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Idées libérales et les contre-arguments à opposer

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Idées libérales et les contre-arguments à opposer

Message  Isildur le Mar 22 Nov - 22:11

Un petit fil pour reprendre les arguments libéraux et libertariens et une discussion éventuelle pour savoir quels contre-arguments reprendre pour les contrer?

Pour commencer, on peut prendre ce vieil Hayek.

Cependant, il a proféré des aberrations économiques (Einstein) ; laissez-moi vous donner un exemple. Il se rallia à une dénonciation typiquement socialiste du profit, en disant que l’erreur de notre monde moderne était qu’il ne produisait pas pour l’utilité mais pour le profit. Nous devrions produire utile afin de satisfaire les besoins de l’Homme. Et pourtant, ce que j’appelle l’ordre dispersé de l’activité humaine, n’est devenu possible que par le passage de la production pour l’utile à la production pour le profit.

Je m’explique :

Si vous réfléchissez un moment, vous vous rendrez compte que nous produisons tous pour satisfaire les besoins de gens dont nous ne savons rien, de même nous vivons tous grâce aux efforts de gens dont nous ne savons rien. Ce qui veut dire que l’interaction actuelle produisant le volume de biens qui permet d’entretenir la population mondiale, est le fait de gens dirigés des fins dont ils ne savent rien et d’autres gens comptant sur d’autres gens qui ne savent rien d’eux.

L’ordre dispersé, qui peut se constituer sur un marché compétitif, est en ce sens un ordre guidé non par la tentative délibérée de satisfaire des besoins connus, mais par le fait qu’il est servi par un mécanisme, le mécanisme du marché, qui nous dit ce qu’il faut faire, et la manière dont il nous dit ce qu’il faut faire, comporte le profit.

Par conséquent, l’ordre dispersé qui seul nous a permis d’utiliser les ressources du monde, dans toute son extension, est dû au fait, qu’Einstein et tous les socialistes condamnent, que nous produisons pour le profit et non pour l’utilité.

Or ceci suppose que nous avons compris une façon de penser qui est différente de la pensée strictement rationaliste, car nous devons admettre que certaines traditions, les traditions morales, sont dans un sens, supérieures à la pensée traditionnelle, ce qui veut dire qu’il y a certaines choses que nous ne pouvons réaliser qu’en obéissant à des traditions qui ont été largement préservées par la religion et les croyances, et non pas en nous fondant sur la raison.

À cet égard, je voudrais vous raconter une petite anecdote assez sympathique : j’ai récemment, il y a un ou deux ans, été convié traiter de ce sujet au cours d’une conférence qui était en fait organisée par un haut dignitaire de l’église catholique, à l’occasion du centenaire de Charles Darwin, et ma tâche consistait faire un compte rendu sur l’évolution culturelle et non sur l’évolution biologique. Lors de cette conférence sur l’évolution culturelle, j’ai tout d’abord plus ou moins offensé de manière impardonnable l’organisateur, ce Cardinal, en disant que même un agnostique comme moi doit admettre que nous devons la civilisation aux superstitions. Ce fut un mot trop fort et je pouvais voir sur son visage combien il était offensé. Ainsi, sur l’inspiration du moment, j’ai inventé un autre mot : « Oh, je vous présente mes excuses, superstitions est un mot trop fort, appelons plutôt cela « les outils symboliques ».

Nous tombâmes d’accord sur le terme « outils symboliques » qui ne sont pas le résultat de l’intelligence, ni des outils tels que les outils de la science que nous pouvons démontrer, mais qui sont traditions.

Ils sont encore valables aujourd’hui dans la mesure où ils nous guident dans la bonne direction. C’était une bonne expression « les outils symboliques » ; le Cardinal et moi en tant qu’agnostique étions certainement parfaitement d’accord, nous pouvions être d’accord sur ce qu’était la base de notre civilisation.

En un sens, la morale du marché est une condition de survie pour l’humanité à son niveau démographique actuel. Notre morale ne fait ainsi que servir la vie.

La tradition morale que l’évolution a produite est la méthode qui nous permet de maintenir la population à sa quantité présente pour finalement conclure cet argument particulier, je pense que la meilleure illustration en serait celle-ci :

Vous seriez surpris si je vous disais qu’a priori je suis tout fait d’accord avec Karl Marx lorsqu’il soutient que le prolétariat est une création du capitalisme.

Le capitalisme a maintenu en vie le prolétariat : ainsi, cette population supplémentaire du monde qui n’aurait pas pu vivre sans capitalisme, c’est le capitalisme qui lui a permis de survivre. Karl Marx émet une absurdité lorsqu’il déclare que le capitalisme a été créé aux dépens du prolétariat. Au contraire, c’est le prolétariat qui est un produit du capitalisme car seul le capitalisme pouvait maintenir en vie toute cette population supplémentaire.

Elle serait morte si le capitalisme n’avait pas permis l’accès tant de nouvelles ressources. Sur ce point je crois que nous pouvons nous en arrêter là.

Isildur

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Re: Idées libérales et les contre-arguments à opposer

Message  Roseau le Mar 22 Nov - 22:31

Tissu de bêtises
1. Le marché (l'échange marchand) n'est pas né avec l'espèce humaine
2. Le capitalisme n'est pas né avec le marché.
3. Hayek est seul responsable des conneries qu'il attribue à Marx

Quant aux convictions socialistes de Einstein, elle sont ici, et intéressantes à beaucoup de point de vue:
http://www.socialisme.be/marxismeorg/1949einstein.html




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Re: Idées libérales et les contre-arguments à opposer

Message  irving le Mer 23 Nov - 0:15

Bonsoir,
Je pense que la principale limite du libéralisme se résume dans la croyance suivante : "l'intérêt collectif correspond à l'agrégation (la somme) des intérêts individuels" résumée par la formule célèbre d'Adam Smith.
Il est facile de démontrer que la société est structurée en classes sociales, dont les intérêts sont antagonistes.

Sur le "laisser-faire", il est très facile de démontrer que :
1) Le marché n'est pas un ordre économique naturel : il y a eu des sociétés non marchandes et il subsiste des sphères non marchandes au sein même des économiques marchandes
2) Il n'y a pas de marché sans Etat. La création du marché est nécessairement précédée par celle de l'Etat, qui définit la sphère sociale dans laquelle les "lois" du marché s'applique.
3) Le marché n'est pas le mode optimale de coordination des agents économiques : asymétries d'informations, concurrence imparfaite, etc... autant de phénomènes réels qui vont créer des écarts entre l'offre et la demande ce qui ce traduira par des niveaux de production et de consommation qui ne permettront pas de maximiser la satisfaction des besoins des agents.
4) La libéralisation des marchés c'est-à-dire l'accroissement de la concurrence s'est historiquement traduite par une instabilité financière, et donc économique, accrue. Le libéralisme est porteur de crises pour la raison évoquée : il n'existe en réalité aucun mécanisme économique qui garanti un ajustement optimal entre offre et demande. Ce mécanisme peut également être remis en cause d'un point de vue théorique, et pas uniquement pratique comme cela est fait ici.

irving

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Re: Idées libérales et les contre-arguments à opposer

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