Front national

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Re: Front national

Message  Byrrh le Mer 16 Oct - 16:17

gérard menvussa a écrit:C'est juste qu'il y a une différence nette pour moi entre "parti ouvrier" et "parti s'adressant aux ouvriers".  Surtout dans le contexte allemand de l'époque : les nationalistes allemands s'adressent volontiers "aux travailleurs", une "tradition" ouverte par Bismark. Et c'est également le cas du mouvement völkisch (pan-germaniste)
Je m'exprime sans doute très très mal, car je n'ai pas écrit que les partis fasciste et nazi étaient des partis ouvriers. J'ai dit qu'ils avaient voulu se faire passer pour des partis ouvriers, et j'ai cité quelques exemples qui me semblent assez éclairants. J'aurais pu parler aussi de ces directeurs d'usine, au début du régime nazi, qui se sont soudain mis à porter l'uniforme "prolétarien" des S.A. comme certains de leurs ouvriers, pour donner l'idée que la grande fraternité nationale-socialiste abattait les frontières de classes. Et combien de petits-commerçants et de gros paysans se sont sentis pousser des ailes, quand ils ont endossé leurs uniformes bruns de héros du "peuple" décidés à combattre la "ploutocratie" antinationale ? Le nazisme permettaient ainsi à des petits-bourgeois de fanfaronner en se parant d'un prestige assez similaire à celui des ouvriers révolutionnaires... Un "socialisme des imbéciles", pour reprendre le mot de Bebel. Puis il y a eu la Nuit des Longs Couteaux, à partir de laquelle le régime nazi s'est débarrassé d'une bonne partie de son décorum pseudo-socialiste. Ce parti dont les campagnes électorales coûteuses avaient été financées par les gros industriels de la Ruhr n'était rien d'autre qu'un moyen extrême pour soumettre la classe ouvrière et éradiquer ses organisations, et une fois son pouvoir bien établi, il importait de bien faire comprendre aux milieux populaires et petits-bourgeois qui s'étaient laissés séduire que la fête était terminée.

gérard menvussa a écrit:Le mouvement ouvrier dans la période de montée de l'extréme droite  allemande et italienne est particuliérement fort. Donc les deux motivations de l'extréme droite de l'époque est de s'adresser aux ouvriers, et de combattre le communisme.

Notre période a nous est marquée par un déclin important du mouvement ouvrier. On ne peut pas dire qu'actuellement, ce dernier est particuliérement dynamique et "pose la question du pouvoir".  

Par contre, le front national essaye de s'implanter dans le mouvement syndical par exemple. Tu le sais d'ailleurs mieux que moi....
Je suis d'accord avec ces différentes remarques.


Dernière édition par Byrrh le Mer 16 Oct - 16:37, édité 3 fois

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Re: Front national

Message  Byrrh le Mer 16 Oct - 16:19

verié2 a écrit:Mais, si on considère l'histoire récente, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, en dehors de petits groupes comme Jeune Nation, la Phalange etc, le seul parti qu'on aurait pu qualifier de fasciste au sens originel fut le RPF de de Gaulle, qui avait un solide service d'ordre armé qui s'attaquait aux militants du PC, aux grèvistes etc, et dont est issu le SAC de sinistre mémoire. La bande de Copé vient de ce courant et il est difficile de distinguer ce qui la distingue du FN, en dehors du fossé historique entre gaullistes et pétainistes.
Tout à fait vrai. L'exemple le plus récent d'un embryon de mouvement fasciste en France se trouvait bien au sein du mouvement gaulliste.

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Re: Front national

Message  yannalan le Mer 16 Oct - 16:36

Pour l'instant, le FN a pas mal de voix, mais ça ne semble pas se traduire en nombre de militants ou en capacité de mobilisation."La manif pour tous" s'est jouée en-dehors de ses réseaux, même si certains de ses membres sont allés y parader. Par ici leurs scores ont monté, mais ils auront du mal à faire des listes aux municipales : les gens veulent bien voter, mais pas s'engager.On l'a vu aux cantonales, à Lorient Nord, la zone "difficile' de Lorient: la candidate n'a pas quitté Vannes, elle n'a rien affiché à part aux bureaux de vote, distribué aucun tract... et elle a fait un score pas mal...

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Message  alexi le Mer 16 Oct - 18:44

Vérié :
La colère des ouvriers bretons menacés de licenciement, et en particulier celle d'une militante FO, étaient impressionnante à la TV. Quand on voit cette colère et ce désespoir, on enrage de ne pas être capable de mettre sur pied une coordination des luttes. Et il faut bien dire qu'on regrette de ne pas avoir senti une telle colère, une telle détermination, une telle hostilité aux politiciens menteurs et privilégiés, qui vient des tripes, quand les responsables de la CGT de PSA s'exprimaient.
Sur Canal+, cette militante FO a défendu la nécessité pour le gouvernement de verser des subventions aux entreprises en difficulté dans le secteur agro-alimentaire pour maintenir l'emploi, que c'était plus utile que de payer le chômage puis le RSA.

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Message  verié2 le Mer 16 Oct - 18:51

Triste... Comme quoi la colère peut se conjuguer avec des idées réactionnaires. Mais, justement, il me semble qu'il serait possible de s'adresser à ces travailleurs-là. Il est clair que toutes sortes de gens sont frappés par la crise et se révoltent tels qu'ils sont avec leurs préjugés, mais ils pourraient très vite les perdre dans la lutte... s'ils ne se tournent pas justement vers le FN. Pour cela, nous serons d'accord, il faut proposer une alternative de lutte crédible.

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Message  Achille le Mer 16 Oct - 19:25

verié2 a écrit:il faut proposer une alternative de lutte crédible.
c'est à dire selon toi ?

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Re: Front national

Message  verié2 le Mer 16 Oct - 19:34

Achille a écrit:
verié2 a écrit:il faut proposer une alternative de lutte crédible.
c'est à dire selon toi ?
Il me semble que tu t'en doutes. Une riposte sociale d'envergure qui pourrait commencer par une coordination des salariés des boites qui licencient.

Je te retourne d'ailleurs la question. Pourquoi, à ton avis, Mélenchon et le FDG ne sont pas arrivés à apparaître comme une alternative crédible, sauf à une minorité de syndicalistes et de militants pendant la brève période pré-électorale ?

verié2

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Message  Achille le Mer 16 Oct - 21:17

verié2 a écrit:
Achille a écrit:
verié2 a écrit:il faut proposer une alternative de lutte crédible.
c'est à dire selon toi ?
Il me semble que tu t'en doutes. Une riposte sociale d'envergure qui pourrait commencer par une coordination des salariés des boites qui licencient.
Tu ne réponds pas à la question et c'est tout à fait ton droit. Une alternative de lutte crédible c'est un objectif crédible, un objectif revendicatif et/ou un objectif politique crédible. Toi comme but tu proposes un moyen.

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Contre le FHaine: riposte sociale et antiraciste

Message  Roseau le Mer 16 Oct - 23:00

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Message  nico37 le Jeu 17 Oct - 2:25

A Tarascon, l’instit’ du FN qui interdirait bien les djellabas Nolwenn Le Blevennec 25/04

Valérie Laupies, 47 ans, sera la candidate du Front national à Tarascon, ville des Bouches-du-Rhône que le parti de Marine Le Pen espère bien emporter en 2014.

Les blagues islamophobes font passer le temps. Dans les ruelles de Tarascon – qui a placé Le Pen en tête au premier tour de la présidentielle –, une quinqua à qui je demande mon chemin et qui m’accompagne un peu dit en riant :

« Si c’est votre première fois, ne vous inquiétez pas, il n’y a pas une épidémie d’oreillons. »

Comme je ne comprends pas, elle pose ses mains à plat sur ses oreilles pour mimer le voile musulman.

Valérie Laupies (prononcez Laupy) n’habite pas loin, tout le monde le sait. Elle est directrice d’école et enseignante en classe de CM2, en vacances ce mardi.

Pendant la campagne présidentielle, elle a été nommée conseillère éducation de Marine Le Pen. En juin, elle a failli devenir députée, cela s’est joué à quelques voix après le retrait de Roland Chassain (UMP) en sa faveur. Elle veut maintenant la mairie.

Repérée au loin par Jean-Marie Le Pen

Valérie Laupies vient de la gauche. Elle est née en Saône-et-Loire, dans une famille ouvrière. Sa mère était assistante maternelle. Son père, électricien dans l’usine Creusot-Loire qui a déposé le bilan en 1982.

