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Message  Duzgun le Sam 23 Juil - 20:31

LA SEMEXVAL ET LA SENATRICE UMP DU VAR ASSIGNENT A MANCA EN JUSTICE
Posté le Jeudi, 21 juil 2011 par desideriu. Sous la catégorie Attualità / Actualités, Una Tags: calvi, semexval, spéculation, ump


Suite à un article paru dans le journal N°99 « Tout est à nous » du 21 avril 2011, hebdomadaire du N.P.A, la société immobilière SEMEXVAL et sa pdgère Christianne Hummel , Sénatrice UMP du Var, porte plainte contre la porte parole d’A Manca pour diffamation. Anna Laura Cristofari est convoquée le 5 septembre au tribunal de Toulon. Ce sont tous les défenseurs du littoral et du patrimoine collectif en Corse qui sont visés à travers cette attaque frontale.
L’agenda des mobilisations à venir sera communiqué très prochainement. A Manca s’exprimera dans les prochains jours.
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Insularité, mafias...

Message  BouffonVert72 le Dim 18 Déc - 18:42



http://www.lepoint.fr/societe/le-flnc-denonce-des-derives-mafieuses-et-fait-des-propositions-politiques-18-12-2011-1409835_23.php]

le 18/12/2011 à 15:22 - Modifié le 18/12/2011 à 15:23

Le FLNC dénonce des dérives mafieuses et fait des propositions politiques



Le Front de libération nationale de la Corse (FLNC) a condamné des dérives mafieuses de la société insulaire dans un documents de 7 pages comportant des propositions politiques, notamment l'indépendance et la création d'une "citoyenneté corse", envoyé dimanche aux journalistes de l'île.

Le Front de libération nationale de la Corse (FLNC) a condamné des dérives mafieuses de la société insulaire dans un documents de 7 pages comportant des propositions politiques, notamment l'indépendance et la création d'une "citoyenneté corse", envoyé dimanche aux journalistes de l'île.

Le 28 novembre, l'organisation clandestine avait indiqué qu'elle ferait des "propositions politiques" dans "les prochaines semaines", alors qu'elle venait de revendiquer l'assassinat de Christian Leoni, le 28 octobre en Haute-Corse.

Ce chef d'entreprise de 49 ans, membre présumé de la bande dite de la Brise de mer, était tenu responsable par le FLNC de la mort de Philippe Paoli, un militant nationaliste tué le 28 juin.

Dans ce nouveau document de "Ribellu, a voce di u fronte", qui est l'organe de communication du FLNC (apparu à la fin des années 1970), l'organisation indique: "La gravité de la situation actuelle nous conduit à livrer notre analyse et à exposer un certain nombre de propositions. Malgré les satisfecits de certains représentants officiels qui continuent à se gargariser de tout ce que l'on fait pour la Corse, les indicateurs économiques et sociaux n'ont jamais été aussi préoccupants depuis bien longtemps."

Le FLNC remet en cause la politique de "l'Etat français" et dénonce des dérives mafieuses de la société insulaire.

"Pendant ce temps, la part belle a été faite aux groupes mafieux qui ont infiltré un tissu économique déjà bien fragile pour mieux le vampiriser. Le trafic de drogue, pourvoyeur de fonds importants et rapidement disponibles, s'est développé parallèlement, avec des effets déstructurants dévastateurs sur la société corse toute entière."

Le FLNC, qui se présente comme une "émanation du peuple corse", réaffirme sa volonté de voir la Corse accéder à l'indépendance. " Nous défendrons sans relâche le droit imprescriptible du peuple corse à accéder à son indépendance nationale", est-il indiqué.

L'organisation affirme ne pas vouloir se substituer aux "organisations publiques du mouvement national", mais souhaite contribuer au débat proposant notamment "une citoyenneté corse" pour lutter contre la spéculation foncière, l'officialisation de la langue corse, une modération des prix des biens de consommation, ainsi que des mesures pour l'accès au logement ou la libération "des prisonniers politiques".

En outre, l'organisation prône la suppression des conseils généraux et des départements, selon elle "au coeur des toutes les dérives clientélistes", et souhaite en revanche que l'assemblée de Corse soit dotée du pouvoir législatif.

"Nous espérons ne plus avoir à intervenir de façon radicale", affirme le FLNC, ajoutant en conclusion du document: "Nous resterons attentifs et ne laisserons jamais passer une chance pour la paix."
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Message  gérard menvussa le Sam 12 Mai - 21:52

Corse, condamnation politique d’Anne Laure Cristofari
DESME Daniel
29 mars 2012

Anne Laure Cristofari était poursuivie par la sénatrice maire UMP de La Valette (Var) et la société d’économie mixte de la ville (Semexval) dont celle-ci était PDG, pour avoir oser écrire dans Tout est à nous  ! et sur le site de la Manca que cette société bâtissait des logements de standing à Calvi, avec la complicité de la mairie tenue par un cacique de l’UMP, au détriment des besoins de logements populaires. Mais qu’allait faire cette société varoise en terre de Corse  ? Sinon pour spéculer comme bien d’autres sur les produits juteux du tout-tourisme de luxe dont des aménageurs liés à des milieux politico-mafieux faisaient leurs choux gras. C’était rappeler un contexte et non étiqueter la Semexval comme mafieuse.

Plus que ce texte jugé diffamatoire et portant préjudice moral par les parties adverses, c’est l’action du Collectif contre la spéculation et pour le droit au logement de Calvi et ses premiers succès qu’il fallait faire taire, en frappant au portefeuille, pour un total de 26 000 euros, plus les dépens, plus publication. Excusez du peu. C’est cette dimension politique du procès qui avait été mis en lumière par les avocats d’Anne Laure, Me Pozzi-Pasquier considérant qu’il s’agissait pour les demandeurs de pénaliser le débat public et Me Prosperi ayant souligné que «  les nouveaux envahisseurs  » sont ceux «  qui sont en quête de profits colossaux  » sur le dos du peuple corse alors que les gens aux moyens financiers insuffisants ne peuvent pas se loger à des prix corrects.

Le tribunal a pourtant condamné Anne Laure mais a singulièrement diminué la facture. 1 500 euros pour propos diffamatoires, assortis d’un sursis de cinq ans. Et 500 euros de dommages et intérêts chacun pour la Semexval et pour la sénatrice, sans frais de justice ni publication dans la presse locale. Grâce au soutien financier recueilli par le comité, celui-ci va pouvoir continuer son action contre les prédateurs. De ce point de vue, l’objectif central de Mme Hummel n’est pas atteint. C’est devant ce bilan contradictoire que le collectif calvais contre la spéculation a décidé de ne pas faire appel, procédure longue et onéreuse. Le comité remercie tous ceux qui en Corse et sur le continent ont apporté leur soutien politique et financier, dont les avocats qui ont défendu le dossier gratuitement.

Daniel Desmé

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 142 (29/03/12).
Le procès de la spéculation en Corse

Le 15 février, un rassemblement de soutien avait lieu devant le tribunal de grande instance (TGI) de Toulon, auquel ont participé une douzaine de militantEs NPA du Var (dont Alain Krivine), le PS, LO, La Valette Écologie et quelques Corses vivant en France. Anna Laura Cristofari, porte-parole du Collectif de Calvi contre la spéculation et pour le droit au logement, comparaissait pour propos diffamatoires par la sénatrice-maire UMP Christiane Hummel de La Valette et la société d’économie mixte Semexval dont elle est PDG (voir Tout est à nous  ! n° 99 et 132). Au même moment une quarantaine de personnes se rassemblaient en Corse en signe de solidarité devant la sous-préfecture de Calvi. Corsica libera, parti nationaliste corse, à apporté son soutien à Anna Laura par voie de communiqué.

D’entrée de jeu, Me Pozzi-Pasquier considère qu’il s’agit pour les demandeurs de pénaliser le débat public. Il soulève plusieurs points de droit qui sont selon lui autant d’exceptions de nullité rendant impossible tout jugement sur le fond, par exemple que les statuts de la Semexval n’autorisaient pas Mme Hummel en tant qu’élue à agir au nom de l’entreprise. Ces points de procédure seront joints au fond, le président du tribunal voulant que les arguments sur le fond soient débattus afin de ne pas allonger les délais du jugement.

L’avocat des demandeurs parle «  d’insinuation  » diffamatoire sanctionnée par la loi sur la presse, de manque de faits objectifs. Bref, Anna Laura aurait «  manqué de prudence  » en laissant entendre que Mme Hummel pouvait être liée à la mafia sicilienne. Alors que l’expression «  politico-maffieux  » portait sur le contexte général en Corse et que les pratiques en question ne sont pas l’apanage de Cosa Nostra, loin s’en faut. Anna Laura, en tant que porte-parole d’A Manca, mène depuis longtemps la charge contre les dérives liées à une politique néolibérale en Corse basée sur le tout-tourisme et le BTP, elle sait de quoi elle parle quand elle s’attaque à la spéculation immobilière.

C’est donc en connaissance de cause que Me Prosperi, avocate nationaliste du barreau de Bastia, a développé de son côté une défense très politique et très argumentée sur la situation concrète dans l’île et a évoqué des faits où l’opacité règne en maître sur les opérations immobilières en Corse. Elle souligne combien le peuple corse lutte pour sa survie et que «  les nouveaux envahisseurs  » sont ceux «  qui sont en quête de profits colossaux  » sur le dos du peuple corse. Et cela passe par la remise en cause de plus en plus fréquente de la loi de protection du littoral pour le développement d’un tourisme de luxe, alors que les gens aux moyens financiers insuffisants ne peuvent pas se loger à des prix corrects. Elle argumente ensuite sur la procédure de la convention de développement passée avec la filiale de la Semexval, la vente de terrains dont les surfaces augmentent sans nouvelle enquête publique et dont les prix très avantageux seraient pour le moins sujets à caution. Opacité avérée donc.

On verra bien si les spéculateurs peuvent à loisir instrumentaliser la justice pour tenter de faire taire leurs détracteurs. Jugement attendu le 7 mars.

Desmé Daniel

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 137 (23/02/12).
Corse : criminalisation de l’action militante

Anne-Laure Cristofari, militante d’A Manca (la Gauche) et animatrice du collectif «  Contre la spéculation et pour le droit au logement à Calvi  », qui s’est mobilisé contre un projet de logements de standing au détriment de logements bon marché et d’équipements collectifs qui manquent cruellement, est poursuivie pour diffamation par les promoteurs.

Les promoteurs  ? La Semexval (Société d’économie mixte pour l’expansion de La Valette-du-Var), bien connue pour ses investissements spéculatifs dans la région. Sa PDG n’est autre que Madame Hummel, sénatrice UMP du Var et son président d’honneur, l’ancien ministre Hubert Falco. Pourquoi s’exiler de leur terre d’origine vers la Corse, sinon pour l’attrait de maxi profits liés au développement touristique intensif décidé par les majorités successives de la collectivité territoriale (région) et favorisé par l’État français ­ ? Et comme un bonheur ne vient jamais seul, le maire de Calvi qui a signé le permis de construire, Ange Santini, est aussi UMP. Vous avez dit coïncidence  ?

