Algérie 1830-1962

Page 1 sur 5 1, 2, 3, 4, 5  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Algérie 1830-1962

Message  sylvestre le Mer 30 Mai - 19:08

Suis allé voir l'expo "Algérie 1830-1962" au Musée de L'Armée. Pas mal - globalement ça vaut le coup d'œil. j'aime toujours bien les idées de Napoléon III et Ismaël Urbain, dans le genre "colonialisme soft cherchant à établir une hégémonie gramscienne" - et on y trouve quelques documents intéressants de cette époque. Intéressant aussi l'approche militaire "technique" qui du coup se met à détailler l'organisation de l'armée d'Abd El Kader. Bon après il faut supporter le supplément gratuit du Fig Mag et les odes au courage de l'armée française en Indochine....

http://www.invalides.org/ExpositionAlgerie/index.html


Dernière édition par sylvestre le Jeu 26 Juil - 10:54, édité 1 fois

sylvestre

Messages : 4489
Date d'inscription : 22/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  sylvestre le Lun 2 Juil - 10:13

Ca passe demain sur France 3 - j'ai vu l'avant-première, ça vaut vraiment le coup d'œil, et peut-être encore plus le deuxième épisode sur les débuts du régime algérien indépendant, qui passe la semaine prochaine je crois

A VOUS MAINTENANT DE FAIRE LA PAIX DOCU. - HISTORIQUE
Origine : France. (2012)


Réalisation : Marie Colonna, Malek Bensmaïl.
Date : 03/07/2012
Horaire : 22H16 - 23H15
Durée : 59 mn

1962. L'Algérie, territoire français depuis un siècle et demi, vit sa dernière année de colonisation, après sept ans d'une guerre de libération sanglante. Nés tous deux dans l'Algérie indépendante, Marie Colonna et Malek Bensmaïl vont à la rencontre de Français et d'Algériens de tous horizons qui ont vécu cette période, entre violences, peurs, espoirs, désespoirs, libertés, vies brisées et vies en construction... Au travers de leurs témoignages, le film fait revivre ce moment où l'histoire bascule, du cessez-le-feu du 19 mars à l'élection de Ahmed Ben Bella à la tête du gouvernement, le 25 septembre

sylvestre

Messages : 4489
Date d'inscription : 22/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Algérie : colonisation, libération et communisme

Message  Joe Hill le Ven 6 Juil - 1:50

http://vp-partisan.org/article726.html

Il y a 50 ans, l’Algérie accédait à l’indépendance, après 132 ans de colonisation par la France. A cette occasion, nous publions une version enrichie de la brochure « PCF, PCA et la lutte de libération nationale », cette fois sous le titre « Colonisation, libération et communisme ».

Sommaire :

Intro
I : 1830, une Algérie conquise, mais pas soumise.
II : La naissance du mouvement national algérien.
III : Le PCF, la question nationale et l’Algérie (« Le PCF abandonne l’internationalisme », « Mitterrand dans cette sale guerre »).
IV : Le parti communiste algérien (« Le PCA rate son rendez-vous avec l’histoire »).
V : Les enseignements d’une tragédie politique.

L’intro souligne l’actualité politique de cette histoire récente :
La lutte du peuple algérien est en quelque sorte la nôtre. D’abord parce qu’elle est une lutte victorieuse contre l’impérialisme français, ensuite car elle fait partie de la mémoire du prolétariat multinational de France. De nombreux travailleurs, français ou étrangers, sont enfants ou petits enfants d’Algériens, d’Algériennes, ayant subi la colonisation ou combattu contre elle. Et enfin, parce que les leçons de cette expérience sont encore d’actualité.

Avril 2012 – 1,50 €. A commander à nos militantEs, à notre boite postale (BP 122 - 93403 Saint Ouen) et à contact@vp-partisan.org

Joe Hill

Messages : 340
Date d'inscription : 21/11/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Vies d’exil - 1954-1962. Des Algériens en France

Message  Achille le Dim 18 Nov - 19:01

Je sors d'une exposition très réussie Vies d’exil - 1954-1962. Des Algériens en France.

Travail, école, logement, engagement politique et syndical, vie culturelle et intellectuelle... cette exposition propose un focus sur les multiples facettes de la vie quotidienne des Algériens en France pendant la Guerre d'Algérie.

Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, la Cité nationale de l’histoire de l’immigration propose une plongée inédite dans le quotidien des travailleurs algériens en France entre 1954 et 1962. Pendant cette période, l’immigration, loin de ralentir, s’accélère au contraire, la population algérienne passant au cours de la période de 220 000 à 350 000 personnes.
Fait nouveau dans l’histoire de l’immigration algérienne : il ne s’agit plus exclusivement d’une immigration masculine, et les familles rejoignent peu à peu leurs proches dans l’exil. Entre conflits nationalistes et répression policière, le difficile quotidien n’entame cependant pas la volonté des immigrés de vivre en s’insérant dans la société de consommation qui se profile alors en métropole.

Cette exposition aborde les diverses réalités de vie des migrants algériens à travers les questions de la vie sociale - travail, école, logement, loisirs… -, de l’accueil accordé à l’immigration algérienne, entre méfiance et rejet, et de la solidarité envers leur engagement politique et syndical. En effet, la France métropolitaine de l’époque vit successivement au rythme de la guerre d’Algérie, des événements d’octobre 1961 et enfin, de l’indépendance.

Une riche sélection d’objets, d’œuvres d’art, de documents et de photographies, issue de fonds d’archives et de collections tant institutionnelles que privées, illustrera ces différentes thématiques.

Une production de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, sur une proposition de Benjamin Stora et Linda Amiri, commissaires scientifiques, assistés par Hedia Yelles-Chaouche. Scénographie de l’Atelier Caravane.

Informations pratiques

Galerie d'exposition temporaire
Du 9 octobre 2012 au 19 mai 2013
Du mardi au vendredi de 10h à 17h30. Samedi et dimanche de 10h à 19h

Tarifs 5 euros et 3,5 euros. Ces tarifs incluent le droit d’entrée à l’exposition permanente et à toutes les expositions temporaires de la Cité.
L'entrée est gratuite pour les moins de 26 ans et pour tous le premier dimanche du mois

Cité nationale de l’histoire de l’immigration
Palais de la Porte Dorée
293, avenue Daumesnil
75012 Paris
En métro : station Porte Dorée (ligne Cool
En bus : 46 et PC2

Achille

Messages : 2739
Date d'inscription : 24/12/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Algérie 1830-1962

Message  Achille le Jeu 20 Déc - 12:47

La formidable exposition



est encore ouverte jusqu'en mai. Si vous ne l'avez pas encore visité courrez-y !

Vies d’exil - 1954-1962. Des Algériens en France pendant la guerre d’Algérie

Mardi 9 Octobre 2012 – Dimanche 19 Mai 2013

Travail, école, logement, engagement politique et syndical, vie culturelle et intellectuelle... cette exposition propose un focus sur les multiples facettes de la vie quotidienne des Algériens en France pendant la Guerre d'Algérie.

Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, la Cité nationale de l’histoire de l’immigration propose une plongée inédite dans le quotidien des travailleurs algériens en France entre 1954 et 1962. Pendant cette période, l’immigration, loin de ralentir, s’accélère au contraire, la population algérienne passant au cours de la période de 220 000 à 350 000 personnes.
Fait nouveau dans l’histoire de l’immigration algérienne : il ne s’agit plus exclusivement d’une immigration masculine, et les familles rejoignent peu à peu leurs proches dans l’exil. Entre conflits nationalistes et répression policière, le difficile quotidien n’entame cependant pas la volonté des immigrés de vivre en s’insérant dans la société de consommation qui se profile alors en métropole.

Cette exposition aborde les diverses réalités de vie des migrants algériens à travers les questions de la vie sociale - travail, école, logement, loisirs… -, de l’accueil accordé à l’immigration algérienne, entre méfiance et rejet, et de la solidarité envers leur engagement politique et syndical. En effet, la France métropolitaine de l’époque vit successivement au rythme de la guerre d’Algérie, des événements d’octobre 1961 et enfin, de l’indépendance.

Une riche sélection d’objets, d’œuvres d’art, de documents et de photographies, issue de fonds d’archives et de collections tant institutionnelles que privées, illustrera ces différentes thématiques.

Une production de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, sur une proposition de Benjamin Stora et Linda Amiri, commissaires scientifiques, assistés par Hedia Yelles-Chaouche. Scénographie de l’Atelier Caravane.

