Etats-Unis d'Amérique

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Re: Etats-Unis d'Amérique

Message  Leoni le Jeu 30 Juil - 10:47

Labour party ne signifie en aucun cas une "domination banche" automatiquement! La solidarité de classe contre l'exploitation capitaliste l'emporte sur les autres considérants; la nature pré-définie d'un tel parti n'est pas donnée ( réformiste ou révolutionnaire), voir la discussion de Trotsky avec les dirigeants du SWP, notamment sur cette question.

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Re: Etats-Unis d'Amérique

Message  Toussaint le Jeu 30 Juil - 16:28

Labour party ne signifie en aucun cas une "domination banche" automatiquement!

Automatiquement, oui et non.

D'abord, la majorité du salariat aux Etats Unis est blanche. Pas partout, pas toujours, mais sur l'ensemble du territoire, sans aucun doute. Et le moins que l'on puisse en dire est que le racisme y est bien présent, de même que le nationalisme. Donc, à moins de faire une très solide sélection à l'entrée, en particulier sur les préjugés et les stéréotypes, il y a d'énormes chances de retrouver ces préjugés et ces stéréotypes dans le parti. Et si on pratique ce genre de sélection, ce ne sera pas le seul critère, et on retrouvera au bout un bon groupuscule des familles et pas un Labour Party.

Ou on peut en effet concevoir une très large autonomie au sein du parti pour les organisations noires, latinas, etc. Mais il y a de bonnes chances pour que cela ne soit pas simple dans la pratique.

Surtout la question préalable de toute perspective de participation de structures d'auto-organisation noires à un parti est celle de la position de ce parti, et de ses pratiques, parce qu'on peut très bien avoir des positions "impeccables" sur le papier qui ne se retrouvent pas dans l'action, en particulier dans l'action sur le terrain. La question centrale, ce n'est pas de demander aux noirs de construire une branche noire d'un parti non-noir, quel qu'il soit, mais que ce parti fasse ce qu'il faut pour que les noirs y voient un instrument d'émancipation, un allié dans leur lutte. Tant que ce préalable n'est pas rempli, il serait simplement inconvenant de demander quoi que ce soit à une structure d'auto-organisation noire en termes d'alliances et encore moins en terme d'association organisationnelle. C'est aussi une question de bon sens, on est attiré par ceux qui vous soutiennent, qui vous défendent contre le racisme, pas par ceux qui conditionnent leur solidarité contre le racisme à des prises de position d'organisations ou de groupes politiques venant de la communauté ou s'en réclamant.

Donc, oui, il faut construire un Labour Party, et celui-ci devra s'attaquer aux discriminations de genre, de race, de culture, de religion, etc... Et montrer aux féministes, aux militants noirs, aux musulmans, aux migrants, et là on est dans la majorité écrasante de la classe ouvrière, qu'il ne conçoit pas l'unité contre l'exploiteur commun sans la lutte contre les discriminations. C'est ce qui permettra en effet de poser la question des alliances à tous les mouvements d'auto-organisation des groupes discriminés. Sinon, de toute façon, cela ne marchera pas, cela n'a pas marché. Ce n'est pas seulement limité aux Etats Unis, d'ailleurs...

Ensuite, qu'au sein du mouvement noir, il faille reconnaître les oppressions spécifiques, et les aborder, qu'il faille penser la question des alliances, de l'ennemi commun, c'est évident. L'auto-organisation des discriminés et des minorités ne débouchera pas sur leur émancipation dans le cadre du système capitaliste. Et tout parti, fût-il noir, ou indigène doit un jour répondre dans sa propre base sociale à des questions d'oppressions spécifiques qui la traversent, notamment de genre. Mais le corollaire est aussi vrai, il n'y aura parti révolutionnaire de masse ou suffisamment de masse sans que ce parti ait pris à bras le corps la lutte contre toutes les oppressions, y compris celles de genre, de race, de culture, de religion, de nationalité, etc...
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Re: Etats-Unis d'Amérique

Message  Byrrh le Mer 9 Nov - 17:25

Excellent éditorial de Lutte ouvrière. Ça change des jérémiades catastrophistes et désespérées qui ont cours depuis ce matin... Il importe effectivement de souligner que les travailleurs américains n'ont pas attendu Trump pour voir leurs conditions de vie se dégrader de façon dramatique ; comme il est nécessaire de rappeler que les Afro-Américains et les Latinos n'ont pas attendu Trump pour se faire tirer comme des lapins ou pour peupler en masse les pénitenciers.