« La ville est devenue triste après. Sinistrée. Je suis partie à 18 ans. Je suis issue de mes parents, mais je suis aussi leur opposé : ils ne s’engagent pas et font leur petite soupe sur leur petit feu. »

Laupies a fait des études d’histoire à Lyon-II (après un détour dans l’animation), puis elle a intégré l’IUFM de La Croix-Rousse.

Une vie plus tard, en 2005, elle s’est engagée au Mouvement républicain et citoyen (MRC) de Jean-Pierre Chevènement, parce qu’elle aimait son discours sur l’éducation. Mais au moment du CPE, elle se sent ostracisée (il est contre, elle est pour).

Elle s’en va, paumée. Envoie un e-mail à un écrivain qu’elle admire : « Bonjour Alain Soral, pour qui faut-il voter alors ? »

Il lui répond : Le Pen ou Dieudonné.

« Mais ça a pris du temps encore. Pour moi, la gauche c’était le bien. Les concepts ont fini par m’en éloigner. »

L’un de ses deux frères est fan de Mitterrand. Quand elle a dévoilé son intérêt pour « le Front », au repas de Noël 2006, la femme de celui-ci s’est offusquée, le FN était son combat à la fac. Valérie Laupies, en colère, s’encarte juste après, pour le nouvel an, son cadeau.

Un jour, on l’invite à un déjeuner-débat avec Jean-Marie Le Pen. Le chef du FN la repère au fond de la salle (« Je me suis demandé qui était cette jeune femme... », lui dit-il) et ils vivent, à l’entendre, une sorte de coup de foudre intellectuel. Elle aime « sa frilosité » envers les diplômes.

« J’aime son pragmatisme. Je n’ai pas envie de me sentir complexée et pas utile dans ce parti. Mais j’espère, je pense que Marine Le Pen a conscience des limites de l’“énarquitude”, même s’il en faut. »

Elle est élue conseillère régionale Paca FN en 2010.

« La ville se transforme en médina »

« L’immigration de masse », c’est la première préoccupation des Tarasconnais, selon Valérie Laupiès. La sienne aussi.

« Le problème c’est le nombre. Le centre-ville s’est transformé en médina. C’est la mort de la vie entre les gens. »

Deux publics dans son viseur.

D’abord les jeunes issus de l’immigration sortis du système scolaire tôt et qui sont désœuvrés.

R., par exemple, 21 ans, sympa, qui rit quand son pote se demande quelle est l’utilité du théorème de Pythagore. Et qui deale de la « chnouf » et roule en Audi A1 blanche dans la ville.

« Nos enfants à nous quittent la ville, les leurs restent et ne trouvent pas de travail. Ce n’est pas à nous de mettre la main à la poche pour les occuper. Il faut arrêter de se flageller. »

L’autre public : les vieux qui veulent une salle pour prier et qui sont « partout dans la ville, debout comme des piquets » parce que « c’est leur mode de vie ». Elle voudrait interdire les djellabas dans les lieux publics, « si la loi le permet ».

Elle regrette d’avoir été réveillée, pas plus tard que dimanche dernier, par un groupe de jeunes adultes maghrébins, à 6 heures du matin.

« Ils ont fait un boucan pas possible. Vous trouvez ça normal d’être réveillée quand vous êtes chez vous ? Il ne faut pas se laisser bouffer. »

Un mari qui prend des photos d’immigrés

Pendant ses études à Lyon, elle a rencontré son mari, Frédéric Laupies, originaire de Beaucaire, issu d’une famille communiste. Il a fait en même temps qu’elle le même chemin de la gauche à l’extrême droite. Lui aussi est obnubilé par l’immigration.

Son père, Jacques Laupies, 77 ans, très connu dans la ville, tient le blog Un communiste à Tarascon et il va se battre pour que la gauche passe aux municipales. Il pense que le passage de son fils à l’extrême droite est lié à des conditions matérielles difficiles, « il n’a pas eu le parcours qu’il aurait pu espérer ».

Frédéric Laupies est agent d’accueil à la gare d’Arles, cinq jours par semaine de 21 heures à minuit, pour 600 euros par mois. Valérie Laupies dit que c’est dur, mais qu’il y voit « la vraie vie ».

