Algérie 1830-1962

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Re: Algérie 1830-1962

Message  MO2014 le Jeu 28 Avr - 15:27

Cela s’est passé un 24 avril 1958, exécution du chimisite de la bataille d’Alger :
Taleb Abderrahmane

Taleb Abderrahmane, artificier de l’Armée de libération nationale (ALN) affecté à la Zone autonome d’Alger (ZAA), est guillotiné à la prison de Barberousse (Serkadji) à l’âge de 28 ans après avoir été arrêté en juin 1957, lors de la Bataille d’Alger.

Le chahid Taleb Abderrahmane est né le 5 mars 1930, rue des Sarrazins, au cœur de la Casbah d’Alger. Enfant précoce et studieux, il entra à l’âge de six ans à l’école Brahim Fatah. Admis à l’examen de sixième, il passe au cours complémentaire Sarrouy.
Le brevet en poche, il entre, en 1948, en classe de seconde du collège moderne de l’ex-boulevard Guillemin, (aujourd’hui Taleb Abderrahmane), à Bab el Oued.

Il rencontre Nour Eddine Rebah qui est en classe de Première. Ils deviennent vite de bons copains. Après un bref passage ensemble dans les groupes El Islah et El Kotb des Scouts musulmans (SMA), les deux amis se retrouvent au cercle El Mokrani de l’Union de la Jeunesse Démocratique Algérienne (UJDA), face à la Medersa d’Alger. Ils ont des amis communs : Ahmed Ould Amrouche, (militant du PPA-MTLD, Abderrahmane Akkache, Tayeb Bouheraoua, Hadj Omar, comédien de la troupe El Mesrah El Djazaïri. Le cercle était également fréquenté par Mohamed Zinet.

Dans ces années cinquante où le mouvement national se déploie, Abderrahmane Taleb est en contact avec Hamid Méraoubi, Ahmed Laghouati, H’Didouche Bouzrina, Sadji, Ahcène Laskri. Il les rencontre au café Tlemçani. L’été 1954, il est très affecté par la crise qui scinda le PPA-MTLD en deux parties et a vu des militants s’affronter durement.
Pendant les vacances universitaires de l’été 1955, il organise, pour les djounoud de l’ALN, un stage d’artificiers, dans la forêt d’Azzefoun. Omar Gaitouchen, son voisin de la Casbah, est à ses côtés. Suite à la grève du 19 mai 1956, il quitte les bancs de l’Ecole de Chimie de l’Université d’Alger, et rejoint le maquis des monts de Blida où le futur colonel de la Wilaya IV, Amar Ouamrane, l’affecte à l’infirmerie.

Il prend pour nom de guerre Mohand Akli. Sur instruction du commandant militaire, Slimane Dehilès, il quitte le maquis pour Alger où il intègre l’atelier de fabrication de bombes créé par la Zone autonome d’Alger. Il retrouve son jeune camarade de quartier, Salah Bazi. H’didouche Bouzrina, à qui Ahmed Laghouati avait parlé, l’introduit chez son beau-frère Yacef Saadi, alors chef de la Zone autonome, témoigne Youcef Zani dont la maison familiale servait de refuge.

L’artificier de la Casbah
Yacef Saadi charge Abderrahmane Taleb de fabriquer des explosifs. Il accepte à la condition que les cibles soient exclusivement militaires, témoigne Yacef Saadi.
L’atelier est installé impasse de la Grenade, chez un vieux militant du PPA et de l’OS, Abdelghani Marsali. Il y avait avec ce premier groupe, Tayeb Khemsan. Par mesure de sécurité, ce laboratoire fut transféré chez les Bouhired puis au quartier de La Scala.
Dans le réseau de la Zone Autonome, les frères Bouchouchi étaient chargés, entre autres, de l’acheminement des bombes, raconte Youcef Zani.

Fin janvier 1957, passant à travers les mailles du filet tendu par le général Massu, Abderrahmane Taleb quitte la Casbah et rejoint de nouveau le maquis de Blida, au djebel Béni Salah.
Sur dénonciation, il est capturé au mois d’avril par les parachutistes. Il venait d’échapper à une embuscade tendue la nuit dans une clairière par les mêmes parachutistes. Conduit à la ferme Chenu, au faubourg de Blida, il fut identifié après avoir été sauvagement torturé.

Trois fois condamné à la peine capitale, Abderrahmane Taleb fut exécuté, le 24 avril 1958, à l’aube, malgré les pressantes démarches effectuées auprès du président de la République française, René Coty, par d’éminentes personnalités françaises comme Jean-Paul Sartre, François Mauriac, Henri-Lévy Brühl, Francisque Gay, Maurice Duverger, Henri Laugier, Maurice Haudiou, Pierre Emmanuel et par de grands écrivains et publicistes. Réunies à Londres, vingt-deux associations nationales d’étudiants de différents pays avaient demandé, en vain, la révision du procès. Son nom et son parcours furent présentés au Collège de France, dans les Instituts de recherche, les Facultés et dans les Grandes Ecoles.

