[MPEP] Front de gauche populaire

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Message  nico37 le Ven 5 Oct - 21:43

LE 8 OCTOBRE À PARIS : ASSELINEAU, BECHTEL, DUPONT-AIGNAN, LE HYARIC, MYARD, NIKONOFF

Conférence-débat organisée par le Forum démocratique, information diffusée notamment par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

Le 5 octobre 2012.

Le 8 octobre à Paris, conférence-débat :

« LE NOUVEAU TRAITÉ EUROPÉEN TSCG, LA CRISE DE L’EURO, LA DÉMOCRATIE ».

Avec :
Jacques Nikonoff (M’PEP)
Jacques Myard (UMP)
Patrick Le Hyaric (Front de gauche)
Nicolas Dupont-Aignan (DLR)
Marie-Françoise Bechtel (MRC)
François Asselineau (UPR)

Pour connaître le lieu, l’horaire, et accéder au bulletin d’inscription, cliquez ci-dessous :
http://www.m-pep.org/spip.php?article3097

Pour accéder à la liste des 1 000 premiers signataires et signer l’Appel aux parlementaires pour qu’ils votent « non » au TSCG, cliquez ici :
http://www.m-pep.org/spip.php?article3095

nico37

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Message  chejuanito le Sam 6 Oct - 0:19

Je savais déjà depuis un moment que le M'PEP et Nikonov s'acoquinait avec la droite souverainiste la plus nauséabonde (et ont notamment pas mal bossé avec Asselineau,à ce sujet j'ai cru comprendre que l'UPR et DLR avaient "rencontré" des militants NPA le 30 à la manif?), mais voir le PCF embringué dans ce délire, ça fait vraiment très peur! Surtout que le hyaric est tout sauf un simple militant au PcF!
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Re: [MPEP] Front de gauche populaire

Message  nico37 le Sam 6 Oct - 0:48

chejuanito a écrit:Je savais déjà depuis un moment que le M'PEP et Nikonov s'acoquinait avec la droite souverainiste la plus nauséabonde (et ont notamment pas mal bossé avec Asselineau,à ce sujet j'ai cru comprendre que l'UPR et DLR avaient "rencontré" des militants NPA le 30 à la manif?), mais voir le PCF embringué dans ce délire, ça fait vraiment très peur! Surtout que le hyaric est tout sauf un simple militant au PcF!
ça donne la nature de classe du PCF et du FdG, d'ailleurs quelle signification de faire apparaître FdG plutôt que PCF Question Y a l'accord des autres composantes du FdG ou ce n'est pour pas mouiller le PCF Question
En 2005, il y avait contre le TCE, un vote de droite et de gauche, là c'est souverainisme contre internationalisme...
Et d'ailleurs où (en) est le POI Question

nico37

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Message  Duzgun le Dim 7 Oct - 22:16

nico37 a écrit:Et d'ailleurs où (en) est le POI Question
Le POI faisait cortège commun avec le M'PEP et le PRCF à la manif du 30. Les slogans étaient plutôt souverainistes pour ce que j'ai entendu...
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Re: [MPEP] Front de gauche populaire

Message  corwyn le Dim 7 Oct - 22:36

Athènes, Madrid, Lisbonne, Paris...dehors l'Union Européenne!
A bas le traité de la troïka!

oh! merde j'ai du me tromper de cortège...je suis tombé chez des souverainistes... Razz Razz Razz affraid

Quant au "cortège commun"...je préfère être allé là où j'étais qu'entre les bureaucrates que vous ne cessez de vilipender, à faire du zim boum tralala au lieu de manifester...mais je suppose que les grands révolutionnaires du forum n'étaient pas là...ou au mieux sur les trottoirs...
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Re: [MPEP] Front de gauche populaire

Message  Duzgun le Dim 7 Oct - 23:00

corwyn a écrit:Quant au "cortège commun"...je préfère être allé là où j'étais qu'entre les bureaucrates que vous ne cessez de vilipender, à faire du zim boum tralala au lieu de manifester...mais je suppose que les grands révolutionnaires du forum n'étaient pas là...ou au mieux sur les trottoirs...
Perso j'étais dans le cortège NPA et y avait pas de bureaucrates ni de souverainistes à ma connaissance.
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Re: [MPEP] Front de gauche populaire

Message  Roseau le Dim 7 Oct - 23:08

Duzgun a écrit:
nico37 a écrit:Et d'ailleurs où (en) est le POI Question
Le POI faisait cortège commun avec le M'PEP et le PRCF à la manif du 30. Les slogans étaient plutôt souverainistes pour ce que j'ai entendu...

Ces vieux politiciens souverainistes sont en très bonne compagnie avec le secrétaire national du POI:

Schivardi dans France-Soir le jeudi 24 avril 2008:

Comme le général de Gaulle, je suis pour une vraie Europe des nations...
On pourrait par exemple arrêter de dire que le vin c’est de l’alcool et préserver notre terroir, nos vignobles, nos champs...
Avec certains de ses membres, mais aussi des élus sans étiquette, des radicaux de gauche, des communistes, des élus du Mouvement des citoyens et même des gens de droite, nous sommes en train de mettre en place un nouveau parti ouvrier indépendant, dont le congrès fondateur se tiendra les 14 et 15 juin à Paris. Ce sera un parti des Français pour les Français, dans une Europe des pays libres.
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Message  Vals le Dim 7 Oct - 23:48

Schivardi dans France-Soir le jeudi 24 avril 2008:


Comme le général de Gaulle, je suis pour une vraie Europe des nations...
On pourrait par exemple arrêter de dire que le vin c’est de l’alcool et préserver notre terroir, nos vignobles, nos champs...
Avec certains de ses membres, mais aussi des élus sans étiquette, des radicaux de gauche, des communistes, des élus du Mouvement des citoyens et même des gens de droite, nous sommes en train de mettre en place un nouveau parti ouvrier indépendant, dont le congrès fondateur se tiendra les 14 et 15 juin à Paris. Ce sera un parti des Français pour les Français, dans une Europe des pays libres.
.

Qu'est-ce qu'il y a de souverainiste là-dedans ?
Un parti des Français pour les Français, qu'ils viennent de gauche ou de droite, c'est simplement un parti nationaliste....!
qui veut préserver notre terroir, nos vignobles (surtout), nos champs,....
mais aussi j'espère nos fils et nos compagnes.....
Allez, bois un coup, p'tit gars, c'est du bon, c'est français...!!! drunken
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Message  dug et klin le Lun 8 Oct - 8:51

Vals a écrit:


Qu'est-ce qu'il y a de souverainiste là-dedans ?
Un parti des Français pour les Français, qu'ils viennent de gauche ou de droite, c'est simplement un parti nationaliste....!
qui veut préserver notre terroir, nos vignobles (surtout), nos champs,....
mais aussi j'espère nos fils et nos compagnes.....
Allez, bois un coup, p'tit gars, c'est du bon, c'est français...!!! drunken


Qui croire?:N.Cantelou et Vals king king qui laissent entendre clairement que Schivardi geek est un poivrot,ou lui meme qui dit qu'il ne boit pas,ni vin ni alcol.Allez Gérard clown ,remet nous une tournée de jus de fruits. lol!
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Re: [MPEP] Front de gauche populaire

Message  Vals le Lun 8 Oct - 11:14

Je ne laisse pas entendre que Schivardi serait alcoolique...(beaucoup de défenseurs du vin FRANCAIS ne boivent pas eux-même d'alcool, comme d'ailleurs de nombreux marchands de tabac ne fument pas).

Je dis seulement que sa déclaration relative au POI, c'est du nationalisme "pur jus" ....
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Message  gérard menvussa le Lun 8 Oct - 13:42

D'autant qu'on s'en fout totalement, de ce que consomme ou pas Schivardi ! Aprés, la différence entre "nationaliste" et "souverainiste", en France les deux sont synonymes...
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Re: [MPEP] Front de gauche populaire

Message  vilenne le Lun 8 Oct - 14:08

S'ils en sont au national, ca veut dire qu'ils ont dépassé le chauvinisme des ptites orgas franchouillarde ? Parce que j'en connais qui parle d'internationalisme mais sont incapables de dépasser le cadre d'un ethnocentrisme très ptit.

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Re: [MPEP] Front de gauche populaire

Message  Vals le Lun 8 Oct - 15:35

gérard menvussa a écrit:D'autant qu'on s'en fout totalement, de ce que consomme ou pas Schivardi ! Aprés, la différence entre "nationaliste" et "souverainiste", en France les deux sont synonymes...

Faux..! Si d'ailleurs l'expression "souverainisme" tend à s'imposer, c'est qu'elle est un cache-sexe (ou un faux-nez) confortable pour le "nationalisme" souvent connoté de façon péjorative (à cause de l'"histoire", du FN.....
Ca permet d'ailleurs à certains courants dits "de gauche" d'aller patauger allègrement dans les mêmes ornières boueuses que les "nationalistes", en se planquant dans des postures anti-mondialisation, ou anti-Europe......
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Message  nico37 le Mer 16 Jan - 1:04

Le M’PEP devient le… M’PEP !

Le M’PEP a tenu un congrès extraordinaire les 12 et 13 janvier 2013. Il a, notamment, décidé de changer de nom. Ainsi le M’PEP devient le… M’PEP !

Il passe de « Mouvement politique d’éducation populaire » à « Mouvement politique d’émancipation populaire ».

Changer de nom pour clarifier les choses
Le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP) est un mouvement politique qui fait de l’éducation populaire pour politiser la population afin d’aller vers un socialisme du XXIème siècle. D’où le choix du nom qui a été fait à sa création, après de riches débats. Ainsi le M’PEP n’est pas une association d’éducation populaire au sens où on l’entend couramment. Notre nom - Mouvement politique d’éducation populaire - est une source de confusion, voire d’incompréhension.

Certains, de bonne foi, viennent vers nous en espérant trouver une association d’éducation populaire ayant des idées neuves mais ne comprennent pas que nous intervenions dans le champ politique et encore moins électoral.

D’autres aimeraient bien nous cantonner dans ce rôle de « boîte à idées » sympathique, mais sans action politique. Conformément à nos statuts, nous refusons cette limitation à notre action. Nous sommes un mouvement politique et nous l’avons affirmé en étant aux côtés du Front de gauche en 2009, 2010 et 2011, en présentant des candidats aux élections législatives de 2012.

Changer de nom sans changer de sigle
Notre sigle et notre logo commencent à être connus dans le milieu militant dans lequel nous avons évolué jusqu’alors. En proposant de changer de nom, nous ne proposons de changer ni les buts, ni les objectifs, ni les moyens pour y arriver. C’est pourquoi nous proposons de garder notre sigle M’PEP.

Mouvement politique d’émancipation populaire.
Un de nos objectifs est de bâtir un socialisme du XXIème siècle. Or il ne pourra y avoir de société socialiste que s’il y a émancipation populaire.

Travaillons donc à ce que cette émancipation survienne par l’action politique en utilisant les outils de l’éducation populaire. En outre, l’éducation populaire n’est qu’un moyen, sa finalité est l’émancipation populaire. En devenant le Mouvement politique d’émancipation populaire, nous insistons sur les fins et pas simplement sur les moyens. Et nous continuerons à faire de l’éducation populaire.

Quelques éléments théoriques
Émancipation, au sens traditionnel, signifie levée d’une mainmise, d’une tutelle, le fait de s’affranchir d’une autorité.

« Dans cette acception, émanciper des individus change leur rapport à l’ordre des choses existant mais non pas cet ordre lui-même, qui subsiste après comme avant dans sa capacité de mainmise sur les hommes/femmes : leur propre affranchissement n’est pas une libération pour tous. Le concept d’émancipation qui naît de la réflexion marxienne est plus profond. Il renvoie à la réappropriation par les hommes de leurs puissances sociales devenues des forces hostiles qui les dominent (marché, finance, capital, travail, propriété privée). La vraie émancipation n’est pas la conquête toujours fragmentaire et fragile d’une autonomie dans une société aliénée mais la désaliénation, qui lève la mise en tutelle de l’être humain » (Lucien Sève, Aliénation et émancipation, La Dispute, 2012).

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Re: [MPEP] Front de gauche populaire

Message  Jean Jean le Mar 11 Juin - 14:21

LA GAUCHE DE GAUCHE VA-T-ELLE ENFIN SORTIR DU CONFORMISME ?

Par Bernard Cassen, secrétaire général de Mémoire des luttes, président d’honneur d’Attac, texte diffusé par Mémoire des luttes et repris par le M’PEP avec l’autorisation de l’auteur.

Pour accéder au site de Mémoire des luttes, cliquez ici : http://www.medelu.org/

Le 6 juin 2013.


En Europe, les forces politiques et sociales qui se veulent à la gauche de la social-démocratie – disons par commodité la gauche de gauche – se croient « radicales ». Ce qui, au pied de la lettre, signifie qu’elles sont censées s’attaquer aux causes profondes des ravages du néolibéralisme en général, et de l’eurolibéralisme en particulier. Pourtant, elles font depuis longtemps preuve d’un étonnant conformisme sur trois des questions essentielles que pose aujourd’hui la crise européenne : la responsabilité de l’euro dans la récession actuelle, la pertinence de politiques nationales de rupture avec le néolibéralisme et l’urgence de mesures de protectionnisme écologique et social. Voyons dans quel contexte elle évolue.

Pour la sphère financière, les grandes entreprises et leurs fondés de pouvoir dans les partis politiques et les gouvernements – pas seulement ceux étiquetés « de droite » –, tout va pour le mieux : les traités et pactes européens successifs ont instauré l’hégémonie du capital et du marché ; ils ont fait du libre-échange une arme de choc au service du dumping social, écologique et fiscal ; le dogme de la concurrence est devenu une machine à paupériser ou privatiser les services publics ; sous prétexte de résorber la dette, de promouvoir la « compétitivité » et de « sauver » l’euro, des « réformes structurelles » et des plans d’austérité ont été imposés, avec comme objectif véritable le démantèlement des acquis sociaux de plusieurs décennies, en particulier en matière de droit du travail.

Pour empêcher toute remise en cause de la « divine surprise » qu’a été la concrétisation en Europe d’une telle utopie néolibérale – dont ses promoteurs n’auraient même pas osé rêver au siècle dernier –, une police spécialisée a été créée : la « troïka ». Composée de la Commission, du FMI et de la Banque centrale européenne (BCE), elle a les pleins pouvoirs pour exiger l’application de ce programme par les gouvernements qui ont recours à son « aide ».

Est-ce que la social-démocratie européenne a quelque chose à dire sur cette entreprise de régression démocratique et sociale sans précédent ? La réponse est « non » : elle s’est totalement inscrite dans sa logique et elle en accepte les implications. Ses propres intellectuels ne s’en cachent d’ailleurs pas. Il faut lire à cet égard – une fois n’est pas coutume – l’article du Monde intitulé « Quel projet pour la social-démocratie ? » publié dans le numéro du 23 mai 2013. Son auteur, Jean-Pierre Stroobants, du bureau européen du quotidien, cite, entre autres, l’historien René Cuperus qui collabore à la fondation Wiardi Beckman, groupe de réflexion du Parti social-démocrate néerlandais (PVDA).

Pour cet auteur, l’adhésion à l’Europe est devenue une « idéologie de substitution ». L’Europe « affirme qu’elle est un bouclier contre la mondialisation, mais, en définitive, elle en est une courroie de transmission ». Et d’ajouter : « Le tout-à-l’Europe serait une bonne chose, mais, en pratique, les sociaux-démocrates soutiennent ainsi un projet néolibéral qui heurte la démocratie et ne rencontre pas d’écho à la base. Une situation totalement schizophrène ». Ce constat vaut pour tous les partis social-démocrates européens, présents ou non dans des gouvernements. Un lecteur français y verra sans peine une évocation de la politique de François Hollande et de ses humiliantes génuflexions – ponctuées de coups de menton qui ne trompent personne – devant Angela Merkel, la Commission et la Banque centrale européenne. Tout cela avec les encouragements militants des éditorialistes du Monde…

Si la cause est entendue pour la social-démocratie, que dire alors de la gauche de gauche ? On ne pourra pas lui reprocher d’être muette sur l’état des lieux de l’eurolibéralisme. On ne compte plus, en effet, les livres, manifestes, motions de congrès, prises de position, pétitions, blogs décortiquant et dénonçant les mesures d’austérité et les politiques européennes en général. Le bilan critique est fait et fort bien fait. Le problème est qu’il ne débouche pas sur des propositions attaquant le mal à sa racine, et cela à la fois par confusion intellectuelle et par crainte panique de « faire le jeu » de l’extrême-droite. De manière inespérée pour elle, cette dernière se trouve ainsi désignée par ses propres adversaires comme pôle de référence du débat politique.

Certaines composantes de la gauche de gauche ont ainsi paresseusement assimilé le libre-échange à de l’internationalisme ; le refus du carcan de l’euro au rejet du projet d’unité de l’Europe ; et des mesures de rupture nationales avec du nationalisme ou du « souverainisme », terme qui, comme celui de « populisme », n’est jamais défini par ceux qui l’utilisent à tort ou à travers.

Certes des économistes comme Frédéric Lordon [1] ou Jacques Sapir [2], dotés d’une forte légitimité universitaire et non engagés dans un parti, ont pulvérisé ces poncifs, appelé un chat un chat et remis en cause, par exemple, l’aggravateur de crise qu’est l’euro. Ce qui leur ferme évidemment la porte des plateaux de télévision où ne sont généralement conviés que les néolibéraux de toute obédience, et plus particulièrement des « économistes à gages » du type Elie Cohen ou Jean-Hervé Lorenzi [3]. Certains des collègues de Lordon et Sapir, investis, eux, dans une formation politique de la gauche de gauche, et quoi qu’ils en pensent par ailleurs, sont bridés par les stratégies globales de leurs directions qui craignent comme la peste qu’on les accuse d’être composées d’« anti-européens » et qu’on les mette dans le même sac que le Front national à l’extrême droite ou, à l’autre extrémité de l’arc politique, avec le M’PEP, pointé du doigt pour cause de « souverainisme » [4].

On commence cependant à entendre des voix hétérodoxes et, cette fois, institutionnelles qui permettent d’ouvrir un débat longtemps mis sous le tapis. Ainsi, au vu de l’expérience, Oskar Lafontaine, ancien président du SPD et l’un des fondateurs de Die Linke, se prononce pour l’abandon de la monnaie unique en faveur d’un retour au Système monétaire européen (SME) permettant dévaluations et réévaluations [5]. À Chypre, c’est le Parti communiste (dit AKEL), deuxième force politique de l’île, qui, le 29 avril dernier, s’est prononcé pour une sortie de la zone euro.

Des économistes de gauche de plusieurs pays européens [6] viennent de publier un Manifeste intitulé « Que faire de la dette et de l’euro ? » dans lequel ils préconisent, si cela se révèle nécessaire pour en finir avec le chantage de la dette, une stratégie de rupture unilatérale avec la Commission, la BCE ou l’Allemagne, engagée par un ou plusieurs gouvernements et n’excluant pas une sortie de l’euro et l’adoption de mesures protectionnistes [7].

Il est significatif du changement de climat que, en France, quelques dirigeants d’Attac et de la Fondation Copernic aient signé ce texte alors que, il y a peu, les expressions « mesures protectionnistes », « ruptures nationales » et « sortie de l’euro » les faisaient sortir de leurs gonds. Jusqu’à ces derniers temps, il n’y avait pour eux d’autre salut que dans l’émergence d’un hypothétique « mouvement social européen » paré de toutes les vertus. C’était oublier une évidence : un tel mouvement, évidemment nécessaire, ne surgira pas spontanément, en lévitation sur des réalités très différentes d’un pays à l’autre. Il prendra seulement forme à partir d’un foyer de rupture national entraînant des solidarités susceptibles elles-mêmes de faire tache d’huile.

D’autres indices vont dans le même sens que celui de ce texte :

En Espagne, la circulation d’un manifeste ayant déjà recueilli de nombreuses signatures d’élus de gauche d’économistes et de syndicalistes, et intitulé Salir del euro (« Sortir de l’euro ») [8].
Au Portugal, l’énorme succès de librairie du livre Porque devemos sair do euro (« Pourquoi nous devons sortir de l’euro ») sorti début avril [9].
En France, la publication d’un ouvrage collectif qui fait déjà beaucoup parler de lui et dont le titre est délibérément provocateur : En finir avec l’Europe [10]. Il témoigne de l’évolution de certains des co-auteurs jadis proches ou membres du NPA.
Un Sommet alternatif (Alter Summit), rassemblant partis de la gauche radicale, syndicats et mouvement sociaux européens va se tenir à Athènes les 7 et 8 juin prochain [11]. On aurait pu penser qu’il prolongerait cette effervescence et qu’il aborderait les questions jusqu’ici politiquement incorrectes. Ce n’est pas l’impression que donne le manifeste préparatoire de cette rencontre.

Dans trois domaines (dette, Europe écologique et sociale, démocratie économique), ce texte dresse un bilan de la situation et propose des « revendications communes et urgentes ». On constate que l’expression « crise de l’euro » n’apparaît nulle part. Quant au libre-échange, il fait l’objet d’une seule ligne dans les constats – « Les accords de libre-échange contribuent au dumping fiscal, social et écologique » – et d’une revendication d’un vide sidéral : « Mettre fin au dumping salarial et social en Europe et dans le monde, notamment par le biais d’accords internationaux ». Voilà qui devrait faire trembler les commissaires européens et Pascal Lamy, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dont le nom est régulièrement cité comme futur ministre, voire premier ministre de François Hollande…

Pour l’élaboration d’un véritable programme de sortie de l’ordre néolibéral européen, il faudra que la gauche de gauche se libère des interdits dans lesquels elle s’est enfermée. Timidement, avec des hauts et des bas, le processus est entamé…


Notes

[1] Lire son blog « La pompe à phynance » sur le site du Monde diplomatique, et en particulier sa dernière contribution « Pour une monnaie commune sans l’Allemagne (ou avec, mais pas à la francfortoise) » : http://blog.mondediplo.net/2013-05-25-Pour-une-monnaie-commune-sans-l-Allemagne-ou-avec.

[2] Lire son blog http://russeurope.hypotheses.org/ et ses reprises sur le site de Mémoire des luttes. En particulier sa contribution « Postures et impostures dans le débat sur la politique allemande » : http://www.medelu.org/Postures-et-impostures-dans-le.

[3] Lire Renaud Lambert, « Les économistes à gages sur la sellette, Le Monde diplomatique, mars 2012. Également Serge Halimi, Frédéric Lordon et Renaud Lambert, Économistes à gages, Les liens qui libèrent/Le Monde diplomatique, Paris, 2012.

[4] http://www.m-pep.org

[5] http://www.medelu.org/Nous-avons-de-nouveau-besoin-d-un.

[6] Parmi lesquels, pour la France, Michel Husson.

[7] http://tinyurl.com/euro13.

[8] http://salirdeleuro.wordpress.com

[9] Editions Lua de Papel, Lisbonne, 12,60 euros. Lire Le Monde, 30 mai 2013.

[10] En finir avec l’Europe, sous la direction de Cédric Durand, La Fabrique, Paris, 2013, 15 euros.

[11] www.altersummit.eu
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Re: [MPEP] Front de gauche populaire

Message  nico37 le Mar 13 Aoû - 22:09


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Re: [MPEP] Front de gauche populaire

Message  Roseau le Mer 24 Déc - 15:59

Suite à son congrès de décembre, le "Mouvement politique d’émancipation populaire" (M’PEP) s'est scindé en deux morceaux :

- lire la déclaration de la majorité (MPEP maintenu) :

http://www.m-pep.org/spip.php?article3888

- lire la déclaration de la minorité, qui a fondé le "Mouvement pour un socialisme du 21ème siècle" :

http://ms-21.tumblr.com/post/105784288496/texte-dappel-pour-un-socialisme-du-21e-siecle

Manifestement un conflit de personnes aiguisé par l'effondrement du FdG et ses illusions...
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