huitième à la dixième place dans l’ordre protocolaire, derrière les ministres du Redressement productif et du Commerce extérieur.

En outre, Nicole Bricq passe de l’Ecologie au Commerce extérieur et est remplacée Delphine Batho. Ce remaniement n’est pas seulement une promotion pour cette dernière, c’est aussi une sanction de la première, qui n’a pas obtenu gain de cause face à Shell et à Victorin Lurel (le ministre des Outre-mer). Sur le dossier des forages pétroliers en Guyane, le gouvernement a fait le choix de l’emploi, pas celui de l’environnement.
Impact

L’exploitation pétrolières se ferait par 6 000 m de fond, 2 000 m d’océan et 4 000 m de plancher océanique. La recherche d’hydrocarbure pourrait perturber les mammifères marins au large. La Guyane abrite par ailleurs 95% de la biodiversité terrestre française.

Rappelons les faits : le pétrolier Shell était titulaire de permis d’exploration ouvrant sur une surface de 24 000 km2 à quelque 150 km des côtes de la Guyane. Permis que Nicole Bricq entendait suspendre dans l’attente d’une rénovation du code minier. Main dans la main avec Arnaud Montebourg, la ministre disait le 14 juin vouloir « obtenir des garanties économiques et écologiques qui n’existent pas aujourd’hui ».

Une semaine plus tard, virage à 180° : l’Etat accorde ces permis de recherche à Shell. Les ONG de défense de l’environnement demandent des éclaircissements sur ce revirement, sans succès.
Des emplois à la clé

Entre-temps, le dossier a été repris en main par Matignon. Le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), Jean-Louis Schilansky, a confié au Monde :

« Shell disposait d’un permis en bonne et due forme et avait déjà engagé 250 millions de dollars dans cette opération... La décision du ministère de l’Ecologie était un signal négatif donné aux investisseurs étrangers. »

La présidente du Medef, Laurence Parisot, très remontée sur ce sujet, avait été reçue par le directeur de cabinet du Premier ministre. Et Victorin Lurel, le ministre des Outre-mer, avait rappelé dans un communiqué « son attachement à ce projet qui doit notamment profiter à la Guyane, tant en termes de retombées financières et de développement économique que d’emplois créés localement ».
« Un lobby efficace mené par l’industrie pétrolière »

Jeudi, alors qu’elle est au sommet de Rio+20 où elle représente la France aux côtés de François Hollande, Nicole Bricq apprend à la fois qu’elle perd son arbitrage sur le dossier guyanais et qu’elle doit abandonner le ministère de l’Ecologie.

Les ONG, avec qui elle préparait la conférence environnementale prévue à l’été, sont tombées des nues. Pour le porte-parole de FNE, Benoît Hartmann :

« Il est difficile de ne pas voir l’éviction de Nicole Bricq comme la conséquence possible d’un lobby efficace mené par l’industrie pétrolière. Il est vrai qu’en période de crise, le chantage à l’emploi est d’une redoutable efficacité. »

Interrogé sur Europe 1, le sénateur EELV Jean-Vincent Placé, qui la jugeait compétente, se dit « surpris » et « inquiet ».

L’ancienne ministre de l’Environnement du gouvernement Juppé, ralliée depuis à François Hollande, Corinne Lepage, juge cette affaire « abracadabrantesque ». Jointe par Rue89, elle explique :

« La ministre avait pris une position raisonnable, elle avait conditionné les permis aux études d’impact. Et puis quelques jours plus tard, on apprend que ces permis sont confirmés et une nouvelle répartition des royalties entre Shell, l’Etat et les collectivités locales est décidée. Mais en trois jours, la situation environnementale n’a pas changé. »

« L’écologie, la variable d’ajustement »

L’éviction de Nicole Bricq a permis de trouver un poste à Delphine Batho, qui ne s’entendait pas avec Christiane Taubira et qu’il fallait féliciter pour sa brillante réélection au premier tour – d’autant que ce fut la protégée de Ségolène Royal en Charente.

« Peut-être que c’est à la fois pour faire cet arrangement technique et parce que les lobbies ont gagné, mais dans dans les deux cas, c’est une très mauvaise nouvelle pour l’environnement », estime Corinne Lepage. Dans tous les cas :

« C’est un manque de considération flagrante pour ce ministère dont je rappelle quand même qu’en 2007, c’était un ministère d’Etat, numéro deux du gouvernement. Là, il est la variable d’ajustement de considérations qui lui sont totalement extérieures. »

Autre ancienne ministre de l’Ecologie, Chantal Jouanno a, elle, qualifié cette décision de « trahison par rapport aux principes de l’écologie ».

Reste que Delphine Batho n’avait pas de prédisposition particulière pour l’écologie. A part quelques prises de position pour la défense du marais poitevin et contre le pesticide Cruiser, la députée des Deux-Sèvres et porte-parole de François Hollande était plutôt intéressée par les questions de sécurité.

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