Ce mardi matin, il sert gentiment les cafés, mais ne participe pas à la conversation. La candidate FN nous dit que son mari l’aide énormément, « il est fort en communication ».

Il prépare des notes pour les interviews ou les interventions au conseil régional de sa femme. Surtout, il tourne des vidéos de campagne : femmes voilées marchant dans les rues de Tarascon. Il prend aussi régulièrement des photos d’Arabes à leur insu qu’il poste sur Facebook.

Valérie Laupies a récemment demandé de l’aide à Marine Le Pen. Elle aimerait que le travail de son mari soit reconnu (peut-être rémunéré) et dans l’idéal, elle voudrait un soutien financier pour pouvoir se mettre à mi-temps pendant la campagne municipale.

« S’ils veulent faire de Tarascon un exemple, il faut probablement mettre plus de moyens. Sans ça, ça va être dur. »

La morale républicaine, sujet de dictée

Les classes de l’école ZEP de Valérie Laupies sont pleines d’enfants issus de l’immigration. Elle dit : « J’adore mes gamins. »

« J’offre ma photo de classe depuis deux ans à Jean-Marie Le Pen. Quand des élèves ne parlent pas français à la maison, le niveau baisse forcément, on ne peut plus faire classe de la même façon. »

Elle leur fait faire le programme, mais elle essaye aussi de les éduquer. Par exemple, « en autodictée », elle les fait travailler sur des « fiches sur la morale républicaine des années 60 ».

« La dernière fois, cela nous a amenés à parler de la conscience personnelle en opposition au rapport de force qu’ils côtoient à l’école d’arabe. »

Croisé près de son école, Yanis, 19 ans, qui l’a eue comme prof en primaire, nous dit qu’il a toujours pensé qu’elle était de gauche, « tellement elle était ouverte ».

La soupe chinoise des enfants cambodgiens

Quand elle a voulu adopter, elle s’est naturellement imaginée avec un enfant venant d’Asie. Mais quand on lui a dit qu’elle avait 90% de chances de tomber sur un Maghrébin dans les Bouches-du-Rhône, elle a dit « désolée, je ne peux pas ».

« Ce n’est pas une culture que j’apprécie. Pas parce que je suis méchante, mais parce que je ne m’y reconnais pas.

– Oui, mais si l’enfant est élevé avec vous, c’est votre culture qu’il acquiert.

– Quelle est la part de la nature et la culture ? J’ai posé la question à mon pédiatre, c’est une question qui me travaille beaucoup. Je pense que la nature domine. Je connais des gens qui ont adopté des enfants du Cambodge, ils boivent de la soupe chinoise dans leur biberon. A un moment donné, vous êtes l’héritier de tous vos ancêtres. »

A la fin de notre entretien, Valérie Laupies ajoute qu’elle serait prête à accueillir des candidats UMP sur sa liste au second tour.

« Je pense que des élus de la liste seraient prêts à collaborer avec moi. Certains sont venus au déjeuner avec Florian Philippot, ce week-end. »

En face de la mairie, Abdel, 31 ans, qui tient le snack La Médina, nous dit que « Valérie et son mari » sont plutôt gentils avec lui quand ils viennent manger et il pense que « malheureusement » beaucoup d’Arabes « vont voter pour eux ».

nico37

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Re: Front national

Message  gérard menvussa le Jeu 17 Oct - 8:59

Achille a écrit:
verié2 a écrit:
Achille a écrit:
verié2 a écrit:il faut proposer une alternative de lutte crédible.
c'est à dire selon toi ?
Il me semble que tu t'en doutes. Une riposte sociale d'envergure qui pourrait commencer par une coordination des salariés des boites qui licencient.
Tu ne réponds pas à la question et c'est tout à fait ton droit. Une alternative de lutte crédible c'est un objectif crédible, un objectif revendicatif et/ou un objectif politique crédible. Toi comme but tu proposes un moyen.
Voila ce que propose le npa :

Contre le poison du F‑Haine, riposte sociale et antiraciste !
Mercredi 16 octobre 2013
Publié dans : Hebdo L'Anticapitaliste - 213 (17/10/2013)


Si elle ne reste qu’une élection partielle concernant un nombre d’électeurs limité, l’accession d’un membre du Front national au conseil général du Var constitue un sévère avertissement à l’ensemble des forces politiques de gauche de ce pays, et à tous ceux qui sont attachés aux valeurs de solidarité, d’égalité des droits et de progrès social. Elle sonne aussi le glas pour ceux qui nourrissaient encore des illusions sur la capacité des « fronts républicains » à endiguer la progression de l’extrême droite au nom de prétendues valeurs républicaines communes.