L'étiquette sur le bocal à cornichons a changé, mais dans les faits, le contenu restera le même...

Le prolétariat américain est l'un des plus importants du monde, et sa force collective potentielle est intacte, malgré tous les mauvais coups qui s'abattent sur lui. C'est là qu'est l'avenir, pas dans des spéculations et des illusions sur les prétendus enjeux des élections bourgeoises.

Trump l’emporte sur Clinton : un cirque électoral où le capital gagne à tout coup

09/11/2016

La victoire de Trump aux élections américaines a déjoué la plupart des pronostics. En France bien des journalistes et des politiciens cachent mal leur dépit de voir un candidat ayant fait une campagne aussi démagogique parvenir à l’emporter.

Mais toute une partie de la population qui vote traditionnellement pour les Républicains, s’est reconnue dans le discours anti-mexicain ou anti-musulman de Trump et n’est certainement pas fâchée de voir tourner la page d’un président noir qu’elle n’avait pas accepté. L’électorat évangélique, très conservateur et traditionnellement républicain, se pinçait le nez pour voter Trump, un homme marié trois fois, et manifestement plus prédateur sexuel que grenouille de bénitier. Mais l’aversion pour les Démocrates l’a emporté.

Trump l’a aussi emporté dans des États industriels du Midwest, non seulement l’Ohio, un des « swing states », un État basculant tantôt du côté républicain, tantôt du côté démocrate, mais aussi dans le Michigan, traditionnellement acquis aux Démocrates. Dans ces États, les fermetures d’usines se sont multipliées et la condition ouvrière s’est dégradée. Même les salariés qui gardaient leur emploi ont souvent vu leur contrat de travail renégocié à la baisse, en termes de régime de retraite ou de salaire. La campagne démagogique de Trump pour le protectionnisme et contre les « délocalisations » a porté.

Trump a également repris des thèmes du mouvement contestataire « Occupy Wall Street », contre le « système », en dénonçant par exemple la hausse des cotisations qui a accompagné la réforme de l’assurance-maladie dont Obama est si fier. Dans ces États, les hommes blancs ont largement voté pour Trump ; par exemple, deux tiers des hommes blancs de l’Ohio ont voté pour Trump, contre seulement un tiers pour Clinton ; dans le Michigan, 64 % des hommes blancs auraient voté pour Trump, 28 % pour Clinton.

Certes, 88 % des Afro-Américains et 65 % des Hispaniques auraient voté pour Clinton. Mais ils ne représentent qu’une minorité de  l’électorat, et ils ne se sont pas mobilisés plus massivement pour la championne de Wall Street. Toute une partie de la population, notamment sa fraction la plus pauvre, ne vote pas : soit elle n’est pas inscrite sur les listes électorales, soit elle n’en a pas le droit après une condamnation, ce qui est le cas pour six millions de personnes. Soit encore qu’elle ne voit pas d’enjeu dans l’élection présidentielle. Le 8 novembre, moins de 60 % des Américains en âge de voter l’ont fait. Trump a donc été élu avec quelque 60 millions de voix, sur environ 230 millions de personnes en âge de voter.

Hillary Clinton était la chouchoute des milieux d’affaires et des politiciens européens. Mais ce n’est pas le meilleur brevet aux yeux des électeurs des classes populaires ! Les Démocrates ont été au pouvoir au cours de 16 des 24 dernières années, dont les huit dernières, et l’électorat a vu les inégalités se creuser et son niveau de vie se dégrader. Clinton était particulièrement associée à cette politique. Déjà en 2008, Obama, alors un inconnu, l’avait sèchement battue dans les primaires démocrates. Encore en 2016, un autre inconnu se présentant comme socialiste, Bernie Sanders, l’a emporté dans 22 des 50 États, en dénonçant Clinton comme la favorite de Wall Street.

Trump s’est fait élire en se présentant comme le candidat anti-système ; quelle escroquerie, pour un magnat de l’immobilier ! Il s’est présenté comme le garant d’un meilleur avenir pour le peuple américain ; quelle comédie ! Dans son discours de victoire, il a promis de doubler la croissance, de rétablir les emplois perdus, de construire des hôpitaux et de réparer les routes ; quel cinéma ! Comme tous les politiciens, Trump fera ce que la grande bourgeoisie exigera de lui. Et pas plus qu’aucun autre, tout milliardaire qu’il est, il ne dominera l’économie capitaliste.  

Pendant sa campagne, Trump a multiplié des promesses démagogiques qu’il ne tiendra pas.

Il a promis de mettre fin à l’immigration clandestine. Si son succès reflète une progression de la xénophobie, il risque aussi de l’exacerber. Trump peut prendre des mesures symboliques, comme le renforcement du mur à la frontière mexicaine. Mais il y a sans doute onze millions d’étrangers sans-papiers aux États-Unis, et toute une partie des entreprises, y compris celles de l’empire Trump, fonctionnent avec des étrangers sous-payés et n’ont pas l’intention de s’en priver. Les expulsions, déjà très nombreuses sous Obama, vont peut-être se multiplier, et la vie des immigrés sera sans doute plus dure, mais l’immigration ne va pas cesser : la bourgeoisie en a trop besoin.

Trump a fait du protectionnisme son cheval de bataille, en promettant de ramener des emplois aux États-Unis. La bourgeoisie américaine souhaite bien sûr que son marché intérieur soit protégé et, dans une certaine mesure, l’État fédéral mène déjà la guerre commerciale. Mais les grandes multinationales tiennent également à pouvoir accéder à de nombreux marchés étrangers. La Chambre des représentants et le Sénat sont majoritairement républicains et acquis au libre-échange. Et Apple ne fera pas produire ses iPhone et ses iPad dans le Midwest, plutôt qu’en Chine !

Ceux des travailleurs américains qui ont voté pour Trump en espérant que leur condition s’améliore en seront donc pour leurs illusions.

En même temps, le camp des travailleurs n’était pas représenté dans cette élection présidentielle.  Même si les dirigeants syndicaux appelaient à voter Clinton, sa défaite n’est pas celle du monde du travail. Celui-ci devra donc se faire entendre sur son propre terrain, celui de la lutte des classes. Par le passé, les travailleurs américains, les Noirs en particulier, ont lutté sous des présidents aussi anti-ouvriers que Trump, qu’ils soient Démocrates ou Républicains. Et ce n’est pas la victoire de ce patron de combat, aussi réactionnaire soit-il, qui pourra les empêcher de se battre.

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Re: Etats-Unis d'Amérique

Message  verié2 le Mer 9 Nov - 19:49

L'élection de Trump, ce n'est certes pas l'arrivée du fascisme aux Etats Unis, comme certains ont l'air de la croire. Mais ça peut encourager toute la racaille raciste, xénophobe, sexiste, homophobe, les réacs de tout poil. Mais ce n'est pas davantage une catastrophe mondiale que l'élection d'Obama n'était une grande victoire...

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Re: Etats-Unis d'Amérique

Message  barnum le Dim 13 Nov - 15:14

Rappelons simplement ce que déclarait le chef d'état-major des armées américaines à la veille des élections : "il est pratiquement garanti qu'à un moment donné la guerre éclate entre les Etats-nations..." et, s'adressant aux pays ennemis de l'Amérique (Russie, Chine, Iran, Corée du nord), de déclarer: " Les forces armées des Etats-Unis ne vous laisseront pas faire, nous allons vous écraser comme vous ne l'avez jamais été...Nous détruirons n'importe que ennemi, n'importe où, n'importe quand".
D'ores et déjà, les guerres se généralisent au Moyen-orient, en Asie, en Afrique, elles sont l'expression de la crise et de la décomposition du système capitaliste mondial, et en même temps de l'incapacité de l'impérialisme le plus puissant à en maîtriser les développements, réfractant toutes les contradictions de ce système.
1917-2017....comme le disait Lénine, nous somme bien dans "l'ère des guerres et des révolutions", mais, contrairement aux affrontements inter-impérialistes de 1914-18 et 1939-45 dont l'impérialisme US était sorti comme le plus puissant, aujourd'hui il est en déclin et en crise profonde, combinant tout à la fois la marche à la guerre, le parasitisme financier et la casse du coût du travail, via chômage de masse, précarité tous azimuts et destruction tout à la fois des ressources de la planète et des services publics...
Plus que jamais, l'avenir de la civilisation humaine exige de rompre avec la propriété privée des moyens de production et de combattre pour le socialisme....."Socialisme ou barbarie" comme le disait Rosa Luxemburg.

barnum

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