LEGISLATIVES 2012

Page 2 sur 3 Précédent  1, 2, 3  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  DNantes le Jeu 31 Mai - 12:54

Bernard Quellmalz a écrit:
dug et klin a écrit:Cette déclaration du NPA d'H.B.est tres bien.J'ajouterai que le choix du F.de G. d'envoyer son parachutiste JLM est vraiement stupide ce matamor n'est meme pas assuré de refaire autant qu'a la présidentielle(en 4eme position).Il va offrir a Lepen une tribune encore plus grande.Il devient urgent pour les travailleurs de se débarrasser des"m'a tu vu"et de mettre la politique au poste de commande.

Législatives: Mélenchon battrait Le Pen, selon un sondage

Marine Le Pen arriverait en tête au 1er tour avec 34% dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais détenue par le PS, devant Jean-Luc Mélenchon, crédité de 29%, mais serait battue au second tour par le candidat du Front de gauche, selon un sondage Ifop-Fiducial pour le JDD.

Dans cette circonscription dont Hénin-Beaumont est la ville principale, le candidat socialiste Philippe Kemel obtiendrait 18% seulement, celui du MoDem Jean Urbaniak, soutenu par l’UMP, 16% des suffrages, la candidate d’Europe Ecologie- Les Verts 2,5% et la candidate de Lutte ouvrière 0,5%.

En cas de duel Mélenchon-Le Pen au second tour, le leader du Front de gauche obtiendrait 55% des voix et son adversaire d’extrême droite 45%.
En cas de duel PS-FN, Philippe Kemel serait élu avec 56% des voix contre 44% à Mme Le Pen. En cas de triangulaire Front de gauche/Front national/MoDem, Jean-Luc Mélenchon l’emporterait par 44% des voix, contre 36% à Marine Le Pen et 20% au candidat du MoDem.

Sondage réalisé par téléphone du 15 au 17 mai auprès d’un échantillon de 602 personnes, représentatif de la population de la circonscription âgée de 18 ans et plus et inscrite sur les listes électorales. Méthode des quotas.
Faut arrêter de croire les sondages
On nous annonçait marine a 12% et JLM a 18%
Résultat
MLP 18% et
JLM 10%

DNantes

Messages : 5
Date d'inscription : 31/05/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  Roseau le Jeu 31 Mai - 17:55

avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  Roseau le Jeu 31 Mai - 21:47

[dailymotion]
Olivier Besancenot sur Itélé por E_varlin[/dailymotion]
avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Direct ...

Message  Roseau le Ven 1 Juin - 15:28

avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Piqûre de rappel

Message  Roseau le Dim 3 Juin - 0:57

Castoriadis, dans entretien avec Merment, en 1996
Source:http://1libertaire.free.fr/Castoriadis12.html

J'ai toujours pensé que la démocratie dite représentative n'est pas une vraie démocratie. Ses représentants ne représentent que très peu les gens qui les élisent. D'abord, ils se représentent eux-mêmes ou représentent des intérêts particuliers, les lobbies, etc... Et, même si cela n'était pas le cas, dire : quelqu'un va me représenter pendant cinq ans de façon irrévocable, ça revient à dire que je me dévêts de ma souveraineté en tant que peuple. Rousseau le disait déjà : les Anglais croient qu'ils sont libres parce qu'ils élisent des représentants tous les cinq ans mais, disait-il, ils sont libres un jour pendant cinq ans, le jour de l'élection, c'est tout.

Non pas que l'élection soit pipée, non pas qu'on triche dans les urnes. Elle est pipée parce que les options sont définies d'avance. Personne n'a demandé au peuple sur quoi il veut voter. On lui dit Votez pour ou contre Maastricht" par exemple. Mais qui a fait Maastricht ? C'est pas nous qui avons fait Maastricht.

Il y a la merveilleuse phrase d'Aristote : "Qui est citoyen ? Est citoyen quelqu'un qui est capable de gouverner et d'être gouverné". Il y a 60 millions de citoyens en France en ce moment. Pourquoi ne seraient ils pas capables de gouverner ? Parce que toute la vie politique vise précisément à leur désapprendre à gouverner. Elle vise à les convaincre qu'il y a des experts à qui il faut confier les affaires.

Il y a donc une contre-éducation politique. Alors que les gens devraient s'habituer à exercer toutes sortes de responsabilités et à prendre des initiatives ils s'habituent à suivre ou à voter pour des options que d'autres leur présentent. Et comme les gens sont loin d'être idiots, le résultat, c'est qu'ils y croient de moins en moins et qu'ils deviennent cyniques.
avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  fée clochette le Dim 3 Juin - 23:19

alors ? c'est qui les sectaires ?


http://npa-legislatives.org/?Quimper-L-alliance-Front-de-gauche

Quimper. L’alliance Front de gauche-NPA fait bondir le Parti de gauche
vendredi 1er juin 2012
Nouvelles bisbilles entre Front de gauche et Parti de gauche à Quimper (Finistère). À quelques jours du grand meeting du collectif « Ensemble, la vraie gauche », organisé lundi 4 juin à 20 h 30 à la salle du Chapeau-Rouge, le Parti de gauche de Quimper fait savoir qu’il « ne soutient en rien la candidature d’André Bernard », pour les élections législatives des 10 et 17 juin. En cause, la suppléance accordée à Janine Carrasco, encartée au NPA.

« Voter André Bernard, c’est voter pour un autre programme que celui du Front de gauche » accuse le Parti de gauche de Quimper. Les candidats incriminés font de leur côté valoir que « l’essentiel, c’est le retour qu’on a sur le terrain. Les gens applaudissent des deux mains cette unité ».
avatar
fée clochette

Messages : 1274
Date d'inscription : 23/06/2010
Age : 52
Localisation : vachement loin de la capitale

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  Jonhy le Lun 4 Juin - 1:24

Tiens c'est étonnant que le NPA s'allie avec le PCF contre le PG .