Quel est donc le crime d’Anne-Laure  ? D’avoir reproduit sur le site public d’A Manca un article qu’elle avait donné à Tout est à nous  ! (n°99 du 21-4-2011) dans lequel elle replaçait cette opération dans son contexte général, celui d’une «  cupidité des promoteurs aménageurs liés à des milieux politico-mafieux  ». De ce constat général, Hummel se sent visée et donc diffamée par amalgame, car le site internet serait un média tellement grand public, par définition, que l’atteinte à la réputation en serait d’autant plus grande. On ne savait pas que le site d’A Manca était si universellement connu  ! Ce qui les a au moins autant irrités, c’est l’ampleur de la mobilisation initiée par le collectif contre ce projet, l’écho rencontré dans la population qui a obligé le maire à reculer partiellement pour un des deux lots, en acceptant de construire des logements moins chers. Il pensait peut-être ainsi désamorcer le conflit. Las  ! Le collectif continue pour le retrait définitif du projet dans sa totalité. Il leur fallait donc frapper fort pour faire peur et faire taire.

Somexval et Mme Hummel réclament 10 000 euros chacun à titre de dommages et intérêts, et 3 000 euros chacun pour leurs premiers frais, sans compter tous les autres frais judiciaires, d’huissier et de parution du jugement dans trois journaux, en s’appuyant sur la loi de juillet 1881. Soit au minimum 26 000 euros, si le tribunal suivait la requête des plaignants  !
Samedi 14, une soirée de soutien à Anne-Laure s’est tenue à Calvi avec succès. 150 personnes, sans aucun dirigeant politique. Des militants investis localement dans des associations de défense de l’environnement, des militants culturels et des jeunes Calvais. Soirée chaleureuse et militante et qui a permis de récolter des dons. Très bon reportage dans la presse locale ce lundi matin. Il faut amplifier les soutiens, notamment financiers. Anne-Laure comparaîtra le 15 février à 15 heures au tribunal de Toulon.

Daniel Desmé

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 132 (19/01/12)/
La Pinède de Calvi, le Collectif et les spéculateurs

Depuis de nombreuses années, la Semexval (société d’économie mixte pour l’expansion de La Valette-du-Var), par le biais de sa filiale Corse aménagement développement (CAD), tente une OPA immobilière juteuse en direction de l’île en construisant des centaines de logements destinés à de riches spéculateurs tout autant en quête de villégiature que de bonnes opérations.

Notons que ces constructions sont le plus souvent réalisées dans des communes UMP, ce qui n’a rien d’étonnant lorsque l’on sait que la direction de la Semexval se compose de cadres du parti et se trouve intimement liée aux plus hautes sphères de l’État. Sa PDG est Christiane Hummel, sénatrice-maire UMP de la Valette-du-Var et son président d’honneur, l’ancien ministre Hubert Falco.

Quel est l’intérêt pour la Semexval de se développer en Corse  ? Son rôle essentiel de société d’économie mixte n’est-il pas de se préoccuper du développement de La Valette  ? La raison véritable est connue de tous  : c’est la potentialité touristique de la Corse, théâtre d’un boom immobilier significatif, qui attise la cupidité de promoteurs aménageurs liés à des milieux politico-mafieux.

À Calvi, s’est créé depuis novembre 2010 le Collectif contre la spéculation et pour le droit au logement, sous l’impulsion de militants d’A Manca alertés d’un odieux chantage pratiqué par la mairie.

Sur un terrain communal, est prévue la réalisation de 40 logements réservés à des revenus intermédiaires. La CAD s’engage à les réaliser un prix inférieur à celui du marché (entre 1 800 et 2 000 euros le m2).

Dans la Pinède de Calvi, sur deux parcelles appartenant depuis 1995 à la commune, il s’agit de construire 97 appartements de standing vendus entre 5 000 et 8 000 euros le m2 et uniquement destinés à une riche clientèle touristique.

Des résidents calvais se positionnent en vue d’acquérir les futurs logements à caractère social. Ils achètent sur plan et entament les démarches visant à obtenir un prêt bancaire.

Dans un second temps, dans toute la ville mais aussi par voie de presse, la municipalité consciente de l’hostilité d’une partie de l’opinion face à un énième projet immobilier dans une pinède ravagée, affirme que l’échec du projet spéculatif dit des Rivages de Calvi entraînerait l’impossibilité de réaliser les logements à caractère social.

Il est à noter qu’à aucun moment, le contrat des futurs acquéreurs des logements sociaux ne précise que de la réalisation du projet spéculatif dépend celle du projet à caractère social.

Dès lors, on ne sait plus si le maire UMP Ange Santini s’exprime en tant que premier magistrat de la commune ou en tant que promoteur immobilier. Opacité et confusion des genres entourent donc ce dossier.

Notre collectif se heurte à des pratiques politiques d’un autre temps, faisant la part belle à l’obstruction, la désinformation et l’intimidation. Néanmoins, il a obtenu de réelles avancées, notamment que soient dissociés les deux opérations immobilières, et poursuit sa mobilisation afin que la réalisation des Rivages de Calvi soit totalement abandonnée.

Anna Laura Cristofari – A Manca

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 99 (21/04/11).
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Dernière édition par gérard menvussa le Mer 5 Juin - 9:29, édité 1 fois
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Le FdG contre la langue corse!

Message  Roseau le Mer 24 Avr - 0:33

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Co-officialité de la langue corse

Message  Toussaint le Sam 1 Juin - 14:25

Vote du statut de co-officialité de la langue corse
(Alex Bertocchini – Alta Frequenza) - C’est sous les applaudissements d’une assemblée de Corse debout et parmi les accolades et embrassades des différents groupes politiques que s’est terminé hier soir (vendredi) le débat marathon sur le nouveau statut de la langue corse. Vendredi 17 mai, un peu plus de vingt heures, Grand Hôtel et Continental, siège de la Collectivité de Corse: Le vent de l’histoire semble avoir osé un souffle sur l’institution et par effet induit sur la Corse entière. 36 voix pour, mais surtout aucune voix contre, sont venu ponctuer deux jours d’un débat difficile qui pourrait avoir des conséquences incalculables sur le devenir de la langue corse et au-delà sur l’avenir de la Corse en général. Impensable il y a encore quelques mois, la majorité de Paul Giacobbi, dans toute sa diversité, a réussi à dégager un très large consensus sur une question qui a longtemps crispé les choses en Corse: La langue de ce pays a-t-elle les mêmes droits que la langue officielle le français. Depuis hier soir la réponse est Oui car l’Assemblée de Corse semble avoir réussi la gageure de s’affranchir enfin de la crainte des foudres constitutionnelles. Bien sûr, demain on ne va pas raser gratis et le chemin sera encore long et difficile pour parvenir réellement à mettre la langue corse hors de danger. Pourtant ce chemin a connu hier une étape importante et plutôt que d’entrer dans la technicité d’un dossier difficile nous avons préféré vous faire partager l’émotion, le mot est juste, qui a plané sur l’Assemblée de Corse. Les groupes nationalistes, comme la plupart des groupes de gauche, ont été les artisans d’un consensus difficile à construire mais qui est tout de même parvenu à maturité.

Hè cù i sciaccamanati di un’assemblea di Corsica arritta è l’abbracciati è i basgi di i sfarenti gruppi pulitichi chì u longu dibattitu nant’à u novu statutu di a lingua corsa s’hè compiu. Vennari u 17 di maghju, 8 ori di sera passati, Grand Hôtel è Continental, locu di a Cullettività di Corisa: U ventu di a storia pari avè vulsutu suffià nant’à l’istituzioni è di colpu nant’à a Corsica sana. 36 voti à prò, ma soprattuttu nisunu contru, ani chjosu dui ghjorni di un dibattitu difficiuli chì pudaria avè cunsiquenzi impurtantissimi nant’à l’avvena di a lingua corsa è aldilà di a Corsica in ghjinirali. Un affari chì ùn si pudia micca pinsà calchì mesi fà: a maghjurità di Paul Giacobbi, inde tutta a so diversità, hè riisciuta à uttena un accunsentu assai largu nant’à una quistioni chì hà diranghjatu duranti un pezzu in Corsica : A lingua di issu paesi t’hà o micca i listessi diritti cà a lingua ufficiali u francesi ? Dipoi arisera, a risposta hè Iè parchì l’Assemblea di Corsica pari avè riisciutu a scumessa di scartà infini a paura di u blucchimi custituziunali. Sicura, a strada sarà sempri longa pà riescia veramenti à salvà a lingua corsa. Eppuru, issa strada hà cunnsciutu arisera una tappa impurtanti è inveci d’entra ind’u carattaru assai tennicu di un cartulari difficiuli, ci hè parsu meghju di fà vi scumparta l’emuzioni prisenti à l’Assemblea di Corsica. I gruppi naziunalisti, com’è a maiò parti di i gruppi di manca, sò stati l’artisgiani di un accunsentu difficiuli à custruiscia ma chì hè quantunqua divintatu maturu.
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Re: Corse

Message  Prado le Dim 2 Juin - 23:49

Toussaint, que penses-tu de ce vote ? Quelles vont être les conséquences ? Que faudrait-il faire en France ?
J'ai cherché sur internet, et je n'ai pas trouvé grand chose dans la presse, en dehors de la presse corse, ce que je trouve surprenant.

"La langue officielle corse en question" (AFP, lefigaro.fr , 17 mai 13)
- 18 mai
"L’instauration de la coofficialité de la langue corse et du français, qui risque d’être invalidée par le Conseil constitutionnel, a été décidée ce soir à Ajaccio par l’Assemblée de Corse, au terme de deux jours de débats. Les "Propositions pour un statut de coofficialité et la revitalisation de la langue corse" présentées par le Conseil exécutif de la Collectivité territoriale, dont la majorité est de gauche, ont été approuvées par 36 des 51 voix de l’assemblée.

Onze conseillers territoriaux, de droite comme de gauche, n’ont pas participé au vote et quatre se sont abstenus.

Alors que 112 amendements avaient été présentés pour modifier le texte original, celui-ci a finalement été adopté à peu près dans son état initial. Ce dispositif prévoit l’utilisation de la langue corse dans tous les domaines de la vie publique, économique et sociale (éducation, services publics, médias).

Visant à "protéger, encourager et normaliser l’usage du corse dans tous les domaines et garantir l’emploi officiel du français et du corse à parité", il prévoit aussi un vaste plan de formation, notamment des personnels de la fonction publique. Les 15 élus nationalistes se sont félicités de l’adoption du texte qui divisait la majorité de gauche de l’assemblée territoriale, la droite étant opposée. Les communistes ont déclaré approuver globalement le dispositif mais ont souhaité assouplir les dispositions relatives au recrutement des fonctionnaires.

Certains élus de gauche opposés à la réforme au prétexte que l’on ne peut pas "imposer" un tel dispositif qui en outre "ne franchira pas l’écueil constitutionnel" n’ont pas participé au vote. Si le vote a été applaudi par la plupart des élus présents, nombre d’entre eux n’ont pas dissimulé leur scepticisme sur la possibilité de faire entériner cette réforme par le conseil constitutionnel, alors que, contrairement à l’engagement de campagne pour l’élection présidentielle du candidat François Hollande, la France a récemment refusé de ratifier la charte européenne des langues minoritaires."

Prado

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Re: Corse

Message  Toussaint le Lun 3 Juin - 5:26

Rapidement, je pense à peu près la même chose, que le Conseil Constitutionnel invalidera, que le gouvernement fera tout pour s'y opposer, il en a montré déjà des signes avec l'attitude de "certains élus de gauche". C'est à dire que nous allons en revenir si c'est cela qui arrive au moment de Libert Bou déclarant que 250 000 corses autonomistes ne pourraient de toute façon pas modifier le statut de la Corse, seul le peuple français dans son ensemble ayant le pouvoir de le faire. C'était en 1975. Honnêtement, ils ne peuvent prendre le risque d'une telle reconnaissance officielle de la lutte nationale et de l'existence du peuple corse. Ils savent que ce ne sera que les olives de l'apéritif. Aujourd'hui il y a une vraie question du devenir de la Corse et de sa situation et les nationalistes ne sont plus les seuls à pointer les impasses de la gestion française de l'île.

Ensuite, la question sera de savoir ce que feront les nationalistes de l'opposition de l'état français. En effet je crois qu'ils auront une opportunité majeure de créer derrière eux un mouvement important, et de montrer d'un seul coup la réalité du pouvoir socialiste et des rapports entre la Corse et l'état français. La droite ne pourra pas prendre la tête de la contestation, ni le FN, la dynamique irait trop loin et je pense qu'ils se contenteront d'essayer de capitaliser le mécontentement et l'humiliation. Pour ce qui est des nationalistes, évidemment, c'est déjà une démonstration de leur capacité nouvelle à marquer les décisions de l'"Assemblea" (que personne en Corse n'a jamais, même une seconde, imaginé appeler "Cunsulta" Very Happy ), de leur capacité à entraîner la majorité de la représentation nationale sur certains éléments de leur programme. La décision de se retirer d'Emile Zuccarelli est aussi une indication précise que le vent tourne. Et le choix de Paris risque pour les nationalistes de poser la question de la suite. Parce qu'il y a une suite, évidemment, la question du corps électoral, et la question de la souveraineté tout court. C'est cela, ils le savent tous, qui va se trouver posé, quelle que soit la décision de Paris. Mais surtout leur flirt avec les droites soudain compréhensives et la gauche sensible les placera dans un choix difficile. La situation sociale est désastreuse, et si Paris ferme la porte sur la langue, personne ne peut se faire d'illusions sur le foncier, la politique des transports, fiscale, etc...

La question du FLNC sera aussi posée, car la capacité nouvelle des nationalistes à peser dans les décisions parlementaires nationales corses permet de rebattre les cartes et de voir avec des lunettes différentes la question du maintien d'une organisation armée clandestine, de la poursuite de la clandestinité. Si Paris acceptait les décisions sur la langue, évidemment, il y aura une vraie pression pour que le Front entre en sommeil. Et que les nationalistes se ressoudent, pour la première fois depuis la création du FRC. En revanche si Paris tape sur le museau, genre Chevènement avec son "corse composante du peuple français" qui avait clos les espoirs suscités par Rocard et Joxe, là, ce sera bel et bien au Front de parler. Autrement dit, la stratégie réformiste "parlementaire" serait nue, elle ne peut aboutir que si Paris y consent... Restera donc la radicalisation des formes de lutte, à nouveau, et en particulier sur la question de la colonisation de peuplement, la plus facile et la plus consensuelle, y compris avec certains secteurs de droite. A la place du gouvernement, j'attendrais soigneusement de laisser passer l'été pour réagir et pour le conseil constitutionnel, je me hâterais très lentement. Parce que s'ils ferment la porte au mois de Juin ou Juillet, l'été sera caniculaire et les nuits résonneront de l'écho de leur décision.
http://www.corsicainfurmazione.org/40936/corse-manuel-valls-la-violence-est-profondement-enracinee-dans-la-culture-corse-adn-genetique/2013/
http://www.corsicainfurmazione.org/42376/corse-photos-des-rassemblements-de-soutien-aux-interpelles-de-la-ghjuventu-indipendentista/2013/
http://www.corsicainfurmazione.org/42303/serie-dinterpelltions-en-corse-contre-les-militants-de-la-ghjuventu-indipendentista/2013/
http://www.corsicainfurmazione.org/42770/corse-visite-de-manuel-valls-laurent-marcangeli-et-femu-a-corsica-refusent-de-le-rencontrer/2013/


La crise couve et les nationalistes ne pourront pas faire autrement que d'y répondre: voici ce qu'en dit Le Figaro.

Mercredi et jeudi soir, vingt et un gendarmes et policiers ont été blessés à Bastia dans des affrontements avec de jeunes militants.

Une banque incendiée, vingt et un gendarmes et policiers blessés… Le bilan des affrontements qui ont éclaté à Bastia mercredi et jeudi soir est assez lourd. Avec une question clé: qui sont ces quelques 80 jeunes nationalistes s'étant battus pendant deux soirées avec les forces de l'ordre?

Agés de moins de 25 ans, ils se réclament de la Ghjuventu Indipendentista, la jeunesse indépendantiste corse. À l'origine, ce mouvement né à Corte en 1999 était un syndicat étudiant, œuvrant uniquement au niveau du campus de l'université de Corse. Mais depuis le début de l'année universitaire, cette organisation a opéré une sérieuse mutation. La Ghjuventu Indipendentista se définit à présent comme un groupe de jeunes nationalistes indépendantistes. Elle compte désormais très peu d'étudiants dans ses rangs, et avance des revendications politiques: préservation de la langue corse, défense du statut fiscal de l'île, libération des «prisonniers politiques»…

Appel à manifester

Ces jeunes militants, au profil encore peu expérimenté pour la plupart, sont de plus en plus actifs sur le terrain. Selon certains spécialistes, les membres de l'organisation agiraient de façon autonome, mais pour d'autres, ces faux électrons libres seraient en fait sous l'influence de leurs aînés nationalistes.

Mercredi et jeudi, ces jeunes ont en tout cas bien appelé à une manifestation devant le commissariat de Bastia en soutien aux huit personnes interpellées dans le cadre de l'enquête sur la tentative d'attentat à la voiture-bélier contre la sous-préfecture de Corte, le 1er avril 2012. Venus en nombre, ils ont d'abord manifesté dans le calme mais des heurts ont fini par éclater. Pendant deux heures, les policiers ont essuyé des jets de projectiles ainsi que des tirs de bombes agricoles, avant de réussir à disperser la foule à l'aide de gaz lacrymogènes.

Par ailleurs, un journaliste de France 3 Corse, qui filmait les affrontements, a été blessé jeudi soir par une grenade assourdissante des forces de l'ordre qui lui a endommagé le tympan de l'oreille gauche à 50 %, entraînant une perte d'acuité auditive et une incapacité temporaire de travail de dix jours.

«Nous n'admettrons jamais qu'un journaliste identifié comme tel avec sa caméra à l'épaule, excentré du lieu des affrontements, soit ciblé volontairement», a réagi la chaîne, qui a annoncé qu'elle déposerait plainte dès lundi matin au côté du journaliste. «Rien ne permet à ce stade d'établir l'origine du tir et encore moins d'affirmer que le journaliste a été visé volontairement», a répondu le ministère de l'Intérieur.

Si quatre des gardés à vue dans l'enquête sur la tentative d'attentat de Corte ont été relâchées, le climat reste très tendu. Attendu lundi et mardi en Corse, Manuel Valls a condamné ces troubles «avec une très grande sévérité».

Sur ce qu'il y a à faire en France, je crois que TEAN donne régulièrement des infos, même si à mon avis ils collent un peu trop à ce que dit A Manca. Il me semble que la nouvelle donne sur la co-officialité devrait être soutenue, et en montrer les limites, la question corse ne se réduit ni à la loi Littoral, ni à la Testa Ventilègne, et il faut dénoncer le harcèlement policier qui s'attaque aux nationalistes en laissant courir (du propre aveu des flics) les gangsters. Il faut être solidaire des jeunes emprisonnés et dénoncer ce chien de Valls qui nous insulte et parle d'omerta, qui demandait des délations, etc... Femu Corsica refuse de le rencontrer, en fait ils ne peuvent pas le rencontrer publiquement, c'est discréditant, même pour des "modérés", cela montre l'ambiance. Ils montent une liste pour les municipales de Bastia et ils ne peuvent se montrer en public avec ce porc. Je suppose que Valls va essayer de nuancer ses propos, mais il est clair qu'il a réussi à se griller en Corse, il n'est pas un interlocuteur. Et s'il vient faire son numéro habituel sur la police et la république, je crois qu'il va tourner à vide.

Que penses-tu de la situation, Marco Pagot?
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Message  Prado le Mer 5 Juin - 8:31

Corse : "Il n'y a qu'une langue de la République, c'est le français", selon Valls
Le Monde.fr | 03.06.2013 à 14h19 • Mis à jour le 03.06.2013 à 16h36

Nouvelle visite dans l'île pour le ministre de l'intérieur, Manuel Valls. Dans une interview parue dans Corse-Matin lundi 3 mai, Manuel Valls se dit défavorable au statut de "coofficialité" de la langue corse, votée par l'assemblée de l'île de Beauté en mai.

"Depuis la loi portée par Lionel Jospin, la République a donné sa place à la langue corse et l'a reconnue. Mais il n'y a qu'une langue de la République, c'est le français. Il n'est pas concevable qu'il y ait sur une partie du territoire une deuxième langue officielle", dit M. Valls dans cet entretien.

L'instauration de la coofficialité de la langue corse et du français, qui risque d'être invalidée par le Conseil constitutionnel, avait été décidée le 17 mai par l'Assemblée de Corse, au terme de deux jours de débats.

"L'IDENTITÉ CULTURELLE INSULAIRE"

"La pratique de la langue corse va au-dela de l'attachement affectif que les insulaires ont pour leur langue. Il s'agit de l'avenir de l'identité culturelle insulaire, souligne M. Valls. Et le gouvernement y est bien entendu attaché."

"L'Assemblée de Corse est habilitée à faire des propositions d'évolution législative au gouvernement, ajoute-t-il. Ce statut de coofficialité va cependant au-delà d'une modification du cadre législatif, car il concerne aussi des dispositions constitutionnelles."

En revanche, sur les évolutions institutionnelles le ministre ne répond pas. Il est notamment interrogé sur la proposition d'aligner le statut de l'île sur celui des territoires d'outre-mer, proposition contenue dans un rapport rédigé par des juristes dont le constitutionnaliste Guy Carcassonne, mort récemment.

"Votre question prend une résonance particulière alors que nous enterrons ce matin celui qui a été mon ami et un éminent juriste. La commission des affaires réglementaires et législatives [de l'Assemblé de Corse] présidée par Pierre Chaubon, que j'estime, réfléchis sur l'évolution institutionnelle de la Corse. Le gouvernement s'exprimera quand il sera saisi des propositions que lui fera l'Assemblée de Corse."

Ce rapport sur les évolutions institutionnelles a été présenté vendredi à l'Assemblée de Corse. Parmi ses propositions, une plus grande autonomie législative notamment dans les domaines foncier et fiscal.

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Message  Marco Pagot le Sam 15 Juin - 21:01

La situation est très intéressante

On est dans ce clair obscur où tout peut arriver.
Les indépendantistes sont à la croisée des chemins...
faut vraiment que je remette la main et que je remette au propre mon topo sur la corse pour la TC que j'avais fait, avec analyse marxiste depuis sampieru à aujourd'hui...

_________________
http://www.petitionfuriani.com/
Catastrophe de Furiani - 5 mai 1992
La catastrophe de Furiani ne doit jamais être oubliée et ce, pour qu’une telle tragédie ne se reproduise plus. Un devoir de mémoire est indispensable : Furiani mai più.
Nous demandons qu'aucun match de football professionnel ne soit plus dorénavant joué en France un 5 mai. Nous sollicitons par conséquent l'inscription de ce fait dans les règlements de la FFF et de la LFP.
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Re: Corse

Message  Toussaint le Sam 15 Juin - 21:32

Beatu chi ti leghja è santu chi t'ascolta...Very Happy
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Tchernobyl en Corse : un mensonge d’État

Message  Roseau le Jeu 18 Juil - 17:08

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Message  Toussaint le Ven 2 Aoû - 2:20

http://www.corsicalibera.com/?p=10936

http://www.corsematin.com/video/32eme%20joun%C3%A9es%20internationales%20de%20Corte%20%3A%20Talamoni%20%22une%20majorit%C3%A9%20tr%C3%A8s%20forte%20pour%20une%20r%C3%A9forme%20audacieuse%22/93dc8d29943s/super-corsematin/info

– A situazioni pulitica internaziunali di i populi in lotta è quilla di a Corsica sarani torna una volta à u centru di i tradiziunali Ghjurnate Internaziunali di Corti, chì sò urganizati ssa dumenicata. Mumentu puliticu di trinca di l’istati o ancu di l’annu ind’è noi, quissi quì adunisciarani parechji dilegazioni internaziunali, cù à u prugrammu frà altru cunfarenzi è dibattiti, cù unu cintrali : quillu nant’à a riforma istituziunali à l’assembla di Corsica, cù un raportu chì sarà prisintatu è duvarà essa vutatu da l’eletti à a fin di u mesi di sittembri. L’annu scorsu, ed era a prima volta, parsunalità pulitichi numarosi di tutti i currenti di l’isula erani sottu à u tindoni curtinesi pà parlà cù una voci sola nant’à i cartulari maiò di l’avvena di a Corsica. Quist’annu torna, certi ani rispostu à a chjama di Corsica Libera, chì urganizeghja a manifestazioni, è micca l’ultimi postu chì sò par asempiu quilli chì portani ssi famosi cartulari : Pierre Chaubon, Maria Giudicelli o ancu Pierre Ghionga pà u latu lingua corsa. Di pettu à u Statu chì pari essa sempri cioncu nant’à i dumandi di l’eletti corsi, u scopu sarà torna una volta di crià un accunsentu largu, mittendu da cantu i sfarenzi diversi.

Écoutez Josepha Giacometti, pour Corsica Libera.
http://www.alta-frequenza.com/index.php/l_info/l_actu/la_reforme_institutionnelle_au_centre_des_ghjurnate_internaziunali_di_corti_ce_week_end_63182
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Message  Toussaint le Sam 3 Aoû - 14:50


Pierre Poggioli: » Le milieu va peser de plus en plus sur la société «


Magazine Corsica : juin 2013

A l’occasion de la sortie de son nouveau livre, « Corse : entre néo-clanisme et mafia », nous avons interrogé le leader nationaliste sur l’histoire et le développement actuel du banditisme insulaire. Selon lui, la Corse pourrait devenir, d’ici quelques années, « une terre mafieuse ».




- - Corsica : Comment expliquer la persistance des comportements claniques en Corse ?
- Pierre Poggioli : Nous avons à faire à une société méditerranéenne avec un clanisme qui, au départ, s’est organisé à partir des villages et où il s’agissait de s’entraider, notamment pour se défendre contre les invasions. Ensuite, après Ponte Novu, l’occupant français, en soutenant certaines familles de notables, a commencé à jouer sur les divisions en installant une sorte de parti français. Il y a eu, dans le domaine économique, l’instauration des lois douanières, qui a été de pair avec l’imposition de la langue, la première école étant créée sous le règne de Napoléon III. Tout cela jusqu’à la guerre de 14, les clans ayant eu accès, entre temps, aux mairies, afin d’exercer leur pouvoir en déployant le cientélisme. Et, au-delà des partis de droite ou de gauche, qui n’étaient pour eux que des étiquettes, il y a eu des alliances, des désalliances. Le tout culminant avec l’arrivée d’Emmanuel Arène, un chef de clan qu’on a fini par appeler « le roi Emmanuel » tant il avait pris en main tous les rouages de la Corse, le tout avec la bénédiction de Paris à qui il servait de relais. Ensuite, la Corse a été divisée entre deux clans : Gavini puis Pietri (à droite) et Landry (à gauche) qui ont régné alternativement pendant des années, relayés ensuite par les Rocca-Serra et les Giacobbi. Avant qu’émerge une sorte de « néo-clanisme » qui perdure aujourd’hui.

- Corsica : Comment le banditisme a-t-il accompagné cette évolution politique ?
- Pierre Poggioli : Il existait, notamment dans les régions rurales, une grande proximité entre les clans et le banditisme. Une proximité qui a perduré après la grande rafle de 1931 qui a éradiqué le banditisme dit « d ‘honneur », lequel comptait bon nombre de racketteurs qui faisaient pression sur la population tout en étant parfois liés avec les clans en place. Après la guerre de 39/45, le banditisme traditionnel ayant disparu, les « voyous » corses, comme une grande partie de la population, se sont expatriés, sur le continent, mais aussi dans les colonies, en Asie ou en Afrique, où ils ont mis en place un certain nombre de réseaux. Le tout en occupant les domaines traditionnels du banditisme (prostitution, jeux), à Paris ou à Marseille. Jusqu’au phénomène de la « French connection », quand certains Corses, grâce à leurs réseaux dans les anciennes colonies, et souvent à partir de Marseille, ont alimenté en drogue les Etats-unis. La French connexion démantelée, il y a eu repli sur les bases traditionnelles : Paris, Marseille. Mais aussi, pour certains, la Corse, qui, dans les années 70, allait être mise en valeur. L’argent commençant à circuler, ils se disent : « Même en Corse, on peut faire des affaires. » Et c’est là que le banditisme corse, qui avait un peu été éjecté de Paris et de Marseille, notamment par de nouvelles franges du banditisme venues du Maghreb, a effectué une sorte de retour au pays. C’est dans ce contexte, par exemple, que la Brise de mer, profitant d’une absence de répression, s’installe. Un laxisme policier et judiciaire venant du fait que les autorités étant entièrement mobilisées contre le nationalisme clandestin ont laissé se développer le banditisme. Le champ était libre et le milieu corse, qui avait connu un certain tassement, a repris de la vigueur et a investi ses bénéfices provenant de hold-ups ou de tout autres trafics, dans l’économie locale… Par ailleurs, l’Etat tente de les utiliser contre le nationalisme, mais n’y arrive qu’imparfaitement. Après l’affaire Guy Orsoni et la réponse qu’elle a entraînée de la part des clandestins, le milieu commence à faire attention. Et, dans le nord, après la tenue, à la fin des années 80, d’une réunion entre les clandestins et des représentants du milieu, une sorte de pacte de non-agression est passé. Cela va arranger le milieu qui, à l’époque, n’est pas en position de force. Tout cela avant que certains voyous, profitant de leurs amitiés générationnelles avec des nationalistes, dans le nord et dans le sud, jouent de la situation au moment où le nationalisme est affaibli par ses querelles internes. Et ne craignant plus un affrontement avec les clandestins nationalistes, seule force à pouvoir s’opposer à eux, les voyous, à partir des années 2000, profitant toujours du développement de l’île, vont investir de plus en plus d’affaires en tentant de capter l’argent qui rentre de plus en plus en Corse. Et avec la disparition de Jean-Jé Colonna et de la Brise de mer, tout va exploser, chacun essayant de s’imposer.

- Corsica : C’est ce qui se passe actuellement ?
- Pierre Poggioli : C’est une période de structuration qui oppose deux grandes mouvances qui se font la guerre. Reste à savoir qui sera vainqueur et quelle sera la position de l’Etat. Parce que l’on a vu, par le passé, qu’il a souvent joué aux apprentis sorciers en s’appuyant sur les uns ou les autres. Il suffit de rappeler la manière dont avaient été enlevés, sur ordre de Marion, l’ex-patron de la DNAT, une série de noms figurant dans le fichier du grand banditisme. L’état manipule et intoxique, en donnant à certains l’impression d’une impunité dont ils profitent.

- Corsica : Mais le FLNC, que vous avez dirigé de 1977 à 1988, n’a -t-il pas participé, à sa manière, au développement de la violence qui, aujourd’hui, ensanglante la Corse ?
- Pierre Poggioli : Les nationalistes ont été destabilisés. A partir du moment où ils ont subi la guerre fratricide de 1990, ils ont été en position défensive. Il faut ajouter à cela la dépolitisation des nouvelles générations, le rôle d’Internet, de la téléréalité. Tout cela joue. Il y a une déliquescence, la Corse traditionnelle et rurale qui meurt de plus en plus. Les jeunes sont confrontés à une réalité différente. Les valeurs, c’est l’individualisme, le pouvoir de l’argent. Et les nationalistes n’ayant plus la possibilité de politiser les jeunes comme ils le faisaient dans les années 70-80, peuvent difficilement faire front.

- Corsica : Mais, c’est dernières années, les modèles, c’étaient d’un côté le voyou, de l’autre le clandestin…
- Pierre Poggioli : Cela a toujours existé en Méditerranée. À une certaine époque, les voyous devaient partir. Mais, aujourd’hui, l’argent est là. Et il faut ajouter l’intrusion de la drogue qui a cassé toutes les relations entre les uns et les autres. D’ailleurs, dans presque toutes les affaires, on évoque la drogue. Avant, dans les caches, il y avait des armes, des explosifs, mais pas de drogue. Tout cela participe de la déliquescence générale.

- Corsica : On parle d’enjeux financiers. Certes, ils existent. Mais, aujourd’hui, on se dit, compte tenu de l’accumulation des règlements de comptes, que ce n’est plus cela dont il s’agit.
- Pierre Poggioli : C’est vrai que le problème méditerranéen de la vengeance resurgit. Et aujourd’hui, n’importe qui pense qu’il est capable de faire n’importe quoi. Il n’y a plus de repères. Tout peut arriver. Ce qui implique cette surenchère folle des assassinats.

- Corsica : Doit- on, oui ou non, parler de mafia ? Votre livre ne semble pas trancher.
- Pierre Poggioli : Lorsque les gens entendent parler de mafia, ils pensent à la mafia sicilienne. Ici, cela n’a rien à voir. En Sicile, ce sont des familles, des patrimoines qui existent depuis des années. En Corse, non. Même si, petit à petit, tout cela se met en place. Avant, une grande partie de la population corse était dans la pauvreté, mais une fraction a finalement accédé à la richesse, tout cela en liaison avec des phénomènes de pouvoir. Mais si la Corse n’est pas la Sicile, il y a quand même, ici, une dérive mafieuse qui fait que, bientôt, tous les ingrédients seront là pour que la Corse devienne une terre mafieuse avec ses différents territoires. Ce n’est pas encore le cas, mais cela en prend la route. Et l’on peut se demander si, à un moment donné, l’Etat, qui ne pourra plus supporter que l’on tue n’importe qui, n’importe comment, s’accommode du fait qu’une ou deux équipes s’entendent pour contrôler la situation.

- Corsica : Que pensez vous des récents propos de Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, qui, après avoir parlé de « mafia » et « d’omerta », a évoqué une violence qui, selon lui, « fait partie de la culture corse » ?
- Pierre Poggioli : A un moment donné, lorsque l’on est incapable d’apporter une once de solution, on part dans le déraisonnable. Comme si l’on affirmait que les Suédois, qui incarnent le symbole de la « démocratie », étaient tous des assassins parce que leurs ancêtres étaient des vikings massacreurs. Au début, en arrivant ici, le ministre de l’Intérieur a tenté de comprendre, puis il a été débordé et il est donc reparti vers les clichés traditionnels sur la société. Clichés dont il sait que la population française raffole. C’est la facilité. Il aurait mieux fait de se poser la question de sa responsabilité, en tant que représentant de l’Etat, depuis trente, quarante ans. Sans vouloir aller plus loin dans le temps.

- Corsica : Oui. Mais, à lire votre livre, on a l’impression qu’il n’a pas complètement tort sur la violence de la « société » corse, et non la « culture », comme il l’a dit.
- Pierre Poggioli : Non. Dans le rôle qui est le sien, il n’a pas à tenir de tels propos. Il doit au contraire créer les conditions pour qu’il y ait une évolution positive de la situation qui ne cadre pas avec les propos trop simplistes qu’il a tenus. Sinon, qu’il le veuille ou non, il stigmatise toute une population. La violence n’arrive jamais naturellement dans un pays, c’est aussi la conséquence d’une attitude de l’Etat qui a joué les uns contre les autres, en négociant avec les uns et avec les autres, voire en achetant parfois la paix civile.

- Corsica : On a évoqué les connivences qui ont existé entre le clan et le banditisme. Cela existe-t-il toujours ?
- Pierre Poggioli : Cela reste peut-être marginal aujourd’hui. Mais à partir du moment où le milieu a vocation à instaurer un système mafieux, il doit automatiquement peser sur les élus, quels qu’ils soient, pour ne pas les laisser décider tout seuls. Et être élu, aujourd’hui, en Corse, ce n’est pas facile. Quelque décision qu’ils prennent, il existe toujours des pressions. Ce qui n’était pas le cas il y a vingt ans. Et le milieu va peser de plus en plus sur la société.

- Corsica : Alors, que doit faire l’Etat ?
- Pierre Poggioli : Il devrait d’abord se montrer plus humble. Ensuite, séparer le problème politique de celui de la violence de droit commun, et essayer de traiter les deux. Et surtout, en matière de criminalité, voir un peu où vont les fonds publics.

- Corsica : L’Etat ne va pas assez loin dans ce domaine ?
- Pierre Poggioli : Non. Après l’affaire Erignac, il avait mis en avant un pôle financier qui, par la suite, n’a guère fonctionné (voir bilan des enquêtes financières depuis). Et si cela continue, ce seront les mafieux qui, de plus en plus, vont imposer leurs candidats aux élections. Et tel ou tel candidat ne pourra pas se présenter s’il n’a pas l’aval de telle bande ou de telle autre.

- Corsica : Cela existe déjà ?
- Pierre Poggioli : Bien sûr. Quand on défilait dans les années 90 avec une banderole « Mafia no », tout le monde refusait cette réalité. Maintenant, on y est. Ou l’on y arrive.

- Corsica : En dehors des réponses policières, que peut-on faire ?
- Pierre Poggioli : Il faudrait que la société corse se mobilise. D’abord pour demander où va l’argent. Pour le reste, que la police fasse simplement son travail (application de la « loi littoral » par exemple). Aussi bien en ce qui concerne l’immobilier, dont le BTP, que la drogue qui sont les deux mamelles du milieu. Tout cela étant évidemment lié au problème du développement économique.

- Corsica : Est-ce vrai que le milieu a de plus en plus d’emprise sur le BTP ?
- Pierre Poggioli : Bien sûr. Pourquoi tous ces plasticages d’entreprise ? C’est logique, il y a des constructions, de l’argent à prendre.

- Corsica : Ce qui se passe dans le banditisme est-il une illustration de la déliquescence générale de la société corse ?
- Piere Poggioli : Évidemment. Tout va de pair. Et la dérive mafieuse se nourrit de la déliquescence de notre société. Il faut que l’Etat fasse le travail, ce qu’il n’a
pas fait depuis des années. Sans forcément passer par des juridictions spéciales telles que les JIRS. Il vaudrait mieux que la justice ait plus de moyens en matière d’investigations financières, ici, à sa disposition. Et il faut que toutes les forces politiques réfléchissent mieux sur le problème de la violence. À commencer par les nationalistes.

- Corsica : Les policiers disent ne pas faire de différence entre leur lutte contre le milieu et leur lutte contre les clandestins nationalistes. Qu’en pensez-vous ?
- Pierre Poggioli : Les liaisons entre les clandestins et le milieu sont marginales. Et, est-ce que pour autant, l’idée nationaliste n’existe plus ? Il y a toujours un problème politique qui n’est pas résolu.

- Corsica : Mais il existe des gens qui jouent sur les deux tableaux ?
- Pierre Poggioli : Sûrement. Mais c’est marginal par rapport aux préoccupations politiques qui sont essentielles, et que l’Etat feint de ne pas voir. Il doit admettre cette situation, de même que les nationalistes, en affirmant leurs revendications, ne peuvent occulter les phénomènes de violence criminelle. Les deux sont liés.


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Re: Corse

Message  Toussaint le Sam 3 Aoû - 14:52


Municipales Aiacciu : Réponse au Front National


16 juillet 2013 : Municipales Aiacciu

Suite aux déclarations de Mr José Risticoni, Front National, à Corse-main le 6 juillet 2013.

Dans une interview à un quotidien régional, José Risticoni, responsable du FN de Corse-du-Sud, candidat aux élections municipales à Aiacciù reprend l’analyse selon laquelle les Nationalistes corses auraient voté massivement pour le FN dans l’île et à Ajaccio. Cette affirmation, reprise en boucle depuis les Présidentielles par nombre de médias, est relayée bien sûr par les partis traditionnels, les « bien-pensants » qui n’apprécient pas trop la progression des Nationalistes corses au plan électoral.



Non, les nationalistes corses n’ont pas voté pour le FN

A noter que si ces mêmes partis sont dénoncés par le FN dans l’Hexagone (La bande des 4 !) en Corse, tous (droite et gauche) peuvent avoir des analyses communes dès lors que tous y trouvent leur compte, à savoir discréditer ou affaiblir l’ennemi commun, à savoir le mouvement nationaliste corse.

Pourtant dans l’Hexagone, depuis les Présidentielles, à l’occasion d’autres élections partielles, tous ces partis été contraints de reconnaître que ce sont même des gens de gauche, voire du Front de gauche qui ont voté FN au second tour, faisant fi des consignes de vote en faveur d’un Front Républicain..

En Corse, Mr José Risticoni lui, élargissant son analyse des Présidentielles aux derniers scrutins dans l’île ( !!!), réitère ses appels aux électeurs nationalistes corses, oubliant qu’hormis le vote aux Présidentielles, où il n’y avait pas de nationaliste corse en lice, le mouvement nationaliste corse dans son ensemble a toujours maintenu son électorat et a même progressé lors des élections depuis.

Le vote aux Présidentielles

Pour ce qui est du résultat aux Présidentielles, il faut rappeler que le FN dans l’île a toujours oscillé entre 10 à 15 % des voix (listes menées par Pascal Arrighi dans les années 80 ) cela n’est guère étonnant avec les séquelles de la guerre d’Algérie et le nombre d’anciens militaires, policiers ou gendarmes installés dans l’île.

Mais depuis les Présidentielles, les dernières élections (législatives..) ont donc ramené le FN, au vu de ses résultats, à ses scores habituels.

Certes des Corses ont aussi voté FN, certes parmi eux il y a eu sûrement aussi des électeurs nationalistes corses (mais suffit-il de se dire électeur ou sympathisant pour être militant ?) qui se sont donnés bonne conscience en prétextant l’absence de candidat nationaliste aux Présidentielles. Mais pour autant la majorité des électeurs nationalistes corses n’ont sûrement pas voté FN, car ils connaissent les divergences idéologiques entre les deux nationalismes, (celui du dominant et celui du dominé) et leurs différences d’appréciation sur nombre de points, ou ils feraient mieux de s’informer sur les idées portées par le mouvement national depuis les années 70, car ils n’auraient alors rien à faire avec le mouvement corse.

Les raisons du score FN dans l’île

La réalité est que la société corse change et que les Corses (paesanni o nati qui) sont de plus en plus minorisés sur leur terre. Et il faut rappeler que depuis l’an 2000, il y a 4000 nouvelles inscriptions sur les listes électorales corses, la majorité de ces nouveaux électeurs n’étant pas corses et n’appréciant l’île que pour sa qualité de vie ou que parce qu’ils y ont trouvé un emploi.

Aussi quant on analyse les scores dans certaines communes, y compris de gauche autour d’Ajaccio (Sarrola, Alata, Cuttuli[1]) ou ailleurs en Corse (Côte orientale-Sulinzara, Ghisonaccia.., la liste n’est pas exhaustive) on ne peut qu’y constater qu’au vu de la minorisation des Corses, ce sont surtout de nouveaux venus qui ont voté FN, inspirés par la peur des villes ou des banlieues qu’ils connaissaient ailleurs avant de venir dans l’ile…

Mais si le FN a su jouer sur les peurs dans certains quartiers ajacciens où « le vivre ensemble » est de plus en plus difficile, et où existent sûrement des problèmes de cohabitation, de délinquance et de drogue, sur fond de prosélythisme religieux inquiétant, même si les autorités et la mairie ont tendance à les minimiser voire à les camoufler, ce n’est sûrement pas le FN au vu de la connaissance du terrain par ses responsables et de ses solutions illusoires, qui va les régler.

Les limites des discours du FN

Si Marine Le Pen (12/3/2012) avait cru tromper les électeurs nationalistes par le Dio vi Salvi Regina et la présence de drapeaux corses à son meeting électoral à Ajaccio, depuis ses prises de position sur la langue et les évolutions institutionnelles ou sur la Corse en général ont montré les limites de ce discours démagogique de circonstance.

En Corse même, les prises de position des responsables locaux du FN (émission Cuntrastu[2] du dimanche 10 février 2013) ..) jugeant disproportionnée voire ridicule l’importance donnée à la langue corse, et considérant que la prolifération de résidences secondaires ne posait aucun problème…. ont montré la réalité des propositions de ce parti « français » pour la Corse et le peuple corse.

Quant à Mr José Risticoni, il avait déjà montré sa connaissance des réalités de l’île par ces prises de position sur la dérive mafieuse en Corse : Déclarations à Charles Monti, Corse-net-info (Lundi 13 Mai 2013) : « Ce sont des Corses qui tombent sous les balles d’individus venus manifestement de l’extérieur. Ce sont des entreprises corses qui sont rackettées par des mafieux internationaux.. » !

Rendez-vous en 2014

Alors, que Mr José Risticoni sache que les électeurs nationalistes voteront « corse » aux prochaines élections municipales d’Aiacciu, sauf bien sûr si les Nationalistes corses ne saisissent pas l’occasion de présenter une seule liste autour de Femu a Corsica et Corsica Libera. Mais ils manqueraient alors de bon sens et feraient preuve de totale irresponsabilité, réduisant l’électotat nationaliste à une simple force d’appoint, décevant nombre » de leurs électeurs et facilitant alors la récupération de leurs voix par les partis traditionnels ou le FN.

Mais pour l’heure, rien n’interdit de penser que cet objectif d’une liste d’union est un pari impossible et l’intelligence l’emportera. Alors rendez-vous en 2014.

Poggioli Pierre : 13 juillet 2013




[1] Même si depuis peu, le maire est nationaliste, suite à un accord avec l’ancien maire, Cuttuli historiquement a toujours été un bastion de la gauche.. et aujourd’hui, la majorité des habitants de cette commune qui résident en plaine, sont des nouveaux résidents installés dans la commune)

2) Corse-matin du mardi 12 février 2013 : Michel Leca, responsable FN, à Cuntrastu: Dimanche 10 février 2013 : Sur la question de l’arrêté Miot (manifestation à Bastia) : Même si nous ne participions pas et n’avions donné aucun mot d’ordre, nous avons laissé nos adhérents libres d’y aller. D’autant que certaines revendications défendues dans le cortège, telles que la coofficialité de la langue corse et le transfert à la CTC de la fiscalité du patrimoine n’avaient, à mon sens, rien à voir avec l’arrêté Miot ». […] le système dérogatoire n’est pas une bonne chose et, quoi qu’il en soit, le produit rapporté par la taxation des successions serait « négligeable pour l’île ».. Le Conseil constitutionnel ayant, de toute façon tranché.. », La coofficialité : « Cette mesure ne permettra pas de sauver la langue corse.. » […] Ce n’est en obligeant les gens à la parler qu’ils la pratiqueront ou la connaîtront davantage ». Statut de résident. « Comment va-t-on pouvoir définir qui est Corse et qui ne l’est pas ? ». L’Autonomie : « Ce n’est pas une solution pour la Corse…. Les divers sujets abordés n’inspireront pas particulièrement le secrétaire général du FN de Corse-du-Sud. Dotations de l’État, prérogatives propres à l’île, collectivité territoriale de Corse, transports maritimes, Michel Leca zigzague un brin. : « Je ne suis pas un spécialiste ». Le Front national devra également se saisir des dossiers locaux dans le détail. Et à bras-le-corps. 2014, c’est demain…



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Re: Corse

Message  Toussaint le Sam 24 Aoû - 0:50


Peuple Corse : Poser les vraies questions et choisir les bons interlocuteurs
Posté le Dimanche, 18 août 2013 par desideriu.

armoirie-de-la-corseL’agitation médiatique autour des questions de résidence et du droit à la propriété dans notre pays met en relief la haine et l’aveuglement des différents partisans du statu-quo colonial en Corse. Dans le même temps, les fins de non-recevoir officielles des représentants de l’État français n’ont rien de surprenant. On a rarement vu dans l’histoire contemporaine une puissance coloniale promouvoir spontanément l’émancipation de ses propres minorités nationales.

La seule véritable question de fond à poser est de savoir si oui ou non le Peuple Corse existe, car si c’est le cas, il a automatiquement des droits légitimes sur sa terre. Par conséquent, si la représentation politique insulaire veut être crédible, elle doit cesser de s’enfermer dans ce débat médiatique stérile et s’appuyer sur la légitimité du droit international. On peut ainsi aisément imaginer, dans un premier temps, une interpellation de l’O.N.U sur le fait de reconnaître par une résolution l’existence du Peuple Corse en tant que communauté historique vivante et à ce titre, titulaire de droits inaliénables, quelle que soit la tutelle coloniale qui s’exerce à l’encontre de ses libertés fondamentales.

Sans cette reconnaissance, aucune option de type légaliste relevant du droit français ne pourra être négociée. Rappelons que les associations qui avaient tenté d’ester en Justice suite à des propos anti-corses de type raciste avaient été déboutées au motif que le Peuple Corse n’existait pas ! La Constitution Européenne actuelle, votée par les nationalistes corses libéraux, garantit l’intégrité territoriale aux États membres et empêche de facto tout processus d’autodétermination pour le Peuple Corse. C’est donc sur le plan diplomatique international et du point de vue de la déclaration universelle des droits de l’homme qu’il faut agir.

Toute autre démarche sera vouée à l’échec, car indépendamment des blocages constitutionnels, la République Française ne veut pas laisser au Peuple Corse les moyens de sa survie. Le modèle politique français, du point de vue des droits des minorités nationales, figure parmi les plus réactionnaires et arriérés d’Europe. A chacun de prendre la mesure des enjeux.

A Manca
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Message  Toussaint le Sam 24 Aoû - 0:52

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Message  Toussaint le Sam 24 Aoû - 0:58

http://yvan-colonna.com/joomla/index.php/home

Yvan Colonna, bouc émissaire attitré

Il y a dix ans, le moindre article ayant trait à Yvan Colonna était suivi, sur le web, d'une litanie de commentaires plus haineux et partiaux les uns que les autres. De procès en procès, le ton changea insensiblement. Les déclarations de la famille et de la Défense ont peu à peu eu quelque écho au sein de l'opinion publique, y instillant enfin le doute. Des livres, notamment ceux, remarquables, de Gérard Amaté, sont venus les corroborer. Les multiples distributions de tracts ont véhiculé l'information, la vraie. Nombre d'entre nous qui dénonçons une condamnation programmée où la présomption d'innocence et le bénéfice du doute, pourtant piliers du Droit français ont été bafoués, ont sans relâche débattu, multiplié les "plaidoiries" dans leur entourage, sur les sites des media, dans des blogs, en toute occasion ; "plaidoiries" dont on a pu enfin retrouver des traces çà et là au fil des commentaires. Cela n'a certes pas infléchi le cours de la "Justice" et Yvan Colonna n'en a pas pour autant concrètement bénéficié mais peu à peu le discours populaire a commencé à changer de teneur. Et puis, avec le temps, le cas d'Yvan Colonna a semblé ne plus préoccuper grand monde. Cependant, à la faveur des évènements tragiques qui ont mis la Corse sous les feux de l'actualité au cours des derniers mois mettant en lumière l'incapacité des pouvoirs publics à résoudre la moindre affaire criminelle, celle de l'assassinat du préfet Erignac ayant souvent été évoquée par incidence, les commentaires se sont de nouveau multipliés. Certains d'entre eux, indécrottablement légitimistes ont continué à vomir leur vindicte aveugle mais les plus nombreux, j'ai pu le constater, ont affiché des opinions allant du bénéfice du doute à la certitude de l'innocence d'Yvan Colonna, bouc émissaire probable d'obscures manipulations. Au grand dam des tenants de la condamnation à tout prix, le vent avait tourné. Situation très embarrassante pour ceux qui s'obstinaient à infliger à Yvan Colonna un statut de DPS alors que sa conduite est irréprochable pour, au mépris de la loi, lui refuser un rapprochement auprès des siens. D'autant plus embarrassante que l'affaire était depuis peu portée devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Il y avait donc urgence à remettre de l'huile sur le feu, à noircir le personnage, à en donner l'image d'un homme prêt à tout conforme à celle d'un tueur de préfet. On avait bien déjà essayé lors du dernier procès avec la vraie fausse lettre de menace d'Yvan Colonna à Pierre Alessandri, mais la ficelle était si grosse que la mèche avait fait long feu. Il fallait trouver plus médiatique, plus sensationnel et quoi de plus frappant dans l'imagerie populaire qu'une évasion. Une évasion qui octroierait d'office à Yvan Colonna une place auprès des Mesrine et autres Ennemis Publics N°1. Et attention, pas n'importe laquelle, la plus spectaculaire, violente, "jusqu'au-boutiste" : avec explosifs et hélicoptère ! Bien qu'osant tout, ils nous épargnèrent le porte-avion…de justesse. Dans tous les media, ce fut le buzz. Certains manièrent le conditionnel mais d'autres, récidivant dans le mépris de la présomption d'innocence n'hésitèrent pas à titrer : "Yvan Colonna transféré à Réau : il préparait une évasion." La Chancellerie, quant à elle, dit avoir procédé à un "transfèrement de précaution" motivé par des soupçons de projet de tentative d'évasion suggérés par un recoupement d'informations. En clair, encore une fois, comme au cours des enquêtes, de l'instruction, des procès : rien de probant, à peine une hypothèse, autant dire, un invraisemblable scénario de plus monté de pièces hétéroclites. Aucun détail, pas plus de communication officielle émanant du Ministère de la Justice ou de l'Intérieur. La directrice de la centrale d'Arles se refusa à communiquer le motif de cette décision et réfuta la tentative d'évasion. Quant au personnel de l'établissement pénitentiaire, il dit n'avoir rien remarqué d'anormal dans le comportement du détenu. Et puis, plus rien. Black-out. L'annonce explosive n'était qu'un pétard mouillé. De la poudre aux yeux de l'opinion publique destinée de surcroit à alourdir à charge les futurs débats de la Cour Européenne et avant tout, dans l'immédiat, un prétexte à justifier ce énième coup tordu : un détenu qui tente de s'évader justifie par là-même son statut de DPS qui lui interdit tout espoir de rapprochement. Et puis, il y a le contexte : les Corses seraient ataviquement violents et complices tacites des mauvais coups commis dans l'île. De là à en tirer un prétexte au refus de rapprochement des prisonniers corses à Borgu, il n'y a qu'un pas et Yvan, qualifié d'office d'assassin de préfet, évadé potentiel bénéficiant de soutiens dans l'île en serait l'illustration probante toute trouvée. Les ministres de l'Intérieur et de la Justice se succèdent, les acteurs changent mais les rôles restent les mêmes fidèles à cette pensée de Montaigne tirée des Essais, vieille de plus de quatre siècles mais toujours d'actualité : "C'est un usage de notre Justice d'en condamner quelques-uns pour l'avertissement des autres. On ne corrige pas celui qu'on pend, on corrige les autres par lui." Yvan Colonna, bouc émissaire attitré.
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Message  Toussaint le Sam 24 Aoû - 1:01


YVAN COLONNA ou LA MALÉDICTION DE L'INNOCENCE

22 juillet 2013 | Par Roland LAURETTE


Yvan Colonna vient d'être transféré de la centrale d'Arles à celle de Réau dans la région parisienne.

Il a raconté à son épouse, Stefanina, dans quelles conditions a eu lieu ce transfert. Très tôt, au petit matin, il dort encore. Sa cellule est soudain envahie par des hommes du GIGN. Ils braquent leurs armes contre lui avec une telle violence qu'il croit sa dernière heure venue et qu'on a décidé de se débarrasser de ce prisonnier encombrant. Mais pour l'instant, il ne s'agit pas de l'éliminer par les armes. On veut l'obliger à signer un papier dans lequel il reconnaîtrait avoir cherché à s'évader.

J'avoue être sidéré par ce dernier point. On en est donc là, en France ? N'ayant contre Yvan aucun commencement de preuve, on veut lui faire signer des « aveux » écrits arrachés par la force ? Pour le coup : quel aveu de la part de la chancellerie !

Après quoi, Yvan Colonna est emporté en fourgon jusqu'à Réau, non loin de Melun. Tout cela, « justifié » par une « suspicion de tentative d'évasion ». C'est-à-dire, j'insiste, sans aucune preuve d'aucune sorte. Exactement comme pour ses trois condamnations à la perpétuité.

L'absence de preuve qui met hors d'affaire la plupart des prévenus, est une malédiction dans la vie d'Yvan Colonna. Une circonstance aggravante en toutes choses. Il semble voué à subir les effets du syllogisme favori des juges indignes. Il n'y a pas de preuve contre lui. S'il n'y en a pas c'est qu'il les a bien cachées. Donc il est coupable.

Pour des raisons obscures, on lui avait, jusqu'ici, refusé la prison de Borgo à laquelle il aurait eu droit au titre du rapprochement familial. Et donc, non content de lui refuser ce qui n'est nullement un privilège mais une simple mesure d'humanité visant à améliorer les conditions de vie dans les prisons françaises ( qui en auraient bien besoin ), on l'éloigne encore plus de sa famille. On lui retire ainsi l'un des éléments essentiels qui lui permettent de tenir et d'être ce prisonnier exemplaire dont se félicitent tous les surveillants des prisons où il a été incarcéré jusqu'ici. Un prisonnier exemplaire parce qu'il ne se trompe pas d'adversaire. Il sait bien que ce ne sont pas les gardiens de prison qui l'ont mis là. Ses combats, il les réserve aux vrais responsables de ce qu'il subit.

L'acharnement

Les administrations policière et judiciaire n'en sont pas avec lui à leur coup d'essai.

Simple rappel :

Arrêté le 4 juillet 2003, il avait été immédiatement mis à l'isolement absolu. Alors que la loi prévoit que ce régime ne peut excéder une période de dix jours renouvelable une seule fois, lui, restera confiné au secret pendant un an. Un an sans visites, quasiment sans courrier ( sinon très ralenti ), sans activités, sans contact avec d'autres détenus. Ce sont des magistrats chargés de faire respecter la loi qui en ont ainsi décidé. L'instruction a été menée à charge et seulement à charge. On lui a refusé pendant des années des actes de justice pourtant indispensables en pareil cas : confrontations, vérification des accusations portées contre lui, reconstitution... On a escamoté des pièces qui étaient autant d'éléments à décharge. L'a-t-on conduit à un « tapissage » ? Il a été, pendant des heures, menotté dans le dos, encagoulé et aveuglé par des lunettes opaques de sorte qu'il fût physiquement et moralement affaibli. Les trois Cours spécialement constituées qui l'ont jugé n'ont tenu aucun compte des deux piliers fondamentaux de toute justice démocratique : c'est à l'accusation de fournir la preuve de la culpabilité ; le doute doit bénéficier à l'accusé. Alors qu'il n'y avait contre lui aucune preuve matérielle, que la totalité des témoins apportaient au contraire, les preuves de son innocence, que les accusations portées contre lui par les assassins du préfet Érignac avaient toutes été rétractées à de nombreuses reprises et étaient, de toute façon, tellement contradictoires qu'elles tombaient d'elles-mêmes, il s'est trouvé trois Cours d'assises françaises pour le condamner à la peine la plus lourde du code pénal. Et, par surcroît d'acharnement névrotique, on le maintient depuis des années, dans ce régime de D.P.S. (détenu particulièrement signalé) qui fait de lui un paria parmi les parias.

Malgré de tels traitements qui durent depuis dix ans, Yvan Colonna n'a pas varié d'un iota dans l'affirmation de son innocence, il n'a rien cherché à négocier et, pendant tout ce temps, et avec de tels moyens, on n'a rien trouvé ni personne qui vienne témoigner contre lui.

J'affirme ici – j'ai montré ailleurs - que les éléments qui militent en faveur de son innocence sont tellement précis et concordants qu'on ne voit pas comment cet homme a pu être condamné. Sinon pour complaire à... À qui, au fait ?

À la Chancellerie : manoeuvres et cacophonies.

On n'aura pourtant reculé devant rien pour briser sa volonté et sa résistance. Jusqu'à la pantalonnade tragi-burlesque de ces derniers jours.

Dans AgoraVox, Caroline Groizeleau a fait le point sur cette journée du vendredi 12 où Yvan Colonna a été transféré après le réveil musclé évoqué plus haut. En milieu de journée, la Chancellerie « communique » sur cette affaire. Comme elle ne le fait quasiment jamais, cette communication répond donc à un plan prémédité. C'est là qu'est évoqué un projet d'évasion avec explosifs. Il sera même question d'hélicoptère un peu plus tard. Toute cette opération ne peut s'imaginer sans un vaste réseau, actif et professionnel, de complices.

La Chancellerie explique aux journalistes qui l'interrogent qu'elle avait eu des « informations recoupées de l'intérieur et de l'extérieur de la prison ». Certes, on ne disposait d'aucun élément matériel (une fouille avait été pourtant organisée dans toute la centrale d'Arles quelques semaines plus tôt à la seule fin d'explorer la cellule d'Yvan. Elle n'avait rien donné). La seule chose qui avait intrigué, c'était les exercices physiques qu'Yvan pratiquait systématiquement à son réveil ( les fameuses pompes !), vers cinq heures et demie, chaque matin. Un détenu qui refuse de s'avachir, et même s'entretient physiquement, est forcément un détenu qui prépare son évasion !

Ces informations sont donc diffusées en début d'après-midi, ce vendredi 12, par le porte-parole adjoint de la Chancellerie. Il dit, sans aucun recul ni précaution, qu'Yvan Colonna songeait à s'évader de manière très violente. Mais ces déclarations sont en contradiction avec celles de la directrice d'Arles qui affirme qu'il n'y avait pas de tentative d'évasion et celles de l'un des représentants syndicaux des surveillants qui n'était pas au courant. Où sont donc les informations venues de l'intérieur ?

Les avocats d'Yvan Colonna réagissent avec vigueur. Leurs commentaires sont relayés systématiquement par toute la presse. Aussitôt, le ton change dans la bouche du porte-parole - en titre cette fois - de la Chancellerie. Il admet « qu'Yvan Colonna ne préparait rien du tout ». Mais on a agi par pure « précaution ». Les informations de départ étaient peu fiables voire fantaisistes. L' « enquête » suppute qu'Yvan Colonna « aurait pu rencontrer un détenu d'Arles qui aurait pu lui parler d'une évasion ».

On reste abasourdi par le caractère fumeux de la justification après-coup. Il me fait songer à la réplique d'un autre détenu, marseillais, répondant à son juge d'instruction qui lui reprochait ses relations en prison : « Peuchère ! Si vous m'aviez mis dans un monastère, je n'aurais rencontré que des moines ! » Poussé dans ses retranchements, le même porte-parole admet auprès des journalistes : « On s'est mal compris. Ce sont des choses qui arrivent. » Quel aveu là encore ! La Chancellerie n'a plus rien de tangible qui justifie ce transfèrement à grand bruit. Depuis, échaudée, elle recherche le silence.

Cela ne doit pas toutefois nous éviter de réfléchir sur les tenants et les aboutissants de toute cette sombre histoire.

La Chancellerie manoeuvre en recul ? Très bien. Mais ce n'est pas suffisant. Il semble qu'à divers échelons de cette administration on n'ait pas été sur la même longueur d'onde ? Alors, qui a décidé et de quoi ? Qui est responsable de ce pataquès ? A-t-on suscité chez quelque Iago de cabinet, une lettre anonyme d'insinuations qui aura servi de justification à cette indignité ? Qui a décidé de filer le délire fantasmatique : les explosifs, les hélicoptères, la référence au souvenir cuisant de Redoine Faïd... ?

Pourquoi tout ce tintamarre ?

Quelques explications possibles :

Les avocats ont déposé un recours auprès du tribunal administratif pour faire lever le régime abusif de DPS. S'agit-il, dès lors de se donner les moyens de le maintenir pour verrouiller le transfert à Borgo ?

Une partie notable de l'opinion n'a pas digéré la condamnation à la perpétuité qui ne s'appuyait sur rien d'incontestable. S'agit-il de répandre l'image d'un hors-la-loi (l'évasion), violent (les explosifs) et agissant en bande organisée (une évasion à grand spectacle et à grands moyens) ? On ferait ainsi admettre a posteriori que le verdict était juste et que la sévérité du régime auquel il est soumis est inévitable.

Yvan Colonna a déposé un recours devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Celle-ci doit dire à la fin de l'année si elle accepte d'instruire ce dossier. S'agit-il alors de pousser la CEDH à refuser de traiter le cas d'un délinquant immoral et dangereux ?

Yvan me dit régulièrement l'importance qu'il attache à ce pourvoi. Un condamné à la perpétuité ne peut pas espérer déposer une demande de libération conditionnelle avant dix-huit ans. S'il était enfin acquitté, Yvan gagnerait donc au moins trois ans. Et certainement beaucoup plus car, si on en juge par l'acharnement dont il est l'objet, son incarcération durerait vraisemblablement plus de dixhuit années. Mais surtout, c'est le seul moyen en sa possession qui lui permette d'espérer la réhabilitation. Il ne veut pas sortir de prison parce qu'il aurait bénéficié d'une mesure de clémence. Il veut sortir innocenté.

Précaution.

Je demande que dans l'attente des décisions de la CEDH, on mette en oeuvre pour Yvan Colonna le seul principe de précaution qui vaille : qu'on lui applique sa peine avec le maximum d'humanité.

Que se passera-t-il si, comme je le crois, la CEDH condamne la France ? Dénoncera-t-on alors tous ces policiers de haut vol, ces magistrats d'exception qui, en souillant l'image de notre Justice se seront déshonorés ? Les accusera-t-on de forfaiture ?

La discrétion retrouvée de la Chancellerie ne doit pas nous faire oublier que les conditions de détention d'Yvan se sont dégradées à l'occasion de ce transfert abusif et qu'on lui doit donc au minimum le retour à Arles. Et, puisqu'il s'avère que son comportement n'a rien de répréhensible, qu'on le change de statut et qu'on le transfère enfin à Borgo.

Roland LAURETTE
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Message  Copas le Lun 11 Nov - 15:14

Une Nation transformée en colonie.

Comprendre c'est aussi intégrer une compréhension
Voir ce que raconte aussi Rocard ...

La guerre de 14 liquidât volontairement la population mâle de l’ile .
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Message  Roseau le Dim 30 Nov - 14:15

Lire ici la motion adoptée par le congrès d'A Manca en octobre dernier :

http://tendanceclaire.npa.free.fr/contenu/autre/Amanca-orientation.pdf
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Message  Toussaint le Mar 9 Juin - 18:31

La Corse unie dans la rue sur des bases politiques : historique ?


09 juin 2015 | Par Massimu




Après l'électrochoc du "Nid d'Aigle" et la signature de "A Chjama di Corti", la majorité de la classe politique de l'île semble s'être accordée sur un point : le fait de ne pas appliquer des mesures votées par une assemblée légitime est inacceptable. Pour la première fois, des indépendantistes, des autonomistes et des non-nationalistes descendront dans la rue côte à côte, soutenant un ensemble de mesures, premiers pas vers un projet de société. La veille se tiendra un congrès international à l'Assemblée de Corse où des personnalités de toute l'Europe parmi lesquelles Michel Rocard ou Josep-Lluis Carod Rovira, réclameront une solution politique pour la Corse. A quelques mois des territoriales, des camps sont en train de se former : ceux qui appuient ces réformes et ceux qui ne les appuient pas.

Paul Giacobbi (Radical) et son camp politique qui défilent aux côtés de Gilles Simeoni (Autonomiste) et Jean-Guy Talamoni (Indépendantiste), pour réclamer l'officialité de la langue corse et l'interdiction aux non-résidents de construire sur l'île. La veille, Michel Rocard, ex-premier minsitre de la France, et des élus de toute l'Europe répondent à l'invitation de Corsica Libera1 et réclament une solution poltiique pour la Corse. Non, ce n'est pas un rêve, ni une "macagna" : c'est ce qu'il va se passer samedi 13 juin dans les rues d'Ajaccio. Quinze ans en arrière, cela aurait pu relever du fantasme voire de la chimère. Au pire, un sale cauchemar et un réveil en sueur dans la républicaine nuit d'Emile Zuccarelli, pas plus. Mais aujourd'hui, c'est une réalité.


Lorsque 20 jeunes se sont enfermés dans le Nid d'Aigle de la citadelle de Corte en grève de la faim, pour réclamer non pas l'indépendance, non pas la révolution ou l'avènement de la république socialiste de Corse -cela viendra plus tard, mais simplement l'application de mesures votées par des élus de tous les bords politiques, le peuple corse a commencé à prendre conscience de la gravité de la situation. En Corse, on fait des élections, on élit des représentants, ces gens élaborent des mesures, et ils les votent. Comme ailleurs. A la différence près qu'ici, après le vote, il ne se passe rien. Les mesures voulues par le peuple ne sont pas appliquées. Malgré le travail des élus, les manifestations dans la rue, les séminaires, le dialogue bi ou multilatéral, l'Etat bloque. Trop anticonstitutionnel, pas assez républicain, trop en contradiction avec les principes de la République, paraît-il. République qui a tout de même modifié sa constitution des dizaines de fois pour des broutilles, mais passons. Une stratégie magnifique de la part de Manuel Valls et sa clique, qui permet aujourd'hui de voir une colère transversale secouer la société corse depuis de nombreux mois, et même au-delà.

En effet, qui manque à l'appel de cette mobilisation ? La droite, qui évidemment, ne peut pas soutenir un statut de résident qui freinerait la spéculation immobilière puisqu'elle est elle-même, à travers ses leaders, actrice de cette spéculation. Et la gauche dite républicaine, décimée, portée encore par quelques apparatchiks vieillissants qui croient encore dans la grandeur de la France une et indivisible, vestige d'un complexe du colonisé encore vivace.

Quant à ceux qui arguent que ces mesures ne sont pas "les préoccupations des Corses" qui bien évidemment sont préoccupés par "le chômage et l'emploi", il est simple de leur répondre qu'ils sont à côté de la plaque. Tout d'abord parce qu'un statut de résident qui permettra de faire chuter les prix du foncier aura comme effet direct une augmentation du pouvoir d'achat des Corses, et que la maîtrise de la fiscalité pour une répartition plus juste permettra également d'alléger la pression fiscale sur les Corses de toutes classes sociales, et par là même augmenter leur niveau de vie. Encore une fois, l'archaïsme cégétiste ou frontiste (qui ne sont que les deux facettes d'un même mal, le jacobinisme) est hors de propos, surfant sur une vague populiste qui répand l'ignorance et le manichéisme pour mieux régner.

A côté de cela c'est l'unanimité sur la question. Evidemment, dans le camp des "pro-réforme", des divergences existent. De Corsica Libera qui prône un indépendantisme social, au PRG new-look, républicain "modéré" reposant sur un clan archaïque, il y a une grande différence de philosophie globale. Mais à l'heure actuelle, ce sont les convergences qui comptent. Les territoriales de décembre auront tout loisir de mettre à découvert les différences politiques entre toutes ces formations. Mais pour que cela puisse se faire, il faut en finir avec l'attente sur les mesures déjà votées. Et c'est précisément ce que vont demander des milliers de Corses à Ajaccio, le 13 juin.







1Aiacciu, le 12 juin : Conférence-débat internationale "Une voie corse pour le XXIe siècle". Avec : Michel Rocard, Josep-Lluis Carod-Rovira, Jean-Luc Bennahmias, Roberto Louvin, Jordi Porta i Ribalta, Francine Demichel.
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Message  Toussaint le Lun 29 Juin - 0:32

Photos de la manifestation du 13 Juin:

http://www.alta-frequenza.com/l_info/reportages/manifestazione_pe_una_soluzione_pulitica_13_juin_2015

Un bilan un an après l'appel à la démilitarisation du FLNC, le bilan de Jean-Guy Talamoni

http://www.alta-frequenza.com/l_info/l_actu/demilitarisation_du_flnc_un_an_plus_tard_quel_bilan_76009

Et un texte de Pierrot Poggioli

Appel aux militants de l’ensemble du mouvement nationaliste corse de Pierre Poggioli :

L’unité d’un peuple est nécessaire pour construire une nation. Mais il faut d’abord définir ce peuple, une construction en devenir comme celle de tous les peuples vivants, si l’on veut ensuite traiter d’un projet politique défendant ses droits sur sa terre, ce projet traitant de l’économie du social, du culturel et des institutions les plus aptes à prendre en compte, et à concrétiser ce projet.

Les récents événements à Prunelli et ceux répercutés par la  conjoncture internationale (Isère, Tunisie..) portés par un islam djihadiste dangereux pour la démocratie, l’équilibre et la paix entre les peuples ne peuvent être sans répercussions y compris dans notre île, sauf à être dans l’autisme le plus total.

Les nationalistes corses ont été de tous les combats pour la survie de notre peuple, voué à disparaître dans le moule colonial français. Aujourd’hui, malgré les avancées des idées, dues aux sacrifices des patriotes corses engagés depuis 40 ans, (dont nombre croupissent toujours dans les prisons), dans un combat contre l’uniformisation française, face à un état qui ne le reconnait pas en tant que peuple et nie tous ses droits sur sa terre.

Les idées nationalistes, incomprises ou mal digérées par nombre de Corses, parfois sincères, vouées aux gémonies par nos ennemis de toujours, visibles ou pernicieux, font aujourd’hui l’objet de tentatives d’instrumentalisation par nombre de forces plus ou moins politiques, certains médias français opposants de toujours ou même d’individus  plus ou moins inconnus, rêvant d’enfermer le nationalisme corse dans une vision d’extrême droite ou d’un “gauchisme” niant l’identité corse, et voulant à tout prix le rattacher selon leurs partis pris ou leurs intérêts du moment tantôt à l’extrême-droite, tantôt à une extrême gauche hostile à toute idée de nation  et de nationalisme, lequel selon elle ne peut être que fasciste et raciste.

Aujourd’hui, l’avenir international s’assombrit hélas de plus en plus et d’autres drames malheureusement nous attendent. Et, au vu de la configuration géo-politique de notre île, au centre de la Méditerranée où se jouent tant de drames humains et de guerres plus ou moins  larvées, le mouvement nationaliste devra de plus en plus répondre à certaines interrogations portées par une opinion corse inquiète de la tournure prise et que pourraient prendre une conjoncture demain, la Corse aussi risquant d’être frappée de plein fouet par les drames liés aux évolutions internationales.

Face à cela, au-delà des conjonctures électorales partisanes, dérisoires par rapport au enjeux actuels, la Corse doit être unie.  Et les nationalistes se doivent de l’être plus que jamais, car ils représentent tant d’espoirs pour notre peuple dont ils sont les seuls à défendre les intérêts collectifs depuis des décennies face aux agressions en tous genres et de toutes origines qu’il subit en permanence du fait du colonialisme français.

Les militants de toutes les organisations nationalistes se doivent donc de prendre conscience des dangereuses évolutions actuelles et de relayer au sein de leurs mouvements respectifs la nécessité plus que jamais vitale de cette unité du mouvement nationaliste. Défendant le peuple corse, ils leur faut réaffirmer avec force ces concepts de peuple et de communauté corses, qui sont et doivent être au centre de notre revendication et être prises en charge et portées par tous les nationalistes corses.

L’urgence est donc de se réunir tous ensemble pour clarifier, affirmer ou réaffirmer  ces concepts et de les populariser pour unir et mobiliser notre peuple en évitant les manipulations, les amalgames malhonnêtes et les instrumentalisations des uns ou des autres, d’où qu’elles viennent.


Ce n’est qu’en  en avançant unis et renforcés par l’unité de notre peuple, avec les Corses d’origine et les Corses d’adoption de toutes origines et de toutes confessions, acceptant et voulant leur intégration, avec les droits et les devoirs en découlant, que nous pourrons affronter les dangers qui pointent, en nous battant tous ensemble pour imposer un avenir commun pour nos enfants sur cette terre.

Car toute avancée politique ou autre faisant fi des évolutions de notre société se feront dans l’illusoire et le virtuel.

Pierre Poggioli
28 juin 2015


Dernière édition par Toussaint le Lun 29 Juin - 2:18, édité 2 fois
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