Répression syndicale

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Répression syndicale

Message  fée clochette le Jeu 14 Avr - 17:41

Le Comité de lutte et l’intersyndicale de Continental-Clairoix, avec l’ensemble du personnel
Appel aux travailleurs et à la population, aux organisations syndicales, partis politiques, associations et organisations se plaçant sur le terrain de la défense des libertés collectives
Nous vous appelons à vous joindre à la manifestation que nous organisons :
mardi 3 mai à 11 heures à la gare de Compiègne
pour se rendre en manifestation place du château à l’entrée du palais de justice où est convoqué à 13h30 l’un d’entre nous, Xavier Mathieu, poursuivi devant le tribunal correctionnel pour avoir refusé de se soumettre à un test de fichage ADN.
Cette nouvelle procédure est la suite des poursuites que le gouvernement avait engagées contre 7 travailleurs de Continental, suite à la manifestation d’avril 2009 à la sous-préfecture de Compiègne. Le pouvoir avait voulu prendre en otage 7 salariés pour faire un exemple à l’encontre des travailleurs qui se battaient pour faire respecter leurs droits. Finalement la Cour d’Appel d’Amiens a annulé les condamnations prononcées par le tribunal correctionnel de Compiègne sur réquisition du parquet et a transformé le tout en simple amende. De même les demandes d’indemnisations extravagantes demandées ont été ramenées, pour le principe, à quelques centaines d’euros.
Le gouvernement a subi ainsi un désaveu et la cour d’appel a reconnu la légitimité du combat contre la collusion des patrons-voyous de Continental et du pouvoir.
Et lorsqu’ensuite notre camarde Xavier Mathieu a refusé, au nom de ses droits et de sa liberté individuelle, que l’on prélève son ADN, en l’assimilant ainsi à un auteur de crime, le procureur avait décidé de classer cette affaire. Il faut dire qu’on était en pleine mobilisation. Mais, quelques mois plus tard voilà que le dossier est ressorti avec convocation au tribunal avec en ligne de mire un risque de condamnation. En clair le gouvernement, qui donne ses instructions aux procureurs, voudrait montrer qu’il est toujours obstiné à essayer par ce biais d’obtenir une condamnation pouvant aller jusqu’à un an de prison contre le représentant des salariés qui ont eu le courage de relever la tête. Aussi :
Pour exiger l’arrêt des poursuites et de l’acharnement du pouvoir contre les travailleurs de Continental et leur porte-parole.
Pour reconnaître le droit à chaque citoyen de refuser de se soumettre à un test qu’il juge dégradant et attentatoire à sa liberté individuelle.
Pour refuser d’assimiler le combat des travailleurs pour la défense de leur droit à un délit.
Nous vous appelons à vous joindre à cette manifestation
L’ensemble des représentants de Continental et des appelants s’exprimeront place du château avant l’audience.
Clairoix, le 13 avril 2011.
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Un mois avec sursis requis contre Xavier Mathieu

Message  fée clochette le Jeu 5 Mai - 16:17

Un mois avec sursis requis contre Xavier Mathieu

COMPIEGNE (Oise), 3 mai 2011 (AFP) - Une peine d'un mois de prison avec sursis a été requise mardi devant le tribunal correctionnel de Compiègne à l'encontre de Xavier Mathieu, leader CGT des salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise), pour avoir refusé un prélèvement ADN. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 28 juin.



A la suite de sa condamnation à 4.000 euros d'amende par la cour d'appel d'Amiens pour sa participation au saccage de la sous-préfecture de Compiègne en avril 2009, le syndicaliste de 46 ans avait refusé de se soumettre à un prélèvement de son empreinte génétique.

Ses cinq co-prévenus, qui avaient écopé chacun de 2.000 euros d'amende le 5 février 2010, avaient quant à eux accepté ce prélèvement, selon Xavier Mathieu.



A la barre, il a expliqué avoir "désobéi à cette loi injuste" qu'il estime "liberticide et totalitaire". "Je suis un délégué, un militant, je ne suis pas délinquant, je ne suis pas un criminel", a-t-il déclaré au tribunal, lançant au président : "je n'ai rien à foutre dans ce fichier". Il a également déploré que le parquet n'ait pas poursuivi les dirigeants de Continental.



Son avocate, Me Marie-Laure Dufresne-Castets, a déposé des conclusions d'illégalité, affirmant qu'un décret donnait la capacité au parquet de convoquer ou non en vue de tels prélèvements. Affirmant que "l'alimentation du fichier se fait selon le bon vouloir du parquet", elle a plaidé la relaxe, dénonçant "une forme d'acharnement qui se poursuit" contre son client.

Le procureur, Ulrika Delaunay-Weiss, a réfuté cet argumentaire. Elle a expliqué que le décret incriminé portait sur des modalités administratives et le délai de transmission des prélèvement au FNAEG (Fichier national automatisé des empreintes génétiques).



Créé en juin 1998 pour recenser l'ADN des condamnés définitifs pour infractions sexuelles, le fichier national automatisé des empreintes génétiques a été étendu en 2001, 2003 et 2010 à de nombreux autres crimes et délits.