Défaite annoncée
Pourtant, au delà des déclarations indignées, et des tentatives d’auto-justification des uns et des autres, le résultat de ce scrutin est tout sauf une surprise. On aurait pu titrer cet article « chronique d’une défaite annoncée » dès la semaine passée, tant les raisons de la débâcle étaient connues de tous : une abstention massive, un candidat de gauche éliminé dès le premier tour, un Front national doublant le nombre de voix de la candidate de l’UMP, toutes les conditions étaient réunies pour un scénario catastrophe.
En moins d’un an, la gauche de gouvernement aura connu 11 défaites consécutives (8 à des élections législatives partielles et 3 à des cantonales) sans en tirer le moindre enseignement. Incapable de répondre aux exigences sociales et appliquant une politique d’austérité identique à celle de ses prédécesseurs, le gouvernement socialiste s’est montré tout autant incapable de défendre la seule mesure progressiste prise depuis son retour aux affaires : celle du mariage pour tous. Laissant la rue à la réaction, tétanisé par l’ampleur des « manifs pour tous », il battait en retraite sur la bataille des idées en remettantencore une fois à plus tard le projet de loi sur le droit de vote des étrangers aux élections locales.

Valls et ce gouvernement responsables !
En intronisant, de facto, Manuel Valls, premier flic de France, comme véritable porte-parole du gouvernement, François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont pris une lourde responsabilité : celle de rompre avec les valeurs communes à tout un camp social, héritées de plus d’un siècle de luttes contre les discriminations, pour l’égalité des droits, contre le racisme et le fascisme.
Valls, poursuivi en justice par le MRAP pour « incitation à la haine raciale », s’acharne contre les Roms en détruisant systématiquement leurs lieux d’habitation, traque implacablement les sans-papiers, stigmatise la partie la plus défavorisée de la jeunesse des quartiers populaires, provoque les musulmans, particulièrement les femmes portant le voile, et cautionne presque la légitime défense (l’affaire du bijoutier de Nice). Il reste le plus efficace pourvoyeur de votes pour l’extrême droite, par une surenchère démagogique et un « tout répressif » digne de ses prédécesseurs.
Loin de ramener les électeurs égarés au bercail, cette politique cynique ne fait au contraire que valider la célèbre formule de Jean-Marie Le Pen « les gens préféreront toujours l’original à la copie »...

Engager la contre-offensive
Face au danger que représente la montée en puissance d’un parti raciste, xénophobe, nationaliste, sexiste, homophobe, dont la direction politique reste fasciste, il n’est plus temps d’attendre ou de tergiverser, mais d’organiser la contre-offensive. En premier lieu en redonnant confiance en leur force collective à celles et à ceux, et ils sont nombreux, qui refusent l’idéologie de haine et d’exclusion véhiculée par le Front national et ses satellites. C’était le sens de la manifestation de riposte à la tenue de l’université d’été du F-Haine à Marseille il y a un mois. C’est le sens que donnent à leur action les collectifs antifascistes qui se sont créés ou renforcés depuis cet été, notamment par l’adhésion de nombreux jeunes choqués par l’assassinat de Clément Méric et bien décidés à s’affronter à cet ennemi mortel pour la classe ouvrière et notre camp social.
Brignoles est un nouvel avertissement, espérons un choc salutaire, pour engager la contre-offensive. Tous les anticapitalistes doivent s’y employer, et participer à la construction de cadres unitaires et permanents, locaux et nationaux, contre l’extrême droite. Cette situation nécessite aussi la clarté politique : la lutte contre la montée de l’extrême droite et des idées réactionnaires est indissociable de la lutte contre ce gouvernement et sa politique qui sème le désespoir et le désarroi, dont la démagogie de Marine Le Pen et de ses acolytes se nourrissent.
Il est plus que temps, mais il est encore temps. No pasaran !

