Discrimination à l’embauche chez Lidl : la partie émergée de l'iceberg ?

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Message  BouffonVert72 le Lun 11 Juil - 14:54

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Discrimination à l’embauche chez Lidl ? Des employés parlent

Lundi 11 juillet 2011 | Posté par Mona Choule

EXCLUSIF. Deux cadres du hard discounter, soupçonnés d’avoir donné l’ordre de ne pas engager des étrangers munis d’un certain type de titre de séjour, ont été placés en garde à vue le 28 juin. Mona a recueilli les avis et témoignages des employés et syndicalistes proches de ce dossier.

Le 28 juin, deux cadres supérieurs du hard discounter allemand Lidl ont été placés en garde à vue dans les locaux de la Police judiciaire de Creil, dans l’Oise. Les deux hommes auraient donné l’ordre de ne pas recruter d’étrangers titulaires d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale », attribué aux conjoints de Français. Pour la première fois depuis la garde à vue de ces deux cadres, des hommes et des femmes, tous employés ou anciens collaborateurs de la société s’expriment et racontent le dessous de l’affaire au Bondy Blog. Selon eux, les ordres étaient clairs : « Le recrutement de candidats étrangers titulaires d’un titre de séjour « vie privée et familiale » était formellement interdit. »

« C’était un excellent élément et je souhaitais la garder dans l’équipe », affirme Olivier K.*, le responsable de réseau par qui tout a commencé. Cet élément, c’est Aissatou S., arrivée en France pour vivre avec son époux français. Son titre de séjour temporaire lui permettant de travailler, elle a rejoint le géant allemand du hard discount alimentaire dans le cadre d’un contrat aidé. Aissatou S. occupait le poste de caissière-employée libre-service dans l’un des magasins dirigé par Olivier M. en Picardie. « A la fin de son contrat, c’est tout naturellement que je lui ai fait part de mon intention de la recruter en contrat à durée déterminée. J’étais satisfait d’elle et j’avais besoin de renfort au magasin, pourquoi recruter une autre personne ? », confie Olivier K.

Pour constituer le nouveau contrat d’Aissatou S., le responsable de réseau fait alors remonter les pièces du dossier au service des ressources humaines du siège régional de Barbery, en Picardie. Le dossier lui est retourné. Refusé. « Nous avions convenu de nous revoir pour la signature du contrat quelques jours plus tard. Pour moi, ce rendez-vous ne devait être qu’une formalité administrative. » Pourtant, une fois face à Aissatou S., il a dû lui annoncer qu’il ne pouvait plus la recruter malgré le manque de personnel dans le magasin. « J’ai alors tenté de négocier avec mes supérieurs mais le message était clair : Lidl ne recrute plus d’étrangers titulaires d’un titre de séjour « vie privée et familiale ». »

Par souci de transparence face à cette personne qu’il connaissait et dont il appréciait le travail, Olivier. M. décide de lui expliquer les raisons pour lesquelles son recrutement n’était plus possible. « C’était délicat. J’étais embarrassé alors qu’elle, était humiliée. Aissatou S. a aussitôt porté plainte contre moi pour discrimination à l’embauche », soupire-t-il. « Lors de mon audition par le commissaire de police, j’ai tout dit. J’ai donné le nom de mes supérieurs et expliqué en détails les consignes que nous recevions de nos directeurs et du siège de Strasbourg », raconte Olivier K.

Plusieurs mois après la plainte de la jeune femme, ce sont le directeur régional pour l’Ile-de-France, l’Oise et l’Aisne et le responsable administratif qui ont été placés en garde à vue au commissariat de Senlis, en Picardie. D’anciens collègues ont soutenu Olivier K. et ont également été entendus par la police. Ils ont confirmé que des consignes avaient bien été données afin de ne plus recruter d’étrangers titulaires de ce type de titre de séjour.

« La première fois que nous avons reçu ces directives, nous étions en réunion mensuelle en Picardie. C’était début 2010 », témoignent Charles et Sonia, deux anciens responsables de réseau de la région parisienne. « Nous étions choqués d’entendre de telles choses mais ne pouvions rien faire pour les changer. Il fallait suivre les ordres », expliquent-ils. Quelques mois après cette réunion, une vague de démissions secoue la direction régionale : la moitié des responsables de réseau décide de quitter la société. « Nous n’étions plus en phase avec plusieurs des consignes et le management que l’on nous demandait d’appliquer. Il était courant de recevoir l’ordre de nos supérieurs de licencier, en urgence, un salarié étranger qui avait un titre de séjour « vie privée et familiale » avec une date proche du renouvellement. C’était à nous de trouver le motif. Difficile quand tout se passe bien », constatent-ils.

« En soutien à Olivier, nous avons réuni autant de preuves que nous pouvions. Les langues se sont déliées. Aujourd’hui, nous avons en notre possession près d’une centaine de dossiers « vie privée et familiale » refusés et retournés en magasin par la direction régionale ainsi que des documents présentés aux réunions au siège strasbourgeois », se félicite Sonia.

Selon Me Olivier Gutkes, l’avocat des deux responsables placés en garde à vue fin juin, tout cela n’a pas de sens : « Il n’y a pas de discrimination à l’embauche chez Lidl. Il suffit de consulter les registres du personnel. Un tiers des employés des magasins de la région de Barbery est étranger. Il semblerait juste qu’une personne n’ait pas obtenu le poste qu’elle souhaitait, et elle a cru opportun de porter plainte », assure-t-il avant d’ajouter que « Lidl détient suffisamment d’éléments qui lui permettent d’être confiant quant à l’issue de cette affaire ». Il précise que pour son client, « seules comptent les valeurs de l’individu et non sa nationalité ou ses origines. »

« S’il y avait réellement discrimination, que faisaient les syndicats ? », interroge Me Gutkes. « Pour des raisons évidentes de discrétion, les ordres de cette nature sont toujours adressés oralement », explique Lahouri Tami, secrétaire général du syndicat UNSA. « C’est exactement la même chose avec les cas de harcèlement sexuel sur lesquels nous travaillons, nous ne pouvons intervenir tant que les preuves ne sont pas solides, même lorsque nous savons que cela est réel. Cela nécessite du temps. »

Fatiha Hiraki, chef de magasin et déléguée syndicale UNSA, a obtenu la confirmation de l’existence de ces directives grâce aux bons rapports qu’elle entretenait avec certains responsables « réseau », mais surtout à son poste de chef. « Dès que j’ai eu connaissance de cette pratique, j’ai aussitôt prévenu la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité). »

Pour Fatiha Hiraki, les raisons de cette forme de discrimination sont simples : « Recruter des étrangers avec ce type de titre de séjour exige un personnel dédié au sein du service des ressources humaines. Les échanges avec les préfectures et l’OFII, l’Office français de l’immigration et de l’intégration, sont nombreux et entraînent un surplus de travail. De plus, cela demande une certaine gymnastique dans les emplois du temps du personnel car lorsqu’un salarié étranger doit renouveler son titre de séjour, il ne peut plus travailler et cela peut durer de quelques semaines à plus d’un mois », précise-t-elle.

« Il y a également ceux qui reviennent en magasin avec le document que la préfecture leur remet. Il leur permet de solliciter auprès de l’employeur une prise en charge des frais de renouvellement qui s’élèvent à plusieurs centaines d’euros par an et par salarié. Ne plus recruter cette catégorie d’étrangers simplifie les choses. C’est le calcul qu’a fait le hard-discounter », explique-t-elle.

Le hard-discounter se défend d’être raciste et nie la discrimination. Sonia, ancienne responsable de réseau, fulmine : « C’est honteux de jouer sur les mots avec un tel dossier. Nous ne disons pas que Lidl est raciste, nous disons qu’il y a eu discrimination. »

Aujourd’hui, Olivier M. a retrouvé un emploi, mais reste lié à Lidl par cette plainte qui existe toujours contre lui. « C’est encore très lourd à gérer. Je ne veux plus y penser, j’ai juste envie de passer à autre chose, dit-il. C’est Lidl qui a fait de la discrimination, pas moi. »

Mona Choule

*Les identités ont été changées


Dernière édition par BouffonVert72 le Jeu 21 Juil - 0:38, édité 1 fois
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Discrimination à l’embauche chez Lidl : la partie émergée de l'iceberg ? Empty Mes années LIDL : «C’est à la limite du sadisme et du harcèlement moral »

Message  BouffonVert72 le Jeu 21 Juil - 0:36

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Mes années LIDL : «C’est à la limite du sadisme et du harcèlement moral »

Mercredi 20 juillet 2011 | Posté par Mona Choule

EXCLUSIF. A LIDL, la discrimination à l’embauche subie par certains étrangers ne serait que la partie émergée de l'iceberg. D’anciens employés du hard discounter allemand racontent les humiliations et les conditions de travail qu’ils ont subies et parfois fait subir. Première partie.


Discrimination à l’embauche chez Lidl : la partie émergée de l'iceberg ? Lidl-logo-in-situ21-300x200

Il est 18h30. Samir* a le ventre vide depuis l’heure lointaine du petit-déjeuner. Comme c’est son premier jour de travail chez Lidl, difficile de parler de pause à son formateur. « Le rythme était infernal » se souvient-il. Il faut penser à tout retenir ; les codes, le jargon, les dates d’inventaire, les noms. «Je ne pouvais plus tenir sans rien avoir avalé. Manger était devenu une obsession», avoue Samir. N’en tenant plus, discrètement, il finit par poser la question au chef du magasin. Rires aux éclats. Celle-ci interpelle hilare le responsable de réseau : «Vous entendez ça, Samir a faim et voudrait manger». La réponse du formateur est sans appel : « Sachez que moi, je ne déjeune jamais ». Samir se souviendra de cet épisode à chaque fois qu’il verra son ancien formateur prendre son repas – et tout son temps – à la brasserie d’à côté.

Des humiliations comme celle-ci seraient fréquentes au sein de Lidl. « On a tous des histoires de ce genre » prévient Samir, ancien responsable de réseau en Seine-Saint-Denis : « Nos formateurs ont été malmenés à leur arrivée dans la société, alors à leur tour, ils se vengent sur les nouveaux entrants. C’est à la limite du sadisme et du harcèlement moral ».

Samir se souvient de Noémie*, une collègue responsable de réseau. L’un de ses magasins devait être réimplanté. Pour cette opération d’ampleur au cours de laquelle les rayons changent de place durant la nuit, les collègues des départements voisins viennent en renfort ; très tôt. Seulement, le supérieur hiérarchique de Noémie lui aurait, pour la discréditer, sciemment indiqué un faux horaire. « La veille, notre responsable téléphone à Noémie pour lui demander d’arriver vers 8h30, raconte Samir. A son arrivée, les collègues, déjà en magasin depuis l’aube, la dévisagent, l’air de dire ‘’pour qui se prend-elle ? On fait le sale boulot à sa place et elle arrive, comme une fleur, à l’ouverture du magasin’’. Tout le monde était si épuisé et remonté qu’aucune explication de sa part n’aurait été valable. C’était impossible de rattraper ça. Elle ne l’a pas supporté et a quitté l’entreprise quelques mois plus tard. C’est une de leur stratégie pour éviter d’avoir un groupe soudé qui pourrait s’allier contre eux et leurs méthodes. Ils nous montaient progressivement les uns contre les autres.»

« Au fur et à mesure de ma formation, j’ai été mis dans la confidence de certaines pratiques » témoigne Samir. « Lorsque j’étais chef de magasin, on m’a demandé de faire pression sur les caissières. De victime, je suis passé à bourreau » ironise-t-il. « On me demandait d’imposer des charges de travail que je savais irréalisables, de surveiller le taux de productivité des caissières. Lorsque l’un des employés ne faisait plus l’affaire, on devait le pousser à la faute en le mettant principalement sur des tâches ingrates, comme le réapprovisionnement du rayon des surgelés, ou celui des fruits et légumes le matin. Il y avait également la punition de la caisse ; rester débout toute la journée. Mon responsable m’a même suggéré de placer des produits périmés après le passage d’une employée qui venait de finir son rayon » conclue-t-il.

Pendant près de six mois, les futurs responsables de réseau suivent une formation durant laquelle ils sont testés. Ils occuperont tour à tour l’ensemble des postes de la chaîne ; de caissier employé libre- service à responsable de réseau en passant par chef de magasin. « Nous étions sans cesse épiés. Seul le négatif était repéré. On s’adressait à nous sur un ton dégradant » raconte Samir. « Les formateurs voulaient savoir s’ils auront à faire à des rebelles ou à de bons petits soldats. Ils testaient notre résistance au stress, à la pression et aux situations de management hors-normes.»

Sonia*, ancienne responsable de réseau à Paris, confie : « Lorsque l’on m’a transmis mon premier planning, j’ai naïvement fait remarquer qu’il n’y avait pas de jours de repos. On m’a répondu que c’était normal. J’ai eu un rythme infernal pendant des mois avant d’avoir droit à un jour de repos par semaine. Cela était censé nous préparer à tout accepter ; gérer quatre à six magasins, travailler près de 80 heures par semaine, être d’astreinte téléphonique 24h sur 24, se déplacer en pleine nuit à cause des alarmes de magasins et celles du système de réfrigération ».

Dès les premiers jours de formation, les nouvelles recrues se retrouvent coupées de leurs proches, de leur environnement habituel. « Les amis nous en veulent. Au dernier moment, j’ai dû annuler la soirée d’anniversaire que des amis m’avait organisée. Mon responsable voulait faire un point un vendredi soir à 100 km de chez moi. Tout est fait pour nous isoler » témoigne Samir.

Sonia confirme : « Je sortais de chez moi vers 6h du matin pour n’y retourner qu’à minuit voire 4h du matin les jours d’inventaire et de réimplantation. Avec ce rythme, on devient vite aliéné. On ne vit plus vraiment dans le monde réel mais dans la bulle Lidl. Les collègues deviennent nos nouveaux amis, on reste entre nous. Finalement, tout fini par nous sembler normal ; nos voisins vivent la même chose que nous. Cela fait penser à ce que l’on pourrait vivre dans une secte. On se sent comme pris au piège. Lorsque j’ai été entendue par la police judiciaire à propos de la discrimination à l’embauche, j’ai eu l’impression de trahir mes collègues et mes responsables en disant la vérité. J’ai eu le sentiment d’avoir été corrompue par un bon salaire et une belle voiture ».

« Une fois, l’on m’a demandé si j’avais pris mon après-midi parce qu’il était 18h et que je m’apprêtais à quitter le magasin. J’y travaillais pourtant depuis 6h du matin » raconte Samir.

De nombreux responsables de réseaux ont tenté d’alerter plusieurs fois le siège à Strasbourg. Dans ces courriers, ils y dénoncent les dysfonctionnements de la direction régionale de Barbery, en Picardie, et le changement de gestion depuis l’arrivée du nouveau directeur, M. T. A la tête des magasins de l’Aisne, de l’Oise et de l’Ile-de-France, l’ancien responsable de réseau devenu directeur régional de Barbery semblait détenir « les pleins pouvoirs.»

« C’était devenu une véritable république bananière. Il a commencé par nommer sa propre sœur au poste d’adjoint chef des ventes. Nous n’avions pas compris cette subite promotion d’autant plus qu’elle avait les pires états d’audits sur ses magasins » raconte Sonia. Et quand les employés ont demandé par courrier des explications au siège : « Nous avons eu droit à une chasse aux sorcières dont l’objectif était d’identifier les auteurs des courriers anonymes ».

Depuis l’affaire de discrimination à l’embauche de candidats étrangers (lien article n°1 ?), M. T. fait la tournée des magasins de la région. Il amasse attestations et témoignages d’employés « pour prouver son innocence ». Après sa garde à vue le 28 juin dernier par la police judiciaire de Creil dans l’Oise, « il s’est même organisé une manifestation de soutien » s’amuse Sonia. « Ce directeur est un pur produit Lidl. Le candidat parfait pour incarner le management particulier du groupe. Un fils d’immigré portugais pour refouler les candidats étrangers à l’embauche ; personne ne parlerait de discrimination », avance Samir avant de poursuivre : « Je le plains. Il l’ignore mais il est aussi victime du système ».

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Discrimination à l’embauche chez Lidl : la partie émergée de l'iceberg ? Empty Discrimination à l’embauche : une preuve contre LIDL ?

Message  BouffonVert72 le Ven 22 Juil - 20:23

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Discrimination à l’embauche : une preuve contre LIDL ?

Jeudi 21 juillet 2011 | Posté par Mona Choule

Exclusif. Un dossier de candidature annoté apporterait la preuve des pratiques de discrimination à l’embauche au sein du hard discounter allemand. L’ancien responsable de reseau qui l’a apporté à Mona témoigne.


Discrimination à l’embauche chez Lidl : la partie émergée de l'iceberg ? CARTE-DE-SEJOUR-300x283

Les témoignages d’anciens employés sur les pratiques discriminatoires qui auraient court dans certains magasins LIDL se sont multipliés ces derniers jours. Ils ont conduit à la mise en garde à vue de deux cadres du hard discounter allemand. Aujourd’hui, Charles*, ancien responsable de réseau dans les Hauts-de-Seine, nous confie ces documents (voir photo), censés apporter la preuve de ces agissements. Sur une copie d’un titre de séjour, appartenant à une candidate au poste de caissière, la mention « vie privée et familiale » est surlignée au stabilo. En dessous, un post-it indique à Charles, qui voulait la recruter, l’impossibilité de faire la DUE, la déclaration Unique d’embauche destinée à L’Urssaf. Le Post-it du dessous commande, plus qu’il ne conseille, au responsable, de mieux contrôler les pièces du dossier.

« C’est Nathalie*, l’une des trois employées du service du personnel à Barbery en Picardie qui a écrit la note, à la main », précise Charles, puis ajoute : « Elle m’a rappelé, sur un ton docte, que depuis le temps je devrai pourtant savoir que LIDL ne recrutait plus ce type de titre de séjour ! Elle ne voulait plus que je lui transmette des dossiers comme celui-ci ; elle m’en a donc noté les raisons sur un Post-it et surligné la mention ‘vie privée et familiale’ pour que je n’oublie plus ».

A croire Charles, des dossiers comme celui-ci, lui, les syndicats et les anciens responsables de réseau en possèdent plus d’une centaine au total. « La candidature de Fatima n’est pas un cas isolé», précise-t-il. «Certains sont entre les mains d’avocats et d’autres chez SOS Racisme. Ils prouvent qu’il y a bien eu discrimination à l’embauche sur la direction régionale de Barbery », avance Charles.

D’après l’ancien responsable de réseau, LIDL rencontrerait des difficultés à recruter suffisamment dans la région. Le métier de caissier employé libre-service étant difficile, les candidats ne se bousculeraient pas. Charles assure que « les consignes discriminatoires que nous avons reçues ont empiré la situation. En Ile de France, il faut savoir que 3 candidatures sur 5 arrivant sur les bureaux des responsables de réseau sont celles de personnes titulaires d’un titre de séjour ‘’vie privée et familiale’’».

Charles déplore encore : « Fatima (ndlr : dont le dossier aurait été apparemment discriminé. Voir photo) correspondait parfaitement aux critères de sélection pour un poste de caissière-employée libre-service. A cette période, j’avais un important besoin en main d’œuvre sur plusieurs de mes magasins. C’était critique. Pourtant, le dossier n’a pas été retenu par le service du personnel ».

Les raisons que LIDL aurait de pratiquer cette forme de discrimination ont été évoquées dans un article précédent par Fatiha Hiraki, chef de magasin et déléguée syndicale UNSA : « Recruter des étrangers avec ce type de titre de séjour exige un personnel dédié au sein du service des ressources humaines. Les échanges avec les préfectures et l’OFII, l’Office français de l’immigration et de l’intégration, sont nombreux et entraînent un surplus de travail. De plus, cela demande une certaine gymnastique dans les emplois du temps du personnel car lorsqu’un salarié étranger doit renouveler son titre de séjour, il ne peut plus travailler et cela peut durer de quelques semaines à plus d’un mois », précise-t-elle.

Le directeur régional de Barbery, dont dépendent les magasins d’Ile-de-France, l’Oise et l’Aisne ainsi que le responsable achats sont attendus le 18 août au tribunal correctionnel de Senlis. Le 28 juin, tous deux avait été placés en garde à vue dans les locaux de la Police judiciaire de Creil pour discrimination à l’embauche; accusations qu’ils ont réfutées.

Mona Choule

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Message  BouffonVert72 le Mar 26 Juil - 4:19

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Mes années Lidl : « On nous demandait de piéger les employés »

Mardi 26 juillet 2011 | Posté par Mona Choule

Des cadres de Lidl se livrent. En pleine polémique sur les formes de discrimination qu’aurait pratiqué l’enseigne, ils racontent les conditions de travail dans certains magasins du hard discounter. Deuxième partie de leur récit.

Discrimination à l’embauche chez Lidl : la partie émergée de l'iceberg ? Lidl-logo-in-situ211-300x200

Pour le recrutement des caissiers employés libre-service, les critères de sélection seraient très stricts. Tout semble très étudié. Selon les témoignages, tout le monde ne peut pas être embauché au poste de caissier au sein des magasins de ce hard discounter. Des profils de poste seraient spécialement élaborés pour un recrutement optimal. Au cours des sessions de formation, les futurs responsables de réseau apprennent à sélectionner le salarié idéal. « Pas d’étrangers avec des titres de séjours précaires ; cela engendrerait trop de paperasserie et les personnes devraient s’absenter le temps du renouvellement. Nous devions également préférer les personnes qui avaient déjà occupé des emplois pénibles comme la restauration rapide ou la manutention en entrepôt», assure Charles*, ancien responsable de réseau dans les Hauts-de-Seine. « On nous demandait, poursuit-il, de privilégier les femmes aux hommes car ces derniers auraient davantage tendance à piocher dans le magasin ou dans la caisse.» Pour Lidl, la situation de famille serait également un critère de sélection : « Les femmes célibataires sans enfants étaient très recherchées car elles pouvaient rester un peu plus au magasin et ne s’absenteraient pas très souvent » résume Charles.

Ces consignes biens particulières, ne se feraient qu’à l’oral. Par précaution, pas d’adresse électronique ou au compte-gouttes. «Ils ont trouvé un bon moyen de ne laisser aucune trace» affirme Sonia*, ancienne responsable de réseau à Paris. Les rares qui en ont fait la demande, ont dû attendre plusieurs années et signer de nombreux documents garantissant la confidentialité avant d’obtenir une adresse professionnelle. « Sur l’ensemble de la direction régionale de Barbery en Picardie, seule trois adresses électroniques ont été créées » assène Charles.

« Malgré nous, nous discriminions à notre tour. Nous obéissions aux ordres. C’était le cas lorsqu’il a fallu mettre fin au recrutement de salariés étrangers titulaires d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale »», regrette l’ancien responsable. Sonia précise : «Depuis début 2010, dès que le service des ressources humaines constatait qu’il s’agissait d’un titre de séjour ‘vie privée et familiale’, on nous demandait de rompre le contrat de travail au plus vite. A l’annonce de leur licenciement, les employés pleuraient, suppliaient. Ils avaient besoin de cet emploi et me demandaient des explications ».

Des explications pour justifier un licenciement ? Lidl se serait chargé d’enseigner à ses jeunes recrues comment en fabriquer. «On nous demandait de piéger les employés et d’accumuler les preuves contre eux», rapporte Charles. Et pour se faire, « la procédure dite du ‘’Caddie test’’ fait partie des outils mis à notre disposition». L’employé est alors soumis à un contrôle visant à vérifier s’il respecte parfaitement les procédures caisse. Sur les 11 points de contrôle, le salarié doit en respecter 10 pour pouvoir réussir le test. « Difficile pour une personne en poste depuis 4 jours de ne rien oublier et de retenir par cœur les 70 codes du rayon fruits et légumes» raconte Charles. Le temps de scan des produits était également pris en compte ; pas moins de 45 articles par minute et 30 secondes pour éditer le ticket de caisse, encaisser et rendre la monnaie. « Sans oublier de replacer quelques articles dans le Caddie et dire au revoir au client » sourit Charles, amer .

Selon cet ancien cadre, chaque responsable de réseau avait l’obligation d’effectuer des contrôles d’un genre particulier. Dès que les employés étaient hors de vue, « je fouillais dans leurs sacs et le coffre de leur voiture. Je vérifiais également les bacs à ordures afin de m’assurer si des produits n’y avaient pas été placés en vue d‘être récupérés plus tard. Les employés étaient constamment considérés comme des voleurs en puissance », explique Sonia.

Le mode de recrutement des responsables réseaux semble tout aussi original que celui de caissiers-employés libre-service. Le profil idéal ? Avoir moins de 30 ans, n’avoir jamais travaillé, être diplômé d’une école de commerce, être célibataire, sans enfant et de préférence de sexe masculin. « On m’a fait comprendre que mon recrutement était une faveur que Lidl me faisait», témoigne Samir*, ancien responsable de réseau en Seine-Saint-Denis. « Il fallait que je m’estime heureux, car qui recruterait un jeune diplômé issue de la banlieue, à 43 000 euros par an avec un forfait repas de plus de dix-sept euros journalier auxquels s’ajoutent une grosse cylindrée allemande et l’ essence gratuite en illimitée ? »

«On vous recrute jeunes car vous êtes plus malléables et vous n’avez pas encore connu d’autres environnements professionnels. Vous n’êtes donc pas en mesure de comparer. Nous allons vous modeler à la Lidl » aurait dit Mme M., responsable Formation nouveaux entrants. « On a signé un pacte avec le diable. Dès que l’on en prend conscience, on quitte le navire » confie Charles.

Une fois recrutés, et malgré leur statut de cadre, tous les responsables de réseau semblaient loger à la même enseigne. «C’était épuisant d’être sans cesse rabaissé et humilié. Je me souviens avoir passé une partie de la nuit à quatre-pattes à gratter les vieux chewing-gums collés au sol parce qu’il y avait un contrôle du siège le lendemain matin » se rappelle Sonia.

« Nous étions taxés de fonctionnaires et de fainéants si nous faisions moins de douze heures de travail par jour ou si nous ne répondions pas aux dizaines d’appels téléphoniques les jours de repos », raconte Samir.

Des rythmes et une pression décrits comme insupportables, de nombreux cadres ont aujourd’hui quitté Lidl. Au cours des treize derniers mois, dix-huit des vingt-cinq responsables de réseaux de la seule direction régionale de Barbery ont démissionné. La tendance semble même avoir atteint les cadres supérieurs ; la responsable achat et le responsable entrepôt ont quitté la direction de Barbery il y a quelques jours.

Mona Choule

*Les prénoms ont été changés

voir aussi :
Mes années LIDL : «C’est à la limite du sadisme et du harcèlement moral »
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Discrimination à l’embauche chez Lidl : la partie émergée de l'iceberg ? Empty Lidl soupçonné de discrimination envers les travailleurs étrangers

Message  ramiro le Ven 19 Aoû - 10:14

http://immigration.blogs.liberation.fr/coroller/2011/08/lidl-soup%C3%A7onn%C3%A9-de-discrimination-envers-les-travailleurs-%C3%A9trangers.html



Lidl Si Aminata Sangaré n’a pas été embauchée comme caissière par Lidl, est-ce une conséquence de la politique d’immigration de Nicolas Sarkozy ? Le procès opposant cette Ivoirienne à son ancien employeur devait avoir lieu ce jeudi matin à Senlis (Oise). L’audience a été renvoyée au 23 novembre. La question reste donc en suspens. Reste qu’elle se pose.

Pour tenter d’expliquer cette histoire, l’avocat d’Aminata Sangaré, comme celui de José-Jaime Teixera-Portela, directeur régional de l’enseigne, poursuivi pour discrimination avec son responsable administratif, Franck Vamour, évoquent tous deux le sort que le gouvernement réserve aux employeurs d’étrangers, même en situation régulière.

L’affaire Aminata Sangaré débute en 2009 : «Ma cliente a été en stage chez Lidl pendant six mois. Ça s’est très bien passé, et le directeur du magasin (de Nogent-sur-Oise) l’a invitée à signer un contrat de travail», raconte Vivien Guillon, son avocat.

Seulement, ce supérieur se serait alors aperçu que cette femme mariée à un Français était titulaire d’une carte de séjour «vie privée et familiale» (VPF) d’une durée d’un an. «Il est sorti de la pièce pour appeler sa hiérarchie, poursuit Me Guillon. Et, lorsqu’il est revenu, il lui a dit que son embauche n’était pas possible.»
«Peut-être que Lidl ne voulait pas recruter une personne qui risquait d’être expulsée dans un an», suppute l’avocat. Le mari d’Aminata Sangaré – un gendarme – appelle le directeur du magasin. «Celui-ci a fait état de directives faisant obstacle à l’embauche de personnes titulaires d’un titre de séjour VPF», poursuit Me Guillon.

Y a-t-il effectivement eu des consignes de Lidl ? L’avocat affirme être en possession d’une «dizaine de témoignages concordants».

Pour sa part, Olivier Gutkes, le défenseur de José-Jaime Teixera-Portela, souligne les tracasseries administratives auxquelles sont soumises les entreprises désirant employer des étrangers. Au point que Lidl aurait décidé de changer sa politique sociale ?

Hier, une petite centaine de salariés vêtus du tee-shirt bleu de l’enseigne sont venus soutenir leurs patrons devant le tribunal. Parmi eux, des titulaires de carte VPF. «Ces personnes ont pu être embauchées avant que cette politique soit mise en place», observe Me Guillon.

La justice prend la plainte d’Aminata Sangaré au sérieux. Elle avait soumis José-Jaime Teixera-Portela à un contrôle judiciaire hebdomadaire et au versement d’une caution de 2 500 euros. Hier, le président a allégé cette obligation. Le directeur régional ne devra plus pointer au commissariat qu’une fois par mois.
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