Pour continuer avec les noms amusant, bon c'est pas très fin évidemment...

Jonhy

Messages : 211
Date d'inscription : 17/06/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  dug et klin le Lun 4 Juin - 10:08

Jonhy a écrit:Tiens c'est étonnant que le NPA s'allie avec le PCF contre le PG .

Pour continuer avec les noms amusant, bon c'est pas très fin évidemment...


P'tain,t'as raison Jonhy,wouaaa! le mec quel prénom"Jérome",comme le Munster. lol!
avatar
dug et klin

Messages : 813
Date d'inscription : 07/02/2012
Localisation : quelque part entre St-Malo et Collioure en passant par Sarlat

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  verié2 le Lun 4 Juin - 10:24

« Voter André Bernard, c’est voter pour un autre programme que celui du Front de gauche » accuse le Parti de gauche de Quimper.
Il faudrait savoir quel sont exactement le programme et le discours d' André Bernard, s'ils se différencient de ceux de Mélenchon et du PCF, ou s'il s'agit d'une pure querelle de personnes et de boutiques.

verié2

Messages : 8506
Date d'inscription : 11/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  Copas le Lun 4 Juin - 20:35

fée clochette a écrit:alors ? c'est qui les sectaires ?


http://npa-legislatives.org/?Quimper-L-alliance-Front-de-gauche

Quimper. L’alliance Front de gauche-NPA fait bondir le Parti de gauche
vendredi 1er juin 2012
Nouvelles bisbilles entre Front de gauche et Parti de gauche à Quimper (Finistère). À quelques jours du grand meeting du collectif « Ensemble, la vraie gauche », organisé lundi 4 juin à 20 h 30 à la salle du Chapeau-Rouge, le Parti de gauche de Quimper fait savoir qu’il « ne soutient en rien la candidature d’André Bernard », pour les élections législatives des 10 et 17 juin. En cause, la suppléance accordée à Janine Carrasco, encartée au NPA.

« Voter André Bernard, c’est voter pour un autre programme que celui du Front de gauche » accuse le Parti de gauche de Quimper. Les candidats incriminés font de leur côté valoir que « l’essentiel, c’est le retour qu’on a sur le terrain. Les gens applaudissent des deux mains cette unité ».

La partie que j'ai mise en gras est d'un entendement important : Le PG de Quimper ne veut pas d’alliance avec des partis qui auraient des programmes différents.

En fait l'histoire est bien plus compliquée que cela et engage des morceaux bien plus gros du FdG de part et d'autre. Chassaigne a refusé de participer à un meeting de ce tandem Morceau de PC-Alternatifs et NPA. Le bureau départemental du PC a également indiqué « que la décision prise dans la première circonscription pour la suppléance d’André Bernard aux prochaines législatives n’est pas en accord avec les orientations du Front de Gauche ».

« L’exécutif national du Parti m’a fait savoir qu’un différend politique grave remettait en cause ma participation et plus globalement ce qui était prévu par la coordination nationale de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, écrit André Chassaigne. La participation du dirigeant national que je suis, cautionnerait la candidature d’une suppléante appelant à voter pour un autre candidat que Jean-Luc Mélenchon, ce qui n’est pas acceptable »


On ne va pas discuter du fond, mais le casus belli est bien d'avoir soutenu un ouvrier révolutionnaire à la présidentielle et à cette occasion s'est exprimée une puissante angoisse existentielle dans le FdG qui semble donc aller beaucoup plus loin qu'une question purement locale.

Mais au fond le FdG estime que « Voter André Bernard, c’est voter pour un autre programme que celui du Front de gauche »

C'est à dire que l'alliance avec le NPA impossible sauf à titre de descente de lit pour les appareils dirigeants le FdG.

Mais cela nous éloigne un peu des vrais enjeux. Ces types d'alliance ne semblent pas donner grand bénéfice pour l'indépendance et le mouvement de la classe ouvrière...
Mais dans cet instant de ni ni ni, il y a un moment de faiblesse du FdG qui favorisent des sectarismes bureaucratiques au delà du nécessaire.

Bref au moment où le FdG est en panne d’essence c'est souvent là que ses durs arrivent pour nettoyer les témoins.
avatar
Copas

Messages : 7035
Date d'inscription : 26/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

L’anticapitalisme, c’est maintenant !

Message  Roseau le Jeu 7 Juin - 18:38


mercredi 6 juin 2012
Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 152 (07/06/12)

Trois bonnes raisons de voter pour unE des 400 candidatEs présentéEs ou soutenuEs par le NPA. Premièrement, en votant anticapitaliste, vous contribuerez, humblement mais clairement, à remettre dans ces élections la réalité d’un monde en crise qui se rappelle à nous. Car, comme par enchantement, tous les mauvais coups, « suspendus » par l’élection présidentielle, surgissent de plus belle. De la cascade des plans de licenciements à la crise grecque et ses répercussions sur la construction européenne, la société française semble retrouver soudainement l’heure de la crise, l’heure grecque. Là-bas, les événements s’enchaînent dans une effervescence sociale et politique à la fois dramatique et passionnante. La polarisation entre l’extrême droite et la gauche radicale marque une société qui craque de toute part. Après quatre années de crise économique majeure, dix-sept journées de grève générale, des mobilisations de masse, les partis institutionnels qui ont porté les plans d’austérité ont été rejetés par plus de 60 % des suffrages. Syriza après avoir réuni 17 % des voix, est en position de remporter les prochaines élections du 17 juin prochain. De grands bouleversements sont en perspective en Grèce, comme dans toute l’Europe. Alors voter pour nos candidats, ce n’est seulement un bon moyen de dire qu’ici en France, Sarkozy et sa politique appartiennent au passé, c’est aussi une façon de proclamer qu’en prime notre avenir est lié à celui du restant du monde, et particulièrement à celui du peuple grec.