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Re: Front national

Message  verié2 le Jeu 17 Oct - 9:45

Le texte du NPA met l'accent sur la création de collectifs anti-fascistes et non sur la nécessité d'une riposte sociale. Cette dernière n'apparait qu'en filigrane à la fin dans l'affirmation de la nécessité de combattre le gouvernement Hollande.

La mise sur pied de collectifs peut se discuter tactiquement. Mais ce qui arrachera ,la fraction de la population laborieuse à la tentation de voter Le Pen, voire de rejoindre le FN, c'est une alternative de lutte sociale qui redonnerait confiance à la classe ouvrière, comme Besancenot le disait dans une de ses interventions. On ne fait pas reculer les fascistes seulement en réunissant tous ceux ou une partie de ceux qui considèrent qu'ils sont méchants, même si ça peut aussi s'avérer nécessaire.
Tu ne réponds pas à la question et c'est tout à fait ton droit. Une alternative de lutte crédible c'est un objectif crédible, un objectif revendicatif et/ou un objectif politique crédible. Toi comme but tu proposes un moyen.
Une riposte de classe massive est un peu plus qu'un moyen. Quant aux objectifs immédiats de ce mouvement, ils doivent correspondre aux besoins de la classe ouvrière : expropriation sous controle ouvrier des boîtes qui licencient, partage du travail entre tous, augmentations de salaires etc. L'objectif politique ne peut être pour le moment que propagandiste : un gouvernement ouvrier au service des travailleurs et contrôlé par eux.

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Re: Front national

Message  Invité le Jeu 17 Oct - 10:07

Une riposte de classe massive est un peu plus qu'un moyen. Quant aux objectifs immédiats de ce mouvement, ils doivent correspondre aux besoins de la classe ouvrière : expropriation sous controle ouvrier des boîtes qui licencient, partage du travail entre tous, augmentations de salaires etc. L'objectif politique ne peut être pour le moment que propagandiste : un gouvernement ouvrier au service des travailleurs et contrôlé par eux.
C'est pas nouveaux et ça marche pas, d’abord parce que les ouvrier sont encadré par des syndicat qui le propose pas, en suite les force notariale et le capital sont mieux organisé et armée pare le système, et que dans le tête de l'ouvrier le système est une sécurité (police et justice). C'est très difficile d'organisé un mouvement ouvrier mais c'était une bonne idées.

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Re: Front national

Message  Byrrh le Jeu 17 Oct - 11:03

nico37 a écrit:
A Tarascon, l’instit’ du FN qui interdirait bien les djellabas Nolwenn Le Blevennec 25/04

Valérie Laupies, 47 ans, sera la candidate du Front national à Tarascon, ville des Bouches-du-Rhône que le parti de Marine Le Pen espère bien emporter en 2014.

(...)

En face de la mairie, Abdel, 31 ans, qui tient le snack La Médina, nous dit que « Valérie et son mari » sont plutôt gentils avec lui quand ils viennent manger et il pense que « malheureusement » beaucoup d’Arabes « vont voter pour eux ».
Un phénomène qui existe malheureusement, et dont on peut parfois croiser des représentants lors des distributions de tracts et des ventes de journaux : des familles de lointaine origine immigrée, installées en France depuis 40, 50, 60 ans, regardent avec mépris les immigrés de fraîche date en les considérant comme des facteurs de trouble et de délinquance, et se mettent à voter pour le FN. Un signe parmi d'autres de l'avancée fulgurante de la dépolitisation, de l'individualisme et d'une certaine mentalité petite-bourgeoise depuis plusieurs décennies. Autrefois, cela existait entre immigrés selon leur origine : ma grand-mère italienne, arrivée en France dans les années 20, avait hélas de forts sentiments anti-Polonais et anti-Arabes bien qu'elle-même ait eu à souffrir de xénophobie dans sa jeunesse. Aujourd'hui, on peut constater le même genre d'hostilité entre ressortissants d'un même pays, en fonction de leur période d'arrivée sur le sol français et donc de leur degré de réussite sociale...

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Re: Front national

Message  verié2 le Ven 18 Oct - 8:34

Hier soir un reportage intéressant d'Envoyé spécial sur le FN. De ce qu'on pouvait voir, il ressortait :
- Le racisme et la xénophobie restent les principaux ressorts du vote FN des gens rencontrés.
-Le FN fait un énorme effort pour apparaître comme un parti comme les autres tout en démolissant le système en paroles. Des consignes auraient même été données aux militants d'aller toujours dans le sens de leurs interlocuteurs.
-Le FN, dans de nombreuses régions, n'a quasiment pas de militants et présente des gens qui ont adhéré quelques mois plus tôt.
-Le FN a écarté un certain nombre de fascistes pur jus historiques qui lui donnaient une image trop marquée.

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Re: Front national

Message  nico37 le Sam 19 Oct - 0:09

J'ai même rencontré des enseignants bleu Marine Véronique Soule 13/10

Qu'est-ce qui qui distingue un prof lepeniste d'un prof classique ?  Quand il parle d'école, en à peine trois minutes, il place au moins une fois les mots "autorité", "discipline", "règles" et "mérite", et il honnit "le pédagogisme", "le laxisme", "le communautarisme" et "l'ultralibéralisme". C'est ce qui ressort de la réunion de lancement du collectif Racine, samedi 12 octobre à Paris en présence de Marine Le Pen.

Le collectif Racine - fine allusion à l'auteur de théâtre et aux racines de la France - est censé marquer la "percée" du Front national dans les milieux enseignants réputés à gauche. Une percée microscopique puisqu'il revendique 90 à 100 adhérents sur 850 000 enseignants au total. Mais selon ses animateurs, pas mal de sympathisants auraient peur de se dévoiler...

Au delà, il s'agit pour Marine Le Pen d'accréditer l'idée que son mouvement progresse inexorablement dans toute la société, y compris au sein de milieux a priori hostiles.

L'opération de samedi était donc très médiatisée. Laprésidente du Front national, assise au premier rang, n'a pratiquement pas cessé de sourire,  l'air victorieux, face à la nuée de photographes. A sa gauche, son lieutenant Florian Philippot, le vice président du FN, semblait lui aussi aux anges.
Yannick Jaffré, l'un des deux coordinateurs du collectif, a ouvert la réunion. Ce t agrégé de philo, qui vient des rangs chevènementistes, se définit comme "un patriote de gauche".

Il a d'abord évoqué les systèmes éducatifs anglais, allemand et américain. Avant de conclure:  "mais la France n'est ni l'Angleterre ni l'Allemagne ni les Etats Unis. Et nous ne le regrettons pas".  L'idée étant que la France est unique.

Puis il a évoqué l'école attaquée sous les coups conjugés de "la droite libérale qui parle anglais et de la gauche libertaire qui parle brésilien ou esperanto". Avant de célébrer l'élitisme républicain et son rôle d'ascenseur social dont ont bénéficié "Charles Péguy, Camus et l'ingrat Bourdieu" ...

Valérie Laupies, la conseillère Education de Marine Le Pen, a enchaîné. Directrice d'école primaire dans le sud, elle se présente aux municipales à Tarascon.

Elle a rappelé qu'elle avait été formée par le pédagogue Philippe Meirieu, à l'IUFM (institut universitaire de formation des maîtres) de Lyon, et que dans un premier temps, elle avait été séduite par sa façon de voir.

Mais au bout de cinq-six ans, elle a laissé tomber. Et "tout est devenu plus simple". Pourquoi ? "Parce qu'un enfant a besoin de repères". Elle a alors décrit l'école de ses rêves, avec la méthode syllabique pour apprendre  à lire, des exercices de répétition, des notes, etc.

Puis elle en est venue à "l'immigration de masse". Quand il y a trop d'étrangers dans une classe,  a estimé l'ancienne institutrice qui a enseigné 20 ans en Zep, on ne peut pas les faire avancer avec les autres, il faut donc "réduire leur nombre". 


Alain Avello a pris la suite. Prof de philo lui aussi, c'est l'autre coordinateur du collectif Racine. Il a consacré toute son intervention à l'urgence de restaurer l'autorité à l'école.

Aujourd'hui d'après lui, l'élève est l'égal du prof. Or c'est le prof qui sait et l'élève qui apprend. C'est en quelque sorte le monde à l'envers. Il faut le remettre à l'endroit, a plaidé le philosophe.  Il a usé de termes plus compliqués - comme "sacraliser le savoir" ou "rétablir la verticalité de la transmission" - mais l'essentiel était là.

