Contribution pour la CN

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Re: Contribution pour la CN

Message  Copas le Lun 25 Juin - 8:33

Bon texte de départ.

fée clochette a écrit:Ma contribution au bulletin de débats pour la CN, écrite avec des camarades qui sont des militants CGT
j'ai enlevé les noms, vu que je ne leur ai pas demandé leur accord (ceux et celles qui ont le BD verront les signatures)


Une boussole et un fil à plomb

Avec la tenue d’une Conférence Nationale décisionnelle début juillet, nous nous dirigeons une fois de plus vers des textes de compromis échafaudés à la va-vite, mêlant tous les niveaux du débat.
Des questions essentielles, centralité de la classe « ouvrière », démarche transitoire, rôle des institutions, des élections, doivent faire l’objet des débats du prochain congrès. Dans l’immédiat nous devons nous donner les moyens de débattre collectivement pour être capables d’agir sur la durée.

Une boussole : la reconstruction du mouvement ouvrier.

Nous devons (re)prendre au sérieux une des idées fondatrices du NPA, la nécessité de « reconstruire » le mouvement ouvrier. Le lent effacement du stalinisme, faisant suite à celui de la socialdémocratie, dans les entreprises et les quartiers, au-delà du refuge électoral qu’ils peuvent représenter, laisse un vide militant tant du point de vue des repères que de la présence et de la pratique quotidienne notamment dans les mobilisations. Ce sont des repères collectifs, des expériences qu’il s’agit de reconstruire, au quotidien.

Il s’agit de mettre l’accent sur l’un des obstacles essentiels à la mobilisation du salariat :
l’affaiblissement de ses équipes, de ses expériences, et d’aborder frontalement deux questions récurrentes : l’impressionnisme politique et la sacralisation de l’unité.
Sur la situation politique, le très grand impressionnisme, le plus souvent alimenté par les seuls résultats électoraux, conduit à une surévaluation du rapport de forces entre les classes, trait caractéristique de notre courant. Ceci laisse sans réponse les interrogations des camarades qui, notamment pour ceux qui militent dans les entreprises subissent les plus grands reculs sociaux, politiques et militants et conduit une partie d’entre eux/elles à se replier sur leur activité syndicale ou associative, le parti se révélant inutile dans l’activité quotidienne.../...

Une direction doit avoir des mandats et le parti, chaque militantE, doit pouvoir contrôler la travail des directions sur la base de ces mandats. Et, dans l’urgence, nous devons refonder notre système de « communication » (feuille hebdo, d’entreprise, presse écrite, site, etc.). Il s’agit de parvenir à nous tourner vers l’extérieur, militer avec le plus grand nombre, mais nous devons disposer d’un matériel dont l’ensemble de l’organisation puisse se saisir et en priorité conçu pour répondre aux besoins des militants dans les entreprises et les quartiers… là où le plus important se joue.

Loin de bien des flous ce texte donne de bonnes pistes qui rompent complètement avec des débats sur la bible en latin. Je rajouterai que s'adresser à l'ensemble de la classe ouvrière ce n'est pas seulement distribuer des tracts à la porte des entreprises, mais également utiliser internet pour faire des sites populaires de construction du parti dans la classe ouvrière et mobiliser massivement au plus large.

Ce sont aussi des sites de secteur puissants qui gardent les deux aspects intimement liés, construction concrète du parti et propagande, agitation auprès des plus larges masses.

C'est également et surtout un parti qui aide ses militants dans les entreprises, par rapport aux problèmes réels rencontrés, c'est également la création de groupes de travailleurs pour le pouvoir des travailleurs dans les entreprises et les secteurs.

Ca urge !

Nous nous précipitons vers des phases dures et chaotiques, de nouvelles grandes agressions de la bourgeoisie et son gouvernement Hollande, ce qui va se jouer c'est notre capacité à peser en étant dans la classe ouvrière, dans les entreprises,...

C'est la feuille de route immédiate, construire un parti qui travaille à la ré-organisation du mouvement ouvrier sur des bases de classe et de résistance, et pas sur des délimitations politiciennes et électoralistes.

De ce point de vue le passé du gauchisme , correspondant à une époque où le réformisme politique organisé était sur-puissant, n'apporte pas beaucoup de solutions.
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Message  Toussaint le Mar 26 Juin - 3:11

La question de la tendance intersyndicale qu'avance Copas ne figure pas dans ce texte.
Pourquoi? Désaccord?
Quelle forme de structuration pour le travail dans différents syndicats mais dans la même boîte ou la même branche? Perso, je n'avais pas trop compris la pertinence de l'abandon du travail de fraction syndicale. Mais j'aimerais savoir s'il y a un bilan dessus. Il me semble qu'une partie des errances est venue aussi à partir du moment où des copains avaient des responsabilités de direction dans des fédés ou des directions syndicales nationales. Les satisfecits adressés par exemple en 2003 à la direction FSU m'avaient laissé rêveur lorsqu'on se les était tapés au début de la grève et qu'ils faisaient tout pour isoler les grèves qui démarraient dans le sud et les étouffer, sans parler de leur grève perlée qui nous a menés pour le coup droit à la défaite. Beaucoup de gens dans les ex-LCR que je connais sont mieux informés que moi, mais vont dans ce sens. Un certain accommodement... qui n'exclut pas d'ailleurs les affrontements plus musclés, mais en général à notre défaveur. Le travail de fraction intersyndicale et de construction d'une tendance intersyndicale me semble relever du bon sens.

Ensuite, même si ce n'est pas une question qui mord la nuque, j'aimerais savoir si le NPA compte ou pas travailler à la formation d'un courant international ou d'une organisation internationale, cela impliquerait en finir avec les sornettes du "socialisme du 21ème siècle" et autres avatars. Il me semble que l'absence d'un travail international est très révélatrice de la régression politique, alors même que la situation exigerait le contraire. Je ne pense pas qu'il soit bon ni efficace de ne se concentrer que sur les tâches nationales et locales. Pas la peine de citer Lénine pour se rendre compte que l'internationalisme n'est pas un supplément d'âme. En la matière aussi il me semble que les vieilles leçons n'ont rien perdu de leur validité, l'exstence détermine la conscience. Je me souviens d'une phrase de Sabado en 2003 disant qu'OB avait remis la LCR dans la France. Cela m'avait fait frémir... et je suis convaincu que l'évolution en crabe pour le coup n'a pas été acccompagnée pour rien par un retrait des activités internationalistes de la LCR. Je ne parle pas de l'altermondialisme qui était devenue la tarte à la crème des interventions d'OB, mais bien de l'internationalisme révlutionnaire. Soyons clairs, ej ne méprise pas le travail "altermondialiste", mais là encore, pas de boulot coordonné, pas de ligne politique, pas d'objectifs clairs, on oscillait entre l'opportunisme et le sectarisme (je dis "on" parce que pour le coup j'en ai fait partie). Pareil sur la Palestine, pareil sur pratiquement toutes les questions internationales.
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Message  Copas le Mar 26 Juin - 7:44

Toussaint a écrit:La question de la tendance intersyndicale qu'avance Copas ne figure pas dans ce texte.
Pourquoi? Désaccord?

Tout n'est pas abordé, mais c'est un débat ouvert.

Pour reprendre l'organisation large du mouvement ouvrier qui s'est écroulé plus vite en termes d'emprise sur la classe ouvrière que les disponibilités en termes de mobilisation.

- La question de l'unification des syndicats sur des bases de classe, en bousculant les bureaucraties est un axe nécessaire. Pas seulement théorique, ni scolaire (la question du syndicalisme dans l'éducation nationale a des déformations spécifiques liées au type de couche sociale de la classe ouvrière que sont les enseignants dans ce secteur qui ne se transposent pas mécaniquement dans les autres entreprises et secteurs).
L'affaiblissement, la fragmentation et la nomenclaturisation du mouvement syndical en France sont les trois traits dominants actuels du syndicalisme pour la France.
- La construction d'une tendance inter-syndicale de classe qui se fixe des objectifs de reconstruire les organisations de résistance de masse allant au delà des questions de rassembler des morceaux de boutique mais touchant à la construction là où le mouvement syndical n'existe plus ou a été balayé. Nous allons trouver des alliés sur ce terrain, avec des positions disparates, mais... Ce n'est pas une sous-division qui est recherchée, ni seulement une opposition mais des objectifs de construction .
- La question des nomenclaturas (qui maintiennent les divisions pendant qu'elles concoctent l'unité à la CES par en haut) est un verrou pour toute dynamique qui mettrait aux prises un mouvement et ces bureaucraties, comme l'automne 2010).
- Pour cela, rien de possible sans bien plus qu'une fraction syndicale, un parti dans la classe ouvrière ayant ses directions de secteurs et d'entreprises quand ces dernières sont grandes (Poste, hôpitaux, etc), qui intervient pour se construire et porter large le champ qui va des questions de résistance jusqu'au pouvoir des travailleurs.
- Pour construire le parti, des groupes de travailleurs révolutionnaires (formule à préciser mais qui essaye de rassembler les travailleurs radicalisés qui existent mais qui demeurent isolés dans les entreprises, les conditions d'expression de ceux-ci n'existant pas dans les entreprises, sauf dans une partie de l'éducation nationale).
- La question de l'utilisation des outils de communication numérique est un point non-négligeable aussi important que la com papier (qui conserve l'avantage de la proximité physique).
- La fraction syndicale là dedans , j'en sais rien, mais soumise à la direction dans les entreprises et secteurs, aux objectifs globaux. Il ne s'agit pas là d'en avoir une vision mécaniste et caporaliste, mais...d'éviter au maximum de perpétuer des enfermements dans chaque syndicat concurrent.

Etc
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Message  Sparta le Mar 26 Juin - 12:47

Le problème ne se situe pas dans la mise en action de moyens techniques classiques soient-ils (le tract) ou modernes soient-ils (le numérique), moyens que possède nettement la classe dominante en plus grande quantité et en plus forte puissance. Le problème réside dans la dialectisation politique de ces moyens. La dessus, la différence est fondamentale entre la bourgeoisie et le prolétariat, entre le parti bourgeois et le parti ouvrier révolutionnaire.

Il est clair que l'ensemble de ces moyens vise à optimiser la lutte du parti ouvrier révolutionnaire et, à travers lui, celle du prolétariat. Mais optimiser ça veut dire quoi ? Quel est le rôle de ces moyens dans cette optimisation ? Optimiser et rôle de ces moyens veulent dire amener le parti et le prolétariat à redresser révolutionnairement la ligne des syndicats (pas des bureaucraties) dans lesquels se rassemblent les ouvriers pour lutter. Alors, qu'attendons-nous de ces syndicats dans ces moments de luttes ? Ces syndicats, dont le coeur est le prolétariat en lutte, doivent admettre le rôle dirigeant du parti. Pour cela, dans ces luttes, le parti doit marcher en avant, doit arracher sa place d'avant-garde et non, comme a dit Plekhanov, regarder le postérieur du prolétariat. Ne jamais laisser le prolétariat dépasser en action le parti. Le parti doit en permanence s'appuyer sur les ouvriers les plus proches pour les transformer en révolutionnaires pour élargir ainsi sa capacité à encadrer le prolétariat en lutte.

Si certains sacralisent la lutte spontanée du prolétariat, cette dernière est aussi à craindre, car elle ne manque pas de se jeter, dès le début, dans l'économisme qui maintiendra le prolétariat sous la domination bourgeoise. Le parti doit sans relâche lutter pour le détourner de cette tendance. Il doit penser à l'élargissement politique et spatial de toute la lutte : " d'une seule usine à l'ensemble de la profession, d'une seule localité à l'ensemble du pays".

En conclusion, je suis plus intéressé par le rôle dirigeant du parti dans toutes ces luttes. Les instruments n'y sont importants que dans la mesure où ils mènent à ce seul but.

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Message  Copas le Mar 26 Juin - 21:34

Sparta a écrit:Le problème ne se situe pas dans la mise en action de moyens techniques classiques soient-ils (le tract) ou modernes soient-ils (le numérique), moyens que possède nettement la classe dominante en plus grande quantité et en plus forte puissance. Le problème réside dans la dialectisation politique de ces moyens. La dessus, la différence est fondamentale entre la bourgeoisie et le prolétariat, entre le parti bourgeois et le parti ouvrier révolutionnaire.

Personne ne dit que l'utilisation de nouveaux moyens techniques sont au centre et l'alpha et l'oméga de tout.
Par contre ils sont importants dans le combat. Puisqu'il faut en parler, les révolutionnaires ont toujours utilisé les moyens de propagande et d'organisation que leur permettaient la technique. Les partis révolutionnaires de jadis n'ont pas regardé avec suspicion les journaux et les tracts sous prétexte que la bourgeoisie est plus forte là dessus. Pourtant, dans une grande partie du NPA existe une méfiance réactionnaire envers des moyens utiles aux mouvements sociaux et luttes ouvrières. La semaine dernière j'ai encore vécu un puissant mouvement de grève dans un pays sans libertés en utilisant tracts mais aussi largement outils numériques pour résister, organiser et défiler.

Le tout début de la révolution tunisienne (quand on s'époumonait à attirer l'attention des "révolutionnaires" sur ce qui se passait), bien avant qu'on ne parle de révolution, fin 2010, ce n'est pas le suicide d'un vendeur de fruits (ce n'était pas le premier), ni le ras le bol des Tunisiens, ni la crise (pas nouveau), ni la répression, ... mais le fait qu'à tous ces éléments, immédiatement, les gens ont passé ce qui se passait à l'extérieur de la ville, de la région, du pays du monde. Les autres circonstances étaient réunies, et c'étaient déjà produites avec les répressions que l'on sait, une autre circonstance a ajouté une goutte de plus qui a joué dans le rapport de force fondamentalement.

Donc, malgré ce détour sur ce petit aspect qui devrait être évident tant depuis quelques années les révolutionnaires pourraient avoir une télé sur le net, engageant le fer sur la propagande de masse avec la bourgeoisie. Ca ne changera rien du reste mais donnera un moyen de plus même pour construire le parti (on pourrait parler des prolétaires chinois et paysans communautaires qui ont utilisés massivement ces outils, d'un des PCO d'Iran qui a tenu une télé du net pendant 1 an, etc). Et il ne s'agit pas de faire cela au détriment du reste.



Il est clair que l'ensemble de ces moyens vise à optimiser la lutte du parti ouvrier révolutionnaire et, à travers lui, celle du prolétariat. Mais optimiser ça veut dire quoi ? Quel est le rôle de ces moyens dans cette optimisation ? Optimiser et rôle de ces moyens veulent dire amener le parti et le prolétariat à redresser révolutionnairement la ligne des syndicats (pas des bureaucraties) dans lesquels se rassemblent les ouvriers pour lutter. Alors, qu'attendons-nous de ces syndicats dans ces moments de luttes ? Ces syndicats, dont le coeur est le prolétariat en lutte, doivent admettre le rôle dirigeant du parti. Pour cela, dans ces luttes, le parti doit marcher en avant, doit arracher sa place d'avant-garde et non, comme a dit Plekhanov, regarder le postérieur du prolétariat. Ne jamais laisser le prolétariat dépasser en action le parti. Le parti doit en permanence s'appuyer sur les ouvriers les plus proches pour les transformer en révolutionnaires pour élargir ainsi sa capacité à encadrer le prolétariat en lutte.

Personne n'indique qu'il s'agit de redresser révolutionnairement les syndicats, mais quiconque est dans une entreprise sait que ce sont les seules organisations de résistance sur le terrain même de l'exploitation. Et elles répondent à une question lancinante que devra résoudre les poussées auto-organisatrices : la permanence de la résistance et de l'organisation de masse des travailleurs . Avec les défauts en contre-partie. Ce sont également de bons cadres de ténacité .
C'est une question que le parti doit prendre en main et la travailler. Notamment sur la conception d'un parti de lutte qu'on confondrait avec un parti de lapins de garenne dans les champs. Le parti comme les organisations de résistance de masse ont besoin de chair et de durée, pour lesquels les moments de luttes intenses sont des parties émergées de mouvements en profondeur.

Par contre nous ne sommes pas là pour faire seulement de la résistance mais prendre le pouvoir, il y a donc nécessité d'une organisation politique qui pense cela, construit, mène une orientation dans les entreprises, essaye de convaincre les travailleurs qui ne se satisfont pas de la défensive, à poursuivre une lutte permanente vers la prise en main par les travailleurs de leur destin.

Si je suis dubitatif sur la façon de présenter le problème de l'avant-garde, je pense par contre qu'on ne peut faire de résistance de masse efficace quand on est révolutionnaire sans travail du parti du dedans la classe (ni derrière ni devant ni au milieu).

Le grave serait de croire que c'est l'auto-organisation ou le syndicat dans la société telle qu'elle est dans beaucoup de pays. Il y a bien des chemins et des routes pour construire l'auto-organisation vers l'autogestion. Bien des chemins peuvent apparaitre, il s'agit de les utiliser sans lâcher sur la luttes pour les fonadamentaux.

Si certains sacralisent la lutte spontanée du prolétariat, cette dernière est aussi à craindre, car elle ne manque pas de se jeter, dès le début, dans l'économisme qui maintiendra le prolétariat sous la domination bourgeoise. Le parti doit sans relâche lutter pour le détourner de cette tendance. Il doit penser à l'élargissement politique et spatial de toute la lutte : " d'une seule usine à l'ensemble de la profession, d'une seule localité à l'ensemble du pays".

En conclusion, je suis plus intéressé par le rôle dirigeant du parti dans toutes ces luttes. Les instruments n'y sont importants que dans la mesure où ils mènent à ce seul but.

Bien, as-tu lu Mansoor Ekmat sur les questions d'avant-garde et de fraction du prolétariat qui existe toujours et souhaite aller au delà renverser le capitalisme ?
Je sais que ce n'est pas la filiation trotskyste mais en matière de lutte contre les illusions déterministes, sur la question de l'avant-garde, et l'existence, avec ou sans parti, d'une fraction du prolétariat qui cherche toujours à aller au delà et renverser le capitalisme ?
Pourtant ce n'est pas le genre de rigolo et de saltimbanque en matière d'organisation...

On n'est pas obligé d'en partager l'orientation globale mais il résout élégamment l'alternative entre avant-garde et courant de la classe ouvrière, l'interrogation sur le fait que depuis 2 siècles, avec ou sans partis, il y a toujours eu des travailleurs qui souhaitaient aller au delà de luttes basiques pour renverser le capitalisme, ce qui ne signifie pas que ces travailleurs aient trouvé le chemin le meilleur pour renverser le capitalisme et prendre le pouvoir . Pour cela un parti est indispensable mais pas comme ventriloque ou organisation du pouvoir des travailleurs, mais comme une organisation qui travaille dans sa classe a créer les conditions d’appropriation des luttes puis du pouvoir par les travailleurs.

Bien il n'y a pas que Plekhanov, et comme dirait l'autre, quand on regarde le postérieur du prolétariat c'est qu'on n'est pas dedans (dans le prolétariat s'entend javascript:emoticonp('Very Happy')).
La remarque de Plekhanov ne concerne que ceux qui n'y sont pas, c'est pour ainsi dire leur problème.

Pour ceux qui y sont et en font partie (qu'ils soient adoptés par la classe ouvrière, en provenances d'autres classes, ou qu'ils en soient partie de naissance à la vie active), le parti est indispensable et vit dans les combats de la classe, pour préparer et organiser les batailles suivant ses objectifs fondamentaux.

Aucun parti ouvrier ne sert à quelque chose actuellement pour des militants révolutionnaires dans l'épicentre des batailles, les entreprises. Pourtant nos idées ne sont pas mal accueillies, mais pour les faire vivre il faut un parti dedans, l'aspect technique prend là une dimension stratégique d'importance. Et jamais autant que maintenant.

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Message  alexi le Mar 26 Juin - 22:56

Tribune de la H (L'Etincelle) publiée dans TEAN de cette semaine :


Si « unir » est le maître mot du NPA, il faut s’en donner les moyens.
Pas une réflexion dans le NPA qui ne parte de la situation présente, victoire des socialistes dans ces élections mais arrogance du patronat à présenter à nouveau la note aux classes populaires. Face aux annonces de licenciements qui frappent l’opinion, mais surtout de plein fouet des familles ouvrières, le nouveau gouvernement bredouille et s’embrouille, mais néanmoins peaufine sa combine de « redressement productif » qui consiste à prélever sur le budget de l’Etat de quoi offrir sous diverses formes au patronat une main-d’œuvre quasi-gratuite. Ce que les travailleurs vont payer triplement : en tant que contribuables, en tant qu’usagers de services publics de plus en plus dégradés, et en tant que salariés qui n’en subiront pas moins les licenciements. Sans parler de la stagnation des salaires, en particulier du Smic qui ne va guère carburer avec l’aumône d’un demi plein par mois.
Mélenchon a choisi le tapage médiatique, au demeurant raté, sur un terrain exclusivement électoral et maintenant il boude. Les chefs syndicaux ne cachent pas leur disposition à des compromis lors de cette conférence proposée par le gouvernement. A ce jour, le Front de gauche et ses multiples relais dans les hautes sphères syndicales froncent les sourcils et font la moue devant les mesures proposées par le gouvernement Ayrault... mais roulent pour lui.
Alors les interpeller ? Laisser croire en le faisant avec quelque insistance que dans les mois à venir le sort de dizaines de milliers de travailleurs, à PSA, GM ou Renault, Air France ou Sea-France, Carrefour ou ailleurs, dépendrait d’un front avec ces dirigeants syndicaux et politiques-là ? Ne dépendrait-il pas davantage d’un élan volontariste des révolutionnaires et anticapitalistes de ce pays, à commencer par ceux du NPA, dont l’influence sur un terrain de classe excède les scores électoraux, pour entamer une campagne hardie pour l’interdiction des licenciements, des embauches massives dans les services publics, une augmentation générale et conséquente des salaires, entre autres ?
Car foin des interpellations dans le vide, passons d’abord à la réalisation, à la préparation d’une campagne de rentrée digne de ce nom à la différence de quelques-unes du passé restées sur le papier. Une campagne menée par le maximum de camarades du parti. Où rien ne dit que nous ne pourrions pas y entraîner d’autres, parmi les travailleurs du rang, comme parmi les militants politiques et syndicaux du rang… voire au-delà si une pression d’en bas en poussait quelques-uns d’en haut au cul !
Que serait une telle campagne en direction des travailleurs et de la jeunesse ? De la simple propagande si elle n’éveillait pas d’échos. Mais pourquoi pas de l’agitation, voire des interventions qui pourraient être le point de départ à des luttes et à des convergences, si la colère saisissait l’occasion de s’exprimer ? Cela épaulerait nos efforts indispensables d’implantation dans le monde du travail et dans les entreprises. Mais la condition nécessaire pour rassembler derrière un programme de lutte, c’est de nous rassembler nous-mêmes dans cette tâche militante.
Le NPA veut soulever le monde, aux côtés de tous les travailleurs et les peuples frappés par la crise. Il ne fera pas l’économie de trouver tout de suite et maintenant son propre levier.
Aurélien (75), Hervé (91), Maria (75), Zara (93). Plate-forme H.

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Message  Gaston Lefranc le Mer 27 Juin - 1:38

Il est dommage d'opposer le travail d'implantation dans le monde du travail et le fait d'avoir une politique à l'adresse des réformistes. Il faut justement conjuguer les deux.
Trop souvent, le refus d'interpeller les directions syndicales, au nom du fait que "on sait qu'elles sont pourries", est la marque d'un renoncement et une abdication devant leur politique, avec un refus de les combattre à l'intérieur des syndicats. Or, ce sont les bureaucrates qui dirigent les syndicats, et donc il faut une politique pour leur disputer l'hégémonie.

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Re: Contribution pour la CN

Message  Zappa le Mer 27 Juin - 10:35

Disputer l'hégémonie des bureaucrates syndicaux sur la classe ouvrière passe-t-elle plus par batailler au sein des syndicats ou faire en sorte que les travailleurs se dotent pour leurs luttes d'organes démocratiques sous leurs contrôles : les comités de grève. Ne pas interpeller les directions syndicales à la manière lambertiste n'est pas un renoncement. Entre quelques gauchistes qui font des plateformes au sein de syndicats et des camarades qui arrivent à mettre sur pied au cours d'une lutte un comité de grève au nez et à la barbe des stals, j'ai ma petite idée sur ce qui fait le plus chier les directions syndicales. Dans le premier cas, les gauchistes n'empêchent nullement l'appareil de fonctionner, dans le second cas ils arrachent le pouvoir des mains des bureaucrates pour donner la direction de la grève aux travailleurs.

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Re: Contribution pour la CN

Message  Vals le Mer 27 Juin - 10:54

Gaston Lefranc a écrit:Il est dommage d'opposer le travail d'implantation dans le monde du travail et le fait d'avoir une politique à l'adresse des réformistes. Il faut justement conjuguer les deux.
Trop souvent, le refus d'interpeller les directions syndicales, au nom du fait que "on sait qu'elles sont pourries", est la marque d'un renoncement et une abdication devant leur politique, avec un refus de les combattre à l'intérieur des syndicats. Or, ce sont les bureaucrates qui dirigent les syndicats, et donc il faut une politique pour leur disputer l'hégémonie.

Faut-il partir du principe intangible que les directions syndicales sont pourries par définition et que ce sont (systematiquement) des bureaucrates qui dirigent les syndicats.
Si on parle des hautes strates, des confédés ou des fédés, par exemple, bien sûr mais de nombreuse directions de syndicats ou d'UL sont composées de militants honnêtes et dévoués, souvent trop peu nombreux pour faire tourner les structures....
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Re: Contribution pour la CN

Message  Gaston Lefranc le Mer 27 Juin - 10:55

Pourquoi opposer les deux encore une fois ? C'est justement parce qu'on est un militant syndical combatif qu'on aura d'autant plus de force de mettre en place un comité de grève contre la volonté des bureaucrates. Or, au jour le jour, si on fait du syndicalisme, on est forcé amené à se confronter aux bureaucrates ; c'est une confrontation constante, et donc, si on est syndiqué et qu'on ne veut pas capituler devant les bureaucrates, il faut se battre contre eux à l'intérieur des syndicats, au quotidien. C'est aussi la meilleure façon de gagner la confiance des syndiqués, et au delà, en faisant des démonstrations au quotidien.

Sinon, je ne vois pas par quel miracle pourrait sortir les comités de grève, si on déserte les syndicats et qu'on n'y combat pas les bureaucrates.

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Message  Zappa le Mer 27 Juin - 11:19

En faisant le taf syndical le mieux qu'on peut, à la manière de révolutionnaires, ( car il permet effectivement de gagner de la confiance et du crédit auprès d'un certain nombre de travailleurs syndiqués ou non ) et en constituant des groupes politiques révolutionnaires d'entreprises. Pas besoin de faire des batailles de tendance à l'intérieur des syndicats.

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Message  Gaston Lefranc le Mer 27 Juin - 11:58

Si tu fais ton taf syndical à la manière de révolutionnaires, les bureaucrates te tombent forcément dessus, surtout si tu as l'oreille des syndiqués. Donc tu es obligé de les affronter, et donc d'avoir une politique à leur égard, tu ne peux pas les ignorer dans la réalité. Tu caricatures cela en parlant de "batailles de tendance", mais il ne s'agit pas d'une bataille abstraite, mais d'une bataille au quotidien. Ou alors on renonce à faire du syndicalisme "à la manière de révolutionnaires", et c'est malheureusement bien souvent ce qui se passe dans la réalité

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Re: Contribution pour la CN

Message  Vals le Mer 27 Juin - 12:05

Zappa a écrit:En faisant le taf syndical le mieux qu'on peut, à la manière de révolutionnaires, ( car il permet effectivement de gagner de la confiance et du crédit auprès d'un certain nombre de travailleurs syndiqués ou non ) et en constituant des groupes politiques révolutionnaires d'entreprises. Pas besoin de faire des batailles de tendance à l'intérieur des syndicats.

Entièrement d'accord...car de plus, les "bagarres de tendances" sont justement des bagarres d'appareils ou de sous-appareil.
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Message  Copas le Mer 27 Juin - 20:00

Vals a écrit:
Zappa a écrit:En faisant le taf syndical le mieux qu'on peut, à la manière de révolutionnaires, ( car il permet effectivement de gagner de la confiance et du crédit auprès d'un certain nombre de travailleurs syndiqués ou non ) et en constituant des groupes politiques révolutionnaires d'entreprises. Pas besoin de faire des batailles de tendance à l'intérieur des syndicats.

Entièrement d'accord...car de plus, les "bagarres de tendances" sont justement des bagarres d'appareils ou de sous-appareil.

C'est pas soit le parti, soit le syndicat, c'est pas soit développer des groupes de travailleurs révolutionnaires (dans les entreprises) soit des formes d'organisations de résistance de masse (dont les syndicats).

Sur la question des formes de tendances syndicales qui existent en France, il y a effectivement une série de problèmes.

Mais une chose est sure, sans un parti qui n'a pas son centre dans les entreprises, les secteurs, créer une tendance inter-syndicale , c'est laisser le terrain libre à des tendances centrifuges qui risquent de se ré-agglomèrer en bureaucraties.

Sur la question de la relation aux bureaucraties et du syndicalisme, l'état de fragmentation et d'affaiblissement du syndicalisme est tel qu'une série de questions se posent différemment d'avant.

Pour résumer un autre point, parler de bureaucratie syndicale dans des entreprises où il n'y a pas de syndicats est saugrenu. Même si il y a une relation entre les bureaucraties et cette situation conséquente, mais elle est en générale torchée des mémoires, ou pas du tout conscientisée ainsi par les travailleurs de ces entreprises. Ce qui renvoie aux questions de construction d'organisation de masse et de résistance.

Dans beaucoup d'entreprises il y a des syndicats mais pas de bureaucratie, du moins celle-ci n'est pas tant présente.

Un parti qui se construit dans la classe ouvrière (pas que mais...) travaille à toutes ces questions.

Par ailleurs, et sur un détail, lutter contre le réformisme est une chose, autre chose est lutter contre une couche sociale qui tire son existence d'être intermédiaire entre bourgeoisie et prolétariat. Mais c'est un détail.
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Message  stef le Jeu 28 Juin - 16:51

Nous aurons sans doute à discuter en détail des conceptions charriées par la fraction "Etincelle" et "Lutte ouvrière".
En tout état de cause, ces organisations s'affirment "communistes" et "trotskystes". Evidemment, ces étiquettes ne sont pas des stickers publicitaires mais renvoient à des acquis théoriques du mouvement ouvrier. Parmi ceux-ci, il y a le programme de la V° Internationale (dit de transition) qui définit le trotskysme et un certain nombre de documents dont les "21 conditions" qui fondent le communisme.
Il n'est pas inutile de rappeler la condition 9 d'adhésion au mouvement communiste :
Tout Parti désireux d'appartenir à l'Internationale Communiste doit poursuivre une propagande persévérante et systématique au sein des syndicats, coopératives et autres organisations des masses ouvrières. Des noyaux communistes doivent être formés, dont le travail opiniâtre et constant conquerra les syndicats au communisme. Leur devoir sera de révéler à tout instant la trahison des social-patriotes et les hésitations du « centre ». Ces noyaux communistes doivent être complètement subordonnés à l'ensemble du Parti.

Zappa et Vals découvriront donc avec horreur que même Lénine était "lambertiste", à moins que c ne soit eux qui ne sont pas si "communistes" qu'il croient.
En tout cas, on voit à partir de cet aspect (il y en aura d'autres) que les raisons pour lesquelles les trotskystes combattent les conceptions véhiculées par LO et ses succédanés est très, très profond.

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Message  verié2 le Jeu 28 Juin - 18:03


Zappa
Pas besoin de faire des batailles de tendance à l'intérieur des syndicats.
On ne peut pas être, par principe, hostile à la constitution de tendances syndicales. C'est un problème tactique. Pour qu'une tendance syndicale ait un intérêt, il faut qu'elle représente un nombre significatif de syndiqués. Et pas seulement de syndiqués passifs mais de militants. Or, aujourd'hui, dans la plupart des entreprises, on a déjà bien du mal à trouver des militants. Donc, la tâche essentielle est déjà d'organiser des travailleurs.

Ca n'empêche pas, si l'occasion se présente, de constituer une tendance syndicale. A la condition, d'une part qu'elle soit représentative, d'autre part que cela n'amène pas des militants à consacrer l'essentiel de leur activité à se bagarrer dans des instances syndicales plus ou moins bureaucratiques pour y faire signer et/ou voter des motions qui n'ont aucune conséquence sur l'activité pratique quotidienne. C'est là le point de divergence important avec les Lambertistes, et non le principe lui-même de constituer des tendances syndicales.

On peut d'ailleurs constater, n'en déplaise à Stef, où à mené la politique des Lambertistes, qui se sont dans bien des cas transformés en bureaucrates FO, syndicat dont ils ne se distinguent pratiquement plus.

Enfin, on peut constituer une petite tendance syndicale de fait, en se distinguant des bureaucrates par la pratique du syndicalisme, et notamment en travaillant systématiquement pour la constitution d'organes démocratiques dans les luttes : comités de grève, coordinations etc. Quand on est relativement faible, c'est une façon plus efficace de se distinguer de la bureaucratie que des votes de textes, même si l'un n'exclut pas l'autre.

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Message  Gaston Lefranc le Jeu 28 Juin - 18:18

Pas d'accord avec toi Vérié là dessus. La bataille pour constituer une tendance syndicale contre les bureaucrates est un combat politique difficile, qui ne peut pas s'aborder de la façon très légère que tu proposes ("à l'occasion" dis tu !!).

Ta vision étapiste me semble totalement idéaliste : d'abord on fait venir des militants ; ensuite, "à l'occasion", on organise une tendance syndicale. Cela ne va pas du tout. Les deux doivent être menés de front, et c'est en menant la bagarre, de façon organisée, dans les syndicats qu'on fait venir des collègues au syndicat.

Là où je travaille, dans la fonction publique, il y a pléthore de bureaucrates qui fonctionnent entre eux et qui font venir personne au syndicat (peut être quelques cartes, mais aucun militant "réel"). Les collègues qui veulent se battre ne veulent pas rentrer dans une structure dont les dirigeants les méprisent et ne jurent que par le dialogue social. Dans cette situation, ce qui peut faire venir ces collègues (ou empêcher que les syndiqués partent) du syndicat, c'est justement qu'on soit organisé à l'intérieur du syndicat, contre les bureaucrates. C'est ce que j'essaie de faire, et ce que je réussis à faire à une toute petite échelle ; sans cela, les plus combatifs ne seraient plus syndiqués, car on renonce quand on n'est pas organisé face aux bureaucrates. Mais évidemment, le combat local pour l'organisation des militants lutte de classe contre les buros est très fragile ; et pour se consolider, il doit être complété par l'organisation d'une tendance nationale lutte de classe qui conteste publiquement l'orientation des bureaucrates.

Réduire cela à des "batailles de tendance" sans aucune portée concrète, c'est vraiment être à côté de la plaque. La constitution d'une telle tendance m'aiderait beaucoup sur le terrain là où je travaille. Cela redonnerait de l'espoir à ceux qui luttent contre les appareils. Cela n'a rien de "lambertiste", c'est, comme le rappelle Stef, quelque chose qui devrait être apparaître comme évident pour ceux qui se réclament du communisme révolutionnaire.

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Message  Vals le Jeu 28 Juin - 18:22

stef a écrit:Nous aurons sans doute à discuter en détail des conceptions charriées par la fraction "Etincelle" et "Lutte ouvrière".
En tout état de cause, ces organisations s'affirment "communistes" et "trotskystes". Evidemment, ces étiquettes ne sont pas des stickers publicitaires mais renvoient à des acquis théoriques du mouvement ouvrier. Parmi ceux-ci, il y a le programme de la V° Internationale (dit de transition) qui définit le trotskysme et un certain nombre de documents dont les "21 conditions" qui fondent le communisme.
Il n'est pas inutile de rappeler la condition 9 d'adhésion au mouvement communiste :
Tout Parti désireux d'appartenir à l'Internationale Communiste doit poursuivre une propagande persévérante et systématique au sein des syndicats, coopératives et autres organisations des masses ouvrières. Des noyaux communistes doivent être formés, dont le travail opiniâtre et constant conquerra les syndicats au communisme. Leur devoir sera de révéler à tout instant la trahison des social-patriotes et les hésitations du « centre ». Ces noyaux communistes doivent être complètement subordonnés à l'ensemble du Parti.

Zappa et Vals découvriront donc avec horreur que même Lénine était "lambertiste", à moins que c ne soit eux qui ne sont pas si "communistes" qu'il croient.
En tout cas, on voit à partir de cet aspect (il y en aura d'autres) que les raisons pour lesquelles les trotskystes combattent les conceptions véhiculées par LO et ses succédanés est très, très profond.
4

Penser que Lenine se serait enthousiamé pour des petites querelles bureaucratiques au sein de coquilles creuses, c'est trahir sa pensée et son action....les médiocres petites agitations petitonnaires des lambertistes pendant des décennies n'ont formé ....que des petitionnaires.....c'est mieux que rien, pensent-ils, mais ça n'aboutit surtout quà des conneries dont les actuelles "campagnes" du POI sont le triste reflet.
Laisse donc Lenine et les leninistes faire leur métier et va pétitionner sur la secu, la CEE, et autres fadaises avec Gluckstein, Shivardi et autres lambertistes dégénérés.....
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Message  verié2 le Jeu 28 Juin - 18:50

Gaston Lefranc
La constitution d'une telle tendance m'aiderait beaucoup sur le terrain là où je travaille. Cela redonnerait de l'espoir à ceux qui luttent contre les appareils.
Bien sûr, nous souhaiterions tous qu'une tendance syndicale, sinon révolutionnaire, "lutte de classes", représente 30 % de la CGT. Mais il faut te poser la question : pourquoi une telle tendance n'est pas apparue, depuis 50 ans (au moins) que des militants se revendiquant du trotskisme tentent d'en construire une ? Et aussi : quelles ont été les conséquences de ces tentatives pour les militants et les organisations qui les ont menées ?

Pour constituer de véritables tendances, il faut qu'il y ait une vie syndicale et militante, démocratique, assez intense dans la classe ouvrière. Aujourd'hui, il faut convenir que ce n'est pas le cas. Et hier, l'hégémonie de l'appareil stalinien rendait cette tâche impossible, au point que les trotskystes se sont retrouvés à FO puis à la CFDT...

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Message  GGrun le Jeu 28 Juin - 19:47

Vals a écrit:
stef a écrit:Nous aurons sans doute à discuter en détail des conceptions charriées par la fraction "Etincelle" et "Lutte ouvrière".
En tout état de cause, ces organisations s'affirment "communistes" et "trotskystes". Evidemment, ces étiquettes ne sont pas des stickers publicitaires mais renvoient à des acquis théoriques du mouvement ouvrier. Parmi ceux-ci, il y a le programme de la V° Internationale (dit de transition) qui définit le trotskysme et un certain nombre de documents dont les "21 conditions" qui fondent le communisme.
Il n'est pas inutile de rappeler la condition 9 d'adhésion au mouvement communiste :
Tout Parti désireux d'appartenir à l'Internationale Communiste doit poursuivre une propagande persévérante et systématique au sein des syndicats, coopératives et autres organisations des masses ouvrières. Des noyaux communistes doivent être formés, dont le travail opiniâtre et constant conquerra les syndicats au communisme. Leur devoir sera de révéler à tout instant la trahison des social-patriotes et les hésitations du « centre ». Ces noyaux communistes doivent être complètement subordonnés à l'ensemble du Parti.

Zappa et Vals découvriront donc avec horreur que même Lénine était "lambertiste", à moins que c ne soit eux qui ne sont pas si "communistes" qu'il croient.
En tout cas, on voit à partir de cet aspect (il y en aura d'autres) que les raisons pour lesquelles les trotskystes combattent les conceptions véhiculées par LO et ses succédanés est très, très profond.
4

Penser que Lenine se serait enthousiamé pour des petites querelles bureaucratiques au sein de coquilles creuses, c'est trahir sa pensée et son action....les médiocres petites agitations petitonnaires des lambertistes pendant des décennies n'ont formé ....que des petitionnaires.....c'est mieux que rien, pensent-ils, mais ça n'aboutit surtout quà des conneries dont les actuelles "campagnes" du POI sont le triste reflet.
Laisse donc Lenine et les leninistes faire leur métier et va pétitionner sur la secu, la CEE, et autres fadaises avec Gluckstein, Shivardi et autres lambertistes dégénérés.....
Et Stef, grand lecteur des saintes écritures quand ça t'arranges
tu connais pas parmi les 21 unes conditions d'adhès à l'IC (écrits par Trotsky certes ton dieu) y en avait une contre la franc mac; tu crois que les lambertos ont "fais une propagande persévérante et systématique au sein des syndicats, coopératives et autres organisations des masses ouvrières". Pour les francmac certes. Depuis la création de FO, lors de la scission de la FEN, ....
Pour LO c'est le stratégie du bouton de veste, conséquente dans de grandes luttes ouvrières (renault en 19??, Arlette, chantier de l'atlantique st naz, ...) mais une propagande systématique je crois vraiment pas. Plein de trou dans leur plomberie.

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Message  sylvestre le Ven 29 Juin - 10:46

GGrun a écrit:
tu connais pas parmi les 21 unes conditions d'adhès à l'IC (écrits par Trotsky certes ton dieu) y en avait une contre la franc mac


C'est faux (le texte de Trotsky contre la franc-maçonnerie c'est ça) - et par ailleurs je ne pense pas que ça ait un grand rapport avec le sujet du fil.
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Message  yannalan le Ven 29 Juin - 11:20

On avait parlé à l'époque de "22e condition"

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Message  stef le Ven 29 Juin - 14:06

Si ce n'est pas dans les 21 conditions, c'est que le problème se posait dans un nombre limité de pays (en fait je ne vois que la France).
Les francs-macs étaient historiquement le parti de la bourgeoisie française de 1789, tout ceci a un côté spécifiquement français.
Mais il ne me semble pas douteux que si le problème avait été plus général, il aurait justifié une 22° condition.

En tout cas, ce qu'on peut dire, c'est que les pères fondateurs du communisme, imaginer un cadre communiste dans une loge maçonne, c'était tout simplement incroyable. D'où l'indignation (absolument non feinte) de Trotsky (alors en charge de la France à l'IC) lorsqu'il découvrit qu'une partie des dirigeants du PCF fricotaient avec des patrons et des politiciens bourgeois au sein des loges.



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Message  sylvestre le Ven 29 Juin - 14:48

Reste ma deuxième objection, à savoir que cette discussion n'a rien à faire dans ce fil.
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Message  stef le Ven 29 Juin - 14:57

ce qui n'est pas contestable

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