Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  gérard menvussa le Mar 28 Mai - 13:22

Pour trahir une lutte, un mouvement, une grève, une mobilisation....encore faut-il qu'ils existent et soient surtout en capacité de déborder les dit-appareils .
Sauf que "les appareils" ont comme fonction de ne jamais se trouver en position d'être débordé. Soit en mettant des digues aux éventuels débordements, soit en faisant en sorte qu'il n'y ait que le minimum requis de "lutte, mouvement, gréve, débordements". Et que la paix sociale est la figure "normale" de fonctionnement de notre société. Avec quelques échappées belles cependant...
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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  Jean Jean le Mar 28 Mai - 14:09

Les appareils, l'histoire l'a prouvée, bloquent les mouvements, ils bloquent la grève générale, c'est leurs but... Les appareils permettent la continuité du capitalisme...

Le prolétariat et ses directions

L'économie, l'État, la politique de la bourgeoisie et ses relations internationales sont profondément atteintes par la crise sociale qui caractérise la situation pré-révolutionnaire de la société. Le principal obstacle dans la voie de la transformation de la situation pré-révolutionnaire en situation révolutionnaire, c'est le caractère opportuniste de la direction du prolétariat, sa couardise petite-bourgeoise devant la grande bourgeoisie, les liens traîtres qu'elle maintient avec celle-ci, même dans son agonie.

Dans tous les pays, le prolétariat est saisi d'une profonde angoisse. Des masses de millions d'hommes s'engagent sans cesse sur la voie de la révolution. Mais, chaque fois, elles s'y heurtent à leurs propres appareils bureaucratiques conservateurs.


Le prolétariat espagnol a fait, depuis avril 1931, une série de tentatives héroïques pour prendre dans ses mains le pouvoir et la direction des destinées de la société. Cependant, ses propres partis - social-démocrate, stalinien, anarchiste et POUM, chacun à sa manière - ont joué le rôle de frein et ont ainsi préparé le triomphe de Franco.

En France, la puissante vague de grèves avec occupation des usines, particulièrement en juin 1936, a bien montré que le prolétariat était complètement prêt à renverser le système capitaliste. Cependant les organisations dirigeantes, socialistes, staliniennes et syndicalistes, ont réussi, sous l'étiquette du Front populaire, à canaliser et à arrêter, au moins momentanément, le torrent révolutionnaire.

La vague sans précédent de grèves avec occupation des usines et la croissance prodigieusement rapide des syndicats industriels (CIO) aux États-Unis sont l'expression la plus indiscutable de l'aspiration des ouvriers américains à s'élever au niveau des tâches que l'histoire leur a assignées. Cependant, ici aussi, les organisations dirigeantes, y compris le CIO nouvellement créé, font tout ce qu'elles peuvent pour contenir et paralyser l'offensive révolutionnaire des masses.

Le passage définitif de l'Internationale communiste du côté de l'ordre bourgeois, son rôle cyniquement contre-révolutionnaire dans le monde entier, particulièrement en Espagne, en France, aux États-Unis et dans les autres pays "démocratiques", ont créé d'extraordinaires difficultés supplémentaires au prolétariat mondial. Sous le signe de la révolution d'Octobre, la politique conciliatrice des "Fronts populaires" voue la classe ouvrière à l'impuissance et fraie la voie au fascisme.

Les "Fronts populaires" d'une part, le fascisme de l'autre, sont les dernières ressources politiques de l'impérialisme dans la lutte contre la révolution prolétarienne. Du point de vue historique, ces deux ressources ne sont cependant que des fictions. La putréfaction du capitalisme continue aussi bien sous le signe du bonnet phrygien en France que sous le signe de la swastika en Allemagne. Seul, le renversement du capitalisme peut ouvrir une issue.

L'orientation des masses est déterminée, d'une part, par les conditions objectives du capitalisme pourrissant; d'autre part, par la politique de trahison des vieilles organisations ouvrières. De ces deux facteurs, le facteur décisif est, bien entendu, le premier : les lois de l'histoire sont plus puissantes que les appareils bureaucratiques. Quelle que soit la diversité des méthodes des social-traîtes - de la législation "sociale" de Léon Blum aux falsifications judiciaires de Staline - ils ne réussiront jamais à briser la volonté révolutionnaire du prolétariat. De plus en plus, leurs efforts désespérés pour arrêter la roue de l'histoire démontreront aux masses que la crise de la direction du prolétariat, qui est devenue la crise de la civilisation humaine, ne peut être résolue que par la IV° Internationale.

Programme de Transition
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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  gérard menvussa le Mar 28 Mai - 22:00

Y compris l'appareil que forme le poi au sein de FO ?

Revenons a nos moutons. Je ne te trouve pas cohérent de conspuer les décroissants et les écolos. Car si le capitalisme développe surtout "les forces négatives", le fait de faire décroitre lesdites forces négative ne peut qu'être une bonne chose ! Pour moi les seuls défenseurs cohérents des "forces productives qui se sont muée en forces négatives" sont justement les décroissants.
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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  Jean Jean le Mer 29 Mai - 9:30

gérard menvussa, oui ! Y compris la bureaucratie FO ! Pour les décroissants, tu te trompes, c'est mon avis. J'ai écouté une conférence de LO sur le sujet: [url= ] [/url]

Complètement d'accord...
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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  gérard menvussa le Mer 29 Mai - 9:48

Lo n'a jamais repris le discours du poi sur "les forces négatives". On peut contester leur point de vue, mais il est a peu pret cohérent. Par contre, le votre est totalement contradictoire : si on défend que le capitalisme ne fait que "développer les forces négatives", alors on devrait au contraire soutenir les décroissants qui se proposent "d'arréter le massacre". Ou alors, c'est qu'on ne croit pas a ses propres conclusions...
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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  Jean Jean le Mer 29 Mai - 10:07

A ce train là tout le monde partage notre analyse !
Les décroissants ne font pas parti du mouvement ouvrier, ils n'ont aucune conscience de lutte des classes, "forces négatives" et forces destructrices n'ont aucuns rapports, crois moi... Écoutes bien la conférence de LO...
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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  verié2 le Jeu 30 Mai - 11:54

(Lutte de classe-Texte de congrès de LO de 2001)
Un texte vraiment caractéristique du refus de LO de prendre en compte la réalité, même si les positions de LO ne sont pas aussi caricaturales que celles du POI-PCI lambertiste.

Le capitalisme n'a plus la même capacité de "révolutionner" depuis longtemps
L'informatique, le nucléaire, la bio synthèse ne constitueraient pas des révolutions scientifiques et technologiques ?

D'ailleurs LO se contredit ensuite :
Bien sûr, les sciences et les techniques n'ont pas cessé de progresser, quoique d'une façon fortement marquée par la prédominance des intérêts privés
Parce que les sciences et les techniques n'étaient pas marquées par la prédominance des intérêts privés avant 1939 ou avant 1914 ?
Puis LO ajoute
ce ne sont pas les progrès techniques qui donnent à une économie capitaliste de plus en plus parasitaire la capacité de se saisir de ces progrès techniques pour accroître de façon significative les forces productives
Donc les forces productives n'auraient pas progressé "de façon significative" ?
C'est sans doute pour cela que LO a tenté, et tente encore partiellement, de nier ou de minimiser le développement économique de la Chine après avoir nié celui du Japon...
le sort de la classe ouvrière ne s’est amélioré que comparativement à la guerre et à ses lendemains immédiats
Tout simplement grotesque si l'on considère le niveau de vie de la classe ouvrière des années vingt et trente. On pouvait encore écrire cela, disons en 1955, mais aujourd'hui, cette négation de la réalité est absurde et rappelle la théorie de Thorez sur "la paupérisation absolue".

On comprend en effet que les Lambertistes aient mis ce texte de côté et s'en gargarisent.

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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  gérard menvussa le Jeu 30 Mai - 13:13

Et qui sont des "sectes politiques" (au sens que Trotsky donnait à ce terme) pour les quatres derniéres que tu cites.
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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  verié2 le Jeu 30 Mai - 15:52


Manolo
mais aussi les Bordiguistes, les Spartacistes, Le Comité Communiste International
Pour les Bordiguistes et le CCI, peux-tu donner les références ? Les Spartacistes, ça ne présente guère d'intérêt.
toutes les organisations qui de réclament de la révolution prolétarienne.
Non, à commencer par tout le courant de la IVème IC-LCR-Mandel.

verié2

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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  Eugene Duhring le Jeu 30 Mai - 16:50

verié2 a écrit:
(Lutte de classe-Texte de congrès de LO de 2001)
Un texte vraiment caractéristique du refus de LO de prendre en compte la réalité, même si les positions de LO ne sont pas aussi caricaturales que celles du POI-PCI lambertiste.
C'est plutôt un texte qui cultive l'ambiguïté sur la notion de croissance des forces productives. En substance, LO suggère que le capitalisme dans sa période post 1914 n'est plus capable de développer les forces productives ... à la hauteur des possibilités qu'elles recèlent ! A aucun moment, LO ne dit franchement que les forces productives ont décru. Probablement gêné aux entournures, pris entre deux mâchoires : d'un côté celle de la fidélité à une certaine lecture de Marx, Lénine ou Trotsky et de l'autre côté celle de la dialectique matérialiste qui montre évidemment le contraire.

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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  Eugene Duhring le Jeu 30 Mai - 16:56

manolo a écrit:LO, les Lambertistes, mais aussi les Bordiguistes, les Spartacistes, Le Comité Communiste International, le GSI, etc..., c'est à dire toutes les organisations qui de réclament de la révolution prolétarienne.
mmum, on sent le revenant mais foin de suspicion.
Des organisations qui partagent certes une vision à peu près identique des forces productives (et encore pour LO ça reste à voir) mais qui ne partagent rien d'autre ! Va donc parler d'un GSI, d'un Bordiguiste, d'un LO à un militant du CCI, et inversement ... C'est assez amusant de constater à quel point on peut se raccrocher à n'importe quoi pour appuyer son discours : en recourir à LO par exemple pour un sympathisant du CCI quand le CCI ne cesse de dénoncer LO pour sa ligne politique droitière c'est un régal !
Ensuite pour ce qui est de se réclamer de la révolution prolétarienne, c'est un peu prétendre que la CGT est révolutionnaire en s'appuyant sur sa charte.

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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  Jean Jean le Jeu 30 Mai - 18:36

Eugene, on peut partager certains points de vue d'une organisation sans en partager tout son programme...
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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  Copas le Jeu 30 Mai - 19:03

Eugene Duhring a écrit:
manolo a écrit:LO, les Lambertistes, mais aussi les Bordiguistes, les Spartacistes, Le Comité Communiste International, le GSI, etc..., c'est à dire toutes les organisations qui de réclament de la révolution prolétarienne.
mmum, on sent le revenant mais foin de suspicion.

Itou, cousu de fil blanc.

Eugene Duhring a écrit: Des organisations qui partagent certes une vision à peu près identique des forces productives (et encore pour LO ça reste à voir) mais qui ne partagent rien d'autre ! Va donc parler d'un GSI, d'un Bordiguiste, d'un LO à un militant du CCI, et inversement ... C'est assez amusant de constater à quel point on peut se raccrocher à n'importe quoi pour appuyer son discours : en recourir à LO par exemple pour un sympathisant du CCI quand le CCI ne cesse de dénoncer LO pour sa ligne politique droitière c'est un régal !
Ensuite pour ce qui est de se réclamer de la révolution prolétarienne, c'est un peu prétendre que la CGT est révolutionnaire en s'appuyant sur sa charte.

Le problème se situe également sur le terrain de la désertion de l'argumentation pour chercher des alliés (j'ai raison parce que d'autres disent la même chose que moi Embarassed ).

Après j'ai raison parce que Trotsky a dit, voilà j'ai raison parce que d'autres disent la même chose que moi...

Ca ne permet pas d'avancer sur le débat en cours ni ne permets, de la moindre des façons, de penser que les forces productives se sont arrêtées définitivement de croitre en 1914 ou en 1938.

Nous n'avons toujours aucune raison de penser que la terre est redevenue plate.
Rappelons que l'essentiel du système d'argumentation reposait sur une phrase de Trotsky qu'il s'est agit d'étayer par tous moyens.

Si la dangerosité du capitalisme croit par les forces qu'il contribue à accumuler et les contradictions qu'il impose au monde, cela n'est pas dû à un recul des forces productives dont il a été prouvé ici de façon indiscutable qu'elles ont cru d'une façon gigantesque depuis 1914 ou 1938.

Le désir de vouloir à tout prix, et par dogmatisme, de considérer que les forces productives n'ont pas cru, empêche de considérer le monde tel qu'il et amène à considérer une immense partie du monde comme si il s'agissait toujours de colonies des impérialismes US et UE, de porter des regards décrochés des luttes de classes dés lors qu'agissent de grands prolétariats dans des régions du monde où on a du mal à reconnaitre qu'ils existent , ni à prendre en compte toutes les dimensions qui en découlent, toutes les leçons à en tirer.

Pour les pays européens on mesure mal les changements qui se sont produits bouleversant bien des conditions de la lutte des classes, y compris les classes en présence.

Par exemple, entre 1954 et maintenant le nombre moyen de travailleurs par entreprise passe de 8 à plus de 16 travailleurs (à l'inverse de ce qui se dit qui confond le sort des très grandes concentrations de travailleurs avec une tendance à la baisse du nombre de travailleurs dans toutes les entreprises), la socialisation continue de croitre, dans les années 50 la population urbaine dépasse de peu les 55%, elle est de 87% maintenant à peu près (et donc développement énorme de la productivité agricole pour nourrir tout ça), la population agricole s'écroule, dans les années 50 la petite bourgeoisie représente un tiers de la population active, elle n'est plus que dans les 7 à 8% maintenant (et encore sans décliner le salariat caché qui dissimule de gros bataillons ).

Ces indices , et les années 50 sont un bon point de départ partant du moment où le "trou" de la 2ere guerre mondiale commence à être comblé, malgré les guerres coloniales qui saignent l'économie pour la France (à l'orée des années 60, dans les 400 à 500 000 soldats français font la guerre en Algérie, c'est autre chose que les 1500 à 3000 au Mali actuellement), cachent un essor considérable des forces productives, malgré les guerres.

Ces changements profonds dans les sociétés européennes, comme dans le reste du monde, changent bien des choses.
L'Italie du sortir de la 2eme guerre mondiale est une société où la paysannerie est énorme, les grèves des saisonnières repiqueuses et émondeuses du riz au printemps 1944 , sous l'occupant nazi qui est en pleine désagrégation (dont une version de Bellaciao magnifiera la résistance), le dernier chant du signe d'une grande grève de 700 000 ouvriers agricoles en 1949 qui dura 36 jours marque cette rupture de la composition de la société italienne qui va commencer à muter rapidement sous l'essor des forces productives.

Ces mutations sont impossibles à comprendre sans prendre en compte l'essor des forces productives, et tous les éléments qui leurs sont constitutives.
L'Italie du sortir de la 2eme guerre mondiale (comme celle de l'entre-deux-guerres) est une société du "tiers-monde", les ilots industriels sont des ilots d'un univers agricole d'une pauvreté effroyable dans des gigantesques propriétés privées .
C'était une société infiniment moins développée (du point de vue des classes sociales en présence et du développement des forces productives) que ne l'est un pays comme le Brésil maintenant, ou... qu'une partie de l'Afrique du Nord.

La question de l'écroulement de la population agricole est un des indices de cet essor.

Ce qui doit nous amener à analyser ce que sont la plupart des sociétés modernes maintenant avec leurs masses immenses de prolétaires urbains, éduqués, scolarisés, formés, communicants, etc... mais désorganisés, etc.

La lucidité sur ces changements profonds dans le cadre d'une société capitaliste doivent nous faire prendre conscience qu''il y a toute une série de questions qui se sont déplacées, même si dans la phase actuelle les choses sont difficiles.

Par exemple, les masses paysannes ont largement disparus dans beaucoup de pays et n'ont plus la même importance dans la bataille de la classe ouvrière pour accéder au pouvoir (foin de gouvernement ouvrier et paysan, et foin de faucille sur le drapeau autrement que collector ).

L'affaiblissement de la petite bourgeoisie crée aussi une situation qui rend plus compliquée la tâche de forces fascistes malgré une situation qui leur est relativement favorable dans quelques pays européens, il rend compliqué la domination d'un régime bourgeois sur une base sociale uniquement petite-bourgeoisie et bourgeoisie .

Tous ces changements et leurs conséquences ont eu un lien intime avec le développement des forces productives.


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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  Jean Jean le Jeu 30 Mai - 19:19

Trotsky et le Programme de transition par Daniel Gluckstein août 2010 (La Vérité n° 69)

De tous les textes et ouvrages fondamentaux de Léon Trotsky, le Programme de transition est sans doute l’un des plus courts. Il est aussi, en apparence du moins, l’un de ceux dont la construction peut sembler la plus étonnante. Trotsky écrit à ce sujet :

“Au cours des discussions précédentes, des camarades ont eu l’impression que quelques-unes de mes propositions ou revendications étaient opportunistes, et d’autres qu’elles étaient trop révolutionnaires et ne correspondaient pas à la situation objective. Cette combinaison est fort compromettante, et c’est pourquoi je voudrais défendre brièvement cette apparente contradiction” [1].

“Le travail le plus important de ma vie”

Ce serait cependant commettre une grave erreur que de sous-estimer la place centrale que l’élaboration du programme revêt aux yeux de Trotsky. Ceux qui se sont livrés à semblable minimisation l’ont fait pour d’autres raisons. Dans sa biographie [2], Isaac Deutscher écrit :

“Le projet de programme (de transition) qu’il écrit pour l’Internationale n’était pas tant une déclaration de principe qu’une instruction sur des questions tactiques à destination d’un parti invité à se mettre à l’écoute des luttes syndicales et de la politique au quotidien.”

A sa suite et à différentes reprises, les dirigeants du Secrétariat unifié prétendirent que tel ou tel passage du Programme de transition — en particulier celui consacré aux forces productives — relevait de la conjoncture momentanée et non de questions programmatiques. Ces allégations sont, par avance, démenties par Trotsky, qui résume ainsi la place et la signification du programme [3] :

“La tâche stratégique de la prochaine période — période prérévolutionnaire d’agitation, de propagande et d’organisation — consiste à surmonter la contradiction entre la maturité des conditions objectives de la révolution et la non-maturité du prolétariat et de son avant-garde (désarroi et découragement de la vieille génération, manque d’expérience de la jeune). Il faut aider les masses, dans le processus de leurs luttes quotidiennes, à trouver le pont entre les revendications actuelles et le programme de la révolution socialiste. Ce pont doit consister en un système de revendications transitoires partant des conditions actuelles et de la conscience actuelle de larges couches de la classe ouvrière, et conduisant invariablement à une seule et même conclusion : la conquête du pouvoir par le prolétariat.”

On le voit : on est très loin de l’affirmation de Deutscher sur l’invitation prétendument lancée à la IVe Internationale de s’en tenir à se “mettre à l’écoute des luttes syndicales et de la politique au quotidien”. C’est du pouvoir qu’il est question dans le Programme de transition. Du pouvoir et de sa conquête par la classe ouvrière [4]. Conquête rendue d’autant plus nécessaire du fait de conditions objectives — mûres et plus que mûres pour la révolution — qui se heurtent à l’immaturité du facteur subjectif, c’est-à-dire la conscience de la classe ouvrière cristallisée dans l’existence d’un parti capable de représenter historiquement ses intérêts. C’est à cette contradiction et à sa solution que Trotsky consacre l’essentiel de son activité dans les cinq dernières années de sa vie.

En 1935, il écrit dans son journal d’exil [5] :

« Le travail que je fais en ce moment — malgré tout ce qu’il a d’extrêmement insuffisant et fragmentaire — est le travail le plus important de ma vie, plus important que 1917, plus important que l’époque de la guerre civile, etc. Pour être clair, je dirai ceci. Si je n’avais pas été là en 1917 à Pétersbourg, la révolution d’Octobre se serait produite — conditionnée par la présence et la direction de Lénine. S’iI n’y avait eu à Pétersbourg ni Lénine ni moi, il n’y aurait pas eu non plus de révolution d’Octobre : la direction du Parti bolchevique l’aurait empêchée de s’accomplir (…). Mais je le répète, Lénine présent, la révolution d’Octobre aurait de toute façon abouti à la victoire. On peut en dire autant, somme toute, de la guerre civile (…). Ainsi je ne peux pas dire que mon travail ait été “irremplaçable”, même en ce qui concerne la période 1917-1921. Tandis que ce que je fais maintenant est dans le plein sens du mot “irremplaçable”. Il n’y a pas dans cette affirmation la moindre vanité. L’effondrement de deux Internationales a posé un problème qu’aucun des chefs de ces Internationales n’est le moins du monde apte à traiter. Les particularités de mon destin personnel m’ont placé face à ce problème, armé de pied en cap d’une sérieuse expérience. Munir d’une méthode révolutionnaire la nouvelle génération, par-dessus la tête des chefs de la Deuxième et de la Troisième Internationales, c’est une tâche qui n’a pas, hormis moi, d’homme capable de la remplir. Et je suis pleinement d’accord avec Lénine (ou plutôt avec Tourguéniev) que le plus grand vice est d’avoir plus de cinquante-cinq ans. Il me faut encore au moins quelque cinq ans de travail ininterrompu pour assurer la transmission de l’héritage. »



“Munir d’une méthode révolutionnaire la nouvelle génération”

Cinq années séparent ces lignes de l’assassinat de Léon Trotsky, le 20 août 1940. Cinq années durant lesquelles, afin de “munir d’une méthode révolutionnaire la nouvelle génération”, Trotsky va consacrer l’essentiel de son activité à jeter les bases de la IVe Internationale, dont la conférence de fondation se tiendra finalement en septembre 1938 à Périgny-sur-Yerres (dans la région parisienne). C’est en relation avec la préparation de cette conférence qu’il élaborera le Programme de transition (sous le titre de “L’agonie du capitalisme et les tâches de la IVe Internationale”) à travers une intense et constante discussion avec ses camarades, avant comme après l’adoption de ce programme. Parmi les innombrables aspects du programme qui pourraient être ici évoqués, nous nous en tiendrons à ceux qui ont en commun, à notre avis, d’avoir revêtu la plus grande importance aux yeux de Trotsky de son vivant et d’être de la plus brûlante actualité aujourd’hui : la situation objective qui met à l’ordre du jour la révolution prolétarienne ; le problème du facteur subjectif et de sa solution ; la signification des revendications transitoires ; l’origine des mots d’ordre de transition dans la continuité du mouvement ouvrier ; construire le parti : quel parti ? avec qui ? sous quelles formes ?

La question des forces productives

Sur quel socle programmatique les fondations de la IVe Internationale doivent-elles reposer ? :

“La prémisse économique de la révolution prolétarienne est arrivée depuis longtemps au point le plus élevé qui puisse être atteint sous le capitalisme. Les forces productives de l’humanité ont cessé de croître. Les nouvelles inventions et les nouveaux progrès techniques ne conduisent plus à un accroissement de la richesse matérielle”,

affirme dès ses premières lignes le programme, qui poursuit :

« Les bavardages de toutes sortes selon lesquels les conditions historiques ne seraient pas encore “mûres” pour le socialisme ne sont que le produit de l’ignorance ou d’une tromperie consciente. Les prémisses objectives de la révolution prolétarienne ne sont pas seulement mûres ; elles ont même commencé à pourrir. Sans révolution socialiste, et cela dans la prochaine période historique, la civilisation humaine tout entière est menacée d’être emportée dans une catastrophe. Tout dépend du prolétariat, c’est-à-dire au premier chef de son avant-garde révolutionnaire. La crise historique de l’humanité se réduit à la crise de la direction révolutionnaire. »

Prolongeant l’analyse de l’impérialisme par Lénine, cette caractérisation de la “prémisse économique de la révolution prolétarienne” reflète le fait que la révolution russe n’ayant pas, dans les années 1920, débouché sur l’arène de la révolution mondiale, la survie du capitalisme dans les conditions de sa putréfaction a abouti à une situation où “les forces productives ont cessé de croître”. Cette analyse constituait pour Trotsky une telle évidence qu’il pouvait, dans le cadre du Programme de transition, ne pas s’y attarder davantage.

Ce serait toutefois un contresens de ne pas voir là un aspect essentiel du programme. En 1969, à l’occasion d’un cercle d’études marxiste intitulé “L’actualité du Programme de transition” [6], Pierre Lambert consacre une part majeure de son exposé à cette seule question des forces productives qui “ont cessé de croître”. Contre tous ceux qui révisent le marxisme, en particulier l’analyse marxiste de l’impérialisme — Secrétariat unifié et aussi différentes variétés d’économistes et pseudo-théoriciens staliniens de l’époque —, Lambert démontre la pertinence et l’actualité de la formule du programme sur “les forces productives (qui) ont cessé de croître”. Elle exprime la tendance grandissante du capitalisme entré dans sa phase de déclin à transformer les forces productives en forces destructrices, qu’il s’agisse de l’économie d’armement, de l’automation (ancêtre de l’informatisation) ou de la spéculation financière, autant de moyens détournés et parasitaires, pour le capital, d’essayer de compenser son impuissance grandissante à se valoriser dans le processus de production. Lesquels ne font, à chaque étape, qu’accentuer la crise et entraîner davantage l’humanité sur la voie de la barbarie. Lambert montre comment ce qui, à l’époque de Marx, était une tendance chronique du capitalisme en est devenu au début du XXe siècle une tendance permanente. Tendance magistralement analysée par Lénine dans L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, qui trouve son prolongement, du fait de l’isolement de la révolution russe évoqué précédemment, dans la formulation du Programme de transition : les forces productives de l’humanité ont définitivement cessé de croître. Lambert poursuit cette analyse : après la Seconde Guerre mondiale, la survie du régime capitaliste décomposé a de plus en plus recours à l’économie d’armement pour tenter de différer sa crise d’effondrement. Cette tendance à la transformation des forces productives en forces destructrices, explique Lambert, constitue la question centrale du programme pour toute la période, et c’est pourquoi les marxistes doivent y rester solidement enracinés. Seule cette analyse, explique-t-il, permet de saisir et le caractère inéluctablement condamné du régime capitaliste fondé sur la propriété privée des moyens de production, et le caractère irrémédiablement traître des appareils, petits et grands, qui tentent de sauver ce régime social failli, et enfin la nécessité du parti révolutionnaire de la IVe Internationale [7].

Conditions objectives, facteur subjectif

Pour Trotsky, surmonter l’écart entre maturité des conditions objectives et immaturité des conditions subjectives constitue l’enjeu du programme. Dans une discussion avec ses camarades américains, il l’illustre en ces termes :

“Quelle est la situation générale, aux Etats-Unis et dans le monde entier ? La crise économique est sans précédent, la crise financière, dans chacun des Etats, de même, et la guerre approche. C’est une crise sociale sans précédent (…). Il y a une crise de l’Etat. Nous pouvons dire qu’il y a crise politique de la classe dominante (…). Cela signifie une prémisse tout à fait fondamentale pour une situation révolutionnaire. C’est vrai pour tout le monde, c’est vrai pour les Etats-Unis et peut-être spécialement pour eux. Maintenant, la question du prolétariat. Il s’est produit un très grand changement dans la situation de la classe ouvrière. J’ai appris avec intérêt et plaisir, dans quelques articles du Socialist Appeal et de New International, qu’aujourd’hui le sentiment de l’ouvrier américain qu’il est un ouvrier est en train de grandir (…). Et puis, il y a eu les grèves sur le tas. Elles étaient, je crois, sans précédent, dans tout le mouvement ouvrier aux Etats-Unis. Comme résultat de ce mouvement, la fondation et la croissance du CIO. Et aussi la tendance à construire le Labor Party (…). Si l’on prend la situation mondiale en général — les contradictions impérialistes, la position du capitalisme américain, la crise et le chômage, la position de l’Etat américain comme une expression de l’économie américaine, de la bourgeoisie américaine, l’état d’esprit politique de la classe dirigeante, la désorientation dans ses rangs et la position de la classe ouvrière —, on peut dire, en prenant tout cela en considération, que les prémisses sont plus que mûres pour la révolution.

Si l’on passe de ces prémisses à la superstructure, à la politique, on relève moins de maturité. Les contradictions internes du capitalisme américain — la crise et le chômage — sont incomparablement plus mûres pour une révolution que la conscience des ouvriers américains. Tels sont les deux pôles de la situation. On peut dire qu’elle est caractérisée par une sur- maturité de toutes les prémisses sociales fondamentales pour la révolution (…). D’un autre côté, grâce à la rapidité et l’aggravation de la décomposition des conditions matérielles aux États-Unis, la conscience des masses — bien qu’elle ait réalisé des progrès importants — demeure arriérée en comparaison des conditions objectives. Nous savons que les conditions subjectives — la conscience des masses, la croissance du parti révolutionnaire — ne sont pas un facteur fondamental. Elles dépendent de la situation objective, en dernière analyse, l’élément subjectif dépend lui-même des conditions objectives, mais cette dépendance n’est pas un processus simple” [8].

Insistons sur cet aspect : des deux facteurs, le plus important, dit Trotsky, ce sont les conditions objectives. Ce que reprend le Programme de transition :

“L’orientation des masses est déterminée, d’une part, par les conditions objectives du capitalisme pourrissant ; d’autre part, par la politique de trahison des vieilles organisations ouvrières. De ces deux facteurs, le facteur décisif est, bien entendu, le premier : les lois de l’histoire sont plus puissantes que les appareils bureaucratiques.”

Autrement dit : il n’est au pouvoir de personne d’empêcher les lois de la lutte de classe de s’exercer, de conduire les ouvriers, malgré tous les obstacles, à se constituer comme classe, à dresser leurs organisations et à chercher à se défendre dans la plus âpre lutte de classe contre la classe capitaliste.

“On a vu la mécanique du Front populaire”


Pour Trotsky, affirmer que les conditions objectives constituent le facteur décisif n’implique nullement de minimiser l’importance du facteur subjectif, à propos duquel il souligne qu’il entretient avec les conditions objectives un rapport de dépendance qui “n’est pas un processus simple”. Il poursuit :

“On a observé en France l’année dernière un phénomène très important et très instructif pour les camarades des Etats-Unis. Le mouvement ouvrier avait reçu un élan puissant. Les syndicats étaient passés en quelques mois de moins d’un million à près de cinq millions. Les grèves sur le tas en France ont été incomparablement plus puissantes qu’aux Etats-Unis. Les travailleurs étaient prêts à tout, à aller jusqu’au bout. Et, d’un autre côté, on a vu la mécanique du Front populaire : pour la première fois, on pouvait démontrer l’importance historique de la trahison de l’Internationale communiste. Parce que, depuis quelques années, l’IC est devenue un appareil pour la conservation sociale du capitalisme, la disproportion entre les facteurs objectifs et subjectifs a pris une acuité terrible, et le Front populaire est devenu le frein le plus puissant pour canaliser ce grand courant révolutionnaire des masses. Et il y est, dans une certaine mesure, arrivé (…). Il existe, partout dans le monde, ce qui existe aux Etats-Unis, à savoir cette disproportion entre les facteurs objectifs et subjectifs, mais elle n’a jamais été aussi aiguë que maintenant” [9].

Pour Trotsky, cet obstacle dressé par les appareils traîtres dans le cadre de la politique de Front populaire ne peut nullement conduire à renoncer au combat pour une issue positive. Trotsky ne confond pas le fossé entre conditions objectives et conditions subjectives avec le fait que la classe ouvrière serait vouée à la défaite. Pour lui, les conditions d’une victoire révolutionnaire sont réunies… à l’exception d’une condition essentielle : la question de la direction de la classe ouvrière. Dès lors, il estime que la IVe Internationale, malgré la modestie de ses effectifs, peut et doit jouer un rôle essentiel, en prenant appui sur le mouvement de la classe (et en s’y insérant) pour aider à jeter un pont entre la conscience actuelle des ouvriers et la conscience des tâches qu’ils doivent réaliser :

“On a aux Etats-Unis un mouvement des masses pour surmonter cette disproportion, celui qui va de Green à Lewis, de Walker à LaGuardia [10]. Il s’agit de surmonter la contradiction fondamentale. Le PC joue aux Etats-Unis le même rôle qu’en France, mais à une échelle plus modeste. Le rooseveltisme remplace ici le Front popularisme de France. Dans ces conditions, notre parti doit aider les ouvriers à surmonter cette contradiction.”

La IVe Internationale, martèle Trotsky, a un rôle décisif à jouer :

“Les tâches stratégiques consistent à aider les masses, à adapter leur mentalité politique et psychologique à la situation objective, à surmonter les préjugés traditionnels des ouvriers américains, à adapter leur état d’esprit à la situation objective de la crise sociale de l’ensemble du système. Dans cette situation — prenant en considération la petite expérience, puis considérant la création du CIO, les grèves sur le tas, etc. —, nous avons tout à fait le droit d’être plus optimistes, plus courageux, plus offensifs dans notre stratégie et notre tactique — pas aventuristes — et d’avancer des mots d’ordre qui ne font pas partie du vocabulaire de la classe ouvrière américaine.”

Donc, la nécessité de Programme de transition est totalement reliée à la capacité pour la IVe Internationale — en dépit du retard pris — à aider la classe ouvrière américaine et du monde entier à surmonter l’effet de ce retard, d’avancer sur la question de la crise de direction.

C’est à cet endroit précis qu’intervient la notion de revendications transitoires.

“Pour notre conception stratégique, c’est un programme de transition”



“Quel est le sens du programme de transition ?,” interroge Trotsky, qui répond :

“On peut dire que c’est un programme d’action, mais pour nous, pour notre conception stratégique, c’est un programme de transition — c’est une aide aux masses pour surmonter les idées reçues (…) et pour s’adapter aux exigences de la situation objective. Ce programme de transition doit inclure les revendications les plus simples. Nous ne pouvons ni prévoir ni prescrire les revendications locales et syndicales adaptées à la situation locale d’une usine donnée, le développement de cette revendication, au mot d’ordre pour la création d’un soviet d’ouvriers. Ce sont là les deux points extrêmes, à partir du développement de notre programme de transition, pour trouver les liens et amener les masses à l’idée de la prise révolutionnaire du pouvoir. C’est pourquoi certaines revendications apparaissent comme très opportunistes — parce qu’elles sont adaptées à la mentalité réelle des travailleurs. C’est pourquoi d’autres apparaissent comme trop révolutionnaires — parce qu’elles reflètent plus la situation objective que la mentalité réelle des ouvriers. Nous devons combler aussi vite que possible l’écart entre les facteurs objectifs et les facteurs subjectifs” [11].

Pour Trotsky, la méthode du Programme de transition a un caractère stratégique parce qu’elle part de la situation actuelle et conduit à poser la question de la prise du pouvoir par le prolétariat. Dans ces conditions, la revendication transitoire n’a pas pour vocation principale d’être satisfaite dans le système capitaliste (même si, on le verra plus loin, le programme accorde la plus grande importance au combat pratique pour les revendications immédiates et pour leur satisfaction, laquelle ne peut que conforter la classe dans son organisation indépendante) [12].


“Il procède de la longue expérience collective des révolutionnaires”


D’où vient cette notion de Programme de transition ? Trotsky répond :

“Je veux insister sur le fait que ce n’est pas l’invention d’un homme seul. Qu’il procède de la longue expérience collective des révolutionnaires. C’est l’application de vieux principes à cette situation. Il ne faut pas le considérer comme fixé une fois pour toutes, mais au contraire comme étant capable d’être flexible vis-à-vis de la situation” [13].

Cette définition du Programme de transition comme l’expression de la continuité de “la longue expérience collective des révolutionnaires” n’est pas, pour Trotsky, une figure de style. Dans un article publié à la même époque [14], il évoque les dix points du programme du Manifeste communiste de Marx et Engels (1847-1848) comme ayant déjà un caractère de “programme de transition” ; un programme de transition qu’ultérieurement (en 1872) les deux auteurs corrigeront et compléteront sur la base de l’expérience de la Commune de Paris, mettant à l’ordre du jour l’obligation, pour satisfaire ce programme ouvrier, de briser la machine de l’Etat bourgeois.

Cette méthode sera reprise par les bolcheviks. En septembre 1917, en pleine révolution russe, Lénine, dans son article consacré à “la catastrophe imminente et les moyens de la conjurer” [15], écrit :

« La Russie est menacée d’une catastrophe certaine. Le pays se meurt par manque de denrées alimentaires, par manque de main-d’œuvre, alors qu’il y a en suffisance du blé et des matières premières ; et c’est dans un tel pays, dans un moment aussi critique, que le chômage est devenu massif ! Quelle preuve faut-il encore pour démontrer qu’en six mois de révolution (…), alors que nous sommes en république démocratique, alors que foisonnent les associations, organisations et institutions qui s’intitulent fièrement “démocratiques révolutionnaires”, rien, absolument rien de sérieux n’a été fait pratiquement contre la catastrophe, contre la famine ? Nous courons de plus en plus vite à la faillite, car la guerre n’attend pas et la désorganisation qu’elle entraîne dans toutes les branches de la vie nationale s’aggrave sans cesse. »

Avant de formuler le détail des revendications urgentes qu’appelle la situation, Lénine montre du doigt les obstacles auxquels se heurtent ces mesures :

“Il suffit d’un minimum d’attention et de réflexion pour se convaincre qu’il existe des moyens de combattre la catastrophe et la famine, que les mesures à prendre sont tout à fait claires, simples, parfaitement réalisables, pleinement à la mesure des forces du peuple, et que si ces mesures ne sont pas prises, c’est uniquement, exclusivement parce que leur application porterait atteinte aux profits exorbitants d’une poignée de grands propriétaires fonciers et de capitalistes” [16].

Dans les faits, les bolcheviks n’auront guère le temps de mobiliser autour du programme de revendications transitoires détaillé par Lénine dans “la catastrophe imminente et les moyens de la conjurer”. La précipitation des événements — en particulier l’effondrement de l’influence des mencheviks et des socialistes-révolutionnaires parmi les masses entre septembre et octobre 1917 — les contraignit à combattre pour aider les soviets à prendre directement le pouvoir entre leurs mains, ce qu’ils feront le 25 octobre 1917.

Mais l’expérience pratique des bolcheviks de février à octobre 1917 nourrit toute l’orientation du Programme de transition, à la fois sur les revendications transitoires et sur le mot d’ordre de “gouvernement ouvrier et paysan”. Ce dernier est désigné par Trotsky comme le “plus avancé” de tous les mots d’ordre de transition. Il l’oppose au Front populaire comme expression de la nécessaire rupture avec la bourgeoisie. Mobiliser les masses afin d’imposer aux partis qui parlent en leur nom de faire un pas sur la voie de la rupture et de s’engager sur la voie du gouvernement ouvrier et paysan : cet axe de combat est central aux yeux de Trotsky, et cela en dépit du caractère “peu vraisemblable” de cette hypothèse. Il écrit :

“Inutile de se perdre en conjectures. L’agitation sous le mot d’ordre du gouvernement ouvrier et paysan garde dans toutes les conditions une énorme valeur éducative (…). Chacune de nos revendications transitoires doit conduire à une seule et même conclusion politique : les ouvriers doivent rompre avec tous les partis traditionnels de la bourgeoisie, établir en commun avec les paysans leur propre pouvoir” [17]. On lira à ce sujet l’article de Jean-Pierre Raffi dans ce numéro de La Vérité [18].

Revendications partielles, démocratiques et transitoires

Pour Trotsky, la mise en avant d’un programme de revendications transitoires n’implique nullement de repousser le combat pour les revendications immédiates :

« La tâche stratégique de la IVe Internationale ne consiste pas à réformer le capitalisme, mais à le renverser. Son but politique est la conquête du pouvoir par le prolétariat pour réaliser l’expropriation de la bourgeoisie. Cependant, l’accomplissement de cette tâche stratégique est inconcevable sans que soit portée la plus grande attention à toutes les questions de tactique, même petites et partielles (…). Ce qui distingue l’époque actuelle, ce n’est pas qu’elle affranchit le parti révolutionnaire du travail prosaïque de tous les jours, mais qu’elle permet de mener cette lutte en liaison indissoluble avec les tâches de la révolution. La IVe Internationale ne repousse pas les revendications du vieux programme “minimum” dans la mesure où elles ont conservé quelque force de vie. Elle défend inlassablement les droits démocratiques des ouvriers et leurs conquêtes sociales. Mais elle mène ce travail de tous les jours dans le cadre d’une perspective correcte, réelle, c’est-à-dire révolutionnaire. Dans la mesure où les vieilles revendications partielles “minimum” des masses se heurtent aux tendances destructrices et dégradantes du capitalisme décadent — et cela se produit à chaque pas —, la IVe Internationale met en avant un système de revendications transitoires dont le sens est de se diriger de plus en plus ouvertement et résolument contre les bases mêmes du régime bourgeois. »

Passage qui prend une importance accrue en ce début du XXIe siècle où les masses sont contraintes par le capitalisme pourrissant (secondé par tous les appareils “ouvriers-bourgeois” définitivement ralliés au régime croupissant de la propriété privée des moyens de production) à combattre de manière défensive, non seulement pour les revendications “minimum” les plus élémentaires, mais d’abord et avant tout contre l’offensive meurtrière qui les menace dans leur existence même. Offensive qui frappe la totalité des conquêtes ouvrières et démocratiques arrachées par la lutte de classe et le combat démocratique : l’existence d’organisations syndicales et politiques indépendantes, aujourd’hui soumises à une pression sans précédent pour les entraîner sur la voie du corporatisme ; éléments fondamentaux de la démocratie politique que l’impérialisme décomposé remet en cause les uns après les autres ; et même l’existence des nations, soumises à présent à un processus de démantèlement et de dislocation.

Cette situation donne une place nouvelle au combat de défense de toutes les conquêtes de la classe et de la démocratie. Elle ne conduit pas pour autant les militants de la IVe Internationale à ériger ce combat de défense et de reconquête en un programme “minimum” renvoyant à un avenir indéterminé le combat pour la révolution prolétarienne. Bien au contraire : en cette phase de réaction et de destruction sur toute la ligne, plus que jamais, le combat pour chacune des revendications particulières met à l’ordre du jour la mobilisation des masses pour l’expropriation des expropriateurs.

Pour ouvrir une issue, construire un parti

On l’a vu : ce système de revendications transitoires vise pour Trotsky à aider à résoudre la question de la crise de direction du prolétariat. Cela signifie à la fois poser les fondations de la IVe Internationale et inscrire cette construction dans un ensemble plus vaste : l’aide à la défense et à la consolidation de tout ce qui fait l’indépendance de la classe ouvrière et de ses organisations contre le Front populisme et le corporatisme. Trotsky n’écarte pas l’hypothèse que sous une forme particulière, la transition s’applique également à la question de la construction du parti. En relation directe avec l’élaboration des revendications transitoires, il mène avec les partisans américains de la IVe Internationale la discussion sur le Labor Party. Trotsky pose la question du Labor Party — c’est-à-dire l’hypothèse de la formation d’un parti ouvrier par les syndicats américains rompant avec le Parti démocrate — en relation avec l’imminence de la guerre et la marche au fascisme en Europe. Dans une telle situation où le stalinisme usurpe le drapeau d’Octobre pour mener sa politique contre-révolutionnaire et où la social-démocratie mène la politique contre-révolutionnaire que l’on sait, la question de l’issue pour Trotsky recoupe la question du parti [19].

Le risque existe, estime-t-il, qu’aux Etats-Unis aussi la crise débouche sur la trique de fer du fascisme. Les travailleurs ont la capacité de se dresser pour interdire cette situation. L’existence d’un large parti ouvrier serait un rempart, dit Trotsky. Mais les travailleurs ne rejoindront pas directement, en masse, le Socialist Workers Party, organisation trotskyste, aux forces alors réelles, mais limitées, et qui, compte tenu de l’accélération du rythme d’évolution de la crise, risque de ne pas être prêt à temps.

Alors ? Existera-t-il à l’ouverture de la crise révolutionnaire, sinon d’emblée un parti de la IVe Internationale ayant une influence de masse, du moins un parti ouvrier indépendant solidement enraciné au sein duquel un courant de la IVe Internationale agira pour consolider les bases indépendantes d’un tel parti, lui-même point d’appui permettant à l’ensemble de la classe de résister ? Pour Trotsky, cette question concentre toutes les autres. Loin d’être un abandon du programme révolutionnaire, c’est un point du programme défini en fonction de la situation objective. Ouvrir une issue pour la classe ouvrière, c’est lui permettre sous les formes possibles à un moment déterminé d’avancer sur la question de la construction du parti, y compris s’il s’agit d’un parti au sens large, un parti de la classe s’opposant comme classe à la classe capitaliste, qui, elle, cherche à marcher vers le fascisme. Cette transition dans la construction du parti apparaît aux yeux de Trotsky comme une obligation découlant de la nécessité historique — la crise de l’humanité, c’est la crise de la direction — de surmonter l’écart entre la maturité des conditions objectives et l’immaturité des conditions subjectives, et en rapport avec l’accélération du rythme des événements.

IVe Internationale et parti ouvrier

Dans une discussion avec les militants américains, il répond à une objection qui lui est faite :

“Sommes-nous pour la création d’un Labor Party réformiste ? Non. Sommes-nous pour une politique qui puisse donner aux syndicats la possibilité de jeter leur poids dans la balance ? Oui. Il peut devenir un parti réformiste — cela dépend du développement. Ici se pose la question du programme. Je l’ai indiqué hier et je vais le souligner aujourd’hui : il nous faut un programme de revendications transitoires, dont la plus achevée est celle de gouvernement ouvrier et paysan. Nous sommes pour un parti, pour un parti indépendant des masses laborieuses, qui prendra le pouvoir dans l’Etat” [20].

Pour Trotsky, cette démarche s’inscrit dans la perspective d’un développement rapide de toute la situation :

« Nous sommes dans une période du capitalisme déclinant, de crises toujours plus agitées et terribles, et de la guerre qui approche. En temps de guerre, les ouvriers apprennent très vite. Si vous dites qu’il faut attendre et voir, puis faire de la propagande, nous ne serons pas l’avant-garde, mais l’arrière-garde. Si vous me demandez : est-il possible que les ouvriers américains s’emparent du pouvoir dans dix ans ?, je dirai : oui, c’est tout à fait possible (…). Nous sommes une petite organisation, propagandiste, et, dans certaines situations, nous sommes plus sceptiques que les masses qui se développent très vite. Au début de 1917, Lénine disait que le parti est dix fois plus révolutionnaire que son comité central et les masses cent fois plus révolutionnaires que les rangs du parti. II n’y a pas maintenant aux Etats-Unis de situation révolutionnaire. Mais les camarades avec des idées très révolutionnaires dans les époques tranquilles peuvent devenir de vrais freins au mouvement dans des situations révolutionnaires — cela se produit souvent. Un parti révolutionnaire attend la révolution si souvent et si longtemps qu’il a l’habitude de la reporter » [21].

Bien sûr, pour Trotsky, il est hors de question que dans le combat pour un parti ouvrier, les partisans de la IVe Internationale dissolvent leur organisation. Il le précise en ces termes :

« Nous manifestons clairement que nous avons notre organisation, notre presse (…). Mais nous sommes trop faibles. Et nous ne pouvons pas dire aux ouvriers : “Attendez que nous soyons devenus plus influents, plus puissants.” Il nous faut intervenir dans le mouvement tel qu’il est. »

Et Trotsky, dialoguant avec de possibles interlocuteurs dans le cadre du Labor Party en construction, dit :

« Je ne dirai pas que le Labor Party est un parti révolutionnaire, mais que nous ferons tout pour que ce soit possible. A chaque réunion, nous dirons : “Je suis représentant du SWP. Je considère que c’est le seul parti révolutionnaire. Mais je ne suis pas sectaire. Vous essayez maintenant de créer un grand parti ouvrier. Je vous aiderai, mais je vous propose d’examiner un programme pour ce parti. Je fais telle et telle proposition” » [22].

Et Trotsky précise à propos du Labor Party :

“Une organisation révolutionnaire qui aurait vis-à-vis de ce mouvement progressiste une position négative ou une neutralité expectative se vouerait elle-même à l’isolement et à la dégénérescence sectaire (…). Le Socialist Workers Party ne se borne pas cependant (…) à un mot d’ordre abstrait en faveur d’un Labor Party (…) et il peut encore moins admettre des combinaisons sans principes de sommet sous le couvert de ce mot d’ordre : il met en avant un programme de revendications de transition afin de faire fructifier le mouvement de masses pour un Labor Party.

Tout en préservant sa pleine indépendance organisationnelle et politique, le SWP mène systématiquement et de façon intransigeante la lutte contre la bureaucratie syndicale qui résiste à la création d’un Labor Party ou tente d’en faire une arme auxiliaire d’un des partis bourgeois. En expliquant et en popularisant son programme de revendications de transition (…), le SWP dénonce inlassablement, sur la base de l’expérience vivante des masses, les illusions réformistes et pacifistes de la bureaucratie syndicale et de ses alliés social-démocrates et staliniens (…)” [23].

Pour Trotsky, la fondation de la IVe Internationale est inséparable du contexte international qui voit l’accélération de la marche à la guerre et à l’affrontement entre prolétariat et bourgeoisie, sous la menace de la marche au fascisme. Dans un tel contexte, la solution à la crise de direction est au centre de la recherche d’une issue pour la classe ouvrière. Elle appelle dans un même mouvement et la construction nécessaire de la IVe Internationale sur la base de son programme et l’insertion de ses sections dans le mouvement pratique, visant, sous des formes diverses, à combler le fossé entre conditions objectives et conditions subjectives. Dans des conditions historiques bien différentes — mais non sans ressemblances —, quelle est l’actualité de la méthode et des objectifs du Programme de transition tel que Trotsky l’a établi dans un dialogue constant avec ses camarades de la IVe Internationale naissante, sur la base de la continuité de toute l’histoire du mouvement ouvrier ? C’est le débat auquel la IVe Internationale invite travailleurs et militants de toutes tendances du mouvement ouvrier, attachés à l’indépendance de classe, clé d’un combat victorieux pour bloquer la marche à la barbarie capitaliste.

Notes
[1] “Discussion pour résumer sur les revendications de transition”, 23 mars 1938, tome 17 des Œuvres de Trotsky.

[2] Isaac Deutscher, Trotsky.

[3] Programme de transition : “Programme minimum et programme de transition.”

[4] Laquelle conquête du pouvoir suppose en effet que le parti soit à l’écoute des revendications les plus élémentaires “au quotidien”, non comme une chose en soi, mais comme le point de départ de la transition pour poser et résoudre la question du pouvoir.

[5] Trotsky, Journal d’exil, 25 mars 1935.

[6] Republié dans La Vérité, n° 604, de juin 1989.

[7] Le volume imparti à cet article interdit de traiter plus à fond cette question. On pourrait prolonger le propos de Pierre Lambert de 1969. En 1971, lorsque Nixon décide de déconnecter la monnaie américaine de sa référence en or, une déclaration de l’OCI, ancêtre de l’actuelle section française de la IVe Internationale, analyse cette décision comme l’expression de la “décomposition du régime de la propriété privée des moyens de production”, montrant que l’économie américaine ne survit qu’au prix d’injections grandissantes de crédits militaires qui aboutissent “à un gigantesque gaspillage du travail humain où les forces productives mises en œuvre par les exploités se transforment en forces destructrices”. Cette déclaration de l’OCI (reproduite en 2000 dans le livre Lutte des classes et mondialisation) souligne que “le secteur de l’économie d’armement, comme tous les autres secteurs de l’économie capitaliste, connaît des limites, et ces limites, Nixon vient de les affirmer dans la mesure qu’il vient de prendre”. De fait, après 1971, l’impérialisme n’aura de cesse de combiner le recours à l’économie d’armement — se transformant de plus en plus en économie de guerre — et d’autres moyens parasitaires, notamment un gonflement sans précédent des capitaux fictifs et des différents artifices pour contourner les difficultés de la valorisation du capital dans l’extorsion de la plus-value. Cet enchaînement conduit de la crise de 1971 à la déréglementation financière et monétaire généralisée de la fin des années 1970- début des années 1980 que notre Internationale a analysée dans différents textes il y a une dizaine d’années. Elle nourrit l’offensive de destruction des nations et des Etats, et l’offensive généralisée contre la valeur de la force de travail. De crise en crise, de bulle spéculative en bulle spéculative, c’est chaque fois un gonflement plus gigantesque de capitaux, pour certains réels et pour d’autres fictifs, qui se transforment en forces destructrices des forces de production, et en particulier de la première d’entre elles, la force de travail du prolétariat. Signalons que dans la première année de la crise ouverte des sub-primes d’août 2007 à août 2008, le montant des valeurs détruites est supérieur au PIB mondial, et même, selon les termes d’un économiste bourgeois, au coût d’une guerre mondiale généralisée.

On peut aussi se reporter à la réédition de L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme par la Selio et à son introduction de 2009.

[8] “Discussion pour résumer sur les revendications de transition”, 23 mars 1938, tome 17 des Œuvres de Trotsky.

[9] Ibidem.

[10] Pour Trotsky, le passage du syndicalisme de métier réactionnaire de l’AFL de William Green au syndicalisme d’industrie du CIO de John L. Lewis avait constitué un pas en avant, de même, sur un autre plan, que le passage de la mairie de New York des mains de James John Walker (1886-1957), un démocrate affairiste inféodé au grand milieu capitaliste, à celui de LaGuardia, qui se présentait comme plus progressiste.

[11] “Discussion pour résumer sur les revendications de transition”, 23 mars 1938, tome 17 des Œuvres de Trotsky.

[12] A propos du mot d’ordre de l’échelle mobile des salaires et des horaires de travail, Trotsky explique : “Qu’est-ce que ce mot d’ordre ? En réalité, c’est le système du travail dans une société socialiste. C’est-à-dire le nombre total des travailleurs divisé par le nombre total des heures. Mais si nous présentions la totalité du système socialiste, cela apparaîtrait, à l’Américain moyen, comme étant utopique, comme quelque chose qui vient d’Europe. Nous devons le présenter comme une solution à cette crise qui permette d’assurer leurs droits à pouvoir manger, boire et vivre dans des appartements décents. C’est le programme du socialisme, mais dans une forme simple et populaire (“The Political Backwardness of the American Workers”, publié dans The Transitional Program for Socialist Revolution, Pathfinder Press). Signalons que ce mot d’ordre du Programme de transition n’a rien à voir avec la “revendication” du NPA en France et autres organisations de ce type “d’un partage du travail et des richesses” aujourd’hui. Il est clair que dans les conditions de la crise actuelle, marquée par la destruction de centaines de millions d’emplois, le mot d’ordre ouvrier est d’abord l’interdiction des licenciements et la création d’emplois (aux Etats-Unis, la centrale syndicale AFL-CIO revendique un plan de création de 15 millions d’emplois). Le partage des emplois existants aujourd’hui risque fort d’aboutir à accompagner la destruction des emplois par la précarisation et la paupérisation de la classe. On le voit, le Programme de transition, comme Trotsky l’indique lui-même, n’est pas un catalogue de revendications valable en toutes circonstances. Mais la méthode, elle, reste d’une totale actualité.

[13] “The Political Backwardness of the American Workers”, publié dans The Transitional Program for Socialist Revolution, Pathfinder Press.

[14] “90 années de Manifeste communiste”, 30 octobre 1937, tome 15 des Œuvres de Trotsky.

[15] “La catastrophe imminente et les moyens de la conjurer”, tome 25 des Œuvres de Lénine, 1917.

[16] Ibidem.

[17] Programme de transition : “Le gouvernement ouvrier et paysan.”

[18] Dans les années qui suivront la prise du pouvoir par les soviets, la jeune Internationale communiste prolongera la démarche de Marx et Engels, et de Lénine. Une résolution du IIIe Congrès de l’Internationale communiste stipule :

“Les Partis communistes ne peuvent se développer que dans la lutte. Même les plus petits des partis communistes ne doivent pas se borner à la simple propagande et à l’agitation. Ils doivent constituer, dans toutes les organisations de masse du prolétariat, l’avant-garde qui montre aux masses retardataires, hésitantes, en formulant pour elles des buts concrets de combat, en les incitant à lutter pour réclamer leurs besoins vitaux, comment il faut mener la bataille, et qui par là leur révèle la traîtrise de tous les partis non communistes (…). Sur le terrain du capitalisme, aucune amélioration durable de la situation de la masse du prolétariat n’est possible (…). Mais ce sentiment ne doit pas nous faire renoncer à combattre pour les revendications vitales actuelles et immédiates du prolétariat (…). Il faut au contraire prendre chaque besoin des masses comme point de départ de luttes révolutionnaires, qui, dans leur ensemble, pourront constituer le courant puissant de la révolution sociale. Les Partis communistes ne mettent en avant pour ce combat aucun programme minimum tendant à fortifier et à améliorer l’édifice vacillant du capitalisme. La ruine de cet édifice reste leur but directeur, leur tâche actuelle. Mais pour remplir cette tâche, les Partis communistes doivent émettre des revendications dont la réalisation constitue une nécessité immédiate et urgente pour la classe ouvrière, et ils doivent défendre ces revendications dans la lutte des masses, sans s’inquiéter de savoir si elles sont compatibles ou non avec l’exploitation usuraire de la classe capitaliste” (recueil des Quatre Premiers Congrès de l’Internationale communiste, “Thèse sur la tactique - Combats et revendications partiels”).

[19] Lire également l’article d’Alan Benjamin dans ce numéro de La Vérité.

[20] “Discussion sur le Labor Party”, 21 mars 1938, tome 17 des Œuvres de Trotsky.

[21] Ibidem.

[22] Ibidem.

[23] “Le problème du Labor Party”, avril 1938, tome 17 des Œuvres de Trotsky.



Le capitalisme n’a pas survécu parce qu’il s’ouvrait une issue

Contrairement à ce qu’ont répété, sous des formes diverses, les différents révisionnismes du marxisme, le capitalisme n’a pas survécu parce qu’il s’ouvrait une issue. Au contraire, sa perpétuation s’est effectuée et s’effectue au travers d’une mise en cause de plus en plus nette des fondements de la civilisation, par la destruction accrue des forces productives de l’humanité, et d’abord de la force productive essentielle, “la classe révolutionnaire elle-même” (Marx).

Quand nous disons que la IVe Internationale s’est maintenue, nous constatons simplement le fait qu’à travers ses sections, ses initiatives, elle a en permanence été un facteur agissant dans la lutte des classes. Elle n’a pu l’être qu’à partir de la défense, dans le cours même de la lutte des classes, des principes et du programme de la IVe Internationale. Non que ceux-ci constituent un dogme qu’il suffirait de préserver, mais au contraire, parce que, à chaque étape, à partir des faits, la validité ne peut en être démontrée que par l’expérience de la lutte et par l’analyse des développements en cours. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, Trotsky expliquait que cette guerre serait la continuation de la précédente. Mais, ajoutait-il, “continuation n’est pas répétition (...). Une continuation signifie un développement, un approfondissement, une accentuation.”

La “continuation” du système impérialiste a entraîné toute une série de modifications dans les moyens employés par le système capitaliste pour survivre, toute une série de changements dans la configuration du champ de bataille : mais les adversaires principaux demeurent les mêmes, la bourgeoisie et le prolétariat, et l’enjeu pour que l’humanité ne sombre pas dans l’abîme reste dans la révolution sociale mettant fin à l’exploitation procédant de l’appropriation privée des moyens de production.

Personne n’ose aujourd’hui nier que la planète tout entière est dévastée par une crise mondiale — crise qui a ses racines dans le fonctionnement même du système capitaliste, dans le régime failli des moyens de production à un moment déterminé de son histoire, celui de la putréfaction avancée de l’impérialisme. Ce sont tous les moyens parasitaires utilisés pour assurer sa survie qui sont aujourd’hui les facteurs d’une crise incontrôlable qui touche tous les domaines.

Parce qu’il s’agit d’une crise mondiale, elle frappe avec force l’impérialisme américain, parce que celui-ci est la clé de voûte du système de domination mondial de l’impérialisme ; elle est le fondement et se combine avec une crise politique sans précédent de la plus grande puissance du monde. Cette crise mondiale trouve aujourd’hui en Europe son expression la plus concentrée.

Dans le monde entier, les masses se heurtent aux conséquences destructrices du maintien du système capitaliste. Les peuples, les nations sont menacés dans leur existence même.

Quel est l’obstacle majeur pour les travailleurs et les peuples ? Précisément ces “appareils bureaucratiques conservateurs” dont le programme de fondation de la IVe Internationale dénonce la volonté de rester liés à la bourgeoisie même dans sa période d’agonie. Caractérisation encore plus aiguë aujourd’hui.

La IVe Internationale n’a pas d’intérêts séparés de ceux du prolétariat mondial, et donc de tous ceux qui veulent agir pour préserver l’indépendance de leurs organisations, l’unité contre les plans meurtriers du capitalisme à l’échelle internationale et dans chaque pays.

La IVe Internationale fonde son action sur le fait que la lutte de la classe ouvrière est l’axe de tout combat pour la sauvegarde de la civilisation et de l’unité.

Elle réaffirme que l’issue est dans la disparition du système mondial du capitalisme fondé sur la propriété privée des moyens de production.

C’est parce que, au travers de son combat et comme une condition de ce combat, la IVe Internationale a analysé, à chaque étape, ces modifications, ces approfondissements, ces accentuations à la lumière de l’analyse fondée sur la méthode marxiste, sur celle de Trotsky, que nous pouvons aujourd’hui reprendre à notre compte ce qu’affirmait Pierre Lambert en 1969 :

“Apprenez aujourd’hui, y compris avec nos erreurs, le bilan qui a été le nôtre, à nous trotskystes (…). Oui, nous avons fait des erreurs, mais il n’y a aucune tendance en France et dans le monde qui a été capable de rendre compte, comme nous en avons rendu compte, même avec toutes nos erreurs, des événements qui se déroulaient, des événements qui allaient venir. Et sur ce plan, nous pouvons en définitive discuter de ce bilan.”

Ce numéro spécial de La Vérité, qui reprend, à travers toute une série d’articles, les positions politiques mises en avant par Léon Trotsky pour en souligner le rapport avec les tâches les plus urgentes auxquelles est confrontée la classe ouvrière internationalement et dans chaque pays, est une composante de la discussion de ce bilan.
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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  Jean Jean le Jeu 30 Mai - 19:34

Oui ou non existe-t-il un lien entre la tendance à la putréfaction des forces productives de l’humanité que nourrit l’impérialisme au plan économique et, au plan politique, la marche au corporatisme destructeur de la démocratie ? A cette question Lénine répond [8] : « Au point de vue économique, l’impérialisme (ou “l’époque” du capital financier, la question n’est pas dans le terme) est le stade suprême du développement du capitalisme, celui où la grande production a atteint des proportions telles que la libre concurrence fait place au monopole. C’est là l’essence économique de l’impérialisme. (…) La superstructure politique qui coiffe la nouvelle économie, le capitalisme monopoliste (l’impérialisme est le capitalisme monopoliste), c’est le tournant à partir de la démocratie vers la réaction politique. A la libre concurrence correspond la démocratie. Au monopole correspond la réaction politique. Il est incontestable que l’impérialisme est la “négation” de la démocratie en général, de toute la démocratie. »

Il ne s’agit bien évidement pas en ce début du XXIe siècle de nourrir la moindre illusion sur un possible retour du capitalisme décomposé, putréfié vers un capitalisme « démocratique » ou vers son improbable « humanisation ». Répétons-le : toute la situation mondiale met à l’ordre du jour la nécessaire expropriation du capital. Pour autant, le combat pour la reconquête de la démocratie constitue un levier majeur dans l’aide à la mobilisation révolutionnaire des masses.

Ce n’est pas l’objet de cet article que de comparer l’impérialisme du début du XXIe siècle à l’impérialisme du début du XXe. Disons, pour aller vite, que toutes les caractéristiques essentielles de l’impérialisme se trouvent aujourd’hui portées à un degré d’exacerbation sans précédent : et la marche à la putréfaction-décomposition des forces productives et à leur destruction en masse (par tous les moyens parasitaires, de la spéculation, de l’économie d’armement) et la marche à la dislocation de toutes les formes de la démocratie politique caractéristique de la phase ascendante du capitalisme, qu’il s’agisse de la destruction des nations ou du démantèlement de toutes les institutions de la démocratie politique arrachées en relation même avec le développement de la lutte de classe. Il en découle que si l’impérialisme représente le tournant partant de la démocratie vers la réaction politique, alors le combat de la classe ouvrière se doit de s’orienter vers la reconquête de la démocratie, non pour « revenir à la libre concurrence », non comme une étape préalable au combat pour le socialisme, mais comme l’instrument indissociable du combat ouvrier pour l’émancipation sociale. Lénine précise : « Les marxistes, eux, savent que la démocratie n’élimine pas l’oppression de classes, mais rend seulement la lutte des classes plus claire, plus ample, plus ouverte, plus accusée ; c’est ce qu’il nous faut » [9].

Après le conseil général de la IVe Internationale par Daniel Gluckstein décembre 2011 (La Vérité n° 72)



Le Secrétariat unifié et la “Ve Internationale”


Dernière édition par Jean Jean le Jeu 30 Mai - 19:40, édité 2 fois
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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  Copas le Jeu 30 Mai - 19:35

manolo a écrit:
Eugene Duhring a écrit:
manolo a écrit:LO, les Lambertistes, mais aussi les Bordiguistes, les Spartacistes, Le Comité Communiste International, le GSI, etc..., c'est à dire toutes les organisations qui de réclament de la révolution prolétarienne.
mmum, on sent le revenant mais foin de suspicion.
Des organisations qui partagent certes une vision à peu près identique des forces productives (et encore pour LO ça reste à voir) mais qui ne partagent rien d'autre ! Va donc parler d'un GSI, d'un Bordiguiste, d'un LO à un militant du CCI, et inversement ... C'est assez amusant de constater à quel point on peut se raccrocher à n'importe quoi pour appuyer son discours : en recourir à LO par exemple pour un sympathisant du CCI quand le CCI ne cesse de dénoncer LO pour sa ligne politique droitière c'est un régal !
Ensuite pour ce qui est de se réclamer de la révolution prolétarienne, c'est un peu prétendre que la CGT est révolutionnaire en s'appuyant sur sa charte.

Par contre, c'est étrange, tous les tenants d'un "avenir" pour le capitalisme sont.... les capitalistes eux-mêmes, les staliniens, les sociaux-démocrates, le PG.....et peut-être mêmele NPA qui prône, non plus la révolution prolétarienne mais une "révolution démocratique"! Vous avez dit "bizarre"!

C'est reparti....

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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  Jean Jean le Jeu 30 Mai - 20:04

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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  gérard menvussa le Jeu 30 Mai - 20:41

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Guerre_du_XIXe_si%C3%A8cle

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_batailles_du_XVIIIe_si%C3%A8cle

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_batailles_du_XVIIe_si%C3%A8cle

Bref, a parcourir les batailles et guerres du passé et a venir, leur force et leur intensité dépend justement du développement des forces productives : tant qu'on en était resté aux pierres, ça allait : depuis qu'on en est passé au nucléaire, c'est un peu plus efficace...

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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  Copas le Jeu 30 Mai - 21:23

Rien de neuf, les POIstes confondent toujours forces productives et forces progressistes,...

Notre ami Jean Jean enfonce des portes ouvertes sur la dangerosité du capitalisme pour l'humanité.
le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage,

Et plus les forces productives ont cru plus les forces disponibles pour détruire le monde se sont accrues, plus un danger mortel plane sur l'humanité qui ne se résume d'ailleurs pas aux seules guerres .
Les dangers dus au capitalisme portent bien d'autres traits que les guerres, comme par exemple un développement attentatoire aux conditions mêmes de la vie sur terre, les désastres écologiques, des technologies que le capitalisme est incapable de controler (comme les nanotechnologiques, les OGM, le nucléaire, la production massive de gaz à effet de serre, etc).

Mais ça n'infirme nullement la croissance globale des forces productives, ni les crises majeures qui peuvent dans le cadre des cycles du capitalisme bloquer sur une période cette croissance, localement ou mondialement.

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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  verié2 le Ven 31 Mai - 8:56

(Manolo ou Jean Jean)
c'est étrange, tous les tenants d'un "avenir" pour le capitalisme sont.... les capitalistes eux-mêmes, les staliniens, les sociaux-démocrates, le PG.....et peut-être mêmele NPA
Contresens absurde. Constater que le capitalisme a continué à développer les forces productives, c'est à dire constater la réalité évidente, ne revient pas à prédire un avenir radieux au capitalisme. C'est votre conception du capitalisme qui est fausse. Le capitalisme n'est pas un système qui a connu une période ascendante, un apogée puis une période décadente, une agonie et une fin. Ce qui signifierait qu'il va disparaître de lui-même inexorablement.

Le capitalisme est un système qui se développe en dents de scie. Chaque crise, si elle n'engendre pas une révolution, est suivie par une nouvelle période d'expansion. Le fait que chaque crise soit plus catastrophique que la précédente, engendre davantage de destructions, de massacres, de misère n'empêche pas le capitalisme de se régénérer et de repartir à niveau plus élevé des forces productives, mais avec des contradictions encore plus catastrophiques aussi. Jusqu'à un stade où on pourrait effectivement assister à un effondrement partiel ou total de l'humanité organisée, sombrer dans la barbarie voire assister à une destruction de la planète ou d'une partie de la planète.
Mais raconter que le capitalisme n'a cessé de dégénérer et de s'effondrer depuis 1914 est une énorme ânerie.

Trotsky, en effet, n'avait pas prévu une nouvelle expansion comme celle qui a suivi la seconde guerre mondiale. En revanche, il avait prévu cette guerre et les années de barbarie qu'elle allait engendrer. Ses objectifs s'établissaient au niveau de cette perspective de guerre barbare, pas dans l'hypothèse d'un redémarrage ultérieur. Personne aujourd'hui n'essaie d'envisager la lutte pour le socialisme après une troisième guerre mondiale nucléaire, à part les auteurs de science-fiction. Nous nous plaçons dans la perspective d'empêcher cette guerre ou de la transformer le plus vite possible en guerre révolutionnaire.

Le développement des forces productives rend la nécessité du socialisme encore plus urgente et le met à notre portée. Mais il faut pour cela une intervention consciente de masses humaines considérables. Le capitalisme ne mourra pas tout seul...

La différence entre la période qui a précédé 1914 et la notre, c'est que le capitalisme a été incontournable pour développer les forces productives pendant la première période et qu'il ne l'est plus aujourd'hui. On peut même considérer qu'il ne permet pas aux forces productives de se développer autant que ce serait objectivement possible en raison des progrès scientifiques et technologiques. Mais ce point de vue est discutable car notre objectif est surtout de réorganiser les forces productives en fonction des besoins humains, plutôt que de les développer davantage, même si les deux ne sont pas incompatibles. Mais c'est un autre débat...
___
A Duhring
Le texte de congrès LO de 2001 comporte en effet des contradictions et des ambiguités qui trahissent le malaise de LO, coincée entre conceptions dogmatiques et prise en compte... très partielle de la réalité. Néanmoins, ce texte est un des plus caractéristiques du refus de LO d'admettre pleinement la réalité des faits.
__
A Jean Jean
J'attend les textes bordiguistes et du CCR affirmant que les forces productives ont cessé de croître.

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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  Jean Jean le Lun 3 Juin - 19:34

Le capitalisme a créé son propre fossoyeur... Il a développé les forces productives, maintenant, il ne l'ai développes plus, il l'ai détruits... S'il n'y avait pas eu de capitalisme il n'y aurai pas eu de classe ouvrière...

Sinon, pour les bordiguistes et le CCR, c'est à eux de s'en expliquer pas à moi...
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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  verié2 le Lun 3 Juin - 19:42

Jean Jean a écrit: pour les bordiguistes et le CCR, c'est à eux de s'en expliquer pas à moi...
C'est un "Poiste", sous un de ses pseudos qui a affirmé que les bordiguistes et le CCR défendaient le point de vue selon lequel les forces productives ont cessé de croître.

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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

Message  Jean Jean le Lun 3 Juin - 19:57

Ah ok.
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Re: Les forces productives ont-elles cessé de croître ?

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