Lutte ouvrière

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Re: Lutte ouvrière

Message  gérard menvussa le Sam 10 Mar - 13:20

LO n' as pas de militant de la taille de Lenine
Ca n'est pas la question. Personne n'a de militant "de la taille de lénine". Et c'est de toute façon normal : personne n'est dans la situation de la russie au début du XX siécle, de la construction d'un mouvement social démocrate en russie (dont Lénine est à la fois le principal constructeur et le résultat)

des idées et des pratiques communistes revolutionnaires
Justement, les idées et pratiques communistes révolutionnaires impliquent aussi de saisir ce que la situation a de nouveau et "d'inédis" Elle implique aussi le role de la surprise dans un contexte stratégique d’opposition a la bourgeoisie...



les termes utilisés ici sont decalées et insultants.

Je ne vois pas de "termes insultants"....
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Re: Lutte ouvrière

Message  nico37 le Dim 11 Mar - 14:25

Avec ou sans Sarkozy, les mêmes luttes à mener

Sarkozy a donc annoncé qu’il « quitterait la politique » s’il était battu. Il nous a tellement habitués aux mensonges qu’on ne le croira que quand on le verra. Mais s’il tient sa promesse, des millions de travailleurs se diront : bon débarras !
Si Sarkozy quitte la carrière politique, il retrouvera son prestigieux cabinet d’avocat, son argent, son train de vie à Neuilly au milieu de ses amis les grands bourgeois. Il n’a aucune chance de connaître le sort des travailleurs licenciés ou des chômeurs victimes du « non-remplacement » d’un fonctionnaire sur deux.
Alors oui, le retrait de Sarkozy ravira tous ceux qu’il a piétinés pendant des années. Mais il ne résoudra aucun des problèmes du monde du travail. Quel que soit le prochain locataire de l’Élysée, ce sera un homme qui agira en « responsable » vis-à-vis de la bourgeoisie, c’est-à-dire en ennemi des travailleurs. Qui se donnera comme objectif de payer la dette avec l’argent de la population, et qui continuera à arroser de subventions le patronat licencieur.
Avec ou sans Sarkozy, seules des luttes massives permettront au monde du travail de faire valoir son droit à l’existence.

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Message  Invité le Dim 11 Mar - 23:26


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Message  Invité le Dim 11 Mar - 23:26


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Message  dug et klin le Lun 12 Mar - 9:51

Willie Maley a écrit:

Moi,j'aimerai en voir partout des camarades comme ghislaine.
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Message  Vals le Lun 12 Mar - 20:53

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Re: Lutte ouvrière

Message  Robert Paris le Lun 12 Mar - 21:36

Dommage que personne n'ait envie de se donner les moyens d'obtenir les signatures nécessaires pour qu'un ou une porte-parole puisse véhiculer ce genre d'ânerie hors du temps....

Dommage qu'un militant de LO puisse penser qu'hors de la participation aux élections bourgeoises il n'y a point de salut.

Personnellement j'ai milité à une époque où, à LO, on n'envisageait même pas d'y participer et cela faisait seulement vingt ans que notre courant existait sans y participer...
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Re: Lutte ouvrière

Message  Vals le Lun 12 Mar - 22:49

Robert Paris a écrit:
Dommage que personne n'ait envie de se donner les moyens d'obtenir les signatures nécessaires pour qu'un ou une porte-parole puisse véhiculer ce genre d'ânerie hors du temps....

Dommage qu'un militant de LO puisse penser qu'hors de la participation aux élections bourgeoises il n'y a point de salut.

Personnellement j'ai milité à une époque où, à LO, on n'envisageait même pas d'y participer et cela faisait seulement vingt ans que notre courant existait sans y participer...

Lutte ouvrière est née en 1968, a soutenu la candidature Krivine en 69 et a présenté arlette Laguiller dès l'élection suivante, en 1974.....
La politique de Lutte Ouvrière en matière d'élection est par ailleurs fondée sur les mêmes principes que le courant communiste représenté par les bolcheviques...

et voici par exemple ce que LO écrivait en 1972,(dans sa quatrième année d'existence ) :



Les prochaines élections législatives, les révolutionnaires et le PCF

Personne ne sait encore quelle sera la date exacte des prochaines élections législatives, en novembre 72 s’il y a dissolution de la Chambre comme on en prête l’intention à Pompidou au en mars 73 si l’actuelle législature va à son terme. Pourtant toute la vie politique française, depuis les révélations des scandales qui ont atteint la majorité, en passant par le référendum de ce printemps sur l’Europe, jusqu’aux journées de grève nationale organisées par la CGT et la CFDT, tout s’ordonne autour de cette perspective électorale.

Dès maintenant donc se pose aux-révolutionnaires le problème de leur attitude lors de ces prochaines élections et de leur tactique dans la future, et peut-être très proche, campagne électorale.

D’une manière générale les révolutionnaires, tout en ne se faisant aucune illusion sur le parlementarisme et en dénonçant publiquement ces illusions auprès des travailleurs, ont trois raisons fondamentales de participer à des élections au parlement bourgeois.

Tout d’abord, se servir de la campagne, aussi bien de l’intérêt qu’elle suscite auprès des électeurs et notamment des électeurs populaires que des moyens d’information qui sont mis à la disposition des candidats par l’État à cette occasion, pour développer une large propagande en faveur du programme et des idées révolutionnaires.

Ensuite, compter leurs partisans. Cela peut se faire suivant les moments soit sur le programme socialiste, soit sur un programme plus limité mais correspondant aux questions de l’heure et y apportant la réponse des travailleurs révolutionnaires. Ainsi, pendant la guerre d’Algérie des révolutionnaires auraient pu faire campagne, se présenter et se compter sur le mot d’ordre de « retrait immédiat des troupes françaises d’Algérie et reconnaissance immédiate du droit à l’indépendance du peuple algérien ». Aujourd’hui sans doute des révolutionnaires américains pourraient faire de même à propos du Vietnam. Les résultats électoraux ne constituent jamais qu’un reflet déformé de l’état d’esprit du pays et des travailleurs, Ce reflet, tel qu’il est, est tout de même un moyen irremplaçable de connaître et de vérifier cet état d’esprit et l’influence des idées et des organisations révolutionnaires.

Enfin, éventuellement, envoyer des militants révolutionnaires au Parlement pour se servir de la tribune qu’offre celui-ci. Il est vrai que, en France tout au moins, cette tribune est de moins en moins écoutée. Il est vrai aussi que dans l’état actuel des choses il y a très peu de chances pour qu’un militant révolutionnaire soit élu.

Les deux premières raisons suffisent cependant à justifier que les révolutionnaires interviennent dans les prochaines élections législatives en présentant des candidats révolutionnaires. Et ce d’autant plus que le problème se pose aujourd’hui d’une manière différente que durant ces vingt-cinq dernières années.

Il faut remonter à 1945 en effet, pour voir un groupe révolutionnaire, le PCI en l’occurence présenter un certain nombre de candidats à travers le pays. Et encore les listes trotskystes étaient limitées à quelques départements. Elles recueillirent tout de même une cinquantaine de milliers de voix. Mais, depuis, chaque fois que des candidats révolutionnaires se présentèrent, ce fut en nombre tellement réduit (comme en 1967, par exemple, où l’OCI présenta un candidat et le PCR(t) un autre) que cela ne permit ni de développer une propagande, ni de compter qui que ce soit. En fait, ils passaient parfaitement inaperçus, ce qui, soit dit en passant, réduisait à peu près à néant leurs raisons de participer à ces élections. Et il est vrai que la présentation d’un candidat par tel au tel groupe révolutionnaire visait davantage à donner l’illusion à ses propres militants sinon à ceux des autres groupes qu’il était capable d’intervenir dans la campagne électorale plutôt qu’à intervenir réellement. Aux élections de Juin 68, le coche fut raté à cause de la politique gauchiste de toutes les organisations révolutionnaires non seulement maoïstes mais aussi trotskystes qui se contentèrent de répéter’ « élections-trahison » et ne répondirent pas aux propositions faites par LUTTE OUVRIÈRE d’envisager en commun la présentation de candidats révolutionnaires.

Aujourd’hui, le problème se pose différemment. D’abord, parce qu’un certain nombre de groupes révolutionnaires peuvent envisager la présentation d’un nombre de candidats assez grand pour espérer avoir un impact à l’échelle nationale. Présenter 75 candidats, ce qui est le minimum actuel pour avoir droit d’accéder à la télévision et à la radio, demande un effort militant et financier (à raison d’une caution de 1 000 F par candidat sans compter les frais d’affichage, de bulletin de vote, de profession de foi, de tracts divers, qui sont bien plus considérables encore, il faut déjà trouver 75 000 F). Il est à la portée des principales organisations révolutionnaires.

D’autre part, le mouvement révolutionnaire est maintenant connu de l’ensemble des travailleurs et la présentation de candidats ne sera pas un simple coup de bluff d’une organisation apparaissant durant la campagne électorale pour s’évanouir à nouveau totalement par la suite. Les travailleurs qui entendront les candidats révolutionnaires durant cette campagne connaissent déjà le mouvement révolutionnaire, ont entendu parler de lui, sinon ont déjà vu telle au telle de ses tendances à l’oeuvre. Ils auront encore l’occasion - du moins on peut l’espérer - de l’entendre et de le voir à l’oeuvre après la campagne. Le travailleur qui voudra prendre contact avec telle ou telle organisation révolutionnaire à la suite de la campagne pourra le faire sans difficulté. Bref, les révolutionnaires n’arriveront nullement comme les cheveux sur la soupe. La présentation de candidats s’inscrit au contraire dans la suite logique de leur activité antérieure, y compris aux yeux de l’ensemble des travailleurs qui seraient plutôt étonnés si les révolutionnaires ne participaient pas à ces élections.

Tout cela non seulement justifie mais exige que les révolutionnaires, et notamment LUTTE OUVRIÈRE, soient présents dans cette campagne électorale.

Pour un front LUTTE OUVRIÈRE - LIGUE COMMUNISTE - OCI
Convaincus de la nécessité pour les révolutionnaires de présenter des candidats lors de ces élections et bien décidés à en présenter nous-mêmes un certain nombre, nous avons fait la proposition suivante à la LIGUE COMMUNISTE et à l’OCI : présenter un seul candidat de l’une des trois organisations par circonscription ;
appeler à voter pour l’ensemble des candidats révolutionnaires quelle que soit l’organisation à laquelle il appartienne ;
présenter les candidats des trois organisations sous le sigle commun d’un « Front des Révolutionnaires », en plus du sigle de sa propre organisation.

Nous avons fait ces propositions à la LIGUE COMMUNISTE et à l’OCI parce qu’il s’agit des deux plus importantes organisations qui se réclament comme nous du trotskysme, c’est-à-dire dont nous sommes les plus proches et qui partagent nos principes fondamentaux sur l’attitude des révolutionnaires face à des élections au parlement bourgeois. Avec les autres groupes gauchistes y compris les maoïstes un tel accord ne nous semblerait pas impossible en principe. Mais, si nous ne savons pas encore quelle est leur position exacte vis-à-vis des élections qui viennent et s’ils entendent au non présenter des candidats, la logique des positions développées jusqu’ici par la plupart de ces groupes voudrait qu’ils se désintéressent des élections. Il est vrai que la logique n’est pas toujours leur fort.

Ces propositions correspondent aux intérêts du mouvement révolutionnaire tout entier et par conséquent, à ceux des trois organisations. Ni la LIGUE COMMUNISTE, ni l’O.C,I., ni LUTTE OUVRIÈRE n’envisagent en effet de présenter des candidats dans les 480 circonscriptions qui partagent le pays. Ne serait-il pas ridicule de voir trois candidats trotskystes dans certaines circonscriptions, séparés par des divergences qui sont extrêmement importantes aux yeux des militants mais souvent, par contre, incompréhensibles aux travailleurs, alors que dans la majorité des autres circonscriptions il n’y aurait aucun candidat révolutionnaire ? Ce serait là donner une piètre idée du mouvement révolutionnaire et plus particulièrement du mouvement trotskyste, et confirmer beaucoup de travailleurs dans l’idée que celui-ci n’est guère préoccupé que de ses querelles de chapelles. L’intérêt de tout le mouvement révolutionnaire, et par conséquent de chacune des organisations, est tout à la fois de présenter un candidat dans le plus grand nombre de circonscriptions possible et d’éviter absolument de faire de cette campagne électorale des révolutionnaires une foire d’empoigne entre les différents groupes.

Un sigle commun chapeautant les trois organisations et l’appel à voter les uns pour les autres marquerait la volonté d’éviter qu’il en soit ainsi.

Cela n’empêchera nullement chacune des organisations de mener sa campagne comme elle l’entend, c’est-à-dire avec les modes d’intervention qui lui sont propres et les mots d’ordre et le programme électoral qu’elle juge aujourd’hui devoir être mis en avant. Nous n’éliminerons pas d’un coup de baguette magique, pour le laps de temps d’une campagne électorale, les divergences qui sont les nôtres et qui expliquent l’existence de trois organisations séparées. La campagne électorale n’est que la continuation et un reflet de toute notre activité et sera forcément le miroir de ses limites et de ses problèmes.

Mais les travailleurs, même s’ils sont sensibles à certaines divergences dans le style des uns et des autres ou des mots d’ordre avancés, verront d’abord dans chacun des candidats, qu’il soit de LUTTE OUVRIÈRE, de la LIGUE COMMUNISTE au de l’OCI, le candidat des révolutionnaires. Les travailleurs qui lui appporteront leurs voix sont ceux qui seront critiques vis-à-vis des partis de gauche, et notamment du PCF De ces critiques, les candidats de l’OCI, de la LIGUE et de LO se feront tous les porte-parole, même si c’est avec bien des nuances certes, et de manière bien différente (c’est justement cela qui est en discussion entre nous). Cela seul justifierait amplement la réalisation du front commun que nous avons proposé.

Tactique vis-a-vis du PCF
Demeure le problème de notre attitude vis-à-vis des partis se réclamant de là classe ouvrière, c’est-à-dire essentiellement du PCF.

Il est hors de doute que la présentation d’un grand nombre de candidats révolutionnaires va nous valoir l’accusation d’être des diviseurs des forces ouvrières et des forces de gauche de la part du PCF C’est l’accusation classique qui ressort à chaque fois que les révolutionnaires apparaissent sur le même terrain que lui. Elle n’a pas manqué chaque fois que des révolutionnaires ont présenté des candidats contre ceux du PCF à une élection quelconque.

L’accusation d’être des diviseurs nous pend au nez d’autant plus que pour la première fois depuis de nombreuses années les militants et sympathisants du PCF vont avoir l’impression, après l’accord entre le PS et le PCF sur un programme commun de gouvernement, qu’une victoire de la gauche n’est pas impossible et attendront en conséquence beaucoup de ces élections. Les révolutionnaires sont déjà considérés avec hostilité par les militants du PCF et souvent avec méfiance par les travailleurs influencée par eux. Le hasard, qui fait mal les choses, veut que des candidatures révolutionnaires apparaissent en grand nombre pour la première fois depuis vingt-cinq ans, au moment même où l’accord attendu depuis des années donne l’impression (qui a toutes les chances d’être fausse mais peu importe) que l’unité de la gauche va enfin changer quelque chose. Tout cela permettra d’autant plus facilement au PCF de présenter les candidats révolutionnaires comme des gens chargés de piper quelques voix à gauche pour empêcher les candidats du PCF ou même du PS de passer.