En conclusion, Alain Avello a précisé qu'il n'avait pas spécialement de nostalgie pour l'ordre ancien. Et que le collectif Racine allait d'ailleurs chercher des idées nouvelles.

On est passé à Michel Sibel, prof d'EPS (éducation physique et sportive) en lycée professionnel, un ancien du RPR.  C'est à ce moment que Marine le Pen s'est éclipsée brièvement de la pièce. Les photographes se sont alors agités, cherchant le meilleur angle pour la prendre à son retour. Cela a provoqué du brouhaha et on a mal entendu Michel Sibel.

Heureusement, son idée est simple: si on redresse le corps, on redressera l'école. Or, a-t-il déploré, les jeunes aujourd'hui ont des corps avachis - ils boivent, il fument, "ils écoutent des rappeurs qui vomissent la nation", sans parler des salles de shoots qui vont peut-être ouvrir... "Redressons les corps et l'école se redressera", a répété Michel Sibel.

Il a aussi évoqué la violence et le laxisme ambiant - un leitmotiv de toute la réunion. "Aujourd'hui on se fait violer dans la rue et on est victime d'une incivilité", a-t-il déploré.

Gilles Lebreton, prof de droit public à l'université du Havre, a conclu, juste avant la harangue de Marine Le Pen. C'est lui qui avait signé le programme du Supérieur de la candidate à la présidentielle. Issu du chevènementisme, il a rejoint le Rassemblement Bleu Marine et il défend ses couleurs aux municipales dans une petite commune à côté du Havre. 

Il a dit tout le mal qu'il pensait de la LRU, la  loi sur l'autonomie des universités qui les a appauvries financièrement. Il s'est prononcé pour un retour en arrière, c'est-à-dire pour que  l'Etat reprenne la gestion de la masse salariale.

Il a dit aussi pis que pendre de la loi sur  l'enseignement supérieur et la recherche de la ministre Geneviève Fioraso, votée le 22 juillet. Pour lui, elle marque le désengagement de l'Etat et le rôle montant des régions. Il a appelé au "retour d'un Etat fort". 

Enfin il s'est inquiété d'un phrase dénichée dans la loi Fioraso: "il faut construire une société inclusive".  "De l'assimilation, on est passé à l'intégration, a-t-il lancé, de l'intégration, on passe à l'inclusion. Et demain, ce sera le communautarisme !".

Interrogé, Gilles Lebreton nous a assuré qu'il y avait un second universitaire, parisien, dans le collectif Racine. Mais sur le moment, il n'avait plus son nom en tête.

Enfin, Marine Le Pen s'est dirigée vers la tribune. "Cette réunion aurait été inimaginable il y a encore quelques années", s'est-elle félicitée. 

Avec la délicatesse d'un bulldozer, elle a décrit une école "permissive" en plein marasme, "dévastée par les lubies des ministres" successifs de droite comme de gauche, à l'exception de Jean-Pierre Chevènement qui a créé le bac pro (en 1985), et de Gilles de Robien qui a critiqué la méthode globale. Elle a dénoncé au passage des "mesures qui étaient prêtes dans les tiroirs",  comme "l'interdiction de l'écriture cursive"...

Son message était surtout politique: "les esprits bougent, y compris dans le monde enseignant. Les langues se délient dans les salles des profs. Le sentiment est de plus en plus répandu que nous constituons une alternative crédible. Nous avons une vision, un cap pour les Français"...

La dirigeante d'extrême droite a annoncé une prochaine initiative avec des étudiants. Et elle a encouragé les membres du collectif Racine à intervenir dans les débats, à se faire voir et entendre.

Du coup, à la fin de son discours, les profs Bleu Marine sont restés à disposition des journalistes, distribuant leurs contacts, prêts à répondre à toute question.

Mais deux bonnes heures s'étaient déjà écoulées et je me suis éclipsée. J'avais raté le film que je voulais voir cet après-midi là - Cinéma Komunisto, le témoignage du projectionniste privé de Tito. Inutile de dire que je l'ai regretté.

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Dernière édition par nico37 le Dim 20 Oct - 13:45, édité 2 fois

nico37

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