Deuxièmement, vous pourrez vous prononcer pour faire payer la crise à ceux qui en sont responsables, opter pour un plan d’urgence sociale et écologique, donner des forces à l’anticapitalisme, la démocratie directe et l’internationalisme. L’anticapitalisme, qui propose de prendre l’argent sur les profits et de refuser de rembourser la dette illégitime pour financer un bouclier social, qui répond à la crise financière et écologique en expropriant les intérêts privés des secteurs clés de l’économie comme les domaines bancaire et de l’énergie. La démocratie directe qui s’illustre par des candidatEs qui ne sont pas des politiciens professionnels et qui n’aspirent pas à le devenir car la politique ne saurait être une carrière ou un métier. L’internationalisme, enfin, qui s’oppose à toute forme de chauvinisme ou de nationalisme, qui préconise l’égalité totale des droits entre Français et immigrés.
Troisièmement, vous nous donnerez mandat pour œuvrer à la construction d’une opposition à la gauche du gouvernement Ayrault, en fédérant toutes les forces sociales et politiques, qui ne participeront pas au gouvernement ou à la majorité présidentielle dans un bloc qui luttera contre l’austérité. Bien sûr, ces élections sont l’occasion de tourner définitivement la page de la droite. De la même manière qu’on a dégagé Sarkozy, c’est toute sa bande qu’il faut maintenant virer. Mais tourner la page ne signifie malheureusement pas qu’on sorte du grand livre du libéralisme et de l’austérité. Et, au-delà des mesures symboliques prises (justice des mineurs, parité gouvernementale, plafonnement des salaires des grands patrons du public…), la politique du PS prouve que la cohabitation entre son gouvernement et les marchés financiers a déjà commencé. À travers sa conférence sociale, le gouvernement n’a pas l’intention d’augmenter les salaires, et ne promet qu’un coup de pouce sur le Smic. Pas plus qu’il n’envisage de légiférer contre les licenciements alors que les plans « sociaux » s’accumulent. Le gouvernement ne défera même pas ce que la droite avait fait dans des domaines pourtant emblématiques : service minimum ; réformes des cartes hospitalières ou de la justice ; intégration française au commandement militaire de l’Otan ; principe de l’autonomie des universités de la loi LRU ; principe du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux de la RGPP (à l’exception notable de l’école). De plus, en s’inscrivant dans un processus de ratification du pacte européen de stabilité budgétaire, à peine amendé sur le thème de la croissance, Hollande lie sa politique aux futurs plans d’austérité imposés par ce nouveau traité européen, qui impose aux États un déficit public structurel qui ne doit pas dépasser les 0, 1 % du PIB.

Bref, sous Hollande, rien ne nous sera donné, et ce que nous aurons sera ce que nous saurons arracher. Alors, le 10 juin, contre la droite et l’extrême droite, votons pour la gauche 100 % indépendante du PS, votons anticapitalistes !

Christine Poupin, Philippe Poutou, Olivier

avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Crétinisme FdG

Message  Roseau le Sam 9 Juin - 13:20

Lu sur BC, par Chico

Extrait d’une lettre d’une élue PCF :
L'assemblée, le moteur de la lutte des classes...
Les électeurs qui ont choisi d’ en finir avec le règne de Sarkozy, de l’UMP et du MEDEF ont intérêts à mettre, grâce au vote Front de Gauche, un tigre dans le moteur de l’ assemblée nationale, de la résolution et du courage dans les choix économiques et sociaux, de l’élan pour leurs mobilisations futures qui garantiront la réussite de la gauche.
avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  Toussaint le Dim 10 Juin - 22:38

Ben au vu des résultats, je suppose qu'on va un peu moins entendre parler de la "dynamique FDG", voire de la dynamique Mélenchon". Le soufflé est hideusement retombé. A l'évidence, le calcul Mélenchon a encore foiré. Il voulait arriver à l'Assemblée en prenant le siège d'un député socialiste sortant, sous couvert de mener un combat titanesque contre le FN. C'est la rouste. En particulier en ville à Hénin Beaumont. Et il n'a fait que donner de l'ampleur à la Le Pen et à son dirigeant local, Stirbois. Ce qui est remarquable dans le boulot du FN à HB, c'est la méthode de fonctionnement et d'intervention, exactement ce dont on ne parle presque plus bien souvent...

Quant aux résultats de la "dynamique FDG", ne tirons pas sur une ambulance. A présent ils se définissent clairement comme faisant partie de la "majorité présidentielle". Alors, oui, je sais, ils ne sont pas les seuls à avoir voté Hollande. Mais je n'ai entendu ni Poutou, ni OB, ni Poupin employer ce terme pour définir leur positionnement.

Sinistres temps.

Même si je ne pleure pas sur ce bouffon, la défaite de JLM face aux fascistes est un vrai coup de pub pour eux. Il n'y a pas de vague réformiste, ni FDG, encore moins PS (ni vague, ni réformiste). L'EG quant à elle fait partie des disparus corps et biens. 3 ans après le lancement du NPA, et x années après la création de LO ou de l'OCI-PT-PCI-POI, les révolutionnaires ont pris plusieurs déculottées électorales et, bien plus inquiétant, n'ont pas réussi à entraîner la classe dans une résistance victorieuse aux offensives du capital, avec plusieurs défaites frontales, plus ou moins graves.

La phase suivante de l'offensive du capital, relayée par le PS soutenu par le FDG, se fera dans des conditions politiques idéales. Ce qui ne veut pas dire que cela se fera tranquillement et cela n'augure en rien de sa victoire ou sa défaite. Mais les circonstances et les batailles sociales et politiques des dernières années lui ouvrent un boulevard.
avatar
Toussaint

Messages : 2692
Date d'inscription : 09/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  Eugene Duhring le Dim 10 Juin - 22:52

Toussaint a écrit:Ben au vu des résultats, je suppose qu'on va un peu moins entendre parler de la "dynamique FDG", voire de la dynamique Mélenchon". Le soufflé est hideusement retombé. A l'évidence, le calcul Mélenchon a encore foiré. Il voulait arriver à l'Assemblée en prenant le siège d'un député socialiste sortant, sous couvert de mener un combat titanesque contre le FN. C'est la rouste. En particulier en ville à Hénin Beaumont. Et il n'a fait que donner de l'ampleur à la Le Pen et à son dirigeant local, Stirbois. Ce qui est remarquable dans le boulot du FN à HB, c'est la méthode de fonctionnement et d'intervention, exactement ce dont on ne parle presque plus bien souvent...

Quant aux résultats de la "dynamique FDG", ne tirons pas sur une ambulance. A présent ils se définissent clairement comme faisant partie de la "majorité présidentielle". Alors, oui, je sais, ils ne sont pas les seuls à avoir voté Hollande. Mais je n'ai entendu ni Poutou, ni OB, ni Poupin employer ce terme pour définir leur positionnement.

Sinistres temps.

Même si je ne pleure pas sur ce bouffon, la défaite de JLM face aux fascistes est un vrai coup de pub pour eux. Il n'y a pas de vague réformiste, ni FDG, encore moins PS (ni vague, ni réformiste). L'EG quant à elle fait partie des disparus corps et biens. 3 ans après le lancement du NPA, et x années après la création de LO ou de l'OCI-PT-PCI-POI, les révolutionnaires ont pris plusieurs déculottées électorales et, bien plus inquiétant, n'ont pas réussi à entraîner la classe dans une résistance victorieuse aux offensives du capital, avec plusieurs défaites frontales, plus ou moins graves.

La phase suivante de l'offensive du capital, relayée par le PS soutenu par le FDG, se fera dans des conditions politiques idéales. Ce qui ne veut pas dire que cela se fera tranquillement et cela n'augure en rien de sa victoire ou sa défaite. Mais les circonstances et les batailles sociales et politiques des dernières années lui ouvrent un boulevard.
Inutile de te dire que je partage ce triste bilan. Toutefois, la campagne Mélanchon a eu au moins un mérite, celui de montrer en particulier aux gardiens du temple capitaliste que la classe ouvrière tout du moins une fraction est disponible pour le combat pour peu qu'on l'y engage. Quelle autre signification sinon que ces centaines de milliers de travailleurs dans les meetings de JLM, du jamais vu depuis plusieurs décennies. Il ne manque plus qu'un parti ou une fraction de parti déterminé à organiser la classe ouvrière sur ce chemin. On verra, les heurts de classes sont devant nous ...

Eugene Duhring

Messages : 1706
Date d'inscription : 22/09/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  Vals le Dim 10 Juin - 23:11

Les résultats de cette législative confirment la tendance de ces derniéres années ; déplacement global à droite de l'électorat et de toute la société .
Une partie de l'électorat (quelques %) de droite qui a voté Hollande contre les "excès sarkozystes" ne changent rien à l'affaire .
L'électorat ouvrier et populaire ne se retrouve pas dans les propositions avancées par la gauche réformiste (FdG) et encore moins dans le programme de lutte défendu par les révolutionnaires.
La droite continue de déraper rapidement vers l'extrême-droite et les dernières barrières semblent tomber entre les droites.

Hollande et ses sbires vont mener la politique du capital, faire le sale boulot pour faire payer la crise aux classes populaires, avec l'appui plus ou moins critiques du FdG.
Et droite extrême droite sont en embuscade pour rendre la gauche gouvernementale de la merde et des mauvais coups à venir et proposer les "solutions" les plus réacs ...
Ca sent pas bon et il va falloir du boulot pour créer une opposition ouvrière à la politique de la bourgeoisie.
avatar
Vals

Messages : 2770
Date d'inscription : 10/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  Eugene Duhring le Dim 10 Juin - 23:21

Vals a écrit:Les résultats de cette législative confirment la tendance de ces derniéres années ; déplacement global à droite de l'électorat et de toute la société .
Une partie de l'électorat (quelques %) de droite qui a voté Hollande contre les "excès sarkozystes" ne changent rien à l'affaire .
L'électorat ouvrier et populaire ne se retrouve pas dans les propositions avancées par la gauche réformiste (FdG) et encore moins dans le programme de lutte défendu par les révolutionnaires.
La droite continue de déraper rapidement vers l'extrême-droite et les dernières barrières semblent tomber entre les droites.

Hollande et ses sbires vont mener la politique du capital, faire le sale boulot pour faire payer la crise aux classes populaires, avec l'appui plus ou moins critiques du FdG.
Et droite extrême droite sont en embuscade pour rendre la gauche gouvernementale de la merde et des mauvais coups à venir et proposer les "solutions" les plus réacs ...
Ca sent pas bon et il va falloir du boulot pour créer une opposition ouvrière à la politique de la bourgeoisie.
Ah que cette vision d'une société tirant vers la droite serait intellectuellement confortable pour les militants LO. Cela justifierait leur ligne de repli organisationnel depuis plusieurs années, la construction du parti travailleur par travailleur, boite par boite. Mais tu oublies peut-être une chose : le taux d'abstention presque 40% dont on ne connait pas la structure sociale ni les motivations qui se cachent derrière. Mais Vals est probablement omniscient pour donner de ce vote cette orientation droitière malgré ce taux d'abstention énorme.
Effectivement, cela ne sent pas bon d'autant que l'opposition ouvrière existe depuis 40 ans sur la scène médiatique et qu'elle a subitement disparue sans avoir capitalisé quoique que ce soit, que cette opposition ouvrière a plus de 60 ans d'existence pour arriver à ce bilan ... en temps de "paix". Imaginons le résultat en temps de "guerre", celle qui nous attend !!

Eugene Duhring

Messages : 1706
Date d'inscription : 22/09/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  Vals le Dim 10 Juin - 23:37

Mais tu oublies peut-être une chose : le taux d'abstention presque 40% dont on ne connait pas la structure sociale ni les motivations qui se cachent derrière. Mais Vals est probablement omniscient pour donner de ce vote cette orientation droitière malgré ce taux d'abstention énorme.

Je ne chercherai pas à faire parler les abstentionistes...Je me contente d'établir un parallèle entre la dépolitisation ouvrière, de la jeunesse, les reculs quantitatifs et qualitatifs des effectifs militants dans les syndicats et toutes les organisations ouvrières.

Quant aux résultats des législatives, je dis seulement qu'ils confirment une tendance à la droitisation de toute la société depuis de très nombreuses années .
Je ne me sens ni omniscient ni réjoui par ce constat ...mais contrairement à toi, je n'ai pas besoin de me raconter des contes de fées pour avoir envie de militer dans la REALITE, que j'ai décidé de regarder en face sans la repeindre en rose .
Alors, cours après tes chimères tant que tu veux en prenant tes désirs pour des réalités, mais ça ne changera rien aux faits et au contexte, qu'ils nous plaisent ou non.
avatar
Vals

Messages : 2770
Date d'inscription : 10/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  Zappa le Lun 11 Juin - 1:43

Toutes les institutions du pays passent à gauche depuis des années mais on assiste à une droitisation ?? La réalité n'est pas rose mais aller jusqu'à parler de droitisation... Et puis par rapport à quelle époque ? Par rapport en 1917 ? Oui certainement. Par rapport à il y a 40 ans ? Très probablement. Mais ça me semble pas flagrant sur les 5 dernières années.

Zappa

Messages : 146
Date d'inscription : 25/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  verié2 le Lun 11 Juin - 8:28

Vals
Quant aux résultats des législatives, je dis seulement qu'ils confirment une tendance à la droitisation de toute la société depuis de très nombreuses années .
Franchement, je ne vois pas cette "droitisation".

-On assiste plutôt à une accentuation de la "bipolarisation", qui n'est pas seulement liée au mode de scrutin. Une grande partie des gens se prononcent pour les "grands partis" qui ont toutes les chances de gouverner.
-Dans l'ensemble, les votes sont "modérés" : recul du FDG et du FN aux législatives par rapport aux succès relatif de Mélenchon et Le Pen à la Présidentielle. Ce qui confirme qu'une grande partie des électeurs votent pour une personnalité et non pour un parti. (Ce fut la même chose pour Arlette et Olivier par rapport aux votes LO-LCR aux législatives.)
-Les considérations locales jouent aussi beaucoup, ce qui est lié au phénomène précédent. On vote souvent pour ou contre des notables locaux.

Bref, il y a plutot une grande stabilité des résultats électoraux, avec un léger avantage aux opposants : la gauche. Pas de poussée des "extrêmes" : non seulement le FN a reculé par rapport à la Présidentielle, mais il met un peu d'eau dans son vin et tend à ressembler à la droite dure traditionnelle, malgré sa volonté d'apparaître "anti système".

La crise, plus limitée en France, n'a donc pas eu sur le plan électoral les effets qu'elle a eu en Grèce. Mais s'il elle s'approfondissait, on peut évidemment tout imaginer. Aussi bien une poussée de l'extrême-droite que de l'extrême-gauche, voire des deux.

Mais rien ne permet de parler de "droitisation générale"...

verié2

Messages : 8506
Date d'inscription : 11/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  gérard menvussa le Lun 11 Juin - 8:38

"Le glissement à droite de toute la société" a été un concept utilisé par le pcf a partir des années 83/84 pour expliquer ses mauvais résultats, la baisse des syndicats, voir la baisse de la combattivité ouvriére. Avec exactement les mêmes arguments :

la dépolitisation ouvrière, de la jeunesse, les reculs quantitatifs et qualitatifs des effectifs militants dans les syndicats et toutes les organisations ouvrières.

*assez bizarrement, quand c'était le pcf qui le disait dans les années 80, LO disait "c'est de la connrie"
avatar
gérard menvussa

Messages : 6658
Date d'inscription : 06/09/2010
Age : 61
Localisation : La terre

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  verié2 le Lun 11 Juin - 10:42

"Le glissement à droite de toute la société"
Pour en revenir à l'évolution générale de la société, au delà de cette péripétie électorale, elle ne se caractérise pas par une "droitisation".

Les causes de l'évolution de la société sont d'abord à rechercher dans le développement économique sans précédent du capitalisme, que nombre d'organisations dont LO n'ont pas compris, qu'elles ont nié ou minimisé. Ce développement a permis une amélioration très importante des conditions de vie d'au moins deux générations et, par voie de conséquence une intégration des organisations ouvrières dans le système et l'établissement d'un véritable consensus social de la droite à la gauche, syndicats compris.

