Lutte ouvrière

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Message  ottokar le Mer 1 Fév - 16:03

verié2 a écrit:
Mais, on peut constater que LO a toujours appelé à voter pour la gauche au second tour
Notamment pour Mitterrand en 1981.
Plus récemment, Arlette a appelé à voter Royal dès le lendemain du premier tour.

Raccourci trompeur, car entre 1981 et 2007 LO n'a PAS appelé à voter à gauche, ni en 88, ni en 95, ni en 2002 bien sûr, pas même Chirac de façon hypocrite comme Besancenot !

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Re: Lutte ouvrière

Message  verié2 le Mer 1 Fév - 16:27

Ottokar
Raccourci trompeur, car entre 1981 et 2007 LO n'a PAS appelé à voter à gauche, ni en 88, ni en 95, ni en 2002 bien sûr, pas même Chirac de façon hypocrite comme Besancenot !
En effet, LO n'a pas donné de consigne de vote au second tour de 1988. Autant pour moi. Il semble donc que LO n'ait appelé à voter pour le candidat de gauche que quand la droite était au pouvoir, toujours par solidarité avec les travailleurs voulant chasser la droite.

De toute façon, à mon avis, c'est une question tactique. Soit on considère qu'il ne faut jamais voter pour un politicien bourgeois, soit on pense que c'est un choix tactique, circonstanciel. Dans le cadre de cette dernière vision, ce n'est d'ailleurs pas davantage une trahison d'avoir voté Chirac contre Le Pen, par solidarité avec ceux qui voulaient voter contre Le Pen, que d'avoir voté Royal contre Sarkozy. Ou alors, il faut nous expliquer où est la différence de principe...

D'une manière générale, que ce soit sur le plan local (municipales, législatives) ou sur le plan national (présidentielles), il me semble qu'au deuxième tour on devrait exiger des candidats qu'ils s'engagent sur un certain nombre de points avant d'appeler à voter pour eux.

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Re: Lutte ouvrière

Message  lonesloane le Mer 1 Fév - 16:51

"Mais Nathalie ne dit pas ce que ELLE, elle fera... ni moi ce que je ferai (car il n'y a pas de "VOUS" ici, il n'y a que des individus) à part voter Nathalie au premier tour !"

donc pour l'instant, il n'est pas discuté par LO, si vous appellerez ou non à voter Hollande au deuxième tour? c'est bien cela ottokar?
donc le doute peut subsister... pourquoi ne pas avoir une position claire sur cette question et la défendre.
mais toi tu en penses quoi, il faut appeler à voter pour hollande ou non au deuxième tour?

une autre question que je me pose et j'apprécierai d'avoir un début de réponse pour pouvoir commencer à débattre :
"Il faut imposer le contrôle des travailleurs sur les entreprises industrielles et bancaires. " dit nathalie dans une de ces interventions (Nathalie Arthaud, candidate de Lutte Ouvrière - Une candidate communiste à l’élection présidentielle de 2012). c'est un post de vals


oui mais comment? Par quels moyens les travailleurs imposent-ils leur contrôle?



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Message  verié2 le Mer 1 Fév - 17:40

Par quels moyens les travailleurs imposent-ils leur contrôle?
Le problème de ce mot d'ordre, c'est qu'il ne peut être mis en pratique que dans une période d'intense mobilisation où les travailleurs, organisés en comités, conseils etc, exigent des patrons qu'ils leurs soumettent leurs comptes - aujourd'hui, évidemment, il ne s'agit plus de "livres de comptes" mais d'ordinateur.

On est dans une situation pré-révolutionnaire et ce mot d'ordre est inséparable de celui de pouvoir ouvrier. Pouvoir ouvrier qui commencera à réorganiser l'économie en fonction des besoins collectifs et non plus du profit. Sinon, que pourraient bien faire les gens de ces comptes ? D'autant que toutes sortes de magouilles financières, salaires et frais exorbitants etc sont déjà largement connu sans même qu'on ait besoin de fouiller dans les ordinateurs patronaux...

En dehors d'une telle période, ce "contrôle" risque fort d'être compris comme la revendication d'un énième comité paritaire syndicats/patronat. D'ailleurs Arlette avait, lors d'une émission, fourni un très malheureux exemple : celui des comités d'entreprise qui sont des organes de collaboration de classe caractéristiques...

Il me semble donc qu'il faut faire très attention à la façon de formuler ce mot d'ordre dans une période qui n'est ni révolutionnaire, ni pré révolutionnaire et où les travailleurs ne sont pas ou peu mobilisés, et pas mobilisés du tout en dehors des syndicats.

Il est permis aussi de se demander si ce contrôle ouvrier est une phase intermédiaire indispensable avant que les travailleurs s'emparent tout simplement des entreprises. Quand ils se seront emparés des entreprises et surtout quand ils auront mis en place un pouvoir central défendant leurs intérêts de classe, le contrôle ouvrier devra alors s'exercer... sur les dirigeants ouvriers.

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Message  Invité le Mer 1 Fév - 19:01

verié2 a écrit:De toute façon, à mon avis, c'est une question tactique.

C'est ça... et je vois mal l'intérêt de se précipiter là-dessus à plusieurs mois de l'élection (et sachant que la situation économique et sociale peut évoluer très vite d'ici là...).
C'est de toutes façons une question assez secondaire pour le moment.

Soit on considère qu'il ne faut jamais voter pour un politicien bourgeois, soit on pense que c'est un choix tactique, circonstanciel. Dans le cadre de cette dernière vision, ce n'est d'ailleurs pas davantage une trahison d'avoir voté Chirac contre Le Pen, par solidarité avec ceux qui voulaient voter contre Le Pen, que d'avoir voté Royal contre Sarkozy. Ou alors, il faut nous expliquer où est la différence de principe...

Une différence déjà : Le Pen n'avait strictement aucune chance d'être élu...

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Re: Lutte ouvrière

Message  verié2 le Mer 1 Fév - 19:20

Une différence déjà : Le Pen n'avait strictement aucune chance d'être élu...
Sans doute et, pour ma part, j'étais tout à fait hostile au vote Chirac dans ces circonstances. Par définition, il y a toujours des différences entre chaque scrutin. Mais, si l'on admet qu'il s'agit de choix tactiques, ce n'est pas une trahison ou une capitulation d'avoir voté Chirac.

De même, j'étais personnellement hostile au vote Mitterrand - politicien responsable, entre autres, de l'exécution de deux camarades algériens, ne l'oublions pas. Nombre de militants du PCF n'ont d'ailleurs pas voté pour lui. On aurait pu choisir d'exprimer notre solidarité à leur égard, plutôt qu'à l'égard de ceux qui avaient des illusions... Mais je ne considère pas davantage que LO et la LCR ont commis une trahison en appelant à voter pour Mitterrand, comme le prétend par exemple la LTF, qui ressort régulièrement cet exemple.

Donc, je pense qu'il est malvenu de la part des camarades de LO de ressortir régulièrement le vote Chirac de la LCR en le présentant comme une capitulation. Même si les circonstances sont différentes, il s'agissait pour eux d'exprimer leur solidarité aux jeunes et aux travailleurs voulant voter contre Le Pen, de ne pas se couper des autres électeurs de gauche etc (Même s'il y avait aussi des électeurs de gauche qui n'avaient aucune envie de voter Chirac...)

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Message  nico37 le Jeu 2 Fév - 2:02

Avec les enseignants grévistes

Je mani­fes­te­rai aujourd’hui aux côtés de mes col­lè­gues. En cinq ans, les gou­ver­ne­ments Sarkozy-Fillon auront sup­primé 80 000 postes dans les écoles, les col­lè­ges et les lycées, 14 000 à la seule ren­trée 2012 !
Pourquoi ? Pour déga­ger quel­ques cen­tai­nes de mil­lions sup­plé­men­tai­res pour les pri­vi­lé­giés fis­caux. Ce sont les élèves des quar­tiers popu­lai­res qui paient le prix fort de cette sai­gnée. L’État dépense main­te­nant autant pour rem­bour­ser les ban­quiers que pour l’ins­truc­tion des 12 mil­lions d’élèves du pays. La réforme de l’évaluation va dans le même sens : faire tra­vailler plus les ensei­gnants, pour en recru­ter moins.
Et je ne nour­ris aucune illu­sion sur les pro­mes­ses du can­di­dat Hollande, qui pro­pose certes de recru­ter dans l’éducation, mais en sup­pri­mant autant de postes dans d’autres ser­vi­ces publics.
Alors, les ensei­gnants, les per­son­nels de l’éducation et les parents d’élèves ne peu­vent comp­ter que sur leurs luttes pour empê­cher que l’école soit sacri­fiée sur l’autel du profit.

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Message  nico37 le Jeu 2 Fév - 19:50

Nathalie Arthaud : une candidate communiste à l'élection présidentielle

Les deux hommes politiques entre lesquels se décidera qui sera le prochain président de la République viennent de se succéder à la télévision.

Dimanche soir, c'est le non encore candidat Sarkozy qui a eu droit à plus d'une heure d'antenne. Pour que personne ne risque de le louper, il a réquisitionné huit chaînes de télévision. Si l'approche de l'élection et son bas niveau dans les sondages l'ont poussé à faire mine de se préoccuper des licenciements en cours, l'homme qui a parlé est bien ce représentant cynique des intérêts des plus riches, du grand patronat et des banquiers qu'il a été tout au long de sa présidence. Il a tenu à leur faire cadeau d'une exonération supplémentaire de cotisations patronales, le manque de recettes étant compensé par une augmentation de la TVA. Ainsi, tout en volant aux salariés une fraction de leur salaire -- car les cotisations patronales sont du salaire différé --, on diminue encore leur pouvoir d'achat en augmentant la TVA, l'impôt le plus injuste qui soit.

Trois jours plus tôt, c'est Hollande qui officiait. Mais, comme son rival de droite, il avait à la bouche surtout les mots « entrepreneurs » ou « encouragements à l'investissement », qui ne sont certainement pas destinés à ceux qui n'ont pas de capitaux à investir. Il n'avait en revanche rien à dire aux chômeurs, rien à dire aux retraités pauvres, rien à dire aux salariés qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts ! Son envolée sur la « rigueur », même accouplée au mot « juste », a sonné comme une menace. Et la justice fiscale dont il s'est vanté illustre seulement sa lâcheté devant les riches. C'est bien joli de créer pour les plus riches une nouvelle tranche d'impôt à 45 %. Mais ce taux est inférieur aux 48 % sous Chirac-Raffarin, en 2005, et plus encore aux 60 % sous Giscard ! Le pseudo-socialiste Hollande est plus complaisant avec les riches que ne l'étaient en leur temps ces deux hommes de droite.

Sarkozy et Hollande, chacun à sa manière, comptent gouverner pour les plus riches. Et les challengers à la Bayrou en feront autant, voire pire avec Le Pen.

L'élection présidentielle est ainsi faite que les candidats qui ont une chance de participer au second tour sont passés tout au long de leur carrière par une multitude de filtres imposés par le grand patronat et les banquiers, pour les jauger, pour vérifier leur fidélité à la classe dominante et au système économique capitaliste.

Lutte Ouvrière présente à cette élection une candidate, Nathalie Arthaud, pour que se fasse entendre une voix qui non seulement critique le système capitaliste et ses dégâts, mais qui a pour but le renversement de ce système. Une candidate communiste comme l'était Arlette Laguiller.

Dans cette société divisée entre une minorité de capitalistes, qui monopolisent toutes les richesses et tous les moyens de les produire, et une majorité d'exploités, il est important que ceux qui par leur travail font vivre toute la société, disent leur opposition à la bourgeoisie qui les exploite, qu'ils disent non à un système économique absurde qui sème la misère au milieu de l'abondance et qui étouffe dans sa propre graisse.

Les élections en elles-mêmes ne permettent pas de changer cet état de choses. Pour cela, il faudra de grandes luttes, menées par la majorité exploitée, pour arracher le pouvoir économique et politique à la classe privilégiée, une classe qui, la crise le montre, conduit la société au désastre. Mais les élections permettent au moins de s'exprimer.

Les exploités ne sont toujours pas en situation d'arracher le fouet qui les frappe. Mais ils peuvent refuser d'accorder leur caution aux dirigeants qui le manient pour le compte des exploiteurs.

Voter pour Nathalie Arthaud, ce sera affirmer la dignité du monde du travail contre les privilégiés. Sa campagne visera à populariser des objectifs à imposer pour contrecarrer la volonté de la bourgeoisie de faire payer aux exploités le prix de la crise économique dans ce qu'ils ont de plus précieux : leur emploi et leur pouvoir d'achat.

-- Pour mettre fin au chômage, il faut imposer au grand patronat l'interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Il faut imposer à l'État l'embauche dans les services publics utiles à toute la population.

-- Il faut imposer l'augmentation de tous les salaires et de toutes les retraites et pensions et en garantir le pouvoir d'achat par leur indexation automatique sur le coût de la vie, mesuré par des représentants de la population.

-- Il faut imposer le contrôle de la population travailleuse sur les entreprises industrielles et bancaires.

Voter pour Nathalie Arthaud, ce sera approuver ces objectifs.

Éditorial des bulletins d'entreprise du 30 janvier

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Re: Lutte ouvrière

Message  Vals le Sam 4 Fév - 11:57

Laguiller en vedette du premier grand meeting de campagne de Lutte Ouvrière
AFP Par Par Nadège PULJAK


Arlette Laguiller a ouvert vendredi soir à Montreuil (Seine-Saint-Denis) le premier grand meeting de campagne de celle qui a pris sa succession à Lutte Ouvrière, Nathalie Arthaud, retrouvant toute sa verve pour prôner "la lutte des classes" et tacler droite et gauche confondues

Arlette Laguiller a ouvert vendredi soir à Montreuil (Seine-Saint-Denis) le premier grand meeting de campagne de celle qui a pris sa succession à Lutte Ouvrière, Nathalie Arthaud, retrouvant toute sa verve pour prôner "la lutte des classes" et tacler droite et gauche confondues.

Près de 1.800 personnes sont venues écouter les deux égéries de ce parti d'extrême gauche, dont la candidate est créditée de 0 à 1% des voix lors du premier tour de l'élection présidentielle.

On attendait le fameux "travailleuses, travailleurs", mais Arlette Laguiller a préféré commencer son discours par "chers camarades, chers amis". La voix de l'ex-candidate de LO à six présidentielles de suite, entre 1974 et 2007, est toujours un peu saccadée, tout en étant assez douce, et le ton toujours aussi déterminé.

"Je suis fière de présider" ce meeting, au moment où "tous les candidats sont connus, même si l'un d'eux fait sa coquette en ne se déclarant pas mais en menant campagne en mobilisant toutes les chaînes de télévision quand il le veut", affirme-t-elle, en allusion à l'interview télévisée du président de la République, dimanche dernier.

"Ma présence ici représente la continuité entre les idées que j'ai toujours défendues et celles exprimées par Nathalie Arthaud", assure-t-elle. "Ces idées, celles de Lutte ouvrière, de l'union communiste et trotskiste, sont les idées que des générations de militants ouvriers ont portées, que les grand partis qui s'en réclamaient ont abandonnées, trahies, les idées communistes", lance-t-elle sous un tonnerre d'appludissements.

L'ex-candidate LO dénonce également "le mot d'ordre démagogique du produire français", ardemment défendu par le candidat du MoDem, puis cède la parole à Nathalie Arthaud.

A LO, il n'y a pas de vedettariat. Les militants dans la salle interrogés par l'AFP disent tous qu'ils sont "heureux" d'entendre "Arlette" mais ils ne sont pas venus spécialement pour elle. "De toute façon, je serais venue. Arlette, elle a tenu le coup, contre vents et marées. Et aujourd'hui, il y a Nathalie, très punchy. On voit qu'elle a beaucoup appris", affirme Maryvonne, une fonctionnaire de 55 ans.

"Arlette, ce n'est pas une vedette, c'est quelqu'un de réaliste puisqu'elle est révolutionnaire. Et Nathalie a repris le flambeau", se félicite Florence, une retraitée de 68 ans.

Justement, "Nathalie" prend la parole. Et commence par le "travailleuses, travailleurs", deux mots qui sont depuis des lustres la marque de fabrique de celle qui l'a précédée.

Même débit légèrement saccadé, même voix assez douce et surtout même détermination dans les paroles.

"Si on a toutes les raisons d'exécrer Sarkozy, on n'en a aucune de faire confiance à Hollande", a-t-elle affirmé, sous les applaudissements du public.

"Si Hollande est élu, les sacrifices continueront. Les coups, au lieu de venir de la droite, viendront de la gauche, on nous balade d'élection en élection", a-t-elle assuré.

La candidate LO a rappelé que le candidat PS projetait de créer une nouvelle tranche d'impôt de 45% pour les salaires supérieurs à 150.000 euros annuels. "Mais cette tranche était de 48% sous Raffarin, de 60% sous Giscard. Giscard plus à gauche que Hollande?", a ironisé Nathalie Arthaud.

Commencé avec "La jeune garde", un chant révolutionnaire, le meeting s'est clos, comme le veut la tradition, par l'Internationale.
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Re: Lutte ouvrière

Message  nico37 le Sam 4 Fév - 15:04

Nathalie Arthaud, porte-parole opiniâtre d’une extrême gauche à la peine Olivier Laban-Mattei pour "Le Monde"

La candidate de Lutte ouvrière pâtit, comme le NPA, du réflexe de vote utile à gauche.

Vendredi 3 février, Nathalie Arthaud a ajouté Montreuil (Seine-Saint-Denis) sur la liste des villes visitées ces derniers mois. Depuis septembre 2011, la candidate de Lutte ouvrière (LO) ne ménage pas sa peine. Inlassablement, elle parcourt le pays : Montluçon, Chalon-Sur-Saône, Albi, Rodez… "90 villes en quatre mois", lâche-t-elle.

Pour ce "premier grand meeting", Arlette Laguiller est venue lui prêter main-forte. "Je suis là pour marquer la continuité des idées que je défends depuis cinquante ans", a-t-elle expliqué. Devant 1 500 personnes, Mme Arthaud, qui se présente comme "la seule candidate communiste", a défendu un "programme de lutte" : interdiction des licenciements, répartition du travail entre tous "sans perte de salaire", indexation des salaires sur les prix, contrôle des travailleurs sur les comptes des entreprises.

Même si la candidate trotskiste a repris le célèbre "Travailleuses, travailleurs", le passage de flambeau n’est pas si aisé. La succession a pourtant été organisée tôt, dès décembre 2008, pour que le visage de l’enseignante en lycée professionnel s’impose petit à petit. Mais à quelques semaines du premier tour de la présidentielle, Nathalie Arthaud reste encore inconnue du grand public, souffrant notamment d’un manque de médiatisation. Une situation qui pourrait s’améliorer, lorsque la règle de l’égalité du temps de parole s’imposera aux radios et aux télés. En 2002, elle avait permis à Olivier Besancenot, qui se présentait pour la première fois pour la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), de marquer des points pour finir à 4,25 % des suffrages.

" Le discours de résignation finit par porter "

Reste que l’extrême gauche est très bas dans les sondages. A eux deux, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste, NPA) ne dépassent pas les 1 % d’intentions de vote. La crise économique devrait pourtant être porteuse pour leurs propositions anticapitalistes. Las. C’est parce qu’"on nous prêche du matin au soir la résignation, veut croire Nathalie Arthaud. Ce discours finit par porter !"

En 2002, trois candidats d’extrême gauche avaient réussi à convaincre plus de 10 % des électeurs. Cinq ans plus tard, ces candidatures réunissaient près de 6 % des voix. "Contrairement à 2002, où les socialistes étaient sortants et où ce vote était perçu comme un aiguillon à gauche, cette année, il y a une vraie envie d’alternance, estime Frédéric Dabi, directeur adjoint de l’IFOP. L’extrême gauche, comme Europe Ecologie, pâtit d’un réflexe de vote utile de la part du peuple de gauche."

Seul Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche qui ne se revendique pas d’extrême gauche, réussit à tirer son épingle du jeu, avec 9 % d’intentions de vote. "C’est un vote d’influence : il devient le vote utile de la gauche non socialiste, souligne Vincent Tiberj, chercheur à Sciences Po. Et trois petits scores, comme en 2002, ne pèseront jamais autant que le même score avec un seul candidat."

Mme Arthaud pourrait même se retrouver seule représentante de l’extrême gauche. Pour elle, l’obstacle des 500 parrainages ne devrait pas poser de soucis. Depuis 1974, LO a toujours été présente à l’élection présidentielle. Le parti dispose d’un bon réseau militant, qui démarche les élus depuis déjà de longs mois.

"Nous ne sommes pas loin du but", a précisé la candidate vendredi, tout en refusant de donner un chiffre. Pour le NPA, la situation est différente : à peine 400 promesses de signatures qu’il faudra avoir converti en parrainages d’ici au 16 mars. "Ce ne serait pas une bonne chose que Philippe Poutou ne puisse pas se présenter, a estimé Mme Arthaud avant son meeting. Je souhaite que le NPA puisse défendre sa politique pour que nous soyons deux à taper sur le même clou." Mais même si elle devait rester seule en lice, il n’est pas sûr que cela favorise la candidate de LO. "A ces niveaux d’intentions de vote, on est sur les noyaux durs des deux partis, note M.Tiberj. Ce sont aussi ceux qui ont le plus de mal à passer d’un parti trotskiste à l’autre."

Dès la semaine prochaine, Mme Arthaud reprendra la route pour "populariser" son programme. Pour se faire connaître, Arlette Laguiller n’a qu’un conseil : "C’est de durer." Et en matière de longévité, l’ex-porte-parole de LO s’y connaît, elle qui a été six fois candidate à la présidentielle.

Raphaëlle Besse Desmoulieres

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Message  alexi le Sam 4 Fév - 17:56

Le meeting LO IdF d'hier sera diffusé intégralement dimanche à 11 heures sur LCP public sénat.

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Re: Lutte ouvrière

Message  Vals le Dim 5 Fév - 12:15

alexi a écrit:Le meeting LO IdF d'hier sera diffusé intégralement dimanche à 11 heures sur LCP public sénat.

C'est tout de suite, à 11h15....
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Re: Lutte ouvrière

Message  nico37 le Dim 5 Fév - 19:32

La leçon de fiscalité d'Arthaud à Hollande

" Hollande veut créer une nouvelle tranche d'impôt sur le revenu de 45% pour les salaires supérieurs. Mais cette tranche était de 48% sous Raffarin, de 60% sous Giscard "

Lors de son premier grand meeting de campagne, vendredi soir à Montreuil (Seine-Saint-Denis), Nathalie Arthaud s'est permis de recadrer François Hollande quant à sa proposition de relever à 45% le taux d'imposition sur le revenu concernant les salaires les plus élevés. La candidate de Lute ouvrière pointe, à raison, le fait que les prédécesseurs de François Fillon avaient fixé ce taux au-dessus des 48%.

Vendredi soir, Nathalie Arthaud passait son premier grand test de campagne. A Montreuil (Seine-Saint-Denis), devant 1.800 personnes acquises à sa cause, elle a fourbi ses armes et ouvert les hostilités envers ses adversaires. Outre Nicolas Sarkozy, François Hollande a été la principale cible de la candidate de Lutte ouvrière. Enseignante de métier, elle a notamment donné un cours d'histoire à l'adresse du socialiste en matière de fiscalité. Rappelant la proposition du PS de créer une nouvelle tranche d'impôt sur le revenu à 45% pour les salaires les plus élevés, elle a lancé : " Mais cette tranche était de 48% sous Raffarin, de 60% sous Giscard. " Avant d'ironiser : " Giscard plus à gauche que Hollande? "

Nathalie Arthaud avait bien préparé ses notes. Ce que François Hollande annonce comme une mesure de justice fiscale ressemble davantage à un retour vers le passé. Pour mieux le comprendre, il faut se replonger dans les projets de loi de finances de… la IIIe République. En 1915, pour soutenir l'effort de guerre, une tranche supérieure de l'impôt sur le revenu est créée. Les citoyens concernés ne sont pas beaucoup mis à contribution, étant taxés à hauteur de 2% de leurs salaires. Cela ne durera pas : en 1924, pour financer la douloureuse reconstruction, le taux de cette tranche supérieure est porté à 90%.

Un taux diminué par la crise

Pendant l'entre deux-guerres, le taux joue du yo-yo : rabaissé à 50% puis 40% au début des années 30, il est relevé de nouveau à 90% en 1939 par Edouard Daladier, pressé par le besoin de refinancer l'armée française alors que l'Allemagne nazie met ses menaces à exécution. La République de Vichy le fixe finalement au-dessus de 60%, décidant que ce taux puisse varier en fonction de l'inflation.

Dès lors, ce sont les rebondissements de la vie économique qui dictent l'abaissement progressif du taux d'imposition des plus riches. Autour de 60% pendant les trente glorieuses (1945-1975), Valéry Giscard d'Estaing y touche pour la première fois en 1978 pour donner un peu d'air aux investisseurs mis en difficulté par les chocs pétroliers successifs. Si François Mitterrand créé l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), il laisse Jacques Chirac puis Edouard Balladur, ses deux Premier ministres de cohabitation, diminuer sensiblement ce taux d'imposition.

Le "cadeau" de Nicolas Sarkozy

A environ 54% jusqu'en 2000, c'est le gouvernement de Lionel Jospin qui y touche, le faisant passer, en 2002, à 52,75%. Jean-Pierre Raffarin, un an après son arrivée au pouvoir, l'abaisse sous la barre des 50% pour finalement le fixer à 48,09% à partir de 2004. Trois ans plus tard, Nicolas Sarkozy décide de simplifier l'impôt sur le revenu, fixant les taux de chaque tranche à 0%, 5,5%, 14%, 30% et, pour les plus riches, 40%. A partir de cette date toutefois, les abattements dont pouvaient bénéficier certains contribuables – sur leurs revenus fonciers ou les bénéfices de leur exploitation agricole par exemple – sont toutefois intégrés au barème des impôts.

En proposant une nouvelle tranche d'impôt à 45%, François Hollande limite donc les conséquences des mesures fiscales de Nicolas Sarkozy sans pour autant revenir à la situation initiale. Dans son esprit, le socialiste ne veut pas, à l'heure de la crise, faire trop payer les citoyens les plus aisés afin d'éviter une fuite des capitaux à l'étranger. Un argument qui ne convainc pas Nathalie Arthaud, digne héritière d'Arlette Laguiller.

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Re: Lutte ouvrière

Message  Copas le Dim 5 Fév - 22:10

Dès lors, ce sont les rebondissements de la vie économique qui dictent l'abaissement progressif du taux d'imposition des plus riches. Autour de 60% pendant les trente glorieuses (1945-1975), Valéry Giscard d'Estaing y touche pour la première fois en 1978 pour donner un peu d'air aux investisseurs mis en difficulté par les chocs pétroliers successifs. Si François Mitterrand créé l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), il laisse Jacques Chirac puis Edouard Balladur, ses deux Premier ministres de cohabitation, diminuer sensiblement ce taux d'imposition.

La tranche la plus haute a été de 91% aux USA et est restée au dessus de 80% de la guerre jusqu'en 1964, ...


Cela donne une bonne mesure de ce qu'est le PS maintenant.
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Re: Lutte ouvrière

Message  nico37 le Lun 6 Fév - 23:04

On a entraîné un jeune UMP au meeting de LO Marie Kostrz

Grégoire a bien voulu m'accompagner au meeting de Nathalie Arthaud à Montreuil. Il a été impressionné par les chants révolutionnaires, pas par le discours de la candidate.

Un adhérent de la jeunesse UMP dans une meeting de LO ? L'idée n'a pas fait peur à Grégoire, qui a accepté de m'accompagner lors du rassemblement organisé à Montreuil vendredi. Il a 27 ans, étudie dans une école de commerce. Cela fait neuf ans qu'il a rejoint l'UMP, dont sa mère fait aussi partie.

Il a vu Nathalie Arthaud devant une foule en liesse, lors de son premier meeting. Avant que la candidate de Lutte ouvrière (LO) à la présidentielle n'entame son discours, son image défile déjà en boucle sur un écran géant. Grégoire a les yeux rivés dessus.

Jamais ce militant, originaire d'Alsace, ne s'était évidemment rendu à un tel rassemblement de l'extrême gauche. Il connaît Nathalie Arthaud seulement à travers les affiches que LO a placardé sur les murs de la capitale et de ses banlieues :

« Cela m'a choqué, car c'est de l'affichage sauvage. Ce ne sont vraiment pas des méthodes que nous employons en Alsace. J'ai toujours collé mes affiches sur des panneaux. »

Nougaro et Edith Piaf le laissent de marbre

Bon. On prend place dans la grande salle, près de l'écran géant. Grégoire jette un rapide coup d'œil dans l'assemblée. Pour lui, rien à signaler de particulier, le public est « tout à fait similaire à celui de l'UMP, où viennent des gens très différents ».

Je lui fais remarquer que le public n'est pas si diversifié : on n'y voit pas beaucoup de jeunes. Les classes supérieures, les cadres et les patrons n'ont pas l'air de se bousculer non plus. LO est un parti de « classe » (ouvrière). « Oui c'est vrai », reconnaît-il.

Grégoire pèse ses mots, il n'a vraisemblablement pas envie de passer pour un militant condescendant. Et pas très pop. (Je réalise que je me suis fait berner par leur mémorable lipdub. J'imaginais un mouvement aux militants enjoués en toute circonstance. Je suis un peu déçue.)

On attend donc en silence l'arrivée de Nathalie Arthaud et d »Arlette Laguiller, qui préside la soirée. Les exclamations des militants motivés qui nous entourent et la compilation musicale Nougaro-Piaf qui chauffe la salle ont l'air de laisser Grégoire indifférent.

Le chant révolutionnaire : « Impressionnant »

Les voilà enfin qui arrivent. C'est parti pour un chant révolutionnaire endiablé, « La Jeune Garde », qui, lorsque la musique s'arrête, continue a cappella. Ici, tout le monde connaît les paroles et chante à gorge déployée – l'Internationale débitée lors des meetings de Jean-Luc Mélenchon, c'est un peu mou à côté. « Assez impressionnant, je ne sais pas quand je reverrai ça », reconnaît Grégoire.

Arlette Laguiller ouvre le bal. Elle espère que les ouvriers « s'empareront des idées » de LO « pour qu'elles deviennent une force » et que l'ordre établi entre classes soit renversé.

Une phrase qui fait écho à l'immense banderole déployée dans le fond de la salle, où sont inscrites les paroles de Karl Marx :

« L'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes. »

Ce qui ne fait pas rêver notre Jeune pop. « C'est un peu vieillot, Marx. »

« Grèves et blocages, pas les bons moyens »

Grégoire préfère enchaîner sur les « moyens plutôt critiquables » que LO utilise :

« Les partis républicains ont des valeurs de respect et de justice. LO n'en fait pas partie, c'est un parti extrême : les grèves, les blocages ne sont pas les bons moyens, car il y a toujours une possibilité de dialoguer. »

Je lui demande si parfois ce n'est pas une nécessité pour se faire entendre. On parle de l'usine Lejaby de Haute-Loire, qui a fermé et vient d'être reprise par un fournisseur de Louis Vuitton.

Il est persuadé que même sans leur grande mobilisation et le traitement médiatique qui a suivi, les employées du fabriquant de lingerie auraient reçu la même attention de la part de l'Elysée.

Autour des deux femmes de Lutte ouvrière, une rangée d'ouvriers de l'industrie automobile, des cheminots, un agent de sûreté. L'heure est à la défense des conditions de travail.

« Elle caricature les jeunes »

Grégoire reste indifférent au discours :

« Avec la réforme des retraites Nicolas Sarkozy a pris des dispositions spéciales pour ceux qui effectuent les travaux les plus pénibles. »

Une mesure qui, onze mois après son entrée en vigueur, n'est quasiment pas appliquée. Grégoire l'ignore : « Ah bon ça n'a pas encore été mis en place ? »

Puis c'est au tour de Nathalie Arthaud de faire chauffer le micro. Pendant tout le discours, Grégoire l'écoute attentivement, pianote de temps à autre sur le clavier de son téléphone. Au bout d'une heure et demie, il commence à regarder sa montre.

A peine le discours achevé et l'Internationale chantée poing levé, il réagit :

« Je ne comprends pas pourquoi elle n'a consacré que cinq petites minutes à la jeunesse. Elle caricature les jeunes en ne parlant que de ceux qui habitent en banlieue ou qui sont diplômés et ne trouvent pas de travail. C'est caricatural, pas représentatif des jeunes de France. »

Le manque de propositions concrètes avancées sur ce thème l'étonne.

« Les riches consomment plus »

Place à la TVA sociale. La critique qu'en fait Nathalie Arthaud n'est pas du goût de Grégoire. L'injustice entre riches et pauvres, grand thème de LO, est pour lui injustifiée. Dialogue :

« L'augmentation de la TVA annoncé le 29 janvier ne concerne que les produits actuellement à 19,6%. Ça épargne les produits de première nécessité, donc les pauvres ne sont pas plus touchés. La hausse touche par exemple les produits technologiques.

- Ça veut dire qu'il sera encore plus difficile pour une personne modeste d'acheter par exemple un ordinateur que pour un client aisé...

- Ça veut dire que les riches pourront plus consommer et ce n'est pas une mauvaise chose.

- Mais l'ordinateur, c'est un outil de plus en plus nécessaire pour étudier par exemple. Ce n'est pas un peu problématique que son accès soit encore plus inégal ?

- Peut-être. Mais il faut voir ce qui est important en temps de crise. »

Grégoire ne dira rien de l'augmentation de la TVA de 5,5% à 7%, passée au 1er janvier 2012, qui concerne lui de nombreux produits de première nécessité.

Le communisme, « même eux n'y croient plus »

Grégoire est content d'avoir assisté au meeting. Conclusion : l'idéal communiste reste pour lui « un doux rêve », le discours de LO est lui anachronique.

Dans la salle, il remarque finalement la présence de nombreux militants grisonnants :

« A mon avis, il ne sont pas dupes, même eux n'y croient plus. »

Nathalie Arthaud, un peu plus tôt dans la soirée, semblait pourtant convaincue du contraire :

« Nos idées, elles touchent. Ne vous inquiétez pas, elles feront leur chemin. Tôt au tard, il y aura des réactions. »

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Message  Vals le Mar 7 Fév - 1:18

LEUR SPECTACLE DÉRISOIRE ET NOS EXIGENCES VITALES

Sarkozy a donc réussi à mobiliser Angela Merkel pour sa campagne, histoire de montrer qu'il bénéficie de la considération de la chancelière de la première puissance européenne. Trois jours avant, c'est une autre démonstration qu'il a voulu faire. Il a visité un chantier de construction de logements à Mennecy dans l'Essonne pour montrer qu'il est un président populaire, voire un fan des ouvriers. Une centaine de personnes l'attendaient en rang d'oignons, des ouvriers en tenue de chantier et des cadres coiffés de casques. Mais sa démonstration a fait flop lorsqu'un reportage a signalé que la centaine de travailleurs qui l'avaient accueilli étaient surtout des figurants car seuls une trentaine d'ouvriers travaillent d'ordinaire sur ce chantier. De plus, étant donné le froid de canard, même ces trente travailleurs il a fallu les réquisitionner.

Beaucoup de cinéma donc pour pas grand-chose ! Ce n'est même pas la mauvaise qualité de la mise en scène qui est en cause.

Sarkozy est un des serviteurs de la bourgeoisie des plus cyniques, des plus méprisants aussi vis-à-vis du monde du travail. Aucune simagrée à deux mois de l'élection ne fera oublier à l'électorat populaire tous les mauvais coups que Sarkozy et sa majorité ont portés aux travailleurs, de la suppression d'un emploi sur deux dans les services publics jusqu'à la récente décision d'augmenter la TVA, l'impôt le plus injuste qui soit et qui frappe surtout les plus pauvres.

La haine envers Sarkozy est si largement partagée dans l'électorat populaire que tous les sondages prédisent sa défaite électorale. Les travailleurs n'ont cependant pas beaucoup de raisons de se réjouir.

Hollande est le rival qui a le plus de chances de lui succéder. Oh, on a l'habitude des promesses des hommes politiques avant les élections, aussitôt oubliées dès qu'ils sont élus ! Mais Hollande ne promet même pas car il ne veut pas que la moindre promesse soit prise au sérieux et que, s'il est élu, les travailleurs lui demandent des comptes.

Rien contre le drame que représentent les licenciements, y compris et surtout dans les grandes entreprises dont les profits sont élevés. Rien sur les salaires, même sur le Smic.

Hollande voudrait simplement qu'on vote pour lui afin d'empêcher la réélection de Sarkozy. Mais qui peut garantir qu'il ne mènera pas la même politique, voire, si la crise s'aggrave, une politique d'austérité plus grave encore ? La politique menée, quelle que soit l'étiquette du président de la République, sera celle exigée par le grand patronat face à la crise.

Que l'on se souvienne qu'en Grèce, c'est un gouvernement socialiste qui a pris des mesures d'austérité draconiennes, jusqu'à ce qu'il perde tout crédit et qu'il soit contraint de céder la place à d'autres, y compris l'extrême droite !

Voilà pourquoi ce serait une grave erreur d'espérer que les travailleurs seront protégés contre les politiques d'austérité et contre les coups du grand patronat simplement en changeant de président de la République. Le seul espoir du monde du travail réside dans ses propres capacités à réagir, à dire "stop" aux licencieurs et à imposer par la lutte les objectifs vitaux pour défendre sa peau.

Contre le chômage, le simple bon sens dicterait qu'on interdise les licenciements et qu'on prenne sur les dividendes d'aujourd'hui, ou sur ceux d'hier accumulés par les actionnaires, de quoi payer son salaire intégral à tout salarié, quand bien même l'activité serait répartie entre tous. Il ne faut pas qu'une seule famille ouvrière se retrouve privée d'emploi, seule source de revenu qui permet aux travailleurs de survivre.

Il faut l'augmentation générale et conséquente des salaires afin de rattraper le pouvoir d'achat perdu au fil des ans. Et il faut que ce pouvoir d'achat soit indexé sur les prix, c'est-à-dire l'échelle mobile des salaires.

Il faut surtout que les travailleurs se mêlent de la comptabilité des entreprises, de ce qui est produit ou pas, qu'ils contrôlent ce qui est versé en dividendes aux actionnaires ou en salaires aux hauts cadres, pour montrer qu'il est possible d'augmenter les salaires à condition de ne pas hésiter à toucher aux revenus du capital. Il faut la suppression du secret industriel et commercial afin que l'activité des entreprises qui résulte de la collaboration de milliers de travailleurs soit transparente et contrôlable.

Il n'est pas possible d'imposer tout cela par le bulletin de vote. Mais il permet au moins de s'exprimer et d'affirmer son accord avec ce programme. C'est la raison pour laquelle Lutte Ouvrière présente Nathalie Arthaud, candidate communiste, pour que tous ceux qui partagent ces objectifs puissent l'affirmer en votant pour elle.


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Message  Vals le Mar 7 Fév - 14:29

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Message  nico37 le Mar 7 Fév - 23:27


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Message  nico37 le Jeu 9 Fév - 19:54

Au Havre le 1er février Lutte Ouvrière n°2271 du 10 février 2012

C'était la première réunion publique de Nathalie Arthaud au Havre, ville portuaire et industrielle marquée par la crise. Pascal Le Manach, ouvrier à l'usine Renault-Cléon, a notamment dénoncé les suppressions massives d'emplois à Renault-Sandouville, une usine d'assemblage qui comptait 6 500 travailleurs en 2001, 4 600 en 2006, et plus que 2 450 aujourd'hui.

C'est dans une ambiance chaleureuse qu'une centaine de personnes sont venues écouter la candidate de Lutte Ouvrière. Lors du débat, un participant lui a notamment demandé ce qu'elle proposait contre la hausse des prix du carburant (aussi cher qu'ailleurs, dans cette ville de raffinage) et par rapport au nucléaire. S'il est difficile d'empêcher les industriels de fixer des prix prohibitifs, a-t-elle répondu, les travailleurs peuvent en revanche exiger que les salaires et les pensions suivent les prix. Après tout, tous les industriels, les exploitants d'autoroute, etc., répercutent la hausse des prix. Mais pourquoi les travailleurs ne pourraient-ils pas en faire autant ? Quant au nucléaire, plus qu'un problème lié à la technologie, c'est l'organisation sociale actuelle qui est en cause, comme l'ont illustré l'accident de Fukushima et le comportement irresponsable de l'entreprise Tepco.

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Re: Lutte ouvrière

Message  Vals le Jeu 9 Fév - 22:55

ET toi, Nico, qu'en penes-tu vraiment de tout ça et de ce que nous faisons et racontons ....?
Tu peux être en parfait désaccord, en adhesion critique, en satisfecit global ....?
En tout cas, tu informes et c'est utile,...
Mais que penses-tu vraiment ????
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Re: Lutte ouvrière

Message  Vérosa_2 le Ven 10 Fév - 17:19

Communiqué LO de ce jour :
Sarkozy, toujours un peu plus bas

Sarkozy veut donc imposer aux chômeurs d’accepter n’importe quel emploi, à n’importe quel salaire, sous peine de radiation dès le premier refus. Cette proposition écœurante ne me surprend pas, venant de lui, mais elle me scandalise.

Personne n’est chômeur par choix. Le chômage est un drame humain et social, imposé par un système économique dément qui permet de laisser des millions d’hommes et de femmes utiles sur le bord de la route, pour augmenter les profits de quelques milliers de parasites sociaux – les actionnaires, grands patrons et banquiers. Mais pour Sarkozy, c’est aux victimes qu’il faut s’en prendre !

Le président ose prétendre que les chômeurs touchent des allocations « passivement » ! Mais il n’a rien à dire sur la « passivité » de Lilianne Bettencourt, la grande amie de son ex-ministre du Budget, ni sur celle de tous les actionnaires des grands groupes capitalistes qui touchent des millions, voire des milliards, sans avoir jamais travaillé de leur vie. Il veut priver les chômeurs d’allocations – c’est-à-dire les condamner à la rue – dès le premier refus de proposition d’emploi. Mais il estime inadmissible de priver même d’une parcelle de leur fortune ceux qui, d’un trait de plume, ruinent des régions entières en fermant les entreprises.

Sarkozy ne fait qu’exprimer là les préjugés crasseux de la classe qu’il sert : pour les bourgeois grands et petits, les travailleurs, qu’ils aient un emploi ou pas, sont forcément des fainéants.

Mais cet éternel mépris des riches pour ceux qui les font vivre est aussi, parfois, ce qui allume le feu des révoltes !

Nathalie Arthaud
C'est clair et précis comme très souvent chez LO, mais je trouve quand même cela un peu court, notamment le manque d'appel à la riposte (mis à part un voeu pieux en guise de conclusion).

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Message  nico37 le Ven 10 Fév - 22:30

Vals a écrit:ET toi, Nico, qu'en penes-tu vraiment de tout ça et de ce que nous faisons et racontons ....?
Tu peux être en parfait désaccord, en adhesion critique, en satisfecit global ....?
En tout cas, tu informes et c'est utile,...
Mais que penses-tu vraiment ????
En bref : les deux candidatures de Nathalie et de Phlippe se complètent : Nathalie rappelle clairement les fondamentaux tandis que Philippe verse dans le néokeynésianisme radical. Je fais l'hypothèse que s'il y a une continuité de Nathalie à Mélenchon, cela évitera des " pertes " militantes car les déçu-e-s se recaseront sans difficultés majeures et puis ça évite l'image(rie) dite sectaire qui n'est en fait qu'une absence de pédagogie (et non de souplesse comme je le lis parfois). Pour autant si j'étais inscrit sur les listes électorales, je n'aurais pas fait mon choix entre les deux car cela dépend du message que j'aurais voulu faire passer dans mon entourage. Justement dans mon entourage et au boulot il est certain que les deux manquent d'audience et c'est pour ça que faire campagne sur des idées est évidemment le meilleur choix. D'ailleurs une interrogation par rapport au slogan de Nathalie : est-ce une candidature communiste ou bolchevique Question


Présidentielle : la nouvelle candidate de lutte... par BFMTV

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Re: Lutte ouvrière

Message  Vals le Sam 11 Fév - 12:54

D'ailleurs une interrogation par rapport au slogan de Nathalie : est-ce une candidature communiste ou bolchevique


L'essentiel, quand on a décidé d'utiliser une campagne électorale, c'est d'essayer de faire passer l'essentiel, même à contre-courant...les mots choisis ont donc de l'importance. Je ne comprends donc pas trop ta question. Même si LO se réfère toujours clairement à Lenine, à trotsky, aux bolcheviques et à la révolution d'octobre, parler de candidature "bolchevique " n'aurait pas de sens .
A un moment où tout le monde a abandonné la référence communiste (soit en la virant du programme, soit en disparaissant derrière un social-démocrate comme le PC..), il est important que l'idée, le drapeau, les perspectives soient maintenues clairement.
Ce qui n'empêche évidemment pas de parler de la situation actuelle, des préoccupations des travailleurs et de mettre en avant un programme pour les luttes .
Mettre en avant l'idée communiste aujourd'hui, c'est vouloir montrer que malgré les trahisons et contre-façons criminelles du stalinisme et de la social-démocratie, le communisme reste la seule perspective pour les exploités . Et tout au long de cette campagne, Nathalie, les militants et sympathisants redisent la nécessité de construire le parti communiste révolutionnaire qui manque à la classe ouvrière.
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Re: Lutte ouvrière

Message  nico37 le Sam 11 Fév - 15:00

Présidentielle : Nathalie Arthaud ( Lutte Ouvrière) ce samedi AM à Besançon

Les candidats à la présidentielle se succèdent en Franche Comté. Ce samedi après midi, Nathalie Arthaud de Lutte Ouvrière sera à Besançon. Elle tiendra à 17h à la Malcombe un meeting public. Celle que les sondages créditent de peu d’intentions de vote présentera à ses électeurs son projet politique. Arrêter les licenciements et proposer des emplois avec des vrais salaires telles sont les valeurs que souhaitent porter Lutte Ouvrière et Nathalie Arthaud pour cette élection.

Pour la candidate, « il est déplorable de constater qu’aujourd’hui, en 2012, les besoins vitaux ( se loger, se chauffer, se nourrir) de nombreux salariés ne sont pas satisfaits ; que nombre d’entre eux doivent se satisfaire de petits boulots, qui les poussent inévitablement dans la misère ».

Egalement dans sa ligne de mire « tous ces dirigeants des grandes entreprises qui dominent l’économie et qui réalisent d’importants bénéfices ». « Cet argent doit avant tout servir aux emplois et aux salaires » conclut-elle.

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