Russie

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Re: Russie

Message  Copas le Sam 14 Fév - 13:37

Il est frappant d'ailleurs de voir la récupération poutinienne des objectifs de l'empire russe d'avant 1917.
L'époque est très différente et la Russie profondément transformée, mais les objectifs de Novorossia remontent en surface, la récupération des thèmes de la Russie éternelle, sa relation à l'église orthodoxe sont des éléments profonds.
Mais également il y a le recyclage de l'armée soviétique russisée pour l'occasion, avec une partie de ses symboles.

Je trouve également interessant le texte de Zbigniew Marcin Kowalewski sur les filiations, continuités de l'état russe, y compris la période URSS pour l'essentiel.

Au présent, comme on l'a souvent indiqué, la Russie est un état impérialiste si on accepte la définition que fait Lénine de l'impérialisme : concentration du capital, exportations des capitaux, possession de dettes d'autres états, domination économique d'autres états par les trusts russes, les menaces militaires et les pressions politiques.

La Russie comme la Chine on bénéficié pour leur transformation en états impérialistes modernes des périodes de capitalisme d'état qui ont permis la construction de monopoles de secteurs, combinats, permit la construction d'une grande infrastructure, etc... Bref la planification a beaucoup servi aux impérialismes cités.

Cet état n'est pas sans grandes faiblesses.
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Re: Russie

Message  Copas le Sam 14 Fév - 14:02

Un tribunal russe a obligé Peugeot a réintégrer des travailleuses en CDD virées en fin de contrat

9 février le tribunal régional de Kalouga a exigé la réintégration de travailleurs de l'usine "Peugeot" (PSMA) virés à l'expiration du contrat de travail.

Environ 40% des travailleurs de Kaluga PSMA ont des contrats à durée déterminée de trois à six mois. L'adhésion de deux ouvrières au syndicat CARP a amené le non renouvellement de leurs contrats. La décision de justice de les ré-intégrer est une avancée face à une pratique s'étendant. C'est un revers pour la direction, le ministère du travail et le syndicat jaune.



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Re: Russie

Message  Copas le Dim 22 Fév - 10:00

Gros bide de la manif patriotique de soutien à Poutine à Moscou :
35 000 suivant la police, injonctions aux universités...


Le reportage de RT est éclairant là dessus : vous le voyez derrière moi, la colonne de manifestants s'étend sur plusieurs kilomètres
Ben justement on aimerait voir. On y apprend aussi que les manifestants sont aussi venu de province...


Dans ces conditions le chiffre annoncé par la police pour un cortège de soutien à Poutine nécessite vérification.
Mais c'est un bide au regard des moyens mis en ligne, du bourrage de mou des médias, des amicales pressions sur les universités, pour une manif avec des montées d'autres villes.

L'aspect nationaliste, impérialiste, agressif et ultra-réactionnaire de ce défilé est clair. De même que la fonction de cette manif qui fait partie de la campagne d'intimidation contre le mouvement anti-guerre et contre les oppositions au régime.

Avec les précautions d'usage, le reportage du monde sur cette manif.

« Que l’Ukraine brûle ! »
à Moscou, dans la manifestation anti-Maïdan et pro-Poutine


Le premier anniversaire de la chute du président ukrainien Viktor Ianoukovitch, à Kiev, a été célébré par un défilé « anti-Maïdan » à Moscou. Samedi 21 février, plusieurs milliers de personnes, 35 000 selon la police, se sont rassemblées par groupes, sous une flopée de drapeaux différents mais un seul slogan : « On n’oublie pas, on ne pardonne pas ».

Fonctionnaires, étudiants, officiers des services de sécurité, secouristes, mères de famille, motards et vétérans de la guerre d’Afghanistan ont défilé dans la capitale pour dénoncer « le chaos » en Ukraine dont ils imputent, à l’image du pouvoir russe, la responsabilité à l’Occident.

Toques sur la tête et tuniques des grands jours, les cosaques étaient représentés en force.
« Madame », dit poliment un vieil homme en dépliant un drapeau de l’école militaire de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine où il fit autrefois sa formation militaire, « vous, les Français, à l’Ouest, avec l’homosexualité et tout ça, vous viendrez un jour chez nous pour dire : “venez nous sauver” ». Il est aussi convaincu que la femme qui distribue des tracts tout à côté. Sur le bout de papier imprimé, l’image du président américain, Barack Obama, apparaît sous le titre : « l’Ouest essaie de faire tomber le régime de Poutine et d’étrangler la Russie ». La femme fuit les questions, puis revient.
« Nous sommes contre les révolutions, on a vu tout ça en 1917, et Maïdan, c’est encore une révolution ! » Ici, on soutient Vladimir Poutine, sans discuter.


Dernière édition par Copas le Dim 22 Fév - 11:00, édité 2 fois (Raison : a)
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Message  Copas le Dim 1 Mar - 18:28

Le mouvement contre la guerre de Poutine en Russie devait faire une démonstration de force aujourd'hui.
L'assassinat du politicien Boris Nemtsov a transformé cette journée en démonstration de masse malgré les provocations policières habituelles du régime (cadenasser la manif, obliger chaque manifestant a passer par un portique, etc), avec des drapeaux ukrainiens.

Ah, la police a dénombré 7 000 manifestants (il s'agit d'en déclarer moins que la manif ultra-réactionnaire du régime et ses effectifs squelettiques rameutés de toute la Russie et avec des pressions pour y participer dans les facs).



Moscou





Saint-Pétersbourg



Que penser de tout cela. Malgré les habitudes meurtrières et brutales du régime, une grande partie de la société russe ne veut pas de la guerre que mène le gouvernement en Ukraine. Les clans bourgeois russes sont divisés là dessus de toute évidence, pendant que d'un autre côté le mouvement anti-guerre qui ploie sous les arrestations, les menaces et les provocations tente d'exister et de résister.

Ce qui importe est effectivement que dans une métropole impérialiste, un mvt anti-guerre tente de bloquer les manœuvres guerrières d'annexion et d'agression pour controler économiquement, politiquement et militairement un autre état, ce qui est la définition de l'impérialisme.
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Message  Copas le Lun 2 Mar - 23:02

“l’hystérie chauvine dirigée par en haut s’avère être la principale ressource du pouvoir pour étouffer les sentiments protestataires”

Entretien.
Membre du Mouvement socialiste de Russie (RSD), Ilya Boudraïtskis revient ici sur la situation sociale du pays, la politique de Poutine en Ukraine et ses effets dans la société russe.



Quelle est la situation économique et sociale du pays ?