Avant le procès, entre 500 (selon la police) et 800 personnes (selon les organisateurs), ont manifesté dans les rues de Compiègne. Pusieurs personnalités de gauche ont participé à la manifestation. Jean-Luc-Mélenchon (PG) a dénoncé "un fichage généralisé", tandis que Marie-George Buffet (PCF) s'en est prise à une "volonté d'humilier les syndicalistes en leur infligeant des tests ADN". Olivier Besancenot (NPA), Jean-Marie le Guen (PS), Nathalie Arthaud (LO).

étaient également présents, dénonçant la "criminalisation du mouvement social".



L'usine de pneumatiques Continental de Clairoix a fermé début 2010 entraînant la suppression de 1.120 postes. Les ouvriers avaient obtenu 50.000 euros d'indemnités de départ extra-légales. Cinq cent vingt anciens salariés contestent toutefois leur licenciement devant les prud'hommes qui les entendront le 18 octobre.
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Re: Répression syndicale

Message  Roseau le Lun 21 Jan - 22:55

Haribo (Uzès) : justice pour Jean-Christophe et l'action syndicale !
http://www.npa2009.org/content/haribo-uz%C3%A8s-justice-pour-jean-christophe-et-laction-syndicale%E2%80%89
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"Réprimer et domestiquer : stratégies patronales"

Message  Roseau le Sam 23 Fév - 15:08

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Manif à Metz le 15 mai à 17h30 à la colonne Merten

Message  Lascar Kapak le Lun 13 Mai - 18:12

La CNT, la CGT Florange et Arcelor Mittal, la FASE, la FA, le NPA, les JC, et AL, appellent à manifester, faites circulez l’info et rejoignez la manifestation !!

Le tract de la CNT :

Défendre ses conditions de travail, d’étude et de vie n’est pas un délit !

De nos camarades de Continental à ces enseignant-e-s refusant les mutations forcées suite au mouvement contre la casse des retraites de 2003, des inculpés de Tarnac à ces milliers de personnes réprimées durant le mouvement contre le CPE, contre la privatisation déguisée des universités (LMD, LRU,…), ou encore une fois contre une énième attaque contre nos retraites en 2010, nous sommes nombreux-euses à nous être opposés à toutes les politiques de démolition sociale, racistes et autoritaires.

Depuis des années nos mobilisations se heurtent à la politique des gouvernements. Aux justes revendications des classes populaires s’est opposée la matraque comme seule réponse. Pressions hiérarchiques dans le public, comme licenciements dans le privé, retenues sur salaires, procès en diffamation, gardes à vue, mais aussi peines de prisons et lourdes amendes se sont alors abattus sur tou-te-s ces jeunes et tou-te-s ces travailleurs-euses qui se sont dressés contre le patronat et le gouvernement.

Qu’ils ou elles soient militant-e-s, syndicalistes, politiques ou associatifs-ves, avec ou sans étiquettes, nombreux et nombreuses sont ceux et celles qui furent harcelé-e-s ou injustement condamné-e-s pour avoir résisté. Du temps de l’UMP, le PS et François HOLLANDE appelaient à se mobiliser et s’opposaient, dans les hémicycles feutrés du Palais Bourbon ou du Luxembourg.

Aujourd’hui, de nombreux procès se déroulent toujours à l’encontre du mouvement social sans que François HOLLANDE ni le gouvernement socialiste ne réagissent. Le 23 Mars 2013, un militant de la CNT a été condamné à 40 000 € de dommage et intérêt pour avoir bloqué la gare de Metz avec 800 autres personnes, dont des militant-e-s socialistes aujourd’hui élus, durant le mouvement anti-CPE de 2006 !

Que dire pour les camarades de Goodyear, de PSA, d’Arcelor qui subissent au quotidien les mesquineries et vexations patronales ? Que dire pour les antifascistes réprimés qui s’opposent dans la rue, en se mettant en danger physiquement, aux nervis de l’extrême droite ? De quel côté est le gouvernement socialiste ? Celui du Peuple et du sprogrès social ou celui de la Réaction et du Capital ?

À l’heure où la triple crise économique, sociale et écologique que nous connaissons s’approfondit et s’accélère nous savons que nous devrons nous organiser pour défendre nos conditions de vie, d’étude et de travail, , pour lutter contre les licenciements, l’austérité et la montée de l’extrême droite.

Nous exigeons de François HOLLANDE et de son gouvernement qu’ils amnistient, CIVILEMENT ET PÉNALEMENT, pour tous les faits commis depuis le 1er janvier 2002 jusqu’à ce jour, tous ceux et celles qui ont été condamné-e-s pour leur participation aux mobilisations sociales et qu’ils en finissent avec les politiques répressives. Pour ce faire, l’occasion leur en est donnée. Ce n’est que dans ce cadre que le projet de loi qui sera étudié à l’Assemblée Nationale ce jeudi 16 mai pourrait avoir du sens.

Pour leur faire entendre raison et les rappeler à ce qu’ils nous doivent :

MANIFESTATION Place de la république (Colonne Merten) MERCREDI 15 MAI à partir de 17 h 30

Nous avons demandé à être reçu par le Préfet en personne, venez soutenir notre délégation !

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Re: Répression syndicale

Message  Lascar Kapak le Mar 14 Mai - 15:44

Alternative Libertaire Alsace

Contrôle social, répression policière, justice complice, pour que l’ordre capitaliste se perpétue, pour une exploitation sans entraves

Yassin Aïbèche Souilah, un jeune homme de 19 ans, exécuté le 13 février par un policier ivre, un de plus dira-t-on dans la longue histoire de la violence d’Etat. Le 23 mars dernier plusieurs manifestations ont eu lieu dans le pays contre les violences policières pour réclamer « Vérité et Justice » pour les victimes, à Marseille en mémoire de Yassin, à Paris pour Liamine Dieng, Aboukari Tandia, Ali Ziri, Wissem El Yamni, Nabil Matboul et d’autres.

http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/

Le droit de manifester, acquis de haute lutte, est interprété selon leurs intérêts par les gouvernants. Même lorsqu’une manifestation est déclarée, comme ce fut le cas avec le 9ème collectif des sans-papiers ce 4 mai à Paris, les CRS et gardes mobiles, les policiers en civils sont envoyés pour entraver la mobilisation, criminaliser les militants, les soutiens. Un peu plus tôt en avril les forces de l’ordre s’étaient faites plus menaçantes avec une interpellation musclée. 2 membres du réseau Résistons ensemble (http://resistons.lautre.net/) ont été arrêtés par la BAC et menés sous contrainte au commissariat de Gennevilliers, fichés avec en prime leur matériel saisi. Combien de syndicalistes, de militants, de membres d’associations condamnés alors qu’un Denis Gautier Sauvignac présidant l’IUMM jusqu’en 2008 est amnistié, que la justice de classe continue de s’exercer ? Il est ainsi de bon ton d’arroser de fric pour casser les grèves, on peut impunément faire fonctionner des « caisses noires », détourner des fonds, corrompre, escroquer mais dès qu’une mobilisation remet en cause le vol généralisé et le vote de lois scélérates, la machine à punir choisit son camp et blanchit les forces de l’ordre quasi systématiquement. Ce même ordre vient de faire passer « la loi sur la sécurisation de l’emploi », une défaite de plus sur le « marché du travail » qui n’empêche pas Valls et consort de se gargariser d’ « exigences du dialogue social ». Celui qui envoit ses sbires faire le sale travail du tri social et de la répression, en phase avec le MEDEF, oppose ce prétendu dialogue à une amnistie, quelle plaisanterie !

D’autres sonnent le tocsin pour ce qui serait « un blanc seing aux syndicats et syndicalistes irresponsables ». Les médias aux ordres proposent une image caricaturale de ceux qui se battent contre les plans sociaux. Ils seraient casseurs archaïques, délinquants en puissance. Les raisons profondes et légitimes de la colère sont évacuées ainsi que la répression policière, le harcèlement juridique, la violence économique des licenciements de masse.

Il faudrait tendre gentiment l’autre joue, accepter de se faire marcher dessus, de se voir passer par pertes et profits, de se laisser traire par la TVA, les coupes budgétaires, le démantèlement du code du travail, la baisse des salaires, des allocations, etc. Il faudrait accepter d’être une cible, accepter que l’Etat tire à vue dans certains quartiers pauvres et laisser l’injustice se dérouler, faire son travail de sape. Il serait normal que le PS au pouvoir s’appuie sur certains mouvements sociaux pour se faire élire, profite des victimes en promettant une amnistie refusée ensuite. On se pointe avant les élections, on distribue les mensonges et après on sert tranquille ses intérêts particuliers.

Comme le dit le syndicat de la magistrature : « Certains ont le droit d’être hors la loi, d’autres non. Ce n’est pas nouveau, nous le savons ! Si un syndicaliste avait menacé de « guerre civile », il serait emprisonné sans sommations. Si des syndicalistes s’étaient réunis autour de l’Assemblée nationale en pleine nuit pour demander l’abrogation de l’ANI ou l’adoption de la loi d’amnistie alors, ordre aurait été donné à la police de leur tirer dessus avec des Flash Ball, fichés et leur ADN prélevé… »

D’autres infos sur la répression, des initiatives en soutien de militants (non exhaustif) :

http://quefaitlapolice.samizdat.net/

Après le joli succès de la chaîne humaine autour de Notre-Dame des Landes, la lutte continue à Paris !!! APPEL A SOUTENIR les inculpé.e.s du Collectif francilien de lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes Récapitulatif des dates et lieux des procès
le samedi 25 mai à partir de 14h, journée “répression, mobilisation” (dans le cadre du FRAP) 14h débats, 18h manifestation : départ Max Dormoy http://www.demosphere.eu/node/36655
le mercredi 29 mai à 13h30, procès chantier des Halles (2 personnes) À la 10ème chambre correctionnelle du TGI de Paris, 4, boulevard du Palais, Paris
le lundi 3 juin à 14h, procès affaire Pinault (14 personnes) à la 7ème chambre D du tribunal correctionnel de Versailles, 5, Place André Mignot, Versailles

http://frap.samizdat.net/

A Lille, le C.R.I.M.E. (Contre la Répression des Individus et des Mouvements d’Emancipation) se fixe pour objectifs d’aider à trouver des fonds et de fournir des conseils juridiques, d’apporter un soutien politique lors des procès, de développer un mouvement d’opinion contre la répression (crime@riseup.net).
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Manif anti répression à Metz le 25 mai !

Message  Lascar Kapak le Jeu 23 Mai - 18:34

Et ça continue à Metz, avec visiblement les mêmes signataires que celle d'il y a dix jours, en espérant que le mouvement s'amplifie et s'élargisse :

Amnistie du mouvement social : amplifions la mobilisation !

Après une première journée de mobilisation le 15 mai suite à la condamnation d’un militant de la CNT à 40 000 € de dommage et intérêts pour le blocage des voies SNCF lors du mouvement anti-CPE de 2006, un nouvel appel unitaire à manifester est lancé.

Soyons nombreuses et nombreux le samedi 25 mai à 15h00 à la colonne Merten, place de la République à Metz !


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Re: Répression syndicale

Message  Copas le Sam 7 Mar - 11:26

Un camarade à défendre :
http://www.petitions24.net/contre_la_repression_anti-syndicale_et_les_licenciements


Marseille (13) :
Répression anti-syndicale dans les espaces verts


L’entreprise Jardin service est on peut dire florissante ! Depuis presque 20 ans, le patron et sa famille se partagent le butin, et leurs affaires s’étendent maintenant à de nombreux investissements, notamment dans l’immobilier.

Une vingtaine d’ouvrierEs se retrouvent sous la coupe d’un patron débonnaire. Le travail est dur et maigrement payé (1 450 euros net pour 39 h de travail par semaine). L’accumulation de problèmes rencontrés par les salariéEs a donc permis d’engager assez aisément une discussion sur la nécessité de constituer une section syndicale pour se défendre et en découdre.

Lorsque le patron a reçu la lettre de désignation d’un responsable syndical, il a convoqué ce dernier pour le menacer. Il a fait le tour des salariéEs pour en faire de même. Et lorsque, toujours mobilisés, ils ont dit non à sa réunion bidon « pour se dire tout ce qui ne va pas », il en a convoqué certains pour augmenter leurs salaires, et a commencé à renouveler du matériel obsolète.
La liberté de se syndiquer dans le collimateur

Une procédure de licenciement a été lancée contre David, soupçonné en fait d’avoir entraîné les autres salariéEs... Nous avons organisé un rassemblement devant l’entreprise qui a réuni une trentaine de personnes : NPA, sympathisantEs et salariéEs CGT d’une autre boîte d’espaces verts... Il est reproché à David des faits prescrits ou bien insignifiants pour un licenciement. C’est bien la liberté de se syndiquer qui est ici dans le viseur.

Nous continuons à construire la mobilisation en y associant d’autres équipes militantes, en lutte sur cette question des libertés syndicales (postierEs, collectif CAF). Il faut montrer au patron que nous n’accepterons pas ce licenciement anti-syndical et qu’une liste CGT sera bien présente le 2 avril, jour des élections des délégués du personnel auxquelles le patron a été contraint d’appeler. C’est le sens d’un rassemblement-meeting intersyndical non loin de l’entreprise qui pourrait avoir lieu dans les prochains jours mais qui reste à gagner, notamment dans la CGT.

C’est l’ensemble du mouvement social qui doit se mobiliser sur cette question, et la relier aux attaques du gouvernement Hollande-Valls-Macron. Il doit aussi se mobiliser pour soutenir les travailleurEs qui partout sont prêts à se mobiliser, à se syndiquer et à défendre leurs intérêts contre la rapacité toujours plus vorace et violente du patronat, grand et petit.
Pétition en ligne : http://www.petitions24.net/contre_la_repression_anti-syndicale_et_les_licenciements
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Re: Répression syndicale

Message  Carlo Rubeo le Dim 12 Juil - 10:49

Contre la répression capitaliste c'est demain lundi 13 juillet :

Paris : soutien aux militants ouvriers / concert contre la répression capitaliste

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Re: Répression syndicale

Message  Lorry le Lun 6 Juin - 13:18

http://www.humanite.fr/le-racisme-tolere-pas-le-syndicalisme-559511

Avec 20 ans d'ancienneté, Ali reste persuadé que c'est plus sa tendance à revendiquer que sa couleur de peau qui dérange.
Portrait. Ali Hamada, délégué CGT, a dénoncé l’insulte raciste dont il a fait l’objet. La réponse de la direction ? Des menaces de sanction…

En bleu de travail et gilet de sécurité fluo, Ali Hamada, quarante ans dont vingt passés chez Renault Trucks à Saint-Priest (Rhône), retrace son parcours d’une voix posée et avec le souci du détail, pour expliquer l’origine du conflit qui l’oppose à la direction du constructeur de poids lourds. « Pendant des années, on m’a répété que j’étais un bon élément, j’avais de bonnes évaluations. Jusqu’à ce que je me montre proche de la CGT, que je fasse grève et surtout que je prenne un mandat de délégué en 2012 », résume l’agent technique d’atelier. « Depuis que je suis délégué CGT, il ne se passe pas six mois sans que je sois convoqué par la direction. Au début, il fallait même que j’écrive sur un cahier quand j’allais aux toilettes. Mes chefs cherchent toujours quelque chose pour me coincer, mais ils n’ont rien trouvé, alors ils ont dû se dire qu’il ne restait plus que la provocation pour me pousser à la faute », analyse-t-il.

Lundi 13 octobre vers 17 heures, un ouvrier qui travaille à quelques mètres d’Ali vient le chercher pour l’alerter sur le fait que sa charge de poste est devenue impossible à tenir, à la suite d’un changement de cadence. « Au bout de cinq à dix minutes que je suis en train de constater la charge de travail sur le poste, le manager arrive sur la ligne pour me dire : “Tu n’as rien à faire là, retourne à ton poste !” J’ai refusé de partir, en lui expliquant que j’étais dans mes fonctions syndicales. À ce moment-là, il s’est placé derrière moi, et j’ai entendu des cris. Quand je me suis retourné, j’ai vu qu’il faisait des gestes de singe », raconte le syndicaliste natif des Comores. « Je lui ai demandé s’il me traitait de singe, il est devenu tout rouge et a quitté la ligne », poursuit-il, assurant que l’ensemble des salariés présents avaient été choqués, et avaient demandé à leur supérieur de s’excuser. Mais les excuses, maintes fois demandées, ne viendront pas. Alors même que la CGT ne demande aucune sanction contre le chef incriminé, et se limite à exiger des excuses publiques et qu’une formation sur les discriminations lui soit dispensée.

L’agent technique risque
jusqu’à cinq jours de mise à pied

« Quand la direction nous a reçus deux semaines après, c’était pour nous dire qu’il fallait voir les gestes du manageur comme ceux d’un parent qui veut montrer à son enfant qu’il est ridicule », se souvient, écœuré, Frédéric
Panetié, secrétaire général de la CGT sur le site. Mais au-delà de la minimisation du comportement du chef en question, la direction décide de contre-attaquer. « Ils ont dressé une liste de chefs d’accusation, qui allaient du fait qu’Ali parlait mal à ses collègues à des menaces de mort qu’il aurait proférées contre son chef, en passant par un non-respect des règles de sécurité lors d’un débrayage », explique Frédéric Panetié, qui conteste l’ensemble des griefs exposés. Pour lui, le but de la manœuvre semble clair : « Monter une cabale contre Ali pour le décrédibiliser et enterrer l’affaire. »

Le 24 novembre, Ali est donc convoqué à un entretien préalable à sanction. Il risque jusqu’à cinq jours de mise à pied. Mais loin de se retrouver isolé, le syndicaliste est accompagné par une soixantaine de ses collègues, pas forcément proches de la CGT, qui débrayent pour le défendre. « C’était impressionnant de voir la moitié de l’équipe sortir de l’usine. Et comme il y a beaucoup de Congolais, on entendait chanter “Ali, Boma ye !”» (“Ali, tue-le !”, mot d’ordre des supporteurs du boxeur Mohammed Ali en 1974, lors de son combat contre George Foreman à Kinshasa, à l’époque au Zaïre, aujourd’hui République démocratique du Congo – NDLR) », raconte Frédéric Panetié.

Si Ali, accompagné par ses camarades de la CGT, a porté plainte pour injure à caractère raciste, celui-ci reste persuadé que c’est plus sa tendance à revendiquer que sa couleur de peau qui dérange sa hiérarchie. « Depuis 2004, je n’ai eu aucune augmentation individuelle, alors que mes collègues en ont une en moyenne tous les deux-trois ans. Et je n’ai connu aucun avancement de carrière depuis mon embauche en 1994 », pointe le délégué, qui fait pourtant partie des plus diplômés et des plus anciens de son secteur. Pour le secrétaire général de la CGT du site, c’est clair, le but est de se débarrasser ou de décrédibiliser Ali d’ici les prochaines élections professionnelles, prévues en octobre 2015. « La CGT est minoritaire dans son secteur, mais le vent a tourné depuis qu’Ali est délégué. Les salariés participent aux débrayages, boycottent des réunions de la direction », constate Frédéric Panetié, qui déplore que dès qu’un délégué « fait un peu du terrain, et a un peu de charisme, la direction fait tout pour qu’il rentre dans le rang », évoquant des pressions telles que certains syndicalistes ont renoncé à leurs fonctions ou ont quitté l’entreprise pour se protéger. Mais il y a fort à parier qu’en dépit de ses efforts pour étouffer l’incendie social qui couve depuis quelques mois, la direction de Renault Trucks risque plutôt de raviver encore les braises en adoptant la manière forte à l’encontre de ses salariés et de leurs représentants. Au-delà du cas d’Ali, les ouvriers semblent déterminés à ne pas se laisser faire : environ 1 550 salariés des quatre sites français du constructeur ont participé fin novembre à une nouvelle journée de débrayage contre un accord de flexibilité que veut leur imposer la direction.

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Re: Répression syndicale

Message  Lorry le Lun 6 Juin - 13:33

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Re: Répression syndicale

Message  Toussaint le Sam 11 Juin - 23:50



Casseurs et prises d’otage

Retour sur le traitement médiatique du mouvement social

par Saïd Bouamama
6 juin 2016



Le mouvement de contestation de la loi El Khomri fait la Une des médias lourds depuis plusieurs semaines. L’inscription dans la durée lui donne une dimension d’analyseur de ces médias qui plus que jamais apparaissent comme remplissant une fonction sociale précise, celle que Serge Halimi a dénommé « nouveaux chiens de garde » [1] par paraphrase de Paul Nizan [2] qui attribuait cette fonction aux « philosophes » au service des classes dominantes. Sans être exhaustif, l’analyse de trois leitmotivs médiatiques permet d’interroger la production quotidienne d’une vision dominante qui en dépit de son vernis d’objectivité participe des luttes sociales en cours.


Le discours sur les « casseurs » est le premier leitmotiv se déployant à longueur d’antennes. Il s’inscrit dans un discours plus général sur la « montée de la violence » irrationnelle et/ou illégitime qui depuis des décennies est mis en avant pour justifier un tournant sécuritaire. Il s’agit de produire de la peur pour susciter une demande de « sécurité ». Pour que ce processus d’émergence d’une demande sécuritaire puisse se déployer, il est nécessaire de construire la violence constatée comme étant une « violence sans cause » c’est-à-dire comme une violence pathologique et/ou résultante de la stratégie d’une minorité invisible.

La « violence » des « casseurs » et de la CGT

La violence est ainsi mise en scène médiatiquement comme étant le fait d’une minorité de marginaux. Selon les circonstances, cette minorité est soit dépolitisée, c’est-à-dire que les faits de violences qu’on lui impute sont renvoyés au déclassement, à la décomposition ou à la pathologie mentale, soit surpolitisée la violence est alors attribuée à une minorité politique occulte déployant une stratégie de déstabilisation. Des révoltes des quartiers populaires aux manifestations actuelles en passant par la chemise du directeur des ressources humaines d’Air France, la violence est systématiquement l’objet de réductionnismes médiatiques dont le point commun est de nier les bases matérielles légitimes à la colère sociale.

L’effet des réductionnismes médiatiques est donc le masquage des causes de cette violence. Celles-ci se cumulent pourtant depuis des décennies. Comprendre l’émergence d’une violence sociale nécessite la prise en compte de ces causes et de ne pas les confondre avec les « déclencheurs ». Ces derniers ne sont qu’un canal d’expression qui prend telle ou telle forme selon les circonstances et les canaux disponibles. La révolte des quartiers populaires de novembre 2005 (et la violence des jeunes insurgés qui la caractérise) qui a touchée 400 quartiers pendant 21 jours a comme déclencheur l’assassinat de Zyed et Bouna mais à comme cause les processus massif de paupérisation, de précarisation, de discrimination et de contrôle social policier qui touchent les habitants de ces quartiers. Le mouvement social actuel (et la violence qui caractérise une partie des manifestants) a comme déclencheur la loi El Khomri mais a comme cause la destruction systématique depuis quatre décennies ultralibérales de toutes les sécurités sociales conquises par le passé et la hausse de l’écart social entre la classe qui s’enrichit et celles qui se paupérisent.

La confusion entre « déclencheur » et « cause » est partie intégrante des processus de domination en participant à l’invisibilisation des causes structurelles. Elle permet en outre de légitimer la violence répressive. Il n’est pas inutile de rappeler ce que disait l’évêque brésilien Helder Camara à ce propos :

« Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés. La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première. La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. » [3]

La négation de la violence institutionnelle dont parle Helder Camara passe par la réduction de la violence à sa seule forme externalisée. Elle suppose la négation de la première réaction des victimes qui est généralement de retourner la violence contre soi ou contre ses proches. La violence institutionnelle fonctionne en effet sur la base de l’invisibilisation de l’agresseur par son inscription dans des mesures en apparence non violentes, mais qui ont des effets destructeurs sur l’existence des personnes qui les subissent. Ce n’est que lorsque la victime est en mesure de faire des liens, de repérer la source de cette violence invisible, de disposer d’une cible, etc., que sa réaction tend à s’orienter vers d’autres réponses et entre-autres vers une violence externalisée envers un DRH, un policier ou un ministre.

Que la colère des manifestants soit virulente, qu’une partie d’entre eux l’exprime de manière plus radicale, qu’une autre partie cherche l’affrontement, etc., ces constats sont des évidences. Mais ces constats portent sur des conséquences dont les causes sont antérieures. Comme le souligne la sociologue Isabelle Sommier :

« La loi El Khomri n’a été qu’un catalyseur, la « goutte d’eau qui a fait déborder le vase » du cumul de griefs et d’indignations contre l’état d’urgence, le sort et les discours sur les migrants, la précarisation continue du travail, ou encore le climat général d’un quinquennat calamiteux. » [4] La négation des causes est ainsi un premier procédé des média-mensonges sur le mouvement social.

Une stratégie de la tension

Aux causes structurelles provenant des violences institutionnelles s’en ajoute d’autres conjoncturelles consciemment mises en action par les pouvoirs publics. Nous sommes en présence d’un choix de doctrine dans le rapport aux manifestants. « On glisse d’une conception où l’on maintenait à distance des manifestants à une conception où l’on vise c’est manifestants. C’est flagrant avec le Flash Ball » [5] fait remarquer la juriste Aline Daillère responsable des programmes police-prison-justice pour la France de l’ONG « Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture » (ACAT).

Un autre aspect de la nouvelle doctrine est la surprésence policière. Le déploiement d’un nombre disproportionné de policiers habillés et armés comme pour une scène de guerre s’inscrit dans une stratégie de la tension dans l’objectif d’isoler un mouvement que l’on sait populaire. Il en est de même de la tactique consistant à couper les cortèges dont le résultat est l’enfermement dans une nasse d’une partie des manifestants qui ne peut que susciter un regain de tension. Même le plus pacifique des manifestants voit sa colère monter d’un cran lorsque qu’il se retrouve ainsi pris en étau. L’affrontement est tout simplement recherché. S’il ne faut pas exclure la présence de provocations sous la forme de policiers déguisés, cette manœuvre n’est qu’un outil parmi d’autres d’une stratégie globale de la tension.

Le discours médiatique pour sa part commente ces faits de manière militaire inversant une nouvelle fois les causes et les conséquences. L’habitude de se faire gazer par exemple conduit à la généralisation des foulards et celle de se faire matraquer à l’utilisation de casques par une partie des manifestants. Ces conséquences sont doctement analysées par les médias lourds comme la preuve d’une « militarisation » d’une partie des manifestants. Cette militarisation supposée apparaît dès lors comme justification de la surprésence policière. De cause, la surprésence policière se transforme en conséquence.

Le but de ce choix de doctrine est de contrecarrer la possible massification du mouvement social. Dissuader les opposants à la loi de venir en famille crier leur refus est le véritable objectif de la nouvelle doctrine. La couverture médiatique sans investigation, construite à partir des déclarations officielles des seuls préfets, se déployant sur une base sensationnaliste contribue à cet objectif. En témoigne aujourd’hui des couvertures de manifestations quantitativement importantes avec comme seules images des affrontements. Le bruit des grenades couvre celui des slogans revendicatifs.

La « prise d’otage »

Le discours sur la « prise d’otage » des citoyens est le second leitmotiv médiatique et politique concernant le mouvement social actuel. « Prendre ainsi en otage les consommateurs, notre économie, notre industrie, continuer des actions qui visent à faire retirer le texte, ce n’est pas démocratique » clame Valls le 23 mai. « J’ai du mal à accepter que des Français soient pris en otage » lui répond en écho Myriam El Khomri le lendemain. « Pas un jour sans qu’il y ait une grève, un mouvement de contestation, que des gens prennent en otage des citoyens français » enchaîne Nicolas Sarkozy le même jour. Le discours est le même du gouvernement à la droite, du patronat aux différents experts et consultants médiatiques qui pullulent sur les plateaux.

Ce discours n’est pas nouveau. Le principe même d’un mouvement social est de se faire entendre et pour cela de se visibiliser. Cela suppose d’entraver le fonctionnement habituel de la vie sociale. Ces formes d’action sont aussi anciennes que les mouvements collectifs et leurs formes sont si ce n’est similaires du moins comparables : blocage des axes de transport, paralysie d’équipements stratégiques, etc. La couverture médiatique et politique à partir de l’expression « prise d’otage » n’est pas non plus neuve, quoique plus récente. Elle naît du contexte idéologique ultralibéral négateur de toute légitimité du collectif au profit de la seule approche individuelle. Sa fréquence médiatique est un indicateur de la prégnance de l’idéologie ultralibérale dans nos médias. Les routiers de 1992 et 1996 comme les cheminots de décembre 1995 ont également été transformés médiatiquement en preneurs d’otages [6].

En choisissant une telle expression pour couvrir des actions collectives le discours médiatique dominant prend (consciemment ou non le résultat est identique) position contre le mouvement social. L’attention sur les enjeux et les causes du conflit est détournée vers une attention sur les conséquences du conflit. Les « blocages » n’apparaissent plus comme un moyen pour se faire entendre mais comme une stratégie égoïste ne prenant pas en compte le citoyen moyen transformé en victime impuissante. La scène du voyageur sur un quai de gare lors d’une grève est ainsi devenue un incontournable des journaux télévisés. Il ne s’agit plus d’interroger un citoyen sur son avis sur la loi El Khomri mais de le questionner un individu réduit à la seule dimension de consommateur sur les entraves à l’accès à un bien ou un service. Le citoyen cédant la place au consommateur c’est bien là, l’idéal des classes dominantes contemporaines que construisent les médias dominants.

Le discours dominant sur la prise d’otage est lourd d’effets. Il active l’imaginaire du terrorisme et de la nécessaire intervention musclée des forces de l’ordre. Il ouvre et encourage une logique de « montée des enchères ». La droite dénonce le laxisme supposée du gouvernement avec un Sarkozy appelant le gouvernement à « remettre de l’ordre et de l’autorité dans le pays ». Le Front National par la bouche de Marion Maréchal Le Pen lui fait écho en considérant que « face aux casseurs comme à la CGT qui prend en otage les Français, la seule réponse de l’Etat doit être la fermeté ». Quant à Pierre Gattaz il appelle le gouvernement « à ne pas céder au chantage, aux violences, à l’intimidation, à la terreur », de « minorités qui se comportent un peu comme des voyous, comme des terroristes ».

On ne peut clore cette partie sans aborder nos chers experts, consultants et éditorialistes divers. Leurs explications à prétention savante se réduisent à une seule causalité que résume comme suit Nathalie Saint-Cricq au JT de 20 heures du 23 mai sur France 2 :

« cette stratégie est justifiée par un score en chute libre à la CGT » [7].

Le ton est donné et la même grille explicative se retrouve le lendemain au Figaro sous la plume de Gaëtan de Capèle et à Libération sous celle de Laurent Joffrin, avant de s’étendre à une grande partie de la presse régionale. Il n’a a donc aucune base matérielle à la colère sociale et à la violence qu’elle suscite. Tout se réduirait à la manipulation par la minorité agissante que serait la CGT.

Il n’y a pas besoin de recourir à une quelconque théorie du complot pour expliquer la production d’un tel discours réducteur. Les causalités ont été mises en évidences depuis longtemps :

« difficulté à se libérer des sources institutionnelles, à développer un journalisme d’investigation et d’explication de dossiers complexes. Difficulté à surmonter l’ethnocentrisme professionnel et à rendre compte, non avec complaisance, mais avec compréhension, de mobilisations de milieux sociaux très éloignés de celui des élites journalistiques. » [8]

Si nous ajoutons la recherche de sensationnalisme à des fins d’audimat, la ligne éditoriale pouvant être imposée, l’entre soi avec les puissants, etc., nous sommes bien en présence de « chiens de garde ».

Terminons en faisant un pas de côté vers les quartiers populaires. Les médias-mensonges suscités par le mouvement social actuel ne sont, en effet pas sans rappeler ceux se déployant de manière quasi-permanente depuis quatre décennies à l’encontre des quartiers populaires et de leurs habitants. Pour eux aussi, les discours médiatiques nient les causes structurelles pour ne se centrer que sur les déclencheurs et/ou sur les conséquences. Pour eux également, se déploient les deux images de la violence pathologique et de la violence d’une minorité invisible. A leur endroit également la surprésence policière est construite médiatiquement et systématiquement comme étant une conséquence et jamais comme étant une des causes des violences relatées. Les stratégies d’intervention des forces de l’ordre et la doctrine implicite qu’elles portent ne sont pas plus interrogées que pour le mouvement social actuel.

Il existe cependant une différence et elle est de taille : l’isolement des quartiers populaires en général et de leurs habitants issus de l’immigration en particulier. Alors que désormais il faut compter par centaines les morts de jeunes issus de l’immigration tués par des policiers, les constructions médiatiques des faits sont parvenues pour l’instant à isoler les luttes contre les violences policières des quartiers populaires. L’indifférence vis-à-vis des quartiers populaires prépare la généralisation des procédés qui y sont expérimentés à l’ensemble des contestations sociales.


P.-S.


Ce texte est paru également sur le blog de Said Bouamama. Il parait ici avec son amicale autorisation.


Notes


[1] Serge Halimi, Les nouveaux chiens de garde, Raison d’agir, Paris, 2005.


[2] Paul Nizan, Les chiens de garde, Agone, Paris, 2012.


[3] Dom Helder Camara, Spirale de violence, Desclée de Brouwer, Paris, 1970.


[4] Isabelle Sommier, Qui sont vraiment les casseurs ?, http://www.lesinrocks.com/2016/05/21/actualite/qui-sont-vraiment-les-casseurs-11829657/, consulté le 2 juin à 14 heures.


[5] Aline Daillère, Violences policières : un rapport dénonce un risque d’impunité des forces de l’ordre, Le Monde du 14 mars 2016, http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/03/14/violences-policieres-un-rapport-denonce-un-risque-d-impunite-des-forces-de-l-ordre_4882121_1653578.html, consulté le 2 juin à 15 h 20.


[6] Thomas Chenevier et Laurent Ladouari, Prise en otage, prise à témoin : de la médiatisation des conflits sociaux, Annales des mines, novembre 2000, p. 36.


[7] Daniel Schneidermann, Nathalie Saint-Cricq et ses deux amies, face aux dynamiteurs CGT, http://rue89.nouvelobs.com/2016/05/24/nathalie-saint-cricq-deux-amies-264118, consulté le 2 juin à 18 h 30


[8] Erik Neveu, Sociologie des mouvements sociaux, La Découverte, Paris, 1996, p. 109.
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Toussaint

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