Ce n'est pas une "droitisation", car, à la dilution des idées "socialistes/communistes" (au sens large) a correspondu aussi une dilution des idées d'extrême-droite. Aucun parti d'extrême-droite ne tient par exemple le langage des fascistes d'avant-guerre, aucun ne défile en chemises brunes bras tendus, ni n'organise des commandos pour agresser les militants ouvriers. A la limite, le RPF de De Gaulle était plus proche d'un parti fasciste que le FN. Et, à cette époque, le PCF était aussi autrement plus combatif, y compris sur le plan "physique".

La prospérité a donné à la lutte de classe et aux affrontement politiques un caractère beaucoup plus soft, l'intérêt pour la politique, pour les idées a reculé, la presse politique s'est effondrée.

Donc, il ne faut pas parler de "droitisation", mais de dépolitisation. Bien qu'il y ait une adaptation au système des classes populaires sous forme de développement de l'individualisme. Car les gens ont constaté, pendant deux générations, que faire faire des études à leurs enfants était plus efficace pour améliorer leur vie que les luttes collectives. Les organismes de vacances populaires se sont transformés en Club Med du pauvre dont les participants se considèrent comme des clients.

La crise évidemment va bouleverser cette situation et mettre fin au consensus. Mais la majorité des travailleurs conservent les idées et illusions développées pendant la période précédente. Ils espèrent que le système va repartir, qu'il va continuer à s'améliorer etc. Ils ne se tournent pas vers des solutions radicales. Même ceux qui se tournent vers Le Pen ne choisissent pas le fascisme et ne le font pas dans le but de casser du communiste ou même de l'immigré. Ils veulent exprimer une protestation contre leur exclusion du système, sans remettre le système en cause. D'ailleurs, pour ratisser plus large, le FN cherche à se banaliser et non pas à se radicaliser - du moins pour le moment.

Mais tout cela peut évidemment changer très vite, comme cela se passe en Grèce par exemple.

verié2

Messages : 8506
Date d'inscription : 11/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  Vals le Lun 11 Juin - 12:01

Donc, il ne faut pas parler de "droitisation", mais de dépolitisation.

Ton intervention nécessiterait une réponse beaucoup plus longue mais ce sera pour plus tard.

Pour moi, la dépolitisation de la classe ouvrière (recul du PC et de la CGT) est une droitisation.
L'adhésion générale au capitalisme (même s'il faut l'aménager un peu ou s'y débrouiller), c'est une droitisation.
Que beaucoup plus de travailleurs votent aujourd'hui droite, droite extrême, ou PS (droitisé même dans les mots) ou ecolo-ramolo que PC ou FdG, c'est un signe de droitisation....

Que les effectifs des organisations ouvrières (partis, syndicats, associations de défense...) ou féministes soient en chute (presque) libre depuis trente ans, c'est un élément fondamental de cette droitisation.

Que la jeunesse soit très peu syndiquée ou politisée, que les syndicats étudiants soient devenus des coquilles vides, idem....

Alors, oui, évidemment, le développement économique important jusqu'aux dernières années a joué un rôle important (mais sur ce plan, on pourrait reprendre la question de la crise du révisionnisme (Bernstein) et ses effets sur le mouvement ouvrier au début du XXeme siècle.

Pour droite et extrême droite, tu te trompes...

En 81, poussée à droite entrainant paradoxalement l'élection de Mitterrand : début de la débandade électorale PC au profit du PS, réhabilitation de l'ideologie libérale dans les années suivantes (86)...
Montée progressive d'une extrême-droite nationaliste, xenophobe, presque ouvertement raciste....pour aboutir à une droite globalement décomplexée et plus réactionnaire .

Parallèlement, la décomposition de certains secteurs de la classe ouvrière, (chômage, pourrissement des quartiers populaires, délinquance, replis communautaires et religieux...) ont accéléré la remontée des idées d'ordre et de sécurité et accompagné le délitement des idées de défense et d'organisation collective sur la base d'intérêts communs sinon de classe....

Tu me fais aussi penser à Eugène et d'autres qui, pour ne pas voir cette droitisation, essaient de rêver à une abstention importzante qui pourrait avoir un caractère "subversif" ou anti-système...

avatar
Vals

Messages : 2770
Date d'inscription : 10/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  Vals le Lun 11 Juin - 12:17

Pour Vérié : vois encore avec quels accents et quel ton parlait encore Mitterrand pour faire son OPA sur le PS avant de désosser le PC.

11 au 13 juin 1971 : congrès d'Epinay fondateur de l'actuel Parti Socialiste

Article tiré de Lutte Ouvrière n°1718 du 8 juin 2001




Il y a 30 ans : le PS se jetait dans les bras de Mitterrand


Jospin et les barons du PS fêtaient, il y a quelques jours, le 30e anniversaire du congrès fondateur de l'actuel Parti Socialiste, le congrès d'Epinay. Lors de ce congrès qui s'était tenu du 11 au 13 juin 1971, l'édifice du Parti Socialiste était bien vermoulu. Deux ans plus tôt, il avait été convenu d'abandonner l'ancien nom de SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière). Mais un « nouveau » Parti Socialiste avait du mal à émerger.

Alors que le Parti Communiste constituait, et de loin, le premier parti de gauche, à la fois par le nombre de ses militants, présents en particulier dans la classe ouvrière, et l'importance de son électorat, le Parti Socialiste avait éclaté en de multiples groupements et clubs. De longue date, son influence s'était érodée, malgré, ou peut-être à cause de sa longue participation gouvernementale et de sa politique antiouvrière et coloniale de 1945 à 1958. Le PS n'avait repris quelques forces qu'à la suite du retour au pouvoir de De Gaulle, qui l'avait contraint à un rôle d'opposition. Bien que, dans un premier temps, les dirigeants du PS aient été de ceux qui avaient été chercher de Gaulle à Colombey et que le PS ait fourni à ce dernier, durant quelques mois, des ministres. De 23 % des voix en 1945, le PS était tombé à 12,5 % en 1962. Il est vrai, le score était remonté à près de 19 % en 1967 et totalisait encore 16,5 % en juin 1968, mais c'était sous l'étiquette d'une Fédération de la gauche démocrate et socialiste qui ne devait pas tarder à éclater.