La Russie est en train de s’enfoncer dans une crise économique structurelle. Les causes en sont bien plus profondes que les sanctions occidentales à elles seules ou que la chute du prix du pétrole. Comme le reconnaissent les experts, y compris ceux du gouvernement, la part des sanctions ne représente qu’environ 20 % des effets de la crise. Par ailleurs, on observe une chute de la production dès 2013, cela alors que le prix des hydrocarbures était encore exceptionnellement haut et bien avant l’ingérence en Ukraine.
Nous assistons à une crise du modèle capitaliste post-soviétique dans son ensemble. Celui-ci se base sur une appropriation par les grandes compagnies et la bureaucratie de la colossale rente pétrolière, qui, des années durant, a été détournée de l’économie réelle. Le surplus a cependant permis à l’élite au pouvoir de maintenir la paix sociale jusqu’à présent, via l’augmentation constante des salaires dans le secteur public.
Mais aujourd’hui, les première victimes de l’effondrement économique sont les fonctionnaires de l’État, ainsi que les travailleurs des entreprises qui comptaient sur les commandes de l’État. Avec la diminution des revenus d’une grande partie de la population et la baisse du taux de change du rouble, c’est toute la sphère de la consommation qui est en crise.
L’inflation est toujours galopante, même selon les estimations officielles « au rabais » : entre 12 et 15 %. L’immense quantité de crédits à la consommation que beaucoup ne peuvent honorer constitue un autre problème. La réponse du gouvernement Medvedev est tout à fait incohérente : il mise essentiellement sur l’aide financière aux banques et aux grandes compagnies. Ainsi, l’aide de près de 2,5 milliards d’euros accordée à la compagnie d’État Rosneft, la plus grande du pays, a suscité un scandale.

Penses-tu que Poutine va répondre à cette situation en développant sa politique de « grande Russie » en Ukraine ?

Dans ce contexte, l’hystérie chauvine dirigée par en haut et soutenue par les médias s’avère être la principale ressource du pouvoir pour étouffer les sentiments protestataires. La télévision russe nous assène 24h/24 des citoyens désemparés au sujet de la menace occidentale, des fascistes ukrainiens et de la grandeur de la civilisation orthodoxe russe... L’accent est mis sur l’idée que toute protestation politique ou sociale, toute critique du pouvoir, est en fait un acte destiné à venir en aide consciemment aux perfides ennemis extérieurs, qui rêvent de saper l’unité nationale et de diviser le pays en plusieurs morceaux.
En presque un an, cette propagande agressive a produit des résultats concrets : l’activité politique au sein de la population est à un niveau des plus bas, l’opposition est largement marginalisée et les sondages sociologiques montrent que la popularité de Vladimir Poutine est stable et à son plus haut niveau.
Cependant, ces succès propagandistes peuvent se retourner contre le pouvoir qui, en lieu et place de la société telle qu’elle est, en perçoit une image déformée qu’il crée lui- même à travers ses propres médias. Le jour viendra où la désignation des manigances des ennemis extérieurs comme seule cause de la pauvreté et du chômage cessera de satisfaire la majorité
.

Quelles sont les répercussions de la guerre en Ukraine sur la population russe ?


La majorité reste acritique face à la version des médias gouvernementaux selon laquelle des fascistes antirusses se sont emparés de Kiev et mènent une guerre contre nos « frères russes insurgés »...
Cependant, de plus en plus de témoignages au sujet de la participation des troupes russes à la guerre dans l’Est de l’Ukraine sortent au grand jour, et il devient difficile de les cacher à la société. En ce moment, on peut dire qu’entre 10 et 20 % de la population de Russie se trouve en désaccord avec la position officielle, à différents degrés. Mais le nombre de mécontents va inéluctablement s’accroître.
Où en est-on de l’opposition politique au pouvoir et des manifestations de rue contre celui-ci ?

Les événements de l’année dernière ont permis aux autorités d’affaiblir considérablement l’opposition libérale, notamment par le biais de la répression et des arrestations. Cependant, à Moscou, Saint-Pétersbourg et dans d’autres grandes villes, des manifestations contre la violence du pouvoir, tant sur le plan intérieur que vis-à-vis de l’Ukraine, ont lieu régulièrement.
Ainsi, en décembre, plusieurs milliers de personnes ont exprimé leur désaccord avec l’arrestation du leader de l’opposition libérale Alexeï Navalnyi. En novembre, à Moscou, un rassemblement massif avait eu lieu contre le plan de la municipalité prévoyant la suppression de 8 500 postes de médecins. Le mécontentement grandit chez celles et ceux qui ne peuvent plus payer les intérêts de leurs crédits à cause de l’effondrement du rouble.

Et ce 1er mars, une grande action contre le plan « anticrise » du gouvernement est également prévue à Moscou.
Propos recueillis par Alain Krivine
(traduit du russe par Matilde Dugaucquier)
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Message  Copas le Mar 3 Mar - 8:41



A noter là aussi, le campisme navrant d'une partie de l'extrème gauche française qui passe sous silence le mouvement anti-guerre en Russie et la manif prévue qui a été transformée à la suite de l'assassinat du politicien Boris Nemtsov en démonstration massive malgré les menaces et pressions. Sous silence dans le meilleur des cas (le site de la claire par exemple) jusqu'aux tombereaux d'injures d'une partie des néo-stalinisés devenus supplétifs de l'impérialisme russe au nom de la lutte contre l'impérialisme US ou UE.

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Message  Copas le Jeu 12 Mar - 1:19

L'enquête de Boris Nemtsov sur le Donbass sera publiée
Les membres du parti de Boris Nemtsov ont annoncé qu'ils mettaient tout en œuvre pour rendre public le rapport prouvant la participation de la Russie dans le conflit du Donbass, sur lequel l'opposant assassiné travaillait depuis trois semaines.

"Nous n'avons pas l'ensemble du document, mais nous avons rassemblé les papiers de Boris qui étaient en notre possession et nous avons mis la main sur de nouveaux", souligne l'opposant Ilia Iachine, cité par Nezavissimaïa Gazeta. Le parti de Boris Nemtsov, RPR-Parnas, a annoncé le 4 mars qu'il se chargerait de rendre public le rapport sur la situation dans le Donbass sur lequel l'opposant s'était mis à travailler environ trois semaines avant son assassinat, poursuit le quotidien moscovite. Certaines de ces notes indiquent que Nemtsov était entré en relation avec les parents de soldats russes tués dans le Donbass.

Immédiatement après l'assassinat, rappelle le titre, les enquêteurs ont perquisitionné l'appartement de Boris Nemtsov et son bureau à Iaroslavl (où il exerçait les fonctions d'élu régional), et emporté tous les documents écrits, supports numériques et ordinateurs.

"Boris avait recueilli des informations exclusives sur des points extrêmement sensibles, mais il les gardait pour lui, raconte le secrétaire de RPR-Parnas, Constantin Merzlikine. Nous ne serons pas en mesure de les publier. Mais tout le reste sera rendu public."
Prouver que le Kremlin mentait

Le 9 février, Boris Nemtsov avait confié à la Nezavissimaïa Gazeta qu'il travaillait à la rédaction d'un rapport qui devait prouver que le Kremlin mentait en affirmant que la Russie ne livrait pas d'armes et n'envoyait pas de soldats russes dans le Donbass. Son idée était de n'utiliser, pour ne pas être taxé de parti pris, que des sources russes, voire officielles, et des déclarations des représentants des rebelles du Donbass, excluant de se référer aux médias occidentaux et ukrainiens. Selon lui, en effet, en analysant attentivement cette "propagande", on pouvait trouver beaucoup de contradictions.

Le directeur du groupe d'expertise politique Constantin Kalatchev, cité par le titre, "ne ferait pas un lien direct entre l'assassinat de Boris Nemtsov et ce supposé rapport", à moins qu'il ne contienne effectivement des éléments relevant du sensationnel. Mais, estime-t-il, si un rapport “clair, précis et bénéficiant d'un grand tirage” voyait effectivement le jour, il aurait une importante résonance dans l'opinion.
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Message  Copas le Lun 16 Mar - 8:34

Le symbolique d'une vidéo belliqueuse sur le net.
Rien de neuf pour qui suit un peu la montée d'un discours d'extrème droite et belliqueux en Russie. On se souvient un petit peu du discours colonial français qui prétendait aussi apporter le progrès aux peuples colonisés.



Une vidéo pro-impérialisme et pro-colonialiste russe fait le buzz en Russie, vue à 4 millions et demi de fois, suscitant les félicitations d'une partie de la classe politique russe, par exemple le vice-premier ministre, Dmitri Rogozine : "magnifique ! moi aussi je suis un envahisseur russe". Mais aussi d'opposition de la part de russes anti-guerre.

Je suis un occupant russe, c’est mon métier, c’est le sens de l’histoire"

C’est le démarrage et la fin d’une vidéo de propagande impérialiste russe.

Elle résume le discours officiel sur les bienfaits de l’occupation par les troupes russes de pays "colonisés ", dont l’Ukraine.

La vidéo déroule une chronologie d’événements historiques où chaque annexion par la Russie est présentée comme un progrès pour le territoire occupé. Elle prétend que les territoires non-contrôlés par les Russes sont voués à la servitude envers l’Europe de l’ouest et à l’échec économique.

La vidéo fait référence à trois territoires qui ont longtemps été sous domination de l'empire tsariste puis ont fait partie de l'URSS : les Pays-Baltes (1944-1991), l’Ukraine (1708-1917 puis 1922-1991) et l’Asie Centrale.

A chaque fois, est-il expliqué, le départ des Russes a été synonyme de chaos. Ce sont les Russes qui ont construit les "usines et les stations électriques "dans les Pays-Baltes, et après leur départ "la population s’est mise à nettoyer les toilettes de l’Europe".

Une référence aux migrants baltes en Europe de l’ouest qui ne vivraient que des petits boulots.

La vidéo affirme ensuite "Oui je suis un occupant, et je suis fatigué de m’excuser […] Tout ce que vous appelez ‘les valeurs occidentales’ m’est étranger ", illustrant le propos avec des images du chanteur transsexuel autrichien Conchita Wurst, ou de la gay pride.

"Je construis la paix, j'aime la paix, mais je sais faire la guerre mieux que les autres".  

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Message  verié2 le Mar 17 Mar - 16:09

A l'occasion de ce long exposé de Lutte Ouvrière sur l'histoire des relations entre la Russie et l'Ukraine,
on constate que LO refuse toujours :
1) De considérer la Russie comme un Etat bourgeois.
2) De considérer la Russie comme un Etat impérialisme. (En s'appuyant sur diverses spécificités. Rappelons que Lénine considérait déjà la Russie comme impérialiste avant la guerre de 14-18...)

LO n'en tire cependant pas pour conclusion qu'il faudrait soutenir les fractions ukrainiennes pro Russe et la Russie dans ce conflit et, sans le formuler très explicitement, parait les renvoyer dos à dos. Ce qui n'est pas très cohérent, car, si la Russie est toujours un Etat ouvrier (même très dégénéré), ne faudrait-il pas la défendre contre l'impérialisme occidental ? (Le seul qualifié par LO d'impérialisme.)

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Message  Copas le Sam 21 Mar - 10:21

L'enquête de Boris Nemtsov sur le Donbass sera publiée

Les membres du parti de Boris Nemtsov ont annoncé qu'ils mettaient tout en œuvre pour rendre public le rapport prouvant la participation de la Russie dans le conflit du Donbass, sur lequel l'opposant assassiné travaillait depuis trois semaines.

"Nous n'avons pas l'ensemble du document, mais nous avons rassemblé les papiers de Boris qui étaient en notre possession et nous avons mis la main sur de nouveaux", souligne l'opposant Ilia Iachine, cité par Nezavissimaïa Gazeta. Le parti de Boris Nemtsov, RPR-Parnas, a annoncé le 4 mars qu'il se chargerait de rendre public le rapport sur la situation dans le Donbass sur lequel l'opposant s'était mis à travailler environ trois semaines avant son assassinat, poursuit le quotidien moscovite. Certaines de ces notes indiquent que Nemtsov était entré en relation avec les parents de soldats russes tués dans le Donbass.

Immédiatement après l'assassinat, rappelle le titre, les enquêteurs ont perquisitionné l'appartement de Boris Nemtsov et son bureau à Iaroslavl (où il exerçait les fonctions d'élu régional), et emporté tous les documents écrits, supports numériques et ordinateurs.

"Boris avait recueilli des informations exclusives sur des points extrêmement sensibles, mais il les gardait pour lui, raconte le secrétaire de RPR-Parnas, Constantin Merzlikine. Nous ne serons pas en mesure de les publier. Mais tout le reste sera rendu public."
Prouver que le Kremlin mentait

Le 9 février, Boris Nemtsov avait confié à la Nezavissimaïa Gazeta qu'il travaillait à la rédaction d'un rapport qui devait prouver que le Kremlin mentait en affirmant que la Russie ne livrait pas d'armes et n'envoyait pas de soldats russes dans le Donbass. Son idée était de n'utiliser, pour ne pas être taxé de parti pris, que des sources russes, voire officielles, et des déclarations des représentants des rebelles du Donbass, excluant de se référer aux médias occidentaux et ukrainiens. Selon lui, en effet, en analysant attentivement cette "propagande", on pouvait trouver beaucoup de contradictions.

Le directeur du groupe d'expertise politique Constantin Kalatchev, cité par le titre, "ne ferait pas un lien direct entre l'assassinat de Boris Nemtsov et ce supposé rapport", à moins qu'il ne contienne effectivement des éléments relevant du sensationnel. Mais, estime-t-il, si un rapport “clair, précis et bénéficiant d'un grand tirage” voyait effectivement le jour, il aurait une importante résonance dans l'opinion.

En commentaire :
L'intervention de l'armée russe en Ukraine, de troupes spéciales et de miliciens tchétchènes et d'extrème droite, ainsi que la livraison d'armes modernes, ne fait effectivement guère de doute en restant sur les seuls rsgts venant de Russie ou du Donbass.
Cette situation donne une caractéristique importante d'agression impérialiste à la guerre en Ukraine.
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Message  Copas le Dim 22 Mar - 18:21

Romano a écrit:Pauvre Copas, qui ne comprend rien aux forces productives (au sens de Marx), ni à l'impérialisme au sens de Lénine ( puisqu'il considère la Russie comme un pays impérialiste alors que c'est un simple capitalisme maffieux qui ne cherche qu'à se protéger par rapport aux agressions de l'impérialisme US, lui un véritable impérialisme comme la France, la GB, l'Allemagne, le Japon.

Ermano dans les fourgons de l'impérialisme russe.
A l'écouter les yankees occuperaient la Russie et la Russie n'attaquerait pas l'Ukraine.

Encore une fois la question de l'analyse de l'impérialisme a été faite sur d'autres fils où Ermano, à chaque fois, s'est fait ridiculiser devant ses propos hors de toute réalité et référence pour finir par insulter tout le monde.

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Re: Russie

Message  Copas le Dim 22 Mar - 18:30

Romano a écrit:Quel Ermano?
Bien sûr que la Russie est tout sauf un pays impérialiste, pays qui cherche à de protéger des agressions impérialistes!


Ce sujet est abordé entre autres là :

Ces questions ont été abordées longuement là :

http://forummarxiste.forum-actif.net/t519-l-imperialisme-aujourd-hui?highlight=imp%C3%A9rialisme

Même si sur ce fil adapté tes arguments ont été pulvérisés et ridiculisés, ça ne t'autorise pas à polluer tous les fils.
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Re: Russie

Message  Copas le Dim 22 Mar - 19:21

Le site russe sputnik, qui est la voix du gouvernement russe, passe un article écrit par un français qui propose une sainte alliance impérialiste en méditerranée entre Russie et Europe, soutenant les régimes militaires Assad, Al-Sissi, cimentée autour de la lutte contre le fanatisme sunite.
Cette sainte alliance impérialiste s'accompagne par un partage des gros canons, pour mater le sunnisme (écrasante majorité des musulmans) et travailler les ententes économiques impérialiste en fonction.

Europe-Russie, indispensable entente en Méditerranée

Russes et Européens, nous avons le même ennemi, le fanatisme sunnite, menaçant dans l'ensemble de la Méditerranée, quelle que soit la rive considérée. Le plus grand péril, dans l'immédiat, est celui-là. Il faut déterminer en conséquence notre politique de défense et de sécurité et nos relations avec la Russie.

L'opposition déterminée du Kremlin à toute intervention armée de la « communauté internationale » en Syrie en 2013, afin de soutenir la rébellion au régime de Bachar el-Assad, a été l'élément précipitant l'émergence d'un nouveau paradigme international en gestation lente depuis 2003, caractérisé par une tension croissante entre la Russie d'une part, les Etats-Unis et leurs alliés les plus fidèles de l'autre.
Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150327/1015351313.html#ixzz3VZnDypWq

Cette démarche fait peser une nouvelle menace extrème, construite comme feu la politique de la canonnière il y a un siècle en Chine, par une convergence d'intérets impérialistes pour soutenir les régimes fantoches les plus violents, de Assad à Al-Sissi.
Plus loin et dit tout tranquillement cyniquement :

Les exportations d'armement évoquées supra sont l'un des principaux vecteurs permettant à la diplomatie russe de renforcer son influence en Méditerranée.
Parce qu'elle a très tôt dénoncé les conséquences des « Printemps arabes » — arrivée au pouvoir de l'Islamisme radical (Egypte, Tunisie), guerres civiles (Syrie), Etats faillis (Libye) — la Russie est considérée par les pays menacés de troubles similaires comme un allié précieux, en mesure de leur fournir les armements susceptibles de maintenir l'ordre en interne et de les protéger d'une éventuelle intervention occidentale.

Lumineux langage de l'impérialisme.



Dernière édition par Copas le Ven 27 Mar - 11:32, édité 1 fois
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Re: Russie

Message  Copas le Ven 27 Mar - 11:43

Russie: vague de licenciements en vue
Sur le site de la tendance claire (*)



(Le Monde) Chaque jour, la liste des suppressions de postes s'allonge. Jeudi 29 janvier, c'est la filiale russe de Carlsberg qui a annoncé la fermeture de deux usines. Avec un taux de chômage officiel légèrement supérieur à 5 %, l'emploi représentait jusqu'ici le dernier rempart contre le pessimisme

Pour certains, les lendemains de fête ont eu un goût amer, comme pour cette dizaine d'employés d'un salon de coiffure, une franchise de la chaîne française Camille Albane, installé dans un centre commercial luxueux de Moscou. De retour de congés, début janvier, ils ont trouvé porte close. Sans avertissement, et sans explication. Depuis, ces salariés abandonnés tentent de constituer un syndicat de franchisés dans l'espoir de faire reconnaître leurs droits. Pour l'agence Tass aussi, l'année a mal commencé. La plus vieille agence de presse de Russie, créée avant même la révolution de 1917, qui emploie aujourd'hui 1 700 personnes, devrait perdre 20 % à 25 % de ses effectifs. " On s'attend à une crise sérieuse et on se serre la ceinture ", a prévenu son directeur général, Sergueï Mikhaïlov, cité le 22 janvier dans le quotidien économique Vedomosti. Les licenciements, tant redoutés par les Russes, commencent à devenir une réalité.

Chaque jour, la liste s'allonge. Jeudi 29 janvier, c'est l'entreprise Baltika, numéro un de la bière en Russie et filiale du groupe danois Carlsberg, qui a annoncé la fermeture de deux de ses usines à Tchéliabinsk (Oural) et à Krasnoïarsk (Sibérie), représentant 560 suppressions d'emploi. Un peu auparavant, c'était au tour de la banque VTB24 d'avertir que, d'ici à la fin du premier trimestre, elle se séparerait de " 5 % à 7 % " de son personnel. " Nous optimisons de manière drastique nos dépenses d'exploitation et administratives ", déclarait son directeur général, Mikhaïl Zadornov. Le premier constructeur automobile du pays, Lada-Avtovaz, dans lequel le groupe français Renault détient une participation, a lui aussi prévenu, le 14 janvier, 1 100 cadres de leur prochain licenciement. La crise, accentuée par les sanctions internationales et la chute du prix du pétrole, produit ses effets.

Ce n'est pas encore un raz-de-marée, mais l'inquiétude augmente alors que les indicateurs de l'économie ont viré, les uns après les autres, au rouge dans les derniers mois de 2014. Le rouble a dégringolé, l'inflation continue de grimper, la consommation de régresser, et les entreprises, soumises à un taux directeur fixé à 17 % par la Banque centrale de Russie, ont du mal à rembourser leurs dettes et à assumer leurs dépenses, sans compter les sanctions internationales qui les privent, pour certaines d'entre elles, d'accès au marché des capitaux. En 2015, le pays devrait entrer en récession : la Banque mondiale prévoit une contraction de l'activité de 3,9 %.

Avec un taux de chômage officiel légèrement supérieur à 5 %, l'emploi représentait donc jusqu'ici quasiment le dernier rempart contre le pessimisme. " Tout le monde dit : le chômage nous attend et cela va être sérieux. Ce sont avant tout les experts, les fonctionnaires et les représentants des entreprises qui le disent, mais bien sûr, c'est une façon de préparer les gens à ce qui les attend ", soupire Petr Biziokov, sociologue au Centre des droits sociaux du travail à Moscou.

Parmi ces " experts " qui sonnent l'alarme, Alexeï Koudrine. En marge du forum de Davos où il se trouvait le 24 janvier, l'ex-ministre russe des finances a confié à l'agence Reuters son inquiétude : " Je prévoyais des temps difficiles, mais je ne m'attendais pas à ce qu'ils le soient autant, a-t-il déclaré. Les prix à la consommation ont fortement augmenté. Les vagues de licenciements ont commencé. Le secteur du BTP a mis à la porte 100 000 personnes. Nous constatons aussi des signes de crise dans l'industrie automobile… "

Indemnités de chômage très faibles

La situation " est sous contrôle, il n'y a pas de problème majeur ", a aussitôt corrigé le premier ministre russe, Dmitri Medvedev, alors même que son gouvernement débloquait 52 milliards de roubles (668 millions d'euros) pour soutenir le marché du travail. Ces fonds publics devraient être versés aux régions afin de " soutenir ceux qui, indépendamment de la crise, ont du mal à trouver un emploi, surtout les jeunes qui n'ont pas d'expérience d'emploi qualifié et les handicapés ", avait précisé M. Medvedev à l'issue d'une réunion consacrée à la situation sociale. La décision de l'agence américaine Standard & Poor's de dégrader la note de la Russie à " BB + ", un palier dont le pays avait eu du mal à se sortir en 2005, sept ans après la grande crise financière de 1998, est intervenue sur ces entrefaites, comme une alerte supplémentaire. Perdant un peu de son calme, lors d'une visite dans une usine agroalimentaire, le chef du gouvernement a fini par laisser éclater sa mauvaise humeur en réagissant à la rumeur persistante à Moscou selon laquelle la Russie pourrait être désormais exclue du système financier international Swift. " Notre réaction sera sans limite ! "

Pour le Kremlin, confronté à sa plus sérieuse crise depuis l'accession au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000, l'augmentation du chômage représente un péril bien plus important que n'importe quel autre fléau. La préoccupation est d'autant plus grande que certaines entreprises, confrontées à une baisse drastique de leur marché, suspendent leur activité parfois pendant des mois avant, le cas échéant, de prendre des décisions plus douloureuses encore. Et la situation devient dramatique lorsque, dans de nombreux cas, les salariés ne sont tout simplement pas payés pendant des semaines, voire des mois.

" En Russie, explique le sociologue Petr Biziokov, la situation est bien différente d'ailleurs.D'abord, l'indemnité de chômage est très faible, environ 5 000 roubles par mois - moins de 70 euros par mois - . Ensuite, les relations dans le travail sont quasi féodales, disons, préindustrielles. Les salariés sont complètement dépendants de leur employeur, qui fait ce qu'il veut – et encore, je ne parle même pas des émigrés dont la situation est bien pire. " " Pour moi, poursuit ce dernier, c'est une situation très dangereuse. Or, depuis quelques mois, on voit très nettement augmenter les grèves et les actions de protestation. "

Blocages des sites, piquets de grève et manifestations échappent de plus en plus aux organisations syndicales et éclatent " de façon spontanée ", souligne ce spécialiste, qui observe les mouvements sociaux depuis près d'une décennie. Dans ce domaine aussi, poursuit-il, l'année 2014 s'est achevée en nette hausse. " Nous avons enregistré 293 mouvements de protestation contre 272 en 2009. " Cette année-là, Vladimir Poutine avait dû lui-même se déplacer dans la région de Saint-Pétersbourg pour empêcher la fermeture de la cimenterie de Pokaliovo en forçant un oligarque, devant les caméras, à signer un plan de relance.

Isabelle Mandraud

(*)
Dommage que le site de la tendance claire apparemment ne produise pas grand chose d'indépendant sur le mouvement russe contre la guerre menée par le gouvernement en Ukraine, ou sur la tenue d'une réunion de coordination de l'extrème droite européenne à Saint-Pétersbourg sous l'égide du parti du vice-premier ministre de Russie....
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Re: Russie

Message  Copas le Ven 27 Mar - 12:03

Un dossier d'Amnesty sur les libertés en Russie :

Russie le gel des libertés
http://stories.amnesty.fr/Amnesty-Stories-03/index.html

En Russie, la liberté d'expression, le droit de manifester ou de s’associer sont malmenés depuis longtemps. Depuis le retour de Vladimir Poutine à la présidence en mai 2012, ces droits sont si violemment attaqués qu’ils risquent tout simplement de disparaître.

La priorité accordée à la stabilité économique, à la sécurité du pays et à la restauration du sentiment national permet au pouvoir de justifier des entorses à des droits fondamentaux présentés comme secondaires. La propagande que l’État orchestre via son strict contrôle des médias se charge de cultiver cette tendance.

Dans ce contexte extrême, rares sont les voix dissidentes qui tentent de faire entendre qu’une autre société est possible.
Un pouvoir de plus en plus répressif

Dès sa prise de fonction, Vladimir Poutine a donné le coup d'envoi d'une vague de répression d’une ampleur et d’une virulence inédites.
Son objectif : juguler la formation de toute opposition.
En décembre 2011 puis mai 2012, d’importantes contestations préélectorales avaient fait naître l’espoir d’une société civile mobilisée et fait peur au pouvoir.
Au retour de Vladimir Poutine au pouvoir, les « Printemps arabes » ont vu des régimes parmi les plus autoritaires vaciller suite à des soulèvements populaires. Il faut donc éviter un tel scénario pour la Russie. À tout prix.

La répression orchestrée par le Kremlin vise ainsi à juguler toute tentative ou tentation de contestation. En éliminant toutes les voix dissidentes, les autorités donnent au monde l’image d’un pays uni autour du pouvoir. Une façade qui présente des failles. L’élan qui a suivi l’assassinat de l’opposant Boris Nemstov début mars 2015 est peut-être ponctuel, mais atteste que la société civile est muselée, mais pas inexistante.

La suite .../...
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Re: Russie

Message  Copas le Mar 31 Mar - 9:52

Une analyse intéressante.


Poutine, la guerre en Ukraine et l’extrême droite
http://www.vientosur.info/spip.php?article9929

La Russie de Poutine est un Etat impérialiste dominé par une oligarchie capitaliste qui s’appuie sur l’appareil d’Etat. Sa puissance repose avant tout sur sa force militaire, raison pour laquelle elle développe une orientation belliqueuse à l’égard de ses voisins, à qui elle reproche d’avoir profité de l’effondrement de l’URSS pour échapper à sa tutelle centenaire. Porté par une idéologie ultranationaliste qui fait une large place au racisme, à l’antisémitisme, à l’homophobie, son néo-conservatisme autoritaire est devenu un véritable étendard pour l’extrême droite européenne.

En Europe de l’Est, la Fédération de Russie est soutenue par des secteurs significatifs de l’extrême droite comme ATAKA en Bulgarie, le Parti national en Slovaquie et Jobbik en Hongrie ; à l’Ouest, elle est appuyée par Aube dorée en Grèce, le BNP en Angleterre, le NPD en Allemagne, le Front National en France, le FPÖ en Autriche, la Ligue du Nord et Forza Nuova en Italie, le Vlaams Belang en Belgique, etc.[1] Le 22 mars dernier, au Holiday Inn de Saint-Pétersbourg, le parti russe « Patrie » a ainsi organisé un Forum conservateur international en présence d’une grande partie de ces mouvements, avec la participation de chefs militaires séparatistes d’Ukraine orientale liés à des secteurs fascisants. Ce réseau devrait permettre de renforcer la jonction entre nationalistes européens qui appuient la politique étrangère de la Fédération de Russie contre Bruxelles et Washington.

Quel impérialisme russe ?

Certains nostalgiques de l’URSS poststalinienne ferment les yeux sur cette réalité, oubliant aussi combien la dénonciation de l’impérialisme russe a toujours été au cœur de la pensée et de l’action de Lénine.
Ne prônait-il pas le défaitisme révolutionnaire de la Russie dès 1914 ? Le 12 décembre, Lénine écrivait ainsi :« les Grands-Russes ne peuvent ‘défendre la patrie’ autrement qu’en souhaitant la défaite du tsarisme dans toute guerre comme un moindre mal pour les neuf dixièmes de la population de la Grande-Russie, car non seulement le tsarisme opprime économiquement et politiquement ces neuf dixièmes de la population, mais il la démoralise, l’avilit, la déshonore, la prostitue, en l’accoutumant à opprimer d’autres peuples, en l’accoutumant à voiler sa honte sous des phrases hypocrites pseudo-patriotiques »[2].
Remplacez aujourd’hui tsarisme par régime oligarchique et le jugement de Lénine reste pleinement valable.

La Russie est une puissance impérialiste particulière, puisqu’elle a colonisé les peuples non russes de son empire, en même temps que la paysannerie russe et non russe, dont la répression brutale et l’asservissement généralisé, dès le milieu du 17e siècle, ressemblaient à ceux perpétrés par les puissances européennes dans leurs plantations d’Outre-Mer.
Avec l’émergence du capital impérialiste, dans le dernier tiers du 19e siècle, elle s’est efforcée de compenser la faiblesse relative de ses monopoles économiques et financiers par le contrôle militaire exclusif d’un immense territoire et, comme le relevait Lénine en 1916, par « certaines facilités de spoliation des allogènes »[3]. Ainsi pouvait-elle tenter de jouer dans la cour des grands, comme alliée subalterne de la France et de l’Angleterre. C’est pourquoi, lorsque certains marxistes se réfèrent à Lénine pour mettre en doute la nature impérialiste de la Russie d’aujourd’hui, invoquant la faiblesse relative de son capital financier, ils montrent qu’ils n’ont pas bien compris sa caractérisation de l’impérialisme russe d’avant 1917.


Le chauvinisme Grand-Russe en Russie soviétique


Si le monopole du capital financier a été brisé par la révolution d’Octobre en Union soviétique, le chauvinisme grand-russe et les privilèges qui y étaient attachés n’ont pas été éliminés pour autant. C’est pourquoi, dans ses derniers écrits, Lénine proposera des mesures de discrimination positives à l’égard des nations opprimées, et donnera une importance cardinale à la lutte contre le social-nationalisme, n’hésitant pas à traiter Staline, dans son rapport avec les communistes géorgiens, de « brutal argousin grand-russe »[4]. Après sa mort, ce combat sera perdu et « le socialisme dans un seul pays » marquera le triomphe du chauvinisme grand-russe sur les droits des nationalités. Ceci explique en large partie comment la violence « atmosphérique » (pour reprendre le mot de Fanon) de l’ordre stalinien des années 1930-1950 peut être comparée à celle du monde colonial : expropriations massives, camps de travail, déportations et exterminations, russification forcée, etc.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’URSS règne à nouveau sur un empire étendu et revendique des zones d’influence en Chine, en Iran (Azerbaïdjan) et en Turquie[5].
Au-delà, en juillet 1945, Staline préconise même l’établissement d’un protectorat soviétique sur la Tripolitaine. Face à la prise de position britannique en faveur de l’indépendance de la Lybie (avril 1946), la diplomatie soviétique tentera de se rabattre sur un protectorat des quatre grands. Enfin, à l’approche d’une percée possible du Parti communiste italien aux élections de juin 1946, elle jouera sans plus de succès la carte du protectorat italien[6].
Voilà une tentative aussi mal connue que peu glorieuse de Moscou visant à ressusciter à son profit le système des mandats de la SDN d’après la Première Guerre mondiale. Toutefois, cette heure de gloire de l’Empire russe durera moins d’un demi-siècle et sera suivie d’un effondrement sans précédent, après 1991, avec la perte de 14 républiques non russes (5,3 millions de km2).


Réunification de la Grande Russie ?


Aujourd’hui, la Fédération de Russie comprend encore 21 républiques non russes sur près de 30% de son territoire. Et désormais, le capital financier reconstitué, dont la fragilité relative est une nouvelle fois compensée par le soutien d’un puissant appareil d’Etat, redevient le premier bénéficiaire de l’exploitation des richesses naturelles de Sibérie et d’Extrême-Orient, organisée derechef sur un mode colonial : drainage des ressources par le centre et restitution d’une infime partie de celles-ci aux régions concernées en vue de leur développement propre. En même temps, il encourage Moscou à une politique expansionniste envers les Etats voisins, que les ultra-nationalistes présentent comme un effort de « réunification de la Grand Russie ».
Pour Alexandre Douguine, l’un de leurs principaux idéologues actuels, adepte de la « Guerre des continents », l’intégrité de ses anciens dominions ne peut être garantie que s’ils acceptent de ne pas quitter l’orbite russe :« Tout Etat de l’espace postsoviétique, s’il décide de s’opposer violemment à la Russie, ne pourra exister, proclame-t-il, que sous forme tronquée » (cité par Libération, 27 avril 2014).

Même son de cloche de la part d’Igor Strelkow, milicien russe engagé successivement aux côtés des séparatistes de Transnistrie, des Serbes de Bosnie, et des pro-Russes des deux guerres de Tchétchénie, avant de diriger des unités à l’Est de l’Ukraine. Il y deviendra ministre de la Défense de la république populaire auto-proclamée du Donetsk jusqu’à la mi-août 2014, date à laquelle il sera écarté du pouvoir par le Kremlin dans des circonstances peu claires. « J’étais d’avis, confie-t-il au Spiegel, que Moscou devait annexer rapidement le Donbass, comme la Crimée après le référendum (…) Kiev est une ville russe. Je veux une nouvelle domination russe, qui se justifie historiquement. L’Ukraine a été et reste une partie de la Russie. Mon rêve est que la Russie retrouve ses frontières naturelles, soit au minimum celles de 1939 »[7] [avant ou après le pacte Hitler-Staline? NdT].

Avec l’essor de l’ultranationalisme grand-russe, les idéologies racistes et antisémites ont trouvé à nouveau un terreau favorable, dans la tradition des Cent-Noirs, formés au début du siècle dernier, en réaction à la révolution de 1905. Les campagnes islamophobes contre les peuples du Caucase et d’Asie centrale occupent bien sûr la première place : en novembre 2013, le maire de Moscou Sergueï Sobianine (droite nationaliste) annonçait ainsi que la ville ne construirait plus aucune nouvelle mosquée pour les quelque 1,5-2 millions de musulmans de la capitale. A cela, il faut ajouter la propagande contre l’immigration de couleur, en particulier africaine, dont les représentants ont fait récemment l’objet d’un nombre record d’agressions. Les Juifs sont aussi à nouveau dans le collimateur de groupes antisémites qui agissent de plus en plus à visage découvert sur les réseaux sociaux et dans la rue.

Quand le diable sort de sa boîte


Depuis le début de l’intervention militaire de Moscou aux côtés des séparatistes ukrainiens, l’appel à l’union sacrée justifie une aggravation de la répression politique.
D’après Olga Miryasova, sociologue et militante libertaire moscovite, le nombre d’activistes emprisonnés est passé de 1500 en 2013, à 2500 en 2014.
Une loi contre « l’incitation à la haine sociale » permet d’ailleurs de poursuivre quiconque critique l’action de la police. L'harcèlement judiciaire est particulièrement féroce en Crimée, où toute protestation contre l’annexion russe est systématiquement réprimée. C’est le cas notamment du syndicaliste étudiant écologiste et antifasciste Alexandre Koltchenko, arrêté à Simferopol le 17 mai dernier, et transféré à Moscou, en dépit de sa nationalité ukrainienne, avec plusieurs autres activistes, accusés de façon mensongère d’appartenir à un réseau terroriste d’extrême-droite (!?). (Voir appel unitaire pour sa libération http://www.ldh-france.org/liberte-alexandr-koltchenko-antifasciste-crimee-kidnappe-emprisonne-letat-russe-2/ - NdT)

C’est dans ce contexte, que Boris Nemtsov a été assassiné à proximité du Kremlin, le 27 février dernier. Jeune physicien libéral de Nijni Novgorod, élu au soviet suprême en 1990, il est nommé gouverneur de sa région, puis conseiller de Boris Eltsine en 1996 pour son 2e mandat, aux côtés de Vladimir Poutine, qui accédera à la présidence en 1999. Depuis lors, le destin des deux jeunes réformateurs néolibéraux divergent : s’ils ont soutenu l’un comme l’autre des thérapies de choc aux conséquences sociales dramatiques, le premier, écarté du pouvoir, a critiqué la corruption du second dans une série de publications aux titres sans équivoque : Poutine et Gazprom, Poutine et la crise financière, Poutine et la corruption, etc. En 2009, alors qu’il briguait la mairie de Sotchi pour dénoncer « les affaires » entourant la préparation des Jeux Olympiques, il avait déjà été agressé physiquement.

Nemtsov était particulièrement haï par les milieux ultranationalistes en raison de ses origines juives et de ses critiques aux guerres menées contre les peuples non russes au sein et en dehors de la Fédération. Récemment, il annonçait la publication d’un ultime rapport sur l’implication de Moscou en Ukraine après avoir posté sur Facebook, le 2 mars 2014, un article incendiaire que la presse avait refusé de publier :

« Poutine a déclaré une guerre à nos frères d’Ukraine, avertissait-il. Cette folie sanguinaire d’un enragé du KGB va coûter cher autant à l’Ukraine qu’à la Russie : une fois de plus, la mort de jeunes hommes des deux côtés, des mères et des veuves plongées dans le désespoir, des enfants rendus orphelins. Une Crimée désertée que les touristes ne visiteront jamais. Des milliards, des dizaines de milliards de roubles jetés au feu, dont les personnes âgées et les enfants se verront privés par la guerre, et après cela, encore plus d’argent pour soutenir un régime de voleurs en Crimée. Le vampire a besoin d’une guerre. Il a besoin du sang du peuple. (…) »[8].

De quel côté sommes-nous ?

Poutine a certes gagné une bataille en Ukraine, mais sans doute pas la guerre. Ceci au prix du renforcement des secteurs nationalistes les plus réactionnaires du pays. En décembre dernier, dans le grand stade de Grozny, devant des milliers d’hommes en armes, Razman Kadyrov, chef de la république Tchétchène de la Fédération de Russie, a ainsi présenté ses hommes comme les bataillons spéciaux du Président : « Nous savons que le pays a une armée, une marine, une aviation et des ogives nucléaires, a-t-il affirmé, mais nous savons aussi qu’il y a des missions qui ne peuvent être exécutées que par des volontaires ». A la mi-février, The Night Wolves, équivalent russe des Hells Angels, proches de l’Eglise orthodoxe et de Poutine, tenaient un grand rassemblement à Moscou sous le slogan « Il n’y aura pas de Maidan en Russie »[9].

Ainsi, ceux, au sein de la gauche occidentale, qui prennent pour de l’argent comptant la prétention de la Russie de Poutine de soutenir la lutte des peuples russophones d’Ukraine orientale contre la « junte fasciste de Kiev » (en réalité, un gouvernement nationaliste conservateur), couvrent en réalité l’offensive en cours de l’impérialisme russe sur ses marges occidentales.
Ceci est d’autant plus grave qu’ils le font souvent en épousant la phraséologie belliqueuse et raciste de Moscou. Que penser en effet de ce morceau de bravoure de Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti de gauche en France, lorsqu’il présente l’armée russe comme « le peuple en armes (sic!) que n’intimideront pas les bandes de pauvres diables chicanos (resic!) de l’armée des USA », et lorsqu’il recommande à Vladimir Poutine de faire preuve de « sang-froid » en jouant « l’écroulement de l’économie ukrainienne, la désagrégation de ce pays qui a tant de peine à en être un »[10] ?

Quel merveilleuse expression de la solidarité de la « grande nation française » avec la « grande nation russe » contre la « petite nation ukrainienne », teintée de mépris envers les Mexicains des Etats-Unis, opprimés par un autre impérialisme, au prétexte qu’ils lui serviraient de piètre chair à canon. Ne serait-il pas grand temps que la gauche internationale rompe définitivement avec une telle lecture géopolitique et chauvine du monde, souvent teintée de racisme, qui magnifie toute forme d’opposition aux intérêts de l’impérialisme états-unien, de quelque tyran qu’elle vienne ? N’est-ce pas aux luttes et aux aspirations des classes exploitées et des peuples opprimés du monde pour leur propre émancipation, à l’Est comme à l’Ouest, au Sud comme au Nord, que nous devons apporter notre soutien sans conditions ?

Jean Batou, le 25 mars 2015. Publié sur le site de Viento Sur.

Jean Batou est professeur d’histoire internationale contemporaine à l’Université de Lausanne et auteur de plusieurs livres et articles sur l’histoire de la mondialisation et des mouvements sociaux.

[1] Political Capital Institute, « The Russian Connection. The Spread of Pro-Russian Policies on the European Far Right », 14 mars 2014. www.riskandforecast.com/useruploads/files/pc_flash_report_russian_connec...

[2] Lénine, « De la fierté nationale des Grands-Russes », in :Œuvres, vol. 21, p. 101.

[3] Lénine, « L’impérialisme et la scission du socialisme », in :Œuvres, vol. 23, p. 127.

[4] Lénine, « La question des nationalités ou de ‘l’autonomie’ (Suite) », in : Œuvres, vol. 36, p. 621.

[5] Sur la trajectoire de cet impérialisme, voir Zbigniew Kowalewski, « Impérialisme russe »,http://blogs.mediapart.fr/blog/stefan-bekier/171214/imperialisme-russe.

[6] Vu l’impossibilité de trouver un terrain d’entente entre les puissances victorieuses, ce sera finalement l’indépendance du royaume de Lybie qui triomphera en décembre 1951 (Ronald B. St John, « The Soviet Penetration of Lybia », The World Today, 38 (4), avril 1982, pp. 131-38).

[7] Spiegel Online Politik, 19 mars 2015 (www.spiegel.de/politik/ausland/)

[8] Cité par Keith Gessen, « Remembering Boris Nemtsov »,London Review of Books, 37 (6), 19 mars 2015.

[9] Ibid.

[10] Jean-Luc Mélenchon, « Poutine a-t-il tué le cacique eltsinien Boris Nemtsov ? », 4 mars 2015 (http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/03/04/avant-lorage/#article1).
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Re: Russie

Message  Copas le Ven 29 Mai - 20:00

Russie : les pertes militaires en temps de paix désormais secret d‘État

Vladimir Poutine élargit la liste des secrets d’Etat de son pays. Le président russe a signé ce jeudi un décret classant secret d‘État les pertes de l’armée lors d’“opérations spéciales” en temps de paix, alors que le Kremlin continue de démentir toute ingérence militaire en Ukraine. Les pertes militaires en temps de guerre sont déjà gardées secrètes en Russie.
Si les informations sont transmises à un pays étranger, la divulgation de secrets d‘État est punie en Russie d’une peine pouvant aller jusqu‘à quatre ans de prison. Le décret est signé alors que les mouvements de troupes semblent s‘être multipliés à la frontière russo-ukrainienne.
La presse russe et internationale, ainsi que les militants opposés au Kremlin, ont fait état à plusieurs reprises d’enterrements secrets en Russie de militaires russes qui seraient morts en Ukraine.

Morts en train de lutter contre la junte nazie génocidaire de Kiev et ils n'en sont pas fiers ? Caramba !
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Re: Russie

Message  Copas le Ven 29 Mai - 22:17

L'abandon des soldats russes morts, prisonniers et/ou blessés lors de l'attaque de l'impérialisme russe en Ukraine
Le régime russe ne les reconnait pas comme soldats russes et empêche ces soldats russes prisonniers en Ukraine de téléphoner à leurs mères et épouses en Russie.

Tu as demandé pourquoi on t’avait démissionné de l’armée ?
A quoi bon ? J’ai surtout posé des questions sur ma famille, sur ce qui m’attendait et sur l’endroit où je travaillais avant, tu comprends ce que je veux dire par là …
Un présentateur a dit à la télé qu’ici on te torturait et que tout ce que tu racontes devant les caméras, dont la mienne, t’est extorqué sous la menace.
Je ne veux pas commenter, puisque je n’ai pas vu cette émission. C’est vrai que sous la torture on peut dire n’importe quoi. Mais qu’est-ce que j’aurais dit sous la torture ? J’ai dit quelque chose d’illégal ? J’ai livré des secrets d’état ?
Est-ce qu’au moins tu sais maintenant quel est ton statut ?
Avec mon avocat, on compte faire requalifier l’accusation de terrorisme en accusation d’espionnage. Pas d’autres commentaires.

.../...

Avez-vous des contacts ici avec les militaires ukrainiens ?

Non, il paraît que c'est pour notre sécurité, car ils reviennent du front et auraient sans doute des explications à nous demander. Rien qu'à les voir, on se rend compte qu'ils sont accueillis en héros, que leur patrie ne les abandonne pas, même ceux qui ont été faits prisonniers. Ici, on s'inquiète pour eux, on fait tout pour qu'ils reviennent. Alors que chez nous, c'est quand même bizarre : on entend parler de patriotisme depuis l'enfance ... Bien sûr, je suis toujours patriote, j'aime mon pays. Mais la Patrie, ce n'est pas un régime politique ou un leader, c'est l'ensemble de tes proches, de tes amis, c'est tous les endroits que tu aimes. L'état ne se comporte pas bien, s'il te renie et surtout si tes parents et ceux qui te sont chers se retrouvent impliqués. C'est pas très humain, tout ça ..
.

Tu penses à l'interview avec ta femme ?

Oui, ça m'a atteint jusqu'au fond de l'âme. Alors qu'elle n'y est pour rien dans tout ça ...Les gens comprennent la situation et espèrent qu'elle sera vite réglée ...

Il faudrait que nos gars, les Russes comme les Ukrainiens, ne partent plus à la guerre. Nous sommes tous les frères, les amis, les parents, les enfants de quelqu'un ...
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