Achille

Messages : 2739
Date d'inscription : 24/12/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  mykha le Jeu 18 Juil - 10:35

Il y a soixante ans, le 14 juillet 1953 : répression sanglante contre les Algériens à Paris


Le 14 juillet 1953, un imposant cortège de travailleurs maghrébins, algériens en majorité, se joignait à la traditionnelle manifestation parisienne organisée par le PCF et la CGT de la Bastille à la Nation. Les mots d'ordre des organisateurs, réclamant le droit d'apprendre un métier, des logements décents et du travail, laissèrent vite la place à ceux réclamant l'indépendance.

Les militants du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, le MTLD, dont le dirigeant était Messali Hadj, le principal mouvement nationaliste alors très influent parmi les travailleurs algériens, brandirent des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « À bas le colonialisme ». Au moment de la dispersion, les policiers se déchaînèrent contre les manifestants maghrébins. Ils ne se contentèrent pas de frapper à coups de matraque. Des coups de feu furent tirés, laissant sur le pavé sept morts, six jeunes ouvriers algériens et un syndicaliste CGT, et de nombreux blessés.

Le président du Conseil, Joseph Laniel, couvrit immédiatement la répression, soutenant les policiers assassins. Le soir même, le ministre de l'Intérieur, Léon Martineau-Déplat, déclara que les Algériens avaient ouvert le feu les premiers, cherchant à accréditer la thèse de la légitime défense échafaudée par la préfecture de police. Le journal de droite L'Aurore, dans son numéro du 15 juillet 1953, titrait : « Ce 14 juillet a été, hélas ! ensanglanté par une émeute communiste » ajoutant dans un sous-titre : « Deux mille Nord-Africains attaquent sauvagement la police place de la Nation. » Le 17 juillet, un article du journal Le Figaro intitulé de manière significative les « Nord-Africains dans la métropole », exhortait à ne « plus laisser se maintenir et se renforcer dans la capitale ainsi que dans les régions du Nord, de l'Est et de Marseille des masses d'individus qui menacent périodiquement l'ordre public. On peut être généreux sans être dupe ou victime. » Le point de vue colonialiste haineux s'étalait ainsi à longueur de colonnes. Un an auparavant, la répression des manifestations organisées par le MTLD avait déjà fait plusieurs morts en France.

En 1953, cela faisait déjà sept ans que l'impérialisme français menait une sale guerre en Indochine pour préserver cette partie de son empire colonial. Mais alors que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'agitation grandissait dans tout l'empire colonial français pour réclamer l'indépendance, il n'était absolument pas question pour l'impérialisme français de céder.

Dans les jours qui suivirent la manifestation du 14 juillet, le Parti communiste français et la CGT condamnèrent la répression. Mais à aucun moment ils n'envisagèrent vraiment de riposter, et surtout ne reprirent aucunement la revendication pour laquelle six ouvriers algériens étaient morts.

Droite et gauche unies contre l'indépendance

En fait, aucun des partis et syndicats qui organisaient la classe ouvrière, pas même le Parti communiste, ne soutenait les peuples colonisés dans leur aspiration à l'indépendance.

En 1936, alors qu'il était au pouvoir, le gouvernement du Front populaire n'avait avancé qu'un timide projet consistant à donner le droit de vote à quelques nouveaux électeurs algériens, projet vite abandonné sous la pression des représentants politiques des colons. Un an plus tard, en 1937, le gouvernement socialiste s'attaquait directement au mouvement nationaliste algérien, arrêtant son dirigeant Messali Hadj et interdisant son parti l'Étoile nord-africaine. Tout cela fut ressenti comme une immense trahison par les peuples colonisés. La politique du PCF n'était pas différente : il affirmait alors que réclamer l'indépendance était faire le jeu de Hitler.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Gouvernement provisoire issu du Conseil national de la résistance, présidé par de Gaulle et comportant des ministres socialistes et communistes, réprima dans le sang les manifestations du 8 mai 1945 en Algérie. Des dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants furent assassinés par l'armée et les milices pieds-noires, pour les punir d'avoir réclamé l'indépendance le jour de la « Libération ». Derrière le mythe de la Libération, il y eut en fait l'union sacrée de tous les partis, y compris le PCF, pour reconstruire la puissance de l'impérialisme français, en métropole contre la classe ouvrière, et dans son empire contre les peuples asservis.

Même si, en 1953, le PCF se prétendait alors un opposant radical au gouvernement, le peuple algérien se retrouva seul dans son combat pour arracher son indépendance et seul face à la répression de l'impérialisme français qui ne fit que s'intensifier par la suite.

Aline RETESSE


Lutte Ouvrière.

mykha

Messages : 1079
Date d'inscription : 19/06/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Décès d'Henri Alleg

Message  mykha le Jeu 18 Juil - 12:22

Décès d'Henri Alleg, dont le témoignage, "La Question" reste une lecture incontournable pour savoir de quoi est capable l'armée de la bourgeoisie française .

mykha

Messages : 1079
Date d'inscription : 19/06/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  sylvestre le Lun 5 Aoû - 14:05

Un superbe documentaire à voir en ligne :

sylvestre

Messages : 4489
Date d'inscription : 22/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Lucien SPORTISSE

Message  mykha le Dim 6 Avr - 11:13

Lucien Sportisse : un pionnier de la lutte communiste en Algérie contre le colonialisme, assassiné il y a soixante-dix ans

mercredi 2 avril 2014



"Fils du peuple, fidèle à son origine, le Parti perd en Sportisse le militant dévoué, désintéressé autant que valeureux. Tous les camarades du Parti qui l’ont connu jurent de le venger en s’inspirant de son sublime exemple"

Lucien Sebah.

.

Lucien Sportisse est un pionnier de la lutte communiste en Algérie ! Dès son plus jeune âge, il prend avec courage et lucidité le chemin du dévouement et de la lutte en faveur des paysans pauvres et des ouvriers. Bravant le système colonial ainsi que le fascisme du début de 20ème siècle, il ne cessera jusqu’à sa mort d’insuffler le vent et la voie de la résistance, de la lutte et de l’internationalisme communiste.



Lucien Sportisse est né le 2 octobre 1905. Il obtient son Baccalauréat avec mention "Très Bien" et entreprend alors des études d’histoire à la faculté d’Alger. Elles seront néanmoins rapidement interrompues à cause de ses ressources financières très modestes. Il devait certains soirs se "coucher sur les bancs dans les squares d’Alger parce qu’il n’avait pas de quoi payer une chambre d’hôtel" nous rapporte William Sportisse dans son livre "Le Camp des Oliviers".

Le jeune Lucien rentre rapidement à Constantine, sa ville natale, où il devient instituteur à l’âge de vingt ans. Le futur militant fait déjà face à un conflit avec l’administration coloniale française. En effet, il refusait de faire souscrire financièrement ses élèves modestes dans le cadre d’une ’’contribution volontaire’’ du gouvernement. Ces deux événements marquent le jeune instituteur de façon significative dans son futur engagement communiste en faveur des couches et des masses laborieuses.

Lucien Sportisse : un militant communiste

Lucien Sportisse dès son plus jeune âge entame un travail de militant politique, tout d’abord à la SFIO dans les années 20 (section française de l’internationale ouvrière).Puis Il quitte cette organisation politique empreinte de social-démocratie et de réformisme politique pour rejoindre la régions algérienne du parti communiste , parti révolutionnaire inspirée par la théorie marxiste-léniniste.

Son départ de la SFIO est provoqué par des divergences tant sur des références idéologiques que sur des choix politiques. Il était en effet profondément marxiste et donc empreint d’une volonté d’organisation des travailleurs dans un parti de classe, seul capable de faire basculer l’ordre établi.

Sur le plan politique, Lucien était contre une motion adoptée lors d’un congrès fédéral tenu fin décembre 1926 à Bône (Annaba). Elle portait sur la confiance de la SFIO à l’égard de la Société des Nations (SDN). Le jeune militant critique et stigmatise "la neutralité criminelle de cette institution devant toutes les tentatives d’expansion impérialistes des grandes nations capitalistes" en déclarant ’’encourager la SDN, c’est encourager l’illusion pacifiste que la bourgeoisie entretient dans les masses prolétariennes en vue de temporiser le mouvement pacifiste prolétarien, seul efficace’’. D’autre part, les dissensions portaient aussi sur les perspectives anticolonialistes de Lucien. Les sociaux-démocrates reprochaient aux communistes de pousser les ’’indigènes" à la révolte et à des mouvement de xénophobie, de fanatisme et de nationalisme musulman.

Lucien avec détermination et lucidité s’engage en faveur de la lutte et du combat contre le système colonial français à l’égard des "Algériens musulmans" mais aussi et surtout contre le système capitaliste qui est la source du problème. Il déclare lors d’une réunion le 17 Novembre 1935 : " On doit être, dans une certaine mesure, reconnaissant au capitalisme d’avoir spolié, brimé, saisi, étranglé les musulmans. Ceux-ci commencent à ouvrir les yeux, et à connaitre leurs amis et leurs ennemis".