Aux élections présidentielles de 1969, la candidature du maire socialiste de Marseille, Defferre, n'avait recueilli que 5,01 % des voix, alors que le candidat du PCF, Duclos, en obtenait 21,27 %. Ainsi les perspectives de constituer une majorité au Parlement s'amenuisaient d'autant plus que le mode de scrutin défavorisait les formations minoritaires.

L'avenir ne s'annonçait donc pas en rose pour les notables du PS, ce qui restait de l'ancienne SFIO : maires, conseillers généraux et municipaux. Sur les 87 000 adhérents déclarés par le PS lors du congrès d'Epinay, 42 000 venaient d'être élus ou réélus conseillers municipaux aux élections de mars 1971. Par la gestion des budgets des communes, et en particulier de ceux de grandes villes comme Lille et Marseille, le PS restait associé aux affaires de la bourgeoisie et gardait une influence sur des centaines de milliers d'employés municipaux.

La question d'une alliance susceptible d'obtenir une majorité pour parvenir à nouveau au gouvernement agitait les congrès socialistes. Celui d'Epinay ne fit pas exception.

Jusque-là, une telle alliance était restée introuvable. Tant qu'avait duré la guerre froide, tout rapprochement avec le Parti Communiste était exclu, les Socialistes en étaient à rechercher une hypothétique « Troisième force », ni communiste ni gaulliste. Les choses avaient commencé à changer en 1965, après l'échec d'une tentative de Defferre. C'est alors que Mitterrand, ancien ministre de l'Intérieur durant la guerre d'Algérie, qui avait été membre d'un petit parti bien à droite du PS, s'était présenté comme candidat unique de la gauche. Il avait été accepté comme tel par les Socialistes et par le PCF, malgré les grincements de dents de nombre de militants de ce parti.

Mitterrand fut la vedette du congrès d'Epinay six ans plus tard. Député non inscrit de la Nièvre, il adhéra au Parti Socialiste à Epinay. Trois jours après la fin du congrès, le comité directeur du PS en faisait son secrétaire général, sans qu'aucun autre candidat lui soit opposé. Parmi les caciques du PS, il s'était trouvé une majorité pour voir en Mitterrand un sauveur. Mis à part le député de la Creuse, Chandernagor, qui déclara craindre une « nuit des longs couteaux » si le PS participait un jour à un gouvernement au côté du PC, tous se rallièrent - en y mettant plus ou moins de conditions - à une alliance avec le PCF sous la houlette de Mitterrand. Defferre, connu pour sa virulence anticommuniste, s'y déclara favorable. Guy Mollet, l'ancien secrétaire de la SFIO, qui avait déclaré en son temps que le Parti Communiste n'était « pas plus à gauche, mais plus à l'Est », applaudissait. Chevènement, animateur du Centre d'études et de recherches socialistes, le Ceres, passant alors pour la gauche du PS, se rallia. Quant à Mauroy, président de la fédération du Nord et futur maire de Lille, il évita de se présenter à la direction du parti, laissant le passage pour Mitterrand.

Celui-ci, l'année précédente, avait exprimé ouvertement son projet : « La formation d'un mouvement politique apte à équilibrer d'abord, à dominer ensuite le PC et à détenir par la suite une vocation majoritaire ». Cela répondait bien aux attentes des socialistes, en concluant leur anticommunisme traditionnel, et leur soif de participation au pouvoir.

Pour parvenir à ses fins, Mitterrand choisit de ratisser large et même à sa gauche : « Il faut conquérir le terrain perdu sur les communistes », déclarait-il. « La conquête doit se faire aussi chez les gauchistes ainsi que chez les libéraux qui acceptent l'héritage démocratique et refusent la tyrannie capitaliste ». Et, pas gêné du tout, il déclarait : « Je le dis clairement, il n'y aura pas de société socialiste sans l'appropriation collective des principaux moyens de production et d'échange ». Et enfin : « Violente ou pacifique, la révolution c'est d'abord la rupture. Celui qui n'accepte pas la rupture avec l'ordre établi, celui-là ne peut être adhérent du Parti Socialiste ». Preuve, s'il en fallait encore, que les opportunistes et les démagogues sont capables d'user de n'importe quelle formule et que ceux qui les croient sont bien naïfs. Ou pour ceux qui connaissaient le passé de Mitterrand, qu'ils étaient des escrocs politiques à l'égal de Mitterrand lui-même.

Evidemment, ce n'était pas pour la révolution et le socialisme que Mitterrand traçait des sillons, mais pour ouvrir de nouvelles perspectives à de jeunes loups de la politique, avides de carrière gouvernementale. Et on comprend pourquoi les Fabius, les Jospin, les Hollande peuvent considérer aujourd'hui le congrès d'Epinay comme un acte fondateur... important pour eux.

Jean SANDAY
avatar
Vals

Messages : 2770
Date d'inscription : 10/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  verié2 le Lun 11 Juin - 12:24

Vals
la dépolitisation de la classe ouvrière (recul du PC et de la CGT) est une droitisation.
L'adhésion générale au capitalisme (même s'il faut l'aménager un peu ou s'y débrouiller), c'est une droitisation.
Que beaucoup plus de travailleurs votent aujourd'hui droite, droite extrême, ou PS (droitisé même dans les mots) ou ecolo-ramolo que PC ou FdG, c'est un signe de droitisation....
Il y a incontestablement un recul de la conscience de classe et de toutes les organisations se revendiquant de la classe ouvrière et du socialisme. C'est un fait.

Mais pouvons-nous dire pour autant que nous vivons "une époque de merde" dans une société qui évolue sans cesse vers la droite ? Je ne le crois pas. La situation est paradoxale.
Car, s'il y a dépolitisation, malgré les reculs relativement récents, aucune société, à l'échelle historique, n'a connu un tel niveau de vie de la population, même s'il y a des poches de pauvreté et de misère, et autant de lois sociales, d'allocations et d'aides diverses. Sur tout ce qui concerne les questions "sociétales", les progrès ont été considérables.

Si on compare notre époque à celle d'avant-guerre. Entre les deux guerres mondiales, on pouvait virer n'importe qui du jour au lendemain. Les étudiants royalistes faisaient la chasse aux "Métèques" dans les amphis. Certains syndicats CGT, face à des licenciements, revendiquaient qu'on vire les femmes et les étrangers d'abord. Des trains entiers de Polonais ont été chargés par les Gardes mobiles, sans la moindre réaction de la population, sinon des Polonais eux-mêmes dans le Nord. Aucun syndicat, même corporatiste, ne revendique des choses pareilles aujourd'hui.

On peut penser que, si les gens se sont en effet adaptés au système en raison des miettes (parfois assez grosses) qu'il leur a laissées, ils ne sont sans doute pas prêts à retrouver les conditions de vie et d'exploitation d'avant-guerre, ou même des années cinquante. Il est certain que l'aspiration au changement radical de société a quasiment disparu. Personne ne défend plus cette idée de transformation radicale, même l'extrême-gauche. Toutes les luttes ont pour objectif de garder le peu qu'on a, voire même de limiter la casse, comme dans les boîtes qui licencient.

Mais, ce qui est important, c'est que les effectifs de la classe ouvrière n'ont jamais été aussi importants, au niveau national comme au niveau mondial, que jamais les moyens matériels et humains permettant la transformation de la société n'ont jamais été aussi évidents. La contradiction entre l'explosion des forces productives et l'anarchie de leur organisation n'a jamais été aussi forte, avec une division mondiale du travail sans précédent.

Alors, il y a un décalage entre ces conditions objectives et le niveau d'organisation de la classe ouvrière, lié à cette longue période de prospérité. La conscience des capitalistes est en avance sur la notre, c'est évident. Mais la classe ouvrière n'a subi nulle part de défaite majeure ! Alors qu'avant-guerre, la classe ouvrière n'a cessé de subir des défaites : Allemagne, Hongrie, contre-révolution stalinienne, Chine, Espagne et même France à partir de 38. Donc, s'il y a eu une "époque de merde", c'est bien celle-là. Les affrontements de classes ne sont pas un but en soi, s'il y a la défaite au bout de compte. Pourquoi ne pas être optimiste et penser que ça va repartir à un niveau bien plus élevé et que nous pouvons gagner ?
Tu me fais aussi penser à Eugène et d'autres qui, pour ne pas voir cette droitisation, essaient de rêver à une abstention importzante qui pourrait avoir un caractère "subversif" ou anti-système...
Je n'ai jamais défendu une idée pareille à propos de l'abstention.
Quant à Eugène Duhring, certaines de ses analyses sont justes, mais il donne l'impression de faire porter à LO et au NPA la responsabilité générale de la situation. Ce qui est tout à fait absurde à mon avis, quelles que soient les critiques qu'on puisse leur faire. Néanmoins, les responsabilités de l'extrême gauche pourraient devenir bien plus importantes dans un proche avenir, comme on le voit en Grèce, même si ses scores électoraux sont très faibles en France.

verié2

Messages : 8506
Date d'inscription : 11/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  verié2 le Lun 11 Juin - 12:40


Vals
vois encore avec quels accents et quel ton parlait encore Mitterrand pour faire son OPA sur le PS avant de désosser le PC.
Bien sûr, le PCF et Mitterrand parlaient davantage de socialisme que l'extrême-gauche aujourd'hui. Donc on peut dire que les organisations "traditionnelles" du mouvement ouvrier ont évolué vers la droite, idéologiquement comme par leurs méthodes de lutte - même si leur emprise sur la classe ouvrière leur permettait aussi de casser des luttes assez brutalement.

Mais l'ensemble de la société ne s'est pas "droitisé", dans la mesure où les relations sociales n'ont pas permis à la bourgeoisie de rétablir des conditions d'exploitation comparables à celles des années cinquante ou d'avant-guerre. Regarde avec quelle prudence la bourgeoisie lance ses attaques, avec la tactique du salami, en ménageant certaines couches et catégories. Si elle procède ainsi et non brutalement, en donnant toujours toutes sortes d'avantages aux bureaucraties syndicales, c'est tout de même qu'elle redoute que la classe ouvrière se réveille et qu'elle n'est pas si certaine que ça de l'emporter.

Je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Mais, même si les travailleurs sont devenus plus individualistes, s'ils aspirent dans leur immense majorité à vivre seulement un peu mieux dans le système actuel (ou à continuer à vivre de la même façon), il me semble qu'il y a des acquis qu'ils sont pas prêts à abandonner. Ils n'acceptent le système qu'à certaines conditions. Il y a une sorte de pacte social implicite. Si la bourgeoisie le rompt complètement en raison de la crise, les travailleurs le rompront probablement aussi. C'est à nous de les préparer à cette rupture, qui représente évidemment une remise en cause de beaucoup de choses, y compris pour les militants et organisations qui se sont eux aussi "adaptés".

verié2

Messages : 8506
Date d'inscription : 11/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: LEGISLATIVES 2012

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 2 sur 3 Précédent  1, 2, 3  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum