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L’impossible évaluation de la psychanalyse.

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L’impossible évaluation de la psychanalyse.

Message  gérard menvussa le Mar 3 Avr - 8:48

Un sujet sur lequel je travaille (là il s'agit d'un "work in progress" pas encore tout a fait abouti)


Pourquoi est il impossible d’évaluer la psychanalyse
La crise de la psychanalyse est patente Elle est rendue visible d’abord par des publications à grand tirage qui donnent un bilan extrêmement négatif de son action et des bases sur lesquelles elle s’est construite (comme le « livre noir de la psychanalyse » et l’ouvrage de Michel Onfray « le crépuscule des idoles ». Mais elle est aussi rendue possible par une balkanisation forcenée de ses différents courants qui offrent prise aux attaques d’un courant qui entend remettre la psychiatrie sur des rails positivistes d’une raison calculante qui remplace les incertitudes de l’inconscient et de la pulsion par les méthodes éprouvées de la normalisation des processus sous contrôle de nos gènes, et de nos humeurs chimiques. Ce processus s’exprime par la volonté des autorités scientifiques complice de ce processus de faire passer la discipline entre les « fourches caudines » de l’évaluation, d’une certaine évaluation.
Les difficultés et les non dits de l’évaluation comme processus « constituant » (l’évaluation est en effet censée fonder la justification et l’autorité d’une pratique « scientifique ») sont alors passés sous silence. Ainsi la question de sa validité et de la portée de cette évaluation sont elles négligée au profit d’une conception opérationnelle et calculatoire de l’action qui fait de l’évaluation comme mesure et comme norme une arme de guerre pour une certaine conception de la société, des processus psychiques ou de la santé mentale… C’est précisément l’enjeu politique en cours dans cette question
L’évaluation de l’INSERM et celles de la Haute Autorité de Santé –HAS s’incluent donc dans une conception plus générale de la « performance » qui s’inscrit totalement dans une vision néolibérale qui fait du marché et de la performance mesurable le hic et nunc des politiques de santé. Celles-ci s’intègrent totalement dans ce qu’il est convenu d’appeler les « bonnes pratiques » de santé et la « médecine par les preuves » (fâcheux anglicisme qu’il est remarquable de voir appliquer malgré le fait que tous les connaisseur du dossier en connaissent les imperfections et le non dit...)
L’évaluation et ses pièges
Tout d’abord il convient de rappeler une banalité, c’est qu’une évaluation est « par nature » non scientifique et ne contient une dose de vérité qu’au gré de techniques pragmatiques usant d’un rapport avec la pratique et ses résultats plus ou moins opérationnels. Dit autrement, Il n’existe pas d’évaluation « scientifique » proprement dite, mais une « pragmatique » de l’évaluation C’est ainsi que la recherche d’une évaluation « réaliste » de l’activité scolaire, qui est une des les recherches les plus documentées montre que la dispersion des évaluations a partir d’une grille de notation élaborées de façon réalistement « objective » a montré une profusions de biais « idéologiques » y compris sur des matières qui ne s’y prêtaient pas « a priori » (la « dispersion » des notes attribuée au même exercice est plus importante en philosophie qu’en mathématique, pour autant la dispersion rencontrée dans la notation d’un devoir de mathématique répondant à une série d’item concoctés de façon les plus « objectives » possibles…
L’évaluation est une question de « pouvoir » : « qui évalue ? » est une question décisive du processus lui-même. On peut citer comme témoignage de cet aspect de l’évaluation les différences de fonctionnement entre l’évaluation scolaire en formation initiale (scolaire) et en formation professionnelle. Dans le premier temps, c’est le « professeur », investi de l’autorité dévolue par l’institution, qui note les élèves. Mais dans les stages de formation professionnelles, la mesure de la qualité de formation est «estimée » non pas par les formateurs (mais bien par les élèves, qui sont censée être en même temps les souscripteurs de l’action de formation) De là découle le caractère stratégique de l’évaluation pour les différentes parties qui s’opposent entre elles afin de déterminer qui sera le maître décidant des modalités de l’évaluation à entreprendre.
Derrière l’évaluation, quelle est la performance qui est réellement mesurée est également une bonne question à se poser. On se souvient des biais du « QI », le fameux « quotient intelectuel », cette mesure pseudo « scientifique » censée nous donner une approximation suffisante de l’intelligence, et qui permettait surtout de mesure la faculté de se couler « dans le moule » d’apprentissages hyper conceptualisés pour correspondre à une grille de lecture déterminée, et qui a été exploité pour donner une grille de lecture raciste des différences soit disant existantes entre les intelligences des classes sociales ou des groupes ethniques
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Re: L’impossible évaluation de la psychanalyse.

Message  llaima le Mar 28 Aoû - 9:27

Inévaluable donc la psychanalyse ne peut être retenue comme thérapie qui peut toujours l'être! Inévaluable donc non vérifiable on est en dehors du domaine de la science!

Cet article avoue que la psychanalyse est dans le domaine de la pseudo-science...
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Re: L’impossible évaluation de la psychanalyse.

Message  gérard menvussa le Sam 1 Sep - 10:00

Déja il est tout a fait intéressant (et significatif) de placer cet article sur la question de "l'aveu" ! Dire que "cet article" doit avouer quelque chose me semble trés "significatif". Je serais un chaud partisan de la psychanalyse, que je pondrais pas mal de choses sur le sujet (mais comme je ne le suis pas, cette logorrhée va t'être épargnée !)

Aprés, ce que dit l'article, c'est surtout que "l'évaluation" n'a rien de "scientifique" par nature. Dans un article consacrée a son "évaluation" interne, le CNRS rappelle qu'aucune méthode "scientifique" d'évaluation ne permet de trancher systématiquement et "objectivement". L'évaluation n'a de sens que "politiquement". La dessus, je laisse gloser sur le sens "politique" qu'a une évaluation de la psychanalyse.

Mais chacun comprend facilement cela si il se s'applique à lui même : si par exemple une "évaluation" de la politique de LO (ou du npa) était réalisé par un de ses pires adversaires (disons le FN ou l'UMP) bien entendu ces deux organisations dénierait toute valeur a l'évaluation ainsi réalisée. La seule "évaluation" possible, c'est une évaluation interne. Et LO (ou le NPA, ou tout autre organisation poltiique) pourrait dire a l'instar de la psychanalyse "le psychanalyste ne s'autorise que de lui-mêm!" (comme une célébre citation de Lacan)
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Re: L’impossible évaluation de la psychanalyse.

Message  Roseau le Mar 23 Oct - 3:42

Extrait de la BD "La Survie de l'Espèce"


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Re: L’impossible évaluation de la psychanalyse.

Message  le glode le Mar 23 Oct - 8:02

L'évaluation de Lo serait facile si Lo atteignait son but : prendre la tete d'une révolution sociale victorieuse.

Quant à évaluer les résultats de la psychanalyse c'est tout à fait possible pour beaucoup de pathologies précises (guerit-elle ou soulage-t-elle les autistes ? Le concept de transfert est-il confirmée par d'autres domaines scientifiques ?). Le tout est de le vouloir. Les psychanalystes ne le veulent pas. Vu les tarifs pratiqués, on les comprend.

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Re: L’impossible évaluation de la psychanalyse.

Message  verié2 le Mar 23 Oct - 18:40

Le Glode
évaluer les résultats de la psychanalyse c'est tout à fait possible pour beaucoup de pathologies précises
Ca me semble évident et je ne comprend pas du tout le sens de la comparaison de Gérard Ménussa avec... LO et le NPA. Car, justement, la vérification de la politique d'une organisation qui a pour vocation de transformer la société ne peut se faire que sur une longue période, et encore tout ne dépend pas d'elle. En revanche, la psychanalyse est censée avoir pour objectif la guérison de certaines pathologies, ce qui peut facilement se vérifier sur quelques années...

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Re: L’impossible évaluation de la psychanalyse.

Message  gérard menvussa le Ven 26 Oct - 19:04

La comparaison utilisée ici est uniquement destinée a faire comprendre qu'une "évalutation" dépend aussi de celui qui l'effectue, et qu'il peut être plus ou moins "légitime" pour le faire. Je suis bien convaincu que LO refuserait toute légitimité a une "évalutation" de sa politique par le npa (et inversement)

Aprés, voyons le critére de glode qui justement montre tout ce que peut avoir de problématique cette "évaluation"

guerit-elle ou soulage-t-elle les autistes ?

Tout d'abord, rien ne "guerit" l'autisme actuellement, à ma connaissance. On aurait un reméde, même trés inéfficace, que la question se poserait tout autrement !

Ton critére, "Le glode" me semble tout a fait recevable concernant par exemple l'homéophathie, mais le probléme est tout a fait différent pour la psychanalyse, qui n'est pas dans un champ ou la "médecine scientifique" a fait ses preuves "incontestable" et réalise des prouesses en soignant des choses dont on mourrait dix ans auparavant.

Quand au fait qu'il "soulage" les patients, dans la limite ou ces patients par définition n'expriment rien, c'est quand meme assez difficile à établir.

D'autant plus que la "psychanalyse" pour tout compliquer n'est pas utilisée "directement" dans le traitement des maladies mentales : on dit que la psychanalyse peut traiter "les névroses" mais pas les psychoses.

Mais c'est pareil : les "critéres de guérison" des psychiatres-psychianalystes sont différents de ceux des psychiatres "normaux"

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Re: L’impossible évaluation de la psychanalyse.

Message  Invité le Ven 6 Déc - 19:05

Qui était vraiment Françoise Dolto ?
http://www.levif.be/info/actualite/sante/qui-etait-vraiment-francoise-dolto/article-4000466656797.htm

50 ans de psychanalyse sur France Inter - Françoise Dolto
http://www.franceinter.fr/emission-service-public-50-ans-de-psychanalyse-sur-france-inter-francoise-dolto

(Françoise Dolto interrogée par la revue Choisir, en novembre 1979).

" Choisir - Mais enfin, il y a bien des cas de viol ?

F.Dolto - Il n'y a pas de viol du tout. Elles sont consentantes.

Choisir - Quand une fille vient vous voir et qu'elle vous raconte que, dans son enfance, son père a coïté avec elle et qu'elle a ressenti cela comme un viol, que lui répondez-vous ?

F.Dolto - Elle ne l'a pas ressenti comme un viol. Elle a simplement compris que son père l'aimait et qu'il se consolait avec elle, parce que sa femme ne voulait pas faire l'amour avec lui. "

(...)

" Choisir - D'après vous, il n'y a pas de père vicieux et pervers ?

F.Dolto - Il suffit que la fille refuse de coucher avec lui, en disant que cela ne se fait pas, pour qu'il la laisse tranquille.

Il peut insister ?

F.Dolto - Pas du tout, parce qu'il sait que l'enfant sait que c'est défendu.
Et puis le père incestueux a tout de même peur que sa fille en parle. En général la fille ne dit rien, enfin pas tout de suite. "
No 

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Re: L’impossible évaluation de la psychanalyse.

Message  Roseau le Ven 6 Déc - 19:21

myrtille a écrit:" Choisir - Mais enfin, il y a bien des cas de viol ?
F.Dolto - Il n'y a pas de viol du tout. Elles sont consentantes.
L'utilisation du mot consentantes est consternante
et révoltante.
On ne fait pas l'amour par consentement mutuel!
Bref, c'est du viol!
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Re: L’impossible évaluation de la psychanalyse.

Message  Invité le Lun 9 Déc - 12:22

En effet. J'ai tout récemment pris connaissance de ces quelques lignes qui m'ont également fait bondir...

Et loin de moi de défendre cette pseudo science qu'est la psychanalyse, mais Didier Pleux reste néanmoins un réac qui partage une vision idéalisée de la famille, et qui confond sciemment libertaire et libéral (laisser faire). Pas étonnant finalement que Michel Onfray ait préfacé son livre Razz

Au passage ce livre a l'air sympa http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article202

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Re: L’impossible évaluation de la psychanalyse.

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