Et même si dans les rangs du PCF ou de ses sympathisants se faisait jour une certaine gêne à la suite de cet accord avec le PS, ce parti dirigé par des hommes qui ont des années durant tourné le dos au PCF, refusé son alliance, mené la politique de la droite au gouvernement ou en dehors, ce serait une raison supplémentaire pour Marchais et ses amis d’attaquer les révolutionnaires, Car si une partie des travailleurs ou de ses militants jugeait excessives les concessions faites à Mitterand ou les regrettait, ceux-ci pourraient d’autant plus être sensibles aux critiques des révolutionnaires. Et l’on verrait alors le PCF concentrer son feu et ses attaques contre les « gauchistes » afin d’approfondir le fossé qui existe entre ceux-ci et ses troupes.

Nous n’avons aucun moyen d’empêcher les attaques calomnieuses de la Direction du PCF Et ce n’est certes pas elles qui doivent empêcher les révolutionnaires d’entreprendre une action quelconque qu’ils estiment juste. Mais nous avons pour devoir de combler le fossé existant entre nous et les travailleurs influencés par le PCF, c’est-àdire sinon la majorité de la classe ouvrière, du moins la majorité écrasante de son avant-garde. C’est même l’une de nos tâches essentielles de cette période. Et si le fait de présenter des candidats révolutionnaires devait aller à son encontre, cela pourrait la remettre en question.

Mais ce n’est pas forcément le cas. Ce peut même être le contraire et les élections peuvent être une occasion de travailler à combler ce fossé, c’est-à-dire à faire la preuve devant la classe ouvrière de ce que sont les révolutionnaires et de ce qu’ils veulent.

Pour cela, durant toute cette campagne, notre première tâche sera de nous adresser aux militants et à l’électorat du PCF pour expliquer qu’en nous présentant notre but n’est pas de prendre des voix au PCF mais de défendre les intérêts généraux de la classe ouvrière.

Nous le ferons certes, en montrant que le programme du PCF, et a fortiori celui de l’Union Populaire, ne tient pas compte de ces intérêts, non seulement à long terme mais même les plus immédiats, que non seulement il ne se préoccupe pas de socialisme mais que même sur les questions d’augmentation des salaires ou de la diminution du temps de travail, pour ne prendre que deux d’entre elles, il ne donne nullement satisfaction aux travailleurs et qu’en conséquence, ils n’ont guère à espérer d’un gouvernement de gauche. Et c’est bien la première raison qui explique et justifie la présentation de candidatures révolutionnaires concurrentes, qui seront les seules à défendre non seulement le programme socialiste mais même le simple programme correspondant aux besoins et aux aspirations actuelles de la majorité de la classe ouvrière.

Mais nous devons dire que nous serions prêts à nous désister pour des candidats communistes ou socialistes qui défendraient un programme qui répondrait aux principales revendications actuelles des travailleurs. Et nous sommes prêts à le faire. Même si nous sommes bien persuadés que, même dans ce cas, ces gens-là n’auraient pas la volonté réelle de l’appliquer une fois parvenus au pouvoir et même si, bien entendu, nous continuions à dénoncer leur politique et à mettre en garde les travailleurs. Mais nous nous désisterions ne serait-ce que pour aider à faire la preuve devant la classe ouvrière de ce qu’ils sont, du fossé qui sépare leurs dires de leurs actions.

Nous devons dire que si le PCF, ou l’Union de la Gauche, acceptait de soumettre son programme aux travailleurs eux-mêmes, en créant par exemple, partout des comités chargés de discuter de ce programme, de le définir, d’y introduire les principales revendications des travailleurs, nous accepterions de nous soumettre au verdict des travailleurs, de retirer nos candidats, de voter et faire voter pour les candidats et le programme choisis par les travailleurs eux-mêmes, même si ces candidats ne sont pas des révolutionnaires, même si nous avons avec eux des divergences fondamentales sur la voie vers le socialisme.

De tels comités d’ailleurs, le PCF comme le PS se sont bien gardés d’en créer jusqu’ici. Maintenant que le programme commun de gouvernement entre les deux partis est dûment arrêté et signé, peut-être, à côté des réunions électorales et des inévitables pétitions, allons-nous voir surgir des comités d’Union Populaire, Bien entendu, si ces comités étaient réellement l’émanation des travailleurs, s’ils permettaient à un degré ou à un autre de traduire leur volonté ou même si toutes les tendances du mouvement ouvrier pouvaient s’y exprimer et si un réel débat sur le programme comme sur les objectifs d’un éventuel gouvernement pouvait s’y instaurer, les révolutionnaires devraient y entrer. Il est plus probable, comme le passé et la nature des deux partis nous incitent à le penser, que si de tels comités d’Union Populaire se créent, il s’agira simplement de comités regroupant les représentants locaux des deux partis sans possibilité aucune pour les travailleurs de s’y faire entendre et dans lesquels, bien sûr, les révolutionnaires n’auraient rien à faire et, sans doute, ne pourraient même pas entrer.

Mais ce sera l’une des tâches de cette campagne que de montrer que le refus de se soumettre au contrôle des travailleurs juge cette Union Populaire et son orientation (car on ne craint pas le contrôle des travailleurs quand on entend oeuvrer dans leur intérêt) et qu’il explique et justifie aussi la présentation de candidatures révolutionnaires concurrentes.

En bref, la première tâche de cette campagne électorale demeure de faire la preuve aux yeux des travailleurs, et particulièrement des travailleurs influencés par le PCF, que les révolutionnaires font passer avant leurs intérêts propres ou l’intérêt de leur organisation, les intérêts généraux de la classe ouvrière.

Le contexte de ces élections, c’est-à-dire la conclusion d’un programme commun de gouvernement entre le PCF et le PS, complique peut-être la tâche des révolutionnaires. La faiblesse de ce programme, son incapacité à répondre aux revendications les plus immédiates de la classe ouvrière nous permettent pourtant de démontrer que seuls les socialistes révolutionnaires peuvent tout en défendant le programme socialiste, et parce qu’ils défendent le programme socialiste, défendre les intérêts de la classe ouvrière et ainsi faire le pont entre ceux-ci et la perspective socialiste.

De même l’apparition de nombreux candidats révolutionnaires a toutes les chances de concentrer contre eux le feu du PCF Mais c’est aussi un moyen de toucher les travailleurs du PCF. Les révolutionnaires ne sont plus en effet réduits au choix, qui fut le leur depuis des dizaines d’années, soit de faire voter pour le PCF afin d’affirmer leur solidarité avec la masse des travailleurs mais sans que ceux-ci en soient le moins du monde influencés, ni y voient une preuve de quoi que ce soit, dans la mesure où les révolutionnaires ne pesaient pas le moindre poids dans la balance des forces en présence, soit de s’abstenir pour ne pas cautionner la politique et les trahisons du PCF en prouvant simplement par là qu’ils étaient complètement hors du coup.

La présentation d’un nombre important de candidats peut permettre de s’adresser enfin aux travailleurs avec une chance réelle d’être entendu sinon écouté, parce que les révolutionnaires représenteront une certaine force même si elle est encore très petite. A condition, bien entendu, de tenir à ces travailleurs le langage qui convient, ni opportuniste, ni gauchiste.

Décidemment, le camarade Paris semble avoir une mémoire très défaillante ou pour le moins très curieusement sélective...... No
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Re: Lutte ouvrière

Message  nico37 le Mar 13 Mar - 0:01

Le show réactionnaire de Sarkozy à Villepinte

Aux abois dans les sondages, Sarkozy emprunte une fois de plus le langage de Le Pen.

Dénoncer les accords de Schengen ? Cela veut dire que la France remettrait des policiers à chaque bout de frontière et transformerait non seulement l’Europe mais aussi l’hexagone en forteresse pour les étrangers ? Ce plaidoyer pour les barbelés et les murailles est non seulement infâme pour ceux qui risquent leur vie pour échapper à la misère, il est en outre ridicule. Quant aux capitaux, aux marchandises ou aux flux financiers, ils seront toujours libres de circuler comme l’entendent les capitalistes et les spéculateurs.
Le couplet protectionniste ? Il n’abusera que les naïfs : d’Arcelor à PSA, en passant par la BNP et la Société Générale, les premiers responsables de la crise, du chômage et des licenciements sont ici. Et les amis capitalistes de Sarkozy tirent assez profit de la mondialisation pour ne pas vouloir d’entraves à leurs affaires.
Quant aux travailleurs victimes du chômage, des licenciements et de la course au profit des capitalistes, Sarkozy n’a rien à leur dire, si ce n’est leur tenir le langage du mépris : dénoncer les fraudeurs aux allocations, les « assistés », les « étrangers qui viennent pour bénéficier des prestations », alors que les hauts revenus et les « entrepreneurs », ceux qui ont bénéficié de toute l’assistance de l’Etat, ont eu droit à des félicitations pour leurs « mérites ».
Après avoir servi les riches pendant cinq ans, Sarkozy n’a qu’un message : revotez pour moi et je ferai pareil, je ferai pire pendant cinq ans de plus ! Eh bien, que les riches votent pour lui ; les travailleurs savent à quoi s’en tenir !

Nathalie Arthaud

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Re: Lutte ouvrière

Message  Robert Paris le Mar 13 Mar - 8:09

Tu sembles ignorer que LO n'est une nouvelle organisation que du point de vue de l'ordre bourgeois et que, pour LO, la Voix Ouvrière est la même orga que LO...
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Re: Lutte ouvrière

Message  Robert Paris le Mar 13 Mar - 8:11

Donc je te répète que le courant LO-VO a vécu de nombreuses années sans penser qu'il fallait absolument se présenter aux élections bourgeoises pour être une orga digne de ce nom ni surtout que c'était le centre de l'activité révolutionnaire...
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Re: Lutte ouvrière

Message  Copas le Mar 13 Mar - 8:54

Robert Paris a écrit:Donc je te répète que le courant LO-VO a vécu de nombreuses années sans penser qu'il fallait absolument se présenter aux élections bourgeoises pour être une orga digne de ce nom ni surtout que c'était le centre de l'activité révolutionnaire...

Il y a des questions qui ne se posent pas à 2 ou 300, mais qui se posent à plusieurs milliers. Ca ne change rien de ce qu'on peut penser de la place des élections telles qu'elles sont dans un régime capitaliste.
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Re: Lutte ouvrière

Message  Robert Paris le Mar 13 Mar - 9:52

Une grande organisation peut participer aux élections, elle peut aussi avoir une importante politique syndicale.

Et elle peut aussi se noyer dans les deux...
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Re: Lutte ouvrière

Message  ottokar le Mar 13 Mar - 10:51

"se noyer..." ou pas.
et LO est héritier d'un courant qui n'a jamais refusé de se présenter aux élections ni de participer à l'activité syndicale, même avec des responsabilités importantes. C'est la tradition du Lénine du gauchisme et de Que Faire. Dire l'inverse ce sont des gamineries anarchisantes. On peut le faire, mais pas en se présentant de façon grandiloquente et sur des pages et des pages comme le défenseur du LO canal historique contre ceux qui seraient ses épigones actuels...

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Re: Lutte ouvrière

Message  gérard menvussa le Mar 13 Mar - 11:14

Enfin bon, LO présente des candidats aux élections bourgeoises depuis 40 ans. Ce n'est pas exactement un "tournant" récent... Après, évidemment, elle est confrontée comme toute organisation révolutionnaire au problème que "en temps normal" (c'est a dire en l'absence de "crise révolutionnaire grave") les élections sont réglée comme du papier à musique alors que les réaction "dans la rue" des classes laborieuses sont beaucoup plus aléatoires... En clair, je suis capable de te dire quand est ce qu'il y aura la prochaine présidentielle (dans quelques mois) et celle d’après (en 2017) alors que je suis incapable de te dire le prochain mouvement d'ampleur de notre classe (en terme de mouvement gréviste d'une certaine importance ou soyons fou, de GG)
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Re: Lutte ouvrière

Message  Giaches_de_Wert le Mar 13 Mar - 13:41


Robert Paris a écrit:Tu sembles ignorer que LO n'est une nouvelle organisation que du point de vue de l'ordre bourgeois et que, pour LO, la Voix Ouvrière est la même orga que LO...

Mais VO n'a jamais prôné la non-participation aux élections.

Cf. cet article de 1967 :
http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1967-1968/article/les-elections-legislatives-de-mars

Il est également bien connu (si l'on peut dire Laughing) que la délégation VO à la conférence du CI à Londres de 1966, avait publiquement (si l'on peut dire Laughing) accepté comme fondée la critique de Gerry Healy, adressée aussi à l'OCI, de ne pas avoir, en 1965, fait l'effort de présenter un candidat aux présidentielles.

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Re: Lutte ouvrière

Message  verié2 le Mar 13 Mar - 14:04

Giaches_de_Wert
Mais VO n'a jamais prôné la non-participation aux élections.
Il me semble qu'il y a une confusion dans cette discussion. Personne - même pas Robert Paris - ne préconise la non participation aux élections !

Les critiques portent sur le contenu des campagnes électorales de LO et des interventions "grand public" TV radio, pas sur le fait qu'une candidate de LO se présente !

La critique porte aussi, en ce qui me concerne, que les élections sont devenues au fil du temps un aspect très, très important de la vie de LO - même si LO mène d'autres activités, en particulier syndicales et bulletins dans les entreprises. Ce qui a conduit, à mon avis, à un certain électoralisme. Non pas que LO imagine changer la société par les élections - LO proclame à juste titre le contraire -, mais LO accorde néanmoins un certaine importance à ses résultats et a parfois nourri des illusions sur ce qu'ils représentent. Par exemple en pensant qu'il existerait un "électorat LO" vraiment distinct et plus prolétarien que "l'électorat LCR".

Il fallait voir l'enthousiasme des militants de LO, lors d'un meeting, à l'époque (éphémère...)où les sondages accordaient jusqu'à 10 % des suffrages à Arlette. Si j'ai bonne mémoire, ils scandaient :"Et 8, et 9 et 10 %", à la manière des supporters de foot. De toute évidence, LO n'avait pas compris qu'il s'agissait d'un "électorat Arlette" conjoncturel, comme il y a eu ensuite un électorat Besancenot et qu'il y a aujourd'hui un électorat Mélenchon...

Ce contexte a exercé une pression sur LO, dont l'électoralisme s'est nettement accentué. Le positionnement sur le label "candidate communiste", qui vise à toucher les vieux militants PCF attachés à leur identité (vainement à mon avis), ne change rien sur le fond de cette évolution opportuniste. (Qui s'est aussi manifestée aux municipales.)

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Re: Lutte ouvrière

Message  Robert Paris le Mar 13 Mar - 14:40

héritier d'un courant qui n'a jamais refusé de se présenter aux élections ni de participer à l'activité syndicale

Exact et j'en suis toujours.

mais d'un courant qui n'a jamais théorisé que cela suffisait pour mener une politique révolutionnaire...
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L'habit ne fait pas le moine

Message  Maxence le Mar 13 Mar - 16:06

Le label rouge des affiches de LO, qui se glorifie en martelant , "nous sommes les vrais de vrais, les derniers des derniers " est à l'image de son électoralisme.

L'avenir de cette orga ne me préoccupe pas mais les idées que représentent le communisme oui: l'abolition du salariat, des classes sociales, la collectivisation des moyens de production, le "à chacun selon ses moyens et ses besoins", le renversement de l'ordre sociale, la philosophie, les sciences, la littérature, les arts à portée du plus grand nombre, la suppression de toutes les oppressions, la liberté indivuduelle et celle des peuples.

Non le communisme n'est pas en chair et en os: il est plus qu'un slogan et surtout il n'est pas dans des icones, des statues, des photos de porte parole bien lookée, propre sur soi, posant pour l'occasion.

Non le communisme , n'est pas quelque chose qu'on sort les jours de fête ou d'élection pour le mettre au frigo jusqu'au prochain CLT.

Le communisme n'est pas un calcul, ni un but électoral!!

Il ne peut exister que si la classe ouvrière le fait vivre en prenant son destin en main et en arrêtant de suivre des bons bergers, qui leur expliquent qu'il faudra se battre mieux la prochaine fois...donc qui n'expliquent rien du tout.

"L'émancipation sera l'oeuvre des travailleurs eux même, pas des bureaucraties, ni des partis"


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le rôle essentiel des militants selon P.Bois

Message  Maxence le Mar 13 Mar - 16:26

Pousser les travailleurs à participer aux actions des centrales, ce n’est pas notre rôle disait-il. Les travailleurs lisent les appels des centrales et ils sont assez grands pour savoir ce qu’ils ont à en faire. Ils n’ont pas besoin de nous pour savoir s’ils estiment qu’il faut s’en saisir ou pas. Ce n’est pas à nous de les y pousser. Nous avons bien d’autres choses à dire aux travailleurs. Ce qui fait avancer la classe ouvrière, ce n’est pas d’abord son nombre dans les manifestations et le grèves, c’est sa conscience et son organisation. Nos tâches à nous sont encore différentes. Nous ne nous contentons pas de penser qu’il faudra des luttes. Nous savons que la société pose des tâches à la classe ouvrière en fonction des situations économiques et sociales du moment. Nous ne le déduisons pas de notre seule connaissance des luttes actuelles et de la mentalité actuelle des travailleurs. Nous le tirons d’une connaissance de l’Histoire et même d’une philosophie de l’Histoire et aussi d’un bilan des luttes du passé : les forces et faiblesses des travailleurs dans les dernière luttes de classe...

Nos tâches consistent d’abord à favoriser la formation d’une conscience de classe, conscience qui est sans cesse à reconstruire et à faire en sorte que le maximum de travailleurs soient marqués par ce point de vue. Cette conscience n’est pas venue entièrement de l’extérieur par la connaissance du marxisme révolutionnaire. Elle doit repartir des besoins réels des masses. Les travailleurs ont besoin de militants qui les amènent eux-mêmes à répondre aux questions clefs du moment : que pensons-nous de la situation, que sommes-nous prêts à accepter et à refuser, jusqu’où aller, que pensent les autres autour de nous, viendraient-ils avec nous si on s’y mettait. S’ils commencent à parler, à s’interroger sur des questions qui leur paraissent mériter de se bouger, les travailleurs n’ont à attendre aucune réponse des appareils qui encadrent la classe ouvrière. Ils peuvent commencer à agir, à s’exprimer, à se réunir, à tirer des tracts en leur propre nom, rédigés par eux-mêmes, à mener eux-mêmes des débrayages, des manifestations, de grèves. Tant que la classe ouvrière ne s’exprime pas par elle-même, elle n’a aucun élément pour mesurer ses forces, ses aspirations, pour s’organiser, et elle est un jouet aux mains d’appareils qui ont montré maintes fois qu’ils étaient prêts à la vendre à leurs adversaires.

Les discours du genre "il faudra lutter", "il faut être nombreux", "les syndicats devraient faire ceci", "les dirigeants devraient faire cela" n’ont rien à voir avec les préoccupations de militants révolutionnaires, telles que les voyait Pierre Bois.

Extrait de cet article: http://www.matierevolution.org/spip.php?article2107

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Voix Ouvrière et ses écrits

Message  Maxence le Mar 13 Mar - 16:50

"Quelque chose ne changera réellement dans ce monde que lorsque les fusils changeront de camp"
précédé par:
"Souvenons nous en lorsque prochainement, on nous demandera de voter pour tel ou tel homme: on ne nous demandera en fait rien d'essentiel"

Voix Ouvrière (le groupe avant LO) du 23 aout 1965

Lire l'édito en entier: http://www.matierevolution.org/spip.php?article2096

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Re: Lutte ouvrière

Message  Vals le Mar 13 Mar - 21:21

L’importance du vote pour la candidate communiste Nathalie Arthaud


Sur l’efficacité des élections pour changer la réalité des choses dans une société divisée en classes, l’opinion des communistes révolutionnaires est faite depuis très longtemps et ne laisse place à aucune ambiguïté. Sur le plan tactique cependant – alliances électorales éventuelles, etc. – ainsi que pour le choix des axes d’intervention dans la campagne électorale, il peut exister une grande variété de situations en fonction du contexte économique et politique, de la nature des préoccupations de l’électorat populaire, etc.

Pour une multitude de raisons, bonnes ou mauvaises, l’élection présidentielle est certainement l’élection la plus politique en France sous la Ve République. Elle est celle, en tout cas, qui concerne l’ensemble de l’électorat autour des mêmes candidatures et, par là même, celle qui gomme ce qui est local, particulier, spécifique, qui fait les choux gras des candidats aux municipales, cantonales, voire législatives.

L’élection présidentielle de 2012 aura lieu après plusieurs mois de crise finan-cière, après un tournant plus manifeste encore qu’auparavant vers des politiques d’austérité, au milieu d’attaques de plus en plus virulentes de la bourgeoisie contre les conditions d’existence des classes populaires. Des attaques d’autant plus virulentes que la bourgeoisie, ses responsables politiques et ses têtes pensantes sont désorientés devant les soubresauts de leur propre économie. Leur incapacité à maîtriser la crise financière les affole d’autant plus qu’ils sont, en revanche, parfaitement conscients que les contrecoups de la crise financière sur l’économie productive peuvent être d’une gravité imprévisible.

Le ralentissement de l’activité économique est déjà sensible. Mais les reculs de quelque pourcents du PNB (produit national brut) ne sont pas encore catastro-phiques du point de vue du grand capital, même s’ils le sont déjà pour ceux de la classe ouvrière qui ont perdu leur emploi et pour leur famille. Faut-il rappeler que, lorsque la crise boursière d’octobre 1929 s’est répercutée sur la production industrielle, la chute de celle-ci aux États-Unis a été de l’ordre de 50 % !

La situation économique, le chômage, la dette des États marquent la campagne électorale. Il est particulièrement important dans ce contexte que se fasse entendre une politique qui parte des intérêts de classe des exploités.

Entre les deux candidats, Sarkozy et Hollande, entre lesquels se décidera qui occupera l’Élysée pour les cinq ans à venir, les différences politiques sont mineures sur la question fondamentale de la politique à mener face à la crise.

Leurs vocabulaires respectifs portent les marques du clivage traditionnel entre la gauche et la droite, surtout maintenant que Sarkozy s’acharne à reprendre au Front national une partie de l’électorat d’extrême droite, et affiche un langage « à droite toute ». Il n’y a cependant pas deux orientations politiques qui s’affrontent, dont l’une pourrait être considérée comme plus favorable aux travailleurs. Le clivage qu’ils essaient de creuser porte sur les mots, sur les exclamations démagogiques destinées de la part de chacun à son propre électorat. Les désaccords clairement affichés concernent tout au plus quelques sujets sociétaux (mariage homosexuel, droit de vote des immigrés aux élections locales, euthanasie, etc.).

Mais, dans la guerre à mort qui se déroule entre la bourgeoisie qui, confrontée à la crise, se bat pour préserver et accroître sa part dans le revenu national, et les travailleurs, victimes de cette offensive, Hollande ne prend pas plus position en faveur de ces derniers que son adversaire de droite. Rien pour empêcher le grand patronat de licencier, de réduire ses effectifs ou de délocaliser. Rien pour protéger le pouvoir d’achat des salaires, seule source de revenu pour la grande majorité de la population. Aucune mesure contraignante à l’égard des riches. On ne peut même pas dire pour le moment qu’il y a une différence significative dans les façons respectives dont chacun des deux candidats voit le rôle de l’État dans l’économie. Lorsque Mitterrand a choisi, en 1981, de nationaliser certains secteurs de l’économie, ce n’était certes pas, contrairement aux âneries véhiculées à l’époque par le Parti communiste, pour abattre le pouvoir économique du grand capital, mais pour aider ce dernier à se dégager de certains secteurs au profit d’autres. Cela dit, Hollande ne s’oppose pas plus à Sarkozy, même sur ce terrain.

Et par-dessus tout, il apparaît clairement que, quel que soit l’élu, il mènera sa politique en fonction des exigences du grand patronat et des banquiers.

Le problème pour les communistes révolutionnaires n’est pas seulement de dénoncer le faux choix auquel se limite l’élection présidentielle. Il est surtout d’opposer, aux différentes formulations d’une même politique pour préserver les intérêts de la bourgeoisie, une politique susceptible d’armer les travailleurs du point de vue de leurs intérêts de classe.

Aussi l’axe de la campagne électorale de Nathalie Arthaud, seule candidate dans cette élection qui se revendique clairement du communisme révolutionnaire, est-il de mettre en avant un certain nombre d’objectifs qu’il faudra imposer à la bourgeoisie pour préserver la classe ouvrière de la déchéance matérielle et morale. Ces objectifs découlent de la nécessité de préserver la seule source de revenu que le système capitaliste accorde aux prolétaires pour survivre : leur emploi et le pouvoir d’achat de leur salaire.

– Pour résorber le chômage, interdiction des licenciements et maintien intégral du salaire, et embauche par l’État de travailleurs dans les services publics utiles existants et dans ceux à créer dans des domaines vitaux où le capital privé est défaillant, comme la construction de logements à prix coûtant à la portée d’un salaire d’ouvrier.

– Augmentation générale des salaires pour rattraper le pouvoir d’achat perdu au fil des ans et garantie de ce pouvoir d’achat par l’échelle mobile des salaires, des retraites et des pensions.

– Afin de montrer que la bourgeoisie a les moyens de financer tout cela sans même se retrouver sur la paille, imposer le contrôle des travailleurs et de la population sur les entreprises. Pour commencer, afin de dévoiler les gaspillages capitalistes et les mauvais coups du patronat, abolition du secret des affaires et droit de regard de tous sur la gestion des entreprises et des banques.

Programme de lutte ou programme électoral ?


Il est évident que de tels objectifs, qui, s’ils étaient imposés, ébranleraient dans ses fondements la dictature capitaliste sur l’économie, ne pourraient être imposés que par des luttes massives, amples, explosives et, surtout, conscientes. Dans ce sens, ce n’est pas un programme électoral, mais un programme de lutte. Le fait qu’il soit défendu dans un contexte électoral n’en change pas la nature. On peut seulement espérer que, grâce aux possibilités d’une campagne électorale, il sera plus largement entendu.

Mais, si même un début de réalisation de ce programme est inconcevable sans lutte et que celle-ci n’est pas conditionnée par l’élection, quelles sont les raisons positives pour lesquelles les travailleurs conscients ont intérêt à voter pour Nathalie Arthaud ?

La question nous est souvent posée, en particulier par ceux des travailleurs qui sont sensibles à la politique défendue par Nathalie Arthaud dans cette campagne, qui partagent au moins partiellement les objectifs pour les luttes futures, mais qui en même temps considèrent qu’un candidat comme Mélenchon est plus crédible pour exprimer leur sentiment de révolte et qui se préparent à voter pour lui.

Et cela, sans même parler de tous ceux, plus nombreux peut-être, qui, tout en n’ayant qu’une confiance limitée en Hollande et dans le Parti socialiste, se préparent à voter pour lui dès le premier tour pour, disent-ils, que ne se reproduise pas ce qui s’est passé en 2002, c’est-à-dire l’élimination du candidat de la gauche dès le premier tour et un deuxième tour opposant la droite et l’extrême droite.

Malgré les sondages qui donnent Hollande largement vainqueur au soir du deuxième tour, rien ne le garantit certes par avance. D’ici les élections, bien des rebondissements sont possibles. La droite est traditionnellement majoritaire dans ce pays et le discours de plus en plus à droite de Sarkozy, sa haine antiouvrière affichée avec des propositions comme le référendum sur les droits des chômeurs, peuvent ressouder autour de lui l’électorat de droite viscéralement antiouvrier.

En revanche, la crainte que Hollande soit écarté du deuxième tour par Marine Le Pen est infondée. Nous ne sommes pas en 2002, après cinq ans d’un gouvernement socialiste qui avait dégoûté et démobilisé avant tout l’électorat socialiste lui-même. Sans parler des alliés du Parti socialiste, du Parti communiste aux Radicaux de gauche, qui, tout en ayant mené pendant cinq ans la politique de Jospin, avaient voulu empêcher que la déconsidération du Parti socialiste ne rejaillisse sur eux. Ils avaient pris leurs distances au dernier moment en présentant leur propre candidat. Les différentes composantes de feu la Gauche plurielle avaient doublement raté leur coup. D’abord, parce que se démarquer de Jospin sur le tard ne les avait pas préservés d’un recul électoral. (Rappelons que, si Jospin avait perdu deux millions et demi d’électeurs au premier tour en 2002 par rapport à 1995, Robert Hue, pour le Parti communiste, en avait quand même perdu un million et demi). Ensuite, parce que ce sont les dissensions internes de la Gauche plurielle qui, en ayant savonné la planche sous les pieds de Jospin, avaient fait que Le Pen s’était retrouvé au deuxième tour.

Nous ne sommes pas dans la même situation aujourd’hui. S’il n’est pas impos-sible que Marine Le Pen se hisse au deuxième tour, cela serait au détriment de Sarkozy plutôt que de Hollande. L’argument du « vote utile » dès le premier tour dans la bouche des responsables socialistes est aussi mensonger que l’était en 2002 la menace que Le Pen soit élu président de la République, fiction inventée pour justifier le soutien de toute la Gauche plurielle à Chirac.

Croire et reprendre à son compte ce type de mensonge n’est pas fondé sur un raisonnement cohérent. C’est une forme particulièrement pauvre d’illusions électoralistes.

Cet attrait pour le « vote utile » en faveur d’un candidat socialiste qui ne suscite même pas des illusions du même type qu’avait pu en susciter Mitterrand en 1981 est en quelque sorte le symétrique de la fuite vers l’abstention de nombreux élec-teurs des classes populaires, dégoûtés par de fausses alternances.

Le haut niveau du nombre d’abstentionnistes reflète à coup sûr l’écœurement à l’égard des grands partis qui se succèdent au pouvoir, mais il est signe, aussi, de dépolitisation. Il n’est pas l’expression d’une prise de conscience politique.

Un signe plus grave encore de cette dépolitisation serait si une fraction significative de l’électorat populaire choisissait d’exprimer son écœurement en rejoignant dans le vote pour Le Pen l’électorat d’extrême droite traditionnel.

En l’absence de luttes, l’expérience de larges masses est seulement celle des coups reçus, des déceptions et de la résignation. Elle se traduit par des gestes passifs.

Même les votes en faveur de Mélenchon qui pourraient passer pour une certaine forme de prise de conscience politique, ne serait-ce qu’en exprimant la méfiance vis-à-vis de Hollande, portent encore les marques de la résignation. Car, si Mélenchon dénonce la politique que risque de mener Hollande, il se place quand même dans la perspective que seul un changement gouvernemental peut ouvrir de nouveaux horizons. « Un bon gouvernement de gauche » à la place de ceux auxquels nous ont habitués les caciques du Parti socialiste, voilà en dernier ressort la ligne stratégique de Mélenchon. Le flou de l’orientation – avec qui le Front de gauche pourrait-il constituer un « bon » gouvernement de gauche, si ce n’est avec le vieil appareil du Parti socialiste ? – se dissipe lorsque Mélenchon affine et répète que son modèle, c’est Mitterrand. Et, là où Mélenchon reste dans une prudente ambiguïté, les dirigeants du Parti communiste ne se gênent pas pour affirmer leur conviction qu’une victoire de Hollande ouvrirait la perspective d’une nouvelle variante de la Gauche plurielle sous l’égide du PS.

Bien sûr que, dans l’interprétation des votes et de leur signification politique, le pourcentage plus ou moins important des voix en faveur de Mélenchon aura une signification politique, ne serait-ce que par rapport aux espoirs qu’il est susceptible de susciter dans l’électorat de gauche. Mais c’est une analyse, un constat, pas une position militante.

Se saisir des élections pour exprimer la présence d’un courant communiste
L’élection présidentielle qui vient ne permettra rien d’autre que de s’exprimer. Mais s’exprimer c’est déjà beaucoup.

Dans nombre de pays, les travailleurs, les pauvres, ont encore à se battre pour conquérir ce droit.

Ici même, en France, le mouvement ouvrier a mené bien des combats dans le passé pour que ce droit élémentaire, le droit de voter dans les élections, soit reconnu aux travailleurs. Même aujourd’hui, ce droit n’est pas complet, ne serait-ce que parce qu’il n’est pas reconnu à toute une partie de la classe ouvrière, les travailleurs immigrés, qui vivent ici, sont exploités ici, mais à qui on refuse ce droit démocratique élémentaire. Ce n’est plus le suffrage censitaire des débuts du parlementarisme bourgeois, destiné implicitement à écarter du vote les classes pauvres, mais cela en est une version édulcorée.

Malgré un certain nombre d’obstacles qui limitent la possibilité pour des courants politiques minoritaires de présenter un candidat, il est à la portée du courant communiste révolutionnaire de surmonter ces obstacles par un effort militant. Notre tendance a réussi à présenter une candidate, Arlette Laguiller, dans six consultations présidentielles successives, et va présenter Nathalie Arthaud dans cette élection.

Les électeurs des classes populaires sont donc libres de s’exprimer sur une politique de classe. Encore faut-il qu’ils en aient la volonté !

Or, tout en respectant les formes démocratiques, les démocraties bourgeoises ont inventé une multitude de moyens pour peser sur les opinions. Le premier est évidemment l’argent lui-même et le fait que les moyens d’information sont entre les mains de la bourgeoisie. Il n’y a pas besoin qu’existe la propagande d’État d’une dictature pour vider de contenu l’expression électorale de l’opinion publique.

Au lieu de bâillonner les classes populaires par la force comme dans les dicta-tures, on les amène à se bâillonner elles-mêmes, c’est-à-dire à accepter de se départager entre les candidats des grands partis estampillés par la bourgeoisie.

Dans le passé, quand le mouvement ouvrier politique était en train d’émerger, les élections ont toujours été l’occasion de batailles politiques où le camp du mouvement ouvrier mesurait ses forces sur le terrain électoral en opposant ses candidats et sa politique à ceux de la bourgeoisie.

Ces batailles électorales ont joué un rôle certain dans la formation du Parti socialiste du temps de Jules Guesde et de Paul Lafargue, comme en ont joué un les élections qui ont suivi la naissance du Parti communiste en France. Elles ont joué un rôle dans la formation d’une conscience politique de classe. Au fil de l’évolution qui a transformé d’abord le Parti socialiste puis le Parti communiste en partis institutionnels, c’est-à-dire en partis admis par la bourgeoisie, cette habitude s’est effilochée.

Il serait oiseux de discuter quelle est, là-dedans, la part de la pression de la bourgeoisie pour intégrer toute contestation dans les institutions, et quelle est la part de la dépolitisation croissante de la classe ouvrière elle-même. Le fait est que, aujourd’hui, un des combats politiques des communistes révolutionnaires doit être de prendre le contre-pied de cette évolution. Non pas dans l’abstrait. Non pas en se faisant les porte-parole d’une sorte d’éducation civique pour que les électeurs aillent voter. Certes pas ! Mais en profitant de toutes les occasions, notamment celle offerte par la campagne électorale, pour expliquer qu’il ne suffit pas de se détourner de la politique de la bourgeoisie. Peu importe à la classe dominante que la politique menée en son nom soit approuvée par la population ou pas. Cela, c’est le problème des dirigeants politiques à son service. La bourgeoisie impérialiste américaine se fait une raison du faible taux de partici-pation aux élections. La montée de l’abstention dans les classes populaires n’est pas un signe de force, c’est l’expression d’une faiblesse, une façon d’abandonner le terrain politique.

La classe ouvrière ne doit pas laisser le terrain politique à la bourgeoisie et à ses guignols de la caste des politiciens professionnels. Elle ne pourra jouer son rôle historique qu’en opposant à la bourgeoisie sa propre politique, au niveau le plus élevé qui soit : jusqu’à arracher le pouvoir des mains de la bourgeoisie.

Ce n’est évidemment pas l’enjeu dans une simple élection présidentielle. La nature de classe du pouvoir se décide sur une scène infiniment plus vaste que les bureaux de vote d’une consultation électorale. Mais, pour être en situation de disputer réellement le pouvoir à la grande bourgeoisie, la classe ouvrière doit in-vestir toutes les sphères de la vie sociale et politique, faire contrepoids à la poli-tique de la bourgeoisie, remettre en cause ses décisions.

Et cela commence par la volonté de s’exprimer sur le terrain de classe dans toutes les occasions politiques. L’élection présidentielle en est une. Cela commence par refuser de marcher dans toutes ces petites combines de la vie électorale, tous ces petits chantages du genre « voter utile » en faveur d’un Hollande puisque « il ne peut pas être pire que Sarkozy ». Cette affirmation n’a pas de sens, car Hollande fera ce que le grand patronat, les puissances d’argent exigeront de lui. Et cela ne dépend ni de son étiquette ni de ses préférences ou souhaits personnels, mais de la gravité de la crise et de la façon dont le grand patronat souhaite en tirer profit pour aggraver la situation des travailleurs.

Que ceux qui sont satisfaits de l’éternel jeu de balancier entre une droite qui mène une politique franchement de droite et une gauche qui en fait autant en changeant un peu les mots votent pour Hollande dès le premier tour, c’est dans l’ordre des choses. Mais il n’y a pas de raison que ceux qui se méfient de Hollande et qui partagent tout ou partie des exigences à mettre en avant contre le patronat capitaliste s’autocensurent et votent pour le candidat du PS dès le premier tour. Car voter pour Hollande alors qu’on a d’autres choix, sans même les contraintes du second tour, c’est lui accorder un chèque en blanc, c’est lui donner la possibilité, lorsqu’il sera amené à prendre des mesures antiouvrières, de prétendre qu’il le fait avec un mandat des travailleurs eux-mêmes.

Mais, finalement, à une autre échelle, Mélenchon joue sur les mêmes réflexes électoralistes. Sa démarche s’appuie sur cette fraction réformiste du mouvement ouvrier, de ses militants, de ses appareils, qui ne veulent pas d’un renversement révolutionnaire de la bourgeoisie, mais qui ne se retrouvent pas dans la politique d’un Parti socialiste devenu depuis longtemps un parti bourgeois comme les autres.

Mais la perspective d’un « bon gouvernement de gauche », qui est toujours un leurre pour les travailleurs, l’est plus encore aujourd’hui avec la crise. Au fur et à mesure que la crise s’aggrave et la férocité de la bourgeoisie avec, il y a de moins en moins de place pour un « bon gouvernement de gauche » qui, au moins partiellement, protégerait les travailleurs. Il n’y aura que des gouvernements de combat de la bourgeoisie. Que cela serve de leçon !

En Grèce, le capital financier n’a même pas laissé d’échappatoire au Parti socialiste pour lui permettre d’entourer les exigences des banquiers de quelques mièvreries réformistes. N’ayant ni la volonté ni les moyens de combattre le grand capital, la gauche grecque a dû non seulement cautionner ses exigences par un vote parlementaire mais aussi en devenir l’exécutant.

La mouvance réformiste dans le mouvement ouvrier étant ce qu’elle est, il est dans l’ordre des choses qu’une fraction de l’électorat populaire se retrouve dans le vote en faveur de Mélenchon avec, de surcroît, l’illusion de s’être démarquée de Hollande et de ce qu’il représente.

Aucun volontarisme de la part des communistes révolutionnaires ne peut dépasser l’état d’esprit général de l’électorat ouvrier. Mais ce qu’ils peuvent et ce qu’ils doivent faire, c’est se battre pour que s’expriment tous ceux qui ne se retrouvent pas dans la politique proposée par Mélenchon et, à bien plus forte raison, dans celle de Hollande.

Le sens de la candidature de Nathalie Arthaud est précisément de permettre à cette fraction de l’électorat populaire, fût-elle minoritaire, de s’exprimer.

Eh bien, il faut que cette fraction s’exprime ! D’abord et avant tout pour montrer qu’elle existe, qu’elle garde un drapeau levé. Avant même qu’une explosion sociale crée le rapport de forces nécessaire pour imposer les objectifs vitaux nécessaires pour protéger les travailleurs contre les licenciements, le chômage et l’effondrement du pouvoir d’achat de leurs salaires, il est indispensable que ces objectifs soient discutés, admis, et fassent partie de la conscience collective de la classe ouvrière.

Ce drapeau ne regroupe pas beaucoup de monde aujourd’hui ? Peut-être. Mais la crise est un formidable accélérateur d’histoire. Son aggravation poussera de nouveaux contingents de travailleurs vers la pauvreté et vers la misère, mais aussi, on peut le souhaiter, à se poser des questions sur le pourquoi de cette évolution désastreuse et sur le moyen de l’arrêter. Et quand les masses exploitées commenceront à se poser ces questions, elles auront la possibilité de trouver les bonnes réponses. Il faut que les communistes révolutionnaires trouvent l’oreille des masses poussées vers la pauvreté, sans être détournées par ceux qui se cramponnent aux illusions d’un passé aujourd’hui révolu, qui sont aussi les plus sensibles aux illusions électorales, au « vote utile » et autres balivernes. Malheureusement, ce sont souvent les militants des courants réformistes du mouvement ouvrier, militants politiques ou syndicalistes, qui s’accrochent le plus à ces illusions et qui les propagent. S’il faut chercher à les convaincre, il ne faut pas qu’ils puissent constituer un écran entre l’activité communiste révolutionnaire et ceux des travailleurs qui subissent le plus fortement les coups de la bourgeoisie.

Et c’est là que s’établit le lien entre le programme de lutte avancé par la candidate de Lutte Ouvrière dans cette campagne électorale et les luttes futures qui, elles, ne se dérouleront pas à coups de bulletins de vote.

Les luttes conscientes ne tombent pas du ciel. L’explosion sociale, que la lutte de la bourgeoisie contre la classe ouvrière en cette période de crise ne manquera pas de provoquer, sera le fait de centaines de milliers, de millions de travailleurs, de larges masses d’exploités.

Ce seront les luttes elles-mêmes, leur dynamique, qui amèneront ces millions de travailleurs à la conscience de qui sont leurs amis, qui sont leurs ennemis, qui sont ceux qui veulent les pousser vers des voies de garage.

Mais pour que les masses puissent alors juger, il faut que les drapeaux des uns et des autres soient clairement levés. C’est pourquoi il faut que les différences politiques soient marquées le plus nettement possible, afin que les masses puissent juger de la validité de la politique des uns et des autres et changer leur choix au fil des expériences acquises dans leurs mobilisations.

Il peut y avoir bien des façons d’exprimer le mécontentement d’une classe ex-ploitée qui en est encore à espérer la solution de la classe dominante et de ses hommes politiques. Mais, au moment où le monde du travail s’ébranlera, il aura besoin d’objectifs précis et de militants pour les propager.

Le vote en faveur de la candidate communiste et des objectifs qu’elle avance ne peut se substituer à l’énergie des masses en lutte. Mais il peut contribuer à donner une orientation à cette énergie. C’est en fonction de cet avenir-là que le nombre de voix qui se porteront sur la candidature de Nathalie Arthaud peut jouer un rôle. Comme il peut représenter une étape importante dans la construction du parti communiste révolutionnaire. Car la lutte de classes ne s’arrêtera pas à une date fixée par le calendrier électoral et l’aggravation de la crise rendra toujours plus nécessaire un parti représentant les intérêts politiques de la classe ouvrière.

17 février 2012 LDC


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Re: Lutte ouvrière

Message  Robert Paris le Mer 14 Mar - 7:27

Où Vals démontre pour la millième fois qu'il est obligé de trouver un article ldc pour avoir un discours révolutionnaire au lieu d'un édito ce qui change tout quant au public alors qu'on lui présente des éditos d'autrefois de son courant... qui était le notre.
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Re: Lutte ouvrière

Message  le glode le Mer 14 Mar - 8:45

Maxence a écrit:Pousser les travailleurs à participer aux actions des centrales, ce n’est pas notre rôle disait-il. Les travailleurs lisent les appels des centrales et ils sont assez grands pour savoir ce qu’ils ont à en faire. Ils n’ont pas besoin de nous pour savoir s’ils estiment qu’il faut s’en saisir ou pas. Ce n’est pas à nous de les y pousser. Nous avons bien d’autres choses à dire aux travailleurs. Ce qui fait avancer la classe ouvrière, ce n’est pas d’abord son nombre dans les manifestations et le grèves, c’est sa conscience et son organisation. Nos tâches à nous sont encore différentes. Nous ne nous contentons pas de penser qu’il faudra des luttes. Nous savons que la société pose des tâches à la classe ouvrière en fonction des situations économiques et sociales du moment. Nous ne le déduisons pas de notre seule connaissance des luttes actuelles et de la mentalité actuelle des travailleurs. Nous le tirons d’une connaissance de l’Histoire et même d’une philosophie de l’Histoire et aussi d’un bilan des luttes du passé : les forces et faiblesses des travailleurs dans les dernière luttes de classe...

Nos tâches consistent d’abord à favoriser la formation d’une conscience de classe, conscience qui est sans cesse à reconstruire et à faire en sorte que le maximum de travailleurs soient marqués par ce point de vue. Cette conscience n’est pas venue entièrement de l’extérieur par la connaissance du marxisme révolutionnaire. Elle doit repartir des besoins réels des masses. Les travailleurs ont besoin de militants qui les amènent eux-mêmes à répondre aux questions clefs du moment : que pensons-nous de la situation, que sommes-nous prêts à accepter et à refuser, jusqu’où aller, que pensent les autres autour de nous, viendraient-ils avec nous si on s’y mettait. S’ils commencent à parler, à s’interroger sur des questions qui leur paraissent mériter de se bouger, les travailleurs n’ont à attendre aucune réponse des appareils qui encadrent la classe ouvrière. Ils peuvent commencer à agir, à s’exprimer, à se réunir, à tirer des tracts en leur propre nom, rédigés par eux-mêmes, à mener eux-mêmes des débrayages, des manifestations, de grèves. Tant que la classe ouvrière ne s’exprime pas par elle-même, elle n’a aucun élément pour mesurer ses forces, ses aspirations, pour s’organiser, et elle est un jouet aux mains d’appareils qui ont montré maintes fois qu’ils étaient prêts à la vendre à leurs adversaires.

Les discours du genre "il faudra lutter", "il faut être nombreux", "les syndicats devraient faire ceci", "les dirigeants devraient faire cela" n’ont rien à voir avec les préoccupations de militants révolutionnaires, telles que les voyait Pierre Bois.

Extrait de cet article: http://www.matierevolution.org/spip.php?article2107

Encore faut-il rappeler que Pierre Bois a été dirigeant de LO durant plus de 30 ans.... ce qui n'est même pas signalé dans cet article ! Chapeau l'artiste

le glode

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Re: Lutte ouvrière

Message  Vals le Mer 14 Mar - 9:28

Oui et que jusqu'à son dernier souffle, Pierre Bois a été fidèle à son organisation, encourageant les jeunes qui prenaient la relève et continuaient le courant Lutte Ouvrière auquel il avait conscré toute sa vie de militant communiste....
Ce qui rend d'autant plus petit le comportement qui consiste à essayer de l'utiliser pour attaquer et salir le parti dont il a été un des pricipaux piliers...
Bon, cela dit, ceux qui respectent vraiment la mémoire et l'héritage de ce camarade repartent au boulot pour la candidature communiste de Nathalie Arthaud, et avec détermination et conviction.
Alors, quelques attaques acrimonieuses ici où là, ça n'empêche pas le soleil de briller ce matin.... Cool
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Vals

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