L’analyse et l’engagement politique du militant ne sont pas tolérés par les riches propriétaires terriens et le système colonial. En 1934, le conseil départemental de Constantine décide de la révocation de Lucien Sportisse. On lui reproche sa prise de parole le 1er Mai 1934 lors d’un meeting à Bougie (Bejaia) où il accuse les colons d’avoir dépossédé les fellahs de leurs terres.

Ainsi, à partir de 1934, Lucien Sportisse part en Oranie pour travailler en tant que coffreur-ferrailleur dans le bâtiment. Son frère, William Sportisse met en évidence l’attitude modeste de Lucien." C’était un exemple [...] Dans le milieu bourgeois environnant, il était inacceptable qu’un enseignant devienne manœuvre ".

Pendant des années, Lucien poursuit son activité militante et syndicale notamment à la CGT pour l’amélioration des conditions de travail des ouvriers et la mise en œuvre des grands chantiers pour offrir du travail à "l’armée de réserve" que constituent les chômeurs. Mais la répression des grands colons avec l’aide du système colonial est de plus en plus dure. Il est condamné à quatre mois de prison et à 500 francs d’amendes en 1935 à cause de ses idées anticolonialistes, anti-impérialistes et surtout ses idées marxistes-léninistes. Il est libéré après trois mois de détention grâce à la campagne menée par des communistes comme Pierre.

Des luttes antifasciste et anticolonialistes

Dans l’histoire, les années 1930 se distinguent par la montée dans toute l’Europe du fascisme, du nazisme et des idées d’extrême-droite. Hitler avec le parti national-socialiste en Allemagne, Mussolini avec le parti national-fasciste en Italie, le franquisme en Espagne ainsi que le régime de Vichy incarné par le maréchal Pétain en France. Dans ce contexte politique international nauséabond, le militant communiste Lucien Sportisse déploie toute sa lucidité et sa force pour la lutte et le combat contre les hordes du fascisme, agent du capitalisme dans l’Algérie coloniale.

En octobre 1936 se tient le congrès constitutif du PCA (Parti communiste algérien) qui n’est plus une région dépendant organiquement du PCF. Lucien se fait élire au comité central. Dans un contexte historique imprégné de haine et de racisme, le débat à l’intérieur du parti se posait sur la priorité des luttes, fascisme ou colonisation. La lutte contre le fascisme surgit comme étant la plus importante dans les débats de l’époque. Car l’analyse dominante au sein du PCA à l’époque était le refus de tomber dans l’erreur que certains nationalistes algériens faisaient à cette époque de "l’ennemi de mon ennemi est mon ami". Les communistes cherchaient à les convaincre que si l’Allemagne nazie était opposée à la colonisation française, ce n’était pas pour des considérations progressistes mais seulement pour assouvir ses propres intérêts. D’ailleurs, les gros colons et propriétaires terriens étaient séparatistes et voulaient à tout prix mettre en place en Algérie un Etat d’Apartheid qui se serait mis sous l’aile protectrice des Etats fascistes pour aggraver l’exploitation et l’oppression des travailleurs en général et des Algériens "indigènes" en particulier.

Aujourd’hui avec le recul, des communistes tels que William Sportisse pensent que le PCA et le PCF n’ont pas mené une analyse suffisante de la complexité de la situation. La mise en retrait du combat anticolonialiste et du mot d’ordre d’indépendance a été faite pour ne pas effaroucher les sociaux-démocrates français avec qui ils devaient se rassembler dans un front contre le fascisme pour le combattre. Néanmoins, il ne faut pas oublier que la lutte anticolonialiste était essentielle dans les 21 conditions d’adhésion à un parti communiste définies lors de la 3ème Internationale par Lénine.

L’exil en France et l’assassinat de Lucien Sportisse

D’année en année le travail du militant ne cesse de s’intensifier pour la conscientisation des masses sous le regard hargneux de la police politique au service des colons. La menace était d’autant plus dangereuse que Lucien Sportisse s’exprimait parfaitement en arabe et pouvait dans ce cas s’adresser dans un langage familier aux prolétaires musulmans.

En 1936, L’administration coloniale conseille de réintégrer Lucien dans le cadre de l’enseignement primaire mais seulement en métropole sur demande du gouverneur d’Algérie. Cette opération visait à éloigner l’instituteur des masses et des couches exploitées en Algérie.

Il est nommé dans un petit village des Hautes-Alpes à Puy-Saint-Vincent. Toutefois, Lucien, internationaliste, poursuit sa lutte contre les mouvements réactionnaires, les colonialistes et les fascistes. C’est pourquoi il est chargé en décembre 1943 de la direction technique du journal clandestin du Front National Le Patriote. [1]

Très rapidement, il se fait connaître dans la région par son travail de militant communiste. Il entre notamment en contact avec Marie Gallifet, ignorant que c’est un agent double qui héberge des juifs et des militants antifascistes tout en fournissant des informations sur ces militants à la Gestapo française.

Elle remet à la Gestapo une photo de Lucien Sportisse. Cela lui permet d’organiser un guet-apens pour le capturer. Lucien tente de s’enfuir mais l’un des agents ouvre le feu avec son revolver .

Lucien Sportisse meurt le 22 Mars 1944 à Lyon !

Son assassin était Marc Giroud alias "Dagostini".

70 ans après son assassinat, nous rendons hommage à un grand militant pour la lutte contre le colonialisme et contre le fascisme. Par sa modestie, son engagement politique et son internationalisme, il apparaît aujourd’hui comme un exemple de combat et de lutte pour la jeunesse qui saura un jour ou l’autre trouver le chemin de l’émancipation des masses exploités.

.

Hassaïne Djedid

Alger républicain

02.04.14


[1] Le Front national était un rassemblement de communistes et de non-communistes contre le fascisme et le régime de Vichy. Aucun lien avec le Front National raciste et xénophobe de Jean-Marie le Pen et de Marine le Pen en France,

A mon avis, beaucoup de points intéressant dans cet article...

1 Il rappelle que le PC, pendant des décennies, et malgré ses dérives, a rassemblé ce qu'il y avait de mieux dans la classe ouvrière et la société.

2 Position vis à vis de la SDN (et de l'ONU aujourd'hui pour les cliques de gauches et humanistes).

3 " Aujourd’hui avec le recul, des communistes tels que William Sportisse pensent que le PCA et le PCF n’ont pas mené une analyse suffisante de la complexité de la situation. La mise en retrait du combat anticolonialiste et du mot d’ordre d’indépendance a été faite pour ne pas effaroucher les sociaux-démocrates français avec qui ils devaient se rassembler dans un front contre le fascisme pour le combattre. Néanmoins, il ne faut pas oublier que la lutte anticolonialiste était essentielle dans les 21 conditions d’adhésion à un parti communiste définies lors de la 3ème Internationale par Lénine"

Pour ne pas être "sectaire", ne pas "effaroucher" les sociaux-démocrates, le PC pervertit de fait l'internationalisme et l'anticolonialisme conséquent et "pourrit" ses propres militants..
Misère aussi de "l'antifascisme" qui ouvre la porte à toutes les confusions et trahisons.

Je n'ai pas le temps de développer mais j'espère que Vérié amènera des éléments de réflexion plus construits. Cool 




mykha

Messages : 1079
Date d'inscription : 19/06/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  yannalan le Dim 6 Avr - 12:10

[quoteD’ailleurs, les gros colons et propriétaires terriens étaient séparatistes et voulaient à tout prix mettre en place en Algérie un Etat d’Apartheid qui se serait mis sous l’aile protectrice des Etats fascistes pour aggraver l’exploitation et l’oppression des travailleurs en général et des Algériens "indigènes" en particulier.][/quote]

Ca, je ne le crois pas du tout, ils se sont accrochés à la métropole comme des arapètes.

yannalan

Messages : 2065
Date d'inscription : 25/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  verié2 le Dim 6 Avr - 13:22

les gros colons et propriétaires terriens étaient séparatistes et voulaient à tout prix mettre en place en Algérie un Etat d’Apartheid
J'ignore si cette position a été défendue par des colons avant la guerre d'Algérie de 1954-62. En revanche, j'ai appris récemment qu'il y a eu, à la fin de la guerre, une tentative de ce genre menée par une fraction de l'OAS comprenant notamment des militants du groupe néo fasciste/pétainiste Jeune Nation (ancêtre d'Occident et Ordre nouveau.) Leur objectif était en effet d'imposer une partition de l'Algérie avec un système d'apartheid, en laissant évidemment aux Algériens les régions les moins riches. Ils s'inspiraient ouvertement de la situation de l'Etat d'Israël... malgré l'antisémitisme de ce courant.

Des tentatives furent menées pour rencontrer des ministres et même de Gaulle pour lui proposer cette solution. Le problème, c'est que la majorité de l'OAS ne voulait pas en entendre parler, car elle entendait garder toute l'Algérie. Quant aux autorités françaises, elles étaient sceptiques car il y avait toutes les chances que le FLN refuse cette solution et poursuive la guerre. Un préfet fut sollicité par les partisans de cette formule pour servir d'intermédiaire. Mais les deux représentants de cette "fraction" de l'OAS furent assassinés... par l'OAS sur l'ordre d'un de ses dirigeants. (L'un des assassins reconnait ce meurtre aujourd'hui et affirme le regretter.) On a aussi parlé à cette occasion d'une manoeuvre des services secrets pour diviser l'OAS et la détruire plus facilement.

A ma connaissance, il n'existe pas d'infos sur la base sociale que pouvaient avoir les partisans de cette partition parmi les colons. Jeune Nation a connu un certain développement en Algérie à la fin de la guerre, mais il semble que ce soit plutôt chez les pieds noirs pauvres que parmi les riches colons.

Sinon, en 1962, on ne voit pas sur quels "Etats fascistes" les colons d'Algérie auraient pu s'appuyer, en dehors de l'Afrique du sud et d'Israël. Mais certains membres de l'OAS ont noué des liens avec... la CIA et comptaient sur son appui. L'objectif de la CIA aurait pu être, sinon de renverser de Gaulle, de l'affaiblir, notamment en vue de supplanter l'impérialisme français dans certains pays...

verié2

Messages : 8449
Date d'inscription : 11/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  yannalan le Dim 6 Avr - 14:47

En 62, les membres de l'OAS se baladaient tranquillement à Madrid sous la protection du "Cuñadisimo", Serrano Suner. Les commandos s'y sont réfugiés après l'Indépendance.
La solution d'un Etat pied-noir était très minoritaire, si tant est qu'elle avait une base en dehors des deux ou trois dont parle Vérié. L'Algérie n'est pas l'Afrique du Sud et la population européenne s'est toujours considérée comme française, et à l'école, on nous en remettait des louches ! En plus, une grosse base de l'OAS et de sa direction était formée d'ex-officiers.

yannalan

Messages : 2065
Date d'inscription : 25/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  yannalan le Dim 6 Avr - 14:49

Quant à la famille Sportisse, elle a donné un paquet de militants...

yannalan

Messages : 2065
Date d'inscription : 25/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  verié2 le Dim 6 Avr - 14:53

En 62, les membres de l'OAS se baladaient tranquillement à Madrid sous la protection du "Cuñadisimo", Serrano Suner. Les commandos s'y sont réfugiés après l'Indépendance.
Oui, l'Espagne et le Portugal ont offert l'asile aux OAS, comme ils l'avaient fait pour les collabos en 1945. Mais ni Franco ni Salazar ne se seraient mouillés dans un véritable appui à un régime d'apartheid mis en place par des colons contre l'Etat français. Sur le plan international, ils cherchaient surtout à faire oublier leur alliance avec l'Axe...

verié2

Messages : 8449
Date d'inscription : 11/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  yannalan le Dim 6 Avr - 15:24

Surtout, les franqustes savaient ce qu'était un coup d'état militaire et ils ont vu en Avril 61 qu'ils avaient affaire à des amateurs. Serrano aurait déclaré à Salan que s'il ne fusillait pas de suite les cadres opposés au putsch, il n'avait aucune chance.Ce qui est apparu évident

yannalan

Messages : 2065
Date d'inscription : 25/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  mykha le Dim 6 Avr - 15:40

Merci à vous deux d'alimenter une discussion qui reste encore largement faussée par les propagandes, les censures et tout simplement la méconnaissance...et dont les conséquences sont pourtant très importantes aujourd'hui pour le mouvement ouvrier.

mykha

Messages : 1079
Date d'inscription : 19/06/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  verié2 le Dim 6 Avr - 15:43

une grosse base de l'OAS et de sa direction était formée d'ex-officiers.
Dans les combattants actifs de l'OAS, il y avait en effet beaucoup de militaires, officiers et sous-officiers, dont ceux d'origine Pied Noir. Mais l'OAS avait aussi une véritable base populaire, composée de gens modestes, notamment à Bab el Oued, ancien fief du PC algérien. Il y avait aussi de véritables clans "ethniques" dans l'OAS, dont le groupe juif dirigé par une sorte de caïd, malgré l'antisémitisme propagé par les Pétainistes d'autres clans.

verié2

Messages : 8449
Date d'inscription : 11/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  yannalan le Dim 6 Avr - 16:22

Oui, mais les militaires tenaient bien la direction et eux savaient où trouver les armes. Ils avaient une grande méfiance des civils pieds-noirs. Le seul pied-noir militaire notable, c'était Jouhaud.
Pour la base, oui, et ceux qui ne voulaient pas suivre se faisaient plastiquer ou assassiner.Mais la base à Bab El Oued et ailleurs, n' a que rarement eu accès à la direction. Et elle admirait trop l'armée.
J'ai fait ma primaire en Algérie à l'époque, rétrospectivement, c'était assez délirant. Et encore,je n'habitais pas à Alger ou Oran.

yannalan

Messages : 2065
Date d'inscription : 25/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  yannalan le Lun 7 Avr - 16:04


yannalan

Messages : 2065
Date d'inscription : 25/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  sylvestre le Mer 9 Avr - 14:54

Interview de William Sportisse au Soir d'Algérie sur le PCA.

Sympa, mais quand même très stalinien, y compris avec l'excuse au gouvernement hongrois d'avoir arrêté les émissions de radio en arabe.

sylvestre

Messages : 4489
Date d'inscription : 22/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  Dinky le Jeu 10 Avr - 9:34

yannalan a écrit:Sur le  PCA à Constantine pendant la guerre d'Algérie :
http://www.lycee-chateaubriand.fr/cru-atala/publications/ATALA16/lefoll-luciani16.pdf

Cette recherche est passionnante.

Dinky

Messages : 400
Date d'inscription : 02/12/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  mykha le Jeu 10 Avr - 10:00

sylvestre a écrit:Interview de William Sportisse au Soir d'Algérie sur le PCA.

Sympa, mais quand même très stalinien, y compris avec l'excuse au gouvernement hongrois d'avoir arrêté les émissions de radio en arabe.

Bien sûr, beaucoup de limites, mais chapeau quand même à cette poignée de militants qui ont tenu contre les pires vents et marées et méritent notre respect.

mykha

Messages : 1079
Date d'inscription : 19/06/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  yannalan le Jeu 10 Avr - 10:18

Effectivement, militer à l'époque pour un "européen" n'avait rien de facile, vu l'hostilité de la grosse majorité des autres "européens". Et se planquer côté algérien,pas facile non plus... Surtout que les militants du PCA étaient déjà connus de la police. De plus, côté FLN, certains étaient largement hostiles. Un certain nombre de communistes ayant rejoint les maquis se sont fait liquider, par Chihani Bachir dans les Aurès, par exemple.

yannalan

Messages : 2065
Date d'inscription : 25/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  mykha le Jeu 10 Avr - 10:22

yannalan a écrit:Effectivement, militer à l'époque pour un "européen" n'avait rien de facile, vu l'hostilité de la grosse majorité des autres "européens". Et se planquer côté algérien,pas facile non plus... Surtout que les militants du PCA étaient déjà connus de la police. De plus, côté FLN, certains étaient largement hostiles. Un certain nombre de communistes ayant rejoint les maquis se sont fait liquider, par Chihani Bachir dans les Aurès, par exemple.

En tout cas, je suis preneur de toutes les références historiques et biographiques concernant ces militants (il y en a beaucoup mais c'est difficile de faire le tri).

mykha

Messages : 1079
Date d'inscription : 19/06/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  yannalan le Jeu 10 Avr - 10:34

Il y a un Maitron qui regroupe les biographies des militants ouvriers algériens. Il existe aussi en ligne, mais pour avoir accès à l'intégralité, il faut acheter le bouquin. Sion,il y a eu un livre sur 'le camp de Lodi" où étaient internés les "européens".
De Jean Galland "EN ALGÉRIE DU TEMPS DE LA FRANCE1950-1955"
L'auteur était instit dans le bled et militant du PCA. Comme beaucoup, il a été expulsé en 55 vers la métropole, mais ses descriptions sont très intéressantes, même si c'est un bon stal.

yannalan

Messages : 2065
Date d'inscription : 25/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Algérie 1830-1962

Message  Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 18:35


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 5 1, 2, 3, 4, 5  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum