Veille des outils de répression

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Guide du militant arrêté

Message  Roseau le Mer 17 Avr - 23:55

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Re: Veille des outils de répression

Message  Roseau le Mer 19 Juin - 14:51

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Re: Veille des outils de répression

Message  Roseau le Dim 23 Juin - 16:52

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Re: Veille des outils de répression

Message  nico37 le Lun 1 Juil - 23:39

La ville veut armer la police municipale Maïram Guissé 26/06

Si la préfecture accepte la demande, Argenteuil serait la première ville du département dotée de flash-balls. Mais les policiers municipaux devront impérativement passer des « tests d'aptitude » et suivre une formation.

Argenteuil veut le retour d'une police de proximité armée. Une délibération a été votée en ce sens lundi soir lors du conseil municipal. « Nous souhaitons l'armement de tout ou partie de la police municipale de flash-ball, une arme de quatrième catégorie », indique Philippe Doucet, député-maire (PS). Si la préfecture accepte la demande de la municipalité ? C'est elle qui donne les autorisations de ce type. A Argenteuil serait la première ville du département dotée de cette catégorie d'armement. « Je n'ai pas de position de principe sur le sujet, commente le préfet Jean-Luc Névache. J'attends de voir très précisément quelle sera la demande du maire. J'ai une appréciation au cas par cas. »

Et la création d'une brigade mobile de soirée

Outre ce dispositif, la ville souhaite tripler le nombre de policiers municipaux et passer à un effectif de cent employés, contre quarante aujourd?hui. « Nous voulons en avoir un pour 1000 habitants comme c'est le cas pour les villes de notre taille, précise Nicolas Bougeard, adjoint en charge de la tranquillité publique. L'idée est d'avoir des patrouilles pédestres, visibles dans tous les quartiers et capables de résoudre les petites affaires. La population est en demande. » Cette délibération prévoit également la création d'une brigade mobile de soirée, « entre 17h30 et 1 heure », et d'une brigade canine constituée de maîtres chiens.

Si l'opposition s'est abstenue lors du vote, à cause d'« un manque d?informations », la délibération n'a pas fait l?unanimité parmi la majorité. Dominique Mariette, élu (LO) en charge de la jeunesse a ainsi voté contre. « S'il y a des moyens financiers à mobiliser, je crois que c'est au niveau du soutien à la jeunesse », insiste-t-il.

Le PC, par la voix de l'adjointe à la santé Françoise Monaque, s'est aussi élevé contre le projet. « Si l'armement ou le renforcement du parc de vidéosurveillance étaient la solution, il y aurait moins de délinquance dans les villes où ces dispositifs sécuritaires ont été mis en place. Or aucune statistique ne l'a démontré jusqu'à maintenant » « Il n'y a jamais eu d?incidents impliquant des policiers municipaux dans l?exercice de leur fonction avec les flash-balls, rétorque le maire. Nous ne faisons pas le choix, comme ça s'est fait dans beaucoup de communes, d'avoir du flash-ball la journée et des revolvers en soirée. » Avant de porter ces armes, les policiers municipaux devront impérativement passer des « tests d'aptitude, suivre une formation et savoir comment appréhender une arme., souligne Nicolas Bougeard évoquant des tests très « structurés ».

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Re: Veille des outils de répression

Message  nico37 le Sam 27 Juil - 18:27

Montpellier : la station-service qui relève vos empreintes digitales Coralie Favre, avec Boris Marie et M.O. 10/07

Pour vous, c’est presque devenu une habitude. Pour eux, ils assurent que c’est dorénavant une quasi obligation. Et la majorité des stations-services Total et Agip à Montpellier et dans son agglomération, tout comme à Nîmes, ont bien mis en place le prépaiement : quand vous voulez faire votre plein d’essence, vous payez à l’avance. Indispensable pour se prémunir des fraudeurs, de plus en plus nombreux, qui se présentent en caisse en prétextant un oubli du chéquier ou de la carte bancaire ? Mais jusqu’où les stations-services ont-elles le droit d’aller ? A Montpellier et Nîmes, Mlactu a enquêté. Et découvert une station du groupe Agip qui relève les empreintes digitales de ses clients malveillants ! Alors qu'une station Total retient les impayés sur les salaires de ses employés selon un témoignage recueilli en station-service...


« Quand ils prennent la fuite en nous faisant un doigt d’honneur, on sait que les plaques d’immatriculation sont maquillés », désabusé, un gérant de station-service Total qui a imposé le prépaiement à ses clients à Montpellier. Car que leur reste-t-il dans ce cas-là ? Un numéro d’immatriculation bidon, et une facture impayée. Même chose quand le client ne s’enfuit pas mais qu’il se présente à la caisse en prétextant un oubli de portefeuille ou que la carte bancaire ne peut être débitée.

Plusieurs milliers d’euros d’impayés, Total passe au prépaiement

Alors, les unes après les autres, les stations s’y mettent. Ainsi, aujourd’hui, quasiment toutes les stations Total de Montpellier et de son agglomération sont passées au prépaiement systématique. « Je n’ai pas le droit de parler de cela, Total n’est pas vraiment en accord avec nous, ils ne veulent pas de bruit autour de cela », explique le gérant d’une station du groupe, qui confirme la position officielle que nous a transmis le groupe Total. Ce système est « non recommandé », nous précise le groupe Total, il est « admis uniquement en situation particulièrement difficile et sur des plages horaires spécifiques et dans ce cas pour l’ensemble des clients ». « D’autres solutions sont mises en place en priorité comme la télésurveillance », insiste le groupe pétrolier. Mais les différents gérants de stations-service rencontrés assurent qu’ils n’ont plus le choix.

« Imaginez, une moyenne de 30 euros d’impayés par jour, sur un an, cela représente 11 000 euros, et ce n’est qu’une moyenne », explique le patron de cette autre station Total. Alors, depuis plus d’un an maintenant, il est passé au prépaiement systématique. Avant de se servir, ses clients sont obligés d’aller payer en caisse. Peu pratique, peu agréable et compliqué pour ceux qui veulent faire le plein et n’en connaissent pas le montant exact.

Trois cartons de pièces d’identité et de téléphones portables

Avant, les stations-services demandaient aux clients incapables de payer de laisser, en gage de leur bonne volonté, une carte bancaire, une pièce d’identité, un téléphone portable. « Dans la plupart des cas, les gens ne repassent jamais, constate le gérant d’une station Total de la ville. En une semaine, mon tiroir est envahi de cartes d’identité, de passeports, de permis de conduire, de cartes bancaires et de téléphones. En trois ans, ce sont trois cartons stockés dans la réserve. » Lui aussi n’a eu d’autre choix que d’en venir au prépaiement, pour ne pas perdre chaque année plusieurs milliers d’euros.

« J’exerce ce métier depuis 24 ans, et j’utilise le prépaiement depuis deux mois seulement. Au début, je ne voulais pas, je trouvais cela anti commercial. Mais j’ai commencé à récupérer la mauvaise clientèle des autres stations, passant de 1 200 à 2 000 euros de pertes par mois liées au vol », témoigne le gérant d’une autre station du groupe.

Car déposer plainte est particulièrement compliqué dans ces cas-là. Tout d’abord, « porter plainte demande du temps, et seules deux plaintes peuvent être déposées en même temps », précise un gérant. Par ailleurs, le fait de détenir une pièce d’identité du fraudeur présumé ne suffit pas.

Les employés paient les impayés

Et même si le groupe Total précise qu’il « prend en charge ces montants pour tout ou partie pour ses gérants sous réserve du respect des règles de prévention et de bonne gestion », certains employés, sous couvert d'anonymat nous dévoilent une méthode bien différente. « Ils nous retiennent les impayés sur nos salaires, ce n'est pas normal, mais c'est comme ça », raconte un témoin.

Chez Agip, vos empreintes digitales s’il vous plait !

« Prendre en caution les permis et les passeports n’a plus aucune valeur », nous a-t-on expliqué chez Agip. Alors, pour faire pression sur ces clients, cette station fait signer des reconnaissances de dettes : nom, prénom, adresse, numéro de carte d’identité ou de passeport, immatriculation et modèle du véhicule, empreinte digitale et signature. La totale dans une station du groupe Agip. Avec un objectif : pousser le client qui n’a pas payé à revenir payer sa dette. Et si ce n’est pas le cas, le gérant transmet à la Police la reconnaissance de dette ainsi que les images de vidéosurveillance lorsqu’il dépose plainte. Nous avons voulu savoir, auprès de la société Agip, propriétée du groupe Eni, ce que l'on pensait de ces pratiques. Voici la réponse reçue par mail ce mercredi 10 juillet à 13h08 : "La société Eni France ne répondra pas à ces questions." Dont acte.

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Re: Veille des outils de répression

Message  nico37 le Lun 29 Juil - 16:26

Le Défenseur des droits démontre les usages abusifs du taser et des Flash-Ball 04/06

Le Défenseur des droits a présenté mardi 28 mai 2013 un rapport sur l’utilisation, par la police et la gendarmerie nationales, de trois moyens de force intermédiaire, le pistolet à impulsions électriques Taser X26® et deux lanceurs de balles de défense (le Flash-Ball superpro® et le LBD 40x46).
Le nombre de personnes habilitées à faire usage de ces armes et le nombre d’utilisations faites par les forces de sécurité, police et gendarmes, sont rendus publics.
Les recommandations émises dans ce rapport visent globalement à compléter l’encadrement des modalités de recours à ces trois armes, par une modification de leur cadre d’emploi, notamment en renforçant et harmonisant les interdictions d’usage et précautions d’emploi fixées par la police et la gendarmerie et en restreignant l’utilisation de ces armes dans certaines situations. Les recommandations visent également à optimiser le contenu et la périodicité de la formation à ces armes et à améliorer la protection, tant juridique que médicale, des personnes ayant subi un usage de l’une de ces armes.
Nota bene : on regrettera seulement (mais fortement) que le Défenseur n'ait pas réalisé la même étude sur les polices municipales, dont certaines sont équipées de ces armes, ce qui pose encore plus de problèmes.

Déontologie sur trois moyens de force intermédiaire

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Message  nico37 le Jeu 15 Aoû - 13:50

Marseille va se couvrir de caméras Julien Vinzent 08/07

Marsactu révèle l'implantation des 407 prochaines caméras de vidéo-surveillance prévues par la mairie. L'appel d'offres, clôturé le 28 juin, devrait être suivi par d'autres pour équiper 200 nouveaux sites, pour un calendrier encore incertain. Le dispositif, inspiré par les demandes de la police nationale, fait en tout cas l'unanimité dans les mairies de secteur.

C'est une carte qui va donner des boutons à tous les adversaires de la vidéo-surveillance. Marsactu y a planté les 407 prochaines caméras prévues dans tous les quartiers de Marseille. Elles s'ajoutent à celles concentrées jusqu'à présent dans le centre-ville, dont l'installation continue aujourd'hui. Cette phase d'extension, annoncée de longue date et réclamée par tous les maires de secteur et comités d'intérêt de quartier (CIQ), a fait l'objet d'un appel d'offres clôturé le 28 juin. Montant (maximal) des marchés, divisés en quatre lots de 100 caméras : 20 millions d'euros, financés à 50% par l'État, 20% par le conseil général et le reste par la Ville. 

Pour impressionnante qu'elle soit vue d'avion, la couverture de la ville se heurte rapidement à son étendue dès lors qu'il s'agit de se rapprocher du sol. Ainsi le 3e arrondissement sera quasiment quadrillé, le 13e laissera de grandes étendues hors des yeux électroniques. "On est parti du principe qu'on partait de zéro, donc qu'il y aurait automatiquement des trous, en attendant les prochaines phases", commente Monique Cordier, présidente de la confédération des CIQ.

" Voilà le projet, regardez vite "

Les associations de riverains "en grande majorité très favorables à cette implantation" auraient toutefois souhaité "être davantage concertées à la base". Monique Cordier a dû se contenter d'une présentation de la carte lors d'une réunion au centre de supervision urbaine "sans que l'on puisse repartir avec". 

Officiellement, cette absence de publicité tient au caractère confidentiel d'un marché public qui, à l'époque, n'était pas encore finalisé. Mais les maires de secteur qui ont tous été reçus n'ont pas davantage eu leur mot à dire. "C'était « M. le maire voilà le projet, regardez vite mais je ne peux pas vous le laisser »", déplore-t-on à la mairie du 13/14.

On a écrit au préfet pour signaler des manques - à Château-Gombert, à Frais-Vallon, au centre commercial du Merlan - on nous a dit qu'ils seraient pris en compte. Mais on n'a eu aucun courrier de la mairie pour nous dire : "Voici le projet d'implantation définitif que vous pouvez présenter à la population".

Même son de cloche du côté de la mairie des 15/16. Au cabinet de la maire de secteur, on précise : "On avait fait un travail auprès des habitants, des CIQ et par rapport aux courriers qui nous signalaient des problèmes d'insécurité. Après un courrier au maire, Caroline Pozmentier nous a reçus, on a fait nos remarques, mais on ne sait pas si cela a été acté définitivement".

Les priorités de la police nationale

Il ne semble pas que les secteurs de droite aient eu droit à un traitement de faveur dans le choix des lieux d'implantation. D'ailleurs, hormis sur quelques points, personne ne s'offusque du réseau projeté. Les services de la mairie se sont appuyés sur les remontées et les statistiques de la police nationale. Sur les "fiches de visite" qui accompagnent chaque caméra, une case "objectifs du site" est systématiquement remplie. On peut y lire "Circulation / stationnement", "agressions", "axe de fuite" pour suivre les démarrages en trombe, "cité sensible", lieux touristiques, abords de métros, d'équipements publics ou même d'"édifice religieux sensible"... Il est même inscrit la mention "braquage" sur la fiche de la caméra implantée près du Marché d'intérêt national des Arnavaux. On le voit, les objectifs ciblés sont variés.

À la mairie du 15/16, on s'étonne toutefois que la demande d'installation d'une caméra à proximité de la gare de Saint-Antoine, ne figure pas parmi les points listés dans l'appel d'offres. Ce sera peut-être pour la prochaine phase : après une vague de 400, la mairie envisagerait de procéder par lots successifs de 200. Difficile d'en savoir plus, l'adjointe n'ayant pas retourné nos appels répétés. Selon les informations glanées auprès des mairies de secteur, il semblerait que certains déséquilibres ne soient que question de calendrier. De 25 caméras (soit 2,8 pour 10 000 habitants) dans l'appel d'offres initial, le 13e passerait ainsi in fine à 88. De quoi rattraper un premier retard sur les très bien dotés 10/11/12...

Fin 2013 ou début 2015 ?

Mais dans l'ensemble, le calendrier reste très flou. "C'est bien trop long, les caméras n'arriveront dans les 11e et 12e pas avant la fin 2014 voire 2015. Est-ce que pendant tout ce temps l'insécurité va être suspendue ? Et puis il faudrait des équipes de police prépositionnées pour intervenir en flag", regrette Robert Assante, maire UDI du secteur. Un retard qu'il attribue à une stratégie de déploiement en éventail (d'abord les 1/2/3, puis la couronne du 4/5/6/7 et enfin les arrondissements périphériques) et à un manque de budget immédiatement mobilisable. Pourtant, dans le 9/10, pas le plus proche du quai du port, on table sur une installation durant "le dernier trimestre de cette année". Le 15/16 attend lui ses premières caméras "courant 2014".

Mais au-delà des assurances diverses de la mairie centrale, "l'objectif de 1000 d'ici 2014 est intenable, pour des raisons de contraintes techniques", estime-t-on à la mairie du 13/14. D'ailleurs, silence radio de la mairie centrale oblige, impossible de savoir si 360 caméras étaient bien installées début 2013 comme annoncé un an plus tôt. Pour localiser ses points verts, Marsactu a dû se baser sur un document n'en comptant que 108 et quelques observations de terrain. D'où des manques que nous vous invitons à signaler, si possible photo à l'appui.

La question de la pertinence de ces investissements n'est en tout cas que très rarement abordée. "Ce n'est pas la panacée, ce dispositif doit rester un outil, par exemple aux abords des lycées en complément des AMS [les équipes de l'association de médiation sociale, ndlr]", nuance-t-on à la mairie du 15/16. "On a demandé un comité de suivi et d'évaluation, ce n'est pas trop une pratique locale de faire l'évaluation des politiques publiques", souligne Monique Cordier. Après avoir engagé plusieurs dizaines de millions d'euros, il sera peut-être temps d'y penser pour la phase 3...

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LES LANGUES SE DÉLIENT… À TRÈS GRANDE ÉCHELLE

Message  Roseau le Mer 21 Aoû - 23:50

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L'armée dans les quartiers ?

Message  Roseau le Mar 24 Sep - 16:21

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Re: Veille des outils de répression

Message  Roseau le Ven 4 Oct - 23:27

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A propos de "La domination policière"

Message  Roseau le Mar 8 Oct - 21:50

de Mathieu Rigouste,
La domination policière. Une violence industrielle, Paris, La fabrique, 2012, 208 pages.

http://www.contretemps.eu/lectures/propos-domination-polici%C3%A8re-mathieu-rigouste
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Re: Veille des outils de répression

Message  nico37 le Lun 14 Oct - 11:08

Rennes 11 octobre 2013 : parodie de Justice, dernier épisode Non-récit du délibéré du procès en appel

Vendredi 11 octobre, 8 heures,

De grosses gouttes et pluie et un vent glacial nous accueillent dans la Métropole Rennaise. Déjà l'automne.

C'est le sixième automne depuis que j'ai été touché de plein fouet au milieu d'une foule de manifestants lycéens : un policier cagoulé avait ajusté le canon de sa nouvelle arme sur mon visage. C'était en 2007. J'avais 16 ans.

Le tireur, Matthieu Léglise est un récidiviste, il s'était porté volontaire pour tester le LBD alors en expérimentation. Un de ses terrains d'expérience : les cortèges de lycéens.

Matthieu Léglise avait continué à parader en uniforme, armé, dans les rues nantaises les mois et les années qui ont suivi. Faire comparaître ce policier au bout de plusieurs années est déjà le fruit d'un combat âpre, de longue haleine. Je me heurtais au mur kafkaïen de l'État français, autrement plus armé, solide et organisé que moi.

En mars 2012, le tribunal de Nantes, noir, lugubre, pris en étau par une multitude de fourgons bleus, avait prononcé la relaxe du policier tireur.

« Il n'avait fait qu'obéir aux ordres »

Nous avons fait appel contre cette carte blanche qu'un Juge nantais avait offerte à toutes les polices pour mutiler en toute impunité. Offrant une jurisprudence favorable pour tireurs au flashball.
Plus d'un an plus tard, en juin 2013, je plaidais sans intermédiaire, face aux magistrats de la Cour d'Appel de Rennes. Je rappelais que la police avait menti à d'innombrables reprises, détruit des éléments du dossier (Procès verbaux de tirs, films policiers au moment des tirs), mais que mon cas n'était pas isolé. Il faisait partie d'un tout, d'une offensive sécuritaire de militarisation des policiers, d'impunité garantie. Plusieurs dizaines de personnes ont été gravement blessées ou tuées depuis ma blessure en 2007.

Cette Cour sera-t-elle moins soumise à la terreur qu'exerce la police nantaise ?

Le délibéré est alors annoncé pour octobre 2013.

« On est dans un État de Droit »

C'est l'argument éructé par un uniforme pour justifier le barrage policier mis en place par ses collègues pour nous empêcher -moi, mes amis, la LDH partie civile- d'assister au délibéré de l'affaire. Je découvre une curiosité dont je n'avais encore jamais entendu parler : le délibéré à huis clos, où l'on empêche aux plaignants d'assister aux audiences qui les concernent. Le Juge rennais rend un délibéré clandestin. Et tout cela, au nom du Droit.
Les policiers prétendent qu'il n'y a pas de place, comme ils l'avaient déjà prétendu aux audiences qui avaient précédé : ils mentent. Ils font entrer devant nous plusieurs personnes, tout en nous bloquant. Les journalistes ont eu -pour certains- plus d'informations que je n'ai pu en avoir sur ma propre affaire.

« J'en ai rien à foutre »

Ajoute le même policier quand je le préviens que je ferai connaître cette nouvelle mascarade judiciaire, l'intimidation, le mépris que nous sommes en train de subir.

De toute évidence, des ordres ont été donnés : filtrer les gêneurs. Les autres peuvent rentrer, pas nous. Nous sommes bloqués devant le portique de sécurité du Tribunal par les forces de l'Ordre.

Je pouvais raisonnablement m'attendre à la lâche décision de confirmer la relaxe du tireur. Je n'avais par contre pas imaginé que les magistrats aient besoin d'un rideau de policiers pour éviter qu'un plaignant assiste à la décision qui le concerne.

Un policier lève son majeur en notre direction. Ses collègues sont hilares. Jusqu'au bout, sur le fond comme sur la forme : pathétiques.

« La Cour d'Appel a confirmé la relaxe totale de Mathieu Léglise»

C'est finalement une secrétaire qui me le confirme alors que j'ai du forcer le portique pour pouvoir obtenir l'amorce d'une information. Il est maintenant près de 10 heures, les délibérés ont été lus depuis longtemps. L'argumentaire du Juge ne me sera pas donné ce jour, je ne connaitrais pas sa teneur, j'ai raté le délibéré pour des « raisons de sécurité ».

Jusqu'au bout le cynisme, l'humiliation l'impunité policière règnent. Une énorme machine essaie de détruire une deuxième fois ceux qui tentent de survivre aux violences infligées par les forces de l'Ordre.

On retrouve les mêmes pratiques, les mêmes mensonges, les mêmes intimidations dans les différentes affaires de flashball -et de violences policières au sens large-. C'est le blessé qui se retrouve jugé, accusé. C'est la double peine. Il faut garder la tête haute. Sans illusion.

La police sarkozyste m'a mutilé. La Justice socialiste confirme aujourd'hui la relaxe du policier tireur. Entretemps, les ministres de l'intérieur successifs ont offert des centaines de ces « armes à feu à usage militaire » -selon la terminologie officielle qui catégorise ces objets- que sont les LBD.

Les mutilés se sont multipliés.

Une partie du combat continue au Tribunal Administratif pour faire condamner la chaîne de commandement du policier, l'État qui a armé le tireur. Ce dernier ne sera pas inquiété. C'est une page qui se tourne.

Une pensée pour tou-te-s les blessé-e-s par les armes de la police. Le dernier -à ma connaissance- : Salim, 14 ans, à Trappes cet été.

Ni oubli, ni pardon, Pierre

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Re: Veille des outils de répression

Message  nico37 le Dim 20 Oct - 23:00

Les " enquêtes sociales " du Ministère de la Justice

On trouve un peu partout, sur différents sites, de nombreuses brochures visant à aider les personnes lors de placements en garde à vue. Mais il y un sujet dont on parle peu : c'est le défèrement au parquet, sorte de seconde garde à vue où vous êtes placés au dépôt du tribunal (d'une durée pouvant aller jusqu'à 20h voir plus) en vue d'être présenté à un magistrat. Pour résumé, c'est ce magistrat qui décidera des suites à donner à la procédure: comparution immédiate, placement en détention provisoire, contrôle judiciaire, remise d'une date de convocation pour un futur procès... Tout cela dépend de ce qui a été dit lors de votre garde à vue et lors du rapport d'enquête social rapide. C'est sur ce dernier élément que nous allons nous attarder.

Lors du déférement au parquet, la personne presumée innocente est placée au dépot du tribunal en attendant de rencontrer le magistrat. Au cours de cette attente, elle va être amenée à rencontrer un ou une assistante sociale du service de contrôle judiciaire et d'enquête*. Ce service travaillant avec le Ministère de la Justice a pour objectif de mettre à nu notre personnalité et notre vie lors d'un entretien de 3/4 d'heure, en déterminant ce qu'ils appellent nos "garanties de représentation". Tout y passe, notre enfance, nos études, notre culture, notre emploi, notre situation amoureuse... Lors de cet entretien, l'assistant(e) social conseille vivement de répondre à son inquisition et de ne pas mentir. La plupart des informations sont verifiées dans la foulée auprès de l'employeur (si la personne a bien un emploi) et auprès des parents et/ou du/de la concubin(e) (pour les infos d'ordre général). Un profil psychologique est alors établi et les renseignements sont transmis dans l'heure au magistrat qui recevra la personne déférée par la suite. Lorsqu'elle arrivera dans le bureau du magistrat, celui-ci saura tout sur elle et pourra déterminer alors en fonction du/des chefs d'inculpation et du profil de la personne la suite à donner à la procédure. Autant vous le dire tout de suite, si vous avez un bon profil, vous aurez bien plus de chance de vous en sortir. Par contre si vous avez le mauvais profil... N'oublions pas que la justice est également orientée.

Nous vous mettons le questionnaire vierge en PDF du SCJE, histoire que vous ne soyez pas surpris le jour ou cela vous arrivera.

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Big Brother version PS

Message  Roseau le Mer 27 Nov - 15:32

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Face aux armes de la police

Message  Roseau le Mar 3 Déc - 12:49

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Pire que Bush ?

Message  Roseau le Jeu 12 Déc - 12:50

Dans son édition 3 du 11 décembre, The Wall Street Journal
ironise sur la nouvelle loi de programmation militaire française, en rappelant que
« les agences américaines sont loin d’avoir des pouvoirs de surveillance de cette ampleur ».

Intitulé « Espionnage à la Française », l'article du WSJ explique que
« la surveillance numérique américaine n’est rien en comparaison de ce que la France s’apprête à faire ».
Pour le journal, le projet permettra aux autorités de pouvoir
« espionner sur Internet et sur les téléphones en temps réel,
sans mandat et pour des raisons totalement étrangères à la sécurité nationale ».
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"Même Staline dans ses rêves les plus fous..."

Message  Roseau le Jeu 12 Déc - 17:06

Source: http://www.mediapart.fr/journal/france/111213/benoit-thieulin-nous-pouvons-basculer-dans-une-societe-de-surveillance-totale?onglet=full

(intégral car réservé aux abonnés...)

Par Jérôme Hourdeaux et Louise Fessard

Le Conseil national du numérique s'est auto-saisi du fameux article 13 de la Loi de programmation militaire. Son président appelle à un « vrai débat » sur les questions de surveillance dans l'optique d'une grande loi annoncée pour 2014.

Au lendemain du vote définitif du projet de loi de programmation militaire, Benoît Thieulin, président du Conseil national du numérique (CNNum) qui s'est saisi du dossier, revient sur l'adoption de ce texte, censé encadrer les écoutes administratives mais qui a déclenché un véritable tollé parmi les défenseurs des libertés numériques, ainsi que chez les acteurs économiques du secteur. Il appelle à un « vrai débat » sur les questions de surveillance et annonce le lancement d'une « concertation » visant à « nourrir » la  « future grande loi que Fleur Pellerin a annoncée pour 2014 3 ».

Lors de son institution, le CNNum était censé « irriguer » toutes les décisions du gouvernement dans le domaine du numérique. Or, sur ce texte et notamment sur l’article 13 qui traite directement des réseaux, vous avez été obligés de vous auto-saisir. Cela ne pose-t-il pas un problème de méthode ?

Benoît Thieulin.- Au-delà de sa capacité d'auto-saisine (qui ne peut être la règle, mais l'exception), le CNNum est saisi par n'importe quel membre du gouvernement. En effet, cela n'a pas été le cas pour la loi de programmation militaire (LPM). Qui plus est, l'article 13, comme vous le savez, est d'origine parlementaire. C'est aussi ce qui explique que la Cnil n'ait pas été saisie de cet article, mais simplement auditionnée. Ce qu'elle a déploré.
Il y a, dans ce texte, des tensions contradictoires ce qui, vu le sujet, n'est pas anormal : lorsqu'on touche à des sujets dont les enjeux sont aussi stratégiques pour un pays que fondamentaux pour le droit des individus, il faut nécessairement viser à un équilibre entre protection individuelle (protéger les libertés de nos concitoyens) et protection globale (défendre les intérêts économiques et scientifiques de notre pays, mais aussi sa sécurité, sa souveraineté).

Ainsi, la LPM tente vraisemblablement de régulariser un certain nombre de pratiques avérées par les services de renseignements français (que Mediapart a contribué à révéler). Franchement, il est difficile de ne pas s'en réjouir, pas par simple principe, mais parce que c'est la seule manière pour la Cnil de pouvoir intervenir ; sans quoi elle doit faire la preuve de ces pratiques, autant dire que c'est peu probable… sauf à protéger davantage les lanceurs d'alerte. On y reviendra…

Ensuite, on peut noter une louable volonté de rattrapage technologique. Nous sommes dans une guerre économique informationnelle : la compétitivité de notre pays, ça n'est pas que sa fiscalité ! C'est aussi et surtout sa capacité d'innovation, la maîtrise de ses datas de masse, etc. On ne peut d'un côté gémir sur la perte de compétitivité du pays, être les premiers à faire les valises pour Londres (avant c'était Koblenz…) et de l'autre déplorer que ce rattrapage ait lieu au sein de nos armées : n'oublions pas le rôle joué dans la révolution numérique que nous vivons par les gigantesques investissement réalisés, voilà 50 ans, par le Pentagone. La France n'a d'ailleurs pas été en reste dans ce mouvement. Sauf récemment.

Enfin, et il faut le souligner, ce texte ajoute des procédures et fusionne des régimes éclatés entre plusieurs lois. On ne peut pas dire qu'il soit dépourvu d'efforts de vouloir encadrer davantage certaines pratiques.

Sauf que les enjeux juridiques entremêlés de dimensions très technologiques rendent très difficile la compréhension de l'impact réel de cet article 13. Ce n'est pas que moi qui le dis :

– l'article du Canard enchaîné de la semaine dernière, le remarquable dossier analysé par Arrêt sur images, le soulignent ;

– même, Jean-Marc Manach qu'on ne peut guère soupçonner de sympathie orwellienne reconnaît avec une très belle honnêteté intellectuelle sur son blog qu'il n'arrive toujours pas bien à comprendre si cet article 13 va permettre, comme l'affirme Jean-Jacques Urvoas, de « mieux encadrer les services », de « faire bénéficier nos concitoyens de la meilleure garantie de leurs libertés fondamentales au moment de créer des capacités intrusives » ;

– cette étude enfin que je viens de découvrir (grâce à Manach) (http://ifrei.org/tiki-download_file.php?fileId=59 3) pointe également : « La formulation du L 246-1 ne semble pas intelligible, y compris pour des spécialistes : c’est bien ce qui permet à l’ASIC d’interpréter le texte proposé. C’est surtout aussi une vulnérabilité pour le texte, dans la mesure où l’intelligibilité de la loi est un objectif à valeur constitutionnelle : une éventuelle censure du L 246-1 proposé mènerait sans doute à la suppression de la totalité de l’article 13 ».

La méthode choisie par la majorité ne pose-t-elle pas tout de même certains problèmes, notamment en raison de la précipitation avec laquelle ce texte est voté, et du manque de débat ?

Si, bien sûr. C'est d'ailleurs, au-delà des attendus de notre avis, ce que nous avons souligné dans notre décision de nous saisir de cette grande question des libertés et des droits à l'ère numérique : il faut, sur des sujets aussi graves et protéiformes que ceux-là, prendre le temps d'en débattre, de se concerter avec toutes les parties prenantes (les services, les entreprises, la société civile, etc.).

Mais également, on ne peut traiter toutes ces questions segmentées dans différents projets ou propositions de loi au fur et à mesure qu'elles passent au parlement ! Le Conseil national du numérique en est à sa troisième saisine (dont deux auto-saisines) sur des sujets touchant aux libertés numériques. En l'occurrence, le débat actuel dépasse la seule loi de programmation militaire.

Or, nous sommes à un point de bascule absolument majeur dans les faits (l'attirail pour basculer dans une société de surveillance totale est potentiellement là) et dans les consciences (la défiance numérique commence à poindre).

Dans les faits, l'explosion des moyens technologiques d'observation et de contrôle dans une société totalement numérisée, et l'effondrement de leurs coûts, changent totalement la donne. Même Staline dans ses rêves les plus fous ne disposait pas des moyens matériels d'espionner les courriers postaux de 200 millions de citoyens soviétiques. La NSA, elle, le peut potentiellement sur plus d'un milliard d'individus ; mais pas seule : en utilisant l'accumulation incroyable de données de masse (Big Data) que nous tous laissons dans ces grandes plateformes, au quotidien. Et dont nous ne pouvons plus nous passer car elles sont hyper-innovantes et nous rendent des services qui ont changé nos vies ! Mais les faits sont là : potentiellement, nous pouvons basculer dans une société de surveillance totale où elle devient la règle, et non plus l'exception. C'est une situation inédite dans l'histoire de l'humanité. Ça mérite un vrai débat, non ? Et pas qu'en France…

Dans les consciences, l’affaire Snowden constitue une déflagration immense dans le champ numérique dont on n’a pas fini de mesurer l’impact : le risque de défiance du grand public est grand. Il progresse. Depuis, on note l’explosion des usages des moteurs de recherche qui ne vous traquent pas, des logiciels d’anonymisation de votre navigation de type TOR, ou même des applications de cryptage de vos mails. Certains analystes voient même, récemment, dans le tassement du commerce au ligne, un premier signe manifeste de cette défiance !


N’y a-t-il pas justement, en pleine affaire Snowden, un paradoxe à renforcer aujourd’hui notre propre dispositif de surveillance ?

Vous avez raison, on ne peut se contenter de cela. Il faut impérativement endiguer ce mouvement de défiance et rétablir la confiance du public vis-à-vis d’une société et d’une économie en voie de digitalisation totale. Pour cela, il faut se concerter, prendre le temps de débattre, et intégrer toutes ces dimensions dans une grande loi sur les libertés numériques. En 1978, la France a été pionnière, après le scandale du fichier SAFARI (le fameux fichier des honnêtes gens) dénoncé par Philippe Lemoine, notre premier lanceur d’alerte, et fut le premier pays à se doter d’une loi protectrice de nos droits à l’heure de l’informatique émergente. Il faudra l'adapter. C'est pour cela que le CNNum lance une concertation qui vise à nourrir cette future grande loi que Fleur Pellerin a annoncée pour 2014, ce dont nous nous réjouissons.

Au niveau européen et international, il faut que la France reprenne la tête de ce mouvement à l’heure du tout numérique. Il nous faut reprendre la directive européenne sur ce sujet, qui s'est embourbée. Mais il est nécessaire également de ne pas s'en contenter et de porter un traité international pour servir de cadre à ces nouveaux usages et limiter ces dérives. La vision purement contractuelle des Américains (qui règlent l’essentiel de ces rapports par des CGU – conditions générales d'utilisation) n’est pas celle des Européens qui croient davantage au droit positif qui protège les individus. Que ce soit dans nos rapports aux données personnelles ou dans l'exercice de ces droits, les Européens ont une culture politique différente, liée pour beaucoup à notre histoire. À nous de les défendre. Le Brésil, l'Allemagne ont fait des propositions en ce sens.

Certains, au sein de la majorité, accusent des entreprises s’opposant à ce texte de vouloir « se refaire une virginité » alors que ce sont « les majors de l’internet qui font commerce de milliards de données et qui coopèrent avec la NSA ». Y a-t-il réellement une hypocrisie ou un double jeu de la part de certains acteurs ?

Je ne suis pas paranoïaque : je ne crois nullement à la collusion préméditée de ces plateformes avec les services de renseignements, même si les “telcos et les services” ont souvent convolé… Je pense que les majors de l'internet sont extrêmement embarrassées : j'ai des amis ingénieurs chez Google qui me font part de leur malaise et qui pensent que ces usages vont à l'encontre de leur éthique, de leur vision de ce qu'est internet depuis son origine (très libertaire, très californien), et même menacent le projet d'entreprise de Google voulu par ses fondateurs. Regardez d'ailleurs les propositions que viennent de faire les grandes plateformes américaines pour réformer les lois sur le renseignement US : elles savent qu'elles jouent gros et elles ont raison.

En revanche, je pense qu'il ne faut pas instrumentaliser le débat sur la LPM pour se détourner un peu facilement des graves questions posées par l'affaire Snowden ! Ce serait un comble : la DGSE en sait moins sur chacun de nous, citoyens français, que Facebook ou Google, et ça n'est pas l'exploitation de Deezer ou de Dailymotion par la DCRI qui peut atteindre les niveaux de scandale de l'affaire PRISM ! Mais on voit bien qu'il est difficile d'avoir un débat équilibré et serein à chaud. Encore plus à l'heure de Twitter ! D'où notre appel à une concertation large, et qui prenne le temps.

Mais il faut aussi revenir à l'origine de tout cela : l'incroyable durcissement des législations sécuritaires post 11-Septembre, initiées par George W. Bush, dont le Patriot Act fut probablement la quintessence. David Cameron a été l'un des rares dirigeants occidentaux à poser la question de la nécessité de revisiter ces lois et dispositifs. Ce durcissement, conjugué au Big Data, et à la numérisation des usages de nos vies quotidiennes, est devenu explosif. Il est temps d'en discuter et de réagir. Car ne l'oublions pas : jusque-là, la révolution numérique a été un formidable levier d'empowerment pour les individus et les sociétés. C'était d'ailleurs le projet politique des pères fondateurs de l'internet. Il ne faut pas dévier de ce fabuleux projet d'empowerment qui est en train de changer le monde.

Voici déjà un état des lieux,
en attendant la "majorité de gauche" faisant pire que Staline et Bush
http://www.slate.fr/sites/default/files/photos/comparatif-1991-2006-article13-slatefr(1).jpg
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Re: Veille des outils de répression

Message  Roseau le Jeu 19 Déc - 22:01

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Re: Veille des outils de répression

Message  nico37 le Dim 22 Déc - 22:11

La vidéo-protection fait (presque) l'unanimité Laurent GEUMETZ 19/12

Des caméras pour assurer la sécurité des biens et surtout des personnes à Calais nord : le principe en a été acté hier soir lors du conseil municipal. Le vote a frôlé l'unanimité Rue Royale, place d'Armes, rue de la Mer, mais aussi front de mer et même les ateliers techniques municipaux : les caméras de vidéo-protection « et pas de vidéo-surveillance » vont commencer à fleurir à Calais. Car ce programme, déjà évoqué précédemment par Natacha Bouchart, n'est qu'une première étape avant un développement « dans tous les quartiers ».
Amener plus de sécurité aux biens mais surtout aux personnes, tel est l'enjeu de ce projet qui se fera « dans le respect de règles strictes » : présence d'un agent habilité derrière des écrans pour pouvoir réagir au plus vite en cas de risque avéré, enregistrement des images avec conservation pour un délai maximal d'un mois, mise en place d'un poste central de surveillance « sans doute dans l'enceinte des 4B ».
« Ce n'est pas un acte anodin », résume pour sa part Nicole Lheureux au nom du PS. « Pourquoi pas approuver votre démarche, à condition que cela s'inscrive dans un vrai projet de prévention. Vous estimez le lancement à 400 000 euros, mais cela me gêne de savoir que quelqu'un pourra voir les images en direct. Pourquoi ne pas enregistrer sans vue en direct, et regarder a posteriori s'il y en a besoin ? Et pourquoi le front de mer ? » L'élue socialiste préférerait voir une partie de la somme affectée au dispositif consacrée au recrutement d'agents de médiation et de prévention.
Jacky Hénin, lui, voit ce projet trop « flou » pour l'approuver en l'état, en insistant sur une coopération étroite qui doit ce faire à ce sujet « avec la police nationale ». « Nous ne serions pas contre si nous avions des précisions sur les emplacements exacts, sur le nombre de caméras ». Derrière ces interventions transparaît bien sûr la notion de libertés individuelles auxquelles chacun se soit très attaché. « Je suis plutôt défavorable à tout ce qui attaque la vie privée, mais on ne peu t tolérer, c'est vrai, que quelques énergumènes souvent extérieurs à Calais viennent semer le trouble et blesser des gens, parfois à vie !
» Le projet va encore être affiné puis présenté aux Calaisiens dans les semaines à venir. « Nous commençons par Calais nord pour répondre à une demande réelle, rappelle Natacha Bouchart, en intervenant dans un secteur de Calais qui est aussi synonyme d'activité économique, et qui représente une image forte de notre ville. » La prévention ira de pair avec ce dispositif, elle en a été présentée hier soir comme en étant « un outil indispensable à Calais ».

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Re: Veille des outils de répression

Message  nico37 le Dim 5 Jan - 12:52

Rencontre avec les hommes du PSIG de Marck Delphine KWICZOR 05/01

LES PELOTONS DE SURVEILLANCE ET D'INTERVENTION DE LA GENDARMERIE SONT BASÉS À MARCK ET À BOULOGNE

Equipés lourdement et prêts à intervenir pour des opérations musclées, les militaires des pelotons de surveillance et d'intervention de la gendarmerie nationale (PSIG) sont les bras armés des gendarmes départementaux. Des missions ciblées et particulières Des oiseaux de nuit. Les hommes du PSIG interviennent principalement la nuit ou au petit matin, pour cueillir des délinquants potentiellement armés et dangereux. La compagnie de Calais dispose de deux PSIG : l'un basé à Boulogne, l'autre à Marck. « Cette unité a pour vocation de patrouiller en seconde partie de nuit. Ils tiennent majoritairement la tranche horaire minuit - 6 heures. C'est l'une de leurs missions premières », souligne le commandant de la compagnie, le chef d'escadron Alary. Une présence pour dissuader les délinquants, une présence sur le terrain pour mettre la main sur des flagrants délits et garder un oeil vigilant sur les zones sensibles du secteur. Lors de leurs patrouilles, les PSIG arpentent le secteur, des heures durant. Et ciblent également les endroits à surveiller, en fonction des derniers délits commis.
Les militaires du PSIG agissent aussi « en second niveau d'intervention professionnelle ». Des interventions où i l y a un risque que la force soit employée, comme pour les interpellations à l'aube, qui sont l'une de leurs missions.

Des militaires ultra équipés

Les interpellations à l'aube sont réalisées dans des cadres précis et sont une mission complémentaire du PSIG. « Du moment où la personne est connue chez nous ou si elle est susceptible d'être armée ou s'il y a un caractère de dangerosité », souligne le chef d'escadron avant d'expliquer l'intérêt de surprendre au réveil certains délinquants : « Pour les affaires de stupéfiants, les surprendre brusquement évite qu'ils jettent les stupéfiants aux toilettes, par la fenêtre etc. » Les militaires du PSIG gèrent également des escortes de détenus un peu difficiles, interviennent aussi en renfort des hommes de brigade, lors de rixes, des troubles à l'ordre public... « Ce sont des personnes entraînées. Ils peuvent aussi être amenés à faire du flagrant délit et sont en capacité d'entamer des enquêtes », indique le patron de la compagnie. Les militaires du PSIG, qui bénéficient d'entraînement spécifique, sont des hommes d'action. Lors des opérations anti-délinquance, notamment pour lutter contre les cambriolages, les gendarmes font des contrôles à des points fixes. « Le PSIG se met plus loin pour intercepter des malfrats qui en profiteraient pour faire les maisons d'à côté, ou pour intercepter les véhicules qui font demi-tour en voyant le contrôle... » Pour la compagnie de Calais, qui dispose donc de deux PSIG, la particularité est aussi de venir en renfort de la zone fret SNCF qui jouxte Eurotunnel. Sur le secteur de la compagnie, ils sont aussi prêts à intervenir en cas d'incident nucléaire à la centrale de Gravelines Le patron de la compagnie explique pourquoi les hommes du PSIG sont considérés comme les bras armés des gendarmes de brigade. « Ils sont dimensionnés en moyens et en matériel. » Par cela, il faut comprendre que les équipements de ces militaires sont particuliers. Ils ont notamment des casques et visières pare-balles et des gilets pare-balles lourds. Quand les gilets pare-balles des gendarmes de brigade sont censés les protéger de munitions de 9 à 15 mm, ceux du PSIG « peuvent lutter contre des munitions plus véloces, plus rapides, plus performantes ».

Aurélie Spy, Jimmy Decorte et Crack : un flair pour pister et la carrure pour défendre les militaires

Des dizaines de kilos de muscles et son flair pour outil de travail. Crack, 6 ans est un berger allemand au service du PSIG de Marck. Un atout indéniable.
Dans le Pas-de-Calais, il y a quatre équipes cynophiles. Crack piste, c'est-à-dire qu'il est formé pour trouver les personnes disparues ou encore se mettre à la recherche d'un malfrat qui aurait laissé derrière lui des traces, lors d'un cambriolage par exemple. Son autre mission ? Défendre les militaires sur le terrain, une présence dissuasive, un rôle de protection en général.

Un départ en Guadeloupe pour la Calaisienne

A 32 ans, Aurélie Spy est maître de chien au PSIG de Marck depuis décembre 2010. A l'été 2014, elle devrait être mutée, avec son fidèle compagnon, en Guadeloupe. L'envie de voir autre chose, vivre d'autres expériences. Là-bas, elle devrait d'ailleurs travailler avec un second compagnon. La jeune femme, pure Calaisienne, va partir en formation en janvier. Son second chien sera spécialisé stupéfiants, billets et armement. Elle revient sur son parcours, qui l'a amenée à se spécialiser pour devenir maître de chien. Avant Marck, la jeune femme était à la brigade de Marquise. Un quotidien rythmé par les enquêtes judiciaires, la police route, le contact avec la population et le recueil des plaintes. Avant cette affectation, elle était dans l'Orne. Là, elle était gendarme adjoint et suppléante non officielle d'un maître de chien. « Ça m'a donné envie. Lors des bilans, chaque année, je le mettais. » Et finalement, elle obtient ce qu'elle veut. Direction l'école des maîtres de chien à Gramat dans le Lot, juste après son poste à Marquise. Différents tests permettent notamment de lui affecter un chien avec un caractère qui lui correspond. Ensuite, les deux futurs équipiers sont formés, et attaquent le travail ensemble. Le gendarme doit apprendre à décrypter le comportement de celui qui l'accompagnera en intervention.
Au PSIG de Marck, la militaire est au quotidien avec Crack, son compagnon d'unité. Elle patrouille avec lui, secondée de Jimmy Decorte, gendarme adjoint volontaire, qui endosse le rôle de suppléant non officiel. Ce dernier s'occupe de Crack lorsque le gendarme Spy n'est pas là. « Je ne peux pas partir en intervention avec lui, je fais tout ce qui est soin, promenade, entretien et détente », détaille-t-il.
Entre ces trois-là, la complicité est flagrante. Crack, qui n'est pas de nature très sociable, semble bien ne jurer que par ces deux militaires. « Il m'épaule pendant les opérations. Quand il y a des recherches de personnes, des personnes qui ont Alzheimer et qui quittent leur domicile ou encore des disparitions inquiétantes, je peux être appelée avec Crack. », indique la jeune femme qui peut intervenir sur toute la région. « Avec l'odeur de la personne, des traces de sang, Crack va chercher l'odeur humaine et aller du point A à un point B. En fonction du climat, du terrain etc. ça ne marche pas à tous les coups. » Crack assure aussi un rôle de protection des gendarmes. Quand le PSIG patrouille, Crack et sa maîtresse peuvent se joindre à eux, en guise de protection, en renfort des unités. Chaque jour, le gendarme Spy consacre quatre heures à l'entretien de son fidèle compagnon : entraînement, soins, détente « pour qu'il soit bien dans sa tête ». Pour Crack, pister est un jeu. Aucune contrainte. A l'entraînement, c'est ce que lui inculque sa maîtresse. A chaque fin d'entraînement, Crack récupère son boudin ou une balle. C'est parti pour une séance de jeu, une récompense.

Des armes lourdes et des entraînements spéciaux

Deux PSIG composent donc la compagnie de Calais. L'un à Marck, qui compte quinze militaires et l'autre à Boulogne avec douze hommes. Dans les rangs des deux PSIG : un maître de chien piste et défense, un instructeur en intervention professionnelle et des moniteurs en intervention professionnelle. Le PSIG est composé de sous-officiers et de militaires du rang, des gendarmes adjoints volontaires.
L'adjudant-chef Régis Hubert, qui est à la tête du PSIG de Marck, précise que le PSIG est donc « autoformé ». Mais il y a aussi des entraînements inter PSIG qui sont chapeautés par le groupement d'Arras. « On travaille alors avec l'ensemble des moniteurs en intervention, on travaille sur des situations qu'on peut trouver dans le quotidien, en ordre public ou en phase d'interpellation ».
Les hommes du PSIG travaillent et développent les techniques et tactiques d'interventions « pour un résultat optimum tout en garantissant la sécurité du personnel et des gens ».
Ces moniteurs en intervention professionnelle sont aussi chargés d'initier et de développer les techniques d'intervention au profit des brigades territoriales du secteur.

Comment s'organise la vie de caserne

Marck, zone des Dryades. Le panneau "gendarmerie" a disparu depuis quelque temps. Derrière une grille, les locaux sont toujours là, l'activité également. Et derrière cette grille, une vie de caserne aussi.

Eté 2010
Les militaires ont pris possession de la caserne de Marck à l'été 2010. Une caserne composée de locaux mais aussi de logements pour les militaires. On y trouve 18 logements de sous-officiers et dix studios de gendarmes adjoints volontaires. Ces derniers sont des militaires sous contrat renouvelable 5 ans maximum.
A l'époque, la caserne de Marck accueille alors deux unités : la brigade territoriale de Marck et le PSIG.

Automne 2011
La répartition territoriale engendre des changements pour les militaires. Marck passe en zone police. La brigade territoriale de Marck est alors dissoute. Mais les militaires qui la composaient continuent à y habiter. Ils travaillent désormais, pour la plupart, dans les brigades de Frethun-Guines. A partir de cette période, il n'y a plus d'accueil de public à Marck, impossible de s'y rendre pour y déposer plainte d'où la disparition du panneau "gendarmerie".

Des hommes de terrain
La caserne de Marck, du côté professionnel, abrite donc maintenant les hommes du PSIG mais aussi deux militaires de la cellule sûreté et renseignements. Ils sont, en quelque sorte, les yeux et les oreilles de la compagnie.

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Re: Veille des outils de répression

Message  Roseau le Dim 9 Fév - 2:45

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Pour la CNIL, 18% des Français sont « suspects »

Message  Roseau le Lun 17 Fév - 3:56


Un terrible constat d'échec pour la CNIL,
impuissante à nous protéger du fichage policier,
ce pour quoi elle avait pourtant été soit-disant créée...
Cette banalité du fichage policier est telle
que la CNIL a été jusqu'à avancer, dans son rapport annuel 2012,
rendu public en avril 2013, que 12 057 515 personnes
(soit 18% de la population française, près d'un Français sur 5 !)
étaient fichées comme "mises en cause" et donc,
pour reprendre l'expression médiatique consacrée,
"défavorablement connues des services de police".
http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2014/02/03/pour-la-cnil-18-des-francais-sont-suspects/
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