Sexisme..............

Page 11 sur 11 Précédent  1, 2, 3 ... 9, 10, 11

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  yannalan le Mer 9 Juil - 19:00

Si les supportrices jouent ce jeu-là, ça les regarde, on ne peut enmpêcher personne d'être idiot(e)...

yannalan

Messages : 2073
Date d'inscription : 25/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Renault a du retirer cette video sexiste

Message  Roseau le Jeu 31 Juil - 17:51

avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  verié2 le Ven 29 Aoû - 12:14


verié2

Messages : 8506
Date d'inscription : 11/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  Roseau le Ven 29 Aoû - 13:06

Regardez la video.
Le copain de JLM s'étale comme un sinistre beauf...
avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  Dinky le Lun 3 Nov - 19:36

Iran : les femmes n’ont pas le droit de voir du volley


En juin dernier, un groupe d’Iraniennes, protestant contre leur statut de citoyenne de seconde classe, avait voulu assister à Téhéran à un match de volley-ball entre l’équipe d’Iran et celle d’Italie. Mais selon le chef de la police, qui en a arrêté certaines, « la mixité n’est pas encore de l’intérêt général », en conséquence il ne faut pas « permettre la présence de femmes dans les stades ».

Une de ces militantes interpellées en juin vient d’être condamnée à un an de prison. L’obtention de droits même élémentaires pour les femmes reste un combat.

brève LO

Dinky

Messages : 400
Date d'inscription : 02/12/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  nico37 le Lun 10 Nov - 18:24


nico37

Messages : 7046
Date d'inscription : 10/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

IVG 40 ans après la loi Veil

Message  Dinky le Mer 26 Nov - 13:55

Quarante ans après la loi Veil, l'avortement n'est toujours pas considéré comme un acte médical ordinaire. Témoignages.



http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20141126.OBS6128/ivg-la-lutte-continue.html

Dinky

Messages : 400
Date d'inscription : 02/12/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  Dinky le Jeu 27 Nov - 3:36

LA LÉGALISATION DE L’AVORTEMENT A 40 ANS

Il y a 40 ans, la loi Veil était votée. Il avait fallu des années de combat pour imposer le droit élémentaire des femmes à disposer de leurs corps, et pour que l’avortement soit légalisé, mais avec des restrictions matérielles et légales qui en limitent encore l’accès.
Aujourd’hui, d’après le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, « 5 % des établissements publics et 48 % des établissements privés pratiquant l’IVG ont fermé ces dix dernières années, soit plus de 130 établissements au total ».
La ministre de la Santé, Marisol Touraine, peut bien présenter à l’Assemblée nationale un texte réaffirmant le droit des femmes à l’IVG, l’accès plein et entier à cette liberté reste encore à conquérir.


LO

Dinky

Messages : 400
Date d'inscription : 02/12/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  hadrien le Sam 18 Avr - 16:38

http://www.50-50magazine.fr/2015/04/17/libres-femmes-du-collectif-femmes-sans-voile-daubervilliers/

Libres femmes du Collectif Femmes sans voile d’Aubervilliers

Née à Saint-Denis dans une famille originaire d’Algérie, Nadia O a vu son père, ouvrier et communiste, encourager ses 8 enfants, filles et garçons, à faire des solides études pour s’émanciper socialement. Nadia B, née en Algérie, enseigne la technologie au collège. Deux femmes libres qui se sont rencontrées à Aubervilliers où elles ont créé le collectif Femmes sans voile d’Aubervilliers.

Nous avons créé le collectif Femmes sans voile d’Aubervilliers quand nous, et d’autres femmes autour de nous, avons commencé à recevoir de plus en plus d’insultes et de commentaires désobligeants sur notre tenue ou notre apparence. Les injonctions à nous voiler, venant de musulman-e-s se multipliaient : « Vous êtes habillées comme des prostituées, Allez vous couvrir… Revenez à votre religion…Pourriture… » Nous avons senti un nouveau rapport de force se mettre en place dans notre ville et une codification vestimentaire s’imposer aux femmes de plus en plus jeunes – voire même aux fillettes, sous une pression communautariste qui n’avait pas existé jusque là.

Cette pression s’oppose à la liberté de chacun-e de s’intégrer comme il lui convient dans la société française. Ces « lois » communautaristes nous apparaissent comme un danger pour les femmes mais aussi pour les enfants, nous avons décidé de réagir alors que d’autres femmes commençaient à quitter la ville. Nous pensons que « le droit à la diversité ne donne pas le droit à la diversité du droit » que cette pression communautariste instaure peu à peu pour les femmes en arrière-plan.




Quelles manifestations de cet activisme religieux fondamentaliste vous semblent les plus dangereuses pour la liberté des femmes ?

Je me suis sentie inquiète quand une collégienne à qui j’expliquais l’origine pré-islamique du voile m’a répondu : « Madame, pour ce que vous venez de dire, je suis capable de vous tuer ! ». Cette radicalisation de plus en plus ouvertement assumée des jeunes esprits démontre un travail idéologique sectaire très actif de la part d’adultes qui les manipulent. Des groupes, dont les actions délétères sont sous-estimées, s’emploient à contrôler les femmes en leur enjoignant de se voiler et en diabolisant ou menaçant des pires représailles divines celles qui ne le font pas.

Lors d’un vide-grenier à Aubervilliers, des hommes sont passés sur tous les stands pour dire aux femmes comment elles devaient s’habiller et se comporter. Ils sont dangereux pour ces femmes qui disposent de peu d’outils pour se défendre. Leur travail d’embrigadement s’appuie sur des méthodes utilisant tous les ressorts de la psychologie et les outils des technologies de l’information qui sont aussi des outils de propagande et de contrôle social. Ils s’adressent d’ailleurs aussi à des jeunes sans lien avec la culture ou la religion musulmane, mais qui peuvent l’adopter avec encore moins de recul et d’esprit critique.

Le travail de ces activistes vise aussi à convaincre politiquement des femmes de soutenir leur mouvement, afin qu’elles en deviennent des militantes propagandistes. C’est l’entrave légale qui est faite à leur liberté de disparaître volontairement sous une prison de tissu qu’elles vont dénoncer sur les antennes ou dans la presse. Les médias prolongent le travail des islamistes envers ce qui tend à devenir LA communauté.




Comment cet activisme articule-t-il le religieux et le politique en France ?

Les islamistes ont instrumentalisé l’État français en l’amenant, en 2004, à voter une loi sur le voile considéré comme un signe religieux ostentatoire alors qu’il est un symbole de la domination masculine et un marqueur puissant de différenciation, et souvent d’inégalité, entre les femmes et les hommes.

N’oublions pas que le voile était déjà prôné par Saint-Paul dans la Bible pour soumettre les femmes au pouvoir masculin.

Au travers des siècles, nombreux sont ceux qui ont continué à l’utiliser de par le monde comme un puissant outil de contrôle et de domination. Un vêtement qui entrave les mouvements des corps et fait barrière au monde extérieur, atténuant aussi les sons, entrave l’autonomie mais aussi les esprits en délimitant l’espace de la pensée. Il atteint les femmes dans leur dignité et leur impose une inégalité de fait avec les hommes en lui interdisant nombre d’activités et de comportements. En permettant à tous les hommes de juger de sa moralité, ce vêtement tend à leur faire ressentir une forme de honte de leur corps, perçu en permanence comme tentateur et obscène. Ce corps doit donc être dissimulé à la vue des hommes, tout en devenant un outil de propagande dans l’espace public et le symbole d’une « identité » musulmane. Cette « identité » se construit d’abord sur le paraître et non sur l’être.

Pourquoi les femmes musulmanes, qui sont le plus souvent françaises, n’auraient-elles droit qu’à un archaïsme en guise « d’identité » ? Les juge-t-on incapables d’êtres modernes, d’avoir un libre arbitre ? Elles se retrouvent assignées à un rôle et à une place venus du passé ! Qui accepterait aujourd’hui que l’on propose aux femmes occidentales le modèle de leurs ancêtres en guise «d’identité»?
Pourquoi des femmes aux origines très différentes devraient-elles s’assujettir à la même prison de tissu – souvent sombre et sans forme, alors que dans les pays de leurs (arrières) grands-mères, le chatoyant des couleurs le disputait à la variété des formes, des tissus et des ornements ?

Une minorité sectaire tente de s’imposer en Occident comme représentante de la voix de tous les musulmans afin de devenir l’interlocutrice des gouvernements démocratiques en étouffant la richesse et la pluralité du monde musulman mais aussi la liberté de conscience de tout-e citoyen-ne qui en est issu-e et qui se trouve de fait soumis-e au contrôle de « sa » communauté.

Comment le développement du port du voile peut-il à la fois devenir une obligation pour les femmes musulmanes et être revendiqué comme une liberté ?

Des islamistes ont infiltré les organisations religieuses en les amenant à sacraliser un vêtement qui ne l’était pas dans le Coran mais relevait de la coutume d’un lieu et d’une époque et avait vocation à disparaître dans la vie courante moderne. Il aurait pu être réservé à la fréquentation des lieux de culte par exemple, les chrétiennes ont longtemps été obligées de se couvrir la tête pour entrer dans une église.

La voix des fondamentalistes s’impose petit à petit en lieu et place d’une exégèse vivante et multiple comme le monde musulman a su en produire à des époques passées – comme celles des soufis par exemple, et de ceux qui prônent l’adaptation du Coran à la modernité. Au contraire, le dogme islamiste, qui se prétend unique et immuable, tente de figer chaque instant de la vie quotidienne des croyant-e-s dans des comportements précis.

Les intellectuel-le-s et démocrates défenseur-e-s de la liberté ont semble-t-il sacrifié l’égalité femmes/hommes en ne trouvant rien à redire lorsqu’ en juin 2014, le Conseil français du culte musulman a, dans sa charte, sacralisé le port du voile pour les musulmanes, en faisant référence à une interprétation archaïque et anachronique du Coran, sans tenir compte de la réalité française.

Nous, femmes sans voile d’Aubervilliers, avions alors alerté le président de la République française sur les dangers que cette pression sur les femmes représentait dans la vie quotidienne de certaines populations, mais nous n’avons pas été réellement entendues. La laïcité est la principale garante de l’égalité entre les femmes et les hommes, l’outil qui devrait permettre de résister aux pressions religieuses d’où qu’elles viennent. Cette égalité, déjà très imparfaite en France, ne saurait être remise en cause sans conséquences profondes sur la qualité des rapports femmes/hommes. Le respect dû aux femmes comme à n’importe quel être humain masculin ne peut dépendre de critères de respectabilité mis en place par des hommes ultraconservateurs.

Existerait-il un «apartheid » entre les Françaises dites « de souche » et les autres ? Certaines pourraient être soumises, sans que la loi n’intervienne, aux pressions machistes et archaïques d’hommes qui veulent maintenir la domination masculine ? Les féministes détectent très bien ces discriminations auxquelles les femmes de tous les pays sont encore confrontées chaque jour de leur vie, au travail, dans l’espace social ou dans leur vie privée. Ce racisme spécifique visant à les tenir à l’écart du pouvoir, à les inférioriser ou à les humilier, c’est le sexisme !

Quels sont vos moyens d’action ?

En 2014, nous avons participé à la première journée internationale sans voile, lancée par les Québecoises confrontées à ces mêmes questions. Nous avons manifesté à Paris le 10 juillet dernier et notre action nous a valu une page dans Charlie Hebdo qui avait bien compris les enjeux du combat de notre collectif.

Nous invitons toutes les femmes libres de ce pays, Françaises et étrangères, croyantes ou non croyantes, ainsi que tous les hommes qui défendent l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, à manifester le 13 juillet prochain pour rappeler à toutes et à tous que le port du voile est bien d’abord un instrument d’oppression des femmes par les hommes et non le signe d’une « liberté » qui pourrait être imposée de plus en plus largement aux fillettes et aux jeunes filles de certains quartiers sous la pression des hommes.

Que certaines y consentent ou même le revendiquent ne modifie en rien sa puissance symbolique, et nous pensons comme Wassila Tamzali que c’est facile pour certaines femmes de revendiquer le port du voile dans les pays occidentaux alors qu’elles y bénéficient des mêmes droits que les hommes, études, travail, mariage, divorce, interdiction de la polygamie, héritage, contraception et l’IVG, droits qui sont encore le plus souvent refusés aux femmes de leur pays d’origine.

N’oublions qu’en Afghanistan ou en Arabie Saoudite des femmes mettent leur vie en danger quand elles refusent de porter le voile !

Marie Lévêque, 50-50 magazine

hadrien

Messages : 285
Date d'inscription : 09/02/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  verié2 le Sam 18 Avr - 17:20

Si ce collectif organise des femmes pour résister à des pressions religieuses, sexistes etc, on ne peut que l'approuver.
En revanche quand Marie Lévêque écrit :
La laïcité est la principale garante de l’égalité entre les femmes et les hommes

Ce n'est pas très sérieux. La laïcité existe en France depuis 1905, ce n'est pas elle qui a fait progresser l'égalité homme-femmes, mais le changement de situation des femmes avec leur insertion dans le monde du travail et les luttes féministes.

Par ailleurs :
Nous, femmes sans voile d’Aubervilliers, avions alors alerté le président de la République française sur les dangers que cette pression sur les femmes représentait dans la vie quotidienne de certaines populations, mais nous n’avons pas été réellement entendues.
Quelle action ce collectif attend-il de l'Etat ? Ce n'est pas précisé. C'est cela qui serait intéressant à savoir. Car, si l'on ne peut qu'approuver l'auto-organisation de femmes pour s'opposer à des symboles sexistes, demander une intervention de l'Etat pour qu'il procède à des interdictions vestimentaires est une chose très différente.
__
Notons que le magazine électronique 50/50 d'où est issu ce texte semble assez éclectique puisqu'il donne aussi bien la parole à Annick Coupé qu'à Chantal Jouanno.
(Dans le dernier numéro de l'Anti-K, Annick Coupé se prononce très fermement contre l'islamophobie et toutes les mesures d'interdiction, tout en proclamant son féminisme.)

verié2

Messages : 8506
Date d'inscription : 11/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  verié2 le Sam 18 Avr - 17:37

Extrait d'un interview de la porte-parole de ce collectif :
JOL Press : Quels sont les projets futurs de votre collectif ?


Nadia B. : Nous nous exprimons dans un objectif pédagogique. Cela veut dire que nous allons toujours essayer de trouver quels sont les moyens d’approfondir la question, d’ouvrir des débats. On veut donner tous les éléments aux nouvelles générations pour qu’elles puissent choisir. Si on doit continuer notre action, c’est certainement dans l’objectif de créer des éléments de réflexion. Pourquoi ne pas amener des représentants religieux, des écoles religieuses qui donnent des arguments contraires au discours des islamistes.
JOL Press : Est-ce que ce débat peut s’étendre à l’échelle nationale ?


Nadia B. : Si on n’ouvre pas le débat on est responsable. La jeunesse aujourd’hui n’a qu’une seule vision, pour elle le voile est obligatoire dans la religion musulmane. L’Etat français doit faire un travail. Il doit définir le contenu symbolique du voile. Pourquoi on considère que le voile n’est que religieux alors qu’il recouvre le corps d’une femme dans l’espace publique. Même dans l’espace privé.

En savoir plus sur http://www.jolpress.com/femmes-sans-voile-aubervilliers-islam-coran-article-827104.html#H8puyQWOxiecIwBt.99
Encore une fois, on ne peut qu'approuver la première réponse : "un travail pédagogique". En revanche, la deuxième est équivoque : en quoi une "définition du voile" par l'Etat serait-elle de nature à convaincre les femmes qui choisissent de porter le voile ?

verié2

Messages : 8506
Date d'inscription : 11/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  hadrien le Sam 18 Avr - 17:45

Vérié2, tu peux retenir ce qui t'arrange de cet interview.
C'est sûr, les militantes féministes de ce collectif (comme de la plupart des organisations féministes) ne se revendiquent pas du marxisme révolutionnaire mais ce qu'elles disent, ce qu'elles dénoncent, ce qu'elle veulent combattre les rend utiles à l'émancipation des femmes.
Ce qui compte, c'est que se développent, même dans cette sale période, des groupes qui veulent résister aux pressions intégristes et sexiste;
Même ça reste un (petit), ça fait plaisir de constater que toutes et tous ne veulent pas se voiler la face devant les offensives et pressions obscurantistes.

hadrien

Messages : 285
Date d'inscription : 09/02/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  MO2014 le Sam 18 Avr - 17:47

Ce collectif développe largement sur une contrainte exercée par "les hommes" sur les femmes en faveur du port du foulard. Il est totalement silencieux sur une autre contrainte qui s'exerce sur les femmes, celle de l'état colonial par ses lois contraignantes et répressives. Pour être concret quelle est la position de ce collectif face aux lois répressives contre les femmes portant le foulard :
Loi de Mars 2004 et Septembre 2010, circulaire de Avril 2011, loi de janvier 2012.
Ce collectif est-il pour les contraintes et mesures répressives frappant les femmes portant le foulard par l'application de ces lois ? Ce collectif est-il pour le renforcement des contraintes en interdisant l'accès des femmes voilées aux universités ?

MO2014

Messages : 1287
Date d'inscription : 02/09/2014

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  hadrien le Sam 18 Avr - 18:05

Le plus simple est de s'adresser directement à elles pour leur demander leurs points de vue, ou pour les soutenir ( Very Happy ).dans leur combat contre le sexisme et le patriarcat

femmesansvoile@gmail.com

hadrien

Messages : 285
Date d'inscription : 09/02/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  verié2 le Sam 18 Avr - 18:13

MO2014
Ce collectif développe largement sur une contrainte exercée par "les hommes" sur les femmes en faveur du port du foulard.
Oui, il dénonce la contrainte, et c'est légitime. Mais il précise aussi que pour de nombreuses jeunes filles, le port du foulard serait "sacré" et que le port du foulard est bien souvent (voire le plus souvent ?) volontaire. Mais il ne se prononce pas sur la question des interdictions et on ne sait pas trop ce qu'il attend de l'Etat.
Hadrien
Ce qui compte, c'est que se développent, même dans cette sale période, des groupes qui veulent résister aux pressions intégristes et sexiste
Tout dépend ce qu'on appelle "résister aux pressions intégristes et sexistes". Encore une fois, si ce collectif réussit à organiser des femmes d'Aubervilliers pour s'adresser aux autres femmes sur le terrain, on ne pourra que l'applaudir et le citer en exemple, même si, comme tu le soulignes, il ne se revendique pas du marxisme. En revanche, s'il se spécialise dans les interventions médiatiques, les colloques et les appels à l'Etat, ça n'apportera pas grand chose. D'autant que, dans ces cas-là, la récupération est rapide.

Mais je ne veux pas lui faire un procès d'intention. Attendons...

verié2

Messages : 8506
Date d'inscription : 11/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  verié2 le Sam 18 Avr - 18:23

hadrien a écrit:Le plus simple est de s'adresser directement à elles pour leur demander leurs points de vue, ou pour les soutenir  ( Very Happy ).dans leur combat contre le sexisme et le patriarcat

femmesansvoile@gmail.com
Lutte ouvrière a des militants à Aubervilliers, ils doivent en savoir un peu plus...

verié2

Messages : 8506
Date d'inscription : 11/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  hadrien le Dim 19 Avr - 12:59

Au moins une réponse.
Elles ne militeront pas pour la reintegration du voile islamique et le retour de la stigmatisation sexiste des filles a l’école.
c’est la moindre des chose pour des féministes

hadrien

Messages : 285
Date d'inscription : 09/02/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  MO2014 le Dim 19 Avr - 15:06

hadrien a écrit:Au moins une réponse.
Elles ne militeront pas pour la reintegration du voile islamique et le retour de la stigmatisation sexiste des filles a l’école.
c’est la moindre des chose pour des féministes

Donc des femmes contraintes par "les hommes" selon femmessansvoile, seront donc aussi contraintes d'interdiction d'école publique (peut être demain d'université)  par les lois répressives de l'état colonial, que cette association semble soutenir avec d'autres dont l'organisation communautariste blanche LO.

MO2014

Messages : 1287
Date d'inscription : 02/09/2014

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  hadrien le Dim 19 Avr - 19:54

seront donc aussi contraintes d'interdiction d'école publique

Pourquoi mettre ça au futur?
Ca fait plus de dix ans que la discrimination des filles par le voile islamique est interdite à l'école publique. Il n'y a eu aucun incident ou problème et, à ma connaissance du moins, il n'y a quasiment personne pour vouloir revenir en arrière. La contrainte est donc bien présente, installée et admise et non à venir, et il y a peu de chance pour qu'il y ait de grandes manifestations féministes pour imposer le retour au bon vieux temps des discriminations sexistes, au moins sur ce plan (car il reste beaucoup à faire pour aller vers l'égalité réelle).

hadrien

Messages : 285
Date d'inscription : 09/02/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  MO2014 le Dim 19 Avr - 20:30

hadrien a écrit:
La contrainte est donc bien présente, installée ...

C'est dans l'ordre des choses qu'un porte voix de l'organisation communautariste blanche LO se réjouisse des lois coercitives et répressives de l'état colonial, se réjouissent que des femmes se voient interdire l'école publique depuis plus de 10 ans, quelles se voient interdites d'accompagnement lors des sorties,  ou qu'elle subissent le dévoilement par contrainte, puisque cette organisation est à l'origine de la loi 2004 en liaison à l'époque avec l'officine d'extrême droite Riposte Laïque . Voir un progrès des combats féministes dans ces lois islamophobes, les défendre comme conquêtes sociales alors qu'elles sont le produit de l'état colonial et de l'impérialisme démontre le pourrissement irréversible de cette organisation.

MO2014

Messages : 1287
Date d'inscription : 02/09/2014

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  hadrien le Dim 19 Avr - 20:44

Hormis le fait que je n'appartiens pas à ce parti (je l'ai déjà dit clairement), j'apprécie plutôt positivement les réactions de MO à mon message précédent, même si je n'ai pas parlé de "conquête sociale". C'est effectivement une loi de l'état bourgeois comme l'obligation scolaire et le mariage pour tous, et d'ailleurs toutes les autres lois, qu'on les considère progressistes ou réactionnaires.

hadrien

Messages : 285
Date d'inscription : 09/02/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  marxmarx le Dim 19 Avr - 22:11

MO2014 a écrit:
hadrien a écrit:
La contrainte est donc bien présente, installée ...

C'est dans l'ordre des choses qu'un porte voix de l'organisation communautariste blanche LO se réjouisse des lois coercitives et répressives de l'état colonial, se réjouissent que des femmes se voient interdire l'école publique depuis plus de 10 ans, quelles se voient interdites d'accompagnement lors des sorties,  ou qu'elle subissent le dévoilement par contrainte, puisque cette organisation est à l'origine de la loi 2004 en liaison à l'époque avec l'officine d'extrême droite Riposte Laïque . Voir un progrès des combats féministes dans ces lois islamophobes, les défendre comme conquêtes sociales alors qu'elles sont le produit de l'état colonial et de l'impérialisme démontre le pourrissement irréversible de cette organisation.

"organisation communautariste blanche LO "
On nage dans le délire, attention à ne pas couler...

marxmarx

Messages : 161
Date d'inscription : 13/01/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  hadrien le Mer 22 Juil - 16:59

http://www.jeuneafrique.com/mag/245672/culture/mona-eltahawy-le-feminisme-nest-pas-une-importation-occidentale/

Engagée, la journaliste américano-égyptienne Mona Eltahawy milite pour les droits des femmes dans le monde musulman. Et mesure à quel point le chemin à parcourir reste long dans certaines contrées, où la misogynie tue toujours.

De passage à Paris, la militante féministe Mona Eltahawy nous accueille par une chaleureuse accolade. Les cheveux teints en rouge, le bras tatoué, la journaliste américano-égyptienne ne passe pas inaperçue. Et pour cause. L’auteure de Foulards et Hymens. Pourquoi le Moyen-Orient doit faire sa révolution sexuelle lutte depuis des années pour que les femmes du monde musulman cessent de raser les murs. Mêlant récit personnel et reportages, son constat est alarmant : « La misogynie tue », répète-t-elle. En colère contre un Occident qu’elle juge trop lâche et des conservateurs obsédés par la pureté et le corps des femmes, Mona Eltahawy reste pourtant enthousiaste et optimiste. Elle qui a porté le voile pendant neuf ans et a attendu la trentaine pour assumer sa vie sexuelle croit à l’émancipation individuelle et à des lendemains meilleurs pour les musulmanes.

JEUNE AFRIQUE : Dans votre livre, vous citez cette phrase d’Audre Lorde : « Le silence ne nous sauvera pas. » Comment briser la loi du silence qui pèse sur les femmes dans le monde musulman ?

MONA ELTAHAWY : En 2004-2005, quand nous avons commencé à nous soulever contre Moubarak, nous n’étions qu’une petite centaine. Les gens avaient très peur. Les révolutions sociales et sexuelles consistent avant tout à briser la loi du silence et de la honte. C’est ça qui nous maintient en arrière. Aujourd’hui, je vois beaucoup de gens briser ces barrières à travers les réseaux sociaux. Sur Facebook, les femmes saoudiennes interagissent avec les hommes à égalité, peu importe qu’elles soient voilées ou non. En public, on les traite comme des objets ou des enfants, mais en ligne, on est tous égaux et on dit ce que l’on veut. Les gens prennent conscience que leur voix peut compter et être entendue.

Vous avez choisi d’écrire avec un style très direct, sans compromis. Vous brisez les tabous et prenez des positions radicales. Le « politiquement correct » est-il la meilleure arme des conservateurs ?


Bien sûr. Nous avons besoin de dire que la situation est merdique, parce qu’elle l’est ! C’est pour cela que je critique tant les gauchistes, bien que me considérant moi-même comme étant de gauche. Ils sont trop modérés et ils ont tendance à toujours revenir au relativisme culturel. À l’inverse, l’aile droite, xénophobe et islamophobe est très claire ! Nous devons l’être aussi dans notre condamnation du racisme et de la misogynie.

hadrien

Messages : 285
Date d'inscription : 09/02/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  Toussaint le Ven 24 Juil - 16:26

"DOUBLE OPPRESSION, RACISME et SEXISME
La non reconnaissance en tant qu'individuE racisée, et femme

Sans cesse ramenées à notre taux de pigmentation, celui là même qui conditionne notre existence, celui ci qui nous met en position de subordination. Cette infériorité, que nous intériorisons, à divers degrés, dès l'enfance, qui s'instille en nous est un poison. De là naît ce sentiment de non légitimité quoique nous fassions. Dans toutes les discriminations subies, cela ressort à vif.

Alors au fond de nous, nous devons savoir, nous les femmes de toutes les couleurs et origines, qui avons vécues depuis précocement les rejets multiples, les messages renvoyés sur notre infériorité esthétique, nos capacités intellectuelles supposées moindres, qu'il n'en est rien.

Que nous avons de la valeur et de la force, et c'est cela même qui est saboté. Car non seulement les castes dominantes ont compris cela, le potentiel que nous possédons, mais elles ont aussi compris que foncièrement nous sommes leurs égales.

Et cette concordance, cette ligne égalitaire, ils, elles n'en veulent point. Cela équivaudrait à perdre des privilèges.

Les hommes blancs imposent, les femmes blanches dans cette matrice patriarcale composent avec, souvent hélas... Inconsciemment, ou non. A leur détriment, comme au nôtre.

J'ai donc vraiment compris, qu'il n'y a rien à attendre des catégories qui oppriment. Que ce soit des hommes, des blancs, des riches...

Être désignée comme exotique, mise en cage, comme en une case attribuée d'office, dans les esprits autant habitués à compartimenter, qu'à posséder des privilèges ; privilèges dont ils ne prennent que rarement, voir jamais conscience, il n'y a rien à attendre des « blancs » (catégorie sociale dominante), les hommes en tout premier lieu. Voilà ce à quoi je me suis résignée, souvent.

Rien ne sert de vouloir courir après, pour ramasser des miettes. Nous valons + que cela. Nous avons notre dignité pour nous.

Nous devons piétiner les préjugés, pulvériser toute once de racisme à notre égard.

Ces droits qui nous sont bafoués, nous devons les arracher. Avec les dents, parfois me dis-je, allons chercher ce qui nous est dû, de droit, en tant que femmes racisées, le respect !

En 2015, alors que fut commémorée, ce 10 mai, la mémoire des millions d'âmes déportées des côtes africaines pendant des siècles, en direction des Caraïbes, des USA, du Brésil, les martyrs de l'esclavage, ce crime contre l'humanité, (je vous renvoie à la loi Taubira de 2001), un silence global coupable a entouré cette reconnaissance des victimes, ignorées. La dénégation est un confort typique des oppresseurs.

Dois-je rappeler le nombre de viols commis lors des traversées, sur les femmes africaines, qui arrivant "engrossées" sur les marchés où elles étaient vendues valaient alors plus cher, avec une semence de marins, et ou d'esclavagistes dans les entrailles ?

Dois-je rappeler les multitudes de femmes esclaves violées, puis les jeunes filles claires de peau étant couramment envoyées dans des bordels, étant alors destinées d'office à devenir prostituées, étant jugées plus désirables selon les critères esclavagistes ?

Dois-je vous apprendre (?) le parcours de cette héroïne nommée Solitude, qui enceinte ; alla se battre dans les révoltes marronnes au côté de Louis Delgrès, pendue à 32 ans, le lendemain de son accouchement pour s'être révoltée, lors d'émeutes sanglantes qui ont décimées la Basse Terre, en Guadeloupe, suite à quoi des Indiens, seront enrôlés depuis les comptoirs français tel Pondichéry pour venir remplacer les Noirs, décimés ? En échange d'une maigre somme, et d'une nationalité française délivrée comme échappatoire à un statut de Dalit, autrement dénommé Intouchables.

Je connais cette Histoire, non pas parce que je l'ai étudié à l'école, où le Code Noir n'est jamais enseigné, mais seulement la grandeur de Louis XIV ; mais à force de lectures, consultation d'archives, conférences, recueils de témoignages d'anciens, se livrant avec parcimonie.

Ces Indiens embarqués, ces esclaves noirs, constituent ma lignée paternelle. Je suis une citoyenne de cette République, qui refuse de reconnaître mon statut de femme issue de cette partie de Histoire collective Française, minorée et niée par une immense partie de la population.

La couleur a façonné le regard des autres sur mon être et m'a mise des barrières, omniprésentes. Elle m'a aussi imposée des plafonds de verre, doubles, là où des femmes blanches, n'ont qu'une seule couche de cette misère. Plafonds incassables, du moins le pense-t-on

Je précise que de mon point de vue, la faute n'est pas du ressort des femmes blanches, mon propos est que le patriarcat est à la racine de cette division entre femmes et l'amplifie alors encore plus intensément, dès lors que les carnations de peaux diffèrent.

Là encore, un affranchissement moral, est nécessaire, pour s'affirmer comme femme, féministe, racisée et légitime, pour démanteler le patriarcat, et deux de ses créations majeures : le racisme, et le sexisme – l'un ne va pas sans l'autre.

Le racisme consensuel et/ ou systémique fait autant de dégâts sur le long terme, que le racisme brut qui explose au visage, de temps à autre.

Le racisme, ce n'est pas un ressenti subjectif. C'est un délit, largement impuni. Ajouté au sexisme, qui demeure décomplexé et exempté de loi spécifique à son encontre, ils créent une double oppression épuisante.

Les deux sont imbriqués et indissociables pour les femmes racialisées.

Au même titre que le sexisme, le racisme est composé de faits, de micro- agressions, de dévaluations subtiles, ou grossières, de harcèlement, de mépris social et racial, de classe, de fétichisme sexuel d'une image exotisée de nos corps, de remarques blessantes, sur nos physiques, ou intellects, et composé d'atteintes multiples à notre intégrité - et tant que le privilège blanc refusera de s'interroger sur ses conséquences, noues, les femmes de toutes les couleurs et origines discriminées, les femmes racisées, continueront d'en pâtir, en nous échinant sur les deux fronts, pour les combattre.

Je remercie chaleureusement Osez le féminisme ! et Lucie Sabau pour cette opportunité de pouvoir m'exprimer sur cette double thématique importante. Grâce à des opportunités telles que celle ci, les lignes bougent et noues pouvons enfin voir s'entrouvrir des portes, solidaires, alliées et bienveillantes.

Merci.
Sororalement."
Félidée Truth-Laveau

Au fait, hadrien, lorsque tu parles du groin d'un forumeur, c'est pour le traiter de porc?
avatar
Toussaint

Messages : 2692
Date d'inscription : 09/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  Toussaint le Ven 24 Juil - 18:43

http://www.mediaterre.org/afrique/actu,20150720090355.html

Afroféminisme en France : lutter pour s'auto-émanciper

A l’occasion de la journée d’études intitulée « Défaire l’empire », organisée par le Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris et le Groupe de Recherche Audre Lorde le 29 juin 2015 à Paris, l’AWID a rencontré Annette Davis, Sharone Omankoy et Fania Noel, toutes trois membres du Collectif Afroféministe MWASI, pour en savoir davantage sur les luttes portées par ce collectif dans un contexte français marqué par le racisme et la misogynie, ainsi que d’autres formes de discriminations.

Par Mégane Ghorbani

Créé en 2014, MWASI - Collectif Afroféministe[1], est à ce jour constitué de vingt membres actives[2], dont des femmes cisgenre et transgenre noires/métisses africaines et Afro-descendantes[3], âgées en moyenne de 27-30 ans, qui luttent pour leur émancipation dans le cadre d’une critique intersectionnelle du système capitaliste, hétéropatriarcal et raciste.

La présence de féministes noires en France n’est pas une nouveauté, mais a été largement masquée et marginalisée depuis des décennies au sein du champ féministe, notamment sur le plan académique. Certains médias « dépolitisent l’Afroféminisme en le glamourisant pour le présenter comme une nouvelle tendance et enlèvent tout l’aspect politique et subversif de notre collectif », explique Fania Noel. Mais déjà à la fin des années 1970, la Coordination des femmes noires, formée d’Africaines et d’Antillaises, portaient des luttes qui se voulaient à la fois combattre le racisme et le sexisme[4]. « Aujourd’hui encore, des femmes noires s’organisent dans une volonté de repenser leurs conditions dans une société blantriarcale » explique Sharone Omankoy.

Les défis d’une société blantriarcale[5] française

Sharone Omankoy rappelle qu’en France, les femmes noires vivent dans un système blantriarcal, c’est-à-dire un système où le sexisme est racialisé et où le racisme est sexualisé. Cependant, le racisme et la misogynie sont généralement traités de façon exclusive, et « le fait est qu’en tant que femmes noires, il n’est pas possible pour nous d’établir une hiérarchie entre ces deux ou de prioriser une lutte sur l’autre, c’est pourquoi nous ne nous reconnaissons pas dans le féminisme blanc qui fait l’impasse sur la question raciale et qui exclut de fait les femmes noires, et plus largement les femmes non blanches. C’est ainsi que le collectif a été pensé pour que chaque femme noire puisse porter sa parole et son émancipation ». Fania Noel ajoute à ce titre que la création de MWASI s’est faite lorsque des activistes africaines et afrodescendantes noires, qui militaient dans des groupes antiracistes ou féministes, ont ressenti le besoin de fédérer leurs luttes contre le racisme et le sexisme au sein d’un cadre collectif qui permette de dépasser les stratégies individuelles pour entreprendre des stratégies d’actions collectives intersectionnelles[6].

« En excluant nos expériences, les féministes blanches ne questionnent pas leur propre rôle dans ce système blantriarcal. Cela nous amène ainsi à nous questionner sur les mécanismes de déconstruction des privilèges des groupes de mouvement, vis-à-vis du racisme ou du sexisme. Comment déconstruire le racisme quand on est blanc sans prendre conscience de ses privilèges ? Comment déconstruire le sexisme quand on est un homme ? Il nous semble essentiel donc de déconstruire ces privilèges. Pour nous, l’Afroféminisme cherche à enrayer ces systèmes oppressifs dans leur complexité. Il s’agit pour nous de recueillir les expériences et les vécus des femmes africaines et afro-descendantes, noires et métisses, dans une lutte qui soit à la fois décoloniale et anti-patriarcale » poursuit Sharone Omankoy.

Face aux tentatives de comparaison de l’Afroféminisme français avec le Black feminism américain, Sharone Omankoy précise que « le contexte français et l’histoire coloniale française ont suivi un parcours différent et se distinguent du contexte étatsunien. Malgré des similarités, nos réalités européennes ne sont pas celles des afro-américaines. De fait, nous nous efforçons de penser un Afroféminisme local en fonction de nos conditions de vies dans le contexte français. Cela ne nous empêche pas de nous solidariser avec les luttes portées par nos sœurs dans toutes les diasporas noires à travers le monde. » Fania Noel rappelle à ce titre que le Black feminism américain a permis de développer des outils de pensées, et notamment le concept d’intersectionnalité, et que les membres du collectif s’attachent à développer tout un processus de diffusion de connaissances pour se réapproprier des outils d’analyses, passant notamment par la traduction de connaissances de l’anglais vers le français.

« Ne nous libérez pas, on s’en charge »

Dans le cadre d’une vision afroféministe plurielle, liée la diversité des voix des Africaines et des Afrodescendantes, Annette Davis rappelle l’importance pour ces actrices de passer du statut d’objet de recherche à celui de sujet politique qui définit son propre agenda politique.

A ce titre, les membres du collectif revendiquent leur choix pour la non-mixité de genre et de race comme forme d’auto-émancipation. « Cette volonté de se retrouver en non-mixité est logique pour nous mais reste contestée aux yeux d’une société universaliste, assimilationniste, qui nous traite régulièrement de communautaristes. Il est essentiel de distinguer le communautarisme des personnes en situation dominante, qui reproduisent le système blantriarcal, de la volonté de se regrouper en vue de combattre un système oppressif et d’élaborer des stratégies d’émancipation » explique Sharone Omankoy[7].

Suite au lancement de la décennie internationale des personnes d’ascendance africaine par les Nations Unies, Fania Noel rappelle la nécessité de prendre en compte les questions des réparations liées à l’esclavage et au colonialisme et notamment au corps et à l’utilisation des corps des femmes ; et de ne pas la résumer à une décennie de célébration alors que de graves commis ont été, et sont toujours, commis. Elle considère notamment que les espaces des Nations Unies sont « des espaces qu’on préfère ne même pas intégrer et s’ils nous intègrent, c’est pour légitimer le système et prouver la force du système à incorporer la critique et à l’assimiler encore une fois, ce qui lui donne encore plus de pouvoir. Les stratégies de destruction de l’intérieur ne marchent pas. »

Les actions menées par les membres de MWASI sont diverses, allant de la manifestation de rue à la distribution de nourriture et de produits d’hygiène dans des camps de migrant-e-s, en passant par l’organisation et la participation à des événements pour un partage de connaissances. « On descend dans la rue, on va aux manifestations, on mobilise aussi sur les réseaux sociaux. Tous les textes qu’on publie sont liés à une pratique de militantisme de rue. L’idée est de refléter dans le collectif toute notre diversité et de la porter dans la rue. Le tout est d’articuler les projets qu’on a avec l’actualité pour être présentes en nombre notamment sur les questions qui touchent les femmes noires des pays du Sud, car il y a toujours un déficit de présence dans ce type de mobilisation. On prend également en compte les problématiques queer sous l’angle des femmes noires, et plus généralement des personnes racisées, car c’est une de nos préoccupations[8]. Nous sommes un collectif féministe, antiraciste, anticapitaliste, anticolonialiste et toutes les questions de justice transformative nous intéressent » souligne Fania Noel.

MWASI appuie ainsi sa force de mobilisation sur des alliances ponctuelles avec, entre autres, des femmes des quartiers populaires, des associations qui luttent pour les droits des trans* et des travailleuses du sexe, des activistes féministes décoloniales dont les féministes islamiques ou encore avec des associations de diasporas africaines. Mais d’après Fania Noel, « il n’y a pas beaucoup de mouvements intersectionnels en France, et le principal défi est de survivre et de porter notre voix car on peut se retrouver parfois dans des coalitions où ce que l’on porte n’est pas visible. Le défi est donc de se pérenniser et de résister aux tentatives de colonialisme qui veulent phagocyter notre collectif, comme par exemple lorsqu’un homme blanc veut l’intégrer. Plus on deviendra grand et plus on pourra résister à ces tentatives. »

Sharone conclut ainsi que « MWASI est notre espace de survie, un espace de nécessité, où les femmes africaines et afro-descendantes peuvent s’allier, pour repenser les conditions de leur émancipation parce que nous sommes des sujets politiques et sociaux, à l’intersection de plusieurs oppressions. MWASI demande une émancipation totale de nos vies, par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Ne nous libérez pas, on s’en charge. »



[1] MWASI signifie « femme » en lingala.

[2] Le recrutement des membres, aux profils divers, se fait de manière très affinitaire par les ami-e-s et la famille et il y a aussi bien des femmes noires musulmanes et que non-musulmanes au sein du collectif.

[3] Le collectif s’appuie sur la non-mixité de genre et de race.

[4] Pour plus d’informations, voir l’article sur « La diversité des mouvements de « femmes dans l’immigration » » de Nadia Châabane.

[5] Le mot blantriarcal est utilisé par les interviewées, combinant les mots blanc et patriarcal.

[6] L’un des principes du collectif est celui de l’intersectionnalité : « nous souhaitons montrer comment les oppressions liées à la couleur de peau, le genre, l’orientation sexuelle et la classe sont interconnectées » lit-on sur le site web de MWASI.

[7] Pour en savoir davantage sur la non-mixité, Sharone Omankoy nous invite à lire le texte de Christine Delphy, « La non-mixité : une nécessité politique ».

[8] A ce sujet, voir également les actions entreprises par l’association Lesbiennes of color.
avatar
Toussaint

Messages : 2692
Date d'inscription : 09/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sexisme..............

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 11 sur 11 Précédent  1, 2, 3 ... 9, 10, 11

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum