Argentine.

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Argentine

Message  sylvestre le Mer 27 Oct - 16:46

http://www.rfi.fr/ameriques/20101025-assassinat-jeune-ferreyra-eclabousse-le-pouvoir-peroniste-argentine

L'assassinat du jeune Ferreyra éclabousse le pouvoir péroniste en Argentine
Des manifestants réclament « procès et châtiment » pour les assassins de Mariano Ferreyra, à Buenos Aires, le 21 octobre 2010.
Des manifestants réclament « procès et châtiment » pour les assassins de Mariano Ferreyra, à Buenos Aires, le 21 octobre 2010.
AFP/Daniel GARCIA
Par RFI

En Argentine, deux personnes ont été arrêtées pour leur participation supposée dans le meurtre du jeune militant de gauche Mariano Ferreyra, tué par balles lors d’une manifestation mercredi 20 octobre 2010. Les premiers résultats de l’enquête confirmeraient l’implication du syndicat péroniste des cheminots et pourraient s’avérer embarrassants pour le gouvernement de la présidente Cristina Fernández de Kirchner.

Avec notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet

Pablo Díaz, un dirigeant du syndicat des cheminots, Union ferroviaria, est soupçonné d’avoir dirigé l’attaque contre les manifestants de gauche. Selon un témoin dont l’identité n’a pas été révélée par la juge en charge de l’enquête, il aurait personnellement donné l’ordre de tirer. Cristian Favale, le second inculpé, serait l’auteur des coups de feu mortels contre Mariano Ferreyra. Il s’agit d’un barrabrava, ces hooligans qui sèment la terreur dans les stades de foot argentins. Il n’est pas membre du syndicat mais prête main forte aux cheminots quand il faut «casser du gauchiste». Cristian Favale se déclare innocent et affirme qu’on l’accuse pour protéger des syndicalistes.

Le plus embarrassant pour le gouvernement, ce sont des photos que publie la presse où Favale apparaît avec le ministre de l’Economie Amado Boudou et celui de l’Education Alberto Sileone. Ces photos, publiées par l’inculpé dans sa page du réseau social Facebook, ont été prises lors d’une réunion de dirigeants péronistes organisée par Boudou. Même en supposant que les ministres ne le connaissaient pas personnellement, nul doute que Favale est proche de l’un des invités. L’affaire met en évidence, quoiqu’il en soit, les liens obscurs qui existent entre voyous, syndicalistes violents et dirigeants du parti péroniste au pouvoir.

http://www.socialistworker.co.uk/art.php?id=22849

Protests erupt in Argentina over rail worker's murder


Tens of thousands of trade unionists struck and took to the streets of Buenos Aires, Argentina, on Wednesday and Thursday of last week over the killing of left wing rail worker and student Mariano Ferreyra.

Trade unionists in the left wing CTA trade union

federation and other activists marched to the Plaza de Mayo—home of the presidential palace.

Mariano was shot on Wednesday of last week while protesting for the reinstatement of 1,500 sacked rail workers on the Roca Line.

He was a member of the left wing Workers Party.

Two other party members were wounded in the incident and one is in critical condition.

They are accusing President Fernandez’s government of covering up the culpability of the right wing trade union bureaucracy in Argentina’s other big trade union federation, the CGT, for the murder and violence.

The Railways Union is part of the CGT and its leader on the Roca line, Pablo Diaz, has now been arrested for the murder of Mariano.

The CGT leadership supported the privatisation of the railway network and has been in constant conflict with activists opposing privatisation.

The Workers Party alleges police stood by while the violence took place and that CGT members took part.

Hugo Yasky, leader of the CTA federation, said it was time to end “the complicity between business groups and trade unions which act as their shock troops”.

With thanks to Alejandra Crosta and Norman MacLean
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sylvestre

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Re: Argentine.

Message  verié2 le Jeu 28 Oct - 11:01

Lien avec un reportage video :
http://www.youtube.com/watch?v=O2BMZA9kg24

Et portrait du camarade assassiné publié dans le journal de gauche Pagina 12. Mariano avait 23 ans.



Un chico tímido pero inquieto”

Tenía 23 años y militaba en la sede Avellaneda del Partido Obrero. También integraba la FUBA. Había llegado a media mañana a la estación de tren para acompañar la protesta de los ferroviarios. Llegó al Hospital Argerich sin vida.


Cuando lo asesinaron por protestar, Mariano Ferreyra tenía sólo veintitrés años. Militaba en la sede Avellaneda del Partido Obrero y en 2002 había participado del corte del Puente Pueyrredón que terminó con otras dos muertes, las de Maximiliano Kosteki y Darío Santillán. “Era un chico tímido pero inquieto, muy solidario y formado en la lucha”, dijo Norma Giménez, una de sus compañeras en el partido.

Flaco y de rulos negros, Mariano también integraba la Federación Universitaria de Buenos Aires (FUBA) y desde la adolescencia tuvo interés por militar en la izquierda. Mientras cursaba el secundario intervino activamente en el centro de estudiantes, donde lo eligieron delegado de su colegio y hace algunos años formó parte de la ocupación de la fábrica recuperada Sasetru.

Su historia de militancia dio un salto cuando comenzó el ingreso a la universidad para estudiar Historia. “Lo marcó mucho el reclamo por un edificio propio para la escuela de música popular”, recordó Marcelo, integrante de la Unión de Juventudes Socialistas (UJS), la organización juvenil del PO. Tiempo después se recibió de tornero y durante los últimos tres años trabajó intermitentemente como metalúrgico. Allí, como empleado a prueba o contratado, conoció de primera mano algunas de las facetas de la precarización laboral.

Quizá por eso, Mariano no dudó en sumarse ayer a la manifestación en apoyo a los trabajadores tercerizados del Ferrocarril Roca, luego de que los despedidos apelaran a la solidaridad de las organizaciones políticas y sociales. Llegó a la estación Avellaneda a media mañana, acompañado por militantes del PO, de la FUBA y del Polo Obrero, con la intención de cortar las vías. Fue su última protesta. Los esperaba una patota que les arrojó piedras desde el terraplén y luego los corrió durante varias cuadras. Uno de sus integrantes sacó un arma de fuego y les disparó. Mariano recibió un balazo en el tórax y llegó al Hospital Argerich sin vida.

Hasta ayer vivía en su casa de Sarandí, cerca del Coto de Avellaneda, junto a sus padres y su hermana menor. En los últimos meses les había contado a sus conocidos sus ganas de empezar a estudiar cine en la Universidad de Lanús.

“Esto no es un rayo en cielo sereno”, aseguró Giménez. Su amiga denunció que “la patota del gremio de los ferroviarios viene actuando hace más de un mes” y lamentó con rabia que pese a la presencia de la policía en el lugar no haya hasta el momento ni un solo detenido por el asesinato de Mariano.

verié2

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Re: Argentine.

Message  BouffonVert72 le Jeu 23 Déc - 0:54

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/12/22/argentine-l-ancien-dictateur-jorge-videla-condamne-a-la-prison-a-perpetuite_1456894_3222.html#xtor=AL-32280184

LEMONDE.FR avec AFP a écrit:

Argentine : l'ancien dictateur Jorge Videla condamné à la prison à perpétuité



LEMONDE.FR avec AFP | 22.12.10 | 22h44








Le 24 mars 1976, à Buenos Aires, Jorge Rafael Videla entouré de l'amiral Eduardo Emilio Massera et du géneral Orlando Ramon Agosti.AFP




L'ancien dictateur argentin Jorge Videla a été condamné, mercredi 22 décembre, à la prison à vie par un tribunal de Cordoba pour l'exécution d'opposants et d'autres crimes contre l'humanité, au terme de son premier procès depuis vingt-cinq ans.

L'ancien général, âgé de 85 ans, avait déjà été condamné à la perpétuité en 1985 lors d'un procès historique de la junte militaire pour les crimes commis sous la dictature (1976-1983), qui a fait 30 000 disparus, selon les organisations de défense des droits de l'homme. Mais la peine avait été effacée en 1990 par une grâce de l'ex-président Carlos Menem, grâce qui a été déclarée anticonstitutionnelle en 2007, une décision confirmée par la Cour suprême en avril. Cette dernière avait également abrogé les lois d'amnistie des crimes de la dictature en 2005.

Depuis, plusieurs procédures ont été engagées contre Jorge Videla, fervent catholique qui faisait figure de modéré avant de prendre la tête du putsch du 24 mars 1976 et de diriger le pays jusqu'en 1981. Ces années ont été les plus dures du régime militaire. A Cordoba, dans le centre du pays, l'ancien général était jugé depuis début juillet avec 29 autres personnes pour l'exécution de 31 détenus politiques. Parmi les accusés, l'ancien général Luciano Menendez a été condamné pour la quatrième fois à la prison à perpétuité pour violation des droits de l'homme.

"J'ASSUME PLEINEMENT MES RESPONSABILITÉS"

Des preuves suffisantes ont été réunies "pour affirmer que [Jorge Videla] était le plus haut responsable de l'élaboration de ce plan d'élimination des opposants appliqué par la dictature militaire", avait estimé la semaine dernière le procureur Maximiliano Hairabedian. "J'assume pleinement mes responsabilités. Mes subordonnés se sont contentés d'obéir à des ordres", avait pour sa part déclaré l'ancien homme fort du régime militaire à la veille du verdict.

Jorge Videla a toujours nié les violations flagrantes des droits de l'homme commises sous la dictature et revendiqué "l'honneur de la victoire dans la guerre contre la subversion marxiste". Poursuivi pour vols de bébés d'opposants, un crime non couvert par la grâce de 1990, il avait déjà été placé en arrêt domiciliaire de 1998 à 2008, avant d'être transféré en détention préventive dans l'attente de ses multiples procès fin 2008.

Dès 2001, il avait aussi été poursuivi pour sa participation au plan Condor, mis sur pied conjointement par les dictatures d'Argentine, du Chili, du Paraguay, du Brésil, de la Bolivie et de l'Uruguay en vue d'éliminer leurs opposants. Au total, 150 anciens membres des forces de l'ordre ont été condamnés pour violations des droits de l'homme commises sous la dictature, selon le centre d'information judiciaire.

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Message  ramiro le Lun 18 Juil - 23:12

Cette année est une année électorale pour l'Argentine. Le Parti des Travailleurs Socialistes (PTS) s'est joint avec un autre parti marxiste pour présenter des candidats dans les grandes villes, pour les députations fédérales et pour la présidentielle.
A suivre (en Castillan) sur leur site http://www.pts.org.ar/ et http://www.pts.org.ar/elecciones
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Re: Argentine.

Message  ramiro le Mar 19 Juil - 14:21

Holà Compa' Copas..
Je suis en effet tombé sur le site du NPA de Menton en cherchant des nouveaux renseignements...
Heureux de lire les diverses infos sur un pays décidément très surprenant.
ciao
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Argentine: Premier bilan du Front de Gauche et des Travailleurs. Une discussion au sujet de la politique électorale du NPA

Message  CCR le Jeu 29 Sep - 17:29

Premier bilan du Front de Gauche et des Travailleurs en Argentine
Une discussion au sujet de la politique électorale du NPA

Par Martin Noda

La conférence nationale du parti sur la démarche électorale du parti est passée mais la question consistant à savoir si une politique électorale révolutionnaire est possible reste ouverte au sein du NPA. Les partisans de la Position B qui dans les prochaines semaines vont se constituer en fraction publique soutiennent que seule une politique d’alliance large à la gauche de la gauche pourrait sortir le NPA de son isolement actuel. C’est ce même discours qui était utilisé en Argentine jusqu’il y a peu. Face à la fragmentation de l’extrême gauche il aurait fallu constituer une alliance électorale unifiant toutes les composantes de la gauche et les tendances progressistes.


C’est ce qui a poussé le MST [1] par exemple à construire un front électoral pendant prés de dix ans avec le PC argentin et, lors des dernières élections, à participer aux listes de Pino Solanas, au sein de Proyecto Sur [2] Cette orientation n’a pas seulement abouti à la dissolution d’un courant venant de la gauche radicale au sein d’un front de centre-gauche mais également à un retentissant échec électoral. En ce sens, l’opportunisme et l’électoralisme ne paient pas toujours automatiquement…

La Position A craint pour sa part de poser le problème clairement : elle exclut, pour l’instant, une alliance avec le Front de Gauche, mais pas pour l’avenir. Elle présente aujourd’hui un candidat ouvrier mais dit peu de choses sur la politique à mettre en avant. Il s’agit-là d’une position pragmatique qui renâcle à l’idée de poursuivre le projet liquidationniste de la Position B mais qui ne veut pas non plus remettre sur le tapis la question des principes fondateurs mêmes du NPA qui expliquent à notre avis les zigzags permanents qu’a connus le parti depuis sa création.

C’est en ce sens que le succès électoral important remporté par le « Front de la Gauche et des Travailleurs » (FIT) d’Argentine lors des élections du mois d’aout permet de réfléchir différemment à propos du rapport entre extrême gauche et élections bourgeoises [3] Bien entendu, l’expérience argentine ne peut se transposer directement en France. Elle apport néanmoins des billes afin de réfléchir à la logique générale qui doit sous-tendre la politique électorale des révolutionnaires.

Le problème des alliances électorales

« Seuls ou accompagnés ? » Voilà qui semble être l’unique question que se posent les membres de la position B. Il s’agit-là d’une fausse question, et qui de surcroit induit en erreur : « On y va seuls ou on y va avec n’importe qui ? » alors que la question est plutôt « avec qui ? ». Le FIT argentin est bien un front électoral mais il rassemble les principaux courants de l’extrême gauche d’Argentine : le Parti des Travailleurs Socialistes [4], le PO (Partido Obrero), IS (Izquierda Socialista) et d’autres groupes plus petits. Né en partie pour contrer les mesures de proscription de la nouvelle loi électorale argentine le FIT défend ouvertement un programme révolutionnaire et place au centre de son discours la classe ouvrière. Il avance comme objectif non seulement l’agitation autour d’un programme révolutionnaire mais aspire également à être le porte-parole des bagarres ouvrières et des luttes les plus avancées qui ont eu lieu au cours de la dernière période. C’est en ce sens notamment qu’il faut analyser l’intégration au Front de tout un secteur de travailleurs n’adhérant à aucun parti et dont le noyau central est constitué par les travailleurs de l’usine Zanon, à Neuquén. Le Front est le porte-parole de ces luttes non parce qu’il en parle mais parce qu’il est partie intégrante de celles-ci.

Quel programme mettre en avant ?

S’il est nécessaire de savoir avec qui s’allier, il est indispensable de le faire avec un bon programme et de ne pas chercher un accord a minima sur deux ou trois points. Il faut un programme qui réponde aux besoins des travailleurs et des classes populaires, un programme révolutionnaire qui soit capable de déranger la bourgeoisie et le patronat, de remettre en cause le statu quo social. L’idée du FIT n’était pas d’avoir un programme fourre-tout pour ratisser le plus large possible mais au contraire que les voix engrangées par le Front soient des voix de classe les plus conscientes possibles. C’est en ce sens que le FIT souligne dans sa déclaration programmatique « qu’il se constitue en défense de l’indépendance politique des travailleurs, face aux différents blocs capitalistes que sont le gouvernement, ses opposants bourgeois et les différentes variantes de centre gauche. Il se constitue donc sur la base d’une orientation ouvrière et socialiste, d’indépendance de classe. Il défend un programme qui vise à développer les mobilisations des travailleurs et des secteurs exploités contre le gouvernement et le patronat. Le FIT aspire à être une référence politique pour ceux qui luttent pour l’indépendance des syndicats et l’expulsion de la bureaucratie syndicale et de ses gros bras et pour l’indépendance de tout le mouvement populaire vis-à-vis du capital et de son Etat [5] ».

Bien qu’il s’agisse d’élections nationales le FIT ne pouvait faire abstraction des principaux enjeux politiques au niveau mondial et latino-américain. C’est en ce sens que dans sa déclaration programmatique toujours « le FIT dénonce le caractère clairement capitaliste de tous les gouvernements latino-américains, il entend démasquer aux yeux des ouvriers, paysans et étudiants, le véritable caractère des gouvernements d’Evo Morales, qui a réprimé les grévistes de la COB [Centrale Ouvrière Bolivienne] et qui criminalise les enseignants ou de celui d’Hugo Chávez qui vient d’emprisonner puis d’extrader vers la Colombie et de livrer au gouvernement de droite de Santos le journaliste colombien Perez Becerra, de nationalité suédoise et résidant en Suède, en violation du droit d’asile [en raison de ses liens supposés avec les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, (FARC)] ».

Plus généralement, le FIT s’est constitué autour d’un certain nombre d’axes clairs :

Pour un salaire minimum permettant de couvrir les nécessités d’une famille ouvrière [« salario igual a la canasta familiar »] indexé périodiquement sur l’augmentation réelle du coût de la vie. Elimination de la TVA sur les produits de consommation courante et de première nécessité.
Rétablissement des retraites à 82% du dernier salaire, avec effet rétroactif. L’administration nationale de la sécurité sociale (ANSES) doit être dirigée directement par les travailleurs et les retraités.
Échelle mobile des heures de travail, avec salaire égal, pour en finir avec le chômage. Interdiction des licenciements et des mises à pied.
Non à la flexibilité. Passage de tous les contrats en CDI, avec application de la convention collective la plus favorable.
Nationalisation sans indemnité ni rachat et sous l’administration et le contrôle des travailleurs de la banque et du commerce extérieur, du pétrole, du secteur minier, de la pêche et de la grande industrie.

C’est pour l’ensemble de ces raisons que le vote pour le FIT n’était pas un vote folklorique ou anecdotique. Que l’on vote FIT par adhésion au programme ou plutôt d’un point de vue démocratique afin de protester contre la loi de proscription, il s’agissait d’un vote ouvertement anticapitaliste. C’est un élément central dont il faut tenir compte, tout particulièrement dans un pays comme l’Argentine où les travailleurs ont une grande tradition de luttes mais une conscience structurée par plusieurs décennies d’appui à un courant politique à l’origine nationaliste-bourgeois, le péronisme.

Nombre de voix et accumulation militante préalable

Le FIT a donc obtenu un bon score électoral et a surtout réussi à installer l’extrême gauche sur le devant de la scène politique argentine. Ce résultat électoral n’est pas uniquement lié au programme défendu ni à la campagne militante qui a été menée. Il s’explique avant tout par une stratégie d’enracinement préalable au sein du salariat et des classes populaires. Il suffit de s’intéresser de plus prés à quelques exemples.

A Neuquén le FIT a fait plus de 7%. Il s’agit du chef-lieu de la province du même nom où se situe l’usine Zanon qui, après plus de dix ans de lutte, se trouve encore sous contrôle ouvrier. Une grande partie des travailleurs de l’usine s’est impliquée dans la campagne, démontrant que les ouvriers et les ouvrières doivent faire de la politique, la leur, une politique de classe face à celle du patronat. Les années de militantisme à Zanon, afin de constituer une base populaire de soutien à la lutte de l’usine de carrelage et à celle de tous les céramistes de la région, s’est donc trouvée reflétée dans le résultat. Un député provincial a été élu et c’est un ouvrier de Zanon [6] .

A Córdoba, capitale de la province du même nom, le FIT a fait 5%. C’est dans le district industriel autour de la ville que se trouve concentrée une bonne partie de l’industrie automobile et mécanique en Argentine au sein de laquelle l’extrême gauche milite depuis longtemps et où se développe des processus de luttes partielles intéressantes.

Plus ponctuellement, dans le Rodeo del Medio, à Mendoza, au pied de la cordillère, le FIT a fait plus de 10%. C’est dans cette région rurale que se trouvent une partie des grandes exploitations agricoles argentines qui se consacrent à l’exportation de l’ail, exploitant des ouvriers agricoles dans des conditions insupportables jusqu’à il y a peu. C’est dans le Rodeo del Medio que sont parties des bagarres très dures de peones, appuyées et soutenues par l’extrême gauche. Le score électoral du FIT en est la traduction.

Dans certaines grosses usines où les militants du FIT interviennent, notamment les militants du PTS, c’est jusqu’à 15 à 30% des ouvriers et ouvrières qui ont voté pour le Front comme dans plusieurs usines du secteur agro-alimentaire de la Zone Nord de la banlieue de Buenos Aires. Ces phénomènes ponctuels montrent cependant que les travailleurs ne sont pas seulement ouverts à l’extrême gauche sur le terrain syndical et des luttes au quotidien mais également, de façon croissante, à un niveau plus politique.

Ceci montre bien qu’il est possible d’avoir une politique électorale révolutionnaire sans tomber dans l’électoralisme ou les alliances programmatiques avec les réformistes. L’expérience du FIT en Argentine peut en ce sens être une clé afin d’orienter notre parti sur le terrain électoral, le plus glissant et difficile pour les révolutionnaires, afin d’y défendre une orientation non seulement principielle mais également audacieuse et offensive qui pourrait renforcer notre orientation dans la lutte des classes.

12/09/11

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L’an IV de la crise économique mondiale. La fin des solutions faciles pour en sortir

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L’extrême gauche et la guerre en Libye. Chronique d’une démission scandaleuse
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Retour sur les résultats électoraux du FIT

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Re: Argentine.

Message  CCR le Jeu 29 Sep - 17:32

Retour sur les résultats électoraux du FIT

Interview de Christian Castillo

Le 14 août dernier des primaires obligatoires et simultanées ont eu lieu en Argentine. Le « Front de la gauche et des travailleurs » (FIT) a réussi à dépasser le seuil minimal imposé par la nouvelle loi électorale mise en place par les partis bourgeois. Cette nouvelle loi oblige en effet les partis politiques à dépasser un seuil minimal de 1,5% de voix aux élections primaires afin de pouvoir se présenter aux présidentielles du mois d’octobre. Le FIT a largement dépassé ce seuil de proscription, ce qui représente une avancée certaine pour l’extrême gauche et l’avant-garde ouvrière, populaire et de la jeunesse.


Afin de mieux saisir la portée de cette élection, par ailleurs largement passée sous silence par les journaux d’extrême gauche en France, nous avons interviewé Christian Castillo, candidat à la vice-présidence pour le FIT lors des élections d’octobre et membre de la direction nationale du Parti des Travailleurs Socialistes (PTS).

Quelle est ton analyse des élections primaires du 14 août ?

Au cours de ces élections le « Frente para la Victoria » (la coalition de partis et de syndicats qui soutient la présidente Cristina Fernández de Kirchner, CFK) s’est imposé avec plus de 50% des voix tandis que les partis de l’opposition bourgeoise ont subi une cuisante défaite politique. En ce sens les élections ont représenté un plébiscite pro-kirchnériste. Avec ce résultat, CFK est quasiment assurée de sa réélection en octobre face à une opposition bourgeoise dispersée et démoralisée.

Le gouvernement a retrouvé un certain soutien parmi les classes moyennes et a obtenu la plupart de ses voix chez les travailleurs et les couches populaires. De notre point de vue il existe une situation marquée par une certaine stabilité économique qui favorise ce vote conservateur au sens où les électeurs du « Frente para la Victoria » ont voté Kirchner dans l’espoir de défendre l’amélioration relative de leurs conditions d’existence qui a caractérisé la période Kirchner après la crise de 2001-2002. Tout ceci n’est qu’illusion cependant. Le gouvernement s’est renforcé et utilisera cette position pour assurer le maintien de l’ordre au service d’une bourgeoisie qui s’est à nouveau réalignée dans son large ensemble avec CFK après des moments de grandes frictions, notamment en 2008. Les prémisses de cette politique, qui s’imposera certainement lors d’un deuxième mandat de CFK, sont déjà visibles : la promesse de limiter les augmentations de salaire pour l’année prochaine, l’augmentation des tarifs des services publics afin de diminuer les subventions de l’Etat, une offensive renouvelée du gouvernement et de ses alliés de la bureaucratie syndicale en direction des secteurs combatifs de la classe ouvrière, à l’image par exemple des travailleurs du métro de Buenos Aires.

C’est dans ce contexte que le FIT a obtenu 527.000 voix le 14 août, dépassant ainsi largement le seuil des 1,5%. Il pourra donc se présenter aux présidentielles au mois d’octobre. Il incarnera une alternative électorale et politique de défense intransigeante des intérêts des travailleurs et de tous les exploités face à l’ensemble des partis bourgeois, qu’ils soient kirchnéristes ou dans l’opposition.

Quelle est la portée du résultat obtenu par le FIT aux élections ?

On pourrait dire que la conquête de sièges aux parlements régionaux dans les provinces de Neuquén et de Córdoba ainsi que les 527.000 voix obtenues aux élections primaires sont une expression « par en haut » ou structurelle d’une très forte campagne que nous avons développée « par en bas » sur les lieux de travail, dans les entreprises, sur les facs et les lycées. Ceci a été rendu possible par notre implantation dans différents secteurs et notre intervention au sein des luttes les plus importantes qui se sont déployées dernièrement. Tout ceci repose donc sur le développement des secteurs lutte des classes (antibureaucratiques et anti-patronaux) dans le mouvement ouvrier, ce que nous appelons ici le « syndicalisme de base », qui s’est notamment structuré pendant le « cycle kirchnériste [1] ». Il faut également souligner une certaine gauchisation des étudiants, influencés par les organisations de jeunesse des partis intégrant le FIT. Ainsi, dans les universités et lycées, nous avons mené une bagarre politique contre les courants kirchnéristes tout en laissant sur la défensive les courants de centre gauche présents dans les facultés et lycées les plus politisés. On a également assisté à un virage à gauche chez certains intellectuels, artistes, universitaires, lié à l’approfondissement de la crise capitaliste internationale, à l’impact des processus révolutionnaires au Maghreb et au Machrek, au virage à droite du kirchnérisme, mêlé à toute une série d’assassinats perpétrés par les gros bras de la bureaucratie syndicale, responsable direct de la répression contre les luttes ouvrières et populaires le plus radicales, sans oublier bien entendu, en creux, l’impuissance politique du centre gauche.

Mais ce triple mouvement se donne dans le cadre de fortes illusions, chez les travailleurs et les couches populaires, par rapport aux capacités réformistes du gouvernement de CFK. Dans certains cas, les travailleurs et leurs familles ont connu une amélioration partielle de leurs conditions de vie, ce qui fait la différence lorsqu’ils comparent leur situation à celle des années de l’ultralibéralisme de Menem et à la crise de 2001. Mais la crise capitaliste va toucher l’Argentine tôt ou tard et les aspirations des travailleurs vont se retrouver en contradiction par rapport aux attaques qu’aura à mener la bourgeoisie argentine comme le font ses pairs aujourd’hui dans les pays capitalistes « développés », dans le cadre des plans d’austérité.

C’est en ce sens que les 527.000 voix que nous avons récoltées expriment un courant ouvrier et populaire entendant défendre les droits démocratiques des travailleurs, qui milite de façon active dans les luttes ouvrières, un courant indépendant de l’Etat et des patrons, et ce dans un pays où l’Etat et les patrons sont à l’origine du génocide orchestré contre le monde du travail et les classes populaires à la suite du Coup d’Etat de mars 1976 qui a fait trente mille victimes. C’est le sens de la nécessité d’une extrême gauche capable de peser au sein de la classe ouvrière et défendant un programme pour que ce soient les capitalistes qui paient eux-mêmes leur crise.

Quels ont été les axes de votre campagne ?

Premièrement il faut souligner que la nouvelle loi électorale cherchait à réduire l’influence de l’extrême gauche afin de réduire les options électorales et pour que les travailleurs soient contraints de choisir entre les différents partis bourgeois. De plus cette nouvelle loi pose des difficultés pour un parti comme le nôtre car nous n’avons pas l’argent des patrons et l’appareil de l’Etat pour faire campagne. La difficulté première était d’atteindre le seuil minimal de 1,5% des voix aux élections primaires. Pour nous, il s’agissait d’une question de principes. Il fallait mener un combat contre cette politique de proscription qui symbolise bien ce système soi-disant démocratique que nous appelons ici « démocratie pour les riches » [« democracia para ricos »] et qui est le fruit de la « transition démocratique » après la chute de la dictature.

Tout au long de notre campagne donc nous avons dénoncé cette volonté de faire taire l’extrême gauche ouvrière et socialiste tout en articulant cette question autour des principales revendications de notre programme : contre la surexploitation, la sous-traitance et la précarité du travail, pour un salaire minimum égal au coût de la vie pour une famille ouvrière, pour le rétablissement des retraites à hauteur de 82% du salaire, contre le paiement de la dette extérieure avec l’argent de l’ANSES, [la sécurité sociale argentine], pour que les députés gagnent le même salaire qu’un enseignant, contre les bavures policières et pour Julio López [2] , pour le droit à l’avortement légal et gratuit. Nous avons été les seuls à parler de la répression à Jujuy [3]]. pendant la campagne électorale, à travers un spot télévisé notamment qui disait « Halte à la répression ! Pour le droit au logement, au travail et à un salaire digne ! ». Il s’agissait d’une campagne « défensive » dans un sens, mais principielle et que l’ensemble de la gauche radicale ne pouvait pas ne pas défendre. Proyecto Sur [4] en sait quelque chose et a payé cher le fait de ne pas vouloir dénoncer le piège de la proscription mis en place par la bourgeoisie. Le succès du FIT a trouvé sa traduction dans la campagne massive que nous avons réussie à mener. Nous avons réussi à dialoguer avec des millions de travailleurs et de jeunes et à introduire dans le débat politique national la question de la loi sur la proscription que personne ne voulait remettre en cause. Si Pino Solanas et Proyecto Sur, courant auquel s’est intégré le MST [5], n’ont pas réussi à dépasser le seuil minimal de 1,5%, c’est notamment parce qu’ils ont refusé de mener cette bataille, en raison de leur lâcheté politique.

Le FIT au contraire a réussi à enthousiasmer des pans entiers du militantisme radical dans les usines, sur les lieux de travail, dans les universités et les quartiers afin de nous appuyer dans cette campagne et aider l’extrême gauche à dépasser le seuil minimal de proscription. Tous ces camarades ont milité activement pour que l’extrême gauche, qui se situe toujours du côté des travailleurs dans les bagarres contre le patronat et la bureaucratie syndicale, ne soit pas réduite au silence.

Les camarades indépendants [non encartés] et du PTS qui construisent le courant politico-syndical autour du journal ouvrier Nuestra Lucha se sont emparés du débat politique tel qu’il se posait à l’extrême gauche, sur la question de la défense politique des intérêts des travailleurs et des travailleuses mais également sur la question du parti qu’il faut construire. Ça a notamment été le cas dans plusieurs usines où ces camarades ont un poids dirigeant comme à Zanon, Stefani et dans d’autres usines de carrelage, à Kraft, Pepsico et Stani dans l’industrie agro-alimentaire, chez les travailleurs du métro de Buenos Aires et chez les cheminots, chez Donneley et dans l’industrie graphique, chez Alicorp et d’autres usines de la chimie, chez les métallos, dans l’industrie automobile, chez les profs, les fonctionnaires, les travailleurs de la santé, les travailleurs des aéroports et des télécoms et même chez les ouvriers agricoles, notamment dans la région de Mendoza. Ce sont eux qui ont réussi à construire un vaste réseau de soutien militant au FIT sur les lieux de travail, là où nous avons des responsabilités syndicales. Mais ce n’est pas seulement parce que de nombreux dirigeants ouvriers étaient des candidats du FIT dans plusieurs villes et provinces. Ce soutien est également le fruit d’un militantisme ouvrier qui est fondamentalement politique. Une telle dynamique ne se voyait pas en Argentine depuis des dizaines d’années. Un autre élément important a été la construction de l’Assemblée de soutien au FIT avec de nombreux intellectuels de renom, d’artistes célèbres et d’universitaires qui est à l’origine d’une déclaration qui a récolté plus de cinq cents signatures.

Quelles sont les perspectives après la victoire politique aux élections primaires ?

Le défi immédiat que nous avons est de renforcer la campagne pour les présidentielles d’octobre. Nous voulons dialoguer avec des millions de travailleurs et de jeunes pour leur montrer quel est notre programme de lutte et dans quelle mesure il serait important de pouvoir compter sur une représentation parlementaire ouvrière et socialiste. Ce serait une tribune depuis laquelle nous soutiendrions et nous impulserions les mobilisations et l’organisation ouvrière pour la lutte des classes, pour l’indépendance politique des travailleurs, contre la démagogie « nationale et populaire » du kirchnérisme, contre la droite des Duhalde, Alfonsín et De Narvaez et le centre gauche de Binner.

Nous sommes conscients du fait qu’il y a des millions de travailleurs qui croient qu’en soutenant CFK ils vont garder leurs acquis et défendre leurs conditions de vie. Mais il existe aussi une petite partie assez significative du monde du travail dont font partie nos 527.000 voix qui commence à s’organiser dans les usines et les entreprises sur la base de l’indépendance politique de classe. Cette petite fraction de travailleurs est très importante car elle se développe dans un contexte national qui est assez conservateur. Cette avant-garde a déjà fait son expérience avec la bureaucratie syndicale et connaît les aspects les plus réactionnaires du gouvernement. Elle a vécu et connaît la répression qu’il y a eu à Jujuy ou au Parque Indoamericano, elle connaît les rapports de CFK avec la droite du péronisme ou sa subordination à l’impérialisme américain. Nous faisons le pari que cette expérience aura tendance dans la période qui s’ouvre à s’étendre à d’autres secteurs de notre classe. De plus le monde du travail n’est pas homogène. Beaucoup voteront pour le gouvernement avec une certaine méfiance.

Afin d’établir un dialogue avec ces secteurs nous voulons discuter de la nécessité de pouvoir disposer d’une organisation politique des exploités, un parti des travailleurs basé sur les organismes de la lutte. Il nous faut un outil politique pour mener les bagarres, pour imposer notre programme et donner une réponse aux nécessités des travailleurs, des couches populaires et de la jeunesse. Plusieurs fois nous avons proposé aux organisations de l’extrême gauche ouvrière et socialiste de lutter pour cette perspective au sein des syndicats, dans les Commissions Internes [syndicats de base], au sein de toutes les instances ouvrières combatives, et ce afin de tirer ensemble les leçons de toutes les batailles menées contre le patronat, la bureaucratie et le gouvernement. Il est très important que le FIT assume cette tâche afin construire dans les syndicats des courants qui se battent une telle perspective. Ce serait un pas en avant précieux pour les travailleurs.

En tant que PTS, nous menons cette bataille dans la perspective de construire un parti révolutionnaire pour être en capacité de renverser les capitalistes et leur système. Une telle organisation de combat ne se construit pas que chez nous, en Argentine, mais fait partie d’une bataille plus globale pour la reconstruction du parti mondial de la révolution socialiste, la IV Internationale. Nous menons cette bataille dans plusieurs pays d’Amérique Latine et d’Europe avec les camarades de la Fraction Trotskiste-Quatrième Internationale. Au Chili, où les étudiants se sont révoltés contre le gouvernement de droite de Piñera, nos camarades du PTR interviennent de façon courageuse et offensive dans la lutte de classes, en défendant un programme radicalement alternatif à la politique manœuvrière et de dialogue que défendent les principales directions des organisations de jeunesse, souvent liées au Parti Communiste.
Quelle est le rapport que vous avez avec le PO (Parti Ouvrier) dans le cadre du front électoral ?

Comme je te le disais auparavant un résultat électoral peut montrer dans quelle mesure l’extrême gauche gagne en influence au sein de l’avant-garde ouvrière et de la jeunesse. Le fait de gagner cette « portion de territoire » à l’ennemi est le défi que nous entendons relever dans les prochains mois. Cela ne veut pas dire mettre entre parenthèses la lutte politique fraternelle par rapport à nos divergences au sein du FIT sur le programme à défendre et la pratique politique à avoir, un aspect selon nous fondamental de la stratégie, c’est-à-dire comment mener la bataille pour le programme. Ceci n’est évidemment pas un obstacle au moment de mener le combat commun contre le gouvernement, l’opposition bourgeoise et le centre gauche. Si tu jettes un coup d’œil à notre presse, tu verras les discussions que nous avons avec les camarades du PO ou de Izquierda Socialista. C’est une méthode que nous revendiquons face à l’abstentionnisme politique ou à la fausse diplomatie qui caractérise les relations entre les courants d’extrême gauche au niveau international, et plus encore lorsqu’ils sont dans un front de lutte commun.

16/09/11

Voir les spots électoraux du Front de Gauche et des Travailleurs

[1] Le « cycle kirchneriste » fait référence à la période qui s’ouvre avec le mandat de Nestor Kirchner en 2003 à la suite de la grave crise économique, politique et sociale qui secoue l’Argentine en 2001-2003. Ce cycle se caractérise par une stabilisation de la situation politique grâce notamment à la croissance économique qui s’appuie sur la dévaluation des salaires faisant suite à la crise de 2001 [NdT].

[2] Julio López est un militant, détenu et disparu une première fois pendant la dictature militaire et qui a été à nouveau enlevé il y a six ans alors qu’il était témoin lors d’un procès contre les responsables du régime militaire argentin [NdT].

[3] Quelques jours avant les élections le gouvernement local de Jujuy, allié du gouvernement Kirchner, a expulsé des squatters qui occupaient des terres appartenant à un grand propriétaire foncier et patron industriel, responsable de nombreuses disparitions pendant la dictature [NdT

[4] Proyecto Sur est un courant de centre-gauche nationaliste dont fait partie le MST, section argentine du courant international du groupe La Commune en France, regroupé autour de Pedro Carrasquedo, membre de la PF2 [NdT].

[5] Voir Le score de Pino Solanas.

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Re: Argentine.

Message  Copas le Jeu 29 Sep - 19:49

C’est en ce sens que le succès électoral important remporté par le « Front de la Gauche et des Travailleurs » (FIT) d’Argentine lors des élections du mois d’aout permet de réfléchir différemment à propos du rapport entre extrême gauche et élections bourgeoises [3

2.48%, 530 000 voix

C'est bien, mais parler d'un important succès électoral est abusif


Si Pino Solanas et Proyecto Sur, courant auquel s’est intégré le MST [5], n’ont pas réussi à dépasser le seuil minimal de 1,5%, c’est notamment parce qu’ils ont refusé de mener cette bataille, en raison de leur lâcheté politique.

Bon 0.9 à 1%, c'est pas beaucoup mais prendre la température d'une bonne ligne est peut-être abusif.
En ce cas si on dépasse 50% c'est une super bonne ligne ? oui ? non ?

Donc vous pouvez éliminer ce genre d'arguments.

Par contre le FIT a fait une belle campagne populaire , auprès des travailleurs, et ça c'est l'essentiel. Etait-ce sur la meilleure ligne politique ? c'est à voir.

Mais la relation aux combats des travailleurs dans les campagnes d'un parti politique de la gauche révolutionnaire font partie du cadre stratégique. A ne pas oublier.

Et il est exact que les accommodements avec des partis réformistes ne font pas forcement élargissements d'un camp de résistance et de contre-offensive, ni forcement dividendes électoraux.

Pourtant il faut rappeler que les questions électorales pour les révolutionnaires relèvent de questions tactiques . Par contre les conséquences éventuelles, c'est à dire la relation aux institutions ne relèvent pas d'une question tactique.


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ZANON 2001-2011 : Dix ans de militantisme et de gestion ouvrière !

Message  CCR le Lun 17 Oct - 22:04

A l’occasion du dixième anniversaire de l’occupation de l’usine Zanon en Argentine, La Verdad Obrera, l’hebdomadaire du Parti des Travailleurs Socialistes (PTS) a publié cette interview de Raúl Godoy, ouvrier de Zanon, ancien secrétaire général du syndicat des céramistes de la province de Neuquén (SOECN), dirigeant national du PTS et récemment élu député, avec trois autres camarades avec qui il partagera le siège, à la Chambre provinciale de Neuquén sur les listes du FIT (Front de Gauche et des Travailleurs).


Le 1er octobre c’est le dixième anniversaire de l’occupation de Zanon qui a commencé au beau milieu de la crise que traversait alors l’Argentine. Quelle est sa signification aujourd’hui ?

Raúl Godoy (RG) : la lutte de Zanon a été une réponse de classe face à la crise capitaliste en Argentine, au cours de laquelle près de 2.000 usines ont été fermées.

La première réponse avait été celle des organisations de travailleurs au chômage [piqueteros], mais après ont surgi les premières occupations contre les fermetures d’entreprises et les licenciements. Celles-ci non seulement remettaient en question la propriété privée mais démontraient que les capitalistes n’étaient pas nécessaires. « On peut produire sans patrons », disait-on dans tous les coins du pays. Notre expérience montre à une petite échelle que les travailleurs sont capables d’avancer une solution ouvrière et populaire face aux fermetures d’entreprises, au chômage. « C’est aux capitalistes de payer leur crise ! ». Dans les prochains jours nous n’allons pas seulement fêter et nous rappeler des jours où nous avons décidé d’occuper l’usine, mais nous voulons que notre lutte serve d’exemple à beaucoup de travailleurs pour préparer l’avenir.
Quels ont été les moments fondamentaux de ce processus ?

RG : La première chose que nous avons faite a été de récupérer le comité d’usine qui était aux mains de la bureaucratie syndicale des [frères] Montes, qui était complètement vendue à la direction de l’entreprise. Nous nous sommes fixés des objectifs essentiels : tout était décidé en AG, les délégués devaient être révocables et nous pensions qu’il était essentiel de défendre tous les travailleurs, qu’ils soient en CDI, en CDD, intérimaires ou en poste fixe. L’unité de classe a été l’un de nos premiers mots d’ordre de lutte. C’est ainsi que l’on a travaillé, côte à côte, avec un groupe de camarades dès les premiers conflits jusqu’à la lutte contre la fermeture progressive de l’entreprise organisée par la famille Zanon.

On a connu une grève très importante, qui est devenue un emblème de notre lutte, en 2000 quand notre camarade Daniel Ferrás est décédé à cause des mauvaises conditions sanitaires, d’hygiène et de sécurité de l’usine où [à la suite de l’accident qui lui est survenu,] la direction a été incapable d’organiser les secours.

Un autre moment fondamental a été la reconquête du syndicat [le SOECN] lors d’une Assemblée historique à Cutral-Co, où l’on a empêché que la bureaucratie syndicale impose une commission électorale frauduleuse [afin de truquer les résultats]. C’est à ce moment là que l’on a gagné la direction du syndicat ; après le vote a été « une formalité » puisque la majorité des travailleurs nous soutenait.

Un autre grand évènement a été la grève de 34 jours en 2001. A ce moment là nous avons dit aux collègues que si nous voulions garder les postes de travail il fallait lancer toutes nos forces dans la bagarre. « Qu’ils ouvrent les livres de compte, qu’ils montrent les millions qu’ils ont gagné les années précédentes », voilà une des revendications que nous avons portées et nous avons mené une grande grève.

Après il y a eu l’occupation, cinq mois avec des tentes pendant lesquels on a déployé un grand militantisme ouvrier et plus tard la remise en marche de la production [sous contrôle ouvrier]. Avec l’objectif de l’administration ouvrière, nous avons organisé la production en créant les différents secteurs et commissions de commercialisation, d’achats, de vente, de santé, de sécurité, de presse et de diffusion, [on a mis en place les] coordinateurs de secteurs et un organe de direction qui, en plus de la gestion économique, discutait aussi de politique, de la situation tout au long du conflit, un vrai Conseil Ouvrier. On appelait cela la « réunion des coordinateurs ». Cela a été une expérience nouvelle pour nous et pour des milliers de travailleurs, une école de planification qui démontrait la capacité de la classe ouvrière à diriger les usines.

La gestion ouvrière de Zanon, à la différence d’autres expériences, a su attirer dès le début un énorme soutien non seulement d’autres travailleurs, mais de l’ensemble de la population de la région, de nos frères indigènes mapuches, de l’ensemble des organisations de défense des Droits de l’Homme, des artistes, et même des prisonniers et détenus de l’Unité 11, une prison proche de [l’usine] Zanon et qui ont fait preuve de leur solidarité en faisant le don de leurs rations de nourriture à plusieurs reprises [au début du conflit].

Nous avons réalisé l’unité avec des milliers de piqueteros qui luttaient pour de vrais emplois et avec les étudiants qui défendaient l’éducation publique. C’est cela qui a popularisé la revendication centrale [que l’on porte] « Zanon appartient au peuple, soutenez les ouvriers ! », arborée par des milliers de travailleurs qui voyaient Zanon comme un exemple de réponse à la crise.

Nous avons intégré dès le début de la bagarre les revendications des différents secteurs [en lutte dans la région]. Nous avons notamment défendu comme revendication : « pour un plan de travaux publics, qui crée du travail, des logements, des écoles et des hôpitaux ». C’étaient des revendications très présentes au sein d’une population qui subit une crise du logement et des infrastructures qui aboutit à des drames (des baraques précaires qui sont incendiées dans les bidonvilles, etc.) et auxquels on assiste tous les hivers, ici à Neuquén, et qui sont très rigoureux en Patagonie. Tout cela contraste avec les millions de pesos de bénéfices qui sortent des puits de pétrole, [la région étant une des premières provinces en termes de production d’hydrocarbures en Argentine].

Avec les étudiants et les enseignants nous avons défendu ensemble la revendication d’« éducation publique, laïque et gratuite », qui a conduit postérieurement à la signature d’un accord ouvrier-universitaire entre notre syndicat de céramistes et l’Université du Comahue.

Notre travail en commun avec d’autres organisations ouvrières pour faire face aux tentatives d’expulsion, à la bureaucratie syndicale et au gouvernement, nous a amené à lancer une organisation commune : la Coordination Régionale d’Alto Valle. Celle-ci était formée par des travailleurs de différentes usines, des travailleurs du secteur public, de la santé, de l’éducation, des organisations de chômeurs, des étudiants et les partis d’extrême gauche. Cela a été une organisation très importante à Neuquén qui nous a permis de coordonner nos actions de lutte, d’organiser la solidarité avec notre bagarre, notamment le 8 avril 2003 lorsque ATEN [le principal syndicat de la fonction publique] a fait grève en solidarité avec les ouvriers et ouvrières de Zanon, mais aussi de structurer une instance de débat antibureaucratique entre travailleurs.

Cette expérience, qui n’a pas pu se poursuivre dans le temps, a été très profonde. Ça a été un exemple d’organisme d’auto-organisation ouvrière qu’il faut mettre en place dans les moments de crise comme ceux que l’on a traversé pendant ces années et que maintenant on revit dans d’autres coins de la planète.

Tout ce travail que nous avons fait pour nous unir à d’autres secteurs ouvriers et populaires et gagner le soutien de la communauté avec lequel on a pu compter durant toutes ces années montre à une petite échelle la capacité de la classe ouvrière à diriger une alliance de tous les secteurs qui subissent l’exploitation et l’oppression dans cette société, une alliance qui peut affronter et vaincre les capitalistes. Cela a permis de désamorcer toute tentative d’expulsion et maintenant la tentative de nous étouffer économiquement que mène le gouvernement provincial du MPN avec la collaboration du gouvernement national, tous deux ennemis jurés de la gestion ouvrière.

Parallèlement à la gestion ouvrière, le syndicat céramiste a joué un rôle fondamental…

RG : Tout à fait. En 2000, comme je te le disais, on a expulsé la bureaucratie syndicale des Montes. La « Liste Marron » [antibureaucratique, lutte de classe et combative dont Godoy est un des dirigeants] du Syndicat d’Ouvriers et Employés Céramistes de Neuquén (SOENC) s’est formée autour d’un programme de classe. Ce programme a été mis à l’épreuve dans chacun des faits que je viens d’évoquer ainsi que dans ce qui se passait dans la Province et au-delà également. Dès le début nous avons commencé à aller partout où il y avait une lutte : à Mosconi à Salta, à Brukman [à Buenos Aires, soutenir les ouvrières textile], pour soutenir les ouvriers du secteur du pétrole, les assemblées populaires… On avait lancé un journal appelé Nuestra Lucha [Notre Lutte] et on faisait tout pour nous unir aux secteurs qui luttaient contre la bureaucratie syndicale et les patrons. On a proposé et mis sur pied toutes sortes de structures de coordination.

Et parmi les céramistes on s’était aussi fixé l’objectif de révolutionner le syndicat. Beaucoup de camarades combatifs réussissent à reconquérir leurs organisations mais peu luttent pour se défaire de l’héritage bureaucratique. S’ils en perdent la direction, tout recommencent comme avant.

C’est pour cela qu’après beaucoup de discussions, de débats et de participation nous avons adopté les nouveaux statuts du syndicat : l’assemblée est souveraine, les dirigeants révocables et il y a rotation des postes de direction ; les minorités sont représentées ; le syndicat se revendique de la lutte de classes mais se proclame également indépendant de l’Etat, des patrons et des partis bourgeois et se met au service de la lutte de classes au-delà des frontières. Cela fait partie du programme des révolutionnaires : la lutte contre l’étatisation des syndicats et pour la démocratie ouvrière. Et l’on ne se contente pas de cela : il ne suffit pas de lutter –parfois de façon héroïque et en faisant beaucoup de sacrifices- pour des revendications purement syndicales. Nous nous sommes fixés un horizon beaucoup plus profond, la perspective politique de l’abolition de l’exploitation de l’Homme par l’Homme.

Le dernier pas, très important, que l’on a fait avec les camarades de la « Liste Marron » a été la conquête d’un siège, ouvrier et socialiste, au Parlement de la province de Neuquén. On a un peu l’impression d’avoir gagné une tranchée en territoire ennemi mais on l’a fait en défendant l’intégralité de notre programme, en maintenant la cohérence de toutes ces dernières années et en défendant les mêmes revendications. Depuis 2003 nous étions un petit groupe de dirigeants à défendre la nécessité de faire le saut du terrain syndical à celui de la politique et nous poussions à la mise en place d’un instrument politique des travailleurs. Au cours des dernières élections la constitution d’un front au niveau national entre le PTS, le Parti Ouvrier et Izquierda Socialista, a créé un grand enthousiasme chez beaucoup de travailleurs. C’est ainsi que nous avons réalisé des AG ouvertes de la « Liste Marron » sur les quatre usines céramistes de la région avec des camarades indépendants et avons décidé de participer au FIT (Front de Gauche et des Travailleurs) à Neuquén. On a élu Alejandro Lopez et moi-même comme têtes de liste. D’autres camarades ont adhéré aux différentes listes du Front à Neuquén. Nous avons aussi combattu la tentative de proscription de la part du gouvernement de C. Kirchner contre l’extrême gauche et les travailleurs combatifs. Maintenant nous continuons la lutte pour l’arrêt des poursuites contre tous les militants ouvriers et populaires. Nous sommes 5.000 au niveau national, dont beaucoup de céramistes comme Alejandro Lopez et moi-même, à faire l’objet de poursuites judiciaires [pour notre activité militante].

-------------------------


Plus de dix ans de lutte et le rôle du PTS

En tant que militant trotskyste, comment as-tu vécu ces dix ans de lutte ?

Ecoute, pour moi ça a été une expérience formidable. Ça fait 18 ans que je travaille à Zanon. Quand je suis rentré dans la boite, c’était pendant la présidence de Menem. Le syndicat venait de négocier [avec la direction un pacte pour augmenter] la productivité. En plus des chefs, on avait le syndicat sur le dos, avec les syndicalistes qui faisaient pression pour que la chaîne ne s’arrête pas un seul instant. Au début, c’était une époque de travail patient, clandestin. Mais au moment même où on entendait parler de « la fin de la classe ouvrière », des « nouveaux mouvements sociaux », des « nouveaux sujets », etc., le PTS a toujours eu confiance en notre classe.

Pour moi, la contribution des militants ouvriers en général, des trotskystes en particulier et des idées révolutionnaires a été fondamentale au cours de la lutte que nous avons menée.
Quels ont été les apports du PTS à la lutte de Zanon ?

D’abord c’est le programme. Le programme s’est incarné dans pas mal d’aspects de cette lutte. La crise à l’époque frappait fort. Il y a avait aussi des résistances ouvrières, souvent spontanées, face aux fermetures de boites et aux licenciements. La question, c’était de savoir comment finissaient ces bagarres. En tant que courant organique des occupations d’usines, je crois que le PTS a contribué à fusionner cette avant-garde ouvrière avec de nombreux éléments du programme marxiste, le seul à même de donner une réponse de fonds pour que ce soient les capitalistes qui paient leur crise et que notre lutte puisse se transformer en un exemple pour d’autres lieux de travail.

Beaucoup de ce qu’on a fait a à voir avec ce qu’avait écrit Trotsky en 1938 dans le Programme de Transition. Le Programme de Transition a démontré à Zanon toute son acuité et aujourd’hui encore il démontre toute son actualité face à la crise capitaliste mondiale. Le programme ne germe pas dans la tête d’un type illuminé. C’est la matérialisation de plus de 160 années d’expérience historique de la classe ouvrière internationale qu’on ne peut pas ne pas prendre en considération.

En ce sens, en tant que travailleurs partie prenante de l’expérience de Zanon, on est fiers d’avoir contribué à former toute une nouvelle génération de dirigeants ouvriers, non seulement du PTS mais plus généralement des dirigeants ouvriers qui arrivent à la vie politique en luttant pour leurs droits et qui aujourd’hui embrassent la cause de la révolution.

06/10/11

Pour plus d’information sur la lutte de Zanon, voir Zanon, une alternative révolutionnaire face aux licenciements

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Site du CCR : http://www.ccr4.org

Les autres nouveaux articles :


-Bilan du CPN des 24 et 25 septembre publié dans bulletin post-CPN: Il faut revenir à la politique

-Motion sur notre orientation politique pendant la guerre de l’OTAN contre la Libye (Motion présentée par les membres du CCR au CPN du 24 et 25 septembre)

-L’impasse réformiste du Front de Gauche

-Hongrie : le travail obligatoire imposé aux Rroms est une attaque contre tous les travailleurs !

-ZANON 2001-2011: Dix ans de militantisme et de gestion ouvrière !

-Zanon: Plus de dix ans de lutte et le rôle du PTS






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élections Argentine

Message  Babalu le Mer 26 Oct - 22:32


« dans le contexte précédent il faut évaluer les résultats et, surtout, la politique électorale du Front de Gauche (FIT). Par rapport aux résultats électoraux, sans aucun doute l'élection est important, surtout si on compare avec les résultats électoraux habituels de la gauche indépendante dans notre pays.



Une autre chose est de parler « de la meilleure élection depuis 1983 » ou que les perspectives de progrès du FIT seraient « inexorables », exagérations hors de propos à auxquels Altamira est habitué, qui n'a pas eu de problème pour annoncer « 700.000 votes » qui n'ont été jamais obtenus.



En tout cas, le résultat électoral du FIT exprime évidemment une partie du meilleur de l'avant-garde ouvrière et jeune de notre pays qui a voté pour eux, malgré les critiques croissantes au contenu de leur campagne.



Précisément c’est dans l'orientation et le contenu de la campagne qu’on rencontre les problèmes plus graves dans l'activité du Front de Gauche: une campagne qui est presqu'un manuel d'opportunisme politique dans la gauche.



Dans l'orientation, parce que la campagne du FIT a été presqu'exclusivement électoraliste : le FIT s'est centré sur la possibilité « de mettre des députés de gauche dans le Congrès » et presque rien d’autre. Il n'a jamais pensé au moins être un véhicule pour organiser vastes secteurs plus larges que le militantisme limité de ses partis.



Cette orientation a fait partie intégrale des dramatiques déficits de contenu politiques de la campagne du FIT. Grosso modo, on peut identifier quatre problèmes. 1er, dans un contexte de réforme électorale prescriptive, le FIT a demandé d'abord le vote démocratique pour dépasser la limite éliminatoire (chose qui est correcte), mais il n’a jamais critiqué la loi électorale - ni le régime de démocratie patronale comme tels (ce qui est très mauvais et c'est une politique opportuniste). Seulement ils se sont rappelés maintenant du problème, quand étant donné ces mécanismes tricheurs de la démocratie patronale, le résultat de Pitrola dans la province de Buenos Aires ne peut pas être couronnée avec sa présence dans la chambre de députés. C'est-à-dire, la campagne du FIT loin de combattre, s'est regrettablement adaptée à la démocratie bourgeoise.



Deuxièmement, il paraît que le FIT a oublié qu'en Argentine il existe un gouvernement. Il est évident qu'est un gouvernement qui a du prestige et qui il faut savoir dialoguer sans sectarisme avec les travailleurs et la jeunesse que lui font confiance.

Ceci est évident. Mais une autre chose très différente est - en fonction du« dialogue » - d’éviter même de dénoncer le gouvernement comme responsable réel de que dans le pays continue l'exploitation capitaliste (en plus d'avoir pour orientation centrale « avoir des députés » en appelant « au vote utile » , « croisé » une voix pour Kichtner président l’autre pour le députe du FIT).



Le célèbre « nous exigent 400.000 votes » et d'autres formulations vagues, ont soigneusement évité à tout moment dénoncer le gouvernement qu'administre le pays, une erreur typiquement opportuniste.



Encore pire, Altamira affirme que la campagne du FIT a exprimé un programme. La réalité est que ceci n'a pas été clair. Si de quelque chose a manqué au FIT, c’est d’un clair profil de classe dans la campagne. Non seulement parce qu'il a privilégié plutôt des figures « intellectuelles » (pas de candidatures de travailleurs) mais aussi parce que le FIT n'a jamais fait réellement une proposition qui partirait les nécessités et les luttes des travailleurs.



Une partie de ce qui précède est que le FIT n'a pas profité non plus de la campagne pour alerter sur la scène d'ajustement qui menace. Un discours tellement peu critique par rapport au gouvernement, avec le problème de ne pas capitaliser vers le futur (étant donné une orientation de chercher seulement mettre des députés et de ne pas les obtenir), parce rien a été dit sur les adversaires réelles de la classe ouvrière et leurs attaques futures. ET il ne suffit pas pour compenser cela de parler abstraitement sur la crise mondiale comme Altamira fait.



En définitive : le FIT (le PÔ, et son ad latere, les PTS) souffrent de ce qui arrive à tous les groupes qui se déplacent vers l'opportunisme : ils ont maintenu un discours « radicalisé » pour leurs militantes dans leurs périodiques, mais dans les espaces illuminés des flashes télévisuels ils l’ont réduit jusqu'à faire disparaître la responsabilité du gouvernement capitaliste réel qui existe en Argentine et qui vient de sortie victorieux avec 54% des votes ! Regrettablement, ils n'ont pas profité de l'exposition absolument exceptionnelle qu'ils ont eue dans les media, pour combattre avec une politique de véritable indépendance de classe parmi les travailleurs, tâche qui se fait toutefois plus urgent que jamais face à un 2012 qui ne sera sûrement pas le « calme plat » de l'année qu'il vient de passer."
_______________________________________________________________________________________
Declaración del Nuevo MAS sobre el triunfo electoral de Cristina K.

UNA MAYORÍA PARA PILOTEAR LAS AGUAS TURBULENTAS DEL AJUSTE QUE VIENE



Luego de un año de permanente “festival electoral”, Cristina Kirchner se alzó con una votación casi hegemónica del 54% a nivel nacional. Es un hecho evidente que el grueso de sus votantes, tanto entre la clase trabajadora, como a nivel de las clases medias urbanas, premió con su voto a un gobierno que aparece como el garante de la estabilidad política y el crecimiento económico nacional en agudo contraste con lo que está ocurriendo en casi todo el resto del mundo.

La circunstancia no solamente ha terminado beneficiando al gobierno nacional. Hay que recordar que prácticamente a lo largo de todo el año los oficialismos de los más diversos colores se vieron beneficiados por estas condiciones de estabilidad (ver casos de Macri en Capital o Binner en Santa Fe). Condiciones que, claro está, a quien más podían beneficiar eran al oficialismo nacional.

Avanzando en un análisis más de conjunto: ¿cómo explicar el triunfo de una gestión que, a priori, se alzaría con 12 años de mandato sin interrupciones, algo sin precedentes en la historia política del país?

La realidad es que este continuismo se explica dadas las circunstancias excepcionales en las cuales surgió el kirchnerismo.

Por un lado, la crisis sin precedentes que vivió el país en el 2001, y que los K supieron interpretar tomando una serie de medidas capitalistas “heterodoxas”, les permitieron en gran medida reabsorber la misma mostrando sus dotes como “estabilizadores” de la crisis nacional.

Por el otro, un contexto de crisis económica internacional que les ha venido dando una legitimación ideológica a su discurso en favor del “modelo anti-neoliberal”. Esto al mismo tiempo que una coyuntura económica en el país que se ha visto beneficiada por el rol consumidor de productos nacionales de China, India y Brasil, lo que ha permitido que la Argentina continúe, hasta el momento, la senda del crecimiento, sufriendo un impacto reducido de la crisis mundial.

Sin embargo, como habíamos advertido en una declaración posterior a la realización de las primarias del 14 de agosto pasado, este cuadro de situación “rosado” que ha facilitado el triunfo de Cristina, está llamado a cambiar para el 2012. El hecho cierto es que el 2012 no será igual al 2011, en gran medida porque se adelanta una recaída recesiva de la economía mundial (circunstancia esta que podría arrastrar a China).

Además, lo anterior ocurrirá en condiciones dónde variables clave de la economía nacional se vienen deteriorando: crece la fuga de dólares, los industriales se quejan que su cotización está muy baja y piden –por lo bajo- una devaluación, la inflación no para de crecer, los subsidios a las tarifas y el transporte cada vez son más onerosos para unas cuenta fiscales que muestran un deterioro en sus superávit, etcétera.

Esto es lo que explica la moderación del discurso de Cristina en la noche de ayer domingo 23. Tuvo dos ejes. El primero, un casi abierto llamado a la “unidad nacional”, amén del significativo hecho que no habló palabra sobre las medidas económicas que se vienen, y que su discurso fue mucho menos “progresista” que lo habitual.

Este discurso de unidad nacional, y el contenido menos progresista del mismo, habla de lo que ya es un secreto a voces pero no estuvo en la cabeza de los votantes cuando emitieron su voto: lo que se viene de manera inexorable –más allá de cómo lo quieran “dibujar”- es un ajuste económico en regla que significará un deterioro en el nivel de vida de los trabajadores.

Pero el discurso de Cristina tuvo un segundo eje: salió a reafirmar las “bondades” de una reforma política que bajo la apariencia de ser un instrumento “democratizador” buscó –y busca activamente- dar un paso en la legitimación de la democracia capitalista, así como poner trabas proscriptivas para la representación de las minorías, sobre todo de la izquierda (que no podrá lograr “milagros” todos los días).

Nos explicamos: no se pueden dejar de subrayar los alcances conservadores de la orientación legitimadora de la democracia capitalista de nuestro país por parte de los K, democracia capitalista que diez años atrás era puesta en cuestión cuando el famoso grito del “Que se vayan todos”.

Porque la realidad es que, en un sentido profundo, aun a pesar de los matices “progresistas” que los K le imprimieron a su gestión, sin duda alguna el kirchnerismo está cumpliendo el mandato que esbozó Néstor Kirchner desde el primer día de su asunción: hacer de la Argentina un país capitalista normal, más allá de que este país capitalista normal tenga evidentes matices con el dominio puro y duro del neoliberalismo de los años 90.

En esencia, lo que hizo el kirchnerismo, fue crear las condiciones para la estabilización luego de la crisis más grande que haya vivido el país en los últimos 25 años.

El segundo hecho destacable del domingo 23 fue la elección de Hermes Binner a la cabeza del Frente Amplio Progresista. Esta alianza obtuvo prácticamente el 17% de los votos, un resultado no despreciable. La misma expresó dos cosas.

La primera, confirmó que el panorama electoral se muestra recostado hacia la centro-izquierda a diferencia de lo ocurrido en 2009, cuando luego de la crisis del campo las cosas parecían inclinarse hacia la consagración de alguna variante de la oposición de derecha.

A decir verdad, el Partido Socialista de Binner, así como la mayoría de su “acólitos” frentistas como la CTA Micheli expresada en las candidaturas de Lozano y De Gennaro, fueron parte de las filas de la Mesa de Enlace campestre; pero hace rato que las patronales del campo se olvidaron de tal conflicto dados los inconmensurables ingresos que vienen obteniendo del mercado mundial, a la vez que el FAP se desembarazó de un perfil que los dejaba a la derecha del kirchnerismo en la competencia con ellos.

Más allá de lo anterior, la elección de Binner sirve también para “apañar” a una de las mitades de la burocracia de la CTA, la que queda como “fortalecida” políticamente al amparo de la primera fuerza de la oposición patronal. Mientras tanto, la CTA de Yasky, que mostró claramente sus credenciales pro Cristina a lo largo de la campaña electoral, no hizo tan buen negocio electoral al quedar pegada a la candidatura de Sabatella, el que nunca logró levantar el amperímetro. En todo caso, el FAP es una alternativa de centro-izquierda tan o más capitalista que los Kirchner.

Es en el contexto anterior que hay que evaluar los resultados y, sobre todo, la política electoral del Frente de Izquierda (FIT). En lo que hace a los resultados electorales, sin lugar a dudas la elección no dejó de ser importante, sobre todo contrastado con lo que son las votaciones habituales de la izquierda independiente en nuestro país.

Otra cosa es hablar de “la mejor elección desde 1983” o que las perspectivas de progreso del FIT serían “inexorables”, exageraciones fuera de lugar a los que tiene acostumbrado Altamira, que no tuvo empacho en anunciar “700.000 votos” que nunca se obtuvieron.

En todo caso, y más allá que en la categoría de Presidente el FIT quedó algo por detrás (en porcentaje y en números absolutos de los votos) respecto de las elecciones internas del 14 de agosto, el resultado electoral expresa evidentemente parte de lo mejor de la vanguardia obrera y estudiantil de nuestro país que los votó a pesar de las crecientes críticas al contenido de la campaña.

Precisamente en la orientación y el contenido de la campaña es dónde se encuentran los más graves problemas en la actividad del Frente de Izquierda: una campaña que fue casi un manual de oportunismo político en la izquierda.

En la orientación, porque la campaña del FIT fue casi exclusivamente electoralista: el FIT se centró en la posibilidad de “meter diputados de izquierda en el Congreso” y casi nada más. Nunca pensó siquiera en ser un vehículo para organizar más amplios sectores que la limitada militancia de sus partidos.

Esta orientación fue parte integral de los dramáticos déficit de contenidos políticos de la campaña del FIT. Grosso modo, se pueden identificar cuatro problemas. El primero, en un contexto de reforma electoral proscriptiva, el FIT pidió el voto democrático para superar el piso (cosa que está bien), pero nunca denunció la ley electoral –y el régimen de democracia patronal- como tales (lo que está muy mal y es una política oportunista). Solo se han vuelto a acordar del problema ahora, cuando debido a estos mecanismos tramposos de la democracia patronal, una buena elección de Pitrola en la provincia de Buenos Aires no puede ser coronada con su ingreso en la cámara de diputados. Es decir, la campaña del FIT lejos de combatir, lamentablemente se adaptó a la democracia burguesa.

En segundo lugar, parece que el FIT olvidó que en la Argentina existe un gobierno. Claro que es un gobierno que tiene prestigio y que hay que saber dialogar sin sectarismo con los trabajadores y la juventud que confían en él.

Esto es evidente. Pero otra cosa muy distinta es -en función de este supuesto “diálogo”- ni siquiera nombrar al gobierno en definitiva responsable de que en el país continúe la explotación capitalista (amén de tener por orientación central el “meter diputados” mediante el expediente de llamar al “voto útil” cortando boleta). El famoso “nos exigen 400.000 votos” y otras formulaciones por el estilo, evitaron cuidadosamente en todo momento nombrar el gobierno de carne y hueso que administra el país y éste fue otro error típicamente oportunista.

Como si lo anterior fuera poco, Altamira afirma que la campaña del FIT expresó un programa. La realidad es que esto no estuvo claro. Si de algo careció el FIT, fue de un claro perfil de clase en la campaña. No sólo porque se privilegió a figuras más bien “intelectuales” (no candidaturas de trabajadores) sino porque, además, el FIT nunca logró articular realmente una propuesta que partiera de las necesidades y luchas de los trabajadores.

Parte de lo anterior es que el FIT no aprovechó la campaña tampoco para alertar acerca del escenario de ajuste que se viene. Un discurso tan poco crítico en relación al gobierno, tiene ahora el problema que lo que se capitaliza hacia el futuro es eventualmente poco o nada (debido a una orientación de buscar sólo meter diputados y no obtenerlos), porque poco o nada se ha dicho acerca de los adversarios de carne y hueso de la clase obrera y de los problemas que se vienen. Y no alcanza para compensar eso con hablar abstractamente acerca de la crisis mundial como ha hecho Altamira.

En definitiva: al FIT (el PO, y su adlátere, el PTS) le pasó lo que a todos los grupos que se desplazan al oportunismo les ocurre: mantuvieron un discurso “radicalizado” para la militancia en sus periódicos, ¡pero en las marquesinas iluminadas de los flashes televisivos lo adelgazaron hasta el ridículo de hacer desaparecer la responsabilidad del gobierno capitalista de carne y hueso que existe en la Argentina y que se acaba de alzar con el 54% de los votos! Lamentablemente, no aprovecharon la exposición absolutamente excepcional que tuvieron en los medios, para pelear por una política de verdadera independencia de clase entre los trabajadores, tarea que sin embargo se agiganta más que nunca frente a un 2012 que seguramente no será la “calma chicha” del año que acaba de pasar.



Comisión Política, Nuevo MAS, 24 de octubre del 2011.



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Spécial Zanon 10 ans !

Message  CCR le Dim 30 Oct - 18:01



PRESENTATION

Dix ans déjà et pas mal d’idées pour lutter contre le patronat…

Dix Ans. C’est beaucoup et peu en même temps. Peu à l’échelle de l’histoire du mouvement ouvrier. Il y a dix ans c’était 2001, en Argentine, hier presque, ou plutôt ce que pourrait être demain dans certains pays d’Europe, aujourd’hui lourdement touchés par la crise capitaliste mondiale.

2001 c’est aussi une étape essentielle dans le processus de résistance qui se joue à Zanon. Dès la fin septembre de cette même année, quelques semaines avant l’explosion généralisée qui conduira à la chute du président De La Rúa après les journées révolutionnaires des 19 et 20 décembre, l’usine de céramique Zanon en Patagonie anticipe à sa manière l’insubordination sociale qui va secouer le pays.


Le scénario est assez classique, trop même. Le patron Luigi Zanon veut fermer son usine de carrelage de Neuquén. Construite à l’ombre de la dictature militaire, à grands coups de fonds publics généreusement versés par les généraux argentins ainsi que par le président ultralibéral Carlos Menem, l’usine n’est pas assez rentable selon la direction. Pas assez en tout cas pour le patron qui compte bien mettre la clef sous la porte, sans pour autant se dessaisir de l’usine. L’Argentine traverse alors une grave crise et son économie se contracte. Une fois la crise passée se dit Zanon, j’aurai tout loisir de rouvrir l’usine, et avec en prime les militants ouvriers empêcheurs de tourner en rond en moins. Une bonne occasion de les vider, eux qui ont reconquis des mains de la bureaucratie le syndicat régional, le SOECN, aux côtés des 200 travailleurs de cette grosse usine du secteur céramique du Sud argentin.

On ne peut pas ne pas faire de parallèle avec la situation que connaissent bien des travailleuses et travailleurs en Europe depuis quelques années. La crise est le meilleur moyen pour faire passer les attaques du patronat avec son scénario bien rôdé : gel des salaires, chantage au chômage technique, pression à la baisse sur l’effectif, licenciements masqués des intérimaires et des CDD, voire même fermeture des boites. Que lui importe que des dizaines de milliers de familles ouvrières se retrouvent sur la paille ?

En Argentine en 2001 cependant une idée commence à se faire jour parmi les travailleurs qui ont à affronter les plans de licenciements, et les ouvrières et ouvriers de Zanon jouent un rôle central dans la diffusion de ce mot d’ordre : « usine qui ferme, usine qu’il faut occuper, mettre à produire sous contrôle des travailleurs et nationaliser ! ». C’est en effet le message que portent les ouvriers de Zanon dès que le patron annonce les licenciements secs : le périmètre de l’usine est occupé, les huissiers n’y rentrent pas, les machines sont sous contrôle des travailleurs et bientôt les gigantesques fours de cuisson vont se remettre à produire.

C’est cette histoire que racontent les articles et documents que nous publions et qui retracent dix années de lutte contre ce que l’on veut aujourd’hui faire passer pour une fatalité : avec la crise il faut réduire, diminuer, ceinturer, se soumettre. Les travailleuses et les travailleurs de Zanon font voir aujourd’hui concrètement ce qui est une évidence marxiste mais qui acquiert toute son actualité lorsqu’elle se fait chair dans la conscience et l’expérience ouvrières : les patrons ont besoin de prolétaires pour faire tourner leurs usines. Nous autres les prolétaires, nous n’avons pas besoin de patrons pour produire, défendre nos postes et nos conditions de travail.

Depuis 2001 deux autres usines du même secteur sont passées sous contrôle ouvrier dans la région ; Stefani et Del Valle. Zanon emploie aujourd’hui 450 travailleurs, est sous contrôle de l’AG ouvrière qui la dirige et assure la production de prés de 300.000 m2 de carrelage et revêtement céramique dont une partie est destinée directement à la communauté, aux quartiers les plus pauvres, aux écoles et hôpitaux.

Mais le message de Zanon, qui dépasse et de loin les frontières de la Patagonie argentine, dépasse également le cadre autogestionnaire. Les travailleurs de Zanon ont toujours refusé que leur exemple soit pris comme une sorte d’utopie coopérativiste résistant au milieu d’un système basé sur la misère et l’exploitation.

Les travailleurs de Zanon et leur syndicat, le SOECN, ont été de toutes les luttes pour la construction d’un syndicalisme lutte de classe, antibureaucratique et combatif en Argentine depuis une dizaine d’années, conscients que leur combat était une des tranchées dans la bataille plus large que livre la bourgeoisie et dont dépend la survie de leur expérience.

Cela s’est accompagné d’un soutien systématique aux luttes ouvrières et populaires, que ce soit en Argentine comme dans la région, et même à échelle internationale, le SOECN participant ainsi en première ligne aux principaux combats contre les agressions impérialistes de ces dernières années.

Enfin les travailleurs de Zanon ainsi que leur syndicat se sont faits porteurs de l’idée selon laquelle les ouvriers et les classes populaires ont besoin de leur propre instrument politique, indépendant des gouvernements de centre-gauche péroniste tout comme des autres partis politiques bourgeois. C’est en ce sens d’ailleurs que deux camarades ont été élus dernièrement sur les listes du Front de Gauche et des Travailleurs (FIT) à la députation provinciale, enracinant solidement le message selon lequel la politique est une chose trop importante pour que les politiciens bourgeois s’en chargent en notre nom et que les travailleurs ont besoin d’une expression politique indépendante.

Voici quelques unes des pistes de réflexion que l’on peut retrouver au fil des articles que nous publions aujourd’hui pour rendre hommage à cette lutte exemplaire. Mais au moment où le patronat français se montre de plus en plus agressif et que les bien mal nommés « plans de sauvegarde de l’emploi » se multiplient, le meilleur hommage que l’on puisse rendre aux travailleuses et aux travailleurs de Zanon c’est de montrer qu’ici aussi une réponse ouvrière à la hauteur de la brutalité de l’attaque que porte la bourgeoisie est nécessaire et possible. Après une première vague de résistance ouvrière aux plans de licenciements au printemps 2009 qui s’est généralement soldée par la mise en place de plans d’indemnisation importants, plusieurs sites commencent à poser la question de la sauvegarde de l’emploi et de la défense de l’outil de production coûte que coûte. C’était déjà le message qu’avaient porté les travailleuses et les travailleuses de Philips Dreux il y a un an et demi. C’est aujourd’hui ce dont se font l’écho les Fralib à Gémenos et les M Real à Alizay dans l’Eure. Que ces luttes deviennent des points d’ancrage forts de résistance ouvrière et pourquoi pas de controffensive dépend aussi de la solidarité que nous saurons déployer et du rôle que pourraient y jouer les révolutionnaires, comme cela été le cas du Parti des Travailleurs Socialistes à Zanon. C’est avec cette même capacité d’intervention qu’il faut essayer de renouer pour être en mesure de résister aux côté de notre classe à l’offensive bourgeoise à l’œuvre à échelle européenne et que les gouvernements, quelle que soit leur étiquette politique, entendent renforcer ; afin de se préparer aussi aux combats à venir qui seront, à en croire « nos » gouvernants, encore plus violents.

27/10/11
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ARTICLES DE LA SECTION SPECIALE :

-Démocratie ouvrière et lutte de classe : l’exemple de Zanon

-« Pour nous c’est extrêmement encourageant de voir ce qu’ont fait les camarades de Continental, de toutes ces usines où quand on a voulu les licencier, les ouvriers ont séquestré les patrons »

-« Notre lutte est politique »

-Quel a été le rôle du PTS au cours du processus à Zanon ?





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Elections en Argentine et le score de...

Message  CCR le Ven 4 Nov - 19:53

La victoire de Cristina Kirchner et le score électoral de l’extrême gauche


Jeudi 27 octobre 2011

Le gouvernement a obtenu une importante victoire électorale avec prés de 54% des suffrages qui se sont portés sur la candidature de Cristina Fernández de Kirchner [la présidente sortante]. Ce vote est socialement hétérogène mais on y retrouve la majorité des voix du monde du travail. Alors que le monde est secoué par la crise capitaliste les travailleurs qui ont voté Kirchner pensent préserver leur niveau de vie qui s’est relativement amélioré en comparaison avec la crise de 2001 [qui a frappé l’Argentine], et ce en raison d’une croissance économique exceptionnelle que traverse le pays. Ce vote a exprimé une tendance conformiste à « maintenir les choses en l’état », ce qu’avaient déjà révélée les élections provinciales antérieures. Mais en épit de son indiscutable force conjoncturelle le gouvernement aura à faire face à une crise capitaliste mondiale dont l’impact commence à se faire sentir nationalement, bien que les effets se fassent sentir pour l’instant de façon graduelle. Les suffrages ouvriers qui se sont reportés sur la candidature de Cristina Kirchner ne seront pas utilisés pour répondre aux revendications des travailleurs mais bien pour gérer la crise au profit du capital.


L’opposition pro-patronale est sortie pour sa part complètement atomisée du processus électoral. C’est le cas des différentes expressions du « péronisme fédéral », [Rodríguez Saá et Duhalde, anciens présidents], de l’Union Civique Radicale [d’Alfonsín] ou d’Elisa Carrió. Ce sont les grands perdants de cette élection. Le « Frente Amplio Progresista » [« Front Large Progressiste »] du [candidat social-démocrate] d’Hermes Binner qui n’a pas fait un mauvais score électoral [en arrivant en seconde position loin derrière Kirchner avec 17% des voix] représente une alliance hétéroclite dont l’unité est loin d’être garantie puisque [Binner lui-même], gouverneur de la province de Santa Fe, a exprimé son souhait de recréer une alliance avec les radicaux [de l’Union Civique Radicale, UCR de centre-droit].

Le « Frente de Izquierda y de los Trabajadores » (FIT) [Front de Gauche et des Travailleurs], structuré autour du Parti des Travailleurs Socialistes (PTS), du Parti Ouvrier (PO) et de Izquierda Socialista, a fait un très bon score électoral. Nous avons recueilli un demi-million de voix sur notre formule présidentielle et prés de 600.000 voix au niveau national dans le cadre des législatives partielles [qui se tenaient simultanément]. Nous devons encore attendre les résultats définitifs mais nous avons failli faire élire un député national pour la Ville de Buenos Ares et nous avons fait de très bons scores dans les provinces de Buenos Aires et de Córdoba notamment. Nous sommes désormais un pôle de référence au niveau politique national en termes d’indépendance de classe. Nous avons reçu les suffrages d’une frange significative de travailleuses et de travailleurs, de la jeunesse. Nombreux sont ceux qui sans pour autant voter pour nous nous ont suivi et nous ont écouté avec une attention particulière. Le fait de récolter à nouveau 500.000 voix comme lors des élections primaires obligatoires du 14 août [visant à exclure des élections d’octobre toutes les formations qui ne dépassaient pas 1,5%] défait tous les arguments de ceux qui nous disaient que le résultat du 14 août était passager. Ceux qui avaient déjà voté pour nous à cette occasion, en défense du droit démocratique de nous présenter aux élections générales, ont à nouveau voté pour nous, cette fois-ci en appuyant politiquement notre programme et notre orientation. Ce résultat témoigne de la reconnaissance dont jouit l’extrême gauche ouvrière et socialiste pour son rôle militant dans des événements significatifs de la lutte de classes de ces dernières années, à l’image du combat que nous avons livré à Kraft, chez les cheminots, chez les travailleurs du métro de la capitale, au cours des dix années de gestion ouvrière à Zanon ou au cours des lutte de la jeunesse lycéenne et étudiante. Ce résultat témoigne de notre capacité à avoir maintenu une position d’indépendance politique de classe face au gouvernement et aux différentes options pro-patronales autour desquelles se sont adaptés d’autres secteurs de la gauche radicale argentine.

Notre défi maintenant est d’utiliser le capital politique construit par le FIT afin de le mettre au service des luttes ouvrières et populaires, du combat pour l’arrêt de poursuites contre les 5.000 camarades qui sont aujourd’hui poursuivis pour leur rôle dans les luttes sociales, du combat pour la libération des camarades Oñate, Olivera et Germano, du combat pour reconquérir les syndicats de bases dans les entreprises [« Comisiones Internas » et « Cuerpos de Delegados »], et surtout du combat pour avancer dans l’organisation politique indépendante de la classe ouvrière. Nous saluons les camarades du PO, d’Izquierda Socialista, les militants et sympathisants de notre parti ainsi que tous les militants non encartés qui ont rendu possible cette grande intervention politique du Front de Gauche et des Travailleurs.

Buenos Aires le 24/10/11, Christian Castillo et José Montes pour la Direction Nationale du Parti des Travailleurs Socialistes (PTS)

Article paru dans Tout est à nous !

Victoire de Kirchner et bons résultats de la gauche révolutionnaire en Argentine*

Les élections présidentielles et législatives du dimanche 23 octobre ont consacré une large victoire de Cristina Kirchner. Elle est réélue au premier tour avec 54 % de voix, obtient la majorité dans les chambres (députés et sénateurs) et conquiert le gouvernement dans toutes les provinces (l’Argentine est un pays fédéral), à l’exception de San Luis et de la ville autonome de Buenos Aires. L’opposition bourgeoise est dispersée et écrasée et le candidat en deuxième position, Hermann Binner du Frente Amplio Progresista, n’obtient que 17 % des voix.

La presse en France a insisté sur l’ampleur de la victoire de Cristina Kirchner et sur la «  prospérité  » argentine, mais laisse de côté la crise en cours dans le pays et le fait politique le plus intéressant pour les militants anticapitalistes  : les bons résultats de la gauche. Les trois partis de gauche se sont présentés unis aux élections, en tant que «  Alianza Frente de Izquierda y de los Trabajadores  », FIT. Le Front a obtenu 500 000 voix pour les élections présidentielles (2, 31 %). Pour les législatives, les résultats ont été meilleurs  : ville de Buenos Aires, 5, 60 %  ; province de Buenos Aires, 3, 57 %  ; Córdoba, 4, 34 % ; Neuquén, 4, 95 % et Salta, 8, 60 %. Dans les quartiers ouvriers et populaires, le FIT a obtenu jusqu’à 15 %. Les élections ont enregistré un vrai mouvement populaire vers la gauche même si cela n’a pas permis l’élection d’un député national du fait du système électoral. Par contre, le FIT a réussi à faire élire des députés dans les provinces de Córdoba, Neuquén et Salta.

Pôle anticapitaliste

Le FIT a enregistré le score le plus élevé de la gauche depuis 1983, fin de la dictature militaire. Il est devenu ainsi un pôle de référence politique anticapitaliste pour l’ensemble de la population, la jeunesse, le mouvement ouvrier, les chômeurs et précaires. Il s’est constitué comme un accord électoral au mois d’août entre le Parti ouvrier, le Parti des Travailleurs pour le Socialisme et la Gauche socialiste, trois organisations politiques de la gauche révolutionnaire trotskiste, marquées par leur opposition aux gouvernements des Kirchner. La formule présidentielle était Jorge Altamira (Parti ouvrier) président et Christian Castillo (PTS), vice-président. Il a reçu l’appui des autres organisations de la gauche révolutionnaire et d’un noyau des militants et intellectuels indépendants de gauche.

La place du FIT est loin d’être seulement électorale. Lors des trois derniers mois, les organisations du FIT ont été protagonistes des mobilisations les plus significatives  : la manifestation pour le premier anniversaire de l’assassinat de Mariano Ferreyra  ; la solidarité avec le dirigeant des cheminots «  Pollo  » Sobrero  ; la victoire des candidats lutte de classes aux élections syndicales de l’usine Kraft  ; la victoire de la gauche aux élections des étudiants à l’Université de Buenos Aires. Les résultats du FIT aux élections traduisent surtout sa présence militante dans la lutte de classe.

Pour les élections, le FIT s’est engagé dans une agitation politique en faveur des revendications ouvrières et populaires dans la crise capitaliste et contre le gouvernement. Il s’agit de la défense du salaire et de l’emploi, la fin du travail précaire et au noir, la nationalisation des banques sous contrôle ouvrier pour faire face à la spéculation et à la fuite des capitaux, la retraite pour tous et toutes avec 82 % du salaire, la défense des services publics et des ressources naturelles contre les privatisations et l’impérialisme, la défense des luttes ouvrières et populaires et des militants contre la répression et les bandes armées.

Les résultats du FIT et la place de ses organisations dans les luttes est l’expression du développement d’une opposition ouvrière, socialiste, populaire, au régime «  progressiste  » de Kirchner. C’est un cours différent de celui du Brésil et de l’Uruguay. Le gouvernement de Cristina Kirchner, qui fait partie du G20, va essayer dans la période à venir d’avancer encore plus dans la mise sous tutelle des organisations de masses et dans la négociation avec l’impérialisme. L’existence de cette opposition est fondamentale. Maintenant, un riche débat s’ouvre entre les militants et les organisations sur les suites du FIT et des luttes.

Marcelo N.

* Article extrait de : Hebdo Tout est à nous ! 121 (27/10/11)

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Site du Courant Communiste Révolutionnaire : http://www.ccr4.org/

Tous les nouveaux articles du CCR :

-Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Européenne mènent l’Europe à la catastrophe

-Grèce : C’est la poussée de la classe ouvrière qui est derrière la crise politique

-Les p’tits papiers et le contrôle ouvrier…

-Solidarité internationale : Vive la lutte des travailleuses et des travailleurs de M Real de Alizay ! (Motion de solidarité des ouvriers de Zanon)

-PSA : la guerre est déclarée : il faut se mettre en ordre de bataille !

-Mayotte : le NPA doit être à l’initiative d’une mobilisation anticolonialiste et anti-impérialiste unitaire maintenant !

-Double défaite pour Evo Morales et son gouvernement

-Les soit-disant conflits confessionnels en Egypte ou le parti pris des medias français

-La victoire de Cristina Kirchner et le score électoral de l’extrême gauche


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Re: Argentine.

Message  verié2 le Sam 17 Déc - 19:36

Un scandale frappe l'organisation des "Mères de la place de mai"

L'ex fondé de pouvoir des "Mères de la place de mai", Schoklender, mis en examen pour détournement de fonds, accuse l'association de toutes sortes de délits, dont certains sont de toute évidence imaginaires. Par exemple, l'organisation de braquages pour se financer.

Il n'en reste pas moins que "Les mères de place de mai", association de parentes de victimes de la dictature qui manifestaient sur la place du Palais du gouvernement, est devenue au fil des ans une institution très proche du pouvoir qui soutenait le président Kirchner puis son épouse élue récemment. Cette association était notamment chargée de gérer un programme de logements populaires et c'est dans ce cadre que des détournements de fonds ont été découverts.

Source Pagina 12

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Re: Argentine.

Message  verié2 le Sam 17 Déc - 19:42

On le voit Bonafini, inamovible dirigeante des "Mères" était très contestée, pour de bonnes et aussi de mauvaises raisons...
Source http://www.lacedille.com.ar/?p=3779 (Hebdo des francophones d'Argentine)
Les Mères de la place de Mai suspectes de corruption
Publié le
06/14/2011

Un énorme scandale de corruption qui touche l’association des Mères de la place de Mai, et en particulier sa présidente Hebe de Bonafini, secoue toute l’Argentine. L’administrateur de l’association, Sergio Schoklender, a été inculpé de blanchiment d’argent, de malversations de biens publics, et d’association illicite jeudi 2 juin. Si bien lui et son frère Pablo se trouvent encore libres, la justice leur a interdit de quitter le pays.

Au delà du respect et de l’admiration que méritent toutes ces femmes qui, courageusement, au mépris de leur vie, arpentaient tous les jeudis la place de Mai demandant après le sort de leurs enfants disparus durant la terrible dictature militaire argentine, l’association des Mères de la place de Mai a pris, à partir de la restauration de la démocratie, un tournant de fort et précis engagement politique.

Les présidents Nestor Kirchner et Cristina Fernandez de Kirchner s’en sont étroitement rapprochés dans une recherche de consensus national et international prenant la défense des Droits de l’Homme sous la dictature comme bannière politique.

Une forte personnalité

Hebe de Bonafini, aujourd’hui âgée de 84 ans, n’a jamais lâché la présidence de cette association. Peu à peu se sont dévoilées certaines facettes de sa personnalité qui la montrent comme une personne pleine de rancœur, de ressentiment et d’intransigeance à outrance : appui à Chavez et aux ‘camarades des FARC colombiennes’ ; le mépris ‘pour les classes hautes et moyennes qui hypocritement ont accompagne les funérailles de l’ancien président Ricardo Alfonsin’ ; son conseil, lors des manifestations du ’campo’ argentin dans l’affaire des retentions aux céréales, de ‘les déloger au gaz’ ; son incitation à prendre d’assaut le Palais de justice qui ne se prononçait pas comme elle le désirait ; et enfin sa joie lors de l’attaque terroriste aux Tours jumelles de New York.

Des points obscurs qui ne datent pas d’aujourd’hui

Déjà en juin 2010 la députée Elsa Quiroz (Coalition civique, centre-gauche) avait porté plainte contre Schoklender, pour abus de biens sociaux. Mais étant donné la relation étroite de Bonafini avec les Kirchner, aucune des institutions gouvernementales chargées de l’audit des fonds publics n’avait osé aller plus de l’avant.

La fondation des Mères de la place de Mai emploie aujourd’hui 6 000 personnes et ses activités se sont largement diversifiées : université ‘populaire’, émissions d’une radio propre, construction de logements sociaux et de centres de santé à Buenos Aires et dans plusieurs provinces (Chaco, Santiago del Estero, Santa Fe, Misiones et Rio Negro).

Les travaux de construction de logements ‘Rêves partagés’ étaient effectués directement – sans aucun appel d’offres préalable – à l’entreprise Meldorek, appartenant à 90% à Sergio Schoklender, toujours secondé par son frère Pablo.

Les Schoklender

L’histoire des Schoklender est terrible. En 1981 ils ont été inculpés d’un double parricide. Ils avaient abandonné les corps de leurs parents –le crâne défoncé à coups de barre de fer, – à l’intérieur du coffre d’une voiture abandonnée sur la voie publique. Remis en liberté en 1995 Sergio, devenu avocat en prison, a été ‘adopté’ par Hebe de Bonafini qui lui a confié la totale gestion des multiples nouvelles activités de la Fondation, généreusement et directement subventionnées par le gouvernement des Kirchner.

Le scandale lancé par la presse, les langues se sont déliées et les voix des responsable des principales associations argentines qui militent pour les Droits de l’homme se sont élevées. La première à le faire a été Estella de Carlotto qui a pris soin de bien différencier l’association qu’elle préside, Abuelas de plaza de Mayo, de celle de Bonafini. De même Taty Almeida de ‘Mères de la place de Mai ligne fondatrice’ qui s’était détachée dès 1986 de l’association première, à cause de l’emprise sur l’association de Hebe de Bonafini qui, à leur goût, oeuvrait trop au-delà de la simple défense de la mémoire de leurs enfants. Enfin, le’piquetero’ Luis d’Elia a demandé que Hebe de Bonafini soit elle aussi mise en examen par la justice.

A ce jour, Hebe de Bonafini a porté plainte contre Sergio Schoklender

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Honneur et respect aux martyrs

Message  Roseau le Sam 17 Déc - 23:05

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Re: Argentine.

Message  verié2 le Mar 20 Déc - 16:05

(Sources Pagina 12 et Clarin.)

Violentes polémiques et commémoration en Argentine

Alors que les Argentins commémorent le 10ème anniversaire du soulèvement populaire de décembre 2001 qui contraignit le président Fernando de la Rua à la fuite, après qu'il ait fait tirer sur les manifestants et tuer plusieurs dizaine de personnes, une polémique a éclaté entre les autorités de la police de Buenos aires, des membres du gouvernement et le journaliste Horacio Verbitsky.

Verbitsky, journaliste, est ancien militant du mouvement de lutte armée des péronistes de gauche Montoneros. Aujourd'hui, il est un des principaux animateurs du quotidien Pagina 12 qui s'est fixé pour mission de dénoncer les anciens tortionnaires et de lutter contre l'impunité des sbires de la dictature.

Verbitskty a publié de nombreux livres, dont El Vuelo qui raconte de façon terrifiante comment les militaires jetaient leurs victimes dans la mer, par hélicoptère ou avions, après les avoir droguées. Il a écrit aussi un livre dénonçant la corruption du régime du président péroniste Menem et un autre rappelant la complicité de l'Eglise avec la dictature...

Ces attaques ont fait de lui la bête noire, non seulement des anciens suppots de la dictature, mais de tous ceux qui voudraient bien oublier cette sombre période. Il a été ainsi calomnié et accusé plusieurs fois, notamment par d'ex Montoneros repentis, d'avoir trahi ses camarades et même écrit des préfaces d'ouvrages publiés par des militaires ! (Ce qu'il nie formellement et pas la moindre preuve de ces accusations n'a été présentée...)

Bien que rallié à la présidence Kirchner, en raison de la dénonciation par celle-ci de la loi d'impunité des militaires et policiers, il n'a cessé de dénoncer tous ceux qui restaient encore en place. Ces jours-ci, il a violemment attaqué les chefs de la police de Buenos Aires, pour leurs méthodes de répression et leur corruption, et leur "conseillère aux droits de l'homme" (ça existe !), une ancienne "mère de la place de mai". Celle-ci couvre leurs forfaits de son prestige. Il a aussi insulté un politicien opportuniste passé d'un parti à l'autre, ce qui a provoqué la gêne du gouvernement, lequel a précisé que Verbitsky n'appartient ni au gouvernement ni au parti péroniste.

Ces prises de positions lui valent donc de nouvelles attaques dans la presse, qui ressort toutes les accusations des repentis, dont l'une des plus odieuses est... d'avoir survécu à la dictature.

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Message  BouffonVert72 le Mer 28 Déc - 21:50

Une nouvelle victime de Tchernobyl, Fukujima, des lobbys chimico-pétrolo-nucléocrates :


Cristina Fernandez va être opérée d'un cancer de la thyroïde

Reuters – il y a 9 heures


La présidente argentine Cristina Fernandez est atteinte d'un cancer de la thyroïde et sera opérée début janvier. /Photo prise le 10 décembre 2011/REUTERS/Enrique Garcia Medina

BUENOS AIRES (Reuters) - La présidente argentine Cristina Fernandez doit être opérée d'un cancer de la thyroïde le 4 janvier, a annoncé mardi Buenos Aires, ajoutant que les métastases ne s'étaient pas répandues dans son organisme.

Cristina Fernandez, qui est âgée de 58 ans, a été facilement réélue en octobre pour un second mandat à la tête de l'Argentine. Elle porte encore le deuil de son prédécesseur et époux Nestor Kirchner, disparu l'an dernier.

"On a trouvé des traces d'un carcinome papillaire dans le lobule droit de la glande thyroïdienne", a déclaré le porte-parole de la présidence, Alfredo Scoccimarro, qui a précisé que le carcinome ne contenait pas de métastases.

"La glande thyroïde devra être enlevée", dit Julio Moreno, cancérologue à Buenos Aires. "Le pronostic est très bon. Les chances de guérison sont de 90 à 98%."

La présidente devrait être hospitalisée durant 72 heures et aura vingt jours pour se remettre de l'opération. Du 4 janvier au 24 janvier, le pays sud-américain sera dirigé par le vice-président Amado Boudou, a annoncé la présidence.

Le cancer a été détecté la semaine dernière lors d'examens de santé de routine. Le carcinome papillaire est le type le plus fréquent de cancer de la thyroïde et touche normalement des personnes âgées de moins de 40 ans, surtout des femmes.

La "Reina Cristina", grande oratrice vêtue de façon chic et toujours perchée sur de hauts talons, s'est remise politiquement de la mort de son mari, bénéficiant d'une forte croissance économique et de la compassion du pays.

La popularité de la "viuda" (la veuve) au caractère bien trempé a rebondi après les funérailles nationales de son mari, qui ont bouleversé le pays.

Elle a été réélue avec 54% des voix, promettant de rester fidèle aux valeurs du "kirchnérisme", dernier avatar du péronisme.

Plusieurs dirigeants sud-américains ont récemment souffert d'un cancer. Le président vénézuélien Hugo Chavez a subi une chimiothérapie cette année sans dire de quel cancer il était atteint, le président paraguayen Fernando Lugo est en rémission d'un cancer lymphatique et l'ancien président brésilien Luiz Inacio "Lula" da Silva est soigné pour une tumeur cancéreuse au larynx.

Walter Bianchi et Hugh Bronstein, Benjamin Massot et Clément Guillou pour le service français

Notons que toute l'Amérique du Sud est touchée...
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Message  verié2 le Sam 31 Déc - 13:55

Emeutes contre l'austérité dans la province de Santa Cruz
Voir ce site : http://berthoalain.wordpress.com/2011/12/30/emeute-contre-lausterite-a-santa-cruz-29-decembre-2011/

Kirchner et le gouverneur local Peralta, qui appartient au parti Justicialiste (péroniste), avaient déja fait durement réprimer des grèvistes et des chômeurs en 2007. Cette fois, c'est un plan d'austérité régional qui a déclenché la colère de la population. Kirchner a renoncé à se rendre dans cette région...

Face à la montée du mécontentement populaire en Argentine, Hugo Moyano, le dirigeant de la CGT (syndicat ultra bureaucratique relai traditionnel des Péronistes), s'est senti obligé de faire quelques critiques du gouvernement, fait sans précédent, tout en précisant que "le lien n'est pas rompu"...



29 de Diciembre de 2011

Manifestantes impidieron la sesión legislativa en la que pretendía aprobar una reducción del gasto. Hay ocho heridos, uno de ellos grave.

La sesión de la Legislatura que debía tratar la emergencia económica fue suspendida este jueves a la tarde porque el recinto se encontraba sin luz eléctrica y el humo que generaban los fuegos artificiales de los protestantes cubrían casi por completo el lugar.

Así lo anunció el vicegobernador Fernando Cotillo, en tanto que en las afueras de la Legislatura ocurrieron incidentes entre manifestantes y policías que provocaron varios heridos, entre ellos una mujer policía con un brazo fracturado y un agente al que se le debieron realizar cinco puntos de sutura en la cabeza.

Según fuentes policiales resultaron heridos ocho policías y uno de ellos se encuentra en terapia intensiva. Mas…

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Message  Copas le Sam 31 Déc - 14:39

Une situation de rage intense du prolétariat de la région de Santa-Cruz contre le parti de la bourgeoisie qui par le biais du gouverneur essayait de faire augmenter l'âge de départ à la retraite entre autres douceurs.

On voit là une réaction populaire qui sort des tripes et entraine toutes générations confondues.

La puissance des réactions aurait fait reporter les décisions.






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A dix années des journées révolutionnaires

Message  Roseau le Mar 21 Fév - 0:27

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Message  verié2 le Jeu 23 Fév - 11:46

Terrible accident d'un train de banlieue à Buenos Aires

L'accident s'est produit hier à 8 H 35 à la station 11 (centre de Buenos Aires) et a fait 50 morts et 676 blessés, dont une centaine très graves, coincés dans les tôles. Il s'agit d'un train de banlieue en provenance de Moreno qui transportait 1000 voyageurs (selon Clarin et non 2000 selon le Parisien, ce qui signifie que 75 % des passagers ont été blessés ou tués). Les deux premiers wagons étaient complètement bondés. Les gens voyagent dans des conditions épouvantables.

Le conducteur n'a pas pu freiner et a heurté le butoir. Cette catastrophe rappelle celles de 1988 à la Gare de Lyon (56 morts à la suite d'une collision d'un train sans frein avec un autre) et celle de la gare de l'Est (1 mort, choc contre le butoir).

Selon le ministre des transports d'Argentine, Juan Pablo Schiavi, le train n'aurait roulé qu'à 20/25 kms/h au moment de son entrée en gare (contre 60 kms/h) pour le train de la gare de Lyon. Le conducteur serait un jeune "reposé" selon le ministre et le train sortait de l'atelier de révision... Schiavi nie donc toute responsabilité de l'Etat, du gouvernement et de la compagnie ferroviaire. Le conducteur en question a déclaré qu'il avait tenté de freiner, mais que les freins ne répondaient pas. Et surtout que dès le départ du train de Moreno, il avait signalé que ce train n'aurait pas dû sortir en raison de ses défaillances mécaniques, mais que sa direction lui avait ordonné de sortir le train quand même, car c'était l'heure de pointe ! (Ce jeune conducteur a seulement été blessé.)

Mais "C'est dû au manque d'entretien des trains, à des irrégularités, des déficiences» et à un service qui fonctionne de façon précaire, a dénoncé à la radio un syndicaliste de l'Union ferroviaire, Roberto Nuñez. Le matériel roulant sur cette ligne date des années 60 et les chemins de fer argentins ont été privatisés dans les années 90. " (cité par Le Parisien). Le quotidien Clarin cite cependant un autre dirigeant syndical, Sobrero, qui, lui, défend le bon et récent entretien du train qui aurait été révisé en atelier la veille... (Mais il faut savoir que le principal syndicat argentin, la CGT, est dirigé par une bureaucratie maffieuse très liée au parti péroniste au pouvoir et à la président Kirchner, malgré une petite bagarre récente liée aux mesures d'austérité.)

Divers élus, dont le sénateur Linares (GEN petit parti indépendant) et le député Tunessi (gauche péroniste) dénoncent aussi la chaîne de responsabilités, la privatisation et les subventions sans controle que recevaient la compagnie ferroviaire TBA gestionnaire de la ligne, la corruption qui règne dans cette compagnie et au ministère des transports. Un autre député, Juan Carlos Moran, azccuse même carrément les Kirchner d'être des criminels responsables de cette tragédie en ayant confié cette gestion à TBA, qui n'a fait qu'empocher les subventions en dépensant le moins possible en matériel et en personnel.

Ce drame a soulevé une motion considérable en Argentine et bien sûr parmi les cheminots qui se réunissent en ce moment en différents endroits pour envisager les réactions, malgré la direction de la CGT qui tente de calmer le jeu. En revanche, la CTA (syndicat minoritaire rival), et notamment sa fédération des cheminots dénonce clairement les responsabilités du gouvernement, de la compagnieTBA, exige que toute la lumière soit faite et appelle à l'action.

(Sources Clarin et site du syndicat CTA)

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Message  verié2 le Jeu 23 Fév - 12:10

C'est le 7ème accident grave de train en un an en Argentine, dont 4 dans l'agglomération de Buenos Aires :
El siguiente es el detalle de los siniestros en los que tomaron parte formaciones viales:

* 4 de enero de 2012: Ocho personas sufrieron heridas, una de ellas graves, al caer a las vías cuando viajaban en los escalones de un vagón del tren de la línea San Martín, a la altura de la estación Palermo.

* 18 de diciembre de 2011: Dieciocho personas, entre ellas una beba de dos meses, sufrieron heridas cuando una locomotora chocó a un tren de la línea General Roca que estaba detenido en la estación de Temperley.

* 2 de noviembre de 2011: Seis niñas y dos docentes de un colegio católico de San Luis murieron y otras 41 personas sufrieron heridas cuando el ómnibus en que viajaban a un retiro espiritual fue embestido por un tren de carga en un cruce vial en la ciudad de Zanjitas.

* 13 de setiembre de 2011: Once personas murieron y alrededor de 200 sufrieron heridas a raíz de un choque entre dos trenes de la línea Sarmiento y un colectivo que había cruzado con la barrera baja, en el barrio porteño de Flores.

* 18 de agosto de 2011: Ocho personas padecieron lesiones de diferente gravedad cuando un tren de la línea Roca embistió a un colectivo de pasajeros en el partido de Lomas de Zamora.

* 4 de abril de 2011: Setenta personas heridas fue el saldo de una colisión entre una locomotora y un tren de pasajeros de la empresa Ferrobaires, a la altura del partido bonaerense de Lezama.

* 16 de febrero de 2011: Cuatro personas murieron y más de un centenar sufrieron heridas cuando una formación de la empresa Ferrobaires que se dirigía a la ciudad bonaerense de Junín chocó con un tren de la empresa San Martín que permanecía detenido en cercanías de la estación San Miguel.

* 31 de diciembre de 2010: Unas 50 personas resultaron heridas por el choque de dos formaciones del Ferrocarril Mitre en el Empalme Maldonado, en el puente ferroviario que cruza la calle Belisario Roldán en Capital Federal, en los bosques de Palermo.

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Re: Argentine.

Message  verié2 le Ven 24 Fév - 10:27


Les patrons de la compagnie ferroviaire privée et le gouvernement cherchent un lampiste à accuser.
Comme on pouvait s'y attendre, les patrons de la compagnie privée TBA (Trains de Buenos Aires), avant même que l'enquête ait commencé, ont mis en cause "une erreur humaine", à savoir une faute du jeune conducteur, et prétendu qu'une défaillance technique était très peu probable. Cette manoeuvre est si grossière que nombre de medias, dont Clarin (le plus grand journal argentin, droite) l'ont soulignée...

Deux dirigeants de TBA se sont rendus sur place à la station 11 pour donner une conférence de presse, qui a été interrompue par une manifestation de colère des gens présents dans la gare. Ils ont du repartir très vite sous la protection de la police.
Certaines de leurs déclarations ont suscité l'indignation générale. Ainsi, ils ont osé dire que "les conditions de transport sur cette ligne sont acceptables". (sic)

Par ailleurs le gouvernement Kirchner s'est porté partie civile en affirmant que "l'Etat est victime de l'accident". Il s'agit en fait d'une manoeuvre judiciaire tortueuse pour tenter d'empêcher les véritables victimes et leurs familles de participer aux investigations. Mais cette manoeuvre pourrait faire long feu car, de tous côtés (syndicats, associations d'usagers, élus, médias etc), on revendique la transparence et la reprise en main par l'Etat de la gestion des transports publics.

Il faut souligner aussi que la quasi totalité des victimes sont des salariés qui se rendaient au boulot à cette heure de pointe. Nombre d'entre eux avaient signalé à leurs proches et collègues, par textos et appels sur portables, qu'il y avait des dysfonctionnements sur ce train et qu'ils craignaient d'arriver en retard...

Un ministre a sorti lui aussi une réflexion odieuse en prétendant que les voyageurs étaient en partie responsable du nombre élevé de victimes car ils ont pour habitude de se tasser dans les wagons de tête pour sortir plus vite des gares. En fait, vu les pannes et retard à répétition, qui n'ont rien à envier à celles de "nos" RER, les gens voyagent dans la hantise permanente de ne pas arriver à l'heure au boulot...

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Re: Argentine.

Message  verié2 le Sam 25 Fév - 11:32

Emeute à la station 11

Hier, les sauveteurs et pompiers qui continuent à découper les tôles des wagons accidentés ont trouvé le corps d'un enfant disparu et recherché par ses parents dans le 4ème wagon. La police a essayé de dissimuler le corps à la foule présente dans la gare.

Cette attitude de la police a suscité la colère des gens. Une manif spontanée a éclaté aux cris de "Schiavi (ministre des transports) assassin ! Démission :" et "Expropriez TBA !" (la compagnie privée qui gère la ligne). La police a riposté à coups de matraques et de grenades lacrymogènes, de sorte que la manif s'est transformé en émeute. Une partie de la gare a été saccagée. Des cheminots se sont joints au mouvement et ont arrêté le travail.

Par ailleurs, le jeune conducteur a pu être interrogé officiellement. Il a répété qu'il avait essayé de freiner à plusieurs reprises, mais que les freins n'avaient pas répondu, et qu'il avait signalé les dysfonctionnements dès son départ de Moreno (terminus de la ligne en direction banlieue), mais que ses patrons lui avaient donné l'ordre de continuer à rouler.

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