The artist
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The artist
The artist remporte un succès fabuleux, surtout aux Etats Unis. On peut s'interroger sur la raison de ce succès, à une époque où ce sont plutôt les monstrueux blockbusters avec poursuites en bagnoles spectaculaires qui font un tabac.
Le pastiche est parfaitement réussi, les acteurs sont impeccables, mais le réalisateur Michel Hazanavicius n'a pas fait preuve de la même audace que dans les OSS 117; où il n'hésitait pas à ridiculiser l'idéologie dominante colonialiste et raciste des années soixante. La seule scène clin d'oeil un poil subversive de The artist est, au tout début, la projection d'un film anticommuniste caricatural où des bolcheviks en veste de cuir tentent de laver le cerveau du héros - mais ce clin d'oeil est passé plus ou moins inaperçu dans les critiques.
La crise de 29 est totalement sous-utilisé, alors qu'un rapprochement avec celle d'aujourd'hui aurait été bienvenu. On chercherait vainement toute critique sociale : les relations entre la star et son fidèle domestique-chauffeur sont présentées au premier degré. La misère de la population n'est pas évoquée. Seule la déchéance de la star est censée susciter l'empathie du public...
Cette copie conforme sans prise de distance est sans doute une des raisons du succès du film, au delà de la performance technique. Les Américains versent une larme attendrie sur leur passé mythique et révolu. Ils n'auraient sans doute pas apprécié qu'on leur montre les aspects noirs de leur civilisation, l'exploitation, la violence contre les pauvres, le racisme. D'ailleurs, un Black, on n'en voit pas un seul dans le film. Michel Hazanavicius a respecté intégralement les codes de l'époque, y compris la ségrégation.
Le pastiche est parfaitement réussi, les acteurs sont impeccables, mais le réalisateur Michel Hazanavicius n'a pas fait preuve de la même audace que dans les OSS 117; où il n'hésitait pas à ridiculiser l'idéologie dominante colonialiste et raciste des années soixante. La seule scène clin d'oeil un poil subversive de The artist est, au tout début, la projection d'un film anticommuniste caricatural où des bolcheviks en veste de cuir tentent de laver le cerveau du héros - mais ce clin d'oeil est passé plus ou moins inaperçu dans les critiques.
La crise de 29 est totalement sous-utilisé, alors qu'un rapprochement avec celle d'aujourd'hui aurait été bienvenu. On chercherait vainement toute critique sociale : les relations entre la star et son fidèle domestique-chauffeur sont présentées au premier degré. La misère de la population n'est pas évoquée. Seule la déchéance de la star est censée susciter l'empathie du public...
Cette copie conforme sans prise de distance est sans doute une des raisons du succès du film, au delà de la performance technique. Les Américains versent une larme attendrie sur leur passé mythique et révolu. Ils n'auraient sans doute pas apprécié qu'on leur montre les aspects noirs de leur civilisation, l'exploitation, la violence contre les pauvres, le racisme. D'ailleurs, un Black, on n'en voit pas un seul dans le film. Michel Hazanavicius a respecté intégralement les codes de l'époque, y compris la ségrégation.
verié2- Messages: 3012
Date d'inscription: 11/07/2010
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