Le journal l’Humanité, organe central du PCF, titrait : « Taleb ne doit pas mourir ». Le jour de son exécution, il dit au Cheikh, désigné par l’administration coloniale pour lire la Fatiha : « Prends une arme et rejoins le maquis! ». Aucun mot ne sortit de la gorge nouée de l’imam, raconte Hamid Guerrab, un rescapé de la guillotine. Les lunettes qu’avait retirées à Abderrahmane Taleb, Fernand Meissonnier, l’exécuteur des basses œuvres, se trouvent toujours en France, à Fontaine-de-Vaucluse.
» Je les ai gardées en souvenir », a dit son bourreau.

« Pour ma patrie, pour mon idéal et pour mon peuple, périr n’est qu’un sublime sacrifice auquel je suis résigné… Je saurais mourir. L’Algérie sera libre envers et contre tout », avait-il lancé à la face de ses bourreaux.
http://www.babzman.com/httpwww-babzman-comp4109/

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Message  MO2014 le Dim 8 Mai - 14:22


Massacres du 8 mai 1945 en Algérie : des crimes d’Etat qui doivent être reconnus
Olivier Lecour Grandmaison | Jeudi 7 Mai 2015

A quand le temps de la reconnaissance des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata comme des crimes d'Etat ? Un rassemblement unitaire pour la reconnaissance des tragiques événements du 8 mai 1945 en Algérie est prévu vendredi 8 mai à 15 h sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris, et devant toutes les mairies de France. L'historien Olivier Lecour Grandmaison, qui revient ici sur cet épisode, milite pour l'ouverture des archives pour que la France puisse regarder son histoire en face, 70 ans après.

Dimanche 19 avril 2015. Jean-Marc Todeschini, le secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants et à la Mémoire a déposé une gerbe devant le mausolée de Saal Bouzid, jeune scout algérien assassiné le 8 mai 1945 par un policier français dans la rue principale de Sétif en Algérie. De quoi était-il coupable ? D’avoir osé manifester pacifiquement, en portant le drapeau de l’Algérie indépendante, avec plusieurs milliers d’autres « Indigènes » pour exiger la libération du leader nationaliste Messali Hadj et pour défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Dans les jours et les semaines qui suivent, les émeutes, qui ont gagné tout le Constantinois, sont écrasées dans le sang par les forces armées françaises et de nombreuses milices composées de civils d’origine européenne. Bilan : entre 20 000 et 30 000 victimes, arrêtées, torturées et exécutées sommairement pour rétablir l’ordre colonial imposé par la métropole et terroriser de façon durable les autochtones. « Agir vite et puissamment pour juguler le mouvement », tels étaient, le 15 mai 1945, les ordres du général Raymond Duval qui commandait les troupes dans cette région. Ils ont été appliqués à la lettre car la France libre était prête à tout pour défendre l’intégrité de son empire jugée indispensable à son statut de grande puissance.

Ce que révèle la visite de Jean-Marc Todeschini
Ce bref rappel des faits, aujourd’hui bien connus grâce aux travaux de celles et de ceux qui ont étudié ces crimes de guerre, qui sont aussi des crimes d’Etat et des crimes contre l’humanité, puisqu’ils ont été commis en « exécution d’un plan concerté à l’encontre d’un groupe de population civile » - art. 212-1 du nouveau Code pénal -, permet d’apprécier à sa juste valeur la visite de Jean-Marc Todeschini à Sétif.

S’y ajoutent ces lignes écrites par lui dans le livre d’or du musée de la ville : ma présence dit « la reconnaissance par la France des souffrances endurées » et elle rend « hommage aux victimes algériennes et européennes de Sétif, Guelma et Kherrata ». Mais comme le déplorait un journaliste d’El Watan, le bref déplacement de ce secrétaire d’Etat n’a été suivi d’aucune déclaration, ce que confirme l’envoyée spéciale du quotidien Le Monde qui précise qu’il s’agissait ainsi « les polémiques ». Plus grave, les survivants, les descendants des victimes et les dirigeants de la Fondation du 8 Mai 1945 en Algérie n’ont pas été associés à la cérémonie et le représentant de la France ne les a pas rencontrés.

Un « geste fort et symbolique » selon Jean-Marc Todeschini ? Une formule remarquablement euphémisée, en fait, dont nul ne peut douter qu’elle a été ciselée à l’Elysée. Sur ces sujets, entre autres, le président de la République et ses conseillers sont des orfèvres puisque la lecture de leur prose sibylline révèle ceci : au cours de ces semaines sanglantes, il n’y eut ni massacres, ni crimes bien sûr, puisqu’aucun de ces termes n’est employé. Quant à ceux qui les ont commis, qu’ils soient civils ou militaires, ils ne sont nullement désignés, ceci est une conséquence de cela. De même, nulle mention n’est faite du gouvernement de l’époque sous la responsabilité duquel les forces armées ont agi. La rhétorique élyséenne fait des miracles : des dizaines de milliers de morts algériens mais ni assassins, ni commanditaires, ni coupables d’aucune sorte.

Etrange conception de l’histoire et de la vérité. Elles sont toutes deux taillées en pièce par un exécutif plus soucieux de défendre ce qu’il pense être les « intérêts du pays » que de servir les premières. Seules comptent la raison d’Etat et quelques menues concessions au « devoir de mémoire » qui prospère ici sur le n’importe quoi historique et factuel, et sur la neutralisation de ces événements meurtriers afin de préserver la glorieuse mythologie d’une France combattante, républicaine et fidèle à son triptyque « Liberté, Egalité, Fraternité ». Cette même raison d’Etat exigeait de satisfaire les autorités d’Algérie pour renforcer la diplomatie économique chère au ministre des Affaires étrangères et au ministre des Finances qui doivent se rendre prochainement dans ce pays, et d’éviter, autant que possible, des polémiques dans l’Hexagone où l’UMP et le FN défendent plus que jamais une interprétation apologétique du passé colonial.

En finir avec le mépris des victimes

Sur ces sujets, n’oublions pas le très médiatique Philippe Val qui vient de découvrir, dans un essai récent – Malaise dans l’inculture –, que la colonisation française avait pour ambition d’apporter la civilisation à des peuples qui en ignoraient les beautés et les avantages. Remarquable, seule, est l’ignorance de l’auteur qui fait sien un discours impérial-républicain éculé dont la version scolaire fut inlassablement défendue par les historiens Albert Malet et Jules Isaac dans leurs nombreux manuels. Risible et dérisoire serait cette écholalie grossière si elle n’alimentait les discours toujours plus virulents des nostalgiques de l’empire.

Le 27 février 2005, l’ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdière, présent à Sétif, évoquait « une tragédie inexcusable ». Trois ans plus tard, son successeur, Bernard Bajolet, en visite à Guelma, soulignait « la très lourde responsabilité des autorités françaises de l’époque dans ce déchaînement de folie meurtrière » qui a fait « des milliers de victimes innocentes, presque toutes algériennes ». « Aussi durs que soient les faits, ajoutait-il, la France n’entend pas, n’entend plus les occulter. Le temps de la dénégation est terminé. » Ces massacres sont une « insulte aux principes fondateurs de la République française » et ils ont « marqué son histoire d’une tâche indélébile ». Autant de déclarations qui éclairent d’un jour pour le moins singulier le « geste » muet, puisque sans discours, du secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants.

Rappelons enfin au président de la République que, sur proposition de Danielle Simonnet, le Conseil de Paris a adopté à l’unanimité un vœu dans lequel les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata sont qualifiés de « crimes de guerre » et de « crimes d’Etat ». De plus, l’ouverture de toutes les archives et la création d’un lieu du souvenir à la mémoire des victimes sont également demandées. A la veille du 8 mai 2015, il faut en finir avec le mépris, l’occultation et les tergiversations qui, depuis trop longtemps, tiennent lieu de politique. Dire clairement et explicitement ce qui a été perpétré il y a 70 ans dans le Constantinois est la seule façon de rendre justice à celles et ceux qui ont été assassinés et à leurs descendants, qu’ils vivent en France ou en Algérie. A la connaissance, désormais bien établie, doivent succéder le temps de la reconnaissance et le courage de la vérité.
http://www.saphirnews.com/Massacres-du-8-mai-1945-en-Algerie-des-crimes-d-Etat-qui-doivent-etre-reconnus_a20761.html

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Message  MO2014 le Dim 8 Mai - 14:54




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Message  MO2014 le Lun 9 Mai - 18:41


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Message  MO2014 le Mar 7 Juin - 21:35

"Les Algériens de Nouvelle-Calédonie sont des hommes originaires d'Algérie et, pour une minorité d'entre eux Tunisiens et Marocains. Ils ont été déportés en Nouvelle-Calédonie loin de leur terre natale entre 1864 et 1921." (cf. Wikipedia)




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Re: Algérie 1830-1962

Message  MO2014 le Mar 13 Sep - 17:35


Le dévoilement des femmes musulmanes en Algérie
Un fantasme colonial
Orient XXI, Jean-Pierre Séréni > 13 septembre 2016

Il y a plus d’un demi-siècle, le « voile » a été au cœur du mai algérois qui a entraîné la chute de la IVe République et l’arrivée au pouvoir de Charles de Gaulle. Pour l’armée française alors toute-puissante de l’autre côté de la Méditerranée, le dévoilement était une stratégie destinée à gagner à la France le cœur de deux millions d’Algériennes écrasées par un patriarcat dépassé. La tentative a échoué, mais elle a eu des conséquences qui se font sentir jusqu’à aujourd’hui.

Il y a un peu plus de 58 ans, un groupe d’Algériennes de confession musulmane se débarrassaient de leurs voiles sur le Forum en plein cœur d’Alger, cernées par les photographes et discrètement protégées par des soldats français en armes. La séance se renouvela à de nombreuses reprises dans les semaines puis les mois suivants, avec de moins en moins de photos et de plus en plus de militaires. L’événement a un passé : la lutte inaboutie pour l’émancipation des musulmanes avant le déclenchement de la guerre d’Algérie le 1er novembre 1954, dans ce qui était jusque-là trois départements français. Et une suite : les conséquences jusqu’à aujourd’hui pour des millions d’Algériennes d’une manipulation coloniale qui a mal tourné. Un historien britannique, Neil MacMaster, qui a longtemps enseigné à l’université d’East Anglia (Grande-Bretagne), en a raconté le déroulement dans un livre fascinant, Burning the Veil.

Au départ, en 1871, avec l’avènement de la IIIe République et l’organisation en trois départements de la colonie une fois débarrassée des militaires, tous ses habitants sont français et donc, en théorie, aptes à élire leurs représentants à la chambre des députés. La minorité européenne s’y refuse furieusement : les musulmans pourront voter quand ils auront abandonné leur statut personnel, un ensemble de règles qui régentent le mariage, l’héritage et tout le droit de la famille et s’inspire de la charia. Pour résumer et populariser leur opposition intransigeante, les colons brandissent le voile, le haïk qui cache le visage des femmes et a longtemps symbolisé dans l’Europe chrétienne l’altérité : « Vous voterez quand vos femmes seront dévoilées… » Paris se soumet à ce diktat et prive les musulmans du droit de vote « à part entière », sauf pour une poignée de ceux qu’on qualifiait de m’tourni (« les retournés »)1 qui renoncent à leur statut et sont mis au ban de la communauté. Après l’adoption de la loi de 1947 portant statut organique de l’Algérie, les femmes ont sur le papier le droit de vote, mais sont interdites de l’exercer en raison de leur statut d’indigène. Près de deux millions de suffrages sont en jeu.

Bastion de l’identité algérienne

Après la seconde guerre mondiale, de 1945 à 1954, l’Algérie connaît une vive lutte politique sur la question féminine. Chaque grand parti a son association de femmes et défend des positions très éloignées. Les membres du Parti communiste algérien (PCA) regroupés dans l’Union des Femmes algériennes (UFA) emmenée par Alice Sportisse se radicalisent et organisent plusieurs milliers de femmes, notamment en Oranie, qui réclament le droit de vote et des mesures sociales. Les nationalistes du Parti du peuple algérien (PPA) qui soutiennent l’Union des femmes musulmanes d’Algérie (Ufmma) sont nettement moins audacieux : de fait, leur leader Messali Hadj a, dans les années 1930, « sous-traité » la question féminine aux oulémas du cheikh Abdelhamid Ben Badis qui rejette la bigoterie populaire et prône le retour aux textes sacrés (salafiyya). Les oulémas algériens condamnent les idées des féministes progressistes de Turquie, d’Égypte, d’Iran, de Tunisie et adoptent les vues d’un conservateur égyptien, Rachid Rida, qui réaffirme le patriarcat musulman, la polygamie, la répudiation de l’épouse par le mari. Ben Badis, et derrière lui le PPA puis le Front de libération nationale (FLN), redoutent que derrière l’abandon du voile et de la ségrégation des femmes ne s’introduise une occidentalisation rampante qui détruirait immanquablement le bastion de l’identité religieuse et nationale qu’est la femme algérienne recluse derrière son voile et enfermée dans sa maison.

L’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) de Ferhat Abbas s’inspire d’autres modèles égyptiens qui font de l’émancipation féminine la clé de la victoire dans la bataille contre les colonialistes. Dans son journal La République, les lectrices ne sont pas les dernières à incriminer leurs parents et l’opinion musulmane qui les exposent à une oppression comparable à celle du colonialisme lui-même. En 1953-1954, ce journal lance une vigoureuse campagne contre « le double impérialisme » : la France et l’islam, mis sur le même pied. Son message aura un impact non négligeable sur les couches urbaines des villes, en particulier les jeunes femmes passées par l’école française et qui travaillent, une goutte d’eau par rapport aux masses rurales qui respectent la tradition.
Un axe de bataille pour l’état-major de l’armée coloniale

Le 1er novembre 1954 et la guerre vont mettre un terme à cet interlude idéologique. Le FLN ne saurait mener le combat sur deux fronts ; il est entendu à demi-mot que le sort des Algériennes sera réglé à l’indépendance, et qu’en attendant les hommes mènent le jeu. Des Algériennes, notamment des lycéennes et des étudiantes, participent en effet à la Bataille d’Alger avant de gagner les maquis, souvent comme infirmières. Fin 1957, la direction du FLN ordonne leur départ pour les pays voisins où il ne sera guère fait appel à leurs services, au contraire de l’image, véhiculée par la propagande du FLN et ses avocats, de résistantes héroïques se battant contre les armées coloniales.

Les services français ne sont pas longs à exploiter la faille. Dès 1955, le gouverneur général Jacques Soustelle dissout l’UFA et l’UFMA, s’entoure d’ethnologues qui en font un des fronts de la guerre révolutionnaire, soutenus qu’ils sont par les jeunes capitaines rentrés vaincus de la guerre d’Indochine, mais persuadés d’avoir percé les clés de la contre-guérilla. L’émancipation des femmes musulmanes, rurales à plus de 80 %, devient un axe de bataille du 5e Bureau de l’état-major de l’armée qui multiplie les initiatives sur le terrain : les infirmières des équipes médico-sociales itinérantes (EMSI) soignent les bébés, distribuent vivres et propagande à leurs mères, montrent des films, secondent les sections administratives spécialisées (SAS) qui encadrent et surveillent le pays.

Au plan international, la Tunisie et le Maroc réforment la condition féminine au lendemain même de leur indépendance (1956). L’Algérie française se retrouve distancée sur un terrain ultrasensible, notamment aux Nations unies à New York, et Robert Lacoste, ministre résident à Alger, fait mettre à l’étude un projet de réforme du statut personnel. Il n’ira pas loin. Le très conservateur gouvernement général de l’Algérie, l’exécutif local, redoutant qu’une révolte religieuse vienne s’ajouter à la guerre contre le FLN, fait capoter l’affaire.
Autodafé et casse-tête juridique

Elle sera relancée par les évènements du 13 mai 1958 qui font chuter la 4e République au bout de trois semaines et donnent le pouvoir à Paris au général de Gaulle et en Algérie aux militaires emmenés par les généraux Raoul Salan, commandant en chef, et le patron des « paras » très populaires parmi les Européens, Jacques Massu. Ce sont eux et leurs épouses qui patronnent et organisent le dévoilement. Le 17 mai, au soir, douze adolescentes musulmanes cornaquées, dit-on, par Madame Salan en personne, arrachent leurs voiles et les brûlent derrière les grilles du Gouvernement général protégées par des harkis. L’autodafé a été monté en catastrophe la veille au soir par une poignée d’officiers du 5e Bureau agacés par les affiches par trop masculines exaltant la fraternité entre les deux communautés. Le lendemain, dimanche 18 mai, une foule de musulmanes venues principalement des bidonvilles de l’Algérois envahit le centre-ville sous les applaudissements des pieds-noirs qui les encouragent à se dévoiler. Le capitaine de Germiny, chef de la section administrative urbaine (SAU) de la cité Mahiéddine, un bidonville de près de dix mille habitants, a depuis mars 1957 préparé le terrain en multipliant les actions en direction des femmes avec des clubs qui leur sont réservés et des séances de cinéma.

Salan, nommé début juin « dépositaire des pouvoirs civils et militaires de la République en Algérie », s’appuie sur le mouvement de la « résurrection nationale » pour vanter son succès auprès de de Gaulle, tandis que le 5e Bureau ordonne dès le 20 mai aux commandants militaires d’Alger, d’Oran et de Constantine d’« encourager la participation de femmes dévoilées » aux manifestations « spontanées » qui doivent y être organisées à l’image de ce qui s’est passé à Alger les 17 et 18 mai. Camions militaires et usage de la force sont de plus en plus ouvertement pratiqués au fur et à mesure qu’on s’éloigne du Forum et des centaines de journalistes étrangers qui couvrent l’événement.

Paris se retrouve alors devant un casse-tête juridique : les Algériennes sont désormais des « Françaises à part entière ». Salan commence d’ailleurs à les faire inscrire sur les listes électorales, mais le « statut personnel » brandi jusqu’alors par la minorité européenne comme un obstacle infranchissable au suffrage universel n’a pas changé. L’Élysée reprend alors les projets de l’ère Lacoste et aboutit à l’ordonnance de septembre 1959 sur le mariage et la famille qui s’inspire largement de ce que Habib Bourguiba a fait adopter en 1956 en Tunisie moins de six mois après l’indépendance. Mais entre-temps, le climat a changé : Salan a perdu son poste, Massu a été envoyé en Allemagne et le 5e Bureau a été dissous en janvier 1960. L’ordonnance de 1959 ne sera pas appliquée par la justice française avant l’indépendance.
Au nom du nationalisme

Le FLN s’oppose à l’ordonnance au nom du nationalisme et de la religion, il joue sur les inquiétudes masculines en répandant des rumeurs sur, par exemple, l’abolition des cadis — les juges musulmans — et plus généralement sur toute initiative française qui heurte les convictions populaires de l’islam et des institutions traditionnelles2. La doctrine nationaliste se fige : la femme algérienne et son intérieur sont présentés comme l’ultime rempart de l’identité algérienne, le noyau dur de son authenticité que l’armée française a cherché à percer avec ses manœuvres en direction des masses féminines.

Après 1962, l’attitude du FLN ne change guère. Jusqu’en 1976, la législation française est maintenue, mais inappliquée. Ce n’est qu’en 1986, sous le troisième président de la République algérienne, Chadli Bendjedid, qu’un Code de la famille est adopté par l’Assemblée nationale. Il revient en arrière sur l’ordonnance de 1959. Selon le ministre de la justice de l’époque, Boualem Benhamouda, un cacique du FLN alors parti unique, il s’agit de « purifier la famille de toutes ses impuretés a-islamiques… » Son texte, toujours en vigueur, consacre le statu quo, notamment le mariage arrangé et la répudiation unilatérale de l’épouse par son mari. À ses adversaires peu nombreux, le ministre oppose le 13 mai 1958 et la manipulation du dévoilement et les dénonce comme des alliés du 5e Bureau et de la France.

Jusqu’à aujourd’hui, le discours n’a pas changé et le thème de l’émancipation féminine a presque disparu du champ politique algérien.

Jean-Pierre Séréni

1En 1890, vingt ans après l’assimilation de l’Algérie à la France, seuls 783 musulmans avaient obtenu la citoyenneté française. Lire Charles Robert Ageron, Histoire de l’Algérie contemporaine, tome 2/1871-1954 ; page 33.

2« Les Français… ont osé violé délibérément le Coran, immuable par essence, et imposé par la force aux musulmans algériens les lois séculières de la France et, ce dans le domaine le plus sacré, en particulier le statut personnel… un domaine qui appartient exclusivement à la communauté des croyants » (El Moudjahid, n° 45, 6 juillet 1959.
http://orientxxi.info/lu-vu-entendu/le-devoilement-des-femmes-musulmanes-en-algerie,1466

MO2014

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Re: Algérie 1830-1962

Message  barnum le Mar 13 Sep - 17:46

Certaines se battent contre le voile islamique en Iran, en Tunisie, au Maroc....., signe de soumission à Allah ou au mari, d'autres se batternt en France pour la défense du voile, y compris sur un forum marxiste révolutionnaire !!!

barnum

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Re: Algérie 1830-1962

Message  verié2 le Mer 14 Sep - 10:11

barnum a écrit:Certaines se battent contre le voile islamique en Iran, en Tunisie, au  Maroc....., signe de soumission à Allah ou au mari, d'autres se batternt en France pour la défense du voile, y compris sur un forum marxiste révolutionnaire !!!
Je n'ai encore vu personne sur ce forum défendre le port du voile.
Pour ma part je défends le droit de le porter pour celles qui le décident. C'est fort différent. Et je trouve scandaleux qu'un restaurateur ait refusé de servir des femmes portant le foulard religieux (abusivement appelé voile) ou qu'on prétende empêcher des mères de famille d'accompagner des sorties scolaires.

C'est aux femmes de décider de leur façon de s'habiller. Personne n'est en droit de leur imposer le port du voile ou l'obligation de le retirer. Je n'apprécie pas pour autant les tenues à connotation religieuses, quelles qu'elles soient, mais les porter (ou ne pas les porter) fait partie des libertés démocratiques élémentaires.

De plus, les motivations des politiciens qui prétendent interdire telle ou telle tenue n'ont strictement rien à voir avec une défense des femmes. Ces motivations sont racistes, islamophobes, xénophobes et démagogiques.

verié2

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Re: Algérie 1830-1962

Message  MO2014 le Mer 28 Sep - 11:29

un rappel ...

Mélenchon : la Guerre d'Algérie, une guerre civile ?
Par XipeTotec

Quand, en visite en Algérie en février 2013, dans le cadre d'une conférence donnée à l'Institut français d'Alger, Jean-Luc Mélenchon évoqua la "guerre civile", j'ai aussitôt pensé à une référence à la "décennie noire". Mais non, Mélenchon évoquait la Guerre d'Algérie. C'est pour le moins surprenant et irresponsable de la part d'un responsable politique, surtout quand il s'agit de faire référence à une période chaude de l'histoire, celle du colonialisme. Cette prise de position, qui s'oppose au consensus qui a été obtenu de haute lutte pour qualifier cette guerre de libération nationale de "Guerre d'Algérie", demande quelques développements. D'autant qu'elle fut passée sous silence en France, dans une complicité médiatique à peu près complète. Mélenchon n'a pas tant d'ennemis, dans les médias, qu'il veut bien le dire.


Jean-Luc Mélenchon est dans le même registre que les socialistes de la SFIO qui avaient mené la répression

Sur-le-champ, la presse algérienne francophone réagit vivement à ses déclarations. Si le journal ''Liberté-Alger'' se contente d'évoquer "des propos à l'emporte-pièce" (''Jean-Luc Mélenchon : “La repentance ? Une belle perte de temps”'', in ''Liberté'', 14 février 2013), l'intellectuel progressiste algérien Chems Eddine Chitour souligne dans le quotidien ''L'Expression'' les "ambiguïtés" d'un discours sur la Guerre d'Algérie qui rappelle celui de la SFIO :

Quand M. Mélenchon joue sur les mots en parlant de « guerre civile », il ne fait pas avancer le débat. Pour rappel, une guerre civile est la situation qui existe lorsqu'au sein d'un État, une lutte armée oppose les forces armées régulières à des groupes armés identifiables, ou des groupes armés entre eux, dans des combats dont l'importance et l'extension dépassent la simple révolte ou l'insurrection. Du point de vue du droit de la guerre, on utilise l'expression « conflit armé non international », le mot « guerre » étant réservé au conflit armé international. (...) Jusqu'au début du XXe s., la guerre civile est considérée comme une affaire strictement intérieure qui ressort du domaine réservé de l'État concerné, qui a de fait et de droit toute latitude pour traiter comme bon lui semble les factieux, en considérant par exemple les rebelles en armes comme de simples criminels. (...)

« civile » signifie que la lutte a lieu à l'intérieur d'un territoire national. La violence est le critère suprême: les combattants essaient de s'emparer du pouvoir national ou de le conserver. La vengeance, la revendication de droits, les crimes de masse et les gains économiques ne sont pas, pris isolément ou ensemble, des motifs suffisants. Seuls cinq cas précis peuvent être cités : les conflits anglais (1642-1649), américain (1861-1865), russe (1918-1921), espagnol (1936-1939) et libanais (1975-1990).



Un apartheid avec une classe supérieure et des indigènes.

On le voit, la Révolution algérienne n'est pas cataloguée sous le vocable de guerre civile. De plus, le concept de guerre civile s'adresse à une population homogène. Tel n'était pas le cas, puisque c'était en fait, un apartheid avec une classe supérieure et des indigènes. Nulle part nous n'avons entendu parler de guerre civile s'agissant de la Révolution de Novembre. Jean-Luc Mélenchon est dans le même registre que les socialistes de la gauche (Section française de l'Internationale ouvrière - SFIO) qui avaient mené la répression et désignant ce qui se passait en Algérie d'évènements d'Algérie. Il a fallu près d'un demi-siècle pour que la France reconnaisse qu'il y avait une guerre d'Algérie.

(Chems Eddine CHITOUR, ''Jean-Luc Mélenchon. Certitude et ambiguïté du discours'', ''L'Expression'', samedi 16 février 2013)

Voir aussi : Yacine Ouchikh, "Algérie. Mélenchon qualifie la repentance de belle plaisanterie", ''Courrier de l'Atlas'', 13 février 2013)


Mélenchon compare la guerre d'indépendance algérienne à une lutte entre deux puissances égales

En France, seul le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) semble avoir réagi à chaud. Il souligne que Jean-Luc Mélenchon est venu en Algérie en tant que responsable politique qui assume le passé de l’État français. Il lui reproche cependant de comparer la guerre d'indépendance algérienne à une lutte entre deux puissances égales,

comme si la lutte entre les deux puissances impérialistes rivales était comparable à 132 ans de colonisation, de spoliations légalisées, de soumission d'un peuple réduit au statut « d'indigène musulman ». Mais cela n'entre pas dans le raisonnement du défenseur de la laïcité républicaine, qui d'ailleurs a fini par parler de « guerre civile » à propos de la guerre d'indépendance.

(Algérie : Mélenchon en Homme d'Etat, in ''Hebdo tout est à nous'', n° 184, 28 février 2013.


La revendication de certains groupes pieds-noirs

Qu'est-ce qui motive le positionnement idéologique de Mélenchon ? Nous avons vu qu'il rappelle la position officielle de la SFIO. Mélenchon semble en tout cas rejoindre les revendications de groupes Pieds-Noirs, milieu dont il est lui-même issu. Ceux-ci revendiquent l'appellation de "guerre civile" au motif que les Algériens, avant l'indépendance, étaient tous des citoyens français, y compris les Musulmans. Et d'autre part, de manière assez inique, parce qu'il n'existait pas de nationalité algérienne avant l'indépendance.

L'Etat français a donné le qualificatif de "guerre" à l'ensemble des actes criminels, et à leur répression par des autorités politiques françaises, qui se sont déroulés dans les départements français d'Algérie du 31 octobre 1954 au 2 juillet 1962 (La loi N°74.1044 du 9 décembre 1974). Les débats à l'Assemblée nationale, au Sénat et dans les médias n'ont pas qualifié correctement cet ensemble de faits violents baptisés du seul mot "guerre". L'analyse des faits historiques démontre qu'il s'agit en réalité d'une suite de guerres civiles franco-françaises. Dans le contexte algérien, le terme de "guerre" doit être effectivement accompagné de "civile" car tous les intervenants avaient de facto jusqu'au 3 juillet 1962 la nationalité française, la nationalité algérienne n'ayant jamais existée auparavant. L'Algérie est une création purement française, l'ensemble de territoires correspondant à cette dénomination n'ayant jamais porté ce nom auparavant. L'Algérie indépendante est aussi une création française, la décision d'abandon de nos départements algériens ayant été prise par le Chef de l'Etat d'alors, le général de Gaulle.

(http://jeunepiednoir.pagesperso-orange.fr/jpn.wst/GuerreAlg%E9rie.htm)

Cette dénomination repose donc sur une farce "juridique" présupposant que, comme la Palestine avant 1948 selon le point de vue israélien, l'Algérie n'existait pas avant la colonisation.

Nationalité française face à statut civil de droit local

En réalité, les Musulmans ne disposèrent que tardivement (après la Libération) d'un "statut civil de droit local" qui leur permettait d'accéder à certains droits selon un principe dérogatoire. Une citoyenneté qui s'est progressivement élargie au fur et à mesure que la France perdait le contrôle du territoire.

C'est d'ailleurs sur la base d'une telle fable que certains descendants de Musulmans d'Algérie ont tenté d'obtenir la nationalité française, arguant de la "nationalité française" de leur parent (rappelée effectivement en toutes lettres dans les papiers officiels). Or, même en brandissant des certificats militaires (de nombreux Musulmans d'Algérie ayant été enrôlés dans les guerres européennes), ils se sont heurtés à un refus ; sauf dans les cas, assez rares, d'acquisition de la nationalité française par décret. Il est évident qu'un statut civil de droit local n'offre pas une citoyenneté pleine et entière.

Il est facile de montrer que l'Algérie était en situation d'apartheid et qu'il existait une séparation de fait entre les Algériens d'origine européenne, les Musulmans et les Juifs. Suggérer qu'il existait un ensemble commun réunissant des citoyens français égaux entre eux au sein des fameux départements algériens, qui se seraient opposés dans une "guerre civile", est donc une imposture.

Quand la SFIO vante le colonialisme

Les Français furent d'ailleurs de bien mauvais colonisateurs au Maghreb, en dépit des envolées lyriques universalistes sur la mission civilisatrice de la colonisation (qui ne sont pas sans évoquer un certain discours européiste admettant la supériorité de l'Allemagne, par exemple en matière de gestion budgétaire) :

« Nous admettons qu'il peut y avoir non seulement un droit, mais un devoir de ce qu'on appelle les races supérieures, revendiquant quelquefois pour elles un privilège quelque peu indu, d’attirer à elles les races qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de civilisation » (Léon Blum, Débat sur le budget des colonies à la Chambre des députés, 9 juillet 1925, J.O., Débats parlementaires, Assemblée, Session Ordinaire (30 juin-12 juillet 1925), p. 848).

En guise de mission civilisatrice, dans les faits, la France ne scolarisa les enfants musulmans qu'en infime quantité, les Pieds Noirs s'étant fermement opposés à l'ouverture d'écoles pour les "Arabes". Et ce n'est pas l'assouplissement de la position des colons, contraints par les circonstances dans les dernières années, qui change quelque chose à cette réalité de longue durée.

60 élus pour 900 000 électeurs européens / 60 élus pour 9 millions de Musulmans

La France avait de même mis entre parenthèses le principe de laïcité, organisant par exemple des élections où les communautés était représentées séparément, selon un principe fortement inégalitaire : le premier collège (constitué de 900 000 électeurs européens) élisait 60 représentants à l’Assemblée algérienne, le second collège (constitué de 9 millions de Musulmans) élisait de même 60 représentants à cette assemblée.

Comme le suggère M. Chitour, évoquer une "guerre civile" à défaut des "événements" d'Algérie au lieu de conserver l'acquis reconnaissant encore trop tardivement une "guerre" d'Algérie est le signe d'une régression, qui dénote l'incapacité de Mélenchon à prendre de la distance vis-à-vis d'un passé familial pro-"Algérie française". Mélenchon a parfois bien du mal à rester en cohérence avec une famille politique, normalement anticolonialiste, qui a rompu avec la SFIO depuis des décennies et dont il semble se réclamer sur le tard.
https://blogs.mediapart.fr/xipetotec/blog/051213/melenchon-la-guerre-dalgerie-une-